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Discours / meetingConversations Tocqueville FR· 5 juillet 2025 9 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesNumérique

Keynote speaker Benjamin HADDAD

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:04Invité politiqueFait
    « Les questions bien sûr qui se posent sur l'avenir de la relation transatlantique et la garantie de sécurité américaine »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « Barack Obama déjà qui avait parlé de pivot vers l'Asie, qui avait accusé les Européens d'être des passagers clandestins de la puissance américaine. »
  • 3:27Invité politiqueChiffre
    « En France sur les deux mandats d'Emmanuel Macron, on aura doublé le budget de défense de la France. »
  • 4:50Invité politiqueChiffre
    « En 2008, les États-Unis et l'Europe avaient le même PIB, même niveau de PIB. Aujourd'hui, c'est 30 % de plus pour les États-Unis. »
  • 5:31Invité politiqueChiffre
    « Sur les 30 dernières années, les Américains ont généré deux fois plus de PIB par habitant que les Européens. »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « C'est TikTok qui a été utilisé par la Russie en Roumanie. C'est X qui amplifie des discours populistes dans nos démocraties en Europe. »
  • 6:51Invité politiqueChiffre
    « On a 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui franchit l'Atlantique tous les ans pour aller financer les start-ups, les PME, les marchés de capitaux américains. »

Temps de parole

  • Benjamin Haddad100 %

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Benjamin Haddad

[Applaudissements] Merci beaucoup Lor et merci à la fondation Tocville, Jean- Guillaume, Stéphanie, tous les organisateurs dans ce cadre magnifique. J'ai été habitué effectivement à ces événements qui sont toujours passionnants mais là je vois qu'en plus on a eu un upgrade impressionnant. Je je serai pas très long parce que généralement quand un homme politique dit "Je serai pas très long", c'est que vous savez que vous allez avoir un discours fleuve. Mais là, je vais vraiment essayer de me tenir parce qu'on a un panel où on va évoquer ces sujets après.

Mais tu l'as dit, lors on a vécu ensemble depuis Washington le premier mandat de Donald Trump et à l'époque, je me rappelle notamment du côté des Européens, il y avait encore cet espoir qu'il s'agissait que d'une parenthèse de l'histoire, d'un accident et que 4 ans plus tard, on reviendrait à la normale. reviendrai comme avant la relation transatlantique traditionnelle avec les États-Unis qui jouent le rôle du protecteur, du garant de la sécurité et de la défense des Européens et qu'au fond il fallait surtout pas en tirer des conséquences de long terme.

Et je crois que 8 ans plus tard, on voit là maintenant, on peut plus être dans le déni géopolitique qui est en train de vivre notre monde et les conséquences pour notre continent européen. la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine à nos portes depuis 3 ans et en réalité depuis 2014 et à travers l'Ukraine et les Ukrainiens qui se battent courageusement pour leur liberté, leur souveraineté, leur démocratie, c'est bien sûr la sécurité de tous les Européens qui est visé et on le voit quotidiennement avec les ingérences de la Russie dans nos processus démocratiques. J'étais moi-même ces derniers mois en Roumanie, en Moldavie où on a vu des élections que la Russie a tenté de détourner.

On le voit à travers les attaques cyberes contre nos infrastructures, contre nos hôpitaux. En France, on le voit contre à travers les menaces répétées contre les frontières issues de la fin de la guerre froide et l'architecture de sécurité européenne.

Les questions bien sûr qui se posent sur l'avenir de la relation transatlantique et la garantie de sécurité américaine, je le dis alors que nous avons eu un sommet de l'OTAN à LaE il y a quelques jours où tous les alliés ont pris l'engagement de rehausser leur défense de dépenses mais le on voit bien la tendance de long terme bien au-delà de la simple personnalité du président Trump parce que quand on est dans le commentaire médiatique de tous les jours, on se focalise sur les tweets, les déclarations, les euh les les échanges, mais au fond c'est Barack Obama déjà qui avait parlé de pivot vers l'Asie, qui avait accusé les Européens d'être des passagers clandestins de la puissance américaine.

On a vu sous le mandat de Joe Biden les mêmes tendances protectionnistes sous l'administration Trump parfois amplifié avec l'inflation reduction action massive vers l'économie américaine les entreprises américaines souvent au détriment de nos intérêts économiques et industriels. On a vu le retrait unilatéral d'Afghanistan OCUS bien sûr et certains tarifs doués déjà poursuivis.

Je dis pas ça pour dire qu'on n'est pas en train de vivre un moment de secousse différent avec cette administration, mais pour bien comprendre qu'on fait face à une tendance de plus long terme qui exige des Européens d'investir massivement dans leur défense, dans leur sécurité, dans leur souveraineté et de reprendre collectivement leur destin en main parce que sinon nous laisserons d'autres puissances et créer notre histoire à nos à notre place. Américain, chinois, russe dont on sent la pression partout.

Ça passe bien sûr et je sais que vous avez eu l'occasion d'en parler et je parle sous l'autorité de mon ami le commissaire à la défense André Cubilius avec qui nous échangeons régulièrement entre Paris, Bruxelles ou différents forums de fingt tank à ces sujets. Ça passe par cet investissement massif dans notre défense collective. L'augmentation de nos budgets de défense nationaux. C'est ce qu'on fait en France sur les deux mandats d'Emmanuel Macron, on aura doublé le budget de défense de la France. Mais il faudra continuer à aller plus loin.

C'est un effort générationnel de réarmement, mais le faire aussi au niveau européen en investissant dans des coopérations industrielles, en réduisant nos dépendances dans les cyber, dans les drones, dans les capacités de frappe en profondeur ou de ravitaillement, dans le satellite et le spatial quand on voit le rôle que joue aujourd'hui Starlink dans le soutien à l'Ukraine. aussi et on a eu des avancées majeures sans passer trop de temps sur les sujets techniques, mais des avancées majeures ces dernières semaines comme le plan safe ou au niveau européen précisément pour pouvoir renforcer l'investissement dans cette coopération industrielle.

la défense mais aussi investir dans la compétitivité de notre économie européenne. Je le dis parce que c'est parfois le pilier qui manque un peu quand on a ces conversations de politique étrangère. Mais si on veut pouvoir peser, si on veut être souverain sur la scène internationale, ça passe précisément par le fait de soutenir nos entrepreneurs, nos innovateurs, ceux qui prennent des risques de ne pas créer, subir les dépendances de demain dans l'intelligence artificielle, dans le quantique, dans les technologies vertes. En 2008, les États-Unis et l'Europe avaient le même PIB, même niveau de PIB. Aujourd'hui, c'est 30 % de plus pour les États-Unis.

Sur les 30 dernières années, les Américains ont généré deux fois plus de PIB par habitant que les Européens. Et cet écart, il s'explique par un écart de productivité qui est essentiellement lié à l'innovation technologique. Je parlais tout à l'heure des ingérences, des détournements de nos espaces publics et nos processus démocratiques. Et aujourd'hui, une des raisons pour lesquelles on est dans cette situation, c'est que tous les grands acteurs du numérique des réseaux sociaux sont américains ou chinois. C'est TikTok qui a été utilisé par la Russie en Roumanie. C'est X qui amplifie des discours populistes dans nos démocraties en Europe.

Si on ne veut pas continuer à subir et laisser d'autres encore une fois écrire notre destin à notre place, ça passera aussi par la reconquête sur le plan technologique, la simplification massive de nos règles et de nos normes. Et c'est l'effort qu'on est en train de mener aujourd'hui avec nos partenaires auprès de la Commission européenne pour passer d'une logique de régulation à une logique de soutien à l'innovation et à l'investissement. Donc simplifier tous les textes normatifs de au niveau européen, approfondir notre marché unique qui est aujourd'hui encore trop fragmenté, trop éclaté avec 27 types de régulation, 27 types d'autorité sur le plan des marchés boursiers.

Ce qui explique que toujours aujourd'hui, alors qu'on est conscient de cette nécessité d'investir en Europe, on a 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui franchit l'Atlantique tous les ans pour aller financer les start-ups, les PME, les marchés de capitaux américains. Partout nos acteurs économiques, nos start-ups ont besoin de financement, d'investissement, faisons en sorte d'avoir un marché unique, d'avoir des marchés de capitaux qui peuvent conserver et donner à nos acteurs économiques, à nos pépites, à nos investisseurs les moyens de grandir et d'être à la hauteur de la concurrence internationale, le rivaliser avec les Américains et les Chinois.

défense, compétitivité et force politique, une puissance qui défend des intérêts. Je le dis parce que on n'aime pas utiliser ce terme défendre des intérêts. On aime souvent penser qu'on doit forcément défendre des valeurs universelles, un projet global. Nous avons des intérêts, nous avons des frontières à défendre. Nous avons une identité à défendre, un projet politique et ça exige d'assumer des rapports de force, de se défendre.

Je le dis à un moment où nous sommes sous pression commerciale de la part de l'administration Trump avec ces tarifs douigners, ces droits douanes qui ont été imposés de façon complètement injustifiée et unilatérale qui repose sur aucune justification quand on regarde la relation commerciale entre l'Europe et les États-Unis et qui exige de nous de rester un, d'être extrêmement ferme parce que c'est pas qu'une question économique, c'est vraiment un test de crédibilité géopolitique pour les Européens de montrer qu'on est capable là de s'assumer et de défendre nos intérêts collectifs.

Je pense, je suis optimiste sinon je serais pas engagé en politique, qu'on est dans ce moment d'accélération et dans ce moment de pression que nous mettent des puissances prédatrices comme le dit Juliano d'Ampoli autour de nous. On a une fenêtre d'opportunité précisément pour investir massivement et pour sortir plus fort, plus un, plus puissant de ce moment si on est capable de prendre les décisions, d'accélérer, de prendre les décisions qui s'imposent pour investir dans notre propre souveraineté. C'est ce test historique qui s'ouvre à nous dans les prochains mois, l'année l'année qui vient et vous pourrez compter sur nous pour le porter, pour essayer d'être à la hauteur de ce de ce moment.

Merci beaucoup.