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interviewRMC — Face à Face· 18 octobre 2021 19 min

L'invitée de Bourdin Direct : Sandrine Rousseau - 18/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Sandrine Rousseau

Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:09
Présentateur

Sandrine Rousseau, bonjour. Bonjour. Comment puis-je vous présenter ? Conseillère spéciale auprès de Yannick Jadot, c'est cela ? Présidente du comité politique, oui. Oui, présidente du comité politique.

0:20
Sandrine Rousseau

Responsable du comité politique, je ne sais pas trop d'ailleurs quel est mon titre.

0:22
Présentateur

Responsable du comité politique, bon d'accord. Alors, faire le plein de son véhicule n'a jamais coûté aussi cher. Tout le monde le constate. Que proposez-vous ?

0:32
Sandrine Rousseau

Des mesures d'urgence immédiates pour les personnes qui sont en grande difficulté. La précarité énergétique augmente de manière considérable. C'est un chèque énergie supplémentaire. C'est aussi une pression sur les entreprises. Parce que là, je regardais avant de venir les profits qui ont été faits par des entreprises comme Total, Engie, toutes les entreprises qui bénéficient de cette hausse, ils sont considérables. Donc, à un moment, il faut qu'ils participent. Est-ce que ces entreprises-là participent à l'effort de solidarité vis-à-vis des personnes qui ne peuvent pas s'en sortir aujourd'hui ? Et le redire. C'est-à-dire que ça, c'est des mesures d'urgence.

Mais que surtout, il nous faut un plan d'investissement massif dans les cinq prochaines années pour qu'on dépende moins de l'essence. Pour qu'en cinq ans, on puisse se passer d'essence. Parce qu'en fait, là, le problème, c'est qu'on subit la hausse tout en n'ayant pris finalement aucune mesure pour diminuer notre dépendance à l'essence. Et donc, on a toute une population qui, aujourd'hui, est prise à la gorge à cause de ça.

1:32
Présentateur

Donc, Yannick Jadot propose un chèque énergie de 400 euros pour 5 800 000 personnes et 100 euros pour les classes moyennes. 16 millions de Français seraient concernés par cette aide d'urgence. Moi, je me souviens que pendant le débat qui avait eu lieu ici, vous vous souvenez, Sandrine Rousseau, vous proposiez une augmentation du prix du litre de carburant de 6 à 10 centimes d'euros. Vous maintenez cette proposition ?

1:58
Sandrine Rousseau

De toute façon, ça fait partie des choses qui ne sont pas agréables dans la transformation écologique. Mais le carbone est ce qui nous met en danger. Donc, il faut augmenter le prix du carburant. C'est pour ça qu'il faut aussi un chèque énergie de grande ampleur. Et c'est pour ça qu'il faut aussi taxer ces entreprises pour participer à la solidarité. Il faut contrôler les prix. Il faut amortir la hausse des prix.

2:17
Présentateur

Il faut parallèlement augmenter le prix de l'essence.

2:19
Sandrine Rousseau

Sur les cinq années, il faut augmenter le prix de l'essence. Vous maintenez. Mais bien sûr que je le maintiens. Bien sûr que je le maintiens. Et quand je dis ça...

2:29
Présentateur

Vous vous rendez compte comment réagissent et vont réagir celles et ceux qui nous écoutent ?

2:35
Sandrine Rousseau

Je dis à celles et ceux qui nous écoutent...

2:37
Présentateur

Augmenter le prix de l'essence qui est déjà tellement haut.

2:38
Sandrine Rousseau

Je dis à celles et ceux qui nous écoutent qu'à la fin, ils auront moins de pression sur leurs revenus qu'au début. C'est-à-dire que si on met en place la solidarité que j'ai portée durant tous les mois précédents et que Yannick Jadot va porter dans cette campagne présidentielle...

2:51
Présentateur

Lui, il n'est pas favorable à augmenter le prix de l'essence.

2:54
Sandrine Rousseau

Non mais il est favorable à la solidarité. Et par ailleurs, le programme d'Europe Écologie est aussi un programme qui parle justement de ce prix du carbone. Mais parce que c'est indispensable. Parce qu'en fait, aujourd'hui, la question c'est comment on fait ? Comment on fait pour éviter ce réchauffement climatique dont je rappelle qu'il est un mur, mais que c'est un mur de béton armé dans lequel on va à grande vitesse ? Comment on fait ? Il n'y a pas 36 solutions. Par contre, ce qu'on peut faire, nous, c'est mettre en place une solidarité qui protège les plus faibles. Et c'est ça notre responsabilité aujourd'hui.

C'est faire en sorte que les classes moyennes, comme les classes les plus défavorisées, soient protégées par la transformation écologique.

3:30
Présentateur

Alors, on va parler de transformation écologique. On va parler de temps de travail. On va parler de misogynie. Peut-être celle d'Éric Zemmour. Il n'y en a pas dans notre société. On va parler politique. Il n'y en a pas dans la politique ? Non, jamais.

3:42
Sandrine Rousseau

Mais vous ne l'avez pas vu d'ailleurs.

3:44
Présentateur

Bon, d'accord. Bon, je vais y revenir. Je vais y revenir. Bon, en ce qui concerne la transformation écologique, j'écoutais hier les discours de Jean-Luc Mélenchon et l'intervention de Yannick Jadot sur BFM. J'ai vu quelques différences sur le nucléaire, notamment. Jean-Luc Mélenchon dit, je veux arrêter l'EPR, fermer toutes les centrales nucléaires. Nous produirons à temps la quantité d'énergie nécessaire par la sobriété, mais aussi avec la géothermie, l'éolien, l'hydrolien, etc. Et Yannick Jadot, lui, n'est plus mesuré. Il dit, prenons le temps, soyons pragmatiques.

Oui, nous allons fermer des réacteurs nucléaires, mais il faut prendre le temps de trouver d'autres énergies qui vont remplacer le nucléaire. Vous êtes plutôt Mélenchon ou plutôt Jadot ?

4:31
Sandrine Rousseau

En 2050, il faut qu'on soit sortis du nucléaire. En 2050, on doit être sortis du nucléaire.

4:40
Présentateur

Là, vous êtes plus Mélenchon ou plus Jadot ? Soyons francs.

4:44
Sandrine Rousseau

Non, mais il faudrait demander à Jean-Luc Mélenchon à quel horizon il compte sortir du nucléaire. Il faudrait poser la même question à Yannick Jadot. Et je vous fais le pari aujourd'hui qu'il n'y a pas de différence. Il n'y a pas de différence. Je pense que les deux se fondent sur les mêmes études qui sont faites notamment par RTE, par Virage Énergie et par d'autres, qui disent que c'est en 2050 que l'on peut sortir du nucléaire. Donc je crois que finalement, sous des mots différents, l'horizon est le même.

5:10
Présentateur

Oui, fermer les vieux réacteurs des centrales, ça je pense que tout le monde est d'accord, parce que c'est une obligation.

5:17
Sandrine Rousseau

100 milliards d'euros si on veut les poursuivre.

5:19
Présentateur

Oui, mais alors, pourquoi ne pas construire ces petits réacteurs nucléaires qui consomment moins d'eau, qui sont beaucoup plus sûrs ? Pourquoi pas ?

5:28
Sandrine Rousseau

Déjà parce qu'ils sont extrêmement chers. C'est une énergie propre le nucléaire. Ça dépend de ce que vous regardez dans la propreté, parce que les déchets par exemple, ça n'est pas une énergie propre. Et puis, on oublie souvent quand on parle du nucléaire, le risque climatique, le risque de submersion, le risque de sécheresse. Or, ce sont des risques majeurs dans les années qui viennent. Et le nucléaire dépend absolument de cela.

5:49
Présentateur

Mais justement, ces petites centrales sont beaucoup moins consommatrices d'eau.

5:52
Sandrine Rousseau

Là, les petites centrales, déjà, ça n'est pas le projet de la France aujourd'hui. Le projet de la France, c'est de faire 6 EPR. 6 EPR. Je rappelle qu'un EPR, c'est 19 milliards aujourd'hui. C'est Flamanville, c'est 19 milliards. 6 EPR. Et les petits réacteurs, c'est pour l'exportation. Ce n'est pas pour la France. Et quand bien même, ce serait pour la France que de toute façon, ces petits réacteurs-là, en fait, ont un coût aujourd'hui de fonctionnement énorme qu'on ne pourrait les avoir qu'en 2040 au plus tôt. Et que là, l'enjeu, c'est d'ici 2040. Comment on fait d'ici 2040 ? Donc, on est toujours en train d'essayer de sauter une étape pour essayer d'imaginer quelque chose dans 50 ans.

Mais là, c'est aujourd'hui qu'il faut agir.

6:31
Présentateur

Aujourd'hui qu'il faut agir, débat autour des éoliennes. On vient d'en parler sur l'antenne de BFM TV. Ces éoliennes qui sont décriées. Décriées pourquoi ? Parce que c'est une énergie intermittente. Parce qu'on ne recycle pas très bien. Parce que ça bousille le paysage, disent certains. C'est vrai que dans certains cas, c'est la réalité. Alors, que fait-on ?

6:51
Sandrine Rousseau

Déjà, on fait un mix énergétique qui s'appuie sur plusieurs piliers. Donc, l'éolien, le solaire, la géothermie. Mais même les usines marémotrices. Enfin, peu importe le mix. Mais il faut plusieurs sources d'énergie. Et puis, les éoliennes, il y a quand même des endroits qui sont un tout petit peu dégradés sur le plan du paysage en France. Vous n'allez quand même pas me dire que l'intégralité du paysage français est magnifique. Et donc, il y a quelque chose à travailler de l'ordre de l'endroit où on met ces éoliennes pour que ça ne soit pas... Ah, pardon, je ne trouve pas mes mots. Mais ça ne dégrade pas le paysage.

7:28
Présentateur

Oui, le paysage. Bien, parlons un peu de politique. Convention de l'Union Populaire à Reims. Vous avez écouté le discours de clôture de Jean-Luc Mélenchon qui lançait sa campagne ?

7:37
Sandrine Rousseau

J'en ai entendu des extraits. Je ne l'ai pas complètement entendu.

7:40
Présentateur

Vous avez aimé ?

7:41
Sandrine Rousseau

Moi, je respecte tout à fait ce que dit Jean-Luc Mélenchon. J'ai une question parce que j'ai écouté.

7:46
Présentateur

Comment faire l'écologie politique sans s'attaquer au capitalisme ? Du protectionnisme écologique avec des traités européens qui prévoient le libre-échange. Vous êtes d'accord ? Oui. Donc, il faut s'attaquer au capitalisme ?

8:00
Sandrine Rousseau

Je pense que le capitalisme libéral tel qu'on l'a actuellement fait que quand on achète un objet, en général, il a fait entre 6 000 et 7 000 kilomètres, qu'il a employé des personnes et qu'il a mis en danger des personnes à l'autre bout du monde parce qu'elles n'ont pas de protection sociale et que leurs corps ont été mis en danger et que, oui, on ne peut pas continuer dans ce système-là et que, profondément, c'est ce système-là qui nous met aujourd'hui le plus en danger. Donc, au moins réguler, au moins faire en sorte que ce système capitaliste libéral soit encadré par un État qui est garant du bien commun. Ça me semble indispensable, mais c'est ce que nous proposons tous.

8:33
Présentateur

L'écologie sans lutte des classes, c'est du jardinage. Mathilde, vous êtes d'accord ?

8:39
Sandrine Rousseau

Oui et non, parce que je pense que le jardinage, c'est précisément quelque chose d'intéressant et qu'il y a une longue histoire des jardins ouvriers et d'une agriculture vivrière comme ça qui a permis à bien des familles de passer bien des crises. Donc, je ne suis pas complètement fan de cette phrase-là, mais ceci dit, la lutte des classes et la question des inégalités doit être au cœur d'un projet de transformation écologique. On le voit d'ailleurs avec l'essence et le prix de l'essence.

9:04
Présentateur

Alors, clarifions les choses, parce que j'ai aussi entendu Daniel Obonon qui vous dit, vous êtes, Sandrine Rousseau, la bienvenue à la France insoumise. Vos électeurs de la primaire écologiste ont un candidat pour 2022, Jean-Luc Mélenchon. Oui ?

9:22
Sandrine Rousseau

Je suis très bien dans ma famille politique qui est Europe Écologie et les Verts. Vous ne la quitterez pas ? Non, et je soutiendrai Yannick Jadot. Sans état d'âme. Mais avec aucun état d'âme. La question, ce n'est pas moi. La question, ce sont mes électeurs et mes électrices. Mais c'est ça qui est l'enjeu de cette élection.

9:37
Présentateur

Donc, vous ne rejoindrez pas Jean-Luc Mélenchon ?

9:39
Sandrine Rousseau

Mais je salue Jean-Luc Mélenchon pour lequel j'ai le plus grand respect. Ce sera demain matin à votre place, d'ailleurs. Je suis prêt par la place, mais j'ai le plus grand respect pour Jean-Luc Mélenchon, j'ai le plus grand respect pour son parcours politique, j'ai le plus grand respect pour toutes les valeurs qu'il porte. Je dis juste qu'il faut des espèces de traits d'union aussi entre les forces politiques et que moi, je resterai à Europe Écologie et Les Verts, mais par contre, je tends la main très fortement à un dialogue constructif avec eux et permanent.

10:04
Présentateur

Oui, dialogue constructif avec Jean-Luc Mélenchon, très bien. C'est l'idée, portée d'ailleurs par Mélenchon, mais pas que par lui, l'idée d'un rassemblement de toute la gauche. Oui, ça, c'est utopique, non, Sandrine Rousseau ?

10:20
Sandrine Rousseau

J'espère que non, parce que j'espère qu'à la fin, on arrive quand même à faire en sorte d'atteindre ce second tour et de gagner la présidentielle, parce que là, la question des stratégies politiques, elle doit se poser uniquement au regard de cela, comment on gagne ? Comment on gagne ?

10:34
Présentateur

Et qui va conduire tout ça ? Cet attelage éventuel ? Yannick Jadot ? C'est Yannick Jadot qui doit conduire cet attelage de gauche ?

10:42
Sandrine Rousseau

Après, on verra l'évolution des sondages et tout ça.

10:46
Présentateur

Il n'y a pas de doute.

10:46
Sandrine Rousseau

Mais il faut un président écologiste, bien sûr. Bien sûr qu'il faut un président écologiste.

10:51
Présentateur

Donc Mélenchon doit s'effacer devant Jadot ?

10:54
Sandrine Rousseau

Je n'ai pas dit ça, j'ai dit à Jean-Luc qu'il aura toute sa place dans un processus de rassemblement et que j'y veillerai de manière très acide.

11:02
Présentateur

Toute sa place, mais le tout conduit par Yannick Jadot parce que c'est le candidat écologiste. C'est l'écologie qui s'impose.

11:10
Sandrine Rousseau

Aujourd'hui, dans le paysage politique et dans les urgences, les questions écologiques et sociales doivent être au centre de nos préoccupations de manière absolument permanente. C'est grave ce qui est en train de se passer. Je le dis parce que souvent, on a l'impression que c'est une espèce de cinquième roue du carrosse. Mais c'est grave. Le réchauffement climatique, on l'a vu tout l'été, c'est quelque chose d'extrêmement grave. La perte de biodiversité, c'est très grave. Et les questions sociales ne peuvent être que vues à l'aune de cela.

C'est-à-dire comment on fait en sorte de transformer radicalement notre société et de faire en sorte que les plus faibles, au contraire, aient une place dans notre société bien plus confortable qu'ils ne l'ont aujourd'hui.

11:51
Présentateur

Un mot encore de politique. Écologistes et socialistes veulent créer une UDF de gauche. C'est encore Jean-Luc Mélenchon qui a dit cela. C'est vrai, ça ?

11:59
Sandrine Rousseau

Il faut demander ça à Olivier Faure et Julien Bayou.

12:03
Présentateur

Sandrine Rousseau, le temps de travail, est-ce qu'il faut passer aux 32 heures ?

12:07
Sandrine Rousseau

Oui, oui, la semaine de 4 jours.

12:10
Présentateur

Jadot défend ça, les 32 heures.

12:12
Sandrine Rousseau

Jadot défend la réduction du temps de travail, bien sûr. Oui, il n'a pas parlé des 32 heures. Mais la question, c'est comment on le fait. Moi, je voudrais qu'on expérimente quelque chose dès l'arrivée au pouvoir et qu'après, on progresse et qu'on l'applique partout.

12:25
Présentateur

4 jours de travail par semaine ?

12:27
Sandrine Rousseau

Mais bien sûr, il faut ralentir, Jean-Jacques. Il faut qu'on ralentisse. On ne peut pas continuer à accélérer tout le temps. Et je sais que là, on est dans des discours qui nous poussent à consommer toujours plus, à travailler toujours plus, à s'abîmer aussi toujours plus, à abîmer la planète toujours plus. Là, il faut qu'on ralentisse. C'est une obligation. Mais par contre, ce ralentissement, c'est aussi une meilleure qualité de vie. C'est aussi une manière de faire en sorte que l'on retrouve du temps, que l'on ne court pas après le temps, mais qu'on en retrouve.

Et qu'encore une fois, les personnes qui ont les plus bas salaires sont celles qui garderont leur niveau de salaire parce que c'est indispensable. Mais par contre, quatre jours, oui.

13:03
Présentateur

La maison individuelle, dans les lotissements autour des villes, est-ce un non-sens écologique ?

13:10
Sandrine Rousseau

Alors ça, c'est une question qui est très sensible parce qu'en fait, on a organisé les villes pour que les classes moyennes et les classes un peu en dessous de la moyenne aient accès à un pavillon en grande banlieue des villes. Et on a laissé les populations les plus riches en centre-ville. Moralité, ces personnes qui sont en grande banlieue des villes, aujourd'hui, sont complètement dépendantes de leurs voitures. Et donc, subissent de plein fouet l'augmentation de l'essence. Donc, c'est un non-sens écologique ? Donc, c'est un non-sens écologique.

13:36
Présentateur

Vous êtes d'accord avec Emmanuel Vargon ?

13:37
Sandrine Rousseau

C'est un non-sens écologique.

13:39
Présentateur

Vous êtes d'accord avec Emmanuel Vargon ?

13:40
Sandrine Rousseau

Je suis d'accord sur le fait que c'est un non-sens écologique. Après, ce qu'il faut faire aujourd'hui, c'est revoir complètement l'organisation de nos villes pour faire en sorte que ces personnes-là ne soient pas les oubliées des moments qui arrivent, de l'augmentation de l'essence notamment. Et faire en sorte que ces personnes-là trouvent aussi une fierté à agir dans la transformation écologique avec nous et qu'on réfléchisse avec eux comment faire.

14:06
Présentateur

Est-ce que la parité est une insulte pour les femmes ? Je vous dis ça parce que c'est Éric Zemmour qui défend cette idée et qu'il veut revenir sur la parité. Je rappelle qu'il est inscrit dans la Constitution que la loi favorise l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. Il veut revenir et modifier la Constitution.

14:29
Sandrine Rousseau

Je vais vous dire, un homme qui a peur des femmes, c'est un homme qui a peur de lui-même surtout et qui n'est pas sûr de lui-même et qui a peur de perdre quelque chose. Et je dis à Éric Zemmour...

14:38
Présentateur

Vous pensez qu'il a peur des femmes ?

14:39
Sandrine Rousseau

Je pense qu'il a peur des femmes, oui. Oui, je pense qu'il a peur des femmes. Et je dis à Éric Zemmour qu'au contraire, une société qui est une société de bien-être, une société de qualité, c'est une société où hommes et femmes sont à égalité.

14:51
Présentateur

Un homme qui respecte les femmes et qui aime les femmes n'a pas peur des femmes ?

14:56
Sandrine Rousseau

Un homme qui respecte les femmes n'a pas peur des femmes. Un homme qui respecte les femmes laisse toute sa place aux femmes. Un homme qui respecte les femmes n'a pas de propos misogynes sur les femmes. Et un homme qui respecte les femmes n'a pas peur pour lui, tout simplement.

15:10
Présentateur

Tout simplement. Il ajoute, les valeurs féminines depuis 30 ans ont vaincu. Quand les valeurs féminines dominent, la notion de pouvoir d'autorité, de verticalité s'évapore.

15:21
Sandrine Rousseau

Mais je... Pardon de rire. Mais c'est ridicule. C'est absolument ridicule. Et en l'occurrence, les valeurs d'autorité... De quelle autorité ? On parle de quelle autorité ? Éric Zemmour se revendique-t-il ? Quelle est son autorité ? Quelle est son autorité ? Moi, je dis juste à ces électeurs et électrices, écoutez, les amis, je pense qu'on a d'autres choses à faire que de parler de ça. Vraiment. On a là des mesures fortes à prendre. On a changé notre société. On a retrouvé la fierté d'être ensemble. Le bonheur d'être ensemble. Le bonheur d'être dans une société unie. Venez. Venez, on va le faire. Mais pas sur des discours comme ça qui renvoient au XIXe siècle.

Franchement, c'est le XXIe siècle qui arrive. Et regardons-le sereinement. Au contraire, faisons ensemble. Faisons ensemble. Et venez. Venez le faire avec nous.

16:09
Présentateur

Il sera demain soir à Versailles avec les Pro-Life. Les Pro-Life, ce sont des militants anti-IVG, anti-PMA, etc. Ça vous surprend ? Vive l'IVG. Ça vous surprend ?

16:19
Sandrine Rousseau

Vive l'IVG. Vive l'interruption volontaire de grossesse qui a été une conquête absolument magistrale des femmes. Vive elle. Vive les personnes qui l'ont fait aussi dans la clandestinité et qui ont risqué l'emprisonnement pour sauver des femmes. Bravo à ces personnes-là. Et qu'on continue ces conquêtes sociales qui sont des conquêtes absolument indispensables. Et Éric Zemmour ne se mettra pas en barrage de ce chemin-là parce que c'est un chemin de l'histoire. Nos corps nous appartiennent. Notre corps nous appartient.

16:48
Présentateur

Les achats de jouets pour Noël commencent. Lego a décidé de supprimer, je cite, les stéréotypes de genre de ces jouets. Est-ce que vous êtes favorable ? Comment Californie a obligé les magasins de jouets à mettre en place des rayons de jouets non-genrés ?

17:02
Sandrine Rousseau

Moi, j'ai été très traumatisée quand mes enfants étaient petits d'aller dans des magasins de jouets et de voir qu'il y avait un rayon rose avec des balais et des fers à repasser miniatures et un rayon bleu avec des jeux de construction. Et que ça, non, ça n'est pas du tout possible. Ça n'est pas du tout possible. Enfin, ce n'est pas possible d'apprendre dès le plus jeune âge à des petites filles qu'elles vont avoir en charge les tâches ménagères. Mon Dieu, non. On n'est pas dans ce monde-là.

17:28
Présentateur

Donc, des rayons, non, genre...

17:30
Sandrine Rousseau

Mais bien sûr, des rayons mixtes. Il faut absolument des rayons mixtes. Mais bien sûr, des rayons mixtes. Mais évidemment. Évidemment que les petites filles doivent construire. Évidemment que les garçons doivent apprendre à changer des poupées s'ils le souhaitent. Enfin, évidemment. Et que c'est ça, notre société. Que c'est ça, l'avenir. Mais mon Dieu, qu'il sera bien, quoi. Qu'il sera bien, cet avenir. Ça empêchera d'avoir cette espèce d'assignation permanente à des rôles. Ça évitera d'avoir des débats politiques complètement pourris comme on l'a eu pendant la primaire en disant qu'une femme économiste n'avait pas sa place dans ce débat-là. Mon Dieu, mais ouvrons les filles.

Vous avez vu comme il est beau, mon fils. Oui. C'est un message de socialiste.

18:07
Présentateur

C'est un message... Ah bon, d'accord. C'est un message à Zemmour, ça, ou quoi ? Non, c'est... Non, bon, d'accord. Je terminerai avec la crise Covid-19. Les tests transgéniques et PCR qui ne sont plus remboursés depuis vendredi pour ceux qui ne sont pas vaccinés. Logique ?

18:28
Sandrine Rousseau

La vaccination doit se poursuivre, doit continuer, doit s'amplifier. Après, moi, je connais des personnes...

18:33
Présentateur

Elle ne s'amplifie pas.

18:34
Sandrine Rousseau

Moi, je connais des personnes qui ne peuvent pas avoir de deuxième dose pour des raisons qui sont médicales, par exemple, et qui doivent payer ces tests, et c'est un problème. Et là, aujourd'hui, c'est pas possible de faire ça. C'est-à-dire, c'est pas possible de régler par l'argent

18:49
Présentateur

une question de société et de santé publique. Il y a beaucoup d'exceptions.

18:52
Sandrine Rousseau

Mais il n'y en a pas tant que ça. Il n'y en a pas tant que ça.

18:54
Présentateur

J'ai regardé, il y en a quand même pas mal. Il y en a quand même pas mal. Mais je vous pose... Mais la personne qui n'a pas de problème, qui n'a pas de problème...

19:03
Sandrine Rousseau

Eh bien, il faut qu'elle aille se faire vacciner.

19:04
Présentateur

Il faut qu'elle aille.

19:05
Sandrine Rousseau

Il faut qu'elle aille se faire vacciner le plus vite.

19:06
Présentateur

Parce que c'est gratuit.

19:07
Sandrine Rousseau

Parce que c'est gratuit. Et pas que parce que c'est gratuit, parce que ça protège tout le monde de se faire vacciner.

19:12
Présentateur

Merci Sandrine Rousseau d'être venue nous voir ce matin. Merci à vous. Sur AMC et BFM TV, 8h53.