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Podcast / conversationLCI — Pourquoi faire compliqué ? (sur Podcast)· 17 février 2026 52 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTravail & emploiNumérique

Nicolas Bouzou face à François Lenglet

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Nicolas, les Français, nous, nous les Français, est-ce que nous sommes nuls en économie ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Les politiques, comment tu jugerais leur niveau en économie ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Au fond, est-ce qu'on a besoin de gens intelligents ?

  • 7:34OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui te rend optimiste aujourd'hui ?

  • 9:06OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui nous apprend sur les bons leviers pour redresser la barre aujourd'hui ?

  • 23:13OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut imaginer aujourd'hui que les Français acceptent cette mesure difficile ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:06Invité politiqueFait
    « la tradition du débat public en France, elle est assez peu portée sur l'économie, elle est beaucoup plus portée sur la politique. »
  • 1:59Invité politiqueFait
    « il n'y a pas de fonds de pension en France, ce qui veut dire que la retraite de nos concitoyens, finalement, a assez peu à voir avec les résultats des entreprises. »
  • 3:58Invité politiqueFait
    « Éric Coquerel, répondant à une de tes collègues sur la question de la taxe Zuckmann, où on voyait bien que le président de la commission des finances, qui est un poste très important, n'avait pas de notion de la différence entre chiffre d'affaires, résultats, etc. »
  • 6:43Invité politiqueFait
    « le général de Gaulle dit, il faut le lire parce que c'est fascinant, les journalistes ont toujours considéré et ont toujours prétendu que je ne m'intéressais pas à l'économie. Et c'est complètement faux, c'est ce qui m'intéressait le plus, à tel point que président de la République, j'y consacrais la moitié de mes journées. »
  • 8:26Invité politiqueFait
    « les progrès extraordinaires de l'intelligence artificielle, de la robotique, des biotechnologies, demain du quantique, ou après-demain du quantique, sont vraiment une promesse de solution à beaucoup de défis qui sont ceux auxquels l'humanité fait face en matière de santé, en matière d'énergie, en matière d'écologie, d'accès à la culture, d'éducation. »
  • 9:44Invité politiqueFait
    « la dégradation du niveau des enfants en mathématiques, la question de l'endettement public, qui, évidemment, est très problématique. »
  • 10:42Invité politiqueFait
    « les temps d'attente aux urgences en France étaient de l'ordre de 7 à 8 heures. Et donc, on voudrait que vous nous expliquiez comment vous faites pour avoir une performance aussi brillante parce que dans beaucoup d'hôpitaux, on est à plus de 30 heures. »
  • 20:12Invité politiqueFait
    « une loi 1867 sur la société anonyme, c'est la constitution de l'entreprise moderne, la sécurisation des entrepreneurs, l'entreprise devient anonyme, donc elle est distincte de son fondateur. »
  • 22:46PrésentateurChiffre
    « On introduit une franchise médicale pour tous les Français. Donc, c'est-à-dire une part qui reste à leur charge lorsqu'ils consomment des soins, 3000 anciens francs. »
  • 23:56Invité politiqueFait
    « beaucoup de réformes assez difficiles ont été faites en France. Alors on a en tête évidemment les réformes des retraites, malheureusement on est revenu dessus mais la réforme précédente a été faite dans la douleur. »
  • 25:56Invité politiqueFait
    « En France, c'est un million de personnes dans la rue ou des centaines de millions de personnes dans la rue pendant quasiment un an et tout est comme ça. »
  • 28:36Invité politiqueFait
    « en 1980, alors même qu'il n'avait vraiment pas de garantie de gagner l'élection, il avait écrit fait écrire préalablement à l'élection les lois de décentralisation et les décrets d'application. »
  • 30:09Invité politiqueFait
    « je critique les normes mais je me conforme aux normes »
  • 31:47Invité politiqueFait
    « moi cette affaire me passionne parce que c'est son aspect systémique et son versant économique »
  • 34:52Invité politiqueChiffre
    « l'indicateur de Robert Schiller est suffisamment haut pour que moi à titre personnel je n'investisse pas en bourse en ce moment »
  • 46:25Invité politiqueFait
    « notre génération peut contribuer à résoudre le réchauffement climatique mais ça ne suffira pas »

Temps de parole

  • Invité politique80 %
  • Présentateur20 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Présentateur

Nicolas Bouzou, bonjour. Bonjour François. Vous êtes, j'allais dire économiste, mais vous n'êtes pas que ça, parce que vous êtes un économiste qui fait souvent des pas de côté, en mettant en résonance, au fond, l'économie avec d'autres disciplines des sciences humaines, l'histoire, la psychologie, c'est ça d'ailleurs qui fait votre originalité. Vous êtes aussi entrepreneur, vous avez fondé un cabinet d'études économique, celui-ci, qui s'appelle Asterès. Bienvenue dans ce podcast qui s'appelle Pourquoi faire compliqué ? Bon, l'idée, c'est d'explorer les blocages français et puis de comprendre comment en sortir. Alors, il y a une tradition, c'est qu'on se tutoie. Est-ce que ça vous va ?

0:42
Invité politique

Ça me va d'autant mieux qu'on peut le dire, on se connaît depuis un certain nombre d'années et nous nous tutoyons dans la vie. Donc je pense que ça ne posera pas de difficultés, ce sera assez intuitif.

0:51
Présentateur

Ça va faire comme dans la vie réelle. Nicolas, les Français, nous, nous les Français, est-ce que nous sommes nuls en économie ?

1:01
Invité politique

Non, je ne dirais pas qu'on est nuls en économie, mais c'est vrai que la tradition du débat public en France, elle est assez peu portée sur l'économie, elle est beaucoup plus portée sur la politique. Et d'ailleurs, il suffit de regarder, on prend la presse écrite, on regarde les titres de presse dans la presse anglo-saxonne, généraliste, américaine encore plus, et on compare aux titres de presse français. Il est clair qu'on va beaucoup plus parler d'économie et surtout de la vie des entreprises dans les pays anglo-saxons plutôt qu'en France. Donc le terme de nul est un peu excessif, mais c'est vrai qu'on a moins cette tradition du débat, qui s'explique sans doute par des raisons historiques.

C'est-à-dire, je pense que la politique est quelque chose qui est très important en France, notamment depuis la Révolution, voilà, puisque le fait historique, sans doute le plus important en France ces derniers siècles, ça a été la Révolution française, que c'est un acte politique absolument fondateur et que, voilà, c'est resté dans la psyché collective. Je pense aussi que pour des raisons, alors là, extrêmement matérielles, concrètes, allez, par exemple, il n'y a pas de fonds de pension en France, ce qui veut dire que la retraite de nos concitoyens, finalement, a assez peu à voir avec les résultats des entreprises. Ce n'est pas du tout ce qui se passe aux Etats-Unis.

Typiquement, aux Etats-Unis, quand la bourse connaît des difficultés, la presse généraliste va tout de suite titrer sur les marchés financiers, sur les entreprises, non pas sous un angle très macro ni très intellectualisant, mais vraiment sous cet angle de, attention, les retraites, etc. Voilà, donc on a une conjonction d'éléments qui font que, cela dit, tu es bien placé pour savoir, et moi aussi d'une certaine façon, que nos concitoyens peuvent s'intéresser à l'économie.

2:37
Présentateur

Je pense que c'est faux, que les Français ne sont pas nuls du tout en économie. Et souvent, les gens avec qui on parle, ils ont une conscience très claire des grands enjeux. Après, tout le monde est un peu double, quoi. Au moment où il faut, justement, économiser sur certaines choses, on dit non, pas tout de suite. Et les politiques, comment tu jugerais leur niveau en économie ? C'est des politiques qui, pour l'essentiel, ne viennent pas du tout du monde de l'entreprise.

3:00
Invité politique

Oui, là, j'ai un regard, surtout en ce moment, on va dire, qui est relativement négatif. Je trouve que la classe politique en France est de très haut niveau, globalement. Elle est très cultivée, très intelligente. Alors, contrairement à ce que pensent beaucoup de nos concitoyens, très honnêtes aussi en moyenne. Donc, je pense vraiment très cultivée. Et d'ailleurs, on a un débat politique, en fait, de haut niveau. Mais pour le coup, en économie, c'est vrai qu'un très grand nombre d'élus connaissent pas les questions économiques. Alors, tu as tout à fait raison, parce que ça ne correspond pas à leur passé.

Aujourd'hui, quand on regarde l'Assemblée nationale, il y a des professions libérales, quand même. Quand même, c'est vrai. Voilà, mais c'est vrai que ça ne correspond pas à leur formation. Et on a vu, notamment, je pense à une séquence que j'ai jugée lunaire. Alors, pardonne-moi, ça n'était pas sur une des chaînes du groupe, mais d'Éric Coquerel, répondant à une de tes collègues sur la question de la taxe Zuckmann, où on voyait bien que le président de la commission des finances, qui est un poste très important, n'avait pas de notion de la différence entre chiffre d'affaires, résultats, etc. Donc, voilà, il y a quand même des problèmes.

Je pense qu'il y a un manque de sensibilité aux questions économiques. Et ce qui m'a le plus frappé et dérangé dans la séquence budgétaire récente, c'est qu'au fond, il n'y avait pas au Parlement de réflexion sur l'impact des mesures budgétaires qui étaient prises. Typiquement, on met en place des taxes sur les très grandes entreprises. On peut parfaitement en discuter, mais en réalité, on n'en discute pas. C'est-à-dire qu'on discute éventuellement du caractère plus ou moins moral de ça, taxer les gros versus les petits, etc. Mais il n'y a pas de réflexion sur l'impact que ça peut avoir sur l'investissement, sur l'emploi, je ne sais quoi.

Donc là, je pense quand même qu'on a un véritable sujet.

4:56
Présentateur

Parce que tu dis qu'elle est intelligente, il n'y a pas de doute, la classe politique. Mais au fond, est-ce qu'on a besoin de gens intelligents ?

5:02
Invité politique

Non, c'est une grande question.

5:03
Présentateur

Parce qu'on n'a pas besoin d'élire ChatGPT, de ce point de vue.

5:08
Invité politique

Celui qui connaît tous les dossiers et qui ne fait pas... Oui, c'est une grande question. Et à l'inverse, moi qui me situe dans une tradition intellectuelle qui est celle du libéralisme, Ronald Reagan a souvent été dénoncé comme étant quelqu'un justement de stupide, de ne pas cultivé. Et je pense qu'il a été un grand président et qu'il a mené une politique. Un garagiste, Pierre Berger-Gauvois, pour prendre un exemple de l'autre côté du spectre politique. Donc je suis d'accord avec ça. Mais de toute façon, moi je pense, et c'est d'ailleurs de là que vient mon engagement dans le débat public, que c'est aussi à nous de mettre l'ambiance.

C'est-à-dire que la politique, c'est évidemment très important, c'est passionnant. Mais en fait, avant la politique, il y a l'ambiance intellectuelle, culturelle, le débat public. Et c'est la raison pour laquelle je consacre une partie de mon temps, alors que ce n'est pas mon métier de base. Toi, tu es journaliste. C'est ton métier d'écrire, d'être sur les plateaux, de parler à la radio. Moi, ça n'est pas le mien. Je fais ça en plus, en quelque sorte. Mais j'ai toujours considéré que c'était très important, parce que je pense qu'il faut acclimater le débat public en permanence à ces questions économiques. Alors, juste un tout petit mot, parce que ça m'a passionné.

Il se trouve que pour le livre que je viens de sortir, j'ai lu ce que je n'avais, je vais être très franc avec toi, jamais fait malheureusement, c'est-à-dire la totalité des mémoires du général de Gaulle. Et dans les mémoires d'espoir qu'il a écrites après avoir quitté l'Élysée, le troisième chapitre porte sur l'économie. De mémoire, le premier doit être sur les institutions, le deuxième sur l'Algérie, où c'est l'inverse, je ne sais plus. Et le troisième est sur l'économie. Et en fait, le général de Gaulle dit, il faut le lire parce que c'est fascinant, les journalistes ont toujours considéré et ont toujours prétendu que je ne m'intéressais pas à l'économie.

Et c'est complètement faux, c'est ce qui m'intéressait le plus, à tel point que président de la République, j'y consacrais la moitié de mes journées, parce que j'ai toujours considéré que la France ne pouvait être grande et puissante que si elle avait une économie prospère, qui fonctionnait bien. Et donc, je recevais des dirigeants d'entreprise, je recevais des scientifiques, etc. Alors, j'ai trouvé ça absolument passionnant parce qu'il remet les choses dans le bon ordre. C'est-à-dire que l'économie n'est peut-être pas une fin en soi, mais pour un pays qui a de grandes ambitions, c'est un socle qu'il est absolument nécessaire de comprendre, même quand on est le général de Gaulle.

7:34
Présentateur

Alors, tu veux quel livre que tu viens de publier ? Ça s'appelle L'éternel sursaut. C'est une chronique de l'histoire française où tu sélectionnes bon nombre de moments sur plusieurs millénaires et où tu montres que finalement, quand ça va mal, on n'est jamais si près de la Renaissance. Un économiste optimiste, j'ai jamais vu ça, c'est comme un boucher végétarien, c'est presque antinomique. Qu'est-ce qui te rend optimiste aujourd'hui ?

8:04
Invité politique

Très honnêtement, je ne me force pas. Bon, je pense très honnêtement, mais ça, ça n'intéresse personne, que je suis plutôt une bonne nature spontanément. Mais au-delà de ça, j'y crois. C'est-à-dire qu'en fait... Alors, j'y crois à deux titres. Déjà, je pense, sans parler de la France, qu'on vit une période qui est absolument passionnante, mais qui peut potentiellement être fabuleuse.

Parce que je pense vraiment que les progrès extraordinaires de l'intelligence artificielle, de la robotique, des biotechnologies, demain du quantique, ou après-demain du quantique, sont vraiment une promesse de solution à beaucoup de défis qui sont ceux auxquels l'humanité fait face en matière de santé, en matière d'énergie, en matière d'écologie, d'accès à la culture, d'éducation. Donc, je crois vraiment à ça. Et je pense même, ça peut sembler être une provocation, mais qu'en réalité, ces 20 prochaines années peuvent être un âge d'or extraordinaire de l'humanité.

9:00
Présentateur

On n'est pas loin d'une nouvelle belle époque. Tu la dates même, dans ton livre. Tu dis 2030. Alors, c'est vrai que quand on voit l'état de la France aujourd'hui, il ne s'agit pas de se décrier, ni non plus de noircir le tableau, mais les indicateurs objectifs, le niveau de vie des Français par rapport à la moyenne européenne, le classement du système éducatif français par rapport à l'ensemble des pays de l'OCDE, le sentiment qu'on a tous, quand on va aux urgences à l'hôpital, que c'est de plus en plus compliqué. Enfin, il y a un sentiment de déclin dans ce pays. Oui.

9:31
Invité politique

Alors, je voudrais dire deux choses par rapport à ça. D'une part, il y a beaucoup de problèmes dans notre pays. On peut en citer plein. On pourrait y passer toute notre conversation. La dégradation du niveau des enfants en mathématiques, la question de l'endettement public, qui, évidemment, est très problématique. Le fait que nos performances en termes de croissance n'ont pas été très bonnes ces dernières années et que ça ait aujourd'hui un impact sur les salaires, par exemple, donc quelque chose de tout à fait concret. Tout ça est parfaitement vrai. Je mets deux nuances. C'est très impopulaire, ce que je fais, parce qu'évidemment, tout le monde a envie d'entendre dire que tout s'effondre.

Première nuance, j'y pense parce que tu évoques la question des urgences hospitalières. Ça ne va pas du tout, les urgences hospitalières en France. Beaucoup d'entre nous ont fait cette expérience récemment ou leurs proches. Il y a d'énormes problèmes. C'est vrai aussi ailleurs. Je trouve que ma fille vit au Canada. J'y vais beaucoup. Et la dernière fois, les Canadiens viennent me voir parce que j'avais fait un peu de médias aussi. Et ils me disent, voilà, monsieur Bouzou, il faut absolument qu'on vous parle. On est très content d'avoir un Français parce qu'on voudrait vous parler des urgences hospitalières au Québec. J'en dis, écoutez, très bien.

Mais enfin, vous savez, ils me disent, voilà, on a vu, on sait que vous vous intéressez aux questions d'économie de santé. On a vu que les temps d'attente aux urgences en France étaient de l'ordre de 7 à 8 heures. Et donc, on voudrait que vous nous expliquiez comment vous faites pour avoir une performance aussi brillante parce que dans beaucoup d'hôpitaux, on est à plus de 30 heures. Et donc, expliquez-nous ça. Bon, je dis ça parce que les urgences, évidemment, quand on y va, c'est un énorme problème.

Mais ce que je veux dire, c'est que ce sont des problèmes qui sont compliqués et que ce n'est pas un simple changement de gouvernement, de président ou tout ce qu'on veut qui va résoudre ça du jour au lendemain. C'est un problème difficile, première chose. Deuxième chose, la France, en effet, a des difficultés, notamment du point de vue économique, mais elle ne s'effondre pas. On a un peu de croissance économique, on a un tissu d'entreprise qui reste encore très dense, qui est présent sur tout le territoire, dans beaucoup de secteurs. Et mon analyse des choses, c'est plutôt une analyse en termes de frustration. C'est-à-dire que je trouve que la France pourrait faire, en fait, beaucoup mieux.

Et c'est ça, je trouve, le sujet, peut-être, qu'on devrait traiter. La France pourrait faire beaucoup mieux parce qu'en fait, ce moteur entrepreneurial, il est bridé, il est petit, mais il existe. Tu as beaucoup suivi, je m'en souviens, on en parlait à l'époque, la situation économique des pays du sud de l'Europe quand il y avait la crise, ou de la Grèce. La situation de la Grèce était vraiment une situation critique parce qu'il n'y avait pas un tissu d'entreprise extrêmement dense, pas dans beaucoup de secteurs, l'État ne fonctionnait pas, il y avait de la corruption, etc. Enfin, je veux dire, c'était des sujets majeurs.

La France, mon sentiment, c'est en réalité que les changements qu'on a à faire, les réformes qu'on a à faire sont tout à fait à notre portée pour faire en sorte que les choses s'améliorent. Et donc ça aussi, en fait, ça me rend relativement confiant dans l'avenir. Je me dis vraiment, on pourra rentrer dans les détails si ça t'intéresse, mais il suffirait de pas grand-chose pour que le pays retrouve vraiment beaucoup de dynamisme du point de vue économique. Et donc, pour répondre complètement à ta question, oui, je suis aussi relativement confiant sur l'avenir de la France.

12:42
Présentateur

Tu évoques les pays d'Europe du Sud. La différence, quand même, c'est qu'ils ont fait l'expérience de la crise. Oui. Une crise dure. Tu évoquais la Grèce, mais on pourrait parler du Portugal, de l'Espagne aussi, qui a expérimenté vraiment, disons, qui a touché le mur, au fond. Ce que nous n'avons pas touché. Est-ce qu'il faut forcément passer par une crise pour renaître et taper du talon sur le fond de la piscine ?

13:09
Invité politique

Oui, mais justement, moi, je ne conçois pas mon rôle comme quelqu'un qui vient s'exprimer en public pour dire qu'il faut qu'on ait une bonne crise parce que c'est comme ça qu'on va remonter. Ça se passera peut-être comme ça. J'en sais rien. Mais moi, je ne peux pas dire ça. Voilà, donc je pense au-delà de ça qu'il y a une espèce de fierté française qui m'amène à penser que la prise de conscience peut se faire avant la crise. Tu as raison. Portugal, Espagne, en fait, on a réussi à faire des consensus politiques autour de la réduction des déficits publics. Par exemple, ça a été très net au Portugal parce qu'il y avait eu cette expérience matérielle de la crise.

Donc évidemment, quand la question, c'est comment on va trouver de l'argent pour payer les retraites à la fin du mois, oui, ça facilite le consensus politique. Bien évidemment. En France, on n'a pas ça. D'ailleurs, pour beaucoup de raisons, je ne suis pas sûr qu'on arrive à ça parce que c'est un grand pays, parce que les marchés quand même continuent de nous faire, même si ça se dégrade, parce que la Banque Centrale Européenne, exactement, la Banque Centrale Européenne, je ne vais pas rentrer dans des détails trop techniques, mais donc je ne suis pas sûr qu'on arrive à une situation critique.

Mais en revanche, on a une situation en matière de finance publique qui est très mauvaise et qu'il faut régler. Mais je pense qu'il peut y avoir une prise de conscience. Et moi, deux événements que j'ai trouvés quand même tout à fait passionnants, j'y reviens il y a un an et demi, mais ça a été Notre-Dame et les Jeux Olympiques. Parce que Notre-Dame et les Jeux Olympiques, qu'est-ce qui s'est passé ? Quand on regarde les choses attentivement, on a fait des lois d'exception au Parlement.

Alors c'est automatique pour les Jeux Olympiques, mais on a fait la même chose pour Notre-Dame pour simplifier en fait tout ce qui est un peu problématique pour les entreprises dans le cours normal des choses. Donc on a fait des lois de simplification. On a dit aux gens « Allez trouver de l'argent privé » parce que l'argent public, il n'y en a plus. Donc allez voir des grandes entreprises pour faire financer Notre-Dame et les Jeux Olympiques. Et puis on a donné un très grand projet aux Français. Parce que la France, c'est quelque chose que j'essaie de détailler, est un pays assez particulier. C'est un pays par nature, depuis l'origine en fait. C'est un pays qui est conflictuel.

C'est pour ça qu'on est le pays des hauts et des bas. C'est que cette énergie qu'on a en nous, si elle n'est pas canalisée, elle devient conflictuelle. Si elle est canalisée par des projets, elle sert vraiment le pays et le meilleur. Et c'est ce qu'on a vu à ce moment-là. Donc pour moi, ce n'est pas des anecdotes en réalité ce qui s'est passé, le fait qu'on a impressionné le monde grosso modo. Et on l'a fait pour le coup, tout simplement, parce qu'on a voulu le faire. Donc tu vois, je ne suis pas sûr qu'on ait besoin d'une crise pour se ressaisir et pour faire des choses grandioses.

15:42
Présentateur

Oui, alors c'est vrai que c'était deux réussites ponctuelles qu'on a mis les moyens. Ce qui est frappant, effectivement, c'est qu'on est sortis des procédures habituelles de l'absurdistan français. On a créé une espèce de voie accélérée. Bon, super. Mais tout ça se déroule sur fond de quinquennats complètement ratés. Oui. Enfin, à cette date. Oui. On ne sait pas ce qui peut se passer dans les 18 mois. Disons, depuis la réélection d'Emmanuel Macron, il ne se passe rien à part la montée de la dette.

Donc, c'est là où on se dit bon, on a concentré notre énergie, oui, mais sur les sujets, je dirais, fondamentaux qui peuvent impacter la vie des Français et pas seulement leur image à l'étranger, on a plutôt régressé.

16:23
Invité politique

Je ne dirais pas qu'il ne se passe rien, en fait. Il ne se passe rien politiquement, mais quand on regarde l'économie, il se passe beaucoup de choses. Et moi, ce qui me frappe de plus en plus, justement, c'est qu'il y a encore un an, un an et demi, tu es bien placé pour le savoir, tous les responsables d'entreprise, les fédérations professionnelles, les représentations patronales disaient, mais on n'en peut plus de cette incertitude, ça nous bloque, etc. On est tétanisé, on ne fait rien.

Et je ne sais pas ce que tu en penses, mais je trouve que le discours a évolué et qu'aujourd'hui, c'est plutôt, alors ce qui n'est pas rassurant à certains égards, mais c'est plutôt, bon, on regarde à peine, France pense, ce qui se passe et nous, on fait notre vie. Mais donc, il continue de se passer des choses. La France est un pays qui est relativement attractif, il y a quand même toujours beaucoup de créations d'entreprises, on a beaucoup d'innovations pour y revenir, mais beaucoup d'innovations en France, et en fait, c'est l'histoire de France, mais on en a beaucoup en ce moment. Donc, je ne dirais pas qu'il ne se passe rien en France.

En revanche, oui, sur le plan des politiques économiques, là, évidemment, il ne se passe rien et de toute façon, c'est assez simple. Tout ce qu'on ne fait pas aujourd'hui, par exemple, en matière de finances publiques, pour moi, il y a deux grands sujets qui sont les finances publiques et la simplification. Ce qu'on ne fait pas sur ces sujets, de toute façon, on sera obligé de le faire de façon plus efficace, plus brutale après 2027. Mais si ça ne se fait pas en 2027, il faudra le faire plus tard. Donc, on perd du temps.

17:46
Présentateur

Dans ton livre, tu parles notamment d'Azincourt, tu en fais un peu la matrice de la défaite française pendant la guerre de Cent Ans, les Britanniques nous aplatissent, on est battus vraiment à plate couture. Alors, il y a Azincourt, il y a bien sûr 40, qui est aussi resté dans la mémoire collective comme finalement la défaite terrible. Un peu auparavant, il y a Sedan, qui est aussi au bout de six semaines, la défaite et puis l'empereur en captivité. Mais, tu dis, à chaque fois, et j'ai encore en tête ce que tu dis sur Sedan, 20 ans après, la France fait l'admiration du monde parce qu'elle est à la pointe des technologies, sur l'aéronautique, sur la voiture.

L'exposition universelle intervient un peu de temps après et on retrouve une France brillante et efficace. Qu'est-ce que ça nous apprend sur les bons leviers pour redresser la barre aujourd'hui ?

18:41
Invité politique

Oui.

Je pense qu'on est vraiment au cœur du sujet parce que, donc, en effet, cette période à partir de 1870, c'est une période incroyable où tout s'enchaîne pour le pire parce qu'il y a Sedan, la chute de l'Empire, mais la commune, la guerre civile pour le coup et puis les scandales parlementaires, Panama, même un président de la République qui a été un peu oublié qui s'appelait Sadie Carnot mais qui est assassiné par un terroriste italien et l'affaire Dreyfus quand même qui divise incroyablement les Français et en effet, à la fin du siècle, on invente le cinéma, on invente l'art nouveau, les expositions universelles et puis la France va même devenir quelques années leader mondial de l'automobile jusqu'à ce que la Ford T arrive et puis les débuts de l'aéronautique et la France va jouer un grand rôle

19:29
Présentateur

plutôt après la guerre. La Ford T, c'est 1908, je crois,

19:32
Invité politique

donc on tient le coup. On tient le coup, absolument. Et en fait, justement, pour répondre à ta question, je pense que le 19e siècle et beaucoup de politiques économiques au 19e siècle avaient préparé ce rebond absolument extraordinaire en donnant plus de liberté aux agents économiques. Comme tu sais, je m'inscris dans une tradition intellectuelle qui est celle du libéralisme, donc je ne suis pas...

Je suis aussi un idéologue d'une certaine façon, je défends ses idées, je défends ses valeurs et je l'assume parfaitement, mais au-delà de l'idéologie, je pense quand même qu'un certain nombre de lois et notamment une loi très importante qui est une loi 1867 sur la société anonyme, c'est la constitution de l'entreprise moderne, la sécurisation des entrepreneurs, l'entreprise devient anonyme, donc elle est distincte de son fondateur et puis la création de la Bourse de Paris et tout au long du 19e siècle, quand même, des politiques du point de vue économique qui sont des politiques plutôt libérales, je pense vraiment que ça a préparé cette extraordinaire explosion entrepreneuriale qu'on a à partir de la fin du siècle et c'est pour ça que la conclusion que je tire de ces épisodes et je pourrais dire exactement la même chose de la deuxième partie des Trente Glorieuses après le retour du général de Gaulle en 1958, c'est qu'à partir du moment où on laisse les Français le plus libre possible du point de vue économique et où on n'a pas trop de désordre du point de vue de nos finances publiques, en réalité, l'économie française est brillante parce que depuis très longtemps, l'énergie française se traduit beaucoup par une énergie entrepreneuriale et aussi une énergie d'ingénieur.

Donc la France est structurellement un pays d'entrepreneurs et d'ingénieurs et si je voulais pousser même l'histoire jusqu'au bout, je dirais même la France d'avant la France parce qu'en réalité la Gaule, on le sait aujourd'hui, était un pays, je mets plein de guillemets parce que les historiens me tueraient, un pays, disons-le comme ça, aussi qui était très entreprenant. Donc je crois vraiment que tout le discours que j'ai beaucoup entendu sur la France n'est pas un pays libéral, c'est un pays qui n'aime pas l'entreprise, je pense vraiment que c'est radicalement faux. Je pense que c'est l'inverse. En revanche, je pense qu'on ne le dit pas assez et qu'on ne l'enseigne pas assez.

Mais attends, tu es d'accord toi avec ça ? Ça m'intéresse d'avoir ton avis parce que tu as beaucoup écrit sur l'histoire aussi.

22:00
Présentateur

Franchement, je suis... Je n'ai pas de réponse ferme là-dessus. Je suis plein d'interrogations et je me demande si... De façon générale, je pense que ce qui ne change pas est plus important que ce qui change. Autrement dit, que les permanences se structurent dans la psychologie collective, certainement. Mais je me demande aussi si après, justement, au fond, des décennies d'État-providence plus ou moins bien calibrées, plutôt mal quand même dans les 15 dernières années, ça ne change pas la psychologie collective. Je prends un exemple. Tu évoques 58 comme évidemment l'archétype du redressement. Je me suis intéressé au plan RUEF. Je lis l'ensemble de ces mesures.

Il y a une des mesures qui est frappante. On introduit une franchise médicale pour tous les Français. Donc, c'est-à-dire une part qui reste à leur charge lorsqu'ils consomment des soins, 3000 anciens francs. Bon, par Français et par an. Je me dis, tiens, combien ça fait ? Donc, je vais sur le site de l'INSEE qui a un convertisseur, 130 euros. Est-ce qu'on peut imaginer aujourd'hui que les Français, nous, je me mets dedans, soyons capables d'accepter cette mesure difficile ? De Gaulle, on avait quand même exonéré les plus nécessiteux.

Alors que dans le précédent projet de budget, on projetait d'augmenter la franchise de 50 centimes par boîte de médicaments et on a crié justement au diable libéral. Autrement dit, est-ce que la psychologie nationale, elle n'a pas changé finalement avec l'expérience d'un mode d'administration de l'économie dominé par l'État avec ses bons côtés aussi avec ses mauvais côtés et est-ce qu'aujourd'hui ça n'hypothèque pas le redressement ?

23:40
Invité politique

Non, je ne crois pas. Je pense en fait que c'est fatalement très difficile et ça crée fatalement énormément de mécontentement. Mais je pense quand même qu'on peut le faire et en réalité ces 30 dernières années, beaucoup de réformes assez difficiles ont été faites en France. Alors on a en tête évidemment les réformes des retraites, malheureusement on est revenu dessus mais la réforme précédente a été faite dans la douleur. Mais elle a été faite. Mais souviens-toi, on n'en parle plus mais les lois travaillent.

Une ministre qui s'appelait Myriam El Khomri qui était quelqu'un de formidable, c'était sous le mandat de François Hollande qui avait fait des lois pour faire en sorte que les entreprises puissent augmenter un peu le temps de travail, etc. Tu te souviens des réactions que ça avait provoquées dans la rue ? Il y avait énormément de monde, il y avait même eu des violences. Et ça s'est fait quand même.

24:27
Présentateur

Si je te suis, Hollande est un meilleur président que Macron. Non mais en tout cas,

24:31
Invité politique

je ne fais pas partie de ceux qui pensent que... Je ne suis pas socialiste. Je n'ai pas voté François Hollande mais je ne fais pas du tout partie de ceux qui pensent que François Hollande est un président qui a fait honte à la France. Tu le dis dans ton livre. Oui, oui. Alors sur les trois derniers présidents, il y en a un que je préfère pour des raisons politiques, personnelles, c'est Nicolas Sarkozy.

Mais je ne pense pas que François Hollande, je pense que la politique même qu'il a menuée à partir du rapport gallois en réalité et après avec Manuel Valls en fait était la bonne politique et qu'elle a contribué autant que la politique de 2017 du début du premier quinquennat à Macron à redonner à la France un côté amical pour les affaires, à attirer des investissements. Donc je pense que cette politique était la bonne.

Mais donc je pense que augmenter, ton exemple est remarquable, augmenter la franchise sur les boîtes de médicaments, ce qui à mon avis est de bonne politique, je pense que c'est absolument nécessaire que ça se fera et que ça se fera dans la douleur parce que tout se fait dans la douleur. Et d'ailleurs, quand j'ai dit discussion avec la classe politique, en fait, beaucoup me disent « Ah mais tu verras quand je serai élu en 2027, déjà on va expliquer bien avant ce qu'on va faire et puis on va faire offre de pédagogie, etc. » et donc tout va bien se passer. Je suis absolument convaincu que c'est faux.

Je pense qu'il faut faire de la pédagogie mais je pense que l'effet de la pédagogie est marginal et qu'en fait, en France, parce que c'est comme ça, c'est comme ça, tu fais une réforme des retraites au Japon, ça se fait par décret, je crois que pas grand monde s'en rend compte en réalité. En France, c'est un million de personnes dans la rue ou des centaines de millions de personnes dans la rue pendant quasiment un an et tout est comme ça et je pense qu'il faut absolument l'assumer mais que ça n'est pas une raison pour ne pas le faire.

C'est même ça d'ailleurs qui grandit d'une certaine façon ce qu'est la politique dans notre pays et je pense aussi que c'est la raison pour laquelle il faut défendre la démocratie représentative. C'est-à-dire que ça, c'est un grand sujet que nous avons avec quelqu'un que tu connais qui s'appelle Pierre-Henri Tawayo qui est à mon sens de nos meilleurs philosophes qui explique très bien que la démocratie représentative ce n'est pas la démocratie directe c'est voter pour des gens qui en gros qu'on mandate pour faire le sale boulot et nous nous donnons la possibilité évidemment de les huer parce qu'ils font ce sale boulot

26:49
Présentateur

je crois très profondément à ça c'est-à-dire que effectivement le représentant qu'on élit on les lit aussi pour qu'ils puissent travailler pour le moyen terme contre notre intérêt de court terme absolument et donc je pense

27:00
Invité politique

qu'il faut défendre ça et qu'il faut assumer le fait que quand on fait des choses bah oui en France ça suscite des mécontentements

27:07
Présentateur

En 27 élection présidentielle bon est-ce qu'elle sera résolutoire ou pas par rapport aux problèmes qu'on évoque je ne sais pas dans l'idéal il faudrait commencer par quoi le nouveau président sa première mesure symbolique celle qui peut provoquer un engrenage favorable c'est quoi

27:24
Invité politique

alors moi je ferais ce qu'a fait Napoléon en 1804 c'est-à-dire que c'est formidablement expliqué dans un petit livre de Robert Banater qui s'appelle le plus grand bien c'est l'histoire que tu cites dans ton livre je réunirai quelques juristes sous mon autorité je leur demanderai de réécrire un certain nombre de codes et je ferai voter ça par le parlement Raphaël Dohan qui est un jeune historien absolument brillant m'explique que c'est tout à fait possible du point de vue légal et constitutionnel ah oui je leur dirai mais prenez tous les alors je commencerai quand même par certains codes il y en a certains que j'ai dans le viseur code de l'urbanisme code des marchés publics par exemple et je leur dirai proposez une simplification radicale faites-vous aider par l'intelligence artificielle notamment pour identifier les redondances et les contradictions et faites une simplification radicale et ça je le ferai tout de suite et surtout je le préparerai avant ce qu'aucun candidat ne fait je le préparerai avant parce que c'est un gros travail c'est un travail titanesque c'est un travail titanesque et surtout il faut en quelque sorte prendre tout le monde de vitesse je crois que c'était dans son livre sur François Mitterrand que Jacques Attali raconte qu'en 1980 alors même qu'il n'avait vraiment pas de garantie de gagner l'élection il avait écrit fait écrire préalablement à l'élection les lois de décentralisation et les décrets d'application parce qu'il savait très bien que la décentralisation allait générer évidemment beaucoup de résistance à l'intérieur de l'état et qu'il fallait prendre tout le monde de vitesse et donc tout était préparé avant y compris les décrets d'application je trouve ça absolument fascinant et je m'agace pour ne pas dire plus quand je vois que y compris d'ailleurs chez certains de mes amis beaucoup déclarent leur candidature à l'élection présidentielle etc en disant réduire la dépense publique je vais faire ci je vais faire ça mais ça c'est pas c'est pas un programme c'est pas comme ça qu'on prépare une élection à mon sens donc je ferai ça voilà pour répondre à ta question je commencerai par ça

29:22
Présentateur

toi en tant qu'entrepreneur l'absurdistan tu t'y confrontes souvent non

29:28
Invité politique

pas trop parce que moi je vends des études et donc en réalité dans le secteur des services on n'est pas trop confronté à ça alors après oui il y a des choses qui sont assez rigolotes par exemple j'ai appris cette semaine que dans nos bureaux je vais faire un contrôle anticipé pour voir si tout était aux normes chez nous c'est un bureau parisien dans un immeuble du sentier et en effet j'ai appris que dans les 80 mètres carrés qui nous sont dévolus il fallait que je fasse le fléchage sortie de secours etc au cas où il y aurait un incendie donc étant donné qu'il n'y a qu'une seule porte je pensais ça superflu mais je me conforme évidemment je critique les normes mais je me conforme aux normes et donc je vais mettre des petits panneaux verts lumineux au dessus des portes pour bien rappeler où est la porte mais qu'on trouve relativement facilement tout ça je le dis c'est vraiment c'est vraiment pas grave non non je n'y suis pas trop confronté je trouve surtout qu'il y a aussi des révolutions silencieuses en France je te donne un exemple le droit du travail il y a 20-25 ans le droit du travail en France c'était vraiment très rigide c'était très compliqué aujourd'hui on a un marché du travail qui de ce point de vue là fonctionne bien il y a beaucoup il y a eu des outils nouveaux comme la rupture conventionnelle les ordonnances pénicaux c'est très important qui permettent aux entreprises de déroger à des accords de branche ça peut sembler très technique mais ça ne l'est pas du tout ça permet par exemple d'annualiser le temps de travail des choses comme ça donc c'est vraiment c'est vraiment important aujourd'hui quand il y a du contentieux au prix d'hommes c'est encadré ce qui n'était pas le cas auparavant donc je trouve que au fond un peu sans s'en rendre compte on a considérablement normalisé le fonctionnement du marché du travail en France donc tu vois il y a des choses qui se font quand même

31:15
Présentateur

l'actualité est dominée par l'affaire Epstein comme on dit en américain ou Epstein on voit les ramifications quasiment planétaires enfin j'exagère mais à peine des démissions dans différents secteurs notamment aux Etats-Unis comment tu vois ça il y a une lecture de cette affaire on peut n'y voir qu'un fait divers extraordinaire ou au contraire quelque chose de beaucoup plus révélateur sur le fonctionnement des élites

31:44
Invité politique

sur le fonctionnement des élites je ne sais pas en tout cas moi cette affaire me passionne parce que c'est son aspect systémique et son versant économique aussi qui me passionne il y a les deux

31:56
Présentateur

il y a un aspect criminel sexuel et puis un aspect fiscal et économique

32:02
Invité politique

oui mais en fait tout est imbriqué parce que tout est fait de promesses de chantage de dons enfin d'échanges d'échanges c'est ça donc l'économie est complètement imbriquée en réalité avec le crime c'est ça que je trouve tout à fait fascinant et je trouve que c'est quelque chose qu'on voit dans les dialogues alors c'est terrifiant mais entre Bannon

32:28
Présentateur

et Epstein Bannon donc le conseiller enfin disons cette personnalité très conservatrice qui s'est un peu éloigné de Trump aujourd'hui mais bon

32:36
Invité politique

mais donc et en fait il parle beaucoup d'argent on voit vraiment que c'est très obsessionnel et en fait on comprend bien me semble-t-il que les crimes sexuels sont complètement intriqués avec ces crimes d'argent que tout est lié et donc il y a vraiment quelque chose de systémique dans cette affaire alors après je ne suis pas sûr que j'en ferais la matérialisation des élites contre les autres parce que je connais énormément de gens qui font partie de ce qu'on appelle l'élite et qui me semble-t-il sauf grosse surprise n'ont absolument rien à voir avec ça bien évidemment donc je ne ferais pas ce genre de généralisation mais ça nous dit aussi des choses sans doute sur ce qu'était la finance aux Etats-Unis dans les années dans les années 90 parce qu'en fait Epstein il a fait sa fortune au début dans la finance il n'y avait pas de très bon diplôme en fait il a été recruté parce qu'il était sans doute super débrouillard super malin il était capable

33:46
Présentateur

de faire des deals

33:48
Invité politique

ouais c'est ça il était bon en maths et il a commencé à gagner de l'argent assez facilement comme ça alors ça c'est un sujet pour toi parce que c'est un sujet un peu aussi d'histoire des bulles financières tu as beaucoup écrit là-dessus et ça c'est aussi inscrit dans ce contexte il y a un film que j'adore pardonne-moi mais j'y pense parce que j'ai l'esprit d'escalier je trouve que le loup de Wall Street de Martin Scorsese vraiment c'est une leçon d'économie alors qu'il n'est pas théorique mais qui est absolument magistrale c'est extraordinaire

34:17
Présentateur

tu évoque la bulle c'est vrai qu'il y a certains commentateurs de la finance ou économistes qui disent on est dans une situation dangereuse aujourd'hui compte tenu de la valorisation des actions notamment celles qui sont liées à l'intelligence artificielle et en particulier aux Etats-Unis j'ai en tête la fameuse mesure de Robert Schiller le prix Nobel d'économie qui montre qu'aujourd'hui avec sa méthode de calcul le prix des actions est supérieur à celui qu'il avait atteint à la veille du krach de 29 quel est ton sentiment là-dessus

34:51
Invité politique

alors que l'indicateur de Robert Schiller est suffisamment haut pour que moi à titre personnel je n'investisse pas en bourse en ce moment je pense qu'en effet il va y avoir un ajustement mais tu connais ça par coeur tu as écrit là-dessus c'est consubstantiel en fait aux périodes de révolution technologique parce qu'en réalité on a beaucoup de mal à évaluer la valeur des entreprises et quand j'entends dire que la situation aujourd'hui n'est pas la même qu'au début des années 2000 parce que les grandes entreprises gagnent de l'argent en fait c'est faux parce que l'intelligence artificielle perd énormément d'argent alors oui Microsoft Alphabet Amazon gagnent de l'argent mais en réalité OpenAI c'est une entreprise qui perd de l'argent dans des proportions qui sont absolument absolument stupéfiantes donc on voit bien qu'on n'a pas encore les business models que sans doute c'est pas vraiment ma conviction il y a des phénomènes de survalorisation qui sont importants moins ceci dit qu'au début des années 2000 parce que pour le coup la politique monétaire ces dernières années a été plus les taux d'intérêt ont monté donc ça c'est la bulle n'est pas entretenue par des phénomènes monétaires en tout cas dans un passé récent donc je pense pas qu'on ait quelque chose de gigantesque face à nous comme en 1929 mais en revanche oui je pense qu'on va avoir un coup d'arrêt des chutes de valorisation et que ça n'a aucune importance au fond ça n'a absolument aucune importance parce que ça ne change absolument rien au fait que de mon point de vue l'intelligence artificielle plus encore couplée à la robotique demain plus encore couplée à l'informatique quantique après-demain ou après-après-demain est une révolution industrielle au même titre que le fut l'automobile l'électricité à la belle époque ou la machine à vapeur dans les années 1820 donc oui bulle sans doute éclatement à venir oui conséquence à mon avis sur l'économie relativement mineure au regard de l'histoire importance nulle

36:50
Présentateur

oui c'est à dire en fait il y a toujours un peu la même mécanique c'est à dire qu'on surestime les effets économiques d'une innovation au moment où elle arrive la bulle explose et à ce moment là on sous-estime considérablement les transformations qui vont se produire en réalité les choses sérieuses commencent après l'explosion de la bulle

37:07
Invité politique

tu as tout à fait raison et d'ailleurs en réalité on parle beaucoup des investissements dans les data centers des investissements dans l'IA en général quand on regarde ce que ça représente en termes de PIB mondial on doit être de mémoire donc depuis le début du cycle on va dire il y a 4 ou 5 ans on doit être à 2,5-3% quand on regarde les investissements qui étaient liés à l'électricité ou au chemin de fer on était au double en fait donc c'est très frustrant comme méthode un universitaire rigoureux me dirait que ça va pas c'est un ordre de grandeur mais voilà quand on a ces ordres de grandeur en tête on peut se dire et c'est ce que je me dis qu'en fait il y a encore beaucoup d'investissements devant nous le problème c'est qu'en effet à ce stade de la révolution industrielle on ne sait pas encore mesurer on ne sait pas d'où va venir la valeur on ne sait pas surtout quels seront les business models OpenIA est un excellent exemple ce sont des choix fondamentaux est-ce que ce sera de la publicité est-ce qu'il faudra augmenter le prix des abonnements est-ce qu'il faut faire encore plus d'abonnements premium enfin tout ça on n'en sait rien en fait c'est encore très ouvert mais je pense en revanche que c'est fondamental il y a deux camps au fond d'économistes dans le monde aujourd'hui il y a le camp on va dire Assemoglou prix Nobel d'économie qui pense qu'au fond l'IA c'est rigolo mais ça n'aura pas d'impact majeur en termes de productivité et il y a un camp qui d'ailleurs est peut-être plus incarné par Philippe Aguillon chez nous qui considère que là pour le coup c'est très important et il y a beaucoup de destruction créatrice mais beaucoup de gains de productivité à la clé et je me situe moi plutôt dans ce dans ce camp là parce qu'en fait

38:35
Présentateur

le camp des optimistes

38:35
Invité politique

oui mais tu sais l'électricité où je m'aille faire mais oui parce que ça a mis énormément on se posait les mêmes questions en fait et ça a mis des décennies l'électricité c'est presque un siècle mais c'est des décennies donc je fais un peu le même raisonnement

38:49
Présentateur

il y a un champ alors qui n'est pas un champ proprement économique mais qui ombre les perspectives pour bon nombre de gens c'est le changement climatique qu'est-ce que l'économiste nourri d'histoire peut dire au fond j'allais dire l'appréhension spontanée de ce problème c'est que c'est jamais arrivé et qu'on fait face à quelque chose d'inédit et donc de très dangereux est-ce que l'optimiste que tu es trouve des raisons

39:21
Invité politique

d'espérer là-dessus aussi alors déjà cet argument que j'entends surtout ça n'est jamais arrivé mais rien n'est jamais arrivé aucun phénomène on peut dérouler le fil de 2000 ans ou plus mais rien tout est nouveau par définition donc le trou dans la couche d'ozone il n'était pas arrivé non plus donc ça c'est pas un argument qui m'impressionne et ce que je trouve très rassurant surtout dans la question du réchauffement climatique c'est que c'est un sujet scientifique c'est-à-dire que on a des climatologues on a des physiciens on a des scientifiques qui sont plutôt inquiets non mais j'y viens mais qui en tout cas nous expliquent ce qui se passe c'est-à-dire qu'on a une vision très claire du mécanisme du réchauffement climatique on sait qu'il est lié à des émissions carbone on sait que ces émissions carbone se concentrent dans l'atmosphère qu'elles font de l'effet de serre on sait que ces émissions carbone sont liées à la combustion des énergies fossiles le charbon le pétrole le gaz etc donc ce que je veux dire c'est que intellectuellement le sujet n'est pas difficile on a le GIEC qui est quelque chose d'absolument fantastique même si c'est contesté mais tout est contesté donc il ne faut pas prêter énormément d'attention à ça mais en tout cas donc on a ces scientifiques qui font la synthèse des travaux scientifiques et donc on sait qu'il faut décarboner qu'on doit décarboner l'énergie les transports l'alimentation et on le fait en réalité on le fait ça dépend où

40:39
Présentateur

c'est spectaculaire en Europe c'est significatif aux Etats-Unis c'est aussi très significatif en Chine après

40:47
Invité politique

oui d'accord mais en fait tu viens de me dire ça avance en Europe ça avance aux Etats-Unis ça avance en Chine enfin tu viens quand même de prendre un gros morceau là après la question non non mais tu vois attends attends juste sur la Chine je suis content que tu dises ça sur la Chine mais la baisse des émissions carbone en Chine personne c'est quand même la meilleure nouvelle de l'année 2025 personne n'en a parlé si non mais d'accord j'ai fait une critique là-dessus

41:06
Présentateur

tu as raison parce que j'ai considéré que c'était un événement absolument alors on est sur des niveaux très élevés mais ça s'inverse pour la première fois c'est majeur c'est important mais la vraie question je comprends tout à fait ton argument je ne suis pas loin de partager sur certaines choses mais là où il y a quelque chose à quoi on n'a pas la réponse et qui reste préoccupant c'est qu'il va y avoir une course de vitesse entre l'innovation l'inventivité humaine qui est extraordinaire qui se laisse rarement au fond complètement piégé et puis la réalité de ce changement avec les phénomènes normalement qui si on en croit les scientifiques sont manifestes je ne fais qu'écouter

41:43
Invité politique

les scientifiques soyons très clairs mais déjà dans l'histoire des technologies et ça c'est quelque chose que ne prennent pas beaucoup en compte les climatologues ils ont raison dans leur logique de ne pas le faire mais en fait l'innovation n'est pas linéaire donc tu ne sais absolument pas on peut avoir des mauvaises surprises mais on ne valorise jamais le fait qu'on peut avoir aussi de bonnes surprises dans le même de la fusion nucléaire dans le stockage des batteries temps en temps on trouve des trucs très important oui mais enfin l'histoire de l'humanité c'est ça en réalité et si l'humanité est toujours là c'est parce qu'elle a toujours trouvé des solutions qui sont des solutions technologiques pardon je sais que c'est parfois on me regarde comme ça à l'air en me disant ah mais donc vous êtes un technosolutionniste comme si j'allais m'en excuser oui non non mais je l'assume complètement de la roue à la fusion nucléaire au regard de l'histoire c'est pas de ma faute c'est parce que c'est ça l'histoire c'est l'histoire de l'humanité et donc on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise je pense même que ça va se produire puis après il y a un autre sujet dont on commence à parler qui est celui de l'adaptation au réchauffement climatique sujet dont on n'a pas parlé ces dernières années parce qu'on a été concentré à juste titre sur l'atténuation c'est à dire diminuer les émissions carbone et il faut continuer et accélérer mais la question de l'adaptation est très importante je te donne un exemple je trouve qu'on devrait en parler beaucoup plus c'est un exemple extrêmement concret de notre vie on est en pleine campagne des municipales les scientifiques que j'écoute nous disent aussi que la densité des arbres dans une ville a un impact majeur sur les conséquences du réchauffement je trouve que c'est un sujet passionnant c'est un sujet politiquement que je trouve très très sympa voilà on n'est pas arrivé au bout de notre imagination et de nos solutions mais tu sais ce que je te disais tout à l'heure en disant ça me rassure parce que c'est un problème scientifique la géopolitique par exemple me semble être un problème plus complexe parce que c'est les interactions les actions réactions des passions humaines et là pour le coup on n'est pas dans le domaine scientifique on est dans le domaine de l'irrationalité et donc je trouve que c'est beaucoup plus difficile à appréhender que le réchauffement climatique un dernier mot là-dessus si tu m'autorises quand on fait un peu le bilan du pessimisme depuis aller depuis Malthus on va dire c'est génial Malthus j'adore Malthus Marx aller Malthus on va dire donc l'idée que la population va croître plus vite que les denrées alimentaires schématiquement et Marx que le capitalisme en fait les profits baissent tout le temps les rendements décroissent et donc on arrive jusqu'à la crise finale les deux idées sont géniales j'adore Marx et Malthus mais c'est faux et en fait le pessimisme surtout dans le débat médiatique donne l'air intelligent sur le moment c'est fantastique je le vois bien sur les plateaux de télévision quand quelqu'un annonce la fin du travail quand il annonce l'embrasement de la planète c'est fantastique ça donne l'air intelligent ça donne l'air lucide éclairé c'est génial quand on fait le bilan deux siècles après c'est faux systématiquement voilà j'ai choisi mon camp je ne serai plus là pour profiter du fait que j'ai raison c'est vrai que

45:03
Présentateur

Malthus revient parce qu'il y a des tas de gens qui disent il ne faut pas faire d'enfants

45:09
Invité politique

compte tenu

45:10
Présentateur

de la limitation des ressources c'est Malthus et puis de cette ombre

45:16
Invité politique

qu'est le changement climatique je trouve ça complètement fou je trouve ça complètement déjà pour une raison de pure logique et là encore c'est Pierre-Henri Tavoyot qui m'avait indiqué ça j'ai deux enfants j'ai une fille qui a 19 ans qui fait des études au Canada et j'ai un fils de 21 ans qui fait des études d'ingénieur qui veut faire de la musique mais qui fait des études d'ingénieur parce qu'il veut un parachute ce qui me semble une idée tout à fait raisonnable comme parents on est rassuré de voir mais je suis vraiment très confiant pour eux et puis surtout Pierre-Henri Tavoyot donc il y a un argument qui est de dire mais au fond si on dit que l'avenir de l'humanité la sauvegarde de l'humanité passe par le fait de ne plus faire d'enfants il y a une contradiction très forte en soi cet argument est génial il faut quand même quelqu'un pour vérifier que c'était la bonne solution ça c'est la première chose la deuxième chose c'est que prenons la question du réchauffement climatique moi j'oppose deux contre-arguments à cet argument le premier c'est que notre génération peut contribuer à résoudre le réchauffement climatique mais ça ne suffira pas donc il faudra bien des gens pour continuer donc qui va le faire c'est bien les humains qui luttent contre le réchauffement sauf à être un décroissant passionné et à considérer mais là on entre dans un anti-humanisme c'est-à-dire qu'on va considérer que la planète est plus importante que l'humain bon moi je suis inscrit dans une philosophie qui est celle des lumières donc je considère que si on sauve la planète c'est pour nous c'est pas pour la planète donc ça c'est quand même un argument le deuxième argument c'est que si on fait des efforts par exemple dans le domaine de la décarbonation si on investit de l'argent si on investit dans le renouvelable dans le nucléaire si on essaie de faire de l'économie circulaire c'est bien pour les générations d'après c'est pas pour nous si on n'a plus d'enfants quel est le sens de l'action ça n'en a plus enfin franchement moi je me moque du fait qu'il fasse plus chaud pour moi cet été ça n'est pas mon sujet je m'en accommode ce qui m'intéresse c'est de contribuer très modestement au fait de perpétuer une aventure humaine qui sera pour nos enfants pour nos petits enfants etc donc je trouve cet argument absolument absurde en tout point quant à ceux qui nous expliquent qu'il ne faut pas faire d'enfants parce que c'est terrible ce qui se passe aujourd'hui on prend une frise chronologique on prend n'importe quel point et il y a des problèmes et comme tu le sais très bien

47:54
Présentateur

on pouvait se dire en 43 la même chose je savais que tu

47:57
Invité politique

je sais que tu connais

47:58
Présentateur

ce sujet par cœur c'est le début du baby boom bien sûr

48:01
Invité politique

quel est le meilleur livre que tu as lu récemment ? je peux répondre même si ce sont des livres qui ne sont pas nécessairement des livres récents évidemment il se trouve que je suis devenu élève pilote c'est une vieille passion j'apprends à piloter des avions et j'ai lu la biographie de Mermoz par Joseph Kessel tu connais ? tu l'as lu ?

pas du tout lis-le je suis sûr que ça va te passionner alors Joseph Kessel était un de tes collègues un journaliste un immense écrivain il était lui-même pilote mais ce qui m'a frappé si j'intellectualise un peu c'est qu'en fait la grande différence entre notre société aujourd'hui et la société on va dire d'il y a un siècle schématiquement c'est le rapport au risque c'est stupéfiant en fait ces pilotes ils sont tous morts en exercice alors certains sont morts pendant la guerre comme Saint-Exupéry mais beaucoup sont morts en ligne c'était l'aventure de l'aéropostale c'est stupéfiant et grosso modo l'aéropostale passait un peu ça par pertes et profits c'était triste on allait présenter ses condoléances à la famille mais ça n'allait guère plus loin aujourd'hui s'il y avait un accident dans la station spatiale internationale je pense que le programme s'arrêterait donc notre rapport au risque ce qui est un vrai sujet c'est considérablement a considérablement changé et ça je trouve que c'est quelque chose qui est tout à fait fascinant c'est une évolution souhaitable bien évidemment de nos sociétés et en même temps il faut trouver les astuces pour que ce ne soit pas quelque chose de paralysant et qui nous empêche d'avancer dans le livre je ne sais pas si tu connaissais ce texte mais je cite le discours de Lamartine suite à l'accident de chemin de fer de Meudon c'était sous Louis-Philippe et c'est fantastique parce que c'est donc c'est terrible cet accident les gens meurent calcinés dans le wagon ils revenaient de Versailles je ne sais plus si c'était l'anniversaire de Louis-Philippe je ne sais plus c'était quelque chose et trois ou quatre jours après Lamartine fait un discours en disant mais attendez on doit développer le chemin de fer la France c'est ça on doit continuer vraiment cette grande aventure alors ça évidemment aujourd'hui ce serait j'aimerais que quelqu'un tienne ce discours mais ce serait ce serait compliqué il y a un autre alors puisqu'on est dans la séquence livre il y a un philosophe espagnol que j'aime beaucoup qui s'appelle Fernando Savater qui est malheureusement pas très connu et qui dont j'ai lu je ne parle pas l'espagnol je ne lis pas l'espagnol malheureusement mais dont j'ai lu la totalité des livres mais dans la 5 ou 6 qui ont été traduits en français et qui explique notamment une idée que je trouve géniale et fondamentale et qui a à voir avec ce qu'on s'est dit c'est le fait que l'innovation technologique est ce qu'il y a de plus naturel chez l'homme parce que l'homme est très imparfait du point de vue évolutionniste on n'a pas d'ail on n'a pas de roue on n'a pas de et donc notre survie elle est conditionnée par l'évolution technologique et donc l'opposition qu'on entend beaucoup en ce moment technologie humaine n'a aucun sens puisque justement notre nature c'est la technologie je ne sais pas si je suis bien clair mais je trouve cette idée absolument féconde et géniale

51:19
Présentateur

merci Nicolas Bouzou merci François merci pour ce parcours dans l'histoire française et cet optimisme on espère que j'ai raison que tu as raison voilà mais en tout cas c'était une façon intéressante de lire l'histoire française merci à vous tous de nous avoir suivis et puis à bientôt pour un prochain épisode du podcast Pourquoi faire compliqué sur les plateformes TF1 et sur Youtube et sur Youtube

Nicolas Bouzou face à François Lenglet · Pourquijevote