Anasse Kazib - Debrief du discours de Macron
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Salut à toutes et à tous chers amis et connectez-vous sur le live. On va démarrer dans quelques instants ce live. Vous êtes déjà quasiment 500 de connectés. Une première, on lance notre premier live débrief, décryptage de cette allocution d'Emmanuel Macron avec un ton différent. Donc, on va décrypter ensemble. On a toute la soirée pour analyser, décrypter, discuter de la situation et notamment de cette allocution d'Emmanuel Macron. Mais on ne va pas se contenter, bien entendu, vous imaginez bien, on ne va pas se contenter de discuter uniquement de la situation nationale et de cette allocution d'Emmanuel Macron.
On va également traiter la situation internationale dans certains pays et notamment, on rebondira aussi sur ces propos de sauveur de l'humanité de Macron et notamment qui a voulu se positionner comme un sauveur de l'Afrique aujourd'hui face au Covid-19. Donc, chers amis, vous êtes sur Révolution Permanente. Il est 21h30. Connectez-vous, éloignez les enfants, donnez-leur la tablette, donnez-leur des jeux. Voilà, restez avec nous toute la soirée. On est ensemble pour discuter de cette allocution d'Emmanuel Macron, mais également de la situation.
Je vous invite, comme d'habitude et vous le savez très bien, à partager ce live partout, dans tous vos groupes Facebook, dans tous les groupes WhatsApp, partout, partout. On va passer la soirée ensemble sur Révolution Permanente en direct sur Facebook. C'est du live et puis on est en live sur le logiciel Zoom. Donc, moi, je me présente pour toutes celles et ceux qui ne me connaissent pas. Donc, je m'appelle Anas Kazib, je suis militant pour Révolution Permanente, qui est une des tendances, qui est le média du Coran communiste révolutionnaire, qui est une des tendances du NPA.
Je suis également cheminot sur la région de Paris-Nord, sur le secteur du Bourget, et également délégué syndical Sud-Rail sur la région de Paris-Nord. Alors, j'ai le plaisir d'animer et d'intervenir également dans cette discussion, dans ce live autour de la situation du Covid-19, mais également des premières infos que nous a données Emmanuel Macron, et notamment sur cette date, le 11 mai. On va parler du 11 mai et des suites. Je ne serai pas seul. Donc, il y aura plusieurs intervenantes et intervenants. Il y aura tout d'abord en invité surprise, et on est heureux de l'accueillir.
Et c'était mon ancien compagnon dans les grandes gueules, c'est le docteur Marty, qui est médecin libéral, mais également chroniqueur sur l'émission des grandes gueules, dans laquelle j'ai officié moi-même pendant plus d'un an et demi. Il va être avec nous pendant environ une dizaine de minutes pour nous donner ses premières réactions, pour nous dire ce qu'il a compris et sa vision également des mesures qu'a annoncées Macron, et également des non-mesures qu'a annoncées Macron. Donc, on va être avec le docteur Jérôme Marty.
Il y aura également plusieurs camarades qui vont être tout au long de ce live, ce décryptage avec moi, c'est-à-dire Daniela Kobe, qui est une des membres du comité exécutif du NPA, et également militante pour Révolution Permanente, qui va intervenir sur la situation. Également, on aura notre camarade Philippe Alcoy, qui est pareil, lui, interviendra sur le volet international, et notamment sur ses déclarations autour de l'Afrique et de ce qui se passe au niveau international.
Et on aura également notre camarade Gaëtan Gracia, Gaëtan Gracia qui est également militant pour Révolution Permanente et qui est délégué syndical dans les ateliers de Haute-Garonne, c'est-à-dire un des sous-traitants de l'aéronautique, et notamment un des sous-traitants de Airbus du côté de Toulouse. Et on aura aussi la chance d'avoir Marion, Marion qui est professeure dans le 93 au niveau d'Aubervilliers, et qui va réagir et qui va donner sa vision des mesures et de ce qu'a annoncé notamment Emmanuel Macron autour de cette reprise de l'école à partir du 11 mai. Donc, chers amis, bienvenue à toutes celles et ceux qui viennent de nous rejoindre.
On va passer un peu de temps ensemble ce soir dans le décryptage, dans le débrief de Macron. Je vous invite à partager massivement ce live. Et bienvenue à toutes celles et ceux qui se connectent et qui nous rejoignent. Bonjour à toutes et à tous. J'ai vu des salutations du 77. Salut le 77. J'ai cru voir aussi des Bretons. Salut à la Bretagne. Il y a tout le monde sur Révolution Permanente. Il y a toute la France. Il y a également la Belgique. Enfin, il y a pas mal de camarades un peu partout qui sont connectés. On est très heureux de vous recevoir. Je voulais tout d'abord dire un petit mot. Hier, on a eu le premier lancement de notre émission pilote du Bon Côté de la Barricade.
Vous avez été très nombreux et très nombreux à l'avoir regardé. Bon, on aurait voulu que les soucis techniques ne soient pas là. Malheureusement, j'ai envie de dire, on n'est pas à l'abri avec Internet et l'informatique de ce genre de soucis techniques. Mais vous inquiétez pas, du Bon Côté de la Barricade, ça continue. Et ça continuera notamment avec une prochaine émission dimanche prochain. Et on va s'améliorer encore plus. On a eu déjà beaucoup de commentaires positifs. On a eu beaucoup de critiques. Et n'hésitez pas, n'hésitez pas. On le dit, on le répète, Révolution Permanente. C'est le média du Bon Côté de la Barricade, mais c'est votre média à toutes et à tous.
C'est vous qui le faites. C'est vous qui faites en sorte que nous, on s'améliore et qu'on essaye d'être le plus proche de ce que veulent les gens et ce que pensent, en tout cas, nos followers, comme on appelle, ou les personnes qui suivent les différentes pages Facebook, Twitter, Instagram. ou encore notre site internet, révolutionpermanente.fr. Donc, n'hésitez pas à apporter vos critiques. Également, celles et ceux qui veulent faire partie des comités virtuels, ce qu'on appelle les comités virtuels, c'est tout simplement celles et ceux qui souhaitent essayer d'apporter leur pierre à l'édifice aussi dans la construction de ces émissions et dans l'aide notamment à Révolution Permanente.
Donc, on a eu par exemple un camarade qui est ingénieur son qui a proposé également pour les prochaines émissions de pouvoir intervenir, nous aider dans l'animation, dans les vidéos, dans les émissions et autres pour essayer de nous aider. Mais également, si vous souhaitez nous parler d'éléments dans votre entreprise, si vous voulez nous parler de situations particulières, que vous soyez personnel de la santé, ouvrier ou autre, si vous avez des témoignages à faire, n'hésitez pas à nous contacter sur notre site révolutionpermanente.fr ou également sur les différents médias, que ce soit Facebook, Twitter ou Instagram, Révolution Permanente.
Vous êtes déjà 1200, chers camarades, continuez à partager ce live et on va démarrer très rapidement. Je vais introduire assez simplement ce décryptage d'Emmanuel Macron. Donc, chers amis, on a vu plusieurs choses. On a vu plusieurs choses ce soir. Déjà, on nous avait annoncé l'allocution présidentielle, la plus importante depuis le Conseil national de la résistance. C'était dans tous les médias, etc. Bon, on fera le décryptage avec l'ensemble des camarades qui interviendront. La première chose que l'on puisse dire, c'est que le ton, déjà, était totalement différent. On était avec un Emmanuel Macron, avec un discours très martial.
Vous vous rappelez ce premier discours, notamment le vendredi 14 mars, où il a répété par sept fois le terme de « nous sommes en guerre ». Aujourd'hui, bizarrement, il n'y a plus de guerre parce que l'ensemble de ses conseillers et puis les instituts de sondage et les enquêtes et autres ont assez révélé, en fait, que le problème n'est pas tant de dire que nous sommes en guerre sept fois, mais le problème, c'est que lorsqu'on dit qu'on est en guerre et que tout le monde est en train de voir que tous les soldats sont tous nus, en fait, et que la guerre, on est en train de la perdre, au final, il a été obligé de changer son discours.
Il est passé d'un discours martial à un discours que lui, peut-être, a voulu rassembleur. En tout cas, ce qu'on peut voir, c'est à quel point, en fait, le discours et les annonces qu'il est en train de nous faire aujourd'hui. En réalité, moi, j'ai envie de dire qu'elles ont quasiment deux mois de retard, sinon trois mois de retard. Il ne faut pas oublier qu'on nous annonce des masques. On verra. Moi, personnellement, je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas grande confiance en Emmanuel Macron. Je ne pense pas que le personnel de la santé a une grande confiance.
En réalité, avec Emmanuel Macron, ce même personnel de la santé, qui, depuis plus d'un an et demi, est en grève, notamment, on salue les camarades des collectifs inter-urgence et des collectifs inter-hôpitaux. Donc, il nous a parlé des masques qui arriveront. Il nous a parlé d'un début de déconfinement le 11 mai, d'accord ? Un début de déconfinement où, au final, on ne sait pas quand est-ce que les tests vont arriver, mais en tout cas, le dépistage, il n'a pas l'air d'arriver très rapidement. On en parlera ensemble. Il nous a également parlé de la reprise de l'école. Donc, d'un côté, il veut nous faire croire que c'est pour…
Et on verra ça également plus en détail avec notre camarade Marion, qui est professeur dans différents collèges dans le 93 à Aubert-Villiers. Mais il a essayé de nous faire le coup de la scolarité des enfants. Mais en réalité, ce que nous, on comprend et on voit, en premier lieu, c'est qu'il veut faire reprendre l'école aux enfants, notamment pour que les parents y retournent au boulot. Et ça, c'est un des piles conducteurs. La chose qu'on a compris, je pense, toutes et tous, de cette allocution, et on en parlera assez longuement dans cette soirée, c'est qu'Emmanuel Macron veut faire prendre le boulot massivement à partir du 11 mai. Donc, voilà.
Est-ce qu'on va avoir une deuxième vague de Covid-19 après ? Est-ce qu'Emmanuel Macron est en train de dire que les morts vont continuer jusqu'à on ne sait quand ? Enfin, voilà. Il y a énormément de sujets qu'on abordera, toutes et tous. Je ne fais pas plus de spoil plus long. Je vais demander aux camarades qui sont dans notre régie confinée, dans la régie confinée, d'appeler le docteur Marty, le temps que je fasse la transition, mais de contacter notre camarade Jérôme Marty, qui est médecin libéral sur la région toulousaine, avec lequel on va réagir très rapidement.
Et notamment, le docteur Marty, je disais, si vous ne le connaissez pas, il intervient également en tant que chroniqueur de temps en temps sur les grandes gueules. Moi, je l'ai connu notamment au niveau des grandes gueules. Mais le docteur Marty, c'est aussi un des… C'est une vraie grande gueule, mais c'est aussi un des qui gueulent depuis le début. Ah, tu es là, Jérôme ? Oui, je suis là. Salut, Anas. Salut, mon ami. Tu as mis tes lunettes ? Oui, je vais les quitter, tiens. Donc, je disais, pour t'introduire, c'est un des camarades avec lequel j'ai eu le plus de plaisir à participer aux grandes gueules. Voilà.
Et il a démontré depuis le début de cette épidémie qu'il n'avait pas sa langue dans sa bouche et qu'il était prêt à ferrailler sur les différents plateaux télé, mais ferrailler, comme nous on dit, ce révolution permanent du bon côté de la barricade pour dénoncer en fait les atrocités, les personnes qui meurent chaque jour dans les différents hôpitaux, mais également qui meurent chez eux. Et avec Jérôme, j'aurais quelques questions, notamment sur celles et ceux qui nous expliquent que parfois il y a des morts type AVC, diabète et autres pour d'autres maladies et du fait du Covid-19, il n'y a pas la possibilité de bien les soigner.
Mais voilà, Jérôme, c'est un de celles et ceux qui gueulent depuis le début les problèmes, notamment dans l'hôpital public. Je disais au début qu'il y avait les différents collectifs interhôpitaux, interurgences, notamment depuis un an et demi, qui ont dénoncé la situation. Mais pour donner un chiffre, par exemple, il faut savoir qu'on a démarré cette épidémie avec 5 000 respirateurs artificiels en France quand l'Allemagne en compte 25 000. Il faut savoir que les premiers cas de Covid-19 sur le sol européen sont au nombre de 3, sont en France au mois de janvier. Le premier décès lié au Covid-19, c'est un monsieur qui décède le 15 février à l'hôpital Bichat.
On est début avril ou la mi-avril quasiment. Oui, on est mi-avril, on est le 13 avril. Il n'y a toujours pas de masque en ombre. On voit encore des vidéos de personnels de la santé qui ouvrent des sachets avec des blouses qui s'effritent. On voit du personnel de la santé qui coupe des sacs poubelles pour pouvoir faire des blouses, etc. Des gens expliquaient à quel point il manque de matériel. Et de l'autre côté, on essaie de temps en temps de nous montrer ces imprimantes 3D qui fabriquent à toute vitesse, etc. Jérôme, salut à toi, mon ami. Comment tu vas ?
Ça va, ça va. Écoute, ça va. On essaie de survivre face à cette crise. Non, comme tu l'as très justement dit, ça a commencé début janvier. L'alerte de l'OMS, c'est le 30 janvier. Mais la première alerte, elle est le 30 décembre. Ensuite, l'OMS alerte au moins une quinzaine de fois tout au long de janvier. Pour finir par l'alerte internationale, donc le 30 janvier. Et manifestement, chez nous, rien n'est fait. Madame Buzyn, qui est alors ministre, nous dit que tout va bien. Tout va bien se passer, les gars. Calmez-vous. On a des masques, on a des stocks. On sait faire face. Il n'y aura pas de problème.
Et puis, on s'aperçoit, on le voit, nous, qui sommes dans la santé, on voit bien que ça tiraille et qu'il manque de matériel autant dans l'hôpital qu'en ville. On voit bien que le nombre de patients commence à augmenter. Et on voit bien que les soignants prennent des risques de plus en plus. Et surtout, on voit qu'on est en train de manquer complètement la phase 1. On rappelle qu'on a mis que des affiches en phase 1. Puis en phase 2, on a envoyé tous les patients à l'hôpital public en chantant complètement la médecine de ville. Or, l'hôpital public n'était pas prêt puisqu'il manquait de moyens de protection. Et probablement qu'on a commencé à contaminer le nombre de soignants.
Et on a vu aujourd'hui, puisque c'est pareil, c'est une courbe exponentielle aussi pour la contamination des soignants, on a vu que maintenant, on pouvait parler de plusieurs milliers, voire dizaines de milliers de soignants contaminés sur les territoires de France, puisque, je te rappelle deux chiffres, il y a 10 jours environ, la PHP parlait de 1.629 soignants contaminés, donc 40% de médecins. Ce chiffre avait été doublé d'un facteur 2,5 en 7 jours. 2,5, ça correspond ni plus ni moins au R0 de la maladie. Tu sais, le R0, c'est la capacité de contamination. Donc, on peut légitimement penser qu'aujourd'hui, environ 10 jours plus tard, on est facilement à 4 000, rien qu'à la PHP.
Si tu rajoutes tous les hôpitaux de Paris, tu vas potentialiser ce chiffre quasi du double. Si tu rajoutes la médecine de ville, tu vas aussi quasi du double et sur le territoire entier. Et là, on ne tient compte, encore une fois, que des soignants de l'hôpital et on n'a que les chiffres parcellaires pour les médecins, mais on ne tient pas compte des infirmières, des pharmaciens, des kinés, des brancardiers, des ambulanciers, de tous ceux qui font le soin, les hôteliers, les ASH, enfin, tout ce qui permet de faire tourner les hôpitaux et tout ce qui permet de faire tourner la médecine de ville.
Donc, on est devant des chiffres qui sont faramineux en termes de contagiosité et on sait que la problématique, c'est qu'on inverse en quelque sorte le rôle des médecins et des soignants puisque si on les contamine, eux-mêmes, quand ils sont vecteurs de la maladie, pendant le temps de la maladie, s'ils développent une forme asymptomatique et on sait que cette pathologie est sournoise parce qu'elle a des formes asymptomatiques ou possy-symptomatiques, c'est-à-dire peu symptomatiques, ils peuvent être amenés, eux, à contaminer leur patient, ce qui est quand même l'inverse de notre rôle. Donc, on nous a mis en danger et ça, les gens le savaient très bien, je veux dire, juste un mot.
Est-ce qu'on vient de laisser,
juste au niveau du personnel
de la santé, Jérôme ? Tu sais à peu près le chiffre ? Non, alors on le demande, on a lancé une pétition, je vous invite à aller sur mon fil tweet et à la signer, on a lancé une pétition pour mettre la pression sur le directeur général de la santé qui ne veut pas donner ce chiffre, qui ne veut pas donner le nombre de soignants contaminés arcant du fait qu'il ne veut pas rentrer dans une comptabilité macabre, ce qui ne veut strictement rien dire, on ne lui demande pas de nous dire combien d'entre nous sont morts, mais combien sont contaminés.
C'est important en termes d'organisation pour les moyens de protection, c'est important en termes d'épidémiologie et puis c'est important en termes de respect vis-à-vis de tous ceux qui s'engagent. Donc, allez signer cette pétition.
Pas de problème, on va la mettre d'ailleurs, je demanderai à certains camarades qui sont un peu dans la régie confinée de ce live, d'aller sur ton Twitter officiel et de relier cette pétition. Moi, j'ai une première question pour toi, Jérôme. C'est quoi ta vision et tes premières réactions sur le discours et l'allocution du président de la République qui avait aujourd'hui la main sur le cœur et qui essaie de rassembler tout le monde. Il y a plusieurs choses.
Si on prend un petit peu la construction du discours, d'abord, au départ, il est revenu sur les problèmes rencontrés, mais il est revenu en ne reconnaissant pas les fautes en quelque sorte puisqu'il nous a dit que l'ensemble des pays avaient connu des pénuries. On sait que c'est faux. On a bien vu que les pays asiatiques avaient très bien réagi et réagi très vite. Il nous a dit qu'ils avaient connu des retards. Non, c'est faux. Il nous a dit que le gouvernement, dès qu'il s'était aperçu, attend, je coupe, j'ai un appel, je coupe, voilà. Je suis toujours là, c'est bon, je ne sais pas si j'ai eu un appel.
Il nous a dit que le gouvernement, dès qu'il s'était aperçu du manque, avait réagi tout de suite. On sait également que c'est faux puisqu'on a vu les errements, notamment sur le ministère Buzyn, où on nous annonçait que tout allait bien et qu'il y avait des stocks. Donc là, déjà, faute, on va dire. Ensuite, il nous a dit, il nous a parlé de l'organisation, donc ce fameux 11 mai, en parlant du début du déconfinement, le 11 mai. Il y a un élément qui nous inquiète à nos médecins, c'est qu'il a annoncé qu'à partir du 11 mai, on testerait tous les patients symptomatiques.
Or, encore une fois, je le dis pour les camarades qui nous écoutent, encore une fois, on sait que dans cette pathologie, elle est sournoise parce qu'il y a une quantité de formes précisément asymptomatiques. Donc, de revenir à tester. Les porteurs sains, les fameux porteurs sains. Voilà, des porteurs sains ou si tu veux, des gens qui ne savent pas qu'ils sont malades et qui ne savent même pas qu'ils guériront, mais qui en attendant contaminent les autres. Donc, le fait de ne pas les tester, ça veut dire ne pas les écarter et ça veut dire que pendant ce temps, l'épidémie continue à se répandre.
Ensuite, on sait très bien, il a annoncé qu'il y a à y avoir une quantité de reprises d'entreprises. On n'est pas du tout sûr qu'à ce moment-là, on sera en capacité de véritablement donner tous les moyens de protection aux salariés. Est-ce que les entreprises, notamment les PME, PMI, vont être en capacité d'organiser les choses pour que les gens soient très protégés ? Est-ce qu'on va pouvoir les protéger dans les transports en commun ? Il nous a annoncé que le port du masque serait certainement rendu obligatoire dans les transports en commun, je veux bien l'entendre, mais est-ce qu'on aura vraiment à ce moment-là les capacités de donner à tout le monde cet outil de protection ?
À l'instant T, je ne saurais y répondre, mais je suis extrêmement circonspect parce qu'on nous a tellement raconté de balivernes depuis le début de cette crise, on nous a tellement promené que la prudence veut qu'on ne soit pas guilleré
et confiant. Je ne sais pas pour toi, mais moi j'ai des petites interrogations et peut-être si toi tu arrives à me répondre. Mais la première chose, c'est que moi, je n'ai pas cru entendre de sa bouche la question de masques FFP2. Or, on sait que par exemple dans bon nombre d'entreprises, et notamment dans la mienne, la SNCF, ou également pour mes camarades de la RATP, c'est des masques type chirurgicaux qui, si ma mémoire est bonne, c'est celui qui a le COVID-19 qui protège en fait, mais ça ne protège pas le porteur du masque du COVID-19 comme avec un masque FFP2. Là, je ne sais pas pour toi si tu as compris que ça allait être des masques FFP2.
Moi, j'ai l'impression que c'est des masques chirurgicaux assez simples et ils parlent même d'une production en France avec les moyens du bord, etc. C'est les masques
alternatifs, c'est-à-dire que ce sont les masques qu'ils ont fabriqués par les entreprises françaises, les couturières, etc. Masques anti-stus souvent qui sont là pour faire un écran, masques anti-sécrétants. Effectivement, ce sont les masques que tu mets pour éviter de contaminer l'extérieur. Il est certain que si tout le monde les porte, on va diminuer quand même largement la charge virale dans les lieux confinés. En plein air, c'est moins important, mais dans les lieux confinés. Par contre, oui, tu soulèves le problème des masques FFP2. Il est quand même prégnant et existant pour tous les soignants actuellement à l'hôpital comme en ville.
On sait que lorsqu'on est en contact avec des patients COVID-19 qui sont donc excrétants de virus en quantité et on sait maintenant qu'il y a une aérosolisation de particules, donc il y a du virus qui est en suspension dans l'air.
Ça veut dire que il y a des moments ou des endroits où il y a de grosses charges virales et là, il y a nécessité à ce que tous les soignants, je dis bien tous les soignants, portent des masques FFP2, donc masques de protection respiratoire, les fameux masques canards et ce n'est pas le cas malheureusement, notamment dans les EHPAD, dans les maisons de retraite, dans les foyers de personnes âgées où il y a malheureusement quantité de patients qui sont porteurs de la maladie et de soignants porteurs et donc des bains viraux très importants et là, il faut qu'on protège nos personnels soignants pour qu'eux-mêmes protègent les pensionnaires et donc, il leur faut des masques FFP2, oui.
Et toi, du coup, ta vision concrètement sur les annonces qui ont été effectuées, c'est quoi exactement sur le 11 mai, sur le retour à la production normale, le retour dans les écoles, etc. Enfin, toi en tant que médecin, c'est… Enfin, moi personnellement, je ne suis pas médecin mais je t'avouerai que ce n'est pas mon anti-macronisme primaire qui fait que je réagis comme ça. Mais enfin, quand je vois qu'en France, on a dépassé, je crois, la barre des 14 000 décès, que c'est tout autour de moi, des amis, des connaissances, des gens, même là, j'ai appris tout à l'heure qu'un ami, il faut que les gens se rendent compte du truc.
Il y a un ami qui est tombé, qui a été mis dans le coma artificiel pour être réanimé suite au COVID-19 et quand il s'est réveillé, sa mère est décédée, c'est-à-dire que sa mère, elle a pris le COVID-19 pendant que lui, il est en…
Imaginez la douleur, la douleur de ce gars-là, en fait, qui s'est retrouvée en réanimation en fait et qui s'est réveillée, on lui a dit « ta mère, elle est déjà décédée depuis quelques jours pendant que toi, tu étais en coma artificiel parce qu'elle-même, en fait, lorsqu'elle était en coma artificiel, elle est décédée et malheureusement, il y a énormément de personnes et notamment dans les quartiers populaires et autres où il y a des gens qui parfois sont retrouvés morts à domicile.
Enfin, moi, je ne sais pas, on est le 14 avril, moi, j'ai du mal à me dire que le 11 mai, je vais retourner chez Ikea et le Roi Merlin et je vais déposer mes gamins le matin au CE1 et je vais rentrer chez moi, tu vois, je ne sais pas.
Il y a plusieurs choses dans ce que tu dis, Anas. Effectivement, d'abord, cette maladie est une vraie saloperie et il y a quantité d'histoires comme ça qui sont des histoires terribles et qui t'ouvrent le cœur. Mais puis, il y a la problématique effectivement des banlieues, des zones qui sont dans la grande difficulté économique, on les connaît toutes et Anas, on sait les difficultés qu'ont les gens qui vivent là qui souvent sont dans des appartements exigus, qui manquent de moyens, qui sont les uns sur les autres, qui n'ont aucun moyen de protection et qu'en plus, on montre du doigt. Ça, c'est terrible parce que ce sont ces zones-là qui paient le plus lourd tribut à la maladie.
D'une part, il y a un réseau sanitaire qui est déjà très affaibli et puis, encore une fois, je te dis, encore une fois, ils ont une espèce de double peine puisqu'ils sont malades et on les accuse de ne pas respecter le confinement. Donc, on est dans le délire le plus total. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, tu disais quel était mon point de vue. Je reviens encore une fois aux moyens de protection. On a vu qu'on nous annonçait que, par exemple, dans les transports en commun, et tu m'en connais quelque chose, dans les transports en commun, à partir du 11 mai, on allait rendre, en quelque sorte, le port du masque obligatoire.
Mais si c'est si important, pourquoi on ne le rend pas aujourd'hui ? Je veux dire, les transports en commun, ils fonctionnent déjà. Donc, aujourd'hui, tu as le droit de prendre des risques et demain, on va te faire porter un masque. Mais non, tu n'as pas le droit de prendre des risques aujourd'hui. Si on accepte et on a diminué le nombre de rames et on a plus de monde dans les transports en commun, ça veut dire qu'il faut que la nation soit en capacité de protéger son peuple et de protéger les gens qui conduisent les rames. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Je ne vois pas pourquoi on le ferait le 11 mai. Je ne sais pas pourquoi on attend un mois. Ça, c'est la première chose.
Je ne comprends pas. Et puis ensuite, pour revenir au test, encore une fois, je ne comprends pas pourquoi on dit de tester que les symptomatiques. Il faut tester tout le monde et qu'on soit en capacité. On est un grand pays. Logiquement, on devrait être en capacité de tester tout le monde. Encore une fois, là, on prend du retard. Tu vois, c'est ces choses-là qui m'inquiètent.
Oui, c'est un discours. En réalité, il a fait le discours qui aurait dû être à la limite celui du 14 mars où on annoncerait déjà qu'il y a des masses qui arrivent et qu'il y a des tests qui vont démarrer. En fait, ils se sont foutus de la gueule des gens. Moi, je le dis et je le répète, mais quand même, ils ont maintenu le premier tour des élections municipales. Quelques jours avant l'annonce du confinement, Emmanuel Macron était au théâtre en disant aux gens de continuer à vivre normalement. On nous a dit que les masques, ça ne servait à rien. Au final, on nous a dit bon, on a dit ça parce qu'en fait, on n'en a pas.
Les tests, il y a eu des laboratoires apparemment qui ont réclamé, qui ont dit laissez-nous tester, laissez-nous aider, etc. Et on leur a dit non, non, non, des technocrates, encore une fois, qui ont fait en sorte de ne pas tester. De l'autre côté, on avait l'Allemagne à côté, la Corée du Sud où il y avait des exemples qui paraissaient probants. Et en fait, aujourd'hui, on a l'impression qu'ils essayent de mettre d'un côté un pansement sur une jambe de bois et en même temps d'essayer la priorité. Moi, vraiment, la priorité que j'ai compris là-dedans, c'est vraiment le côté économique, en fait, d'essayer de retourner au boulot. Et ma question, c'est celle-là, Jérôme.
Est-ce qu'en fait, ils ne sont pas en train de faire un pari qui serait un peu le pari de la roulette russe, un peu, en se disant, bon, peut-être qu'on n'aura pas les 900 morts par 24 heures comme on a pu connaître début de semaine encore en France, mais que si on a les 200, 300 morts par 24 heures et qu'on arrive quand même à continuer à aller bosser, etc., etc., ça passe parce que le prof, moi, je ne vois pas comment ils vont protéger le prof alors que déjà l'infirmier, le médecin, il n'a même pas de moyens. Donc moi, je ne vois pas d'où ils vont sortir, tu vois ce que je veux dire. Est-ce que…
Alors, sur les enfants, un bémol médical sur les enfants, si tu veux, ce qu'on sait maintenant et qu'on ne savait pas au départ, c'est qu'on est revenu, si, on est revenu en quelque sorte au discours qu'on avait au départ. Au départ, on disait que les enfants étaient peu symptomatiques et peu vecteurs de virus. Tu vois, ensuite, on a dit qu'ils étaient peu symptomatiques et très vecteurs de virus, c'est pour ça qu'on a fermé les écoles. Et puis maintenant, l'expérience internationale nous montre qu'effectivement, ils sont peu vecteurs de virus. Donc, ils représentent peu de risques, que tu vois, de contagion. C'est pour ça qu'on rouvre. En fait, jusqu'à 15 ans, tu vois, c'est de 0 à 15.
Mais néanmoins, on ne va pas se tromper, on ne va pas se mentir. Le fait de réouvrir les écoles, c'est aussi pour permettre aux parents d'aller travailler. Il y a quand même cette chose-là qui est en lien, tu vois. Et dans les entreprises, alors je ne pense pas que le gouvernement, tu vois, on peut lui prêter beaucoup de choses, mais je ne pense pas qu'ils jouent, comme tu le dis, qui se satisfassent de 300 morts ou de 400 morts.
Par contre, il y a un rôle important à jouer de la part de tout ce qui est syndicat, de la part de tout ce qui est organisation, tu vois, de salariés et tout, qui va être la surveillance de l'organisation au sein de l'entreprise, des moyens de protection et le droit de retrait s'ils n'y sont pas. Ça, c'est évident. On en a parlé avec Gracia, si tu veux, puisqu'il va être là, je crois, avec vous, ce soir, et je le salue. Dans la région toulousaine, nous, pour le coup, et c'est comme dans d'autres régions, parce qu'on nous parle, c'est un peu le grand guignol, et si tu veux, on nous dit qu'on va autoriser les entreprises à reprendre, il y a quantité d'endroits où elles sont déjà reprises.
Et nous, dans la région toulousaine, l'aérospatiale a repris déjà depuis plusieurs jours, voire semaines, les sous-traitants d'Airbus, tout ce qui est, je n'ai plus le nom en tête maintenant, mais pas, ah, il te le dira, c'est pas qui c'est haut, je ne sais plus quelle organisation, mais quelle grosse boîte a repris.
Et dans les sous-traitants, la problématique, c'est que souvent, eux, c'est des toutes petites boîtes où ils ont 20 salariés, 30 salariés, peu de moyens, et ils ne sont pas en capacité vraiment de mettre en place la distanciation sociale, les protections, qu'est-ce qu'on fait quand il est au moment de l'heure du repas, comment les gens vont manger, à quel endroit, comment ils vont rester, tu vois, puisqu'il n'y a rien d'ouvert, il n'y a pas de restaurant, il n'y a que dalle, comment tu vas être sûr que les gens ne se rapprochent pas, ne prennent pas des risques, toutes ces choses-là sont à surveiller, et je crois qu'il y a un travail commun avec tout ce qui est organisation de salariés et patronat, ensemble, on va essayer de trouver des solutions, et si elles n'y sont pas, c'est droit de retrait.
Et j'ai une dernière question pour toi Jérôme, avant de te laisser filer, j'ai une ennemie, la première, il y a sur Facebook quelqu'un qui te demande, qu'est-ce que vous pensez du gouvernement qui a mis 45 à 100 milliards pour les entreprises et seulement 7 milliards pour l'hôpital ?
Ce que je n'aime pas, tu le sais comme moi, c'est que malheureusement, la santé est gouvernée par le fric depuis des années et des années, c'est Bercy qui est le vrai ministre de la Santé, ce n'est pas le ministre de la Santé, on ne regarde que la santé du côté de sa dépense, on ne regarde absolument pas ce qu'elle amène au pays en tant que richesse, en tant qu'emploi, en tant que soin, tu vois, on ne regarde pas ça et on a toujours cette espèce de raisonnement, cette phrase qui nous tue depuis des années, qui est le fait de dire, tu sais, tout le monde se cache derrière ça en disant, ah oui, la santé n'a pas de prix mais elle a un coût.
Il y en a assez d'entendre ça, il y en a assez d'entendre parler d'efficience, ça fait des années qu'on demande à l'hôpital de faire mieux avec moins, qu'on demande à la ville de faire mieux avec moins, faire mieux avec moins, ça nous amène à la situation actuelle, c'est-à-dire ne pas avoir de masque, ne pas avoir de test, ne pas avoir de soluté hydroalcoolique, ne pas avoir de réactif, ne pas avoir des couvillons, voilà où on en est, ne pas avoir de surblouse, ne pas avoir des surblouses qui se déchirent, ne pas avoir des ARS qui nous filent des circulaires où on nous demande de laver l'eau surblouse, ne pas avoir des ARS qui nous demandent de porter des masques périmés, périmés de 6 mois, puis plus tard périmés de 2 ans, on fait prendre des risques aux personnels soignants, quels qu'ils soient, voilà, c'est ça l'efficience, l'efficience y en a marre, je suis désolé.
Et la demi-question avant de te libérer, si j'arrivais à te donner un peu de pouvoir dans la santé, c'est quoi un peu tes préconisations, qu'est-ce que tu ferais toi pour essayer de diminuer cette épidémie aujourd'hui, c'est quoi un peu les propositions du docteur Marty pour faire en sorte qu'on essaie d'avoir moins de morts et de pouvoir reprendre une vie un peu normale ?
Tu sais, les propositions, on les a lancées nous déjà depuis plusieurs semaines et depuis plusieurs semaines, on avait annoncé que malheureusement, la courbe en Ile-de-France n'allait pas redescendre, mais allait être en plateau. Pourquoi ? Parce que justement, on avait fait sortir les gens trop tôt qu'ils prenaient les transports en commun sans masque, que les gens rentraient chez eux des fois contaminés sans masque non plus et donc contaminaient leur famille, qu'ils allaient travailler dans des entreprises également sans masque et donc non seulement se contaminaient mais également dans les entreprises et puis malheureusement, le premier cluster se contaminait aussi à l'hôpital.
On en a parlé tout à l'heure et c'est les dizaines de milliers de soignants qui sont contaminés et qui eux-mêmes contaminent les autres. Tout ça, donc les propositions qu'on avait et qu'on avait dit au début, impérativement masquaient tout le monde tout de suite à cause de ces fameux porteurs asymptomatiques et puis testaient très vite tout le monde.
Et puis une proposition plus générale, puisque je vois bien que tu me tends un peu la perche, c'est de dire que désormais, il faudra changer complètement la façon de gouverner le soin, qu'il est impératif maintenant d'avoir une gouvernance sanitaire qui va avoir les soignants à l'intérieur et les représentants des patients à l'intérieur et qu'on ait un triptyque comme ça, qui est le triptyque soignant, élu de la profession, patient, mais patient déchargé de l'État, c'est-à-dire qu'actuellement c'est l'État qui subventionne les associations de patients, il faut les libérer de ça.
On peut imaginer que les entreprises paient 1% aux associations de patients comme elles paient 1% à la formation, on les libère à ce moment-là de l'État et puis l'État et chacun avec les mêmes droits et chacun avec un pouvoir d'opposition, ce qui veut dire que le système ne peut avancer que si les trois parties sont d'accord, la partie patiente, la partie soignante et la partie administration. Mais ça, ça impose d'avoir une vraie démocratie sanitaire, d'avoir une démocratie sanitaire mature qui cesse de considérer son peuple comme un enfant et qui cesse de considérer ses soignants comme des enfants. Il y a des choses à faire, tu vois, demain je ne suis pas encore ministre.
Écoute Jérôme, il y a 1 800 personnes sur le live, sur Facebook, il y a énormément de soutien par rapport à ce que tu as dit et notamment pour le personnel de la santé. Moi, je tiens personnellement et également au nom de l'ensemble des camarades de Révolution Permanente te féliciter et féliciter l'ensemble de la profession, l'ensemble des personnels de santé qui sont en première ligne et également les ASH. Les ASH sont celles et ceux qui nettoient et qui font en sorte que les lits, etc., tout soit propre et souvent… Mais tu ne peux pas le passer, oui.
Et notamment, c'est un métier dans lequel il y a de plus en plus d'ouverture en fait à la concurrence et de la précarisation, c'est-à-dire que ce sont parfois des intérimaires et autres qui viennent nettoyer alors qu'avant, c'était des personnes qui faisaient partie intégrante de l'hôpital public, donc une salutation aux ASH et à tout le personnel de la santé. Moi, je le dis et je le répète, on ne peut pas que vous applaudir à 20 heures.
Il va falloir ne pas oublier tout ce que vous avez fait et il va falloir être derrière l'ensemble des camarades du personnel de la santé demain lorsqu'ils taperont du poing sur la table pour aller à l'offensive et réclamer leur dû parce qu'il ne faut pas oublier notamment, toi je sais que tu es médecin libéral mais moi je sais par exemple j'ai des camarades qui sont à la Riboisière à Saint-Antoine et autres qui me disent à Nascenon on est payé l'heure de nuit 1 euro brut.
Il faut savoir qu'on paye une infirmière 1 euro brut pour sauver des vies en fait et qu'à côté il y avait cette biologiste espagnole qui avait dit une phrase magnifique elle avait dit vous nous demandez à nous de trouver un vaccin de trouver un remède alors qu'on est payé 1800 euros et que vous payez 1 million d'euros à un footballeur pendant le mois et bien allez demander à Messi et Ronaldo d'aller vous trouver un remède aujourd'hui dans cette période donc il y a vraiment on voit que celles et ceux qui ont un métier qui est utile et bien au final c'est celles et ceux qui font les moins bien payés je pense que en tout cas cette crise elle révèle réellement ces antagonismes-là entre ceux d'en bas qui gagnent très peu et qui au final sont en première ligne et les autres qui essayent de donner les directives et qui les donnent très très mal au contraire donc voilà il y a énormément de personnes qui te remercient je ne te dis même pas toutes les questions il y avait du docteur Raoult il y avait la chloroquine il y avait le machin plein de choses mais on fera un autre live j'espère ensemble serez-vous avec toi merci énormément Jérôme salut à la salut à tous à très vite camarade salut fais attention à toi oui toi aussi bye voilà chers amis ce live ne fait que commencer et on était avec donc le docteur Jérôme Marti pour celles et ceux qui ont attrapé le live en cours donc Jérôme Marti il est médecin libéral sur la région de Toulouse il est également chroniqueur sur l'émission des grandes gueules là où moi je l'ai connu au début et depuis le début comme je le dis il n'a pas sa langue dans sa poche donc n'hésitez pas à aller sur son lui il a Twitter d'aller sur son Twitter où souvent chaque jour quasiment il fait des petites vidéos des lives et autres pour justement dénoncer la situation je vais demander à mes camarades de me rejoindre là que ça soit Daniela si Daniela est là je vais demander à Philippe également Alcoy à Gaëtan Gracia de se connecter également chers camarades vous êtes 1500 on est en live sur Facebook depuis le logiciel Zoom donc n'hésitez pas à partager ce live sur toutes vos pages Facebook sur toutes les pages Whatsapp et autres sur Twitter et autres restez avec nous il y a notre camarade également qu'on n'a pas encore cité qui s'appelle Arnaud Arnaud c'est la petite main invisible qui choque des questions et autres et qui fait en sorte qu'on essaye de vivre ce live ensemble et d'interagir notamment comme je l'ai fait avec Jérôme Marty et puis si vous avez des questions si vous avez des choses à demander quoi que ce soit il y a notre camarade Arnaud qui est là qui est la petite main invisible et qui va nous remonter les différentes questions donc le temps que les camarades se connectent le temps que les camarades se connectent je ne sais pas si je les vois sur le live on ne les voit pas encore on ne les voit pas encore en live est-ce que Arnaud tu peux juste me dire si on les voit salut Anna on est là salut bah écoutez je vais les présenter un par un et puis on démarre avec Daniela je vous présente donc Daniela Kobe qui est une des membres du comité exécutif du NPA et militante à révolution permanente notre camarade Philippe Alcoy qui est également militant à révolution permanente et qui va avec lequel on va essayer de décrypter notamment ces phrases autour de l'Afrique qu'a sorti Macron mais également de voir la situation aux Etats-Unis qui est l'épicentre de la pandémie aujourd'hui un des pays il faut savoir qu'aux Etats-Unis ils perdent quasiment 1600 à 1700 personnes par période de 24 heures il faut savoir qu'on envoie des gens ce n'est même pas à l'abattoir on les envoie au cimetière directement parce qu'ils n'ont pas les moyens pour pouvoir se soigner alors on leur dit va crever du Covid-19 chez toi avec Philippe on va un peu décrypter la situation Jérôme Martien en a parlé c'est Gaëtan notre camarade Gaëtan Gracia qui est militant révolution permanente également et qui est délégué syndical à la CGT dans les ateliers de Haute-Garonne c'est un sous-traitant de Airbus dans la métallurgie et avec lequel on reviendra notamment sur tous les éléments du discours d'Emmanuel Macron autour de la production non essentielle mais également du fait qu'il appelle tout le monde à travailler et je vais démarrer avec ma camarade Daniela Daniela est-ce que tu peux nous dire tout d'abord c'est quoi toi ta vision on va dire du discours d'Emmanuel Macron entre le discours martial d'Emmanuel Macron du 14 mars où il a dit 7 fois guerre et aujourd'hui où il a dit cette fameuse phrase en référence un peu au Conseil National de la Résistance il a dit nous retrouverons les jours heureux
bonsoir Anas bonsoir à tout le monde bonsoir à l'ensemble des auditeurs bon je pense que la moindre des choses qu'on puisse dire c'est qu'il y a un changement de tonalité dans le discours de Macron je pense néanmoins qu'on aurait tort d'être dupe parce que moi personnellement vous savez à quoi ça m'a fait penser le discours de ce soir un autre discours qu'il a fait à un autre moment de crise dans ce pays c'était le discours du 10 décembre 2018 le moment où le gouvernement a été obligé de tenir compte du mouvement des gilets jaunes et qu'il a fait un discours la main sur le cœur où il regardait les français dans le blanc des yeux où il disait je vous ai compris où il annonçait des mesures pour le mouvement des gilets jaunes et on a vu ce qui s'est passé après c'est à dire le gouvernement il est obligé à un moment donné de tenir compte du fait qu'il n'a pas une autorité gouvernementale pour appliquer sa politique donc il est obligé de faire une certaine démagogie mais dès qu'il reprend à la main on voit ce qu'il a fait derrière c'est à dire que ce soit la répression au mouvement des gilets jaunes avec le nombre des borniers qui s'est poursuivi tout au long de l'année 2019 et ensuite avec le résultat mitigé mais quand même des européennes il a profité pour faire quoi pour lancer une réforme des retraites XXL dans laquelle on était encore en train de se battre au moment où on est tombé dans cette situation de crise sanitaire donc je pense que oui le gouvernement il change la tonalité mais qu'en fait il faut beaucoup se méfier parce que précisément quand on essaye de décrypter son discours de ce soir au-delà des paroles c'est-à-dire des allusions au CNR les jours heureux de dire qu'il respecte les professions les moins payées qui sont là et qui sont sur le front que lui-même il est prêt à se remettre en question dans ce qu'il annonce comme a très bien expliqué le docteur Marty c'est largement loin du compte pour faire face à la situation sanitaire c'est-à-dire ce n'est pas dans un mois qu'on a besoin de masques ce n'est pas dans un mois qu'on a besoin de tests et ce n'est pas que pour les personnes qui présentent les symptômes c'est pour tous ceux qui côtoient les gens qui présentent des symptômes parce que c'est seulement comme ça qu'on arrive à pister le virus il y a véritablement créer une situation qui permette d'isoler les personnes qui sont contaminées qu'ils présentent les symptômes ou non et de cette façon sortir de la situation du confinement là ce que nous annonce le gouvernement la seule mesure réellement claire c'est que d'une part dès maintenant et je pense que Gaëtan va revenir là-dessus les entreprises qui sont déjà en train de fonctionner et de mettre en danger les salariés et l'ensemble de la population parce que c'est des véritables foyers de contamination elles vont continuer à pouvoir tourner donc il n'y a aucune remise en cause de ça mais pire que ça à partir du 11 mai ce sera un retour massif au travail parce qu'il dit qu'à part quelques petits secteurs en gros tous les commerces c'est-à-dire les centres commerciaux c'est-à-dire les transports en commun comme expliquait aussi le docteur Marti etc.
vont reprendre le rythme normal alors même que pour l'instant on n'a aucune garantie que la situation sanitaire sera véritablement arrangée d'ici là et même la mesure qu'il prend par rapport à la question de la réouverture des écoles et des lycées elle n'est pas cohérente parce que si on prend l'argument qui dit le docteur Marti c'est-à-dire en gros que les personnes ne sont pas très contagieuses jusqu'à l'âge de 15 ans donc c'est pas sérieux par exemple d'ouvrir les lycées et pourtant c'est ça que le gouvernement est en train d'annoncer mais c'est une population qui a plus de 15 ans et on a vu qu'il y a eu des cas de contamination y compris de décès de jeunes en fait de parfois 16-17 ans et tout ça va créer une situation où le risque c'est qu'il y ait après cette situation dans certains plateaux où il y a une stabilisation du nombre de morts et moi je suis d'accord avec vous parfois on finit par banaliser on a l'impression maintenant que si on a que 300 morts par jour ça va mais derrière ces chiffres il y a des vies humaines il y a des histoires il y a des personnes qui perdent des proches dans des situations qui sont épouvantables avec parfois même pas la possibilité d'interrer correctement ses proches et donc je pense que c'est inadmissible que de ne pas prendre l'ensemble des mesures qui seraient nécessaires pour limiter au maximum cette situation-là et ce n'est pas ça qui se dégage des mesures concrètes qui sont celles présentées par le gouvernement mais je pense que nous on devrait s'interroger de pourquoi au-delà des annonces qui sont à mon avis loin de compte de pourquoi le gouvernement se voit obligé de changer de ton et je pense qu'il se voit obligé de changer de ton pour la même raison qu'il a été obligé de changer de ton en décembre 2018 c'est-à-dire il prend acte dans certains rapports de force il prend acte par exemple que le discours du MEDEF qui expliquait que c'était aux travailleurs de payer la facture que ça ne passe pas on a eu le plaisir cette semaine de voir des personnages hyper droitiers du régime politique comme même Xavier Bertrand critiquer sur la gauche le discours du MEDEF en disant vous voulez rendre fous les Français c'est-à-dire les gens sont déjà totalement exaspérés ils sont en train de voir que la réponse du gouvernement face à la crise sanitaire n'a pas été à la hauteur et en plus de tout ça vous allez leur dire qu'à la fin c'est à eux de payer la facture de sacrifier leurs vacances leurs congés payés etc.
je pense que le gouvernement en quelque sorte il prend acte du risque que ce hashtag qui dit on n'oubliera pas se transforme dans une grande forme de révanche des classes populaires à l'issue du confinement il essaie de mettre un peu à mon avis les formes pour essayer d'éviter précisément que ceux qui sont aujourd'hui sur le front veulent véritablement passer la facture au gouvernement et que le gouvernement sera fini
en gros ce que tu essaies de dire Daniela c'est que Macron il prend acte un peu de ses faiblesses et notamment du fait que la question de l'unité nationale cette fameuse supercherie qu'est l'unité nationale en réalité ça prend pas il y a notamment un des sondages assez récents qui vient de tomber en fait où Emmanuel Macron notamment il perd 6 points c'est à dire qu'il n'y a plus que 38% de la population qui lui fait plus ou moins confiance pour la gestion sanitaire c'est à dire qu'il y a une majorité de plus en plus écrasante en fait de la population qui ne lui fait pas confiance du tout et donc toi tu parlais du discours du 10 mars du 10 décembre 2018 celui autour des gilets jaunes le discours une semaine après le fameux les gilets jaunes triompheront taguer sur l'arc de triomphe à côté de vérité justice pour Adama et une question simple Daniela en gros le gouvernement il balise sur la situation
ouais moi je pense que le gouvernement et une partie du patronat en fait a une forte crainte que toute cette histoire là se finisse en fait une grosse révolte sociale et je pense qu'ils ont raison parce que la réalité c'est qu'à différence de d'autres pays la crise du coronavirus la crise sanitaire elle n'arrive pas en fait à un moment où en France il ne se passait rien elle arrivait en fait au milieu d'une séquence sociale en fait où précisément après le mouvement des gilets jaunes on commençait à voir en fait une radicalisation d'une fraction en fait importante des travailleurs et des travailleurs en fait qui sont dans des services essentiels comme c'est le cas par exemple des travailleurs des transports nous on a vu avec la force en fait de la grève à l'ERATP et à la CNCF et précisément en fait il y a une forme de continuité c'est à dire les mêmes que jusqu'à hier en fait on accusait d'être des privilégiés et on voulait leur enlever leur retraite en disant en fait qu'il fallait tout niveler par le bas et que c'était des feignants aujourd'hui en fait c'est les héros de la nation qu'on applaudit en fait sous les fenêtres et le problème c'est que quand les travailleurs prennent conscience de deux choses en fait je pense que les travailleurs sont en train de prendre conscience dans le cadre de la crise actuelle la première c'est qu'ils ont une force sociale et que l'utilité de leur travail elle est supérieure à celle en fait de tous les cadres qui pourtant touchent parfois 3, 4, 5 fois plus que les travailleurs en quelque sorte on est en train de vivre une société qui est gérée au jour le jour en fait par les SMICAR ce qu'on voit aujourd'hui être sur le front et faire tourner la société c'est en fait les caissières c'est les conducteurs de métro c'est les conducteurs de train c'est les conducteurs en fait de bus c'est en fait les travailleurs dans les hôpitaux et tous les travailleurs dans les hôpitaux il ne faut pas oublier que dans les hôpitaux il n'y a pas que les médecins et les infirmières il y a les aides-soignantes il y a les travailleuses du nettoyage qui font en fait un travail essentiel pour parfois en fait des cacahuètes et ces gens-là le risque pour le gouvernement c'est qu'ils prennent conscience du fait que c'est eux qui font tourner la société et qu'ils méritent beaucoup mieux que ce que le gouvernement leur a donné jusqu'ici et le deuxième danger c'est que alors que même pendant le mouvement des gilets jaunes il pouvait y avoir une illusion que patrons et travailleurs jouaient en quelque sorte en fait dans le même camp c'est-à-dire que quand ça va bien pour les patrons ça va bien pour les travailleurs aussi là ce qu'on est en train de voir et que beaucoup de travailleurs sont en train de voir c'est que pour les patrons et en particulier pour les grands patrons comme ceux de Airbus de PSA de Renault les patrons du CAC 40 nous les travailleurs on n'est que de la chair à canon eux ils sont tranquilles ils sont planqués dans leur maison de campagne alors que les travailleurs en fait ils sont obligés de se mettre en danger de mettre en danger leurs proches parce qu'ils sont renvoyés en fait au travail dans cette situation-là parce que la priorité du gouvernement quoi qu'ils disent en fait dans ces discours ce n'est pas notre santé c'est l'économie et c'est les profits des capitalistes qui sont derrière son gouvernement c'est ça qu'on est en train de voir
et j'en profite je veux faire réagir notre camarade Philippe notre camarade Philippe sur une des phrases notamment et un peu sur la tournure de la fin de la discussion avant d'avoir notre camarade Marion qui interviendra Marion qui est professeure dans le 93 à Aubert-Villiers et qui va nous donner aussi sa lecture de ce discours d'Emmanuel Macron et notamment du retour dans les écoles le 11 mai Philippe juste une petite question notamment sur le discours il a parlé d'annuler les dettes africaines il a dit nous au final c'était vraiment un discours moi j'ai failli lâcher une larme à quel point il a été très bon très bon acteur et moi c'est ce que je vois un peu dans les commentaires c'est que depuis tout à l'heure ils disent que c'était un théâtre la locution il a dit nous pleurerons les mêmes morts les mêmes morts d'un même virus en parlant notamment de l'Afrique et autres c'est quoi ta vision de cette partie du discours Philippe autour notamment de la situation africaine on peut le dire quand même la France est un des pays les plus impérialistes un pays colonisateur en fait et qui continue qui continue à avoir les mains sur les richesses et l'économie africaine pourquoi d'après toi il se doit là cette fois-ci sur cette allocution de faire référence notamment à l'Afrique alors qu'il en a parlé dans quasiment aucune allocution
oui déjà bonjour à tout le monde bonjour Anas oui effectivement moi je pense que tu as raison en écoutant le discours on avait l'impression que Macron était le président d'une ONG en fait il était en train de faire la charité en train de penser aux plus faibles etc alors que non c'est le président d'une des principales puissances comme tu dis une des principales puissances mondiales mais aussi avec un passé une actualité coloniale et effectivement la phrase fait beaucoup parler parce que Macron il a dit il faut aider l'Afrique donc il faut penser à annuler massivement la dette africaine déjà il n'a pas donné voilà c'est une phrase c'est fort etc mais il n'a pas donné des détails sur ça sur moi on aura j'espère qu'on aura des détails dans les prochains jours prochaines heures mais la réalité c'est que même en allumant une partie de la dette africaine tout est fait en tout cas pour que l'Afrique soit complètement dépendante des puissances occidentales dont la France qui joue un rôle très important dans le sous-développement de l'Afrique aujourd'hui et si aujourd'hui les pays africains se trouvent dans une situation très vulnérable par rapport à cette pandémie c'est en grande partie non en grande partie la responsabilité des pays comme la France et d'autres puissances internationales qui pillent les ressources naturelles qui maintiennent tout le continent africain dans le sous-développement et voilà donc oui effectivement aujourd'hui d'ailleurs le franc CFA de mémoire le franc CFA il est toujours imprimé en France oui effectivement c'est une façon que la France la banque de France a de contrôler les monnaies de plusieurs de ses ex-colonies donc c'est une façon c'est une façon d'enlever de la souveraineté économique à tous ces pays là sans parler que les principales multinationales et entreprises qui interviennent en Afrique sont françaises en tout cas l'Afrique ex-colonie française en tout cas c'est les multinationales françaises et d'autres puissances aussi donc qui maintiennent ces pays dans le sous-développement total et en plus il y a d'autres facteurs importants à dire parce que voilà je pense que Macron il a été obligé là de parler de l'Afrique parce que voilà le virus il est déjà arrivé dans le continent africain que la France a mille liens avec ce continent non seulement par son histoire de colonialisme et encore des dominations du continent mais aussi parce qu'il y a des millions de travailleurs ici en France qui ont de la famille en Afrique qui ont des liens donc oui il y a une inquiétude importante en quelque sorte Macron il ne veut pas que l'épidémie en Afrique devienne aussi un problème politique pour lui ici en France ça c'est une réalité mais aussi il y a une autre chose que je pense qu'il faut dénoncer c'est que la France maintient une présence permanente militaire en Afrique et aujourd'hui si je ne me trompe pas je vais voir un peu les chiffres et on parle des militaires français qui aujourd'hui il y a autour de 3000 cas suspects dans l'armée des françaises qui est déployée partout dans le monde donc dans une partie de la mission de la mission militaire française qui est au Sahel donc ça veut dire quoi que les militaires pourraient aussi être un facteur de contamination de la population et de la population des pays comme au Mali où il y a un respirateur artificiel pour des millions de personnes c'est des pays où il y a une poignée de médecins et de professionnels de la santé pour des millions de personnes donc oui c'est un problème qui se pose
une petite question vite fait Philippe avant de revenir après tout à l'heure dans ce débriefing de revenir après avec toi sur la situation au-delà de l'Afrique mais également j'ai parlé des Etats-Unis mais il y a un pays africain aussi on l'a vu un peu dans les tendances sur Twitter les derniers jours qui a assez ridiculisé notamment la France et on va dire même les grandes puissances il y a un pays qui s'appelle le Maroc qui aussi fait partie du continent africain qui n'est pas non plus un pays un pays très riche et haute et qui est un pays aussi qui a vécu sous l'impérialisme français et qui aujourd'hui a un sort de de de de distinguo en fait entre toutes ces images qu'on a vu au Maroc notamment de désinfection des centres commerciaux de masques des lots de 100 masques à l'équivalent de 8 euros 90 rames où on voit qu'au final le Maroc on a l'impression que le Maroc a donné un peu une certaine leçon notamment il y a des entreprises et autres il y a de la production qui a été gérée pour pouvoir produire des masques c'est quoi un peu ta vision là-dessus sur ces pays un peu soit sous-développés les pays un peu du tiers-monde etc qui aujourd'hui parce qu'on voit les pays où il y a énormément de morts c'est normalement c'est les pays dans lesquels on ne s'attendait pas on ne s'attendait pas du tout à une telle préparation à une telle catastrophe entre l'Italie l'Espagne la France la première puissance mondiale qui est les Etats-Unis et de voir que des pays comme le Maroc ils ont su être peut-être un peu mieux préparés
oui peut-être c'est aussi dû au fait qu'il y a eu moins de cas qu'ils ont fermé rapidement ils ont pris des mesures rapidement pour contenir en tout cas la progression de l'épidémie ça d'une part et le truc que tu dis c'est vrai pour l'instant on est en train de voir que c'est les pays les plus riches au monde qui sont les plus touchés mais ça c'est la première phase on va dire de cette pandémie peut-être bientôt on verra et d'ailleurs l'équateur à Waiakil on voit déjà des images assez catastrophiques des morts dans la rue et on parle l'autre jour je disais c'est 800 morts que les services de la commune ont ramassé dans les maisons on voit des images avec des personnes mortes dans la rue etc.
donc oui pour l'instant certains pays peut-être qui ont pris des mesures arrivent à mieux gérer mais encore ils sont les pays les plus pauvres ils ne sont pas les plus touchés mais il faut attendre et il y a pris une autre chose liée à ça
et plus ça dans le sens des masques notamment autour des masques et des moyens un peu que c'est pas si le Maroc a réussi à produire des masques le pays qui fabrique des drones des TGV des puces électroniques des avions Rafale qui n'arrivent toujours pas à avoir de masques même là dans le discours d'Emmanuel Macron il dit dans trois semaines c'est à dire que c'est encore hypothétique c'est même pas est-ce qu'il y a quelqu'un qui a confiance encore dans Macron tous les jours ils font des allocutions pour dire que les masques arrivaient le lendemain ça se trouve dans trois semaines ils nous diront que ça arrivera encore dans deux semaines c'était plus dans ce sens là en fait de montrer que même un pays comme le Maroc qui n'a pas les moyens qui n'est pas la cinquième puissance mondiale a réussi au final à fabriquer des masques mais c'est vrai que je te rejoins entièrement sur le fait qu'on se dit si vu l'ampleur des dégâts aujourd'hui en Europe avec alors que les hôpitaux que ça soit en France en Allemagne aux Etats-Unis ou autres il y a quand même des moyens techniques même si on peut critiquer le manque de moyens et autres mais par rapport à des pays comme le Congo le Togo le Mali ou d'autres ça va être si ici on est déjà à 14 000 morts si demain ils sont frappés aussi par le virus ça va être une hécatombe en fait oui c'est clair
et un truc que tu n'as pas dit je n'ai pas dit non plus c'est la question qu'au début de la crise la Chine en essayant d'améliorer son image en niveau international a donné des millions de masques à tous les pays du continent africain la Chine a fait des dons des masques et des respirateurs artificiels mais il y a une autre question aussi qui se pose dans ce que tu dis c'est qu'on a vu ces derniers jours que les grandes puissances sont en train de se faire une guerre pour les masques les respirateurs etc.
on parlait la semaine dernière avec des méthodes de piraterie pratiquement où les grandes puissances essayent de rafler littéralement tous les produits nécessaires les produits sanitaires nécessaires à faire face à la crise mais on peut se demander effectivement qu'est-ce qui peut rester si à un moment le Maroc se trouve ou des pays comme le Maroc le Népal le Mali ou d'autres pays encore plus pauvres Haïti qu'est-ce qu'on peut attendre de ces pays si un jour ils arrivent à avoir des besoins des masques des respirateurs et autres ils ont déjà des besoins de ce type mais qui ne pourront pas faire concurrencer vis-à-vis des grandes puissances merci Philippe
pour la petite parenthèse autour de cette phrase de Emmanuel Macron qui a dit on pleurera les mêmes morts d'un même virus en parlant notamment de l'Afrique on va connecter Arnaud si tu peux me connecter notre camarade Marion Marion qui est dans le 93 est-ce que Marion est là ou pas là et notamment avec Marion on va revenir sur cette annonce je pense que c'est l'annonce de la soirée c'est l'annonce de l'allocution lundi 11 mai chers amis sur ce live Révolution Permanente où vous êtes plus de 1100 à presque 23h et je vous invite toutes et tous parce qu'on est encore ensemble on est confinés donc il y a encore un peu de time à partager ce live partout sur Facebook merci énormément pour les commentaires merci énormément pour la force et le soutien que vous nous apportez sachez que Révolution Permanente c'est votre média du bon côté de la barricade on est là ce soir pour vous pour essayer d'écrypter et vous apporter un peu notre vision notre lecture de classe de ce discours d'Emmanuel Macron où il a essayé un peu de vendre du rêve mais nous on va essayer de réveiller tout le monde ce soir et notamment avec Marion qui est prof dans le 93 dans des collèges à Aubertvilliers Marion bonsoir à toi est-ce que tu peux me dire toi en tant que prof c'est quoi cette annonce du 11 mai en fait comment tu l'as tu l'as perçu parce qu'il y a énormément d'enseignantes et d'enseignants dans les commentaires je regarde sur mon sur mon autre téléphone qui sont comme des dingues en fait sur cette annonce du 11 mai
ouais salut Anna salut tout le monde bah en fait c'est un enfin je pense qu'on est tous hallucinés ce soir de cette annonce du 11 mai parce que je sais pas Macron comment il a compris le truc avec sa boule de cristal que le virus allait peut-être mourir le 11 mai mais en tout cas côté prof nous on est scandalisés déjà on pense que c'est un mépris de plus en fait parce que rouvrir les écoles mais pas rouvrir les restaurants pas rouvrir même les universités ça montre que nous en fait on va devoir faire quoi à partir du 11 mai on va devoir faire les garderies c'est ça un peu le délire de Macron c'est comment relancer l'économie en renvoyant les parents du coup au front où les parents travaillent parce que jusqu'alors il y a beaucoup de parents qui doivent rester à la maison pour garder les enfants et ça ça l'emmerde bien Macron et tout le gouvernement et qu'il faut renvoyer absolument les parents travailler et du coup les élèves être gardés donc c'est pas tant dans un souci d'apprentissage que là ils sont en train d'avancer c'est plus dans un souci économique et ça nous on le voit bien on n'est pas dupes et ce qui nous inquiète beaucoup c'est qu'on n'a aucune garantie sanitaire sur le retour en classe enfin je sais pas moi je bosse sur deux établissements une cité scolaire où il y a plus de 1000 élèves et un autre collège où il y a plus de 600 élèves et là dessus en fait les gestes barrières les distances de 1 mètre c'est juste impossible donc peut-être que les élèves ils sont pas symptomatiques mais en tout cas ils sont porteurs du virus et ça va être des vrais foyers de contamination en fait les lieux scolaires quoi et pourquoi en fait ils mettent pas les facs pourquoi les facs ne reprennent pas à partir du 11 mai c'est tout simplement parce que les étudiants ils sont plus vieux ils peuvent se garder tout seuls et du coup ne pas faire courir de risque aux étudiants mais par contre il faut bien que les enfants ils se fassent garder par quelqu'un et en l'occurrence les profs pour que les parents puissent retourner bosser c'est ça un peu
c'est ça la réalité même si on se mettait un peu vite fait dans la peau d'un prof demain le lundi 11 mai enfin il va falloir changer de gant toutes les deux secondes parce qu'un prof entre les poignées de porte des classes les livres les bouquins etc. etc.
qui manipule dans la journée le tableau les feux très hautes enfin à un moment donné parce qu'on va pas demander parce que je le dis et je le répète à celles et ceux qui écoutent mais le problème c'est pas tant les gants si vous mettez des gants en fait et que derrière vous essuyez le visage ou vous touchez le nez c'est comme si vous le touchiez avec votre main donc en fait un prof de main il va faire comment en fait avec des gants à chaque fois qu'il va toucher un marqueur il va changer de gant il va remettre d'autres gants enfin il y a quand même un truc où moi je me suis dit à un moment donné bon allez je vais me faire l'avocat du diable trois secondes et je vais me dire c'est possible mais en réalité c'est impossible on sait pas comment il va faire ça va être pareil pour les salles des profs et autres enfin les moments où les professeurs sont réunis parfois notamment dans le premier degré à savoir les maternelles et autres notamment les parents rentrent et il faut savoir que je sais pas si tout le monde a entendu mais il a dit qu'à partir du 11 mai c'est pas masque obligatoire ils disent que le masque il conseille aux gens de le mettre c'est à dire que tu pourras très bien à partir du 11 mai avoir des parents qui rentrent dans des écoles sans masque sans rien du tout toussé, éternué etc.
peut-être sur le manteau d'un gamin sur je ne sais quoi en fait et c'est quand même assez incroyable en plus il y a des questions un peu à quoi ça sert de faire rentrer des élèves le 11 mai alors qu'on est quasiment à la fin de l'année
non mais voilà c'est vraiment genre juste pour relancer l'économie et faire retourner les profs au charbon parce que comme tu viens de le dire en fait ça va être des vrais foyers de contamination les cours de récré c'est un scandale surtout dans le 93 nous la jauge de l'établissement elle dépasse on est à 600 élèves c'est un établissement qui est prévu pour 400 par exemple sur l'un de mes deux BAU et c'est un cauchemar en vérité les cours de récréation les gamins sont des il n'y a pas de place il n'y a pas d'espace tu disais voilà tu disais les masques et tout mais surtout moi ce qui me scandalise le plus dans les annonces de ce soir c'est la question des dépistages où il dit en fait ne seront dépistés seulement ceux qui ont des symptômes mais en fait on sait que les gamins ils ne montrent pas de symptômes mais par contre ils sont vecteurs du virus donc en fait on va je ne sais pas faire des nids des foyers de virus en fait c'est ça le truc qui va se passer donc nous on veut des vraies garanties pour retourner bosser et aussi pour la sécurité des enfants tout simplement parce que les gamins peut-être qu'ils ne sont pas symptomatiques mais en fait ils vont peut-être ramener le virus chez eux à la fin de la journée les profs quand ils vont bosser ils prennent les transports en commun comme tout le monde donc en fait c'est pareil c'est des endroits on l'a vu récemment qu'à la RATP ce n'est pas du tout nettoyé les normes d'hygiène elles ne sont pas respectées donc en fait je ne vois pas du tout l'intérêt et je ne vois pas c'est quoi cette idée que le 11 mai le virus sera mort non le virus il va continuer à circuler et relancer les écoles parce qu'en fait il ne nous a promis aucune garantie dans tout son discours non seulement pas de dépistage massif alors que c'est ce qu'on demande on ne sait même pas s'il y aura du gel hydroalcoolique on ne sait pas s'il y aura des masques et nous ça fait des années qu'on se bat pour dire qu'en fait les conditions d'accueil des élèves elles ne sont pas aux normes enfin juste les établissements ils sont vétustes ils sont trop petits etc mais là dans une crise sanitaire c'est un délire en fait on ne peut pas en plus notamment
il y a des gens qui font remonter d'ailleurs les cantines ils disent c'est bizarre ils ne vont pas réouvrir les restaurants mais les cantines scolaires elles seront ouvertes parce que les gamins si le parent il va travailler le gamin à 11h30 il n'y a personne qui va lui donner à bouffer s'il n'est pas à la cantine donc les cantines elles vont réouvrir et il y a des cantines enfin je ne sais pas où on met 200 élèves à l'intérieur je ne vois pas comment on peut respecter des gestes barrières enfin il y a pas mal de choses du coup juste pour terminer Marion avec toi en gros c'est l'inquiétude aujourd'hui côté prof tu penses que ça peut réagir comment au niveau de l'éducation nationale et notamment les profs il faut le dire depuis quelque temps ils sont chaud bouillants il y a des collectifs comme les stylos rouges et autres il y a plein de camarades dans l'éducation nationale qui étaient ultra mobilisés contre la réforme des retraites des profs qui étaient sur les différents piquets de grève à la SNCF à la RATP et autres donc et on le dit souvent Jean-Michel Blanquer c'est peut-être le ministre un des ministres sinon le ministre le plus détesté par tout le corps enseignant en réalité qu'aujourd'hui il n'y a aucune confiance en réalité en l'éducation nationale ni même dans les mesures qu'ils vont prendre parce que depuis le début ils vous pipotent donc toi tu penses tu penses quoi un peu de la suite de ce qui pourrait se passer au niveau de l'éducation nationale est-ce que tu penses que ça peut peut-être je ne sais pas débrayer massivement peut-être que l'ensemble des profs de France diront nous le 11 mai ça sera sans nous
oui ça sera sans nous il nous faut des garanties mais surtout on n'a aucune confiance dans un gouvernement qui n'a pas su protéger les soignants qui étaient en première ligne leur fournir le minimum à savoir des masques mais alors nous évidemment qu'on ne peut pas leur faire confiance quand on voit comment ils ont traité la crise sanitaire de A à Z et côté continuité pédagogique ce qu'ils ont fait en fait c'était pas de plan le ministre de l'éducation il nous a envoyé en continuité pédagogique donc là en fait ils disent on sort du confinement parce qu'on ne veut pas accentuer les inégalités entre les élèves les inégalités qu'eux-mêmes ont mis en place en vérité à cause de leurs réformes successives etc donc il faut qu'ils arrêtent un peu de se foutre de nous parce que les inégalités non seulement c'est eux qui les créent c'est eux qui les accentuent et l'école en fait si c'est pour être un foyer de virus de relance du virus c'est pas possible donc nous on veut un minimum de garantie pour retourner travailler pour nous et pour nos élèves et je pense que les parents d'élèves sont dans la même idée et moi je voudrais juste dire un truc à la fin à Nass c'est que cette continuité pédagogique qu'ils nous ont fourni qu'on a dû se démerder tout seul on a dû réinventer nos cours etc ça a créé quoi ?
ça a créé des situations de souffrance chez les élèves des souffrances profondes au point qu'il y a un jeune garçon de 13 ans la semaine dernière qui s'est suicidé qui s'est pendu chez lui parce qu'en fait qui a été donné par l'école donc en vérité on voit quoi ?
on voit qu'ils ne gèrent rien ils n'ont pas géré la continuité pédagogique c'est-à-dire le confinement des profs et des élèves alors on ne leur fait pas confiance pour gérer le déconfinement donc voilà c'est un peu ça le message qu'il faut voir ce soir et l'état d'un jour chez les profs juste un dernier mot c'est oui c'est la colère la colère encore plus quand Sibeth Ndi elle nous dit on ne va pas aller cueillir des fraises ça c'était vraiment la goutte d'eau donc nous on sait qu'on a une année qui a été marquée par le suicide de Christine Renon par la réforme des retraites par un gouvernement qui se fout de notre gueule en permanence et on n'arrêtera pas à lutter et on va se remettre à lutter d'autant plus dès qu'on sera sortis d'ici et aux côtés des personnels soignants parce que le système le système public qu'ils ont détérioré c'est autant côté éducation que côté santé
écoute je te remercie énormément Marion et il y a beaucoup de commentaires de soutien vis-à-vis des profs des enseignants et autres moi je tenais également à saluer tous les enseignants qui depuis le début du confinement en fait n'ont pas arrêté de travailler et notamment pour avoir des camarades autour de nous qui sont également enseignants et qui expliquent la charge de travail mentale et haute ultra importante malgré le confinement parfois même des enseignants qui sont eux-mêmes parents et qui se retrouvent d'un côté à devoir gérer la classe et gérer en même temps leurs enfants, les gamins et comme on le dit si on garde ses enfants on garde ses enfants on ne travaille pas et le problème c'est qu'il y a des enseignants qui ont été obligés et notamment d'autres qui continuent à être dans les écoles à garder les enfants notamment du personnel de la santé également dans les crèches et autres je te remercie énormément Marion et notamment on va enchaîner on va enchaîner dans ce live ensemble pour le temps qui nous reste avec notre camarade Gaëtan Gracia notamment dans cette question centrale que évoque Marion Marion elle évoque une question centrale c'est celle de dire qu'en fait les écoles in fine elles vont réouvrir pour que le boulot y reprenne et toi notamment Gégé tu as lancé toute une bataille notamment dans le secteur de l'aéronautique autour de la question de la production non essentielle autour du fait de dénoncer les 300 000 masques de Airbus pour pouvoir reprendre le boulot etc etc la question moi que je voulais te poser tout d'abord c'est pas tant sur les échanges qu'on a eu tous les deux ensemble sur les précédents live mais c'est c'est quoi ta vision là toi du discours de Emmanuel Macron et notamment autour de la question de la reprise du travail autour de la question de l'économie je sais que toi notamment tu réclames au patron d'ouvrir les livres de compte et on a vu que Macron essayait un peu de tendre la perche un peu dans le sens de dire que voilà ils vont encore faciliter les choses pour les entreprises et on va voir que c'est les salariés et c'est le contribuable comme on dit qui va payer la note
ouais bonjour Anna c'est tous ceux qui sont connectés ouais je vais essayer de dire mon analyse de ce discours qui est franchement ça ressemble à des paroles mais qui sont très loin de la réalité je pense qu'un ouvrier de l'aéronautique ou de l'automobile qui a écouté ce discours doit être halluciné parce que par exemple il te dit le 11 mai on va réouvrir il faudra faire repartir l'industrie mais c'est hallucinant Airbus c'est ouvert depuis 3 semaines Airbus il a réouvert depuis le 23 mars et toutes les entreprises sous-traitantes à sa suite le 24 le 25 mars donc en fait un ouvrier qui entend ça qui est déjà au boulot depuis 3 semaines je pense qu'il aura du mal à avaler le truc de dire on va réouvrir et refaire partie l'industrie le 11 mai ils sont déjà on est déjà au taf ça c'est la première chose la deuxième sur les masques qui dit en plus on va faire le plus d'efforts possible pour avoir des masques pour tout le monde etc mais c'est en fait le patronat de l'aéronautique en lien avec le gouvernement qui a organisé ce qui est en train de devenir le scandale des masques vous avez vu que Airbus en lien avec le gouvernement ils se sont fait passer en catégorie 2 c'est à dire une catégorie soi-disant aussi essentielle que l'agroalimentaire ou l'énergie pour avoir des masques pour avoir en fait des centaines de milliers de masques pour construire des avions qui aujourd'hui ne servent à rien pour livrer des avions à des compagnies aériennes qui aujourd'hui ont leurs avions cloués au sol de toute façon donc ça c'est la réalité c'est loin quand même du discours de Macron qui a éludé cette question vous avez vu qu'à un moment il parlait de la deuxième ligne il a fait toute une liste il a dit l'alimentaire l'énergie etc il n'a pas dit l'automobile l'aéronautique ce sont des trucs non essentiels mais en fait qui sont en train de qui ont réouvert ou sont en train de réouvrir l'automobile
excuse-moi Gégé il a dit interdit à un moment donné il a dit des entreprises interdites en fait c'est incroyable en réalité les entreprises interdites c'était celles qui sont en train de bosser
c'est clair il parle de confinement strict etc mais pour tout ça ça résonne assez salement pour les ouvriers qui sont déjà en fait retournés aux usines même si on est en train de mener la bataille comme tu disais mais il y a beaucoup d'autres choses en fait il a présenté le chômage partiel comme si c'était une grande mesure de protection quand en fait le chômage partiel je vais vous parler de la réalité du terrain ça a été utilisé comme un moyen de pression pour faire reprendre les salariés c'est-à-dire les entreprises mon patron aujourd'hui il n'a toujours pas annoncé s'il y avait le chômage partiel ou pas dans mon usine par exemple et donc il dit ça pour mettre pression c'est-à-dire le patron il dit le chômage partiel je ne suis même pas sûr que ça sera accepté par la directe c'est-à-dire par le ministère du travail et donc peut-être si tu viens bosser au moins tu auras ton salaire tu en es sûr et ça c'est un moyen de pression qui joue en fait sur les gars qui en fait soit ils ne sont même pas sûr que le chômage partiel il soit même si le patron il ne va pas ne pas payer en fait ses ouvriers c'est trop risqué mais en fait il utilise ce discours-là et même si on a le chômage partiel ça représente 84% du net sur 35 heures et tu payes moi je pense que je perds à peu près j'estime autour de 400 euros par mois quelqu'un qui a un crédit les gosses et tout et il réfléchit et j'ai des collègues qui sont retournés au travail même si c'est au volontariat au soi-disant volontariat à cause de ça donc ça c'est aussi du fake en fait dans le discours de Macron un autre truc en fait ce qu'il a dit il a voulu sauver la face des grands industriels il a dit l'industrie s'est mis au service de la résolution de la crise a mis sa production au service mais c'est totalement faux en fait il parle tout le temps de guerre il doit faire le même parallèle qu'il est en train de faire avec la guerre les grands industriels pendant la deuxième guerre mondiale ils ont collaboré et aujourd'hui de la même manière ils collaborent avec la propagation du virus et dans cette guerre en fait qu'il est en train d'expliquer ils collaborent c'est-à-dire les grands industriels ce qui veulent c'est faire repartir l'économie et qu'on fasse en fait des bagnoles des avions mais ils n'ont pas ils n'ont pas reconverti leur production au service de la résolution de la crise au contraire en fait d'une économie de guerre puisqu'on est tout le temps en train de parler de guerre c'est totalement faux nous on a posé la question dans l'aéronautique et en fait ils ne l'ont pas fait il y aurait il y aurait quelques autres choses j'en dis juste une dernière qui me même qui me prend au trip en fait il a parlé que après le 11 mai ceux qui sont malades ceux qui sont fragiles etc eux ils vont rester encore confinés mais ça en fait il y a une hypocrisie derrière ça c'est hallucinant les amis parce que je vous prends mon exemple personnel par exemple mon père il a une leucémie s'il le chope le coronavirus c'est vraiment risqué donc en fait il va dire donc maintenant il est en train de dire à mon père toi tu vas rester confiné tu vas te protéger sauf que mon père il vit avec ma mère et mon frère et eux le 11 mai ils vont retourner taffer au bahut etc donc en fait et ça ça crée quoi ça crée ce que le personnel médical appelle des clusters intra-familiaux ça veut dire dans la famille il y en a un qui est confiné les autres sont obligés d'aller retourner travailler ils vont se contaminer entre eux c'est pour ça en fait que dans le 93 par exemple il y a beaucoup c'est une population très ouvrière qui doit aller bosser qui a été forcée à aller bosser dans des secteurs y compris non essentiels et tout pour ça la propagation du virus elle continue et franchement ça c'est ça c'est la réalité elle est brutalement différente du discours de Macron et après je sais pas je pense qu'il faut j'ai vu aussi qu'il y a des commentaires dans le live qui discutent de qu'est-ce qu'on peut faire qu'est-ce qu'il faut faire et tout je pense que c'est important enfin moi je peux raconter si vous voulez mais je pense que c'est important moi je voulais qu'on réagisse avec
Dany oui moi je voudrais
poser une question en fait à Gaëtan parce que moi j'ai entendu dire en fait que dans certaines entreprises du secteur de l'aéro il commence déjà y compris en fait à faire un gros chantage sur en fait la possibilité que les entreprises ferment il commence déjà en fait à avoir tout un discours larmoyant qu'il faut en fait reprendre il faut en fait assumer des risques parce que sinon ce sera le chômage derrière ici j'ai bien lu en fait sur évolution permanente là cette semaine il y a même une boîte de l'aéro qui a d'ores et déjà en fait commencé à licencier massivement je pense que ça c'est très important parce que je pense que c'est les prochains chapitres là pour l'instant en fait le gouvernement fait son discours fait semblant de privilégier la santé mais on sait en fait que derrière lui celui qui donne véritablement les ordres en fait c'est le MEDEF et que dès qu'ils considéreront qu'il y aura la possibilité en fait de passer à l'offensive ce qui va primer c'est le discours qu'avait le MEDEF encore il y a quelques jours c'est à dire en fait celui qui implique en fait de faire payer lourdement la crise aux travailleurs par le biais en fait de licenciement de fermeture d'entreprise de baisse de salaire et en fait d'une remise en cause qui est déjà à l'ordre du jour de droits élémentaires en fait du mouvement ouvrier comme si en fait la question de la journée légale de travail des congés payés etc etc ouais
moi j'ai et d'ailleurs j'étais très d'accord avec ce que tu disais tout à l'heure sur le fait que ce discours aujourd'hui c'était beaucoup en fait pour se récupérer pour mieux repartir après c'est vrai que le truc des gilets jaunes en fait que tu disais le discours du 10 décembre 2018 où d'ailleurs on a été payé que deux mots parce qu'après il s'en est il s'en est rien suivi mais c'était en fait pour se récupérer dans un moment où il n'avait pas le rapport de force où en fait deux jours avant terre à l'Elysée comme Anas en fait le raconte souvent et pour après en fait voilà nous payer que deux mots mais pas en fait de vraies mesures et là de la même manière en fait il a commencé à dire que voilà on se rend compte que le pays maintenant il tient avec des travailleurs qui sont sous payés on l'avait déjà dit qu'on était sous payés en fait le mouvement des gilets jaunes il a dit ça il a dit beaucoup ça par exemple et effectivement ça se voit on est en train de le sentir dans notre chair qu'on va être on va se prendre des attaques monumentales c'est à dire qu'ils sont déjà en train de les préparer donc comme on voit au niveau national avec les lois on va pouvoir travailler jusqu'à 60 heures sacrifier nos congés et y compris des grandes suppressions d'emplois qui commencent dès maintenant et en fait le truc l'exemple dont tu parlais Daniela c'est du groupe d'AR d'AR en fait vient d'annoncer là sur ces 10 000 salariés qui va supprimer 3 000 postes c'est c'est 1 700 déjà les 1 700 intérimaires ça dégage donc déjà les intérimaires et ça c'est dans beaucoup de boîtes il y a beaucoup de boîtes où les intérimaires leur fin de contrat est arrivée ils n'ont pas été renouvelés pour avoir le chômage partiel donc ça aussi ça peut nous payer de mots mais effectivement il y a des attaques comme ça qui arrivent avec tout un discours sur le risque de faillite Airbus lui-même en fait il est en train de dire non mais on repart très tôt parce qu'il faut sauver les sous-traitants du risque de faillite mais si tu regardes la filière aéronautique c'est un argument qui est hallucinant qui ne tient pas deux minutes la filière aéronautique elle a fait des dizaines de milliards de bénéfices je ne parle pas du chiffre d'affaires de bénéfices qui se sont mis dans leur poche distribuent en fait 10% de dividendes Airbus etc c'est énorme et maintenant ils sont en train de faire semblant que cette année ils ne vont pas distribuer de dividendes ce qui veut dire en fait que les dividendes qu'ils allaient verser ils vont les mettre dans leur fonds propre ça s'appelle et l'année prochaine ils verseront le double de dividendes c'est ça que ça veut dire si on a été coupé on est coupé
on a été bah tiens c'est ta connexion ta connexion elle va se payer pendant que tu parlais de chômage je veux faire réagir Philippe notre américain du Brésil Philippe quand on parle de chômage aujourd'hui la France ce n'est pas le système libéral des Etats-Unis mais quand même lorsqu'on parle de chômage là aux Etats-Unis il y a une situation qui est catastrophique avec plus de 10 millions de chômeurs tu peux nous expliquer un peu rapidement la situation juste pour après derrière relancer Gaëtan sur d'autres sujets
oui en fait ce n'est pas 10 millions Anas c'est 17 millions aujourd'hui depuis trois semaines 17 millions de personnes aux Etats-Unis qui ont perdu leur emploi et ça c'est les personnes qui s'inscrivent à l'équivalent équivalent de Pôle emploi parce qu'il y a tous les salariés qui sont soit sans papier ou quoi qui perdent qui n'apparaissent même pas dans les statistiques mais aussi qui ont perdu l'emploi donc aujourd'hui on parle d'autour de 20% de chômage aux Etats-Unis c'est énorme et il faut savoir comme on le dit souvent mais il faut le répéter c'est qu'aux Etats-Unis il y a très peu de salariés qui peuvent passer Gaëtan expliquait très bien comment le chômage technique et partiel est utilisé pour mettre la pression sur les salariés ici en France et dans d'autres pays européens mais aux Etats-Unis la plupart des salariés n'ont même pas ça n'ont même pas ça et c'est
aux Etats-Unis quand ils sont au chômage aux Etats-Unis peut-être les gens ne le savent pas mais il n'y a pas de protection maladie c'est-à-dire qu'il y a des gens juste pour pouvoir se faire soigner s'ils ont les symptômes du Covid-19 ils vont continuer à travailler plutôt que d'arrêter de bosser parce qu'ils n'ont pas la protection maladie j'ai même vu un reportage il y a quelques jours en fait où ils disent que les gens au chômage ils se connectent pour ne serait-ce que se déclarer ils se connectent sur la plateforme à 4 heures du matin et c'est déjà plein c'est-à-dire qu'il y a des fils parfois même à l'extérieur des fils d'attente sur des kilomètres enfin il y a une situation qui est assez incroyable et moi je voulais que Daniela elle nous donne sa vision là du capitalisme je pense la forme la plus avancée c'est celle des Etats-Unis avec un système où d'un côté tu as des milliardaires avec des villas à Miami et tu as des gens qui encore les événements de la tornade Katrina etc encore des gens qui vivent encore dans la rue et qui aujourd'hui sont en train de crever en fait soit si c'est pas le Covid-19 qui les tue c'est l'argent c'est la nourriture le manque de nourriture et de logement qui va les tuer au fond c'est un peu le capitalisme en réalité qui tue il y a cette phrase que disait Benjamin Amart et on le salue tous qui disait c'est pas le pangolin même si c'est lui qui est responsable c'est pas le pangolin qui tue ces gens là c'est le capitalisme c'est quoi ta vision et ta lecture là-dessus entre ce que dit Gaëtan autour de la situation dans l'aéronautique et Philippe au niveau des Etats-Unis
moi je suis entièrement d'accord avec le raisonnement bien évidemment en fait que le virus il s'est développé en fait pour un certain nombre de raisons où y compris le mode de production capitaliste il n'est pas pour rien là-dedans on sait par exemple en fait que les exploitations agricoles massives et en particulier en fait l'élevage massif massif d'animaux en fait qui est celui en fait du système capitaliste actuel a été un des grands vecteurs de mutation du virus pour qu'il puisse en fait arriver à sa forme actuelle en fait qui est très dangereuse pour l'homme mais au-delà en fait du virus lui-même moi je pense en fait que ce qu'on est en train de voir en fait devant nos yeux c'est la catastrophe en fait d'un système face en fait à la gestion d'une situation sanitaire comme celle-là et que précisément les pays qui ont toujours été présentés comme les grands modèles du système capitaliste comme c'est le cas des États-Unis sont ceux en fait où la crise est en train d'avoir en fait des conséquences ravageuses et qui encore une fois en fait ne touchent pas les différents pans de la population de la même façon tout le monde dit en fait que le virus ne fait pas de différence en fait entre les bourgeois et en fait les prolétaires mais on voit très bien en fait que le niveau d'exposition qu'ils vont avoir en fait les travailleurs qui sont obligés de rester au travail va être tout autre que ceux qui sont planqués dans leur maison secondaire et qu'au-delà même de ça dans des pays où il n'y a pas un système de santé qui est en fait universel et accessible pour tous le fait de ne pas avoir d'argent veut dire dans la situation actuelle que tu peux en fait tout simplement mourir et que personne en fait ne va s'occuper de toi et on voit à quel point dans les États-Unis par ailleurs cette question sociale elle va se recouper avec une question raciale et c'est ce qui va expliquer qu'il y a en fait un indice de mort et en fait de contamination dans la population afro-américaine qui est très supérieur en fait la moyenne du pays mais au-delà de ça le cas des États-Unis en fait c'est peut-être le cas le plus en fait avancé dans certains points de vue parce que c'est un pays où en fait le système de santé est totalement privatisé mais même dans des pays où on a toujours vanté les mérites en fait d'un système de santé qui n'avait rien à voir il y avait même en fait des réalisateurs américains qui faisaient des documentaires comme celui de Michael Moore pour présenter le système de santé français comme un modèle pour les États-Unis on voit que des années et des années de politique austéritère d'une politique comme expliquait très bien en fait le docteur Marty qui privilégie la finance qui pense qu'un lit d'hôpital vide c'est de la perte de l'argent etc.
fait que quand il y a une situation comme celle-là on se retrouve en fait avec un nombre de morts qu'il est inimaginable en fait d'avoir dans un pays qui a toujours en fait eu un des systèmes de santé les plus forts au monde il faut savoir en fait si une partie de ceux qui nous écoutent ne savent pas qu'en fait en 20 ans en France on a supprimé 100 000 lits d'hôpitaux et que ça ça obéissait à des logiques marchandes qui sont celles du capitalisme qui mettent la question des profits et des dépenses par-dessus la question des vies humaines et il y a même quelqu'un qui a fait cette blague qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux qui disait en gros mais qui aurait pu prévoir qu'un jour on aurait besoin de l'hôpital public et bien voilà nous sommes arrivés à une situation où nous avons véritablement besoin de l'hôpital public tel qu'il a été à un moment donné il a été détruit par des gouvernements successifs et donc je pense que d'une certaine façon la crise sanitaire actuelle elle est en train de mettre en lumière le fait que ce système il ne va plus que ce système il va nous conduire à des formes de plus en plus agressives de barbarie à des morts par des milliers et des milliers et qu'en fait il y a une urgence qui est celle de renverser ce système et de ce point de vue là en fait Macron il a beau parler des jours heureux tous ceux qui triment et qui savent quelle est la politique de ce gouvernement savent en fait que la condition pour avoir des jours heureux ça va être en fait de se débarrasser de Macron et de toute sa clique de tous ces patrons qui nous envoient de la chair à canon et qui sont derrière ce gouvernement donc moi je pense que oui il faut commencer à discuter de perspectives parce que j'entends beaucoup de gens dire le jour de la fin du confinement on descendra dans la rue mais c'est pas le jour de la fin du confinement c'est dès maintenant qu'il faut commencer à discuter à s'organiser sur l'évolution permanente on organise ce type de live et là y compris on est en train de lancer des comités virtuels parce qu'on pense que c'est dès maintenant qu'il faut commencer à s'organiser avec les moyens que nous avons c'est-à-dire ceux qui sont sur le front et qui peuvent se mettre en droit de retrait faire grève exiger des conditions dignes qu'ils le fassent et que ceux qui sont confinés commencent dès maintenant à s'organiser et à se préparer pour la bataille qui va être rude parce qu'elle ne va pas être que contre la crise sanitaire elle va être aussi contre les conséquences d'une crise économique donc on veut que nous les travailleurs on soit ceux qui payent les frais
d'ailleurs je vais rebondir avec Gégé tout de suite Gaëtan j'ai l'impression qu'il y avait une vision un peu tu me diras ton ressenti mais avec le truc du confinement des gardes d'enfants des voilà celui qui a un parent proche il peut se mettre en arrêt maladie celui qui a une maladie d'immunodéficience comme on dit peut s'arrêter etc enfin déjà dans le discours de Macron comme on dit si les gens attendaient le père Noël c'est loupé parce que là il ne dit pas il ne dit pas grand chose mis à part les personnes âgées à qui il conseille au maximum de rester chez eux est-ce que toi demain ta vision du retour notamment des collègues qui étaient peut-être en garde d'enfants et que demain ils vont devoir aller déposer leurs gamins devant la classe etc et qu'ils vont aller bosser et qu'ils vont se dire merde moi au final ce n'était pas trop ma préoccupation de choper le Covid mais là je vais le choper est-ce que tu peux nous dire un peu toi c'est quoi les éléments un peu déjà que chez vous vous avez développé très rapidement en fait autour de la question du contrôle ouvrier de le fait d'essayer de détourner les chaînes de production mais également c'est quoi demain qu'est-ce que les ouvriers les travailleuses et travailleurs de ce pays demain ils devront faire parce que la réalité c'est qu'il y a vraiment ce truc de roulette russe parce que avant de te donner la parole il a dit une phrase extraordinaire Macron peut-être qui est passé sous silence et que les gens n'ont pas fait attention mais il a dit la propagation à partir du 11 mai la propagation aura tendance à ralentir il n'a jamais dit en fait c'est-à-dire qu'on était peut-être beaucoup à penser que le vrai déconfinement c'était à zéro cas et qu'en réalité là avec un truc où il ne dit pas zéro cas c'est-à-dire qu'il considère qu'il y aura encore du virus que la propagation ne sera pas peut-être aussi intense que là mais quand même il sait très bien que ça va se propager notamment dans les usines est-ce que toi demain tu es prêt Gaëtan à choper le Covid-19 en étant en train de fabriquer des rivets pour Airbus
ça serait bien que non mais pour te répondre je pense que chez mes collègues et dans l'aéronautique et même au-delà je pense qu'on est de moins en moins à croire au Père Noël de moins en moins à croire en fait aux promesses du gouvernement des patrons etc je trouve que la situation Daniela elle décrivait très bien la situation est-ce qu'on va vers des attaques et des conséquences de plus en plus agressives face à ça je pense que la situation elle pose une question de stratégie est-ce que notre stratégie c'est la collaboration de classe ou la lutte de classe la collaboration de classe c'est ce que nos patrons nous proposent c'est-à-dire en gros si vous faites des sacrifices si vous revenez bosser vite etc peut-être on sera épargné peut-être ça sera en fait l'autre qui va morfler l'autre concurrent une autre entreprise ça revient à ce que nous en fait on fasse un compromis avec le patron peut-être on espère mais ça en fait c'est fini j'aimerais vous en convaincre mais c'est clair comme de l'eau de roche franchement regardez l'exemple de Daher Daher c'est la boîte dans l'aéronautique qui a le moins fermé elle a fermé deux jours il me semble il y a des usines qui n'ont même pas fermé des informations que j'ai et pourtant ils prennent la plus grosse attaque la première attaque d'une telle ampleur dans l'aéronautique ils prennent 3000 suppressions de postes et ça ça va arriver partout mais je le dis parce que c'est important je pense qu'il reste encore des gens qui pensent que face aux grosses attaques qui arrivent peut-être en fait on fait le dos rond et on écoute un peu le patron peut-être on va bosser 60 heures et on lui donne 5 jours de congé et on va être épargné mais là ça n'existe plus même dans l'aéronautique les gens qui pensent que en fait si tu perdais ton emploi tu allais le retrouver parce que l'aéro ça va l'aéro ça va plus il n'y a plus aucun secteur où ça va maintenant ça va être ça va être dévasté sinon on ne se défend pas et du coup c'est ça qui donne le sens à nos revendications sur le contrôle ouvrier etc.
que nous on porte là depuis le début de cette crise qui en fait se déclinent sur différentes revendications la première par rapport aux suppressions d'emplois je pense qu'on doit se battre pour zéro licenciement dans les usines dans lesquelles on est y compris pas usine par usine mais en fait en se coordonnant le plus possible nous dans l'aéro on a coordonné un peu plus d'une vingtaine de syndicats et je salue d'ailleurs le docteur Marty qui nous a donné beaucoup de force à ce moment-là et de visibilité je pense qu'il faut qu'on se coordonne au maximum l'unité la plus totale au-delà des étiquettes syndicales syndiquées, pas syndiquées etc.
beaucoup l'exemple que vous avez fait de la coordination RATP-SNCF en Ile-de-France je pense que c'est un exemple à suivre la deuxième ce que tu disais tout à l'heure on revendique l'ouverture des livres de compte ça veut dire que quand en fait ils prétendent le risque de faillite les difficultés économiques pour nous faire payer à nous la crise nous on dit un ouvrier à qui on dit d'aller risquer sa vie celle de ses proches pour en fait la soi-disant crise économique il a le droit de voir les dividendes le salaire de son patron combien il a cumulé depuis combien de temps et non seulement de son patron mais de la filière aéronautique il y a un ensemble en fait par exemple aujourd'hui mon patron c'est Airbus pour de vrai c'est pas en fait Atelier de la Haute-Garonne c'est Airbus qui dit là maintenant vous retravaillez de la même manière le contrôle ouvrier dont on parle il passe aussi par des comités de contrôle Docteur Marty en fait il avait un peu cette logique là quand il parlait en fait d'un contrôle sur la politique de santé de la même manière en fait les mesures sanitaires on doit les contrôler nous-mêmes nous on a revendiqué aux ateliers de la Haute-Garonne la CGT Atelier de la Haute-Garonne on a revendiqué un comité de contrôle des mesures sanitaires où en fait c'est les élus du CSE plus tout ouvrier qui a envie de mettre son nez dedans et que ce soit un comité qui ait le droit de regard le droit de veto sur toutes ces mesures c'est-à-dire qu'on commence à avoir un contre-pouvoir fort dans l'usine sur le maximum de questions qu'on peut et à mon avis ça c'est quelques revendications on pourrait parler de beaucoup d'autres mais la logique derrière c'est de se préparer à apporter nos propres solutions à la crise et à ne pas laisser les capitalistes imposer les leurs on pourrait dire beaucoup mais comme ça je fais court et je te repasse la parole
Merci d'ailleurs les amis on est dans le quart d'heure le dernier quart d'heure de ce décryptage ce débriefing autour de l'allocution de Macron on avait le docteur Marti tout à l'heure Jérôme Marti qui est médecin libéral sur la région excuse-moi
j'ai oublié un truc vraiment important désolé par rapport à Daer qui est un gros groupe et qui a un rapport de force difficile pour eux on appelle vraiment j'ai vu qu'il y avait un commentaire de quelqu'un de Daer appelez-nous contactez-nous on va relayer tous les témoignages des gens de Daer et il faut qu'on se défende dès cette première attaque on ne laissera pas passer on va salir Daer et c'est comme ça que les autres patrons dans l'aéro aussi ils vont comprendre qu'on ne va pas se laisser faire c'est très important tous les gens de Daer et tout contactez-nous et voilà t'inquiète
j'avais pas prévu on n'a pas terminé restez connectés c'est le quart d'heure je fais une proposition on a eu 1700 je crois c'est mon thème même à 1800 personnes en live il y en a encore 850 il est 23h15 on tient à toutes et tous à vous remercier pour votre assiduité notre force c'est vous comme on dit sans vous nous ne sommes rien et c'est grâce à vous que Révolution Permanente depuis 5 ans maintenant depuis 2015 ça va faire les 5 ans de Révolution Permanente au mois de juin c'est grâce à vous que dans les 10 derniers jours on a fait quasiment 1 million d'entrées et que dans le mois on va dépasser très certainement les 3 millions de visiteurs sur le site de Révolution Permanente pour un site qui ne vit que de la force du bénévolat et de ses militants etc il faut savoir qu'il y a des camarades jeunes des camarades étudiants des camarades précaires et autres des profs des cheminots des agents de la RATP on tient à tous les saluer toutes celles et ceux qui font Révolution Permanente et également si vous voulez être aussi correspondant comme je le dis et je le répète il y a les comités virtuels mais si vous voulez apporter votre pierre à l'édifice à Révolution Permanente dans quoi que ce soit dans des témoignages si vous voyez des choses dans votre boîte n'hésitez pas et notamment c'est le quart d'heure je vais dire à mon camarade Arnaud de prendre un peu de place aussi avec ce quatuor là et de venir un peu intervenir dans le sens des quelques réactions qu'il y a eu durant tout ce live là également de quelques questions peut-être j'ai cru comprendre qu'il y avait des questions notamment pour Daniela Philippe ou Gaëtan voilà
Arnaud tu es là ?
ouais je suis là je suis là un premier truc un truc qui a transparu un peu un absent du débat c'est que c'est dommage que le docteur Marty ne soit plus là mais il y a beaucoup de gens qui posaient des questions par rapport au scandale un peu qui se passe aujourd'hui dans les EHPAD dans tout ce qui se passe dans le traitement médiatique et gouvernemental qu'il y a eu avec ces 700 000 aujourd'hui personnes âgées qui sont dans les EHPAD qui sont des gens effectivement d'une grande faiblesse face au coronavirus que le gouvernement a passé pendant très longtemps il y a eu un blackout complet sur le traitement de ces personnes là et aujourd'hui beaucoup de gens sont sensibles à ces questions au traitement qu'on en fait et ils aimeraient un peu savoir ce que vous en pensez comment vous pouvez réagir face à la gestion un peu gouvernementale des EHPAD
vas-y Daniela
fonce oui moi je pense d'abord avant d'aborder la question des EHPAD moi j'étais très sensible à ce que disait Gaëtan sur la situation des camarades de l'aéronautique peut-être qu'il faudrait en fait qu'on refasse un coup de manifestation virtuelle autour de cette question là contre les licenciements et pour l'interdiction en fait de tout licenciement dans le cadre de la crise actuelle pour ceux qui ne savent pas en fait nous on a été à Révolution Permanente en quelque sorte dans les premiers à lancer le phénomène en fait des manifestations virtuelles sur Twitter autour en fait du hashtag stop production non essentielle je pense en fait qu'il faut qu'on voit comment en fait via Révolution Permanente on se met aussi au service des camarades qui sont là en train d'affronter une situation incroyable imaginée dans la situation actuelle avec la peur la boule au ventre qu'on a en fait de perdre des proches se retrouver avec la nouvelle d'en plus en fait avoir voilà se retrouver au chômage au nombre en fait de plus de 3000 salariés c'est inadmissible je pense que ça mérite en fait une grande campagne politique de l'ensemble en fait de ceux qui se réclament du mouvement ouvrier en fait de la défense des intérêts des travailleurs ensuite sur la question des EHPAD c'est évidemment en fait un scandale moi chaque fois en fait que j'entends ce genre d'information en fait ça me fait mal au cœur en plus je pense en fait à ma mamie à moi en fait qui est loin qui est au Brésil et j'imagine à quel point ça doit être en fait angoissant pour des gens en fait qui ont leur grand-père ou leur grand-mère en fait dans une EHPAD qui se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent pas les visiter et ils savent en fait qu'il va y avoir un grand nombre qui va y passer avec la crise actuelle et c'est en fait juste parce qu'il n'y a pas eu de mesures qui ont été prises c'est évident que si l'ensemble en fait des soignants qui sont dans les EHPAD portaient depuis le début de la crise des masques ils n'auraient pas il n'y aurait pas le niveau de contamination qu'il y a aujourd'hui dans les EHPAD et il y a un tel niveau de mépris qui pendant des semaines et des semaines comme expliquait Arnaud on ne les comptabilisait même pas on ne tenait pas compte d'eux en fait dans les chiffres comme si ces villes-là elles ne comptaient pas parce qu'ils étaient déjà vieux il y a même en fait des gens qui disaient quand quelqu'un en fait a 80 ans il meurt du Covid il ne faut pas considérer qu'il est mort du Covid il faut considérer qu'il est mort parce qu'il fallait qu'il meure parce qu'il était en fait vieux mais en fait ces petits vieux ça pourrait être nos papys à nous ça pourrait être en fait des gens de notre famille auxquels on tient et on sait très bien en fait qu'aujourd'hui on peut très bien vivre en fait jusqu'à 90 ans donc quand on voit qu'en fait on n'entue même plus en fait des personnes de plus de 75 ans et qu'il y a un niveau de contamination qui fait des ravages qui parfois en fait tu as des dizaines et de dizaines de personnes âgées qui sont mortes dans les EHPAD je pense que c'est en fait un des visages les plus clairs et les plus meurtriers de la gestion catastrophique en fait du gouvernement par rapport en fait à la crise sanitaire et j'ai une pensée aussi pour le personnel qui est là et qui continue à être aux côtés des personnes âgées parfois en sachant en fait qu'ils risquent leur vie parce qu'ils n'ont pas en fait d'équipement de protection et qu'ils savent qu'une grande partie des personnes âgées en fait sont d'ores et déjà contaminées mais ils savent en fait que si eux ils ne sont pas là ils vont mourir seuls et donc ils prennent des risques des risques pour leur famille des risques pour leurs proches pour être à côté de ces personnes âgées-là qui sont en fait aujourd'hui parmi les plus exposées en fait à la crise sanitaire actuelle donc effectivement c'était un petit en fait un manque de l'émission et c'est très bien en fait que nos spectateurs en fait aient rappelé ce drame-là parce qu'à mon avis en fait c'est voilà c'est juste inadmissible que dans un pays comme la France où on produit des sous-marins on ne soit pas capable de doter le personnel soignant qui est aux côtés des personnes les plus fragiles qu'on sait depuis le début qu'elles sont les plus fragiles d'un minimum en fait d'outils pour pouvoir en fait protéger ces personnes-là et se protéger soi-même
Arnaud ?
Ouais toujours par ailleurs c'est pas vraiment une question mais c'est aussi pareil quelque chose qui a transparu il y a eu beaucoup de réactions peut-être plus pour Philippe la question mais en fait sur un peu les réactions des éditorialistes et des figures un peu sur ce qui se passait en Afrique et un peu ailleurs il y a eu toute cette polémique sur les Pokémon quand il y a eu un éditorialiste à la télévision qui parlait en fait des milliers de morts et des enterrements qu'il y avait en Chine où pensant être hors antenne il a dit ils sont en train d'enterrer des Pokémon etc qui montrent un mépris énorme pour les autres pays et aussi avec toute cette histoire qu'il y a eu autour des vaccins qui seraient testés avant en Afrique dans des laboratoires français en Afrique et il y a eu évidemment toute une partie de la droite la plus dégueulasse en France qui a rebondi et qui a repris ces informations et beaucoup de spectateurs en fait ont repris ça pendant toute ton intervention et j'aimerais peut-être que tu puisses un peu affiner ces questions maintenant
oui moi je pense que on dit que cette crise est en train d'accentuer en tout cas de montrer les traits les plus pourris en quelque sorte du système et je pense que parmi ces traits là c'est le racisme et on l'a vu là sur la question en Afrique mais aussi au début de la crise autour des Asiatiques parce qu'autour c'était un virus Asiatique mais aussi même dans le traitement on a donné beaucoup moins d'importance à ce que disaient les experts Asiatiques parce que voilà c'est l'Asie c'est la Chine c'est la Corée etc voilà ici on est en Europe on a la science etc donc il y avait un aspect déjà de racisme qui a retardé même la réponse face au virus et évidemment le truc complètement scandaleux c'est cette séquence qu'on passe comme ça en live à la télé pour des millions de personnes en disant puisque les applications sont déjà condamnées on n'a qu'à tester les différents vaccins ou quoi ça montre effectivement ce racisme là qui existe ça accentue la pandémie comme disait Daniela tout à l'heure elle ne met pas égal à tout le monde au contraire ça accentue les inégalités et on l'a vu aussi pour parler des États-Unis comme me demandait Anna tout à l'heure aux États-Unis c'est la population noire et des Latinos qui sont les plus exposés les plus contaminés et ceux qui meurent le plus de coronavirus et ce n'est pas parce qu'il y a quelque chose de génétique chez eux non c'est parce qu'ils sont les plus exposés c'est ceux qui travaillent dans les emplois les plus précaires qui aujourd'hui sont devenus essentiels dans l'alimentation dans le nettoyage et sur ça je voulais dire une petite chose c'est que Macron il passe son temps à dire nos compatriotes et nos contre-patriotes et on rappelait que dans les hôpitaux il y a beaucoup des gens qui font le ménage et parmi ces gens qui font le ménage il y a beaucoup qui ne sont pas français et ça c'est aussi une façon de les invisibiliser ça c'est une façon aussi d'alimenter ce racisme en disant on est tous français non il y a beaucoup des gens qui ne sont pas français et d'ailleurs on n'a rien à faire et qui sont d'ailleurs mais qui travaillent aussi ils font partie de cet effort ils sont en première ligne aussi exposés au virus et voilà donc ça c'est des choses je pense qu'il faut rappeler et qu'il faut dire et qu'il faut dénoncer parce que ça aussi la domination de l'imperialisme sur l'Afrique l'Asie ou l'Amérique latine ne se fait pas qu'autour des questions militaires ou économiques c'est aussi un discours raciste qui est alimenté à chaque instant donc je pense moi aussi je trouve que c'est très important de le rappeler et le dénoncer et aussi montrer l'hypocrisie dans le discours de Macron quand il parle moi je voulais
je voulais réagir aussi en lien avec ce que dit avec ce que dit notamment Philippe la situation notamment dans les quartiers populaires et les banlieues il faut savoir qu'il y a une tribune qu'on a qu'on est plusieurs à avoir initié notamment autour de la situation catastrophique dans les quartiers populaires il faut savoir que le 93 c'est dans cette épidémie de Covid-19 il est en tête quasiment à tous les niveaux c'est à dire en termes de mort comme en termes de répression en termes de contravention moi je suis cheminot et en discussion avec énormément notamment de conducteurs de différentes lignes qui traversent la banlieue et notamment une qui est assez symptomatique c'est le RERD le RERD il passe du nord il fait les quartiers du 93 du 95 ça y est Gare-Charcel Goussinville Villiers-le-Bel Saint-Denis et autres et notamment il y a des camarades conducteurs qui te disent à quel point tu vois la fracture en fait entre le matin les quais qui sont bondés à Saint-Denis etc Gare-Géhaut où tu vas récupérer les prolétaires qui vont travailler dans le bâtiment le nettoyage dans l'agroalimentaire et autres et quand tu arrives dans le fin fond du 77 en fait Corbeil et Haute en fait ce sont des quais parfois vides où il n'y a personne et il y a des camarades notamment dans certaines lignes qui traversent parfois des secteurs très reculés du 77 ils te disent il n'y a personne en fait et c'est pareil à la RATP entre le machiniste de bus dans le 93 et le machiniste dans le sud de la région Île-de-France ou le machiniste qui traverse le 15e ou le 16e arrondissement c'est criant de vérité et il faut savoir que dans le 93 ils ont dénombré plus de 210 morts en fait du Covid-19 c'est le département dans lequel il y a le plus grand nombre de morts et ça c'est sans compter toutes celles et ceux qui sont morts comme disait Daniela des suites peut-être d'un AVC peut-être d'avoir le diabète etc.
Il y a beaucoup de gens comme ça qui meurent et qui ne sont pas comptabilisés les morts à domicile ne sont pas comptabilisés du Covid-19 il y a des morts du Covid-19 qui ne sont pas comptabilisés en banlieue il faut savoir un chiffre qui est important dans le 93 il y a un médecin pour quasiment 80 personnes alors qu'il y a un médecin pour 50 personnes dans le reste de la région parisienne ça montre à quel point qu'il y a une fracture sociale aussi à travers et que cette fracture sociale elle se vit de plus en plus dans le confinement et je le dis et je le répète dans chacun de mes lives les camarades il est inadmissible et ce n'est pas à nous de réclamer la répression pour les gens qui sont en bas pour des personnes pour du confinement ou quoi que ce soit il faut savoir et je voulais avoir un message par rapport à nos camarades sans papier migrants dans les foyers il faut savoir qu'aujourd'hui dans une période de confinement dans les foyers ils sont tétanisés par le fait de sortir il faut savoir que les centres de rétention sont ouverts les centres de rétention pour renvoyer les migrants les sans-papiers en Afrique ou ailleurs sont ouverts c'est-à-dire qu'on a parfois des camarades sans-papiers qui sont sortis de leur foyer pour acheter une baguette ou aller faire des courses et vu qu'on est dans une période de confinement un noir oui ça se voit plus facilement dans une journée en fait où il n'y a pas grand monde autour dans la banlieue et ils se font ils se font attraper par la police ils se font contrôler et ils les renvoient dans des centres de rétention et notamment on a des camarades dans des foyers Sonacotra et autres qui expliquent qu'il y a des sans-papiers qui ne sortent plus depuis deux semaines trois semaines qui n'ont pas de quoi se nourrir et je ne parle même pas là les camarades je vous parle de choses sociales c'est-à-dire je ne parle même pas du volet économique où la plupart travaillent notamment au black dans la restauration parce que c'est une main d'oeuvre facile à exploiter qui se retrouve aujourd'hui notamment avec l'annonce du fait que les restaurants et autres ne vont plus ouvrir ce sont énormément de travailleurs et de travailleurs qui sont au black notamment je pense à la jeunesse les étudiants et autres et notamment les personnes immigrées etc les sans-papiers demain vont se retrouver comme des SDF donc voilà je voulais qu'on ait une pensée et je te repasse la parole Arnaud
ouais pour terminer la dernière question celle qui transparait le plus en fait je pense qu'il y a beaucoup de gens qui sont en colère et qui l'expriment beaucoup dans le chat là à Facebook et ils demandent un peu mais qu'est-ce qu'ils en font de cette colère qu'est-ce qu'on fait maintenant comment on peut gagner cette fois-ci je pense que Gégé il a un peu posé déjà des éléments mais un peu sectoriels et peut-être que vous pouvez plus répondre qu'est-ce que ces gens là qui ont vu un peu tout ce qu'on a pu dire ce soir qui se posent une question simple en fait c'est comment qu'est-ce qu'on peut faire aujourd'hui comment on peut gagner qu'est-ce qu'on peut leur dire Daniela
ou Gaëtan ou à deux voix allez les femmes d'abord vas-y Daniela vas-y
moi je pense c'est un peu ce que je disais dans une intervention précédente je pense en fait qu'il faut arrêter avec cette histoire le jour où on finira le confinement là on va s'occuper d'eux je pense en fait que les choses elles vont se passer différemment et qui dès maintenant comme on voit dans l'exemple de l'aéronautique il y en a qui profitent de la situation du confinement pour pouvoir en fait sortir leur plan d'attaque en fait contre les travailleurs et par ailleurs je ne sais pas si vous avez fait attention à un petit détail de l'intervention de monsieur Macron c'est qu'il dit qu'en fait à partir du 11 mai on aura le droit en fait de s'entasser dans la ligne 13 pour aller charbonner mais par contre il n'y aura toujours pas droit de manifestation et de rassemblement c'est-à-dire qu'ils entendent bien continuer à utiliser cette crise sanitaire pour museler la contestation sociale donc de ce point de vue là moi je pense qu'on aurait tort d'attendre chacun chez soi etc qu'un jour en fait on décrète la fin du confinement pour sortir dans la rue et qu'il va falloir malheureusement qu'on trouve en fait des façons inhabituelles en fait de pouvoir s'organiser je pense que d'une certaine façon la chose qu'on est en train de faire ce soir c'est-à-dire en fait un live qui décrypte ensemble le discours de Macron qui est un discours qui vise en fait à tromper les travailleurs heureusement en fait que les travailleurs ne tombent plus trop dans le panneau c'est en fait voilà c'est de moins en moins crédible que de penser qu'il y aurait cette incarnation du mépris social qu'Emmanuel Macron tout d'un coup en fait se préoccupe du petit peuple d'en bas mais je pense en fait que nous on doit d'une part en fait être aux côtés de ceux en fait qui sont sur le front c'est-à-dire je suis entièrement d'accord avec Anas quand toi tu disais en fait que ça ne suffit pas les applaudissements et qu'il faut soutenir toutes les initiatives les pétitions voire en fait les quelques manifestations qui commencent à exister des travailleurs en fait de la santé qui réclament depuis des années ils criaient les besoins de l'hôpital public et aujourd'hui en fait comme ils avaient annoncé dans cette banderole qui a beaucoup tourné dans les réseaux sociaux on est en train de compter les morts parce qu'en fait on a trop compté l'argent avant et donc je pense en fait qu'il faut que dès maintenant en fait on trouve des moyens de s'organiser et de commencer à discuter en fait de comment on va préparer en fait un affrontement global non seulement contre ce gouvernement mais contre cette classe qui nous méprise en fait et qui est derrière le gouvernement et que ça commence dès maintenant donc nous modestement en fait au niveau de révolution permanente on met cet outil qui est le nôtre en fait et qui comme Anna s'expliquait a beaucoup en fait de visibilité en ce moment on va probablement en fait toucher les 3 millions de vues nous on veut en fait mettre cet outil au service de cette préparation là au service en fait de commencer à s'organiser dès maintenant à s'organiser pour s'informer parce que l'information c'est quelque chose en fait qui sert à préparer les luttes mais aussi en fait de commencer à s'organiser de façon en fait plus régulière et c'est pour ça en fait qu'on est en train de lancer cette initiative qu'on voudrait véritablement en fait que l'ensemble de ceux qui lisent révolution permanente s'en emparent c'est l'idée en fait des comités virtuels de révolution permanente c'est-à-dire comment on commence à s'organiser dès maintenant dans un projet qui est un projet en fait pour renverser ce système capitaliste et en fait l'ensemble de ses agents comme c'est en fait le gouvernement Macron aujourd'hui donc en fait le jour d'après commence maintenant commence maintenant sur le front des entreprises qui essayent d'envoyer les travailleurs en fait au casse-pipe mais commence aussi en fait du point de vue de s'organiser de s'organiser politiquement pour combattre en fait le système capitaliste et en finir avec cette société qui en fait est en train de montrer qu'elle nous mène direct à la barbarie et que pourtant en fait les travailleurs ceux qui font tourner la société pourraient très bien beaucoup mieux la gérer que ces capitalistes en fait et qui nous s'intéressent en fait qu'à leur profit
ça a coupé est-ce que les autres vous êtes là ou pas
moi je suis je sais pas si ça a coupé ouais ça a coupé
moi je suis là mais c'est chez toi Anna c'est un peu là
ouais parce que tout à l'heure en fait je disais que ça avait coupé et les gens sur Facebook disaient que ça avait pas coupé GG donc je pense que c'est toi qui a une connexion merdique c'est ma connexion à moi peut-être
mais vas-y
laisse parler GG
vous plaisantez ou quoi Gaëtan allez le mot de la fin Gaëtan allez t'as une minute
un peu plus s'il te plaît Daniela elle a dit beaucoup de choses sur les perspectives qu'est-ce qu'on peut faire à mon avis c'est pas du tout sectoriel les quelques choses qu'on a proposé là bon déjà il faut voir ce pourquoi on se bat et ensuite comment on veut se battre mais ce pourquoi on se bat moi en fait j'ai pris l'exemple de l'Aéro mais comme un exemple parce que c'est mon expérience concrète mais pour des revendications qui sont bien plus larges quand nous on a revendiqué de donner tous les masques aux soignants c'est pas une revendication sectorielle ou corporatiste c'est une revendication de solidarité avec le personnel de la santé quand on parle d'interdiction des licenciements on parle de mettre notre nez dans les comptes en fait des patrons etc ça c'est des choses qui peuvent être qui ont une logique de contrôle ouvrier qui peut être appliquée en fait pas que dans un secteur nous on est anti-corporatiste clairement donc nos revendications et bien d'autres en fait je vous invite à aller voir sur Révolution Permanente à discuter avec nous etc on n'a pas le temps de tout faire mais ça c'est les revendications que là on a essayé de discuter et ensuite c'est vrai qu'il n'y a pas on n'a pas à attendre le déconfinement pour déjà faire des choses et je pense que pour prendre un seul exemple précis celui qu'elle disait Daniela de faire campagne sur Daher moi je pense que c'est central en fait parce que c'est le meilleur de la tradition du mouvement ouvrier c'est ça en fait c'est que quand tu touches à un c'est comme tu touches à tous et là en fait ils s'attaquent à ceux qui le pensent les plus faibles d'ailleurs Daher en fait qui n'a pas eu trop de rapports de force ils disent vas-y on attaque on supprime 3000 emplois mais nous on a les moyens avec les coques en révolution permanente avec la campagne hashtag qu'on a déjà fait sur stop production non essentielle on est capable de faire plus large etc et surtout si tous les gens qui sont en train de suivre le live ils nous aident à ça c'est-à-dire qu'ils ne sont pas seulement des lecteurs de révolution permanente mais qui nous aident on a la possibilité de salir Daher de les salir les mecs en fait on écrit 14 articles sur eux on fait une campagne que les mecs deviennent célèbres pour en fait l'attaque dégueulasse qu'ils sont en train de faire pendant le confinement et si on fait ça ça va nous aider pour le reste du rapport de force parce que si on fait ça les autres patrons dans l'aéro ou pas dans l'aéro je m'en fous les autres patrons ils vont se dire merde si moi aussi je propose mon plan ils vont me saigner à mon avis ça c'est une perspective concrète et j'appuie beaucoup ce que disait Daniela et je conclue sur ça les comités virtuels qu'on lance c'est pour essayer de discuter plus de vive voix comme ça dans des comités où on sera peut-être 5 peut-être 10 au maximum c'est-à-dire pas dans un live comme ça où on lit des commentaires mais que les gens vous pouvez nous parler nous on va faire un comité de l'aéro les camarades de Daher qui sont intervenus vas-y on se connecte on est 5-10 travailleurs de l'aéro et on pense en fait comment on se met avec les autres cercles virtuels de Révolution Permanente ça c'est un truc très concret les gens qui veulent écrire des articles des témoignages tout ça on se propose de l'organiser que Révolution Permanente soit un organisateur collectif des combats auxquels on essaye de se préparer et qu'on essaie de parler ce soir
Merci Gaëtan et Daniela et Philippe juste pour conclure déjà je tenais à remercier l'ensemble des personnes qui se sont connectées dans ce live et qui nous ont suivi depuis le début dans ce live avec une vision une lecture de classe et un débriefing un décryptage avec notre vision et notre lecture de classe de la situation pour faire cette conclusion j'ai envie de reprendre une expression qu'a dit Emmanuel Macron excusez-moi je ne la trouve pas ah oui il a dit ça sera le début d'une nouvelle étape en parlant du 11 mai et j'ai envie de dire à Emmanuel Macron oui j'espère que ça sera le début d'une nouvelle étape que ça sera le début d'une étape révolutionnaire dans ce pays parce que chers camarades celles et ceux qui nous regardent il n'est pas question d'une taxe pour le carburant il n'est pas question d'une question sur l'assurance chômage sur la réforme des retraites sur la réforme du ferroviaire chers camarades avec cette question du Covid-19 oui même si ce n'est pas le pangolin qui a ramené ce virus ce n'est pas le pangolin qui fait qu'on ait des milliers aujourd'hui en première ligne et des milliers et des milliers partout dans le monde à mourir c'est pour ça qu'on a voulu que dans ce live il y ait une part prépondérante à l'international parce que nous sommes révolutionnaires et nous sommes internationalistes notre sort n'est pas juste de savoir est-ce qu'il y a des respirateurs suffisants à la salle pétrière et à Bicham et on veut savoir aussi la situation au Togo en Équateur au Chili en Corée et ailleurs parce qu'on n'accepte pas nous qu'il y ait des personnes qui meurent pendant que nous on irait bien et en l'occurrence chers camarades comme je le disais il n'est pas question là d'une réforme des retraites d'un système par coin ou de quoi que ce soit il est question d'une chose centrale c'est celle de la vie ou de la mort et aujourd'hui avec ces annonces en tout cas qu'a fait Emmanuel Macron où il a essayé un peu avec un discours qui n'a rien à voir avec le premier qui est un discours martial mais là avec un discours la main sur le cœur de parler de l'Afrique de parler de précarité de parler de celles et ceux qui sont en première ligne et autres oui on le sait il y a l'ensemble des sociologues qui le voient et tout le monde est en train de le voir et notamment ce n'est pas anodin qu'Emmanuel Macron a fait ce discours aujourd'hui tout le monde est en train de voir que cette crise a montré l'ensemble des antagonismes de classe entre celles et ceux qui sont en bas les travailleuses et les travailleurs qui sont en première ligne que ça soit dans la santé l'agroalimentaire la logistique la métallurgie ou autres qui sont en première ligne depuis le début et celles et ceux d'en haut qui essayent de continuer à maîtriser à gérer le pouvoir et qui sont confinés et qui sont comme disait Daniela tout à l'heure planqués dans leur résidence secondaire donc chers amis chers camarades il serait criminel de rendre le bâton au patronat et au gouvernement pour continuer à se faire battre il y a même un article qui parle des gilets jaunes et vous savez sur Révolution Permanente on a même écrit un livre de celles et ceux qui ont soutenu et porté le mouvement des gilets jaunes et oui en l'occurrence c'est aussi une partie des gilets jaunes aujourd'hui parmi les aides-soignantes parmi les caissiers les caissières les caristes et autres mais ils ont toutes et tous bien plus qu'un simple gilet aujourd'hui ils sont toutes et tous parmi les ouvriers les ouvrières à savoir ils sont partie intégrante de la classe ouvrière et je vous le dis et je le répète dans cette période d'instabilité le pouvoir a peur a peur d'une situation révolutionnaire où l'ensemble de la classe ouvrière mais également de la jeunesse se lèverait et se réveillerait à un moment donné pour leur faire payer jusqu'au dernier centime jusqu'au dernier centime et ne pas leur rendre la monnaie tout ce qu'ils ont fait jusqu'à présent les camarades jusqu'au bout sur révolution permanente on réclamera du dépistage massif pour toutes et tous sans distinction et le docteur Marti également l'a dit que c'était n'importe quoi de dépister uniquement les personnes qui seraient qui porteraient des symptômes alors qu'il y a ce qu'on appelle les personnes asymptomatiques ou sinon les porteurs sains comme on les appelle plus simplement jusqu'au bout on réclamera des moyens pour l'ensemble du personnel de la santé suffisants mais également des moyens pour que l'ensemble des prolétaires qui sont en première ligne qui n'ont que leur force de travail pour pouvoir vivre puissent avoir des moyens pour pouvoir se protéger et que tout soit respecté tout soit fait pour que les gestes barrières et autres au moins ils puissent être efficaces je voulais avoir une pensée également pour tous les camarades du transport et notamment nos camarades de la RATP qui ont perdu un quatrième collègue il faut savoir et c'est pour ça qu'on est internationalistes les camarades et c'est pour ça qu'il était important de parler des États-Unis il faut savoir que la RATP new-yorkaise a dénombré plus de 6 000 cas de Covid-19 parmi ses salariés avec non pas 4 décès comme à la RATP mais ils sont déjà à 41 décès les travailleurs la RATP new-yorkaise ils sont déjà à 41 décès et en tant que camarades du ferroviaire je tenais à les saluer et à leur transmettre toutes nos salutations révolutionnaires chers camarades il y a énormément de choses à dire on pourrait continuer jusqu'à 4 heures du matin mais on va s'arrêter là vous êtes encore 700 connectés on tient à toutes et tous à vous remercier si vous découvrez révolution permanente vous cliquez sur la page pour liker etc partager ce live et enfin je terminerai par vous inviter à regarder notre première émission pilote hier du bon côté de la barricade avec plusieurs rubriques un reportage notamment des camarades de la RATP et de la SNCF notre rubrique hashtag un clip également de notre camarade Raph de Toulouse qui a fait un rap autour du Covid-19 une camarade très militante à Left Voice qui est aide-soignante également dans l'hôpital aux Etats-Unis et qui a fait une interview qui est remarquable et qui est bouleversante elle qui est en congé maternité qui a arrêté son congé maternité elle a repris le travail pour pouvoir être soignée les gens mais également dénoncer la situation donc je vous invite à regarder cette émission pilote et à nous apporter vos commentaires et puis on se retrouve toutes et tous dans la prochaine émission qui sera dimanche également et puis j'espère on se retrouvera d'ici là dans un prochain live peut-être avec d'autres formes avec d'autres camarades et autres en tout cas je tiens à vous remercier énormément d'avoir suivi ce live et je vous embrasse et Arnaud
ouais juste n'oubliez pas aussi là dans les messages c'est épinglé rejoignez les comités si vous voulez rejoindre les comités virtuels révolution permanente n'hésitez pas à envoyer un mail pour participer
ok super merci à Daniela merci à Philippe et Gaëtan je vous laisse dire au revoir et puis Arnaud notre régisseur merci pour la gestion de ce live et merci à toutes celles et ceux qui ont participé merci au docteur Marty et merci à notre camarade Marion professeur dans des collèges dans le 93 je vous laisse dire au revoir les amis au revoir merci beaucoup je peux dire un dernier mot
c'est ça pour une prochaine émission ça s'était un plaisir mais je pense qu'il y a un sujet en fait qu'on a manqué il faudra refaire une émission parce qu'on est en train de parler de beaucoup de problèmes dans le mouvement ouvrier et on a le droit de se demander où sont les confédérations syndicales avec tout ça je pense qu'il faudrait revenir là-dessus en fait pour une prochaine émission mais on laisse ça en fait voilà sur la table pour la prochaine émission merci beaucoup la bise en fait à Hanane la bise aux enfants et à bientôt
salut ciao à tout le monde ciao les camarades ciao
salut
Anasse Kazib