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InterviewRadio France (sur Site radio)· 23 octobre 2026 7 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Mobilisation sociale : "Quand les portes sont fermées, la colère entre par la fenêtre"

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Des scènes de pillage, de violence, de la casse en Île-de-France et dans plusieurs villes du pays. Trappes a été épargné. Des violences qui ont éclipsé samedi dernier le mouvement social contre la vie chère et la mobilisation des lycéens. Acte de demain, il va se passer quoi ? Est-ce que vous êtes inquiet

  • 1:10RelanceRéponse directe

    Vous dites que le gouvernement ne répond pas. Emmanuel Macron reçoit les lycéens à 15h. Par ailleurs, il a considéré hier que toutes les manifestations qui ne sont pas à l'initiative des organisations syndicales doivent être interdites. En parallèle, on annonce 20% de forces de l'ordre en plus pour demain. Le gouvernement apporte quand même quelques réponses aux colères et aux critiques. Vous trouvez que ce n'est pas suffisant

  • 3:21OuverteRéponse directe

    On est à six mois de l'élection présidentielle à l'Irabé. Est-ce qu'il faut plus d'annonces, notamment de l'argent pour les lycées ou bien faire baisser les prix des carburants ? Six mois de la présidentielle et puis il y a le vote du budget en ce moment. On sait que l'État n'a que très peu de marge de manœuvre.

  • 5:33OuverteRéponse directe

    Vous parlez de colère. Vos habitants, vous avez dû les rencontrer cette semaine. Ils soutiennent les revendications. Est-ce qu'ils soutiennent la forme de ces manifestations et notamment la violence qu'on a pu voir la semaine dernière ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « le sentiment général c'est que la mobilisation ne doit pas faiblir »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « le gouvernement a choisi la brutalité et le durcissement plutôt que le dialogue »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « 'est un euphémisme. Je vous rappelle que les lycéens en particulier sont mobilisés maintenant depuis plus d'un mois. »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Ces lycéens n'ont toujours pas été reçus à date par les autorités compétentes pour proposer des mesures concrètes, fortes, qui permettraient de calmer la colère des jeunes. »
  • 3:40Invité politiqueChiffre
    « les marges de manœuvre, elles sont immenses parce que quand on sait que dans ce pays, il y a plus de 200 milliards d'exonérations fiscales aux ménages les plus riches et aux entreprises »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « quand les portes sont fermées, la colère, elle rentre par la fenêtre »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « La colère des Gilets jaunes n'a jamais été vraiment adressée structurellement en dehors de quelques milliards annoncés en précipitation une fois que le pays brûlait »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « avec des mesures de couvre-feu et de blocage des réseaux sociaux qu'on nous annonce d'ailleurs, qui sont dignes des régimes les plus autoritaires »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Il n'y a que l'Iran et la Chine qui bloquent les réseaux sociaux quand il y a des mouvements populaires qui s'organisent »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « à date, une seule mesure sociale annoncée pour calmer la colère des Français »
  • 6:56Invité politiqueFait
    « il y a un type au tribunal de Bobigny qui a été condamné à 14 mois de prison ferme parce qu'il a ramassé une goutteille de lait infantile à l'occasion d'un pillage »

Temps de parole

  • Ali Rabeh76 %
  • Présentateur18 %
  • Présentateur 24 %

≈ 8,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Locuteur

Ici

0:01
Présentateur

Paris-Île-de-France, bien commencer la journée, ici matin. Et à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation sociale et la crainte de nouvelles scènes de violence, votre invité Théo Metton-Réginbeau est le maire Génération de Trappes dans les Yvelines. Bonjour Ali Rabet. Bonjour. Des scènes de pillage, de violence, de la casse en Île-de-France et dans plusieurs villes du pays. Trappes a été épargné, des violences qui ont éclipsé samedi dernier le mouvement social contre la vie chère et la mobilisation des lycéens. Acte de demain, il va se passer quoi ? Est-ce que vous êtes inquiet

0:38
Locuteur

?

0:39
Ali Rabeh

Oui, on a des raisons de l'être,

0:42
Locuteur

parce

0:42
Ali Rabeh

que le sentiment général c'est que la mobilisation ne doit pas faiblir, que le gouvernement n'y répond pas sur le fond

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Locuteur

et

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Ali Rabeh

qu'à travers une mobilisation légitime qui est assez massive, très fortement soutenue par les Français.

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Locuteur

Il

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Ali Rabeh

y a également des individus qui viennent démolir, détruire, casser, etc. Détourner d'ailleurs l'attention du fond, du mouvement qui est parfaitement légitime. Et donc on a quelques motifs d'être inquiet, parce que le gouvernement a choisi la brutalité et

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Locuteur

le

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Ali Rabeh

durcissement plutôt que le dialogue.

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Présentateur

Alors vous dites que le gouvernement ne répond pas. Emmanuel Macron reçoit les lycéens à 15h. Par ailleurs, il a considéré hier que toutes les manifestations qui ne sont pas à

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Locuteur

l

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Présentateur

'initiative des organisations syndicales doivent être interdites. En parallèle, on annonce 20% de forces de l'ordre en plus pour demain. Le gouvernement apporte quand même quelques réponses aux colères et aux critiques. Vous trouvez que ce n

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Locuteur

'est

1:30
Présentateur

pas suffisant

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Locuteur

? C

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Ali Rabeh

'est un euphémisme. Je vous rappelle que les lycéens en particulier sont mobilisés maintenant depuis plus d'un mois. Jusqu'ici, la seule réponse qu'ils ont reçue, c'est la brutalité, avec une intervention de la police qu

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Locuteur

'on

1:41
Ali Rabeh

n'avait jamais vue devant les lycées et qui empêche toute manifestation de s'organiser, de se structurer. Au point d'ailleurs que les lycéens, je l'ai constaté dans ma ville, se dispersent et justement commettent pour certains des exactions, faute de pouvoir canaliser leur colère et leur mouvement dans une démarche structurée. Et le mépris depuis plus d'un mois, un mois et demi, dure sans cesse. Ces lycéens n'ont toujours pas été reçus à date par les autorités compétentes pour proposer des mesures concrètes, fortes, qui permettraient de calmer la colère des jeunes. Et aujourd'hui, ces différentes colères, elles convergent.

Les Gilets jaunes et leurs successeurs ont annoncé la date du 17 octobre depuis six semaines.

2:19
Locuteur

En

2:20
Ali Rabeh

six semaines, pas une annonce, pas une rencontre, pas une tentative d'apaiser les choses et un sentiment de surprise de la part de l'exécutif qui découvre qu'une manifestation d'ampleur est organisée à travers le pays, de façon déstructurée d'ailleurs, avec ce risque qu'en n'écoutant pas la colère qui est exprimée, mais depuis des années dorénavant, par les syndicats, par les organisations représentatives, en n'entendant pas les Français qui n'arrivent plus à faire le plein, qui demandent des choses relativement simples, avoir un enseignant devant les classes de leurs enfants, faire en sorte qu'on ne subisse pas, quand on est jeune, au moment de passer son bac, le stress de ne pas avoir d'orientation post-bac.

Toutes ces choses qui sont latentes, cette colère qui est latente et qui monte dans tous les pans de la société. Le gouvernement fait la sourde oreille, ne répond jamais, essaye de mettre la poussière sous le tapis et s'étonne ensuite qu'il y ait des mouvements qui soient impossibles à encadrer, à canaliser. La parole des syndicats est délégitimée. Oser dire aujourd'hui, nous n'autoriserons que les manifestations syndicales, c'est grotesque quand on sait ce que la Macronie a fait depuis dix ans de la parole des syndicats et du dialogue social dans ce pays.

3:21
Présentateur

Alors on est à six mois de l'élection présidentielle à l'Irabé. Est-ce qu'il faut plus d'annonces, notamment de l'argent pour les lycées ou bien faire baisser les prix des carburants ? Six mois de la présidentielle et puis il y a le vote du budget en ce moment. On sait que l'État n'a que très peu de marge de manœuvre.

3:40
Ali Rabeh

Écoutez, les marges de manœuvre, elles sont immenses parce que quand on sait que dans ce pays, il y a plus de 200 milliards d'exonérations fiscales aux ménages les plus riches et aux entreprises, il y a beaucoup d'argent qui est disponible et qui est mal utilisé depuis une dizaine d'années. Le bilan de la Macronie, ça fait maintenant dix ans, on arrive au crépuscule effectivement du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron. Le bilan, c'est quoi ?

Un libéralisme à tout craint qui nous a ruinés, qui coûte une fortune chaque année aux contribuables français et un autoritarisme qu'on n'imaginait pas au moment de la première élection d'Emmanuel Macron avec une brutalité policière sans nom dans les rues de France pour essayer de calmer la colère. Mais vous savez,

4:13
Locuteur

quand

4:13
Ali Rabeh

les portes sont fermées, la colère, elle rentre par la fenêtre. Et vous ne pouvez pas éviter cela. Donc, les Français disent quoi ? Et en particulier, la jeunesse dit quoi ? L'échéance présidentielle, il n

4:23
Locuteur

'est

4:23
Ali Rabeh

pas question d'attendre six mois. Les revendications sociales, elles ne datent pas de la rentrée. Mais il n'y aurait pas une forme de précipitation et donc d'impossibilité d'y répondre là dans l'urgence. Elle date de plusieurs années. La colère des Gilets jaunes n'a jamais été vraiment adressée structurellement en dehors de quelques milliards annoncés en précipitation une fois que le pays brûlait. Eh bien, les mêmes causes créent les mêmes effets. L'incapacité de ce pouvoir à tirer les leçons de ces échecs qui sont massifs depuis dix ans. Ils ont laissé le pays à feu et à sang. Ils ont appliqué une doctrine économique, un libéralisme échevelé qui nous met à genoux.

Et aujourd'hui, ce que l'on découvre, c'est qu'ils sont prêts à brader les libertés publiques. Ce que nous vivons est grave. Il faut que chaque Français en prenne conscience. Quand la deuxième ville de France est cadenassée avec un couvre-feu, une interdiction de rassemblement sur la voie publique, avec des transports publics qui sont fermés, avec des mesures de couvre-feu et de blocage des réseaux sociaux qu'on nous annonce d'ailleurs, qui sont dignes des régimes les plus autoritaires. Il

5:14
Locuteur

n'y a

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Ali Rabeh

que l'Iran et la Chine qui bloquent les réseaux sociaux quand il y

5:16
Locuteur

a

5:16
Ali Rabeh

des mouvements populaires qui s'organisent. Eh bien, tout cela, c'est la dernière pierre à l'édifice d'Emmanuel Macron qui prépare l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite et qui prépare nos esprits à voir nos libertés publiques arrachées une à une. Sans,

5:29
Locuteur

je le

5:30
Ali Rabeh

répète, à date, une seule mesure sociale annoncée pour calmer la colère des Français.

5:33
Présentateur

Vous parlez de colère. Vos habitants, vous avez dû les rencontrer cette semaine. Ils soutiennent les revendications. Est-ce qu'ils soutiennent la forme de ces manifestations et notamment la violence qu'on a pu voir la semaine dernière ?

5:47
Locuteur

Alors,

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Ali Rabeh

pas un seul. Moi, tous ceux avec qui j'ai parlé, y compris d'ailleurs beaucoup parmi les jeunes, voudraient voir des manifestations d'ampleur mais sans avoir évidemment des commerces qui sont brisés, etc. Il n

5:58
Locuteur

'y a

5:58
Ali Rabeh

rien de légitime à cela et surtout, ça détourne le débat, y compris dans notre échange et dans tous les échanges médiatiques, dans le débat politique et médiatique, du fond et des enjeux fondamentaux pour les Français. Les gens veulent faire le plein sans se ruiner. Les gens demandent des choses relativement simples, en fait. Relativement simples. Et ils voient bien que dans ce pays, l'argent des Français est détourné non pas vers l'hôpital, non pas vers l'école, non pas vers nos services publics, mais vers des grandes entreprises qui se gavent et qui ferment des usines et qui suppriment des emplois.

Donc, cette réalité-là, elle est perçue instinctivement, parfois inconsciemment par la masse des Français qui voient bien qu'une injustice s'organise tous les jours sous leurs yeux. Et donc, ils ont raison de se mobiliser. En revanche, il y

6:33
Locuteur

a

6:33
Ali Rabeh

quelque chose qui m'inquiète et qui est vraiment, encore une fois, le bilan de ce mépris pour les corps intermédiaires et pour le dialogue social qui n'obtient jamais aucune réponse. C'est que beaucoup me disent, mais vous savez, monsieur le maire, les syndicats, les manifestations, les banderoles, ça ne sert à rien. Effectivement, c'est quand les gens cassent tout que le gouvernement lâche un peu de l'est et lâche des milliards. Eh bien, cette méthode-là de la confrontation, de l'échec, de la brutalisation, vous savez, il y a un type au tribunal de Bobigny qui a été condamné à 14 mois de prison ferme parce qu'il a ramassé une goutteille de lait infantile à l'occasion d'un pillage. Enfin,

7:06
Présentateur

franchement, dans quel pays veut-on vivre ? Merci Ali Rabbe, maire génération de trappes dans les Yvelines, invitée d'ici Paris-Île-de-France ce matin. Merci. Merci.

7:14
Locuteur

Merci. Merci. Merci.