«L'union avec Jean-Luc Mélenchon n'est pas possible», soutient Philippe Brun
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Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Bonne ou mauvaise idée Philippe Brun ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Ce second tour, c'est ce que vous voulez aussi éviter, non ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Est-ce que vous, au sein du PS, vous appelez à une primaire large?
- 4:13OuverteRéponse directe
Philippe Brun, vous n'êtes pas pour l'union de la gauche ? Vous n'êtes plus pour l'union de la gauche?
- 4:47RelanceRéponse directe
Mais elle n'est pas compatible ou n'est plus compatible?
- 5:25OuverteRéponse directe
Philippe Brun, vous êtes un élu normand, vous êtes socialiste, et j'aimerais vous poser une question par rapport à ce qui a pu marquer les esprits ce week-end.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:50Locuteur 3Promesse
« Il y aura toutes ces options différentes-là qui seront proposées aux Français et aux militants qui pourront voter. »
- 4:03Locuteur 3Fait
« Moi, je pense que la gauche doit parler d'abord aux ouvriers et aux employés. »
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Europe 1 7h, 9h, Europe 1 matin
Europe 1, il est 8h10, votre invité ce matin Jacques Serret, c'est Philippe Brun, député socialiste de l'heure, candidat à la primaire du PS.
Bonjour Philippe Brun. Bonjour Jacques Serret. Cela faisait longtemps qu'on ne l'avait pas entendu. François Bayrou s'exprime ce matin dans les colonnes du Figaro, à 8 mois de la présidentielle. L'ancien Premier ministre souhaite une grande primaire entre tous ceux qui rejettent les extrêmes. François Bayrou appelle à une compétition du parti socialiste jusqu'au gaulliste. Bonne ou mauvaise idée Philippe Brun ?
Écoutez, moi je ne fais pas partie du même fleuve que François Bayrou, il parle de fleuve démocratique. Je crois que la vie politique française mérite qu'il y ait plusieurs partis politiques qui défendent des options différentes. J'ai des accords importants avec François Bayrou et la lutte contre les extrêmes ne justifie pas tout. Notamment, il y a un autre extrême contre lequel je lutte, c'est celui de l'immobilisme dont François Bayrou est l'un des plus ardents défenseurs.
D'accord, donc ça rejet, pas de primaire en tout cas, s'il y en a une, vous n'irez pas.
Bien sûr que nous n'avons rien à faire avec François Bayrou, même si j'ai du respect pour l'homme. Mais nos options politiques sont radicalement différentes.
Mais un candidat unique dès février, François Bayrou veut à tout prix éviter un second tour. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen. Ce second tour, c'est ce que vous voulez aussi éviter, non ?
Oui, bien sûr. Enfin, ce second tour, il sera évité si on a un bon candidat socialiste. C'est ce qui va se passer si la primaire permet de dégager ce candidat. Je suis moi-même candidat, je suis plus jeune candidat, j'ai 34 ans. Je crois qu'on a besoin d'avoir un PS fort. Et c'est le PS qui, en ayant un bon candidat, arrivera à être devant Jean-Luc Mélenchon et ensuite à rassembler suffisamment. Mais ce n'est pas par ces magouilles ou ces arrangements entre les gens qui ne pensent pas la même chose qu'on s'en sortira.
Alors, François Bayrou veut une primaire large. Est-ce que vous, au sein du PS, vous appelez à une primaire large ? Par exemple, est-ce que vous souhaitez que certains comme Bernard Cazeneuve, François Hollande, qui ont des souhaits de se lancer dans cette campagne présidentielle, est-ce que vous souhaitez qu'il soit dans la même compétition que vous ?
Oui, je souhaite que François Hollande soit candidat à la primaire et qu'il ne soit pas candidat à l'extérieur. Même chose pour Bernard Cazeneuve, qui est un homme d'État et qui aurait beaucoup à apporter à ce débat interne. La primaire, ça va permettre aux gens de voir la diversité des options possibles. Il y aura plusieurs lignes. Il y aura la ligne portée par Afrique Luxemane, européenne, libérale. Probablement la ligne portée par Olivier Faure, plutôt proche des idées des écologistes, de Jean-Luc Mélenchon.
Et puis la ligne que je vais porter moi, qui est une ligne populaire, reconnectée avec les ouvriers, les employés, qui avancera des idées neuves, comme ce que je propose sur les salaires, en baissant massivement la CSG pour que les salariés aient davantage de pouvoir d'achat. Ce que je propose sur le fait monoparental, ce que je propose en reprenant les principales revendications des Gilets jaunes. Il y aura toutes ces options différentes-là qui seront proposées aux Français et aux militants qui pourront voter. Ce sera un moment démocratique intéressant.
Le parti socialiste, en tout cas envisage pour cette primaire, d'appeler à une forme de contribution les sympathisants du PS qui voudraient s'exprimer dans un vote. Il est question d'un prix de 15 euros. 15 euros, c'est le prix du droit de vote socialiste, Philippe Brun ?
Oui, c'est délirant. J'ai eu l'occasion de le dire. C'est beaucoup trop cher pour participer à un vote. Je crois qu'il y a de la fibrilité, notamment chez les soutiens de Raphaël Glucksmann, pour imposer une sorte de vote censitaire.
C'est-à-dire que c'est Raphaël Glucksmann qui veut ce prix, ce droit d'entrée ?
En tout cas, c'est un nombre de ceux qui s'expriment son nom et qui feraient peut-être mieux de ne pas le faire, puisque je crois qu'il lui porte préjudice et qu'il dit qu'il faut empêcher une horde d'insoumis qui viendraient voter à la primaire. Si on a peur de l'entrée des insoumis, alors je crois qu'on n'ira pas très loin. La vérité, c'est que même à 15 euros, Jean-Luc Mélenchon peut acheter 5000 cartes pour voter avec l'argent de la France insoumise. Tout ça n'a pas grand sens. La vérité, c'est que ces 15 euros, ils créent un vote censitaire. C'est-à-dire qu'un ouvrier, un employé, un couple avec une aide soignante et un cariste, ils ne peuvent pas payer 30 euros pour aller voter.
C'est ridicule. On va se retrouver avec qui ? Avec les bobos des centres-villes. C'est peut-être cet électorat-là qu'on veut viser. Moi, je ne vise pas cet électorat-là. Moi, je pense que la gauche doit parler d'abord aux ouvriers et aux employés. Nous sommes les porte-parole des ouvriers et des employés. C'est pour ça qu'on a été créé. La gauche, elle a été inventée à la fin du 19e siècle pour défendre les ouvriers et les employés. Il faut qu'on s'adresse à eux et c'est eux qui doivent voter à la primaire.
Philippe Brun, vous n'êtes pas pour l'union de la gauche ? Vous n'êtes plus pour l'union de la gauche ?
L'union de la gauche, ça dépend de ce que ça veut dire. L'union avec Jean-Luc Mélenchon, elle n'est pas possible aujourd'hui. Pourquoi ?
Mais elle l'était pour vous il y a encore quelques mois, quelques années.
Aujourd'hui, la France insoumise n'est pas un parti avec lequel nous pouvons travailler. Il y a un certain nombre d'ambiguïtés sur les questions de l'antisémitisme qui ne peuvent pas être acceptables. Il y a aussi, je le crois, une manière de faire de la politique qui n'est pas compatible avec celle que défendent les socialistes. Donc, de ce point de vue-là, il n'y a pas de difficulté. On est un peu dans la même situation que...
Mais elle n'est pas compatible ou n'est plus compatible ? Parce qu'on se souvient de cette campagne des législatives de 2024 où il y avait eu cette alliance de circonstances, il faut le dire. Ça ne vous dérangeait pas les prises d'opposition de Jean-Luc Mélenchon.
Le problème aujourd'hui, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Le problème de la gauche, c'est le Parti Socialiste. Le Parti Socialiste est trop faible. Jean-Luc Mélenchon représente l'extrême gauche qui a toujours existé en France, qui a toujours fait à peu près 10%. Besançois, la guillette, ça faisait déjà 10%. Jean-Luc Mélenchon, ça fait autour de 10%, un peu plus quand le PS est très faible. Moi, ce qu'il faut aujourd'hui, c'est qu'on reconstruire un PS fort qui parle à tout le monde, aux ouvriers, aux employés, qui donne envie aux gens de voter pour lui, qui puisse vraiment changer la vie. C'est ça que je défends dans cette campagne.
Philippe Brun, vous êtes un élu normand, vous êtes socialiste, et j'aimerais vous poser une question par rapport à ce qui a pu marquer les esprits ce week-end. Une juge estime que les conditions de détention de Redouane Feuille à la prison d'Alençon-Condé-sur-Sat, en Normandie, sont indignes. Là, il y a eu une juge d'application des peines qui prend position contre le parquet, et elle demande le transferment de ce braqueur, Redouane Feuille, vers un autre établissement. On marche sur la tête, Philippe Brun, ou vous aussi, sur un sujet comme celui-ci, vous faites du social ?
Je ne connais pas les conditions d'incarcération, je ne connais pas ce qui a motivé cette décision de la juge d'application des peines. Ce que je sais, c'est qu'il y a une réforme qui est en cours sur les conditions d'application des peines, sur le règlement des transferments, sur également la question des permissions de sortie. Et cette réforme va nous permettre, je crois, de revoir les règles. Le garde des Sceaux l'a annoncé, et je crois que la salle sera bientôt saisie.
Ça ne vous choque pas qu'on parle de conditions indignes ? On parle là d'une prison, la prison de Condé-sur-Sarte, qui est relativement récente, ultra sécurisée. Ce n'est pas la pire des prisons en France.
Écoutez, moi je ne l'ai pas visitée cette prison, je ne connais pas les conditions de ce transfert de prisonnier. Nous aurons en tout cas l'occasion de nous saisir de cette réforme de l'application des peines que propose le garde des Sceaux bientôt à l'Assemblée Nationale.
Toujours à la prison de Condé-sur-Sarte, il y a un détenu lié à la mochromafia, organisation ultra-violente spécialisée dans le trafic de drogue par ailleurs, et qui était par ailleurs sous OQTF. Il a pu passer, lui, le week-end chez sa sœur. Autorisation de sortie accordée au titre du maintien des liens familiaux. Autorisation de sortie accordée, là aussi, par une juge d'application des peines contre l'avis du parquet. Pardon, mais quand vous entendez ça, quand on entend ça, ça ne vous fait pas bondir, vous ?
Bon, c'est des faits divers, vous exploitez, j'ai vu que c'est des faits divers, d'ailleurs, on a été relayé que par trois médias, Europe 1, CNews et le JDD. Bon, donc on ne peut pas tirer des conclusions définitives sur un fait divers dont on ne connaît rien, on ne connaît pas...
Le parquet connaît très bien le fait divers, il a pris position contre cette autorisation de sortie.
Le parquet a fait appel. D'ailleurs, moi, je ne sais pas les conditions qui ont motivé cette décision de la justice. Maintenant, être indigné contre une décision que je n'ai même pas lue, dont je ne connais ni les aboutissants, dont je ne connais pas les motivations, c'est un peu difficile de faire ça à votre antenne ce matin, Jacques Serret.
En un mot, Philippe Brun, autre sujet qui a marqué l'actualité, qui marque encore l'actualité ce matin, c'est ce courrier de Gérald Darmanin qu'il a adressé à son collègue Laurent Nunes, qui est aujourd'hui ministre de l'Intérieur, la même où Gérald Darmanin était il y a encore quelques mois. Il pointe du doigt des défaillances au sein de la police, au sein de la gendarmerie, c'est visiblement assez mal perçu, et on ne pouvait en parler avec le représentant des commissaires de police. Vous, vous l'interprétez comment ?
Chacun se renvoie à la balle, c'est ce que les gens détestent dans la politique. C'est-à-dire que vous avez un ministre de l'Intérieur, quand il était ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui disait que c'était la faute de la justice s'il y avait un problème de sécurité en France, maintenant qu'il est ministre de la Justice, il dit que c'est la faute du ministre de l'Intérieur, de la police et de la gendarmerie, s'il y a un problème de sécurité en France. Bon, ces politiciens n'intéressent plus personne, n'ont plus aucune crédibilité. Le devoir aujourd'hui d'un ministre, c'est de faire fonctionner ses services.
Oui, il y a un énorme problème de dysfonctionnement de la chaîne pénale en France. On manque d'officiers de police judiciaire. Moi, je suis député de Normandie, comme vous l'avez rappelé. Dans ma circonscription, j'ai un commissariat à Val-de-Reuil, qui couvre une circonscription de sécurité publique d'à peu près 35 000 habitants. J'ai 5 000 plaintes non traitées. 5 000 plaintes qui sont encarafées dans les tiroirs du commissariat. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas d'officiers de police judiciaire pour les traiter. Donc, il y a la question du budget de la justice, bien sûr. Il y a aussi la question des moyens d'enquête, aujourd'hui, dans la police et dans la gendarmerie.
Et on n'a pas assez d'officiers de police judiciaire pour les traiter. Dans ces 5 000 plaintes que j'ai dans mon commissariat, chez moi, à Val-de-Reuil-Louvier, il y a combien de lianas dedans ? Il y a combien de drames qui auraient pu potentiellement être évités ? Et là-dessus, je crois qu'il faut y réfléchir. Et le prochain budget doit donner les moyens, justement. La justice, ce n'est pas seulement les juges, c'est aussi l'officier de police judiciaire dans les commissariats.
Merci, Philippe Brun, député socialiste de l'heure, candidat à la primaire du PS. Merci d'avoir été en direct avec nous ce matin.
Bon début de matinée en ce lundi 10 août.
Philippe Brun