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DébatLCP (sur YouTube)· 13 octobre 2025 27 minContradictoireFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseInstitutions & élections

Diplomatie : Hollande VS Macron | Les débats de Débatdoc

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a une forme de continuité dans la politique étrangère française entre Hollande et Macron ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Hollande était-il une parenthèse en diplomatie ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Macron a-t-il cherché à marquer sa patte en nouant des relations personnelles avec ses homologues ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quelle différence de style entre Hollande et Macron sur la gestion de Poutine ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Macron a-t-il réussi à séduire Trump ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quelle approche Hollande a-t-il eue sur l'Ukraine ?

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Comment François Hollande a-t-il géré les grandes questions diplomatiques durant son quinquena ? La réponse figurait donc en grande partie dans ce documentaire réalisé par les journalistes Yve de Ray et Michael d'Armond. De quoi s'interroger maintenant dans ce débat doc à propos de la politique étrangère exercée par Emmanuel Macron à comparer à celle mise en œuvre par son prédécesseur l'Élysée.

C'est ce que nous allons faire maintenant avec nos deux invités présents aujourd'hui sur ce plateau. Yve de Ray, tout d'abord, bienvenue à vous Yve Deréalisateur de ce film. Au côté de Michael d'Armont, vous êtes rédacteur en chef de Fort France, auteur, chroniqueur et donc documentariste.

C'est votre 4e documentaire à ce jour. Et on va bien sûr revenir sur le contenu de ce film savoureux hein pour les parties concernant donc François Hollande, on vient de le voir et on va le faire aussi avec vous. Brunoire, très bienvenue à vous.

Vous êtes politiste, directeur adjoint de la fondation pour la recherche stratégique et conseiller géopolitique à l'Institut Montge. Votre euh dernier ouvrage ou presque hein s'intitule la question israélienne. Il est publié aux éditions de l'observatoire Yve Dory.

On vient de voir donc ce qu'a diplomatie de François Hollande durant son quinquena vu par l'intéressé lui-même. D'ailleurs, c'est tout évidemment tout le piment qui future entre autres dans ce film. Néanmoins euh on apprend, on nous dit souvent qu'il y a une forme de continuité dans la politique étrangère française.

Euh est-ce que ça a été euh le cas concernant Hollande, Macron ? Est-ce que c'est une règle d'or néanmoins qu'on inculque quasiment à tous les présidents qui exercent de fait cette fonction de représentant de la France à l'étranger ? Il y a une forme de continuité sur le fond entre les différents présidents.

Il y a plutôt une rupture sur la forme. Chacun veut marquer aussi euh son territoire et sa patte. Et donc SarkoZi versus Hollande, c'était pas la même chose.

Et Hollande versus Macron, c'était très différent. J'ai envie même de dire que Hollande d'une certaine manière était un peu une parenthèse parce que Macron donnait le sentiment dans le style en tout cas. de s'inspirer plus de Nicolas Sarkozy que de François Hollande.

C'estàd que il Emmanuel Macron a vite été convaincu ou a voulu se convaincre en tout cas que les relations personnelles qu'il pouvait nouer avec ses homologues pouvaient peser sur la diplomatie française sur sur les grands dossiers et donc assez vite chercher à en tout cas jouer la carte un peu d'une amitié ou d'une amitié apparente avec ses homologues et notamment avec les plus importants Ce que n'a pas du tout fait Hollande, contrairement à Nicolas Sarkozi, contrairement à Emmanuel Macron, François Hollande, lui a toujours observé une forme de distance avec eux. Certes, une relation amicale, cordiale, mais une forme de distance. Et on le voit d'ailleurs dans ce fameux épisode de la cravatara Obama lui demande de se décravater quand il arrive dans la résidence un peu d'été de Barack Obama et où au départ il refuse parce que pour lui un président c'est un costume, une cravate, une chemise blanche point bar et et donc on n pas besoin de faire semblant d'être des amis, c'est sa vision des choses.

Alors que tout au contraire Macron lui comme un peu Nicolas Sarkozi jouait cette carte un peu de de l'amitié en espérant que ça puisse déboucher sur des résultats diplomatiques. Alors justement lorsqu'il était question de comparer la politique étrangère de France Hollande à celle d'Emmanuel Macron en 2018 autrement dit au tout début du premier quinquena d'Emmanuel Macron et vous déclariez il est facile de montrer les éléments de continuité par rapport au quinquena précédent et plus difficile de trouver des actes montrant une rupture. Il y a seulement quelques inflexions.

Alors l'eau a coulé sous les ponts depuis, mais vous diriez à peu près la même chose tout de même aujourd'hui. Oui et non. Alors d'abord je rejoins tout à fait ce qui a été dit sur le style, sur la forme.

C'est vrai qu'il y a une exception Hollande au sens où c'est probablement celui de nos présidents depuis François Mitteran hein qui a le moins cherché à effectivement avoir des relations d'extrême proximité presque physique avec ces homologues. C'est c'est un choix. Euh il y a une autre exception Hollande à mon sens, c'est que euh finalement je pense que c'est celui de nos présidents qui depuis euh François Mitteran a été le plus cohérent.

Alors vous me direz, il n'a fait qu'un seul mandat, il n'a fait que 5 ans, mais il est resté cohérent sur tous les grands dossiers à mon sens, sauf er de ma part pendant 5 ans. Ce qui est pas tout à fait le cas de son successeur, ce qui est pas non plus le cas de son prédécesseur. Voilà.

Alors, est-ce que il y a que des infctions ? Il y a pas que des inflexions, mais c'est vrai que il est très difficile de s'extraire d'un modèle, d'un ensemble de normes, d'habitudes, d'institution, de culture stratégique française qui sont les institutions, l'histoire, la culture, la géographie tout simplement. Et ça, c'est vrai que les présidents, bah dans ce domaineel comme dans d'autres, ben ils retrouvent facilement des pivots assez classiques de de la de la diplomatie.

Noter tout de même que Macron quand il arrive, il dit moi je fais la rupture. Il le dit, il dit pas le mot rupture dans ce domaine-là, il dit je veux renouer avec la ligne golomitérandiste de notre politique extérieure, de notre de notre diplomatie avec laquelle euh avait avait rompu mes prédécesseurs. Autrement dit, pour lui, quand il arrive, il dit que la rupture c'est avec Nicolas Sarkozy et que Hollande n'a fait que prolonger la politique extérieure de Nicolas Sarkozy.

Je précise que je l'ai dit publiquement, je partage pas cette vision des choses. Et d'ailleurs lui-même depuis 2020 2021, je crois, il n'emploie plus cette expression. Autrement dit, il y a toujours un mythe dans la diplomatie française depuis une vingtaine d'années, l'idée sur laquelle en gros, il y aurait deux types de diplomatie, deux types de politique extérieur sur le fond. euh une qui serait traditionnelle et de de Gaul à Mitteran à Chirak et puis il y aurait il y aurait une rupture et puis euh une ligne soi-disant plus proche des États-Unis euh parfois j'en ai même entendu néoconservatrice. l'ur un terme que j'ai vu aussi l'urore absolue ce qui est totalement idiot parce que le ça n'a rien à voir avec le ne conservatif mais je pense que voilà il y a en tout cas cette volonté de rupture et puis il y a aussi peut-être qu'on en parlera la déclaration Tony Truante d'Emmanuel Macron devant les diplomates.

Il leur dit "Vous êtes l'état profond et je ne veux pas que vous soyez un obstacle à ma diplomatie. Jamais un président n'avait parlé comme ça aux diplomates. D'ailleurs, ce corps des diplomates sera dissous, hein.

He voilà plus tard par Emmanuel Macron. La tentation de la dissolution est souvent présente. Il y a un terme qui est utilisé dans dans ce film.

Il y a toujours l'envie d'un reset, c'est-à-dire remettre les compteurs à zéro euh lorsqu'on arrive à l'Élysée pour un premier mandat, hein. Ça a été François Hollande n'en a fait qu'un, vous vous l'avez rappelé. Euh ça a été le cas d'ailleurs pour Emmanuel Macron, notamment en recevant euh en grande pompe Vladimir Poutine dès le début de son premier quinquena à Versailles.

Tout le monde a encore ses images en tête hein dans cette fameuse galerie des glaces hein notamment. Euh reset ça veut dire être capable penser qu'on peut instaurer deux nouvelles relations malgré la continuité qu'on a évoqué tout à l'heure. Oui.

En général les choses démarrent avec cette tentative de reset. Ouais, on se redécouvre, on essaie de recréer quelque chose de constructif et puis petit à petit, les événements faisant, les choses se dégradent et donc le successeur arrive et il dit "Et ben avec moi tout va changer et on va bien repartir." Et donc par exemple Emmanuel Macron s'est dit "Recevons Vladimir Poutine en grande pompe euh à Versailles et cetera." Et euh même si son prédécesseur, il le dit dans ce film, c'est fait une idée assez précise euh de la fiabilité en tout cas.

Euh Hollande lui a eu de Vladimir Poutine concernant Exactement. Mais Hollande, lui, il y a eu un un premier entretien avec Poutine qui est euh terrible, terrible d'une violence visiblement euh rarement atteinte à ce niveau-là de conversation puisque euh lui passe par la tête à un moment donné, il le dit en des termes assez choisis comme c'est parfois le frère François Hollande, l'idée que une confrontation physique pourrait éventuellement surgir de cet entretien. Et d'ailleurs, il dit "Je m'y frotterai pas parce que j'ai vu les images commando de Poutine et je m'y frotterai pas." Donc vous voyez à quel point quand même de tension euh cet entretien pu a pu atteindre et ça nous renvoie à l'entretien Sarkozy Poutine où vous vous souvenez Sarkozy était ressorti en marchant de Guingois.

On se demandait s'il avait bu ou en fait il était plutôt sonné par les propos de Poutine. Donc oui, Macron, je on comprend qu'il est voulu faire un reset pour essayer de retrouver une relation un peu plus apaisée avec cet homme qui est quand même incontournable, qui est là depuis des années et des années dont on ne qu'on ne peut pas éluder, qu'on ne peut pas éviter, qui joue un rôle majeur dans tous les conflits actuels, hein, aussi bien dans sa région que très loin de sa région, même au Moyen-Orient, hein, et un peu partout dans le monde. Donc, il faut faire avec.

Hm. Volonté de reset aussi euh du côté de Trump. Euh alors François Hollande n'a jamais rencontré euh Donald Trump à l'occasion du de son premier mandat.

En revanche, il l'a eu au téléphone, on découvre tout ça dans ce film. Euh et il s'entend dire au téléphone que il va déchirer l'accord nucléaire iranien d'une part et sortir de la COP 21 de fameux accords de Paris concernant évidemment l'environnement. D'autre part, tout ça par téléphone, il ne rencontrera jamais Donald Trump.

Et Emmanuel Macron reçoit très vite Donald Trump à Paris. On a encore en tête effectivement ce dîner à la fameux dîner à la à TFF. Et lui et bien lui là aussi il tente un reset, il convaincre Trump de revenir en arrière.

C'est ça. Non, un reset c'est un reset c'est une remise des compteurs à zéro avec un interlocuteur avec lequel on a une relation très difficile. Or par définition bah Trump il arrive.

Donc c'est c'est le reset, c'est pas la même chose. Le reset, la remise des compteurs à zéro, c'est effectivement ce fantasme qu'on les présidents français et les présidents américains soi vis-à-vis de la Russie, soit vis-à-vis de la Chine en début de mandat en disant "Moi, je vais changer les choses." Il faut dire que que ça soit le français ou l'Américain, quand vous arrivez, vous êtes investi d'un certain nombre de pouvoirs qui sans doute vous font croire que vous pouvez changer le monde.

Ça s'avère plus difficile. Le paris d'Emmanuel Macron vis-à-vis de Trump, nous ne saurons jamais quel aurait été le paris de François Hollande, c'est de dire "Bah, je le prends comme il est. Je vais essayer de le séduire parce que Emmanuel Macron est souvent dans la séduction et quelque part ça marche pas trop mal le dîner à la tour Effel, le défilé euh 14 juillet Donald Trump qui dit "Moi, je veux le même à la maison hein, ça c'est ça marche avec Donald Trump." Après, on a beaucoup dit que ça n'avait pas produit de résultats concrets.

Je suis un petit peu moins sévère que ça parce que je pense que c'est très important pour un président français de pouvoir avoir le 06 si j'ose dire, le numéro de téléphone portable du de son homologue américain et qu'il soit suffisamment en confiance tous les deux pour pouvoir s'appeler à 3h du matin. D'ailleurs, on dit même que à l'Élysée, on entendait souvent sonner le portable du président à des heures qui ne sont pas des heure française parce que il paraît que Trump appelle à n'importe quelle heure du jour et de la nuit aux grandes âes de l'entourage immédiat du président. Donc c'est vrai qu'il y a cette volonté de séduction qui n'est absolument pas celle de François Hollande vis-à-vis de certains de ces interlocuteurs, même les plus difficiles.

Alors, il y a aussi un héritage en politique étrangère. Je voulais qu'on aborde deux dossiers qui sont largement abordés dans le dans le documentaire. D'une part, évidemment ce qui s'est passé en Ukraine, euh un dossier qui a eu à gérer François Hollande, pas tout seul hein, avec Angela Merkel côté européen, ce sont les fameux accords de Minsk he Minsk 1, Minsk 2 euh et puis d'autre part ce qui s'est passé en en Afrique sub-saharienne, au Mali notamment et la suite hein.

Là aussi, il a fallu que Macron gère la suite. Il y a un héritage tout de même en politique étrangère et il s'agit de le gérer. Il y a un héritage et je trouve que le l'affaire ukrainienne est une très belle illustration de la différence de style entre Hollande et Macron et dans la différence d'approche au fond.

Hollande il a une approche beaucoup plus modeste que Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a eu envie de montrer assez vite qu'il allait être un grand leader européen qui pourrait parler d'égal avec égal avec les grands de ce monde. Très bien.

Et il a tout fait pour ça. Il y a eu des les mises en scène qu'il faut, les moments médiatiques, les réponses à Trump, make the planète greit Again, voilà pour répondre au slogan de Trump et cetera. Hollande, lui, il a fait les choses euh de manière euh beaucoup plus sous sous-tendue, plus discrète, mais néanmoins sur l'affaire ukrainienne quand même, il tend un piège à Poutine qui va fonctionner.

C'est-à-dire que il l'invite aux cérémonies du débarquement de Normandie, un peu à la surprise générale. Ouais. Poutine qui vient d'envir la Crimée et qui donc est montré du doigt un peu par toute la planète, ben est assez heureux de pouvoir se rendre à ces cérémonies parce que il revient dans le grand monde et donc il accepte.

Mais acceptant cela, il se retrouve à devoir serrer la main du président ukrainien Porochenko que par ailleurs il ne reconnaît pas. Il se retrouve à devoir lui serrer la main. Puis ensuite dans ce moment-là, on lui propose les Français et les Allemands ce fameux format de Normandie qui va être en format de discussion qui va déboucher sur les écords de Minsk 2 et qui vont permettre une période d'acalmie disons sur ce frontlà.

Mais au fond, il est un peu piégé. Il avait pas spécialement envie d'une acalmie avec l'Ukraine à ce moment-là. Et donc ça c'est la manière de Hollande, vous voyez, c'est pas des grandes déclarations et cetera.

Et euh l'autre façon de faire de Hollande qui est est Hollande par rapport à à Macron, c'est que c'est il va laisser son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius annoncer le format de Normandie au public, à la presse. Il a choisi Laurent Fabius euh parce qu'il était important, parce qu'il avait un parc une réputation internationale et lui a laissé carte blanche sur des dossiers comme celui-là, comme la COP 21. La COP 21, c'est Laurent Fabius qui tient le maillet et qui annonce les accords.

Macron n'aurait jamais fait ça. Il aurait pris le maillet, il aurait tapé, il aurait annoncé les accords. Donc c'est vrai qu'il y a on voit là vraiment la différence d'approche des deux personnages.

Alors, on a évoqué l'Ukraine, mais je voudrais qu'on évoque aussi ce qui s'est passé en Afrique subsaharienne, hein, parce qu'après le la fameuse opération Servale, ce fameux moment à Tombou toutou, le plus grand moment politique de la vie de France Hollande, c'est lui qui le déclare. Ensuite, c'est l'opération Barcane et puis finalement aujourd'hui, on en est à une armée française qui s'est retirée du Niger, du Mali, du Burkinafaso, du Tchad et du Sénégal. Peut-être un B sur l'Ukraine quand même.

Oui. Parce que typiquement ce qui se passe avec Emmanuel Macron à mon sens, c'est qu'il pense pendant très longtemps jusqu'en février 2022 pouvoir ramener Poutine à la raison, pouvoir le séduire encore son pouvoir de séduction et à mon sens il a eu énormément de mal mais là je me projette dans ce que je pensais de la psychologie du président exercice toujours difficile. pendant très longtemps, même après février 2022, l'idée selon laquelle moi président français, moi Emmanuel Macron, je peux essayer de rétablir un dialogue rationnel avec Poutine, il a eu beaucoup de mal à mon sens à faire le deuil de cette idée et la la bascule se fait finalement assez tard.

C'est ce qui explique aussi qu'on ait eu autant de mal nous Français à rétablir une crédibilité vis-à-vis des pays d'Europe centrale. Voilà donc sur l'Ukraine, je pense que c'est quand même la là une vraie une vraie séquence sans doute très différente de ce qu'elle aurait été avec François François Holland sur l'Afrique. Sur l'Afrique effectivement Emmanuel Macron a un héritage celui de l'opération dite Barcane dont il est prévu à l'époque quand elle est lancée en 2000 euh en 2012 qu'elle ne dure que 2 ou 3 ans.

Moi j'avais parié à l'époque c'est facile à retrouver. Ça durera 10 ans. Ça a duré 10 ans.

Bon en fait il non le fait est qu'on est resté sur place. Absolument. Seulement libéré le Mali 3 mois he l'opération l'opération militaire.

Oui. L'opération barcane effectivement elle dure 10 ans parce que il est très difficile pour un pays que ce soit la France, les États-Unis un autre de dire finalement l'antiterrorisme ça a marché la menace c'est est moins importante donc je me retire. Voilà, c'est très difficile.

On l'a vu avec les occidentaux en Afghanistan et leurs alliés en Afghanistan. On le voit avec les Français et leurs alliés aussi avec Barkan. Emmanuel Macron essa l'Afrique un peu à revers, c'est-à-dire au lieu de ne passer que par les chefs d'État et de gouvernement en les séduisant comme il le fait souvent, ben il compte beaucoup sur la jeunesse, hein.

On a vu, on a eu beaucoup d'images de de ces bains de foule vis-à-vis de la jeunesse dans un certain nombre de pays, ce qui n'est pas le style de François Hollande qu'on on en on conviendra. Mais ça n'a pas suffi, ça n'a pas marché. Puis surtout, je pense qu'il y a il y a beaucoup de choses qu'on a pas vu arriver. la la rapidité et la brutalité avec laquelle la Russie a investi le champ saélien, euh la les forces russes, les milices russes, les opérations d'influence russe et finalement tout le malaise qui est déjà ancien vis-à-vis d'une présence militaire française qui se fait dans des conditions qui ne sont pas du tout celles des années 1960, hein.

Voilà, c'est de la coopération mais simplement la France est une cible facile. Les armées françaises sont une cible facile et donc on se retrouve nous français sous Macron dans une situation où on voit la Russie instrumentaliser, manipuler quelquefois souvent même la présence française, l'image de la présence française pour contribuer à ce finalement ce départ dans les faits de la plupart des pays d'infectionarienne où on rond un cycle historique qui commence à la décolonisation. Est-ce que ça s'est fait dans des conditions satisfaisantes pour la France ?

Non. En tout cas, c'est sans doute pas le scénario qu'avait imaginé François Hollande euh Ah mais je suis pas sûr que François Hollande, encore une fois, il donne il donne son aval il donne son aval à une opération qui est censée durer 2 3 ans, hein. Bon, c'est pas lui qui a décidé qu'elle avait qu'elle duré 10 ans.

En réalité, elle dure 10 ans et elle se finit par le retrait des toutes françaises dans cette zone sub-saharienne où nous avions une présence forte, hein. Oui, mais est-ce que c'est d'cun disent que il fallait en passer par là parce que la France n'arrivait pas à rompre avec cet héritage qui n'est certes plus colonial mais qui est quand même un ancrage dans le passé qui fleur bon la la France-afrique pour certains et je dis ça sans aucun mépris pour le travail de nos militaires en Afrique qui ont fait un excellent travail pendant des années et qui ont et qui ont qui en ont payé le prix sur le sur la place européenne on dit souvent que François Hollande a été assez peu présent temps durant son quinquena. Il en parle d'ailleurs assez peu en réalité dans votre dans votre film, effacé peut-être d'une certaine manière par une certaine anguel à Merkel durant son quinquena.

Euh là, peut-être que la comparaison va plutôt dans un en faveur de d'Emmanuel Macron, très actif sur ce terrain. Vous allez peut-être nous donner votre avis, mais qu'est-ce que vous en pensez ? qui m'est parlé d'héritage là pour le coup il hérite de Nicolas Sarkozy qui avait su créer un couple qu'on a même surnommé Mercis.

Il y a pas eu de mercolante comme il y a eu le Merco hein. Le le couple franco-allemand euh démarre de manière un peu brinballante avec cette affaire de de promenade sur le tapis rouge où François Hollande a un peu de mal à suivre et où Angela Mercalos sensiblement lui montre le chemin. Ce qui a été interprété comme un petit peu aussi par certains un petit coup de Angela Merkel donc qui avait souhaité la victoire de Sarkozy he la reconduction de Sarkozy.

Elle voulait pas spécialement de François Hollande comme partenaire de jeu. Donc bon, tout ça ne démarre pas fortement. Et puis c'est vrai qu'il est il est appé dans un tourbillon euh François Hollande et le tourbillon l'embarque assez rapidement dans cette décision terrible qui est de lancer d'engager les forces françaises dans une guerre.

Ouais. En sur le théâtre européen, il s'engage pas nécessairement sur une politique européenne dans tel ou tel domaine. Par exemple, il y a le il y a un sujet qui est la guerre en Europe.

Ouais. qui est effectivement l'invasion de la Crimée par la Russie. Et donc là, il va s'engager très fortement mais l'Union européenne en effet c'est c'est c'est ça lui apparaît comme un peu secondaire et et en fait là où il va plutôt mettre le paquet aussi, c'est euh ce rôle un peu commercial du président.

C'estàd que le président a un rôle de VRP et alors à la grande surprise je pense de beaucoup euh la France va vendre des armes sous François Hollande comme jamais et le complexe militar-industriel français va se euh frotter les mains parce que on va vendre des rafales euh comme jamais. Nicolas SarkoZi n'a pas réussi à vendre un seul rafale lors de son quinquena et euh et et épaulé par Jean-Ive Ledrian, en fait et bien ils vont se démultiplier et d'une manière générale le business va plutôt bien fonctionner et ce rôle-là il va le prendre très à cœur de manière assez surprenante pour un président socialiste. Alors le Drillant, vous venez de citer son nom, lui il incarne bien cette continuité parce qu'il a été ministre de la défense sous François Hollande et ministre des affaires étrangères sous sous Emmanuel Macron.

À l'échelle de l'Union européenne, est-ce qu'on peut dire que Emmanuel Macron a été peut-être que les événements y ont concouru d'après tout he crise du Covid a été plus présent, plus actif sur la scène de l'Union européenne ? Oui, très clairement mais je ne dirais pas que François Holland a été absent. le rôle de la France dans la gestion de la crise grecque et le rôle de François Hollande et de son et de ses gouvernements a quand même pas été négligeable.

Alors effectivement, il le revendique pas, je sais pas si vous en a parlé dans les entretiens, il le revendique pas beaucoup mais enfin c'est pas du tout négligeable. La grande différence, c'est que Emmanuel Macron affiche D'emblé dès le début de son premier quinquena son sa volonté d'être un européen suractif de et on sait dès le début en fait que le leg l'héritage politique en politique extérieure d'Emmanuel Macron, ça serait ça sera la politique européenne. Alors que François Hollande est sans doute moins convaincu.

C'est vrai qu'il y a pas non plus la connivance avec Angela Merkel. Il y a il y a il y a tout cela qui n'existe pas. Je crois que c'est vraiment en terme de de priorité, d'appétence personnelle, on a clairement un président, Emmanuel Macron, qui est beaucoup plus actif, qui veut changer l'Europe, qui veut faire grandir l'Europe alors que François Hollande, on on va dire qu'il gérait l'Europe.

C'est peut-être un peu exagéré, mais encore une fois, ne pas oublier quand même le rôle de la France dans la crise grecque dans dans le rôle positif à mon sens de François Hollande et de ses gouvernements dans la gestion de la crise greque qui était d'une crise extrêmement grave pour la zone euro. Il nous reste une minute 30. Il y a quelque chose qui dit aussi dans euh dans ce film, c'est que finalement lorsqu'on est affaibli sur le plan intérieur et ça a été le cas de François Hollande, ça a été rappelé dans ce documentaire, c'est aussi le cas durant ce second quinquena d'Emmanuel Macron et bien finalement être président de la France et donc de gérer les affaires étrangères, ça concour à réhausser son image, à la préserver en tout cas à titre personnel pour l'un ou l'autre, c'est c'est deux choses. d'une part en effet réhausser son image pour peu qu'on réussisse quelque chose hein quelques opérations et François Hollande notamment avec la COP 21 par exemple a réussi un coup quand même assez impressionnant puisque il a rassemblé plus de 130 ou 140 pays autour d'un accord ce qui n'était pas gagné par avance mais il y a aussi quelque chose qui est que au quotidien d'une certaine manière pour un président mais la politique étrangère est-ce que d'une certaine manière elle aura pas sauvé l'image de François Hollande Auelà de ça, c'est leur oxygène.

Ouais. C'est le moment aussi où ils s'évadent, où ils prennent l'avion, où ils se promènent, où ils sont bien accueilli, où ils sont reçus en grande pompe, où parfois il y a des bains de foule, où on parfois on les acclame dans certains pays parce que parfois la France représente encore quand même dans certaines zones du monde quelque chose et donc ça leur fait du bien tout bêtement. Et donc parce que au fond quand ils sont sur le tritoire français, quand ils se déplacent, ben ils en souvent bah ils sont un peu conspués et cetera.

H Emmanuel Macron peut-il encore espérer que la politique étrangère sauve le le le grand son image durant son 2è quinquena le grand âme de la 5e République le grand drame pardon de la 5e République c'est que on attend qu'un président français soit partout soit présent partout en France sur tous les sujets sur tous les fronts dans le moindre village dès qu'il y a un accident de voiture pardon de l'expression alors qu'en fait la fonction de président de la République les conduit à être absorbée en permanence et François Hollande le dit très bien par les affaires extérieures, par la défense, par le contreerrorisme et tout cela et ça ils ne le comprennent qu'en entrant en fonction. Je me souviens que pour Emmanuel Macron, c'était la même chose. Il était très peu formé aux questions diplomatiques.

Donc tout ceci est vrai. J'ajouterai quand même une chose, il ne faudrait pas laisser croire que les présidents de la République française prennent des initiatives pour améliorer leur image à l'intérieur. Alors ça d'expérience, je crois que c'est extrêmement rare voir inexistant.

Non, ils ils sont conscients de leur responsabilité et ils se disent pas "Je vais aller faire un coup à l'international pour améliorer mon image à l'intérieur à ma connaissance. C'est extrêmement rare que ça se passe comme ça." Si ce n'est peut-être le rôle parfois euh de chef de guerre.

Non, on on n entre pas en guerre pour ce pour non il font non, ils le font pas pour ça. Mais il se trouve que quand ils endossent le trayi, il y a un on voit en général pendant quelques semaines un effet sondagé. Absolument.

C'est vrai. Et ben ça sera le mot de la fin. Et c'était bien aussi de rappeler ce qui a été dit dans ce documentaire.

Le chef d'État français est aussi le chef des armées hein et ce qui est une des spécificités françaises. He c'est pas le cas en Allemagne. Voilà par exemple.

Merci vraiment à tous les deux d'avoir participé à ce débadoc aujourd'hui. Doraiit tout spécialement merci à vous he pour ce film que nous avez proposé avec Michel d'Armond à l'occasion de cette émission. Merci à féliciter Gavalda qui m'a aidé comme à l'accoutumé à préparer cette émission. #tag débadoc, c'est l'adresse où vous pourrez réagir à ce qui était dit euh durant toute cette émission.

Je vous donne rendez-vous pour un prochain débadoc, ça sera bien sûr avec son documentaire et son débat. À très bientôt. [Musique] [Musique]