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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 25 septembre 2026 40 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Emmanuel Macron au JT de 20h : que reste-t-il du pouvoir présidentiel ?

Au micro : Marguerite Caton Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 36 %Attaque 8 %Défensif 36 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Comment comprenez-vous le moment choisi par le Président pour cet entretien ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Comment vous apparaît ce choix de parler hier soir de la part du président de la République ?

  • 5:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez, Isabelle Lasserre ? Vous avez dit qu'en effet, le moment est spécialement dangereux.

  • 9:58OuverteRéponse directe

    On dit aussi que l'approche des élections américaines crée encore plus de vulnérabilité. Qu'en pensez-vous ?

  • 11:18OuverteRéponse directe

    Sur la forme, dans le ton, Emmanuel Macron, en alertant la population sur cette menace, c'est lui-même présenté, drapé du costume de chef de guerre. Qu'en pensez-vous ?

  • 14:15OuverteRéponse directe

    Il est revenu sur cette réunion, vendredi dernier, où il a convoqué à l'Élysée les différents chefs de parti pour un brief sur les menaces. Ça semblait être mon devoir, a dit Emmanuel Macron hier soir. C'est une démarche assez inédite, non ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29PrésentateurFait
    « C'est un chef d'État actif, déterminé, volontariste qu'il s'est campé avec un mot qui revient dans sa bouche comme un leitmotiv. »
  • 1:47InvitéFait
    « On sait que les attaques hybrides de la Russie visent plusieurs objectifs. À essayer de couper l'aide européenne à destination de l'Ukraine, et aussi à essayer de booster et de propulser les partis qui sont davantage favorables à Vladimir Poutine au pouvoir. »
  • 8:23InvitéFait
    « Certains Français qui disent : « Bon ben finalement, alors, on n'a plus d'argent, on ne sait pas ce qui va se passer économiquement dans un an, et on donne tout notre argent à l'Ukraine. » »
  • 8:50InvitéFait
    « D'abord, c'est l'Union européenne qui soutient l'Ukraine. C'est un tout petit pourcentage du budget français, donc c'est pas comme ça que ça marche. »
  • 9:02InvitéFait
    « Si la Russie gagne en Ukraine, la guerre ne s'arrêtera pas, elle se poursuivra, et là, le coût militaire, économique, politique, des pays de l'Union européenne, qui devront se défendre contre d'autres déstabilisations de la Russie, sera beaucoup plus important que le coût qui est payé aujourd'hui. »
  • 10:24InvitéFait
    « Traditionnellement, à l'approche d'élections, que ce soit les midterms ou les présidentielles, la politique étrangère américaine se met en quelque sorte entre parenthèses. »
  • 13:21InvitéFait
    « Si lui, les finances publiques ne pouvaient pas aujourd'hui permettre de baisser le prix de l'énergie, mais parce qu'il a révoqué la réforme des retraites, qu'au fond, il n'avait pas réussi à convaincre les Français qu'il fallait. »
  • 13:40InvitéFait
    « La dégradation des finances publiques en France qu'il a reconnue était liée à son incapacité à faire des réformes sociales que d'autres pays avaient faites et notamment il a évoqué à deux reprises la réforme des retraites comme si au fond cette question-là était au cœur aujourd'hui du débat politique. »
  • 16:56InvitéFait
    « La France, même démonétisée, même avec un président qui est en train de s'en aller et cette incertitude politique, c'est un des pays leaders sur l'Ukraine. »
  • 35:04InvitéFait
    « son camp avait perdu les élections mais personne n'avait gagné »
  • 37:33InvitéFait
    « la coalition des volontaires c'est une excellente idée »
  • 38:50InvitéFait
    « il accepte d'envoyer des soldats en Arabie Saoudite »

Temps de parole

  • Invité39 %
  • Invité 234 %
  • Présentateur21 %
  • Locuteur non identifié3 %
  • ?2 %

≈ 8,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

France

0:01
Présentateur

Culture.

0:04
Locuteur

Les

0:05
Présentateur

matins de France Culture. Marguerite Caton.

0:08
Locuteur

Hier

0:08
Présentateur

soir, Emmanuel Macron a pris la parole, interviewé par Caroline Roux et Gilles Boulot dans les journaux de TF1 et de France 2. 40 minutes durant lesquelles le président s'est attaché à démontrer le soin qu'il prend des Français à travers son activité diplomatique. Et réciproquement, à démontrer que les difficultés quotidiennes et surtout la hausse faramineuse du prix de l'essence relèvent de la géopolitique. C'est un chef d'État actif, déterminé, volontariste qu'il s'est campé avec un mot qui revient dans sa bouche comme un leitmotiv. La responsabilité est déjà, se dessine en creux le procès de ses possibles successeurs. Bonjour Rémi Lefebvre. Bonjour.

Vous êtes politiste, professeur à l'Université de Lille et à Sciences Po Lille. Vous publiez en sept rentrées « Faire partie autrement insoumise et marcheur 2016-2026 » aux éditions Raison d'agir. A vos côtés, Isabelle Lasserre, bonjour. Bonjour. Journaliste au Figaro, spécialiste des questions internationales. Vous avez publié « Macron-Poutine, les liaisons dangereuses » au seuil en 2023 et plus récemment aux éditions de l'Observatoire « Les fantômes de Munich ». Merci beaucoup à tous les deux d'être venus ce matin. Un mot pour commencer du moment choisi par le Président pour cet entretien.

Comment le comprenez-vous dans une séquence internationale liée à l'ONU peut-être, Isabelle Lasserre ? Une séquence

1:17
Locuteur

internationale

1:18
Invité

liée à l'ONU, mais surtout une séquence internationale dans laquelle la menace russe concrétise

1:24
Locuteur

et

1:25
Invité

s'aggrave.

1:26
Locuteur

Et

1:26
Invité

dans ce contexte, la France est sans doute un des pays qui sont une des cibles principales de la Russie, parce qu'il y a des élections présidentielles dans quelques mois.

1:39
Locuteur

Et

1:39
Invité

on sait que les attaques hybrides de la Russie visent plusieurs objectifs. À essayer de couper l'aide européenne à destination de l'Ukraine, et aussi à essayer de booster et de propulser les partis qui sont davantage favorables à Vladimir Poutine au pouvoir. Donc c'est pour ces raisons que la menace russe va s'aggraver dans les semaines et dans les mois qui viennent, pour essayer de démobiliser, de déstabiliser la population, de provoquer une inquiétude. Parce qu'à la fin, si la France

2:20
Locuteur

lâche

2:21
Invité

l'Ukraine, et si la France perd un peu les pédales, en tout cas ses objectifs diplomatiques, c'est toute l'Europe qui risque de s'affaiblir, parce que la France reste un pays leader dans la diplomatie, malgré ses problèmes économiques et malgré son instabilité politique. Donc c'est dans ce contexte-là que s'exprime le président

2:40
Présentateur

de la République. Rémi Lefebvre, il y a cette interprétation sur la menace russe aujourd'hui et maintenant, ce moment particulier, on va y revenir, d'un point de vue de politique intérieure. Comment vous apparaît ce choix de parler hier soir de la part du président de

2:55
Locuteur

la

2:55
Présentateur

République ? On a beaucoup glosé sur le fait qu'il damnait le pion d'Édouard Philippe.

3:00
Locuteur

Oui, alors

3:01
Invité

moi évidemment, ma lecture, elle est beaucoup plus celle de l'analyse de la vie politique. Et ce qui est frappant, c'est l'interdépendance aujourd'hui entre la géopolitique et la politique nationale. Bon, cette interaction se faisant évidemment à travers la crise énergétique, mais aussi la menace d'un nouveau mouvement social, et puis effectivement aussi la fin du mandat d'Emmanuel Macron, son deuxième mandat, l'idée qu'il aussi ne peut pas se représenter, et la campagne électorale qui monte en intensité.

Donc c'est une volonté, certes, du président d'alerter l'opinion sur la gravité de la situation géopolitique, mais c'est une manière aussi de se remettre dans le jeu, de travailler aussi son bilan, et surtout de désarticuler la question énergétique de la politique nationale et gouvernementale. Il n'a cessé de dire qu'au fond, la situation aujourd'hui, le problème du prix de l'essence était lié à la situation géopolitique principalement. Donc il a sans arrêt ramené cette question à la géopolitique. Il a même dit, au fond, et en évoquant la résurgence des Gilets jaunes, que ça n'avait aucun sens de manifester dans la rue, alors que finalement le problème était géopolitique. Si

4:20
Présentateur

c'est une manifestation pour le détroit d'Hormuz et son ouverture,

4:23
Locuteur

j

4:23
Présentateur

'irais la faire moi aussi.

4:24
Invité

Voilà, donc ce qui n'est pas totalement, évidemment, incohérent intellectuellement, mais ce qui est une manière aussi de se replacer dans le jeu, et de travailler, moi je dirais que ce qui a été au cœur hier de son intervention, c'est la question de l'imputation, en fait, du phénomène énergétique. Et donc il essaie de redonner une intelligibilité de la situation en accentuant sur la question internationale, ce qui est, bon, je le répète, assez cohérent intellectuellement, mais ce qui est une manière aussi de peser, de peser sur le jeu, alors même que, très clairement, sa démonétisation, tant sur le plan international que sur le plan intérieur, est déjà bien engagée.

5:11
Locuteur

Alors,

5:11
Présentateur

deux grands sujets ont rythmé l'interview du président, on a commencé à les esquisser, la menace russe et le prix des carburants, l'international et la politique intérieure, et le tout, évidemment, solidement lié. Commençons par le premier, le message numéro un est simple, l'Europe et la France peuvent désormais se trouver directement attaquées par la Russie, comme ça a été le cas en Allemagne, début août, à Leiflich. Qu'est-ce que vous en pensez, Isabelle Lasserre

5:30
Locuteur

?

5:30
Présentateur

Vous avez dit qu'en effet, le moment est spécialement dangereux. Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s'est passé en Allemagne ?

5:35
Invité

En Allemagne, c'est un moment qui a failli faire basculer le concept de guerre hybride à une guerre ouverte, parce que deux drones, d'ailleurs, devaient exploser à côté d'un avion rempli d'armes qui devaient aller en direction de l'Ukraine. C'était à l'aéroport de l'Aipsig. Et si cet attentat raté avait réussi, il y aurait sans doute eu

6:04
Locuteur

de

6:05
Invité

nombreux morts sur l'aéroport de l'Aipsig. Donc là, on a vraiment

6:08
Locuteur

une

6:09
Invité

intention d'attaque directe de la Russie, puisque cet attentat raté a été imputé à la Russie, dans un pays de l'Union européenne, en pleine campagne électorale, parce que c'était, bien entendu, quelques jours avant des élections cruciales en Allemagne qui ont été remportées par l'AFD, le parti d'extrême droite. Donc vous voyez comment ça s'imbrique. La France est menacée, bien évidemment, de la même chose. La CIA a apparemment prévenu plusieurs pays européens de l'imminence d'une attaque contre plusieurs pays, notamment l'Italie, l'Espagne et la France. Donc les pays qui sont en campagne, qui auront des élections en 2027. Ça, ce n

6:52
Locuteur

'est

6:52
Invité

pas très clair, Isabelle

6:52
Locuteur

Lacerre,

6:53
Présentateur

parce qu'il y a beaucoup d'avertissements qui sont donnés. Les journalistes, hier, ont commencé par dire les pays du sud de l'Europe et notamment même la façade méditerranéenne de la France va être attaquée. La CIA le dit, Emmanuel Macron a démenti. Mais par contre, c'est sûr qu'il y a à l'heure actuelle des alertes des services de renseignement américains, notamment polonais, danois. Dites-nous. Oui, alors il

7:12
Invité

faut rappeler deux choses. Il faut prendre au servieux ces avertissements parce que la dernière fois que la CIA a lancé un avertissement de cette taille, c'était 15 jours avant l'invasion

7:23
Locuteur

de

7:24
Invité

l'Ukraine par la Russie et c'est exactement ce qu'il s'est passé.

7:27
Locuteur

Par

7:28
Invité

ailleurs, dans la tête de Vladimir Poutine et les gens qui l'entourent au Kremlin, la menace verbale vaut attaque. Je m'explique. Qu'un attentat ait lieu sur le seul français de type celui qui a failli avoir lieu en Allemagne ou pas, de toute façon,

7:48
Locuteur

la

7:49
Invité

menace provoque déjà une déstabilisation, une inquiétude, une mobilisation politique. Et c'est déjà la moitié, 50% de l'effet recherché par Vladimir Poutine qui est de faire s'interroger les Français sur le niveau de sécurité que leur offre ou non le gouvernement, sur leur choix politique, sur... On entend, par exemple, qu'il

8:13
Locuteur

y a

8:13
Invité

une petite musique qui monte depuis que cette menace russe se manifeste de plus en plus ouvertement. C'est certains Français qui disent « Bon ben finalement, alors, on n'a plus d'argent, on ne sait pas ce qui va se passer économiquement dans un an, et on donne tout notre argent à l'Ukraine.

8:33
Locuteur

»

8:34
Présentateur

Voilà ce qu'on entend. Ou même plus loin, on l'entend à l'extrême droite, en Allemagne notamment, on n'a pas... Enfin, ils ont un peu plus d'argent que nous, mais on n'a pas beaucoup d'argent, on paye une fortune le gaz, alors que si on faisait

8:44
Locuteur

la paix avec la Russie, tout serait réglé. Mais

8:45
Invité

c'est pas seulement à l'extrême droite. Or, c'est faux, c'est un raccourci. D'abord, c'est l'Union européenne qui soutient l'Ukraine. C'est un tout petit pourcentage du budget français, donc c'est pas comme ça que

8:56
Locuteur

ça

8:56
Invité

marche. Et surtout, le fond de l'histoire, et c'est ça quand même qu'il faut réexpliquer aux gens, c'est que si la Russie gagne en Ukraine,

9:07
Locuteur

la

9:08
Invité

guerre ne s'arrêtera pas, elle se poursuivra, et là, le coût militaire, économique, politique, des pays de l'Union européenne, qui devront se défendre contre d'autres déstabilisations de la Russie, sera beaucoup plus important que le coût qui est payé aujourd'hui, parce qu'en fait, l'Ukraine est un petit peu le front de l'Union européenne à la marge. Mais vous voyez bien, c'est tout ça qu'essaye d'ébranler le Kremlin quand il lance une menace. Donc, un attentat est tout à fait possible, mais même sans attentat, la menace verbale a le même effet, presque.

9:48
Locuteur

On

9:48
Présentateur

dit aussi que l'approche des élections américaines crée encore plus de vulnérabilité parce que Donald Trump aurait les mains liées avant les midterms. Il y a deux vulnérabilités.

9:59
Invité

Une vulnérabilité liée à la question iranienne,

10:04
Locuteur

c

10:04
Invité

'est-à-dire que Donald Trump a fait étalage des limites de la méthode militaire vis-à-vis de l'Iran, des limites aussi de la capacité

10:14
Locuteur

américaine

10:16
Invité

en termes d'armement, parce qu'on voit que le matériel n'est pas infini. Ça, c'est la première vulnérabilité. Et la deuxième, c'est que, traditionnellement,

10:27
Locuteur

à

10:27
Invité

l'approche d'élections, que ce soit les midterms ou les présidentielles, la politique étrangère américaine se met en quelque sorte entre parenthèses. Il y a deux moments très fragiles au niveau international. C'est avant les élections américaines et après toute la période qui suit, soit l'installation de la nouvelle chambre ou des nouvelles chambres, soit l'installation à la Maison-Blanche du nouveau président.

C'est une période de vacances où les prédateurs ou les puissances autoritaires et tous ceux qui luttent contre l'Occident en profitent pour déstabiliser parce que c'est vrai que Donald Trump ne peut pas prendre des décisions normalement parce qu'après, avec Donald Trump, rien ne fonctionne de manière traditionnelle. Mais c'est vrai qu'il est obligé d'apaiser un petit peu pour ne pas perdre complètement

11:17
Présentateur

ses primaires. Sur la forme, dans le ton, Emmanuel Macron, en alertant la population sur cette menace, c'est lui-même présenté, drapé du costume de chef de guerre. Il a d'ailleurs emprunté aux militaires une partie d'un vocabulaire un peu jargonneux, nous expliquant que la Russie considérait l'Europe comme la profondeur stratégique de l'Ukraine ou encore qu'on avait monté la posture. Donc il y a, malgré la gravité du sujet, il y a une forme de mise en scène, Rémi Lefebvre, une manière pour le président de se draper de grands atours, d'atours de chef de guerre et de grands hommes d'État.

11:51
Invité

Oui, effectivement. Alors là, il est dans son domaine réservé. Mais ce qui est très frappant dans la rhétorique et la posture du président hier, c'est qu'on a l'impression qu'il est un peu sur tous les fronts et qu'au fond, il apparaîtait de parler de l'approvisionnement en énergie, de l'hiver qui allait arriver, de sa mobilisation constante. Et comme si c'était lui qui, parce que ça se jouait à

12:18
Locuteur

l

12:18
Invité

'international, était finalement le garant de la vie quotidienne des Français. Donc il

12:26
Locuteur

y

12:26
Invité

avait sans arrêt ce jeu entre l'international et en même temps l'interpénétration entre ces enjeux internationaux et la vie quotidienne, les problèmes quotidiens, la situation sociale. Et donc du coup, ce qui quand même lui permet, et on a l'impression que c'est irrépressible chez lui, de montrer qu'il est là et qu'au fond, sa posture de président très actif sur la scène internationale était une manière aussi de veiller encore sur les Français.

Donc ça, c'est quand même quelque chose qu'il a beaucoup évoqué, ce qui lui a permis aussi, je ne sais pas si on va en parler après, aussi d'évoquer le fait que sa politique n'était pas en cause ou que, par exemple, sur la question énergétique, c'était aussi que les finances publiques n'étaient pas...

que si lui, les finances publiques ne pouvaient pas aujourd'hui permettre de baisser le prix de l'énergie, mais parce qu'il a révoqué la réforme des retraites, qu'au fond, il n'avait pas réussi à convaincre les Français qu'il fallait, alors ça c'est très important, que c'est l'absence de réforme sociale en France parce qu'il n'avait pas convaincu, qui expliquait la situation des finances publiques, réforme sociale qui avait été faite en Allemagne ou dans des pays européens, qui leur permet aujourd'hui d'être dans une meilleure situation financière.

Donc, c'est quand même un exercice auquel il s'est livré hier de reconfiguration un petit peu de tous les enjeux passés au tamis de la situation internationale, ce qui l'arrange parce qu'il peut démontrer, effectivement, ce volontarisme, cet activisme qui n'a cessé, en fait, de mettre en scène hier.

14:11
Locuteur

Et

14:12
Présentateur

dans la série de l'importation de la géopolitique en politique intérieure, il est revenu sur cette réunion, vendredi dernier, où il a convoqué à l'Elysée les différents chefs de parti pour un brief sur les menaces en présence des services de renseignement et de sécurité. Ça semblait être mon devoir, a dit Emmanuel Macron hier soir. C'est une démarche assez inédite, non, Rémi Lefebvre ?

14:30
Invité

Oui, il me semble. En plus, convoquer les chefs de parti, alors, certains ne se sont pas prêtés l'exercice,

14:37
Locuteur

puisqu

14:37
Invité

'il avait demandé aussi aux candidats de venir, pas simplement aux chefs de parti. Donc, il n'y avait ni Marine Le Pen, ni Jean-Luc Mélenchon, mais ces deux partis étaient représentés par leurs dirigeants respectifs. En plus, avec une mise en scène qu'ils ont été reçus dans la cellule de crise de défense de l'Elysée. Bon voilà, tout ça est quand même très calculé. La séquence est quand même assez millimétrée. Il y a eu l'intervention à l'Assemblée de l'ONU, il y a eu cette réunion de crise, il y a l'intervention télévisée. Ce qui est quand même très très frappant, c'est qu'on est quand même quasiment à la fin du mandat présidentiel.

On sait très très bien, c'est ce que les Américains appellent le syndrome du canard boiteux, qu'en gros, un président qui ne se représente pas n'a plus vraiment de pouvoir et démonétiser. Et là, en fait, on a l'impression, à toute force, qu'il cherche à garder la main. Alors, c'est vrai dans un contexte international qui est tout à fait inquiétant et qui mérite sa présence, mais avec une très très forte personnalisation des enjeux du discours, de la communication.

15:43
Présentateur

Le mot démonétiser revient. Vous dites que l'action du président, enfin, disons que sa capacité d'action est assez faible en France. En ce qui concerne la politique internationale, lui, il dit que la France a une grosse diplomatie. On pèse, c'est des mots qu'il a employés hier soir, Isabelle Lasserre. Est-ce que l'action du président est démonétisée à l'ONU ou dans les enceintes internationales du fait de la fin de son second mandat et qu'il ne peut pas se représenter ou est-ce que, réellement, on pèse encore

16:07
Locuteur

?

16:09
Présentateur

Je crois que

16:09
Invité

c'est les deux choses à la fois. Il est démonétisé au niveau international pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'il s'en va

16:18
Locuteur

et

16:18
Invité

que la question que posent tous les responsables européens et tous les étrangers quand on les rencontre, c'est

16:23
Locuteur

qu

16:23
Invité

'est-ce qui se passe fin avril ? Est-ce que la France va changer d'alliance

16:27
Locuteur

?

16:28
Invité

Donc il y a une telle incertitude qu'on ne peut plus miser sur la France. Sa politique est démonétisée parce qu'il a complètement perdu la main mais même avant ces derniers mois, il ne pèse plus au Moyen-Orient. Et en même temps, moi hier je parlais encore à des responsables ukrainiens, c'est encore la France qui compte sur ce dossier. Pourquoi ? Parce que la France, même démonétisée, même avec un président qui est en train de s'en aller et cette incertitude politique, c'est un des pays leaders sur l'Ukraine. Et si la France lâche, il risque d'y avoir un effet domino avec tous les autres pays européens.

Son initiative dans la dissuasion nucléaire, de dissuasion nucléaire avancée, c'est-à-dire d'étendre le principe, enfin pas le parapluie, mais le principe de la dissuasion nucléaire aux autres pays européens, c'est quelque chose qui est extrêmement important et qui continue à rallier des pays. C'est-à

17:36
Locuteur

-dire

17:36
Invité

qu'il

17:36
Locuteur

y a

17:36
Invité

des pays qui continuent à rallier ce concept. Donc la France est une puissance nucléaire, elle comptera jusqu'au dernier moment sur

17:45
Présentateur

la question ukrainienne. Merci beaucoup à tous les deux. Isabelle Lasserre, Rémi Lefebvre, merci pour ces éclaircissements.

17:50
Locuteur

On

17:50
Présentateur

se retrouve dans une vingtaine de minutes pour évoquer la situation intérieure telle qu'Emmanuel Macron l'a dépeinte hier soir, mais il est 8h. Voici le journal.

18:00
Locuteur

Les

18:00
Présentateur

matins de France Culture, Marguerite Caton. On retrouve nos deux invités, Isabelle Lasserre et Rémi Lefebvre, pour continuer l'exégèse du discours présidentiel d'hier soir. Isabelle Lasserre, vous êtes spécialiste des questions internationales au Figaro et vous, Rémi Lefebvre, vous êtes professeur de sciences politiques à l'Université de Lille. Alors on a évoqué avant le journal l'action diplomatique du président, sa mise en garde énergique sur l'état de la menace russe.

18:24
Locuteur

J

18:24
Présentateur

'aimerais qu'on en vienne maintenant aux questions intérieures avec un point crucial. Alors que le gazole dépasse les 2 euros le litre, l'essence y arrive aussi, le gouvernement a décidé de s'attaquer au prix et pas aux taxes. Et ça, c'est un choix politique, Rémi Lefebvre.

18:38
Locuteur

Oui,

18:38
Invité

alors il était très clairement affirmé hier, puisque le président a écarté, non seulement a écarté cette hypothèse, en se portant garant de ce qu'il appelle la détente des marchés. C'est-à

18:53
Locuteur

-dire

18:53
Invité

qu'en gros, il essaie d'agir sur les marchés sans envisager, effectivement, une politique qui serait une politique de dépense publique. Donc du coup, la question du quoi qu'il en coûte, la question des finances publiques, finalement, a débarqué un petit peu, a fait irruption dans ces échanges d'hier. C'est très frappant de voir à quel point plein de sujets ont été abordés. Finalement, au départ, on pouvait considérer que c'était un entretien focalisé sur la situation internationale. Et comme il y a effectivement plein d'interdépendances aujourd'hui entre la vie quotidienne des Français et la situation internationale, il y a plein de choses qui ont été abordées.

Et effectivement aussi, cette option qui a été écartée de la part du président de taxer, de subventionner un peu plus, de donner plus d'aide.

19:44
Locuteur

Et

19:44
Invité

donc la question de Total, par exemple, a été abordée. Et on a eu un président qui a défendu Total en argumentant, en disant voilà, Total plafonne aujourd'hui les prix de l'essence.

19:58
Locuteur

Sans

19:58
Présentateur

mentionner d'ailleurs qu'au passage, Total gagne le monopole de la distribution d'essence en France.

20:02
Invité

Voilà, tout à fait. Et donc, le président, pour être juste, je ne

20:07
Locuteur

sais

20:07
Invité

pas si vous avez observé, mais il n'a pas totalement exclu que dans le débat budgétaire l'option d'une mise à contribution de Total soit mise en discussion.

20:18
Locuteur

La

20:18
Présentateur

manière d'écarter l'idée de soulever les taxes, de détaxer en fait le carburant en privilégiant plutôt les négociations internationales, c'est une façon de renvoyer la gauche et le RN dos à dos et les renvoyer du côté des démagogues.

20:34
Invité

Oui, il n

20:34
Locuteur

'a

20:34
Invité

pas arrêté de parler de ça. Lui, il est dans la complexité du réel. Il l'a dit plusieurs fois, il est là pour éclairer les enjeux et finalement aussi critiquer les options fantaisistes ou populistes. Et ce qui est très très frappant aussi,

20:51
Locuteur

c

20:51
Invité

'est que, évidemment, la question aujourd'hui des marges budgétaires dont dispose la France pour faire face à cette situation a été posée et c'est là qu'il a défendu au fond l'idée qui est quand même assez force de café d'un certain point de vue qu'au fond la dégradation des finances publiques en France qu'il a reconnue était liée à son incapacité à faire des réformes sociales que d'autres pays avaient faites et notamment il a évoqué à deux reprises la réforme des retraites comme si au fond cette question-là était au cœur aujourd'hui du débat politique ce qui est quand même je trouve la preuve aussi que l'enjeu de toute cette redéfinition du débat public autour de l'international c'est de défendre son bilan c'est bien ça le cœur aussi du problème et de sa stratégie et ça c'est quand même frappant il anticipe que dans la campagne non seulement personne ne va défendre son bilan que personne ne défend le macronisme parce que ça c'est quand même très frappant on a un président qui est en fin de course mais personne ne défend son bilan et même les deux candidats issus de son camp qui sont ses deux anciens premiers ministres Edouard

22:08
Locuteur

Philippe et Gabriel

22:09
Invité

Attal ne cessent de critiquer son bilan il a perdu il faut quand même le rappeler la main sur son parti politique il avait créé un parti la république en marche que j'étudie précisément dans mon livre qui est devenu renaissance qui n'a plus de lien avec le président de la république c'est quand même un phénomène inédit c

22:33
Locuteur

'est le

22:33
Présentateur

parti de Gabriel Attal aujourd'hui

22:34
Invité

c'est le parti de Gabriel Attal c'est devenu une machine personnelle de Gabriel Attal donc il est dans une situation où personne ne défend son bilan et lui-même finalement est amené à la faveur de ce contexte international et parce qu'il a les armes de ce domaine réservé aussi la possibilité finalement de convoquer les journalistes et de prendre la parole publiquement il défend son bilan voilà donc il y a bien hier il y avait bien une relecture de son mandat à l'aune de la situation internationale et énergétique actuelle

23:05
Locuteur

Jean

23:05
Présentateur

-Lémarie vous êtes resté après votre billet politique vous voulez intervenir on vous écoute

23:08
Locuteur non identifié

un président qui prépare sa défense effectivement c'est ce qu'on pouvait entendre hier qui explique que si ça ne va pas mieux et si ça va mal même c'est évidemment à cause de la situation internationale vous en avez déjà beaucoup parlé à cause des forces politiques les partis politiques en particulier Rémi Lefèvre mentionnait les partis il

23:26
Locuteur

y

23:26
Locuteur non identifié

a d'un côté le président à la hauteur des événements internationaux de l'autre les partis qui eux visiblement ne le sont pas et puis les français également les français qu'il a évoqué très explicitement à propos

23:35
Locuteur

de la

23:36
Locuteur non identifié

dissolution qui ont fait ce choix en 2024 lorsqu'ils ont eu la parole de cette assemblée-là de cette assemblée fragmentée divisée les français l'ont voulu il l'a dit il l'a répété la balle est dans leur camp ou la responsabilité de la situation pour le président de la république et de leur côté

23:52
Locuteur

oui

23:53
Présentateur

donc c'est intéressant on a toujours cette structuration du discours de Mme Macron et de sa position entre d'un côté les responsables et puis de l'autre les irresponsables ce sont les démagogues les partis les français quand ils votent mal à l'échelle internationale aussi Isabelle Lasserre on voit cette partition il y a les responsables ceux qui vont poursuivre en fait sa politique notamment vis-à-vis de l'Ukraine et les irresponsables encore une fois ce sont les extrêmes RN, LFI

24:16
Locuteur

oui

24:16
Invité

alors au niveau international les bilans des présidents quand ils s'en vont sont toujours extrêmement critiqués puis après il y

24:25
Locuteur

a

24:25
Invité

une réévaluation par exemple il y a eu une réévaluation du bilan international de François Hollande qui à la lecture de l'actualité était quand même assez bon et sans doute l'un des meilleurs depuis ces 20 dernières

24:39
Locuteur

années de ne pas être

24:39
Présentateur

dupe sur la Russie principalement

24:41
Invité

oui notamment la question de la Russie elle est extrêmement importante parce que ce qui se joue fin avril ou début mai

24:51
Locuteur

c

24:52
Invité

'est la possibilité mais carrément d'un changement d'alliance

24:57
Locuteur

de

24:58
Invité

la France c'est-à-dire d'une autre vision de la France projetée internationale c'est ce qui se joue au printemps c'est est-ce que la France va choisir d'arrêter concrètement l'aide à l'Ukraine

25:14
Locuteur

d

25:15
Invité

'être beaucoup plus favorable à la Russie de Vladimir Poutine

25:19
Locuteur

et

25:20
Invité

de casser ce consensus européen qu'on a mis des années des années à bâtir à construire

25:29
Locuteur

est-ce

25:30
Présentateur

qu'aujourd'hui pardon dans leur il y

25:31
Locuteur

a

25:31
Présentateur

de la serre excusez-moi de vous interrompre mais est-ce qu'aujourd'hui des partis politiques et précisément est-ce qu'aujourd'hui le Rassemblement National et la France Insoumise disent explicitement que si leur candidat arrive

25:41
Locuteur

à

25:42
Présentateur

remporter l'élection présidentielle ils cesseront de déduire l

25:45
Locuteur

'Ukraine

25:45
Présentateur

alors ils sont plus

25:45
Invité

subtils que ça parce que ce discours serait trop caricatural aujourd'hui mais ils le disent à mot couvert c'est-à-dire que dans le communiqué du Rassemblement National après la réunion avec les partis politiques d'Emmanuel Macron effectivement il y a une manifestation d'inquiétude une désignation de la Russie comme l'agresseur de l'Ukraine mais quand on voit au milieu du communiqué on voit très vite que le Rassemblement National considère que l'aide à l'Ukraine doit être réévaluée c'est-à-dire qu

26:19
Locuteur

'il

26:19
Invité

doit y avoir une nouvelle discussion et que finalement c'est la paix qui doit l'emporter ces deux concepts font penser la balance du côté de Vladimir Poutine évidemment tout le monde veut la paix évidemment tout le monde veut que la guerre s'arrête mais évidemment tout le monde veut la reprise des relations diplomatiques mais les pays européens et notamment Emmanuel Macron on lui a d'ailleurs suffisamment reproché au début de son mandat n'ont eu de cesse que d'essayer de relancer ces négociations diplomatiques et de faire revenir la paix le problème c'est que Vladimir Poutine se dit prêt à la paix à condition qu'il y ait une capitulation de l'Ukraine ce qui est absolument inacceptable à la fois pour l'Ukraine et à la fois pour les pays européens qui ont décidé de défendre l'Ukraine et les valeurs européennes donc voilà ça

27:11
Locuteur

c'est le

27:11
Invité

RN ça c'est le RN et Jean

27:14
Locuteur

-Luc

27:15
Invité

Mélenchon le dit d'une autre manière en disant il faut arrêter toutes les guerres il faut que la paix revienne et que la paix revienne sur le dossier russo-ukrainien ceux qui défendent le retour de la paix en Russie encore une fois ce sont les pacifistes et ce sont ceux qui militent pour la capitulation de l'Ukraine l'Ukraine veut la paix si l'Ukraine s'arrête la guerre aujourd'hui l'Ukraine disparaît mais si la Russie arrête la guerre aujourd'hui et bien la guerre s'arrête il n'y a plus de guerre la clé la réponse est au Kremlin et c'est le Kremlin qui est engagé dans une guerre perpétuelle et qui pour l'instant n'a pas voulu de la paix vous voyez bien que défendre la paix c'est défendre la position de

28:03
Présentateur

Vladimir Poutine donc Emmanuel Macron trace en réalité non seulement il définit sa politique étrangère en alertant sur la menace russe mais il trace aussi le chemin dans lequel les candidats à sa succession doivent s'engager c'est le cas en politique internationale vous nous le dites Isabelle Lasserre et en politique intérieure aussi on a commencé à en parler il a fait son bilan en effet les journalistes le poussent et lui disent mais est-ce que l'action gouvernementale sur les carburants n'est pas entravé par la dérive des comptes publics il dégraine son bilan non je ne regrette pas le quoi qu'il en coûte non je ne crois pas avoir dépensé à mauvais escient ce que nous avons fait collectivement pour l'armée la recherche l'hôpital c'était bien et on en arrive le problème c'est que la réforme des retraites n

28:38
Locuteur

'est

28:38
Présentateur

pas passée ce que je trouve assez intéressant dans cette manière de synthétiser son action c'est que c'est à la fois un discours personnel et en même temps c'est aussi une véritable doxa internationale qu'on retrouve dans certaines organisations économiques l'OCDE notamment pousse pour une réforme des retraites comme clé d'une capacité d'action publique qu'est-ce que vous en pensez Rémi Lefebvre

28:59
Invité

?

De toute façon cette obsession sur la question des réformes des retraites il faut le rappeler qu'il avait été il avait martelé ça pendant la campagne de 2022 c'était au coeur de sa campagne il a été jusqu'au boutiste sur cette réforme bon c'est assez classique c'est en fait envoyer un signal au marché l'idée que la France est capable de produire ces réformes structurelles bon il a toujours été dans cette espèce de mantra de mantra et il s'est beaucoup attaché à ce mantra et là ce qui est très frappant c'est qu'il continue à le ressasser à le défendre d'ailleurs c'est impressionnant moi j'ai trouvé qu'il y avait chez lui une forme d'intransigeance dans son discours parce qu'il est même revenu sur la dissolution en justifiant la dissolution on a l'impression en fait qu'il défend tout en fait et il ne lâche sur rien des grands choix qui ont été ceux de son deuxième quinquennat très entravés depuis 2022

29:59
Locuteur

et

29:59
Présentateur

sur la réforme des retraites c'est quand même aussi une manière de dire voilà ce qu'il reste à faire il écrit déjà le programme de la suite de l'action politique française et c'est donc une forme de créance en héritage pour celui qui voudra bien la récupérer

30:11
Invité

oui alors effectivement alors je ne

30:14
Locuteur

sais

30:14
Invité

pas s'il aura une capacité d'imprimer la campagne mais il a aussi dit qu'il a aussi dit qu'il ne s'impliquerait pas dans la campagne tout en n'excluant pas qu'il allait se prononcer au final pour que si si la situation l'exige il prendra il prendra position donc il a cette espèce de posture à la fois de garant de l'élection c'est-à

30:39
Locuteur

-dire

30:39
Invité

que on voit son discours c'est de dire la situation internationale est devenue incontournable j'ai mon domaine réservé je ne suis pas le commentateur de la campagne mais il est de mon devoir et de mon rôle et de ma fonction de faire peser d'introduire la géopolitique dans le débat mais en même temps c'est l'occasion pour lui de défendre son bilan et ça veut dire qu'il va pas il va aussi peser ça veut dire qu'il ne veut pas être invisibilisé dans cette campagne et qu'il va il essaie de trouver les angles les angles pour à la fois défendre son bilan et puis et puis peser il y

31:18
Locuteur

a

31:18
Invité

quand même aussi la situation budgétaire qui a été évoquée il a aussi dit on n'en a pas encore parlé il a exclu assez longuement l'hypothèse d'une seconde dissolution c'est un engagement

31:29
Locuteur

ça serait irresponsable on est trop près d'élection ça serait

31:31
Invité

totalement irresponsable d'ajouter la confusion institutionnelle de renforcer la confusion institutionnelle qui est déjà dans situation de confusion de crise économique ça c'est quand même un élément aussi important de cet échange et

31:45
Locuteur

en disant que ça priverait

31:46
Présentateur

le futur président d'une majorité

31:48
Invité

exactement

31:48
Locuteur

il

31:49
Invité

l'a dit aussi il faut rappeler qu'un président enfin une dissolution c'est une fois c'est un an derrière on n'a plus le droit de dissoudre ça ça veut dire qu'il libère quand même aussi parce qu'il

32:01
Locuteur

y

32:01
Invité

avait cette possibilité de peser dans la campagne en balançant une dernière bombe je reprends l'expression que Macron avait utilisée pour sa propre dissolution en 2024 donc ça veut dire aussi qu'il n'utilisera pas cette arme là et donc il faut qu'il en utilise d'autres pour peser dans le débat présidentiel

32:20
Locuteur

et

32:20
Présentateur

pourquoi est-ce qu'il ne veut pas prendre position dans la compétition présidentielle notamment entre ses deux anciens premiers ministres entre Gabriel et Edouard Philippe pourquoi ne pas apporter son soutien à l'un ou l'autre ça ne serait pas du tout choquant

32:31
Invité

je ne

32:32
Locuteur

sais

32:32
Invité

pas je pense que si prise de parole il y a ça sera plutôt par rapport à l'extrême droite je doute beaucoup qu'il le prenne qu'il le prenne part à la primaire par les sondages qui est engagé entre Gabriel Attal et Edouard Philippe je ne

32:46
Locuteur

suis

32:46
Invité

pas sûr que ça puisse vraiment être justifié par contre soutenir le candidat une fois que cette primaire sera produite ça paraît plus légitime je doute je vois mal comment au nom de quoi il pourrait s'autoriser à faire ça ou alors au nom de

33:04
Locuteur

la menace de l'extrême droite

33:06
Invité

au nom du fait qu'aujourd'hui il y aurait parce que pour l'instant ce n

33:10
Locuteur

'est

33:10
Invité

pas quand même très très net un meilleur candidat pour battre l'extrême droite il faut quand même rappeler que la promesse de son mandat c'était quand même de son premier quinquennat c'était l'idée de faire reculer l'extrême droite et donc il va quand même être jugé là-dessus et si aujourd'hui si l'extrême droite gagne évidemment ça va lui être imputé ce ce ce ce bilan donc la question de l'extrême droite et de Macron pendant cette campagne présentielle va être absolument essentielle c'est indiscutable

33:41
Locuteur

Jean

33:41
Présentateur

-Lemarie

33:41
Locuteur non identifié

oui

33:42
Locuteur

peut

33:42
Locuteur non identifié

-être non

33:42
Locuteur

d'un

33:43
Locuteur non identifié

mot plus effectivement sur la question précisément d'un soutien explicite à Gabriel Attal ou à Édouard Philippe n'oublions pas c'est la réalité humaine les relations exécrables qu'il entretient avec ses deux anciens premiers ministres mais

33:57
Présentateur

sur le principe ça vous choquerait j'ai l'impression d'être

33:59
Locuteur

la seule à trouver que ce serait pas normal et je vais

34:01
Locuteur non identifié

dans le sens de Rémi Lefebvre je pense que au moment et au regard aussi de l'histoire et de

34:06
Locuteur

l

34:06
Locuteur non identifié

'histoire politique la question ce sera celle de la présence ou de l'absence d'une présidente du Rassemblement National à l'Elysée au mois de mai donc la question elle se posera là et je pense que ça conditionnera cette possibilité cette hypothèse l'intervention ou non du chef de l'État en fin de campagne

34:22
Présentateur

donc il reste en effet en dehors de la politique politicienne il l'a dit en ces termes dans une position de surplomb c'est intéressant de noter la distance très précisément calculée m'a-t-il semblé qu'il a gardé vis-à-vis de l'action gouvernement en cours ce n'est pas son gouvernement c'est le gouvernement il n'y

34:37
Locuteur

a

34:37
Présentateur

jamais eu de nous dans ce discours le jeu d'un côté le président et le gouvernement de l'autre pas d'assimilation et ça c'était important pour lui Rémi Lefebvre

34:45
Locuteur

bah

34:45
Invité

oui c'est aussi une manière de se défausser de finalement de considérer que sa responsabilité n'est pas engagée dans les choix qui sont faits par le gouvernement c'est une manière aussi de reconnaître il faut quand même rappeler qu'il avait dit souvenez-vous dans cet été tumultueux 2024 que son camp avait perdu les élections mais personne n'avait gagné et malgré tout moi je suis quand même frappé quand même si on prend un petit peu de champ souvenez-vous ce qu'on disait fin 2004 beaucoup de gens disaient il ne terminera pas son quinquennat il va être entravé il est complètement démonitisé on voit quand même si on dézoome un petit peu qu'il a quand même réussi à surnager plus que surnager à exister institutionnellement et on voit à quel point aussi la situation internationale aujourd'hui extrêmement anxiogène compliquée lui permet d'avoir cette position de surplomb de celui qui fait l'analyse donne des leçons enfin c'est quand même il a quand même réussi ça Emmanuel Macron réussir à ne pas perdre totalement la main et aujourd'hui être un peu l'arbitre le garant un peu au-dessus de la mêlée et pas être il va être démonétisé il l'est encore mais il aurait pu être bien plus déclassé que cela et on avait le scénario de la démonétisation totale ne s'est pas produit

36:09
Locuteur

donc

36:10
Présentateur

il est clair Isabelle Lasserre que la situation internationale sert le président et cela sans cynisme la question c'est est-ce qu'il en joue ou est-ce qu'il est et je pense que c'est votre position honnête dans son appréciation des menaces

36:23
Locuteur

et de son action je voulais quand

36:24
Invité

même juste dire quelque chose c'est que si l'influence de la France

36:29
Locuteur

a

36:30
Invité

décliné à l'international c'est quand même aussi parce que elle est ruinée et si elle est ruinée c'est aussi parce qu'elle n'a pas fait ces réformes que tous les pays européens la plupart des pays européens ont fait dont la réforme des retraites donc c'est aussi ça la réalité c'est pas que un débat franco-français la réalité c'est que tous les pays européens travaillent davantage que la France en termes on

36:56
Locuteur

peut quand même discuter de départ à la

36:59
Invité

retraite à

37:01
Locuteur

part ça sur

37:02
Invité

la

37:03
Locuteur

situation

37:03
Invité

sur l'appréciation de la situation internationale je pense qu'il a une perception qui me paraît très réaliste de la menace internationale le problème il est dans le passage à l'acte c'est à dire qu'Emmanuel Macron fait de grands discours il organise de grandes conférences il a des idées brillantes beaucoup d'instincts par exemple la coalition des volontaires c'est une excellente idée le problème

37:37
Locuteur

c'est qu'elle n

37:37
Invité

'est pas

37:38
Locuteur

elle

37:38
Invité

n'est pas on ne peut pas la mettre en pratique parce que la coalition des volontaires donc cette coalition de pays des alliés de l'Ukraine pas seulement européens est censée aider l'Ukraine jusqu'à la fin et après après la guerre c'est à

37:53
Locuteur

dire

37:53
Invité

qu'elle se met en place à partir du moment où il y

37:55
Locuteur

a

37:55
Invité

un cessez-le-feu et à partir du moment où il y a une paix que pour l'instant on ne voit pas venir donc elle est en espèce de lévitation donc en fait on peut dire qu'elle ne sert à rien mais elle sert quand même à quelque chose parce qu'elle peut être ça peut être les prémices d'une future Europe stratégique et parce que elle sert de elle donne un élan à cette aide à l'Ukraine elle entraîne tous les pays européens dans cette aide à l'Ukraine donc vous voyez il y a quand même encore cet élan sur Hormuz c'est pareil c'est

38:33
Locuteur

à

38:33
Invité

dire qu'il est à la fois en retrait parce que quand Donald Trump lui demande il y a plusieurs mois d'aider à débloquer Hormuz Emmanuel Macron dit non on ne

38:43
Locuteur

peut

38:43
Invité

pas vraiment lui reprocher Donald Trump a déclaré sa guerre sans prévenir Emmanuel Macron et sans prévenir

38:48
Locuteur

mais

38:48
Présentateur

maintenant il accepte

38:49
Locuteur

d'envoyer des soldats en Arabie Saoudite

38:50
Invité

c'est la question la question des prix de l'énergie qui augmente concerne absolument tout le monde et risque d'étrangler tous les pays européens dont la France donc desserrer desserrer les verrous énergétiques notamment en Arabie Saoudite c'est une très bonne idée ça ne par contre il y

39:14
Locuteur

a

39:14
Invité

encore un danger de nouvelles escalades dans

39:18
Présentateur

cette région-là de l'élan et des nouveaux dangers en conclusion Rémi Lefebvre rapidement si on prend un peu de distance à quoi a-t

39:24
Locuteur

-on

39:24
Présentateur

assisté hier soir à la mise en scène de la fonction présidentielle une position surplombante qui détient le savoir la connaissance des menaces secrètes et de la complexité du réel celui qui peut seul agir en connaissance de cause est-ce que c'était ça

39:35
Locuteur

?

39:36
Invité

Oui c'était ça c'était en gros effectivement Emmanuel Macron se replie sur sa fonction sur les ressources institutionnelles qui lui restent sur le domaine réservé qui lui est accordé sur la situation internationale qui le représentialise et puis effectivement il a joué le rôle de celui je le répète qui éclaire la complexité du réel il l'a dit à plusieurs reprises voilà et qui du coup c'est la position qui l'avantage parce que je le répète il va avoir son bilan ne va pas être défendu dans les mois qui viennent et c'est la seule chose qui lui reste

40:07
Présentateur

Merci merci à tous les deux Isabelle Lasserre journaliste Figaro autrice des Fantômes de Munich aux éditions de l'Observatoire merci à vous Rémi Lefèvre professeur de sciences politiques à l'université de Lille vous venez de faire paraître faire partie autrement insoumis démarcheurs 2016-2026 c'est aux éditions raison d'agir dans quelques instants le 8.45 le journal d'Anne Lanchoin et les chroniques de Gilles Gressani et Marie Laborie

40:27
Locuteur

et Marie

40:27
Présentateur

Laborie merci

40:28
Locuteur

à

40:28
Présentateur

tous

40:28
Locuteur

les

40:28
Présentateur

deux