Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Apolline de Malherbe. Merci d'être avec nous. Vous êtes ministre de l'économie et des finances. Mais aujourd'hui, on sent bien que vous êtes surtout un ministre en campagne. Dans une semaine, jour pour jour, ce sera les élections européennes. Et il y a un duel qui s'est installé, le duel Rassemblement national contre En Marche. Dimanche prochain, vous pourriez en être les victimes. C'est ce que semblent dire la plupart des sondages à l'heure qu'il est. Mais c'est vous qui l'avez installé aussi, ce duel.
— Mais nous gagnerons ce duel, Apolline de Malherbe. Et je suis totalement engagé depuis le début de cette campagne pour que Nathalie Loiseau l'emporte, et avec elle, le président de la République, la majorité, parce que l'enjeu du 26 mai, c'est la France. Le 26 mai, la France gagne ou la France perd. Si nous sommes devant avec le président de la République, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que nous sommes plus forts pour négocier les positions françaises à l'UE, européennes, plus forts pour défendre une politique industrielle commune, plus forts pour renforcer l'euro, plus forts pour faire valoir une meilleure protection des frontières.
Et vous avez un président de la République qui est relégitimé aux yeux de ses partenaires européens. C'est important. Parce que l'Europe, c'est d'abord notre intérêt national. Si jamais nous sommes derrière, la France s'affaiblit. Parce que les nationalismes auront fait un progrès supplémentaire. Et derrière les nationalismes, il y a quoi ? Il y a la soumission. La soumission à des forces étrangères, la soumission à la Chine, la soumission aux États-Unis et la division des nations. Prenez une fois encore simplement l'exemple de l'euro, c'est-à-dire nos économies, notre épargne.
Si demain, les nationalismes l'emportent en France et ailleurs, l'euro est menacé puisqu'ils ne veulent pas de l'euro. M. Salvini l'a dit très clairement hier à une réunion. Oui, mais ça n'empêche pas Marine Le Pen de venir soutenir M. Salvini à Milan alors que M. Salvini a dit que l'euro, dans le fond, si on pouvait s'en débarrasser, tant mieux. Mais que les téléspectateurs qui nous écoutaient, conscience de la gravité de l'enjeu, est-ce qu'ils veulent, oui ou non, garder une monnaie solide ? Est-ce qu'ils veulent que leur épargne soit protégée par cette zone euro ? Est-ce qu'ils veulent garder du pouvoir d'achat ? Parce qu'un euro fort, c'est du pouvoir d'achat pour tous les salariés.
L'inflation telle qu'on l'a connue avant l'euro, c'est un impôt qui pèse sur les plus fragiles, qui pèse sur les salariés les plus modestes. C'est ça l'enjeu. Le 26 mai au soir, notre monnaie commune sera plus forte si nous gagnons ou plus faible si les nationalistes l'emportent, qui ont pour projet la destruction de la zone euro, la disparition de l'euro et l'affaiblissement de la nation française.
Mais ce duel, malgré tout, depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir, on le sent bien, et même lors de sa campagne de 2017, il l'a installé en faisant aussi en sorte, c'était sans doute une stratégie, une stratégie qui a été gagnante, que le Parti Socialiste, que les Républicains soient extrêmement affaiblis. Est-ce qu'aujourd'hui, vous ne vous dites pas que c'était une erreur de faire que le nouveau clivage, désormais, c'est Emmanuel Macron, Marine Le Pen ?
Mais ce n'est pas nous qui avons installé ce clivage, ce sont les Français. Et c'est le peuple français qui décide, qui décide souverainement et qui décide seul.
Mais vous le regrettez ?
Et qui décide seul. Il a installé en 2017 un duel entre Marine Le Pen, les nationalismes et Emmanuel Macron.
Vous avez quitté la droite pour aller...
Bien sûr, parce que j'ai eu le courage de faire un choix. Et si les Républicains, aujourd'hui, n'arrivent pas à se reconstruire, c'est précisément parce qu'ils ont commis cette faute originelle que ni Nicolas Sarkozy, ni Jacques Chirac, ni aucun responsable politique de premier plan à droite n'aurait commise, qui est de ne pas choisir en mai 2017 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ils ont refusé de choisir. Et s'ils n'existent plus aujourd'hui, s'ils sont si faibles aujourd'hui, c'est d'abord parce qu'en 2017, dans ce combat que vous allez venir depuis très longtemps...
Donc ils ont une responsabilité ? Ils ont une responsabilité pour vous ?
Bien sûr qu'ils ont une responsabilité. Je ne parle pas des anciens chefs de l'État. Il y a une responsabilité du président des Républicains et de tous les Républicains qui, au moment de l'élection présidentielle de 2017, n'ont pas voulu choisir entre les nationalismes et Emmanuel Macron. Moi, j'ai fait un choix. J'ai soutenu Emmanuel Macron. Et j'ai fait valider ce choix à Pauline de Malherbe par les électeurs de ma première circonscription de l'heure. Vous étiez candidat, non pas des Républicains. J'ai été candidat de la majorité présidentielle parce que je n'envisageais pas un instant de prendre un poste gouvernemental sans que les électeurs le décidaient.
Ça n'a pas tout à fait été le cas, notamment du Premier ministre, notamment d'un certain nombre d'autres ministres.
Et je le revendique. Qu'est-ce que je veux dire par là ? C'est que ce mouvement, il vient de très loin. Il s'est accentué en 2017 avec ce deuxième tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Il se poursuit aujourd'hui avec ces élections européennes. Mais dans le fond, quand on regarde les origines de ce nationalisme, il faut être aveugle pour ne pas l'avoir vu monter. Je l'ai vu monter dans ma circonscription. Je l'ai vu monter partout en France. Parce qu'il remonte à la crise financière de 2008, auquel nous n'avons pas su apporter toutes les réponses nécessaires.
Cette montée de nationalisme remonte aussi à l'échec du référendum de 2005, où on a bafoué la voix du peuple français en tranchant par le Parlement, et j'en prends toute ma responsabilité, je l'ai fait aussi, en faisant trancher par les parlementaires un vote différent du peuple français. Et enfin, troisième crise qui a joué aussi dans la montée de ces nationalistes, celle de 2015, la crise migratoire de 2015, où l'Europe n'a pas été capable d'apporter des réponses suffisantes pour protéger nos frontières et protéger les populations européennes.
Donc vous pouvez comprendre l'inquiétude des Français qui, parfois, peut les porter à avoir envie d'aller voter pour le Rassemblement National.
Bien sûr. Et je pense que ce serait une erreur de ne pas comprendre que la montée des nationalismes est un symptôme. Le symptôme d'une crise profonde de l'Union Européenne qui doit se réinventer. Et c'est ce que nous faisons avec le Président de la République. Et c'est pour ça que nous avons besoin de la force du peuple français. Quand je dis qu'il faut renforcer l'euro pour protéger vos économies, protéger vos épargnes, mais j'ai besoin d'avoir le soutien du peuple français.
Quand nous décidons d'une nouvelle politique industrielle, que nous créons une filière des batteries électriques pour être indépendant de la Chine, indépendant de la Corée du Sud, et avoir demain des batteries électriques françaises, allemandes, européennes, dans nos voitures. Mais il y a plein de gens qui ne sont pas d'accord en Europe. J'ai besoin du soutien du peuple français pour pouvoir porter cette politique.
Lorsque nous nous battons pour infliger des droits de douane à l'acier qui vient de Chine, par exemple, pour que le prix de l'acier ne s'effondre pas, et que notre industrie sidérurgique reste solide, et qu'on puisse sauver Ascoval, mais cette politique-là, nous avons besoin du soutien du peuple français. Vous voyez que l'Europe, la protection de l'Europe, la protection de l'euro, de notre monnaie commune, c'est d'abord un intérêt national qui se joue.
Le duel a franchi encore un cap ce week-end. Emmanuel Macron est rentré lui aussi dans cette bataille. Il a pointé du doigt précisément le Rassemblement national comme étant l'adversaire, l'ennemi. « Je ferai tout pour empêcher le Rassemblement national d'être en tête », a-t-il dit. Et il a ajouté ceci, c'était à Biarritz vendredi.
« Je ne fais pas partie de ceux qui pensent que ce n'est pas grave si le Rassemblement national est encore une fois le grand gagnant de ces élections. Il y a cinq ans, il a été le grand gagnant. Il ne faut pas l'oublier. Et nous n'avons pas offert au reste de l'Europe le plus beau des visages à cet égard. »
Est-ce que c'est son rôle au président de la République d'être comme ça dans cette bataille qui est une bataille politique ?
« Oui, c'est son rôle. C'est tout son rôle. C'est pleinement son rôle. Et il a raison d'insister sur la gravité de cette élection. Si les nationalismes à travers Marine Le Pen l'emportent le 26 mai, ce sera grave pour la situation de nos finances. Ce sera grave pour la stabilité de l'euro, de notre monnaie commune. Ce sera grave pour toutes les politiques économiques, politiques industrielles que nous avons lancées, qui vont consolider l'industrie française. Derrière les nationalismes, il y a la soumission des nations.
Mais Bruno Le Maire, je vous entends montrer la gravité. Je le comprends parfaitement.
Je veux expliquer qu'est-ce que cela signifie, cette soumission. Derrière les nationalismes qui prétendent défendre la patrie, la nation, il y a la soumission à des forces étrangères. Il y a la soumission de la nation française. Je vois bien la campagne que mène Steve Bannon partout, sur les plateaux de télévision, dans les médias, pour soutenir Marine Le Pen. Je vois bien le vice-président autrichien de l'extrême droite, M. Straheu. Je vais revenir à M. Bannon. Mais prenez M. Straheu, vice-président de l'autriche, contraint à la démission. Et dont Mme Le Pen chantait encore les louanges il y a quelques mois, en disant qu'il est formidable ce M. Straheu. On s'aperçoit de quoi ?
Qu'il aurait été pris en train d'essayer de vendre des services à des forces étrangères. Derrière le nationalisme, il y a la soumission à des forces étrangères. Et il y a une vraie capitulation. Dans le fond, les nationalismes ont renoncé à ce que le continent européen soit indépendant et souverain face à la Chine et face aux États-Unis. Nous, avec le président de la République, nous défendons la souveraineté nationale, la souveraineté européenne et une indépendance à laquelle nous sommes farouchement attachés. On n'irait pas faire les guignols à Milan, derrière M. Salvini, au bas d'une estrade, à applaudir à deux mains les propos de M.
Salvini, qui sont révoltants et qui conduiront l'Europe tout droit dans une impasse. C'est la différence entre Marine Le Pen et nous.
Oui, mais vous ne pouvez pas reprocher à Marine Le Pen d'être proche de nos voisins. S'ils avaient été proches de vous politiquement, vous auriez été ravis de pouvoir faire...
Il y a eu reproche de faire partie d'une internationale des nationalistes. Il y a une internationale des nationalistes qui ne conduit qu'à une chose, la soumission de la France, la capitulation de la France, le renoncement à ce que nous sommes comme nation et au projet européen qui a toujours fait la puissance de notre pays.
Mais ce qui me frappe, pardon, Mourinho Le Maire, c'est que depuis le début de cette émission, vous dites à quel point ce serait dramatique, à quel point ça aurait des conséquences, y compris, vous le dites, pour notre vie quotidienne, c'est-à-dire pour l'euro, pour les emplois français. Sauf que si on en croit les sondages, il y a quand même une petite possibilité pour que lundi matin, vous vous réveillez en vous disant, de fait, c'est au qui ont gagné. Ça veut dire que si on en croit ce que vous dites, la France s'écroule lundi matin.
C'est une volonté politique. Et je ne veux pas que d'ici 2 ans, 3 ans, 4 ans, si la nationalité se l'emporte à des élections européennes, peut-être demain à des élections nationales. On vient de me voir et que des épargnants français viennent me dire, mais M. Le Maire, vous étiez ministre des Finances, vous ne nous aviez pas averti que la zone euro était fragile. Je veux dire... Donc vous dites, OK, il y aura des conséquences. Très clairement, la zone euro, aujourd'hui, est fragile. Un mot sur Steve Bannon. Elle s'est construite il y a 20 ans. C'est un magnifique résultat qui garantit notre force et la protection de notre épargne. Il faut maintenant prendre des mesures supplémentaires.
Budget de la zone euro, union bancaire, union des marchés de capitaux. Ces décisions sont difficiles à prendre. Si on ne les prend pas, c'est l'euro qui risque d'être menacé. Et pour les prendre, nous avons besoin que le peuple français nous donne son soutien.
L'appel, au moins, est criant. Steve Bannon, vous en parliez à l'instant, l'ancien conseiller de Donald Trump, est à Paris. Lui, il estime que c'est ici, chez nous, que ça se joue le plus important de ces élections européennes. Et il dit, à propos de Marine Le Pen, battre Macron dimanche prochain pourrait totalement changer la donne en Europe puisque Macron s'est autoproclamé chef de l'Union européenne et qu'il a investi toute son énergie dans son projet européen. Au fond, si on l'écoute, sur le constat, vous êtes d'accord ?
C'est la reconnaissance du vice à la vertu. Je le reconnais bien volontiers, Steve Bannon. Il reconnaît que tout se joue en France. Il a raison. Il reconnaît qu'aujourd'hui, la nation qui présente un vrai projet pour l'Europe, c'est-à-dire l'union plus forte des nations européennes, et certainement pas un projet fédéral auquel je suis opposé, c'est la France. Il comprend que le président de la République française est celui qui, depuis deux ans, a fait bouger les lignes en Europe. Il a fait bouger les lignes sur les travailleurs détachés, sur le budget de la zone euro. Il y a deux ans, on me disait que c'est impossible. Aujourd'hui, il va être mis en place fin juin.
Il a fait bouger les lignes sur la politique industrielle, où nous avons présenté avec mon homologue allemand une politique industrielle totalement renouvelée. Il est en train de faire bouger les lignes sur la politique de la concurrence, pour dire, écoutez, si on veut des champions de même niveau que la Chine ou que les États-Unis...
— Donc vous dites que c'est parce qu'on est forts qu'ils veulent nous abattre, en gros.
— Mais c'est parce qu'il exerce le leadership en Europe, qu'il a présenté des propositions nouvelles, et qu'il a, depuis deux ans, marqué des points, que nous avons marqué des points, qu'aujourd'hui, tous ceux qui sont opposés à la construction européenne veulent l'abattre. Parce que, ne vous y trompez pas, quel est l'intérêt aujourd'hui de la Chine ? C'est de diviser l'Europe. D'ailleurs, elle le fait. Elle travaille avec 16 pays de l'Est séparément. Elle a réussi à faire signer à l'Italie, l'Italie nationaliste, l'Italie de M. Salvini, est le seul membre du G7 à avoir signé un accord sur les nouvelles routes de la soie avec la Chine.
Toutes les autres nations s'y sont opposées par souci d'indépendance.
— Donc vous dites que c'est le paradoxe de ces nationalistes ?
Par hasard, la seule nation qui ait signé un accord avec la Chine sur les nouvelles routes de la soie et qui, donc, s'est mise en situation de dépendance, c'est l'Italie. Quant aux États-Unis, que chacun comprenne bien ce qui est nouveau, aujourd'hui, pour la première fois depuis 1945, les États-Unis veulent que le projet européen disparaisse et s'affaiblissent. C'est la première fois. — C'est très grave. C'est très grave ce que vous... — C'est ce que je constate. — Les États-Unis n'aiment l'Europe que faible et divisée. Prenons-en conscience. Prenons conscience des ambitions de la Chine.
Entre ces ambitions de la Chine et cette nouvelle Amérique, il faut une Europe forte, souveraine, indépendante. Je ne peux que constater que les seuls qui désormais ont déjà capitulé, ce sont les nationalistes.
— Une dernière question, Bruno Le Maire, avant de passer la parole à Henri Vernet. Ce matin, dans le journal du dimanche, vous dites ceci. Les membres du gouvernement seront tous comptables du résultat des européennes. Et quand on vous entend, on comprend que ça vous tient particulièrement à cœur. Est-ce que ça veut dire que si la République en marche est derrière le Rassemblement national, vous démissionnerez ?
— Je ne suis pas là pour faire des grandes déclarations sur mon destin personnel qui n'a pas beaucoup d'importance.
— Non mais globalement, est-ce que ce gouvernement devra changer ? Est-ce que le Premier ministre devra changer ?
— Je fais partie d'une équipe. Je suis fier d'appartenir à cette équipe. J'estime qu'elle obtient des bons résultats. Vous l'aviez rappelé tout à l'heure. De bons résultats en matière économique. De bons résultats sur le front du chômage. Et que notre rôle, parce que nous avons cette responsabilité-là, c'est de monter en première ligne.
— Ce qui se joue dimanche, c'est si important. Et de l'autre côté, bon, en même temps, on ne saura rien.
— C'est une situation qui est assez confortable. Mon sort, il est entre les mains du président de la République et du Premier ministre. Ce n'est pas moi qui décide. Et ça n'a pas grande importance.
— Mais au-delà de vous, est-ce qu'on pense qu'il faudra des conséquences politiques ?
— Ce qui est important, en revanche, c'est de s'engager totalement, jusqu'au dernier jour dans cette campagne, d'appeler à la mobilisation, de rappeler qu'il n'y a qu'un seul tour dans cette élection européenne et que si on se réveille le 26 mai avec des nationalistes très hauts qui affaibliront la France, on ne pourra pas se rattraper au deuxième tour. Il n'y en a pas.
— Mais cela dit, voilà, c'est très grave, mais peut-être qu'on ne changera rien.
— Mais c'est au président de la République et à lui seul de tirer les conséquences politiques du scrutin.
— On gardera vos mots. Nous serons tous comptables du résultat des européennes. Au moins, ce qui est sûr, c'est que là, vous vous engagez. On accueille tout de suite Henri Vernet du Parisien aujourd'hui en France. — Bonjour, Henri.
— Bonjour, Apolline. — Bonjour, Bruno Le Maire. — Bonjour, Henri Vernet. — Je vous propose pour commencer d'écouter une déclaration du président Emmanuel Macron. C'était à Biarritz vendredi dernier, vendredi soir. — Nous avons fait notre part du travail. Je pense que maintenant, chacun doit aller voter aux élections, que celles et ceux qui ont eu une autre vision de ce que doit devenir le pays, eh bien la dessine politiquement, lui donne forme et se présente aux élections. Mais la démocratie, ça ne se joue pas le samedi après-midi. — Cette adresse aux gilets jaunes du président, la démocratie, c'est pas le samedi après-midi. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que c'était le 27e acte, comme ils disent hier. Aujourd'hui, c'est terminé, les gilets jaunes, la crise ?
— En tout cas, je le souhaite. La démocratie, surtout, c'est pas la rue. La démocratie, ce sont les urnes. Donc si on a un projet politique à défendre, on se présente, on se met devant les électeurs et on laisse les électeurs tranchés. La démocratie, c'est la majorité. C'est pas les minorités. Et la majorité, celle qu'on n'entend pas, celle qui va travailler, celle qui prend sa voiture le matin, les commerçants qui voudraient travailler normalement, c'est eux qui ont décidé. Et c'est eux qui continuent de décider parce que nous sommes dans une démocratie représentative où la majorité doit l'emporter sur la minorité.
— Le mouvement a obtenu. Le président, d'ailleurs, le dit. En quelque sorte, il dit « j'ai donné ». Donc on voit quand même que la rue, parfois, obtient des résultats. Là, il parle d'électure.
— Il y a eu, Henri Vernet, un mouvement social de grande importance que le président de la République et que nous tous, nous avons écouté avec un message principal que j'entends 5 sur 5. Le travail doit payer. On en a assez de travailler, de prendre notre voiture, de payer la garde des enfants et de pas vivre dignement de notre travail. Tous ceux qui ont manifesté pour cela avaient raison. Car je ne veux pas d'un capitalisme qui étrangle les gens, qui les empêche de vivre dignement de leur travail. Et toutes les mesures que nous avons prises, elles ont toutes une cohérence. Faire en sorte que le travail paye davantage. Mais ce message a été entendu.
— Donc là, du cabinet, vous ne lâcherez plus rien.
— Désormais, il faut que chacun revienne au travail, que ceux qui ont des ambitions politiques, qui disent matin, midi et soir, qu'ils veulent le départ d'Emmanuel Macron, mais très bien qu'ils se présentent face à Emmanuel Macron, face au président de la République, et les Français décideront.
— Alors justement, on voit qu'il y a quelques listes qui se prétendent gilets jaunes ou qui insuscitent des gilets jaunes. Et puis elles sont à 1%, 0,5% dans les sondages. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils n'existent pas électoralement ?
Ça veut dire qu'ils ne représentent pas des attentes fortes de la part des Français. Il y a eu, et je fais vraiment la distinction, un mouvement social spontané, fort, puissant, qui venait, je pense, vraiment des profondeurs de la France, de tous ceux qu'on n'entend pas, qu'on ne voit pas, tous ceux qui, d'ailleurs, sont très nombreux dans ma circonscription, très nombreux dans le département de l'Eure et dans la région de Normandie, qui ont dit, à un moment donné, ça suffit, trop, c'est trop. Et sans doute que nous, nous avons commis des erreurs, en n'étant pas suffisamment à l'écoute de ces personnes-là. Nous avons corrigé ces erreurs. Vous les avez entendu, de fait, avec ces 10 milliards.
Oui, nous les avons entendus.
Mais maintenant, on ne va pas laisser s'effilocher samedi après samedi quelques milliers de manifestants dont, visiblement, la seule revendication, c'est soit de casser des commerces, soit d'obtenir le départ du président de la République. Ça, ce n'est pas la démocratie.
Un des ressorts de ce mouvement, il y avait la taxe carbone, il y avait aussi les 80 km heure. Or, l'abaissement de la vitesse sur les routes nationales et départementales. Or, cette mesure, qui était quand même un symbole de courage politique, et là, je fais une parenthèse, mais le mentor du premier ministre Alain Juppé insistait beaucoup sur le courage de réformer. Cette mesure, vous revenez dessus, comme par hasard disent les opposants, à 10 jours d'un scrutin, à 10 jours des européennes. Est-ce qu'il n'y a pas un côté électoraliste à cette mesure de l'abandon des 80 km ? L'assouplissement, aujourd'hui, le fait abandon programmé des 80 km heure.
L'assouplissement est un mot plus juste qu'abandon. L'idée, c'est que ce soit les conseils départementaux qui puissent décider des portions de voies où il y aura les 80 km heure. Je pense que nous avons commis, sur un certain nombre de sujets, des erreurs en étant parfois trop rapides, trop brutales. Quand, par exemple, on décide que du jour au lendemain, on va faire basculer le gazole non routier qui ne bénéficiera pas de l'exonération de TICPE, je pense qu'on est allé trop vite en besogne. Et il faut le reconnaître, il faut entendre. Je pense qu'on n'a pas été suffisamment à l'écoute.
Désormais, nous le sommes, de tous ces Français qui travaillent, qui se donnent le mal de travailler et qui perdent quasiment de l'argent en allant travailler. Nous avons corrigé le tir. Et je pense que c'est l'honneur du président de la République, du Premier ministre de la République. Sur les 80 km heure, moi, j'estime que c'est une bonne mesure. Peut-être que les modalités d'application peuvent être critiquées, mais jamais je ne me satisferais d'être dans une nation développée, une des plus puissantes au monde, une des technologiquement les plus avancées, où il y a tellement de malheurs, de malheurs en Rivernay, liés aux accidents de la route.
Mais je suis désolé, je vous donne mes convictions profondes. Je pense qu'il est plus important de sauver des vies, d'éviter des blessés, d'éviter des drames personnels, familiaux, profonds, qui ne s'effacent jamais. Parce que ça ne s'efface jamais, un accident de la route. Jamais, jamais, jamais.
Mais Bruno Le Maire, là, vous parlez comme si, au contraire, vous annonciez le maintien des cartes marques qu'il faut. Eh bien, je ne suis pas là pour annoncer le maintien des cartes marques qu'il faut. L'objectif, c'était 400 morts en moins, 400 tués en moins sur les routes par an. Il y en a déjà eu 5, 96 en moins d'un an. Est-ce qu'il n'aurait pas fallu attendre un petit peu avant d'assoupir ?
J'en appelle à la responsabilité des conseils départementaux. Et je suis certain, d'ailleurs, qu'ils feront preuve de sens des responsabilités. Ce n'est pas parce que nous leur avons confié cette responsabilité qu'il faut renoncer à l'objectif. Les morts sur la route, c'est un drame national. Ça doit rester un combat national. et je compte sur les présidents de départements pour faire preuve de sens des responsabilités dans l'application qui leur a été confiée. Vous leur dites concrètement, n'augmentez pas la vitesse ? Je leur dis concrètement, soyez très vigilants. Soyez très vigilants.
Parce que les morts, les blessés, les personnes en situation de handicap définitivement dans leur vie, parce qu'on a manqué de courage politique, honnêtement, ce n'est pas ma conception de la politique.
Accessoirement, d'ailleurs, cette mesure, il avait fallu changer les panneaux. C'était un coût d'environ entre 6 et 10 millions d'euros. Là, il faudra les rechanger. Vous allez aider les autorités locales à financer cela ?
Nous verrons ce qui sera changé. Je compte, et je sais que je peux compter, sur le sens des responsabilités des présidents de départements. Donc qu'ils ne reaugmentent pas la vitesse.
Parlons de la fonction publique. L'objectif était initialement de 120 000 suppressions de postes. À la dernière conférence de presse, le président avait compris que cet objectif était remis en question. Mais sans savoir très bien, finalement, où est-ce qu'on en est, aujourd'hui, qu'en est-il ? Il y a toujours des suppressions qui sont au programme. Qui devra les faire ? L'État ou les collectivités territoriales qui ont déjà, elles, supprimé, contrairement à l'État, beaucoup de postes de fonctionnaires ?
Rien n'est définitivement décidé sur ce sujet. Et comme ministre de l'Économie et des Finances, je reste attaché à cet objectif de 120 000 fonctionnaires. Pas par esprit idéologique, mais tout simplement parce que je souhaite que nos finances publiques soient bien tenues, je souhaite que nous puissions faire des économies, tous, les collectivités locales, l'État... Donc c'est nécessaire,
ces 120 000 suppressions, elles sont nécessaires.
Nous verrons si c'est possible ou pas. Il ne faut pas avoir un esprit de système et forcer les choses... Mais vous êtes plutôt favorable à maintenir cette suppression. Et je reste favorable à cet objectif. Après, le président de la République, le Premier ministre trancheront pour voir si c'est possible ou pas possible. Regardez...
Mais vous, quand vous regardez vos comptes, vous en avez besoin.
Je me dis, on doit continuer à se fixer cet objectif. Et puis nous verrons s'il est atteignable ou pas. Mais je pense qu'on doit continuer à se fixer cet objectif. Et je vois la loi qui a été adoptée vendredi soir grâce à Olivier Dussopt qui a fait un travail absolument formidable. qui a dit, tiens, on va faire en sorte, tout simplement, que tous ceux qui sont dans la fonction publique ne travaillent pas 35 heures, sauf s'ils ont des suggestions particulières, je pense aux policiers, par exemple, ou aux enseignants. Tous ceux qui n'ont pas de suggestions particulières et qui ne travaillent pas 35 heures vont cette fois-ci travailler définitivement 35 heures.
L'Inspection générale des finances estime que ça peut permettre de réduire de 30 000 le nombre d'emplois dans la fonction publique de l'État et de 30 000 le nombre d'emplois dans la fonction publique dans les collectivités locales.
Donc on arrive déjà à 60 000. On verra.
Moi, je me méfie toujours de ces calculs. Je dis simplement que l'ambition, ce n'est pas de réduire le nombre de fonctionnaires pour réduire le nombre de fonctionnaires. C'est simplement que les Français en aient pour leur argent car je n'oublie jamais que les fonctionnaires sont payés par les impôts des Français.
La Cour des comptes a souligné qu'il y avait 206 créations cette année en 2018 et non pas des suppressions. En effet, dans Le Parisien, ce matin, François de Rugy, ministre de l'Écologie, dévoile un petit peu ce que va être le Conseil de défense environnementale. Mais est-ce que là encore, on n'est pas dans la création d'un comité théodule de plus comme il y en a tant et tant en France ? Un gadget.
On nous dit qu'il faut écouter. Et quand on met en place des instruments pour écouter et faire participer les Français, pour faire du concret, c'est un gadget. Je crois profondément que sur cette politique environnementale qui a des incidences directes sur notre vie quotidienne et on l'a encore vu avec la taxe carbone, il faut que les Français se prononcent, qu'ils se prononcent directement. Et c'est l'objectif de cette participation citoyenne de 150 citoyens qui vont être tirés au sort.
C'est vraiment l'honneur de notre pays que d'être l'un des premiers au monde a inventé ce système où c'est les citoyens qui vont librement, directement, s'exprimer sur la politique environnementale qui est probablement l'un des enjeux les plus importants
des générations. Mais leur avis sera suivi des faits si par exemple vous tombez sur 150 euros sceptiques qui vous disent allez, on va... On va... Supprimer le glyphosate par exemple. Par exemple, le tirage au sort
existe-t-il en démocratie athénienne qui me paraît un bon modèle pour notre démocratie française. Nous l'appliquons aujourd'hui à la démocratie française. Ça pourrait être le début
d'une bonne réflexion globale sur le tirage au sort.
Je pense que réfléchir de manière plus globale ce qu'est la démocratie au moment des réseaux sociaux c'est une des grandes réflexions politiques qu'il faut mener. Nous au moins nous apportons des nouvelles réponses.
On accueillera dans un instant Edwige Chevrillon. Merci Henri Vernet. A tout de suite. Et on poursuit ce BFM politique avec vous Bruno Le Maire et avec vous Edwige Chevrillon. Bonjour. Merci Pauline. Bonjour Bruno Le Maire.
Bonjour Edwige Chevrillon.
Plutôt des bons chiffres. C'était une bonne semaine pour vous en l'occurrence et pour l'économie française. C'est à réviser à la hausse pour la deuxième fois sa prévision de croissance. Les chiffres du chômage sont bons. Ils n'ont jamais été aussi bas depuis 10 ans. Et puis il y a ce fameux baromètre sur l'attractivité de la France qui montre que pour la première fois la France se trouve dans les 5 premiers pays les plus attractifs devant la Chine. Donc ça c'est plutôt bon. Est-ce que vous dites justement un peu merci les gilets jaunes parce que sans les gilets jaunes il n'y aurait pas eu les 15 milliards injectés par le président Macron en décembre dernier.
La volonté, votre volonté de baisser l'impôt sur les revenus. Et que finalement c'est ça qui a dopé le pouvoir d'achat des Français et dopé la croissance française. Vous ne l'auriez pas fait sinon ?
Je ne pousserai pas l'esprit de paradoxe jusque là.
Oui mais c'est intéressant quand même.
Je rappelle aussi que les gilets jaunes ont eu un impact sur le commerce dont on l'a évalué à 0,1 de croissance qui évaluent ça.
Je reprends vos propos. En 2018.
Donc bon, je crois surtout que c'est le résultat de la politique économique du président de la République. Changement de pied. C'est-à-dire depuis deux ans. Mais les résultats, quand ils viennent vite, on nous dit mais ça n'est pas lié à vous, c'est lié à vos prédécesseurs, une politique beaucoup plus ancienne. Là je crois que pour une fois que nous avons des bons résultats. D'abord, il faut en être fier pour les Français. C'est la preuve que l'économie française, que les Français ont une capacité à se redresser qui est phénoménale. Ensuite, c'est pour moi les résultats directs de la politique de l'offre qui a été choisie par le président de la République.
Quand on fait les choix fiscaux que nous avons faits, suppression de l'ISF, mise en place du prélèvement forfaitéronique, réduction de l'impôt sur les sociétés des entreprises de 33,3 à 25%. Ça donne des résultats. Et on ne peut pas nous dire ah ben tiens, M. Trump a d'excellents résultats économiques parce qu'il baisse l'impôt sur les entreprises. Et quand nous, nous obtenons de très bons résultats économiques et merci de les avoir rappelés Elvie Chevrillon, nous dire que ça n'a rien à voir avec notre politique fiscale.
C'est votre politique mais c'est la politique que vous avez faite aussi sous leur pression. L'INSEE dit que c'est à cause de la hausse du pouvoir d'achat, de la consommation des ménages. Vous avez augmenté la CSG notamment pour les retraités, vous avez fait différents choix. Maintenant, vous avez fait machine arrière. Donc finalement, c'est parce que vous avez fait quand même un changement de pied.
Non. Vraiment, je veux tordre le coup à cette idée fausse. Nous avons fait depuis 2017 le choix d'une politique de l'offre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Parier sur l'amélioration des produits des entreprises, l'amélioration des qualifications des salariés, de la formation des salariés français. En se disant, sur 10 ans, parce qu'il faudra 10 ans pour un redressement complet de l'économie française et pour qu'elle devienne la première économie en Europe, c'est aujourd'hui le seul choix raisonnable. Nous avons le premier résultat, tant mieux.
Ensuite, nous avons dit attention, comme je le disais tout à l'heure, nous n'avons pas suffisamment entendu les appels, la souffrance d'un certain nombre de salariés qui nous disent nous voulons mieux vivre notre travail. Donc nous avons accentué la politique qui vise à mieux récompenser ceux qui travaillent. Nous avions commencé à le faire. Nous avions supprimé les cotisations d'assurance comme on l'a dit d'assurance chômage. Nous avions revalorisé la prime d'activité et nous avons décidé effectivement d'accentuer cette politique en supprimant 5 milliards d'euros d'impôts sur le revenu pour que tous ceux qui travaillent vivent mieux de leur travail.
Mais nous accentuons une politique de l'offre, une politique de la compétitivité des entreprises et de la bonne rémunération des salariés qui, à mes yeux, est la seule qui peut marcher. Et quand on voit que pour la première fois depuis des années et des années la France rend dans le top 5 des nations au monde les plus attractives pour les investissements étrangers, je pense que c'est une bonne nouvelle.
Est-ce que vous allez poursuivre cette politique de l'offre ou est-ce que vous allez peut-être, comme vous l'avez fait malgré tout assez récemment, accentuer sur le côté demande, pouvoir d'achat des Français ? Il y a une petite interrogation pour savoir, vous êtes une politique très pro-entreprise depuis l'élection d'Emmanuel Macron et la déclaration du président du MEDEF qui dit attention, notamment parce que vous voulez financer cette baisse de l'impôt sur le revenu par la suppression de l'île fiscale pour les entreprises. Est-ce qu'il faut redouter, en tous les cas pour les entreprises ? Un changement de pied, là encore, de la part du gouvernement et de vous, Bruno Le Maire ?
Non, il n'y a pas de crainte à avoir.
Non, vous les rassurez là.
Nous maintiendrons une politique favorable aux entreprises parce que c'est une entreprise favorable aux salariés et la bonne rémunération des salariés et parce que c'est une politique favorable à l'emploi et donc à la France. Parce que je n'oublie pas que le premier drame français reste le chômage de masse. Moi, je suis très surpris de voir que cette question du chômage, elle a quasiment disparu des écrans radars. Ça ne fait plus débat. On est aujourd'hui à un niveau de chômage qui est le plus bas depuis 10 ans.
Certes, mais qui reste très très élevé et de quoi plus élevé que celui de nos partenaires. Il reste beaucoup plus élevé
que celui de nos partenaires. Donc nous avons franchi une première marche. Il faut enfranchir une deuxième qui est beaucoup plus haute qui est d'arriver au plein emploi. Et pour ça, il faut accentuer une politique qui vise à produire plus et à produire mieux. Donc nous avons adopté le projet de loi sur la croissance et la transformation des entreprises. Plein de mesures favorables aux entreprises, notamment au PME. Je pense à la simplification des seuils sociaux. Là, je travaille sur le pacte productif avec un certain nombre de ministres du gouvernement pour qu'on puisse produire davantage, créer plus de prospérité dans notre pays tout en respectant l'objectif d'une économie décarbonée.
Ça va être la deuxième étape. Et je souhaite qu'on reste sur cette ligne-là avec par exemple un grand débat qui va être celui des impôts de production. L'impôt de production
aujourd'hui pénalise
notre industrie, pénalise nos entreprises. Il faut qu'on réfléchisse là-dessus.
Est-ce qu'il faut, malgré tout, il y a toute une polémique pour les économistes en l'occurrence avec une politique de taux extrêmement bas, de dire à la limite qu'il faut mieux s'endetter plutôt que de faire des économies. Ça tombe bien pour le gouvernement actuel. Est-ce que vous vous dites qu'il faut revoir puisqu'on parle d'Europe les critères de Maastricht ? Lorsque vous regardez parmi les 12 pays les plus endettés, il y en a 8 qui sont, dont le Royaume-Uni, qui sont européens. Est-ce que vous vous dites qu'on s'assoit dessus tant qu'à faire une bonne fois pour toutes ?
Non. Cela aussi est très clair. Je suis très clair. On ne change pas une politique de l'offre qui marche et on ne renonce pas à assainir nos finances publiques.
Vous continuez à dire qu'il y a les règles mais vous ne les respectez pas ? Si. Et la France ne les respecte pas.
Comment est-ce que vous pouvez dire ça ? Oui, je regarde ce qui se passe. C'est la première fois depuis 10 ans que la France est sous 3% de déficit public et nous sommes sortis de la procédure pour déficit excessif. Nous respectons les règles tout simplement parce que c'est l'intérêt des Français. Et sur la dette, vous avez raison de signaler qu'il y a un débat aujourd'hui. Tous les intérêts sont très faibles. Endettons-nous, endettons-nous, endettons-nous. Sauf que ce n'est pas eux qui viendront payer l'addition quand dans un an, deux ans, trois ans, les taux d'intérêt auront remonté.
On ira voir le ministre des Finances et on ira dire tiens, vous jetez 2 milliards, 3 milliards, 5 milliards d'euros d'argent par les fenêtres parce qu'il faut rembourser des intérêts de la dette qui ont explosé à cause de l'augmentation des taux. Donc je continue à penser que la dette est un poison pour notre économie.
On parle d'un dépré de fonds d'innovation, la Cour des comptes a tiré la sonnette d'alarme un peu sur les comptes de l'État et puis aussi sur votre fonds d'innovation. C'est une mesure phare pour vous et puis de la loi PAC parce que ça passe par la privatisation d'ADP. Elle dit 8 mois de ce fonds de l'innovation ne sert pas à grand-chose et puis on peut le financer autrement. D'abord une question sur ADP, à votre avis c'est quand est-ce l'aéroport de Paris, quand est-ce que ça sera possible avec ce fameux référendum d'initiative partagée qui a été proposé par certains parlementaires et validé par les conseils constitutionnels ?
Vous êtes gentille Edwige Chevrillon de dire proposé par certains parlementaires. Vous pourriez rappeler que c'est une alliance de confusion complète entre les républicains qui avons défendu les privatisations à la campagne présidentielle
qui maintenant
sont défavorables à cette idée et qui s'allient avec les socialistes, les communistes, la France insoumise. Pour une fois
vous avez une opposition des oppositions qui sont unies face à vous.
Oui mais dans une confusion complète au moins du côté des républicains. En tous les cas c'est le cas. Mais dont acte la décision a été prise par le conseil constitutionnel je respecte évidemment la décision du conseil constitutionnel et si ça nous donne plus de temps on ne va pas prendre de décision sur l'aéroport de Paris alors qu'il y a un processus de recueil de signatures qui est en cours. Enfin ce ne serait pas respectueux des français. Donc on gèle tout. Donc pour l'instant à l'été l'aéroport de Paris c'est de respecter le peuple français de respecter sa souveraineté son indépendance et sa voix. Plus qu'il ne l'a été dans le passé. Vous repoussez
la privatisation ?
Je repousse évidemment toute décision sur la privatisation d'aéroport de Paris. D'autres se feront mais pas celle d'aéroport de Paris puisqu'il y a cette procédure. Et je vais utiliser ce temps qui est une opportunité à mes yeux pour rappeler que cette privatisation s'entoure de garanties solides sur les tarifs qui continueront à être maîtrisés par l'Etat. Sur les investissements sur les frontières quand j'entends certains nous dire que vous allez privatiser les frontières non les frontières resteront contrôlées par la police française et par les forces publiques françaises.
Donc utilisons ce temps pour montrer que cette opération elle peut nous permettre avec toutes les garanties nécessaires de créer un champion mondial mondial de l'aéroportuaire et à nous de savoir ce que nous voulons pour la France. Est-ce que nous voulons des grands champions mondiaux capables de rivaliser avec les grandes puissances actuelles ou est-ce que nous sommes déjà résiliés ? Moi je pense qu'on a tout pour réussir et avoir de grands champions de niveau mondial.
Merci Edwige Chevrillon. Encore un mot, le mot de la fin. Un mot sur votre ancienne famille politique il n'y a pas si longtemps et quand vous entendez Edouard Philippe qui parle de la droite en disant la droite trocadéro qui laisse sentir une forme de mépris. Lors d'un meeting la semaine dernière à Paris Jean-Marc Borello qui est l'un des piliers d'En Marche s'est moqué de François-Xavier Bellamy en le traitant de je cite Charles-Edouard de Versailles. Est-ce que vous trouvez que c'est juste ou est-ce que vous trouvez que c'est blessant ?
Je ne me moque jamais des personnes et jamais de mes adversaires politiques. Ce n'était pas une bonne
façon de faire. Ce n'était pas un bon procès.
La moquerie, la dérision, je n'aime pas ça. D'abord parce que la politique c'est une activité qui est noble contrairement à ce que l'on dit où on sert l'intérêt général et où on se bat pour les Français. Il n'y a pas de place pour la dérision. Je n'aime pas cet esprit de dérision parce que ça affaiblit notre nation tout entière. En revanche, je considère que François-Gébélé est un candidat tout à fait respectable mais je n'ai pas vu une seule idée pour l'Europe sortie de cette liste des Républicains. Je ne vois aucune idée nouvelle tout simplement parce que la seule chose à quoi s'attachent aujourd'hui les Républicains c'est de reconstruire leur unité.
L'Europe, ça ne les intéresse pas du tout. La seule chose, c'est est-ce qu'ils sont unis ou pas ? Alors, ils sont unis mais c'est une unité de façade. Ils sont unis derrière un candidat qui est d'autant plus apprécié qui n'a pas d'ambition nationale. Si François-Gébélé avait des ambitions présidentielles pour 2022, je peux vous garantir que l'unité ne se ferait pas. Là, elle se fait parce qu'il n'est pas candidat. Mais croyez-moi, j'ai une certaine expérience. Dès que l'élection européenne sera finie et que nous serons passés à l'élection présidentielle, vous verrez les divisions revenir au grand galop pour une raison qui est simple.
c'est que les républicains aujourd'hui sont dans une confusion idéologique totale dont l'origine vient de l'incapacité à trancher entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen en 2020.
Comme vous l'avez dit, c'est leur péché originel de 2017. Merci Edwige Chevrillon. Merci Bruno Le Maire dans un instant à la fête suivante sur BFM TV et pour ma part, je vous retrouve à 18h pour et en même temps. A tout à l'heure.
Bruno Le Maire