Apolline Matin du 16 septembre - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 20:58OuverteRéponse directe
Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Quelles sont vos propositions pour répondre à la crise du pouvoir d'achat ?
- 22:55RelanceRéponse partielle
Est-ce que votre rôle de candidat ne doit pas être de proposer des réponses par les urnes plutôt que dans la rue ?
- 24:50OuverteRéponse directe
Comment pesez-vous sur le gouvernement pour qu'il change de politique économique ?
- 25:10OuverteRéponse directe
Quelles mesures proposez-vous immédiatement sur l'énergie et les carburants ?
- 29:47OuverteRéponse directe
Quelles initiatives allez-vous prendre pour interpeller le gouvernement dans les jours à venir ?
- 31:54OuverteRéponse directe
Sur le budget, que pensez-vous des propositions de François Hollande concernant le travail et la TVA ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 21:53Fabien RousselFait
« Le travail doit permettre de vivre, de vivre dignement. »
- 28:24Fabien RousselChiffre
« Ils payent 10% du prix normal de l'électricité. »
- 34:55Fabien RousselChiffre
« Il y a aujourd'hui 3 millions de personnes mal logées en attente d'un logement. »
- 35:07PrésentateurChiffre
« il y a aujourd'hui 3 millions de personnes mal logées en attente d'un logement. »
- 36:32PrésentateurFait
« Elle, elle veut supprimer la loi SRU qui impose la construction de logements sociaux aux communes. »
- 38:21PrésentateurChiffre
« Les communistes qui tiennent les stands, qui les montent, les démontent, ont accueilli 570 000 spectateurs. »
- 38:40PrésentateurChiffre
« moi, j'ai fait un meeting devant 40 000 personnes. »
- 41:49PrésentateurFait
« lorsque vous entendez le chef d'état-major des armées qui dit qu'il faut se préparer potentiellement à une confrontation avec la Russie »
- 43:25PrésentateurFait
« Le peuple français a peur du bruit des bottes qui montent aujourd'hui dans notre pays. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Présentateur 213 %
- ?5 %
- Invité5 %
≈ 33,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez RMC.
Il
est 8h et vous êtes bien sur RMC et RMC Story. RMC, Apolline Matin. Le journal de Quentin Vinet. Bonjour Quentin. Bonjour Apolline, bonjour à tous. C'est la galère totale ce matin pour faire le plein. Les automobilistes se pressent. Vous allez voir dans les stations-services où le carburant se vend le moins cher. On observe de premières difficultés. Les ministres priaient de faire encore plus d'économie que prévu. On va détailler tout ça dans le cadre du budget. C'est RMC qui vous a révélé l'information dès hier. Et une ancienne ministre devant la justice, Rachida Dati, jugée à partir d'aujourd'hui à Paris. Avec cette question, a-t-elle
vraiment
travaillé pour Renault il
y
a une quinzaine d'années
? Et
une question au moment de partir au travail ce matin. Avez-vous réussi à faire le plein ? Cette question se pose parce qu'on est à des niveaux records pour les prix des carburants. Le prix de l'essence qui dépasse désormais son pic de 2022, 2,15
euros.
Le litre de sans plomb 95, ce sont les chiffres du gouvernement. Le prix du gazole qui s'approche de son pic du début d'année, 2,35 euros pour le litre de diesel. Et alors des stations commencent à connaître des difficultés. Environ 10% nous dit le gouvernement, surtout chez Total évidemment qui plafonne les prix. La preuve ici dans l'Essonne avec Charlotte Guerre pour RMC.
Une
file d'attente d'une dizaine de voitures. Certaines pompes hors service et d'autres en train d'être ravitaillées. Ryan, 26 ans, parcourt chaque jour une soixantaine de kilomètres pour se rendre au travail. Il vient enfin de réussir à faire le plein alors qu'il roulait sur la réserve.
Sur le chemin, j
'ai
vu à peu près 4, 5 stations sur lesquelles il n
'y
avait pas du tout d'essence. J'ai trouvé celle-ci, donc une demi-heure d'attente quand même sur une nationale où ça roulait assez vite. C'était un peu chaud mais on a fini par le trouver quand
même.
Tony Elio aussi a fait la queue pour faire le plein d'essence. Il n'a pas attendu de le faire au dernier moment par crainte des ruptures de stock.
D
'habitude, je fais le plein lorsque je suis en réserve mais là, il me reste encore 125 kilomètres d'autonomie. Je préférais faire le plein en avance.
Total Energy affirme qu'il ne s'agit pas d'une pénurie mais bien de tensions d'approvisionnement. Le fournisseur assure avoir augmenté de 30% ses livraisons de carburant pour y faire face.
Si les prix augmentent à nouveau en ce moment, c'est parce que la situation se tend davantage au Moyen-Orient. Vous allez nous expliquer tout ça, Romain Houck, pour RMC. En plus du détroit d'Hormuz qui est bloqué au large de l'Iran, il y a maintenant des tensions de l'autre côté, au niveau du détroit de Bab-el -Mandeb. C'est comme ça qu'il s'appelle en face de l'Afrique. Oui, car depuis vendredi dernier, les rebelles yéménites alliés de l'Iran, les Houthis, se sont emparés de ce détroit ultra stratégique dans la région. Concrètement, qu'est-ce que ça change ? Ce détroit est situé au sud de la mer Rouge.
C'est l'un des principaux points de passage pour les navires commerciaux et donc pétroliers vers l'Europe. Résultat, l'Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au monde, se retrouve prise en étau entre, d'un côté, le détroit d'Hormuz, verrouillé par les Iraniens, et donc le détroit de Bab -el-Mandeb, désormais sous contrôle des outils adversaires historiques des Saoudiens. Et ça, c'est un énorme problème pour les exportations de pétrole. Les outils assurent garantir la liberté de navigation dans le détroit, sauf pour les navires saoudiens. Tout cela entraîne une traversée plus dangereuse pour ces navires, une hausse des primes d'assurance, des détours obligatoires.
Bref, un transport maritime plus lent et plus cher, et en bout de course, une hausse des prix à la pompe. Et pendant ce temps, les pêcheurs expriment leur colère. Ils sont une centaine depuis cette nuit à bloquer le dépôt pétrolier de Frontignan, près de Cède. C'est la même action qu'hier, en fait, à Fosse-sur-Mer. Il y aura à nouveau un rassemblement contre la vie chère dans la
matinée
à Marseille. Ça va se passer au rond-point de l'Estac, au lendemain de celui qui a mobilisé une cinquantaine de personnes à La Rochelle. Les organisateurs parlent même d'un tour de chauffe en attendant les appels du 17 octobre. Et alors tout ça
dans
le contexte du budget, avec, vous le savez bien, 30 milliards d'euros d'économie à trouver. On est à la veille d'un séminaire du gouvernement qui leur rend une première ébauche de son budget à la fin de la semaine. Autrement dit, c'est en ce moment-là que ça
se
décide. Et on vous le révélait dès hier sur RMC. Le Premier ministre Sébastien Lecornu vient d 'écrire à ses ministres pour leur demander, Thomas Becker, de faire encore plus d'efforts que prévus dans les ministères. Oui, avec une consigne, rester pour 2027 au même niveau de dépense que cette année, ce qui revient à une baisse de moyens si l'on prend en compte l'inflation. A Bercy, un conseiller explique que depuis juillet, les services identifient des sources d'économie
aux
ministres désormais de tranchées, tous concernés sauf les armées. Le temps presse pour le gouvernement. Il doit envoyer le budget au Conseil des finances publiques dans les prochains jours. Dans cette dernière ligne droite, le Premier ministre veut faire comprendre aux Français que l'État, je cite, s'impose l'exemplarité en matière de dépense, un effort financier mais aussi politique. Le Premier ministre assume, il faut préserver des marges de manœuvre pour le débat parlementaire, une façon d'anticiper d'éventuelles concessions du gouvernement dans les prochaines semaines pour éviter la censure. Alors, elle n'est plus au gouvernement, mais on va revoir Rachida Dati aujourd'hui.
L'ancienne ministre à rendez-vous avec la justice. Elle sera jugée jusqu'à la fin du mois à Paris pour corruption et trafic d'influence en faveur du groupe Renault-Nissan. En cause, 900 000 euros qu'elle a touchés entre 2009 et 2013 pour un supposé travail d'avocate auprès du groupe automobile. C'est d'ailleurs toute la question de ce procès, Pierre Bazin. Est-ce qu'elle a vraiment fait ce travail
? Pas
un document de travail en 4 ans, pas une seule note retrouvée au cours de nombreuses perquisitions. A peine quelques rendez-vous dans l'agenda de Rachida Dati. Trop peu de preuves de mission réalisées pour Renault, notent les juges d'instruction. Même la plupart des dirigeants du groupe n'ont rien pu dire des prestations facturées. Rien ne semble donc justifier les quelques 900 000 euros perçus en échange de prétendus conseils juridiques. Rachida Dati, elle, évoque notamment des documents confidentiels qui ont été détruits. Maître Pardo est son avocat.
Nous allons tenter de convaincre le tribunal qu'elle a effectivement travaillé sur des grands enjeux. Parce qu'au fond, l'accusation nie complètement son travail d'avocat. Ils nous disent qu'elle n'a rien fait et si elle a touché 900 000 euros, c'est pour trois malheureuses questions qu'elle aurait posées au Parlement européen. Ce qui est totalement ridicule.
Rachida Dati est aussi soupçonné d'avoir illégalement utilisé son mandat de député au Parlement européen pour obtenir des décisions favorables aux constructeurs. Un point que l'ancienne ministre conteste également. La campagne présidentielle s'accélère à gauche, c'est ce matin que seront annoncées les candidatures. En principe 6 pour la primaire du PS et de place publique le mois prochain. Autre rendez-vous politique, Fabien Roussel, le
communiste,
qui sera l'invité d'RMC ce matin à 8h30 au micro d'Apolline. C'est le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui sera auditionné aujourd'hui par la commission d'enquête du Sénat sur le scandale du périscolaire. Nos institutions ont failli, voilà ce que reconnaissait hier l'ancienne maire Anne Hidalgo. Par ailleurs, la justice vient de prononcer une première peine de prison ferme à
l
'encontre d'un animateur périscolaire condamné à 50 prisons, dont un enferme sous bracelet électronique pour des agressions sexuelles sur 9 fillettes ces dernières années dans une école du 15e arrondissement de Paris. Et alors ce matin, il y a plusieurs parents d'élèves qui sont en garde à vue pour des affaires de menaces de mort à l'école. Un à Marseille, un autre toujours près de Bordeaux, en plus de la mère de famille qui sera jugée en décembre près d'Auxerre. Les affaires de menaces qui se multiplient, puis la condamnation d'un père de famille près de Toulouse. Bérangère Bocquillant, vous êtes la chef du service Société à RMC.
Le ministère de l'Éducation dit qu'il applique désormais un décret publié cet été permettant de changer d'école les enfants de ses parents menaçants. Mais Bérangère, vous nous dites qu'en fait c'est plus compliqué que prévu. Oui, par exemple dans l'affaire de ce père, désormais en prison, qui a menacé une enseignante de lui couper la tête au Foga près de Toulouse le 4 septembre dernier. Les enfants n'ont toujours pas changé d'école. C'est imminent, déclare la première adjointe du Foga, ajoutant que plusieurs mères de communes environnantes ont refusé d'accueillir les enfants de cette famille dans leurs écoles. Autre
exemple,
lundi à Véron dans Lyon, où une maman a hurlé à la directrice « ça va mal se passer ». Le maire réclame le changement des enfants d'école, mais l'inspection académique veut attendre l'enquête pénale avant de prendre une décision.
Une hypocrisie pour le maire de Véron, puisque selon lui, la confiance est rompue entre l'équipe éducative et la famille. Et puis je vous donne le programme de la soirée sur RMC. Une semaine après la Ligue des Champions, c'est la Ligue Europa qui commence en football avec les premiers matchs à 21h. Lyon à Anderlecht et Rennes chez le Sturmgratz. C'était le journal de Quentin Vinet. Il est 8h08 sur RMC. Vous en parliez, Quentin, à l'instant, ses auditions à la mairie de Paris sur le scandale du périscolaire. Eh bien, ni responsable, ni coupable. Voilà ce que plaide Anne Hidalgo. Elle était convoquée par la commission d'enquête au Sénat hier. Et c'est une position qui vous révolte.
Elisabeth Gutmann, bonjour. Vous êtes la cofondatrice du collectif SOS Périscolaire. Il
y a
de très nombreuses familles qui sont offusquées par la réponse de l'ancienne maire de Paris. C'est l'actuelle maire de Paris, d'ailleurs, qui sera écoutée, Emmanuel Grégoire, aujourd'hui par le Sénat. On ne savait pas. Voilà ce que plaide Anne Hidalgo. Vous dites que c'est un mensonge. La mairie de Paris était au courant. Votre parti pris dans un instant. Et puis vous réagirez aussi à cette première condamnation à de la prison ferme pour un animateur du périscolaire. C'était hier. A tout de suite. 8h12 sur RMC.
Et pour la première fois hier, l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, a reconnu, je cite, un échec, un échec collectif après les scandales des violences sexuelles dans le périscolaire parisien. L'ensemble des institutions ont failli. Voilà ce qu'a reconnu Anne Hidalgo. Elisabeth Gutmann, vous êtes toujours avec nous, cofondatrice du collectif SOS Périscolaire. Vous avez été, et ce sont vos mots, écoeurés par les propos d'Anne Hidalgo. Oui, tout à fait. On a été écoeurés parce qu'il y a une dilution de la responsabilité. Et finalement, à aucun moment, elle, dans son rôle de maire de Paris, n'assume la responsabilité de ce qu'il s'est passé depuis qu'elle est à son poste, tout simplement.
Elle dit, on ne savait pas. Elle dit, les recrutements, ce n
'est
pas nous. Ce sont les différents maires d'arrondissement. Au fond, en effet, une sorte de responsabilité en chaîne qui fait que plus personne n
'est
vraiment coupable. Alors, c'est faux déjà, puisque c'est la maire de Paris qui est bien responsable du service périscolaire. Les recrutements, ce n
'est
pas les maires d'arrondissement, pas du tout. C'est les services des circonscriptions des affaires scolaires et de la petite enfance qui dépendent bien de la Dasco et donc de la mairie de Paris. Donc, ce n
'est
pas les maires d'arrondissement, c'est bien eux. Ces processus, ces process de recrutement étaient très mauvais. Ils sont toujours un peu bancals. Néanmoins, ce qui est important de dire, c'est que c'était bien elle qui était en responsabilité. Et surtout, elle le dit dans son audition, elle dit qu'elle est au courant depuis 2014. En 2014, elle reçoit une alerte. On lui dit, il y a des violences sexuelles. Donc, elle dit, dans les crèches et aussi un peu au périscolaire, parce qu'il y
a
quand même déjà 18 animateurs qui sont signalés pour des faits
d
'agression sexuelle en 2014. En 2014. Voilà, donc elle demande un rapport d'inspection de l'inspection générale de la ville de Paris pour justement documenter les failles dans l'accueil des enfants et pourquoi est-ce qu'il y
a
des violences scolaires. Et ce rapport d'inspection générale, qui a été beaucoup cité lors de l'audition, pointe énormément de dysfonctionnements, énormément de failles et surtout des dangers gigantesques sur les enfants et 40 préconisations.
Mais
quand même, on se dit, à la mairie de Paris, il y
a
50 millions de maires à peu près. On se dit, mais en fait, qu'est-ce qu'ils font au final ? Puisque si à aucun moment, les
processus de contrôle
n'ont fonctionné...
Et à aucun moment, ce rapport n'a eu de conséquences. En réalité, c'est toute la question. Voilà, et donc elle a commandité justement une enquête pour savoir combien, parmi ces préconisations, qui étaient essentielles pour assurer la sécurité des enfants, combien ont été mises en œuvre. Et elle se rend compte là, aujourd'hui, que seulement 50%. Mais comment, lorsqu'on commande un rapport d'inspection aussi essentiel que ça, qu'il en conclut des choses dramatiques, comment ne peut pas faire de suivi ? Il y aurait des enfants qui auraient pu être épargnés, pensez-vous, si, à ce moment-là, Anne Hidalgo avait véritablement changé les processus ?
Mais bien entendu, c'est une évidence, c'est une évidence. On le voit aujourd'hui, des centaines de victimes auraient pu être épargnées. Des centaines. Justement, il
y
a un mot,
quand
même, une expression qu'a employée Anne Hidalgo que moi, je ne peux plus entendre, qui est échec collectif. Les hommes et les femmes politiques ne devraient plus avoir le droit de dire cette expression, échec collectif. Parce que échec collectif, c'est vraiment la formule passe-partout pour dire qu'il n
'y
a pas de responsable.
C'est le
poison de la dilution, des
responsabilités. Voilà, c'est ça, la
dilution tue la responsabilité. Et je précise aussi, et je pense que vous aurez peut-être un complément là-dessus, Emmanuel Grégoire, qui en ce moment est un petit peu cuisiné par l'opposition de droite au Conseil de Paris sur ce sujet, refuse lui aussi de reconnaître la moindre responsabilité, la moindre défaillance. Il sera, d'ailleurs, devant les sénateurs aujourd'hui, auditionné à son tour un homme visé, Patrick Bloch. Il a été l'adjoint chargé de la petite enfance auprès d'Anne Hidalgo de 2017 à 2024, pendant 7 ans. Ses services n'ont pas fait de signalement quand ils ont été informés des accusations de violence
?
Oui, alors tout à fait. Et puis Patrick Bloch, c'est vraiment une personne qu'on a rencontrée, qu'on a alertée dès 2021. Vous
lui avez
dit physiquement, vous lui avez dit, il l'a entendu de ses propres oreilles ? Alors,
il
l'a entendu, on a des mails de confirmation qui disent qu'il a bien compris ce qu'on a dit.
Oui,
on a un compte-rendu d'une réunion qu'on fait avec lui, avec son équipe, début janvier 2022, où on l'alerte sur les violences physiques, psychologiques et sexuelles, sur des affaires qui ne sont pas traitées, sur des animateurs qui sont déplacés, faute de trouver d'autres animateurs candidats. On l'alerte aussi sur le fait qu'on a dialogué avec les syndicats, qu'on a rencontré tous les acteurs et que tout le monde est unanime pour dire qu'il y a un gros problème systémique à Paris et que les enfants sont en danger. Hier, première condamnation à de la prison ferme pour un ancien animateur du périscolaire à Paris, agression sexuelle sur neuf enfants.
Il a été condamné à cinq ans de prison, dont un an ferme, mais qui sera sous bracelet électronique. Pour vous, ça n'est pas satisfaisant ? Non, en fait, il faut savoir que pour une agression sexuelle sur un mineur, normalement, c'est dix ans de prison ferme et 150 000 euros d'amende. Le parquet déjà avait requis seulement cinq ans. Aujourd'hui, il se retrouve avec un an sous bracelet électronique, ce qui correspond, alors qu'il a avoué, quand même, avoir agressé neuf fillettes, ce qui correspond donc à cinq semaines par enfant. Merci beaucoup, Elisabeth Gutmann,
d
'être venue ce matin. Vous êtes cofondatrice du collectif SOS Périscolaire et on a une pensée pour toutes les familles, effectivement, qui se battent et qui mènent votre combat. Il est 8h17 sur RMC et c'est l'heure d'Arnaud de Manche. RMC, Apolline Matin.
C
'est tous les jours de Manche. Salut, Arnaud. Et bonjour, les amis, bonjour à tous. Arthur, Manu, Mathieu, bonjour,
Apolline. Bonjour, bonjour.
Je sais que la politique, c'est votre passion dans la vie. C'est pour ça que vous vous êtes couché à deux heures du mat' pour avoir le plaisir de passer une soirée à interroger François Hollande sur BFM. Mais c'est votre truc, voilà, c'est votre truc. Vous êtes une sorte de Arlette Chabot bien habillée.
Vous
êtes une sorte de Catherine Ney.
Alors, Apolline, je vais vous faire kiffer et je vais vous parler
du
meeting de Bruno Retailleau à Nojean-sur-Marne. Et c'était ce week-end. C'est Céline Dion
et Bruno Retailleau. C'est ça qui est un
peu dommage. Il y avait un peu moins de monde que pour Céline Dion. En vrai, beaucoup de gens avaient hésité entre les deux. Les gens étaient à la maison.
Chérie, je les place. Pour Céline ? Non, pour Bruno. Mars ? Non, Retailleau. Mais par contre, on m
'en
a donné 140 des places. Il en restait plein. Et premier rang.
Poussinette, tu t'en vas ? Attention, on rigole, mais Bruno Retailleau, c'est un homme de scène. Il a été bénévole au Puy du Fou, quand même.
Il
est juste meilleur avec un cheval et un chapeau à plumes et une épée qu'un costard et un micro. Il faudrait qu
'il
fasse ses meetings dans des centres équestres.
Chers amis !
C'est doucement au Marquise du Belvédère. Ça aurait de la gueule. Alors, pour réformer le pays, il a dit vouloir mettre en place un Big Bang constitutionnel. Voilà, Retailleau, c'est quand même vraiment le dernier candidat qu'on imagine provoquer un Big Bang de quoi que ce soit. Lui, son maximum, c'est de modifier un amendement de l'article 5 alinéa 4 de la loi sur l'utilisation des ramettes de papier recyclés dans l'administration territoriale.
Non,
mais le personnage manque d'ampleur, ce n'est pas DSK.
DSK, il
proposait un Gang Bang constitutionnel.
Et il l
'a
fait
!
Gabriel Attal poursuit sa tournée, lui, des 1000 bistrots. Oui, mais ça ne marche pas des masses, son truc. Alors, il faut dire
que...
En fait, bon, admettons, tu vas au bistrot, te bourrer la gueule, tu vois Gabriel Attal au comptoir, tu es là, hé Gabriel, qu'est-ce que tu penses de Macron ?
Hé Macron, je l'emmerde ! On se reprend des shots ? Tu vas voter pour moi ?
Parce
que tu étais mon copain, parce
que
tu étais mon copain. Toi,
tu
dis, oh, bah oui. Et le lendemain, tu te réveilles avec la gueule de voix, qu'est-ce que j'ai fait hier soir ? Et en
fait,
je pense
que c
'est
ça le truc.
Bah oui,
la moitié des gens qu'il a convaincu de voter pour lui, maintenant, ils ont oublié, donc
ça ne marche pas.
S'il arrête la tournée des 1000 bistrots, il va falloir trouver autre chose. Je pense qu'il va nous dégainer la tournée des 1000 campings avec Patrick Sébastien.
Salut ! Salut Gabriel ! T'es prêt pour la chenille de bienvenue ? Oui, bonjour, merci de m'accueillir. Vous avez vu, j'ai mis mon Bob Ricard et mes claquettes.
Et
c'est parti ! Mère, tes deux pieds en canard, c'est la chenille qui redémarre. Voté à Tal 2027,
pour
une France qui sera plus chouette. Ouais, c'est super ! C'est bien que tu sois venu. C'est ce qu'on voulait à Edouard Philippe à la base.
Mais
bon, c'est un camping naturiste, il faut être à poil et il n
'est
pas équipé.
Ouais, Gabi ! Oh mon Dieu ! Apéro ! Apéro, je sors de 1000 bistrots quand même. Oh, je ne
veux
pas ta chochotte, boit ça ! T'en poses quoi de Macron ? Et Macron, j'emmerde ! Le chômage ! Vous avez vu comme les jobs sont bas ! Jobbi ! Jobba ! Ça ne
va pas
au niveau de l'emploi ! Jobbi ! Jobbi ! Je crois que je suis un peu pompette. Jobbi ! Jobba !
Se développe-t-elle trop vite ? Des spécialistes tirent la sonnette d'alarme.
Alors,
prudence, prudence.
Vous savez
que l'IA est nourrie par les grandes œuvres humaines. Mozart, Shakespeare, Léonard de Vinci ou Plastique Bertrand. Mais
il n'y a pas que les
grands,
il
y a aussi Facebook qui l'alimente. Elle se gave de postes de boomers complotistes qui écrivent «
Le
citron dans le vinaigre détruit 98% des cellules cancéreuses et Big Pharma vous ment ! Faites vos propres recherches !
» Et en dessous, en commentaire, t'as Jean-Pierre, 63
ans. « Exactement, Martine ! Réveillez-vous, les moutons ! »
«
Merci, Jean-Pierre ! Enfin, quelqu'un qui réfléchit par lui-même ! » « Bisous à Didier ! »
Et
l'IA s'en craigne là-dessus. Donc, on est encore un peu tard devant nous. Alors, on dit beaucoup
que l'IA va détruire nos emplois, mais c
'est
l'occasion d'un petit quiz ! Ce métier va-t-il être détruit ? Ce métier existe-t-il encore en France ? Attention, c'est parti ! Sexeur de poussins ? Oui,
ça existe.
Ma sœur de pie de vache laitière
? Oui, aussi. Non, c'est faux. C'est un hobby. Oui, c'est
ça. Jean
Lassalle fait ça
bénévolement depuis des années. Haut-commissaire au plan ? Oui, c'est un
vrai
job. Testeur de toboggan ?
Oui,
ça existe,
testeur
de toboggan. Moi, je suis
contre le travail
des enfants, mais ça, j'aurais aimé. Plongeur en égout
? Oui, c'est
un peu chaud pour draguer sur Tinder. Tu
fais quoi dans la vie ? Je plonge dans les égouts, mais c'est vrai.
Calineur professionnel ?
Peut-être, non. C'est vrai, c
'est vrai. Si, il y a des rendez-vous de câlins.
Fauconnier
d'aéroport ?
Oui, bien sûr.
Jalia ne pourra pas faire. Brouteur de petites
culottes
de choux ? Il y en a un. Il
est
communiste de droite.
Dans un
instant.
Roussel. Oui, Fabien Roussel est mon invité dans un instant. Tu ne s'en remets pas. Oui, bah oui. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Il est communiste, mais un peu de droite. En
tout cas, c'est... C'est un conseil. C'est
ce qu'estime Arnaud Demanche.
Non, c'est ce que disent les
insouves. Il est 8h24 et dans un instant, donc en effet, mon invité, c'est Fabien Roussel. Et il veut être au côté. Il dit qu'il faut accompagner les colères, voire même appeler à une forme de révolution. Fabien Roussel, mon invité, dans un instant.
A
tout de suite. Vous restez bien avec nous sur RMC tout de suite. Ce sera le face-à-face. Et ce matin, Apolline de Malherbe reçoit Fabien Roussel, candidat à
l
'élection présidentielle et secrétaire du Parti communiste. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin. Face-à-face. Apolline de Malherbe. Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Fabien Roussel. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Vous êtes secrétaire nationale du Parti communiste français. Vous êtes par ailleurs maire de Saint-Amand-les-Eaux. Des questions d'abord sur les colères qui s'expriment, les pêcheurs qui bloquent à nouveau ce matin un dépôt de carburant. Vous avez déclaré la semaine dernière, je vous propose de faire la révolution dans la rue avant les urnes.
J'appelle à des mobilisations sur les ronds-points dans les entreprises et moi j'y serai. Irez-vous
?
Bien sûr. Bien sûr et je les soutiens totalement. Ils ont raison. Tous ces travailleurs, tous ces salariés à se mobiliser. C'est même la dignité de la classe ouvrière. Et je demande à ce que le gouvernement
non
seulement entendre, mais répondre. Il faut que le gouvernement réponde à cette colère qui monte, qui est profonde, qui est celle de travailleurs
qui
ne veulent pas être des travailleurs pauvres. Le travail doit permettre de vivre, de vivre dignement. Or aujourd'hui, le poids de l'énergie, les factures d'énergie, l'essence, le gaz, l'électricité, le poids des loyers qui pèsent. Bref, tout augmente, y compris les fruits et légumes. J'étais à Rungis pour m'en rendre compte. Tout cela pèse énormément sur le pouvoir d'achat de nos concitoyens. On est le 15 du mois. Beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui...
Un tiers des Français
disent
dans
le rouge à partir
du 15
du mois. Voilà. Déjà dans le rouge. Et donc, il y a une urgence à répondre à ça. Ce n
'est
pas en appauvrissant les Français, en tapant sur leur pouvoir d'achat, que l'on va redresser la France. On a besoin d'avoir une économie qui roule, qui tourne, où nos concitoyens, nos concitoyennes puissent consommer. Et or, aujourd'hui, tout est fait en tapant dans leur porte-monnaie à réduire justement la consommation, à réduire l'activité. Et c'est ça qui pousse petit à petit notre pays à rentrer en récession. C'est extrêmement grave. Et donc, je reviens à l'appel que j'ai lancé.
Moi,
je ne souhaite pas attendre les élections présidentielles dans 8 mois pour que ça change. C
'est maintenant qu'il souffre. Mais est-ce que votre rôle, ce n'est pas l'inverse ? Pardon,
Fabien Roussel, mais vous êtes un homme politique. Est-ce que la réponse à la colère ne doit pas être dans une démocratie par les urnes ? Je voudrais vous faire écouter les propos de François Hollande que l
'on
interrogeait précisément sur le rôle des politiques. Irait-il, lui, comme vous, manifester aux côtés de ceux qui expriment leur colère ? C'était hier soir sur BFM TV. Voici sa réponse. J'entends que certains appellent à faire des manifestations ou des cortés. Non ! Vous pourriez le faire ? Non ! Vous pourriez aller ? Le rôle des responsables politiques, des partis politiques, et a fortiori pour moi qui étais au sommet de l'État, c'est de faire que des propositions soient émises.
Rien ne vous
interdit d'aller manifester.
Non, mais aujourd'hui, chacun doit être dans son rôle. Mon rôle n'est pas d'aller manifester. Ce serait quand même un curieux... Ça pourrait
être un signe de soutien.
Non, mais je ne suis pas dans cette démarche. On peut soutenir, mais ce qu'il faut, c'est trouver des réponses. Des réponses et ne pas attiser, en quelque sorte, les colères. Est-ce que vous êtes dans votre rôle,
à
la fois candidat à l'élection présidentielle et appelant à une révolution avant les urnes ?
Le
rôle des responsables politiques, c'est d'apporter des réponses à son peuple, à ceux qui souffrent, et notamment, là, aujourd'hui, à ceux qui travaillent, qui nous nourrissent. Je pense aux pêcheurs, mais aux agriculteurs qui n'ont plus de foin, là, pour leur élevage, par exemple.
Et
donc, il y a besoin d'apporter des réponses urgentes. Et c'est pour ça que moi, en tant que candidat à l'élection présidentielle, mais en tant que responsable politique, je ne veux pas me projeter sur le mois de mai les élections présidentielles. Je souhaite que l'on apporte des réponses à nos concitoyens, maintenant. Or, nous avons un gouvernement qui ne veut pas entendre ce qui se passe dans la rue, voire même, pire que ça, qui continue à mettre sur la table des propositions qui vont pénaliser le pouvoir d'achat des Français, les taxer encore plus fortement, alors que c'est tout l'inverse qu'il faut faire. Ces manifestations, elles obtiendraient quoi ?
Comment on pèse sur le gouvernement pour qu'il change ? Qu'il change de braquet et qu'il arrête d'accompagner les premiers de cordée, qui est la grande théorie du ruissellement du président de la République, qu'on mette fin à cette politique. D'ailleurs, les Français n'en peuvent plus de cette politique du président Macron. Ils n'attendent qu'une seule chose,
c
'est qu'il s'en aille. Qu'est-ce que vous vous proposez ? Maintenant, c'est maintenant qu'il faut que ça change.
Qu'est-ce que
vous vous proposez
?
Tout de suite, sur l'énergie, sur l'électricité, sur le gaz, nous proposons, nous demandons à ce qu'il y ait une baisse de la TVA immédiate de 20 à 5,5%. C'est la possibilité...
C'est-à-dire
considérant que le carburant est un produit de première nécessité,
ce qui
justifierait que sa
TVA
ne soit qu'à 5%. Tout à fait. Et d'ailleurs, c'est le gouvernement qui est responsable de la hausse, en partie, des prix des factures d'électricité, parce que c'est ce gouvernement qui a augmenté la TVA en la
faisant passer de 5 à 20.
Faire passer
la TVA à 5,5%, ça met un peu
de temps. Il y a une autre proposition que même
Michel
-Edouard Leclerc proposait hier matin à ce micro. Il disait le gouvernement peut décider d'un claquement de doigts et ça pourrait être appliqué à partir de lundi à la pompe, d'ajourner, en tout cas, les fameux certificats d
'énergie. C'est 15 à 20 centimes.
J'y viens. C'est la deuxième proposition que j'ai formulée. Mais
celle-là est plus rapide dans le temps. Vous auriez pu
commencer par ça. La baisse de la TVA, ça peut permettre de faire baisser de 30 centimes, à peu près, le prix à la pompe.
Simplement, je reprécise. La baisse de la TVA, ça passe par la loi et donc c'est évidemment beaucoup plus long.
Écoutez, moi, j'appelle à l'état d'urgence énergétique.
Il
y a besoin aujourd'hui
de
prendre des mesures d'urgence. Quand nous étions pendant l'épidémie de Covid, quand nous avons subi des attaques terroristes, nous avons pris des mesures d'urgence. Aujourd'hui, nous subissons une crise énorme qui pèse sur le travail de nos concitoyens, sur les salaires, sur l'activité économique. Il y a besoin de prendre des mesures d'urgence et c'est pour ça que moi, je déclarais l'état
d'urgence
énergétique. Il y a besoin tout de suite de redonner des marges de manœuvre à nos entreprises et aux Français en allégeant la facture énergétique.
L
'essence,
les
certificats d'économie d'énergie pèsent aux alentours de 10 à 15 centimes par litre. La TVA, en la baissant, on peut gagner 30 centimes. Quand j'additionne les deux, ça fait 45 centimes du litre
que
l'on peut aujourd'hui baisser immédiatement. Et puis, il
y
a les factures d'électricité, de gaz. Excusez-moi, j'y reviens.
Parce
que je reçois dans mes permanences des gens qui me disent qu'on ne peut plus payer le loyer, les loyers augmentent. Quand je regarde les loyers, c'est la facture énergétique qui a explosé ces dernières années depuis la guerre en Ukraine. Ce qui fait qu'entre des loyers qui augmentent de 20% en moyenne ces cinq dernières années, des prix à la pompe qui augmentent aussi, puis vous ajoutez les fruits et légumes, les tomates, on dit aux Français qu
'il
faut manger sain, attention, mais ils ne peuvent plus. Et donc, cette colère,
elle
doit s'entendre, mais il faut surtout y apporter des réponses.
C
'est pour ça que c'est une forme de révolution à laquelle j'appelle parce qu'effectivement, il faut changer de logique.
Est-ce qu'on s'était trompé
quand on entendait dans vos mots « j'appelle à faire la révolution » plutôt une révolution dans la rue
? Ben,
si le gouvernement
n
'entend pas
et
qu'il continue à proposer des remèdes douloureux, oui, j'appelle à de grandes mobilisations dans la rue. Hier, j'étais avec les énergéticiens qui défendent
leur pouvoir d'achat. Qui défendent leur
statut, le statut d'agent de GDF
et
de
EDF. Ils
défendent le fait
qu
'en remettant en cause le tarif agent qu'ils ont sur l'électricité...
Je
rappelle qu'ils payent 10% du prix normal
de l'électricité Dans chaque profession,
il y a des avantages liés à la profession et ceux qui n'en ont pas devraient en avoir. Eux, ils en ont un qui existe depuis 80 ans. Supprimer cet avantage, c'est perdre du pouvoir d'achat. Je défends tous les salariés, que ce soit les policiers qui ont manifesté hier, que ce soit aussi les pêcheurs, que ce soit les personnels de santé. Et demain, il va y avoir des mobilisations importantes, je pense, à cette convergence de tous ces salariés de la fonction publique, des pompiers qui vont se réunir le 29 septembre prochain. cette première grande manifestation va être essentielle, déterminante.
Plus nous serons nombreux dans la rue, plus nous serons nombreux, plus le gouvernement va devoir prendre conscience que s'il n'agit pas, la colère va exploser.
Le 29 septembre ?
Non, mais je vais aller jusqu'au bout. Moi, je préfère que le gouvernement apporte des réponses
et
que la colère sociale, ça pèse. Et ensuite, on va régler dans les urnes la France dans laquelle nous voulons vivre. projet contre projet. Mais aujourd'hui, il y a une colère sociale qui doit être entendue. Les Français souffrent, ils meurent à petit feu. La pauvreté augmente. Donc, le 29
septembre, vous serez dans la rue.
Le
29 septembre, vous serez
dans la rue.
Mais bien
sûr, mais bien sûr que j'y serai dans la rue. Mais je vais même, dans les jours qui viennent, moi-même, prendre des initiatives avec mon parti pour interpeller le gouvernement. Lesquelles ? Est-ce que vous avez déjà des formes de... Vous le verrez bien assez tôt. Mais en tout cas, nous prendrons nous aussi des initiatives. j'appelle chacun, dans chaque département, dans chaque région, à se mobiliser devant les lieux de pouvoir, les sous-préfectures, le siège de Total, devant les ministères. Il va falloir que l'on s'organise et tous ensemble. Et plus nous serons
nombreux, mieux que ce sera. Peuvent-ils garder
le blocage ? Hier, ils ont été assez rapidement délogés, les pêcheurs, à fausse-sur-mer.
Ils ont
repris un blocage
ce
matin dans les rots. Est-ce que vous leur dites « tenez bon »
?
Oui, je leur dis « tenez bon » et je leur dis « tenez bon » face à toutes les provocations et tous les propos qui pourront être tenus contre vous. Parce que j'entends déjà « on va prendre les Français en otage », « c'est jeter de l'huile sur le feu », etc. À chaque fois, quand les Français manifestent leur mécontentement parce qu'ils se font taxer par tous les bouts, parce qu
'ils
n'arrivent plus à payer leurs factures, leurs courses, on les pointe du doigt en disant « taisez-vous, payez ». C'est fini ça. C'est fini. Et je ne veux pas qu'on attende les élections présidentielles pour que ça bouge. C'est pour ça que je veux être moi un candidat en lutte. Quelqu'un qui aussi... Moi je fais le choix de la barricade du côté où je veux être. Je veux être avec ceux qui se battent. Vous faites le choix de la barricade ?
Un homme qui est candidat à l'élection présidentielle dans une démocratie
dit « moi je
fais le choix de la barricade ». Ce que je veux dire, c
'est que quand il y
a
des barricades qui se montent,
on
doit choisir de quel côté on se met. Et moi je sais de quel côté où je serai. Quand il y
a
un piqué de grève qui se monte, je sais de quel côté je suis.
Il
y a ceux qui forcent le piqué de grève et il y a ceux qui le tiennent. Moi je veux être du côté de celles et ceux qui se battent aujourd'hui pour défendre leur dignité, leur pouvoir d'achat, leur pouvoir de vivre. Vous vous imaginez qu'aujourd'hui dans notre pays, ces travailleurs, ces pêcheurs qui se battent, c'est pour ne pas être des travailleurs pauvres. Nous voulons nous avoir des travailleurs qui vivent dignement de la richesse qu'ils produisent. Et
c'est pour
cela que oui j'appelle à ce que l'on se mobilise maintenant parce que ce gouvernement envisage encore des remèdes terribles de taxer les retraités.
On y vient à la question du budget,
les retraités. Hier, ce même François Hollande défendait sa proposition pour précisément que le travail paye mieux. Là-dessus, vous êtes d'accord sur le constat. Il dit pour alléger voire supprimer la part des cotisations salariales qui pèsent sur le salaire des travailleurs, il vaut mieux augmenter la TVA, la passer progressivement de 20 à 24% et dans le même temps la faire passer à zéro sur tous les produits de première nécessité. Ce vase communiquant entre en gros ce qui pèse sur le salaire et ce qui pèse sur la consommation, vous en dites quoi ?
Je
dis que c'est une très mauvaise idée et on connaît les remèdes de François Hollande qui a été président de la République de 2012 à 2017 et qui a pris beaucoup de mesures pour, comme on dit, alléger le coût du travail, c'est-à-dire donner des cadeaux fiscaux aux entreprises, aux grandes entreprises en espérant qu'ils embaucheraient derrière. Ça ne s'est pas produit. Aujourd'hui,
ils
continuent de proposer le même remède, c'est-à-dire de rapprocher le brut
du
net dans les salaires. Ce serait
pas mal
quand même, non
? Il y a un certain
nombre de personnes qui nous
écoutent qui seraient
enchantées d'avoir le brut qui
sera
proche
du net.
Laissez-moi aller jusqu'au bout
et
de l'autre côté, d'augmenter la TVA. Ça, c'est un jeu de bonnes taux pour ceux qui jouent. C
'est
je te donne d'un côté mais je prends de l'autre. Et d'ailleurs, encore une fois, je pense aux entreprises, aux TPE, aux PME. Quand elles vont voir la TVA augmenter, quand elles vont voir les prix augmenter, ils ne vont pas s'en sortir eux aussi. Donc, les Français vont payer plus cher parce que la TVA va augmenter. Ensuite, rapprocher le brut du net. Mais enfin, il faut aller jusqu'au bout de la logique. Si demain, il n'y a plus de salaire brut qui est un salaire différé, socialisé, c'est la retraite, c'est l'assurance maladie, c'est la sécurité sociale, c'est la carte vitale ce que l'on paye avec le brut. Demain, ça veut dire qu'il n'y a plus de carte vitale.
Et il faudra la remplacer par l'American Express, sa carte bleue pour aller se soigner quand on a une maladie grave, de même,
il
n
'y aura
plus de pension de retraite garantie parce qu'il faudra capitaliser. Et donc, plus de brut, ça veut dire plus de sécurité sociale. Ceux qui proposent ça demandent la privatisation de la sécurité sociale et nous, nous disons non, c'est un choix de société. Mais que les Français en puissent en débattre clairement entre le modèle libéral
qui propose de supprimer la
sécurité sociale et nous qui demandons à la protéger au contraire. Défendu par les uns ou par les autres et débattu. Et honnêtement, c'est de très bonne augure. Il y a véritablement des propositions très concrètes de vous tous. Une question aussi sur le logement. C'est au cœur des préoccupations des Français sur le logement. Marine Le Pen a voulu en faire le thème numéro un, un peu comme elle avait fait le pouvoir d'achat il y a quelques années. Sur le fond, vous êtes d'accord ? Vous partagez l'idée que le logement doit être une cause importante,
prioritaire ?
Je suis content que vous le soulignez. Moi-même, j'en fais un élément de ma campagne important. Je l'ai dit parce que le logement pèse de plus en plus dans le pouvoir d'achat des ménages, dans le budget des ménages. Dans les permanences que je tiens, je reçois plus de personnes qui ont des problèmes de logement que des problèmes d'emploi. D'ailleurs, il y a aujourd'hui 3 millions de personnes mal logées en attente d'un logement. On n'en construit pas assez.
Et
donc... Faut-il donner priorité à ceux qui ont la nationalité française ? Il y a la question du coût
et
il y a la question de l'accessibilité. Il manque de logements. La priorité, ce n
'est
pas la préférence nationale. La priorité, c'est de construire des logements pour que tout le monde puisse être bien logé. Et alors là, je vais me mettre à la place d'un employeur ou moi en tant que maire quand dans ma ville, j'ai deux personnes qui travaillent pour ramasser les poubelles ou dans une entreprise du bâtiment. L'une qui a la nationalité française et l'autre qui est un travailleur
immigré
qui a une carte de séjour qui est là depuis 10 ans, 20 ans
et
qui, tous les deux, demande à logement. Je dois les distinguer en fonction de leur nationalité alors que tous les deux travaillent, cotisent, participent à la richesse du pays et
donc je dois
faire une différence. Mais vous vous rendez compte ? Enfin, ils sont collègues, ils vivent ensemble, leurs enfants vont à l'école ensemble et on va faire de la ségrégation en fonction de la nationalité mais c'est une forme d'apartheid que Mme Le Pen veut créer dans notre pays. C'est ça l'essentiel alors que le problème, le problème, quand il y a 3 millions de demandeurs de logements et que, justement, on a coupé les robinets des bailleurs sociaux et que l'on ne construit pas assez de logements. Moi, je suis confronté à ça. On ne construit pas assez de logements. Elle, elle veut supprimer la loi SRU qui impose la construction de
logements
sociaux aux communes qui ne veulent... Il y a des communes qui ne veulent pas en
construire. Fabien Roussel,
vous dites que c
'est
de la ségrégation, c'est honteux. Maintenant, je vais aller jusqu'au bout du rôle dans lequel vous vous êtes mis. Vous dites, moi, je suis le maire et j'ai deux dossiers de deux personnes qui ont la même vie, qui partagent le même quotidien, qui ont le même job, l'une à la nationalité française
et qui payent
des impôts. Il y
a
un seul logement, vous faites quoi ? Vous tirez au sort ?
Vous
lancez une pièce
en l'air
?
Comment vous faites ? Mais non, mais
je
vais
dire à nos concitoyens comment ça se passe. C'est que dans les commissions d'attribution des logements, il y a quatre interlocuteurs. Il y a le préfet qui vient avec ses dossiers d'urgence et qui vient mettre dans ma commune des personnes qui y sont d'ailleurs. Il y a le bailleur qui vient avec ses propres urgences. Il y a les employeurs, actions logement, parce que tout le monde cotise quand on a dans une entreprise de plus de 50...
Ce que
vous
dites, c'est qu'il ne faut pas
choisir.
Il y a la
ville. Et donc, moi, je représente une voix sur quatre pour défendre un logement. Et donc, ce que je regarde, moi, je privilégie les habitants de ma commune. Je défends d'abord les dossiers de ma commune. Et on regarde l'urgence. Il y
a
des personnes qui sont sans domicile, avec des enfants, à la rue. Il y a des personnes qui se sont séparées. Et puis, il faut un logement pour les deux couples, Et vous faites
preuve le plus possible d'humanité.
Bien sûr. Et donc, c'est d'abord ça que l
'on regarde. C'est
comme
ça
que vous vous sélectionnez. Fabien Roussel, la fête de l'UMA, c'est censé être votre truc.
C
'est-à-dire, la fête de l'UMA, c'est vous qui l'organisez, c'est le Parti communiste. Et dans cette fête de l'UMA, j'allais dire, chez vous, sur votre terrain, il y a eu ces slogans, ces cris. Non, Roussel n'est pas un camarade. Outre les slogans sur tout le monde déteste l'EPS, non, Roussel n'est pas un camarade. Comment vous avez vécu ça
? Bon,
d'abord, moi, j'ai vécu une belle fête de l'UMA. Les communistes qui tiennent les stands, qui les montent, les démontent, ont accueilli 570 000 spectateurs.
C'est le plus gros festival. La plus grosse fête
politique en
Europe. Est
-ce que vous n'avez pas trouvé ça un peu ingrat
que
vos invités, en quelque sorte,
vous
insultent ? Je vais répondre à votre question.
Je
vais y répondre.
Ce
que je sais, c'est que moi, j'ai fait un meeting devant 40 000 personnes. Devant 40 000 personnes. Et il n
'y a
pas eu d'insulte envers qui que ce soit à gauche. Et c'est certainement une différence qu'il y a entre nous
et
certains à la France Insoumise qui préfèrent insulter les autres forces de gauche. Moi, je n'ai pas d'adversaire à gauche. Je souhaite, au contraire, parler des problèmes des Français, m'attaquer à la responsabilité du gouvernement
de
Total dans ce que nous vivons aujourd'hui. Et puis, je vais vous dire autre chose. C'est que je débute ma campagne maintenant. Et je vais voir ce que vont donner les sondages.
Mais
si, moi, demain, je suis à 15-16%,
eh
bien, je ferai tout
pour
qu'on se rassemble. Je ferai tout pour qu'il n'y ait pas d'insulte contre les autres forces, les autres candidats de gauche. Je ferai tout pour créer une dynamique. Je crée l'esprit du rassemblement, du travail ensemble. Je respecterai chaque candidat parce que je considère que nous avons des différences. Nous avons des différences de fond et de forme. Mais je préfère que les Français choisissent et
soient libres
de
choisir. Vous
considérez aujourd'hui que cette attitude qui a été en effet celle des militants LFI à votre endroit et à l'endroit du PS, c'est le poison de la division
? Bien
sûr. Et ça ne concourt pas au fait que demain, il puisse avoir les rassemblements les plus larges. Et puis,
ce
qui doit compter... ce n'est pas vous qui êtes à 15-16%. Mais comme c'est le cas aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, irez-vous le
soutenir ?
Écoutez, moi je vais attendre ce que sera demain. Et c'est pour ça que j'appelle nos concitoyens et nos concitoyennes à faire les bons choix au premier tour. Et qu'en fonction de la force
à
gauche qui arrivera en tête, c'est un autre état d'esprit. Mais en tête de quoi ? En tête des élections.
En tête
de quoi
? En tête des sondages ?
En tête des intentions de vote et du résultat du premier tour. Ce qui va peser, c'est ça.
Et
qu'en fonction...
Donc vous
allez attendre le premier tour ? Vous n'envisagez pas avant cela de vous dire
je ne sais pas
si à
gauche un Olivier Faure ou un Raphaël Glucksmann montent côté
PS ou
un Jean-Luc Mélenchon s'installe très haut ? Non, non, non.
Vous resterez malgré tout candidat ? Quand on se présente à une élection présidentielle avec un projet de société,
avec
des propositions qui nous nous distinguent sur des sujets aussi importants que le poids de la guerre, de l'économie de guerre sur notre pays ou la question de l'énergie et la bataille que la France devrait mener sur la question énergétique, sur ces deux questions par exemple, qui sont pour nous essentielles et où nous distinguons. Nous avons un vrai projet de société qui fait que, bien sûr, nous irons le défendre auprès de nos concitoyens jusqu'au premier tour. Et ce qui sera important pour les Françaises et les Français, c'est justement de voir qui à gauche ils aimeraient voir arriver en tête pour les représenter le
mieux. Cet
effort de guerre, Fabien Roussel, il faut le poursuivre, cet effort de guerre ou au contraire, il est trop pesant sur notre économie ? Et justement, moi je dis qu'il faut aujourd'hui mettre un stop sur l'économie de guerre, mettre un stop sur le surarmement de la France et de l'Union Européenne qui fait que la planète... Dans le moment actuel, dans le moment de menace actuelle, lorsque vous entendez le chef d'état-major des armées qui dit qu'il faut se préparer potentiellement à une confrontation avec la Russie, lorsque vous voyez les drones et les provocations russes sur le sol ou sur le ciel européen, vous dites qu'on
arrête de
s'armer. Je dis tout simplement que si la France continue de préparer les esprits à une guerre à haute intocité, si la France continue à se surarmer et à faire peser le prix de ce surarmement sur le pouvoir d'achat des Français, je préfère moi qu'on investisse dans les hôpitaux et les écoles pour nos agriculteurs plutôt que de construire des bombes. C'est clair pour
moi. Si les bombes tombent sur nos hôpitaux
et
nos écoles... Non, c'est un choix.
Non, c'est pas ça, justement. Mais vous-même, vous êtes en train de vous faire polluer la tête, Madame de Malherme. Excusez-moi. Mais à force de nous préparer à l'état d'esprit de la guerre, chacun va vouloir participer à l'escalade guerrière. Or, c'est tout l'inverse qu'il faut faire aujourd'hui. Pour vous ?
L
'OTAN veut nous emmener dans un conflit de haute intensité. Les États-Unis vont tout faire pour que le conflit s'enlise ici en Europe. C
'est l'OTAN qui veut nous emmener dans ce conflit, c
'est pas plutôt Poutine ? Je ne fais aucune confiance à M. Trump dans ses négociations avec M. Poutine. Tout cela contribue à faire augmenter les prix de l'énergie, à nous faire priver du gaz russe, à faire en sorte que l'Arabie Saoudite et la Russie...
Il
faudrait acheter le gaz russe ? Mais écoutez, vous ne
voyez
pas
? Non,
mais vous dites que ça nous prive du gaz russe ? Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on retrouve un esprit de sécurité collective et de paix en
Europe... Je crois
que tout le monde est
devant
cela. Non, mais non, parce que quand on investit dans la guerre, quand on participe à l'escalade guerrière, y compris dans les mots, quand on prépare un pays comme la France, puissance nucléaire, à un conflit de haute intensité, nous, nous tirons la sonnette d'alarme. Le peuple français a peur du bruit des bottes qui montent aujourd'hui dans notre pays. Nous ne voulons pas de ça et nous voulons au contraire une diplomatie de la paix et que ça arrive le plus vite possible.
Merci
Fabien Roussel d'avoir répondu
à
mes questions. Candidat à l'élection présidentielle et secrétaire nationale du Parti communiste français 8h52.
Bougez
pas dans un instant.
L
'actualité continue sur RMC, c'est les GG avec Alain Marchal, Olivier Truchot. De quoi allez-vous débattre, messieurs
? On
va débattre de la vie chère. Est-ce que les Français sont résignés face à la flambée des prix et du carburant et puis autour de la table, Fatimaïd Bounois, la prof de français, Emmanuel Devilly, l'entrepreneur et l'avocat Charles Consigny.