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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 16 janvier 2026 24 min

Groenland : "On ne cherche pas à faire peur, on cherche à défendre nos intérêts”

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Alice Rufour et merci d'être avec nous sur France info. Vous êtes ministre délégué auprès de la ministre des armées des anciens combattants. Beaucoup de choses à voir avec vous ce matin évidemment le réarmement de la France de l'Europe, le budget de la défense bien sûr le nouveau service national mais commençons avec l'actualité du moment.

Selgroenland cette mission européenne à la demande du Danemark avec notamment Allemagne, Royaume-Uni, Suède mais aussi la France. Une quinzaine de chasseurs alpins sur place. On ne prévoit de faire peur à qui avec un soldat ?

On cherche pas à faire peur, on on cherche à défendre nos intérêts. Euh bon, c'est un exercice juste pour préciser parce que les mots comptent en la matière. Vous avez une situation où un pays européen, le Danemark, fait appel à ses alliés pour dire "Je dois défendre ma souveraineté face à une montée des tensions des rivalités de puissance dans la région Artique et au Groenland et qui appelle à contribution ses alliés." On répond.

H Emmanuel Macron hier a annoncé des moyens terrestres, aériens, maritimes. Il a annoncé que ce sera envoyé dans les prochains jours. Est-ce que ça veut dire que cette mission européenne militaire, elle elle a vocation à gagner en puissance ?

Est-ce que à terme il y aura plusieurs centaines de soldats français ? Oui. Alors, c'est je vois que depuis hier, il y a un débat sur les chiffres, combien puis chacun annonce.

Bon, c'est pas comme ça que ça se passe en réalité. Si vous voulez, quand vous faites un exercice, vous pouvez aller jusqu'à effectivement plusieurs centaines. Ça a été le cas.

D'ailleurs, l'année dernière, on en parle pas, mais il y a eu un exercice qui a été organisé à la demande du Danemark qui s'appelle Artic Light, qui a réuni, je crois, à peu près 500 euh militaires issus des pays de l'OTAN. Bon voilà, donc ça ça existe mais simplement quand on monte un exercice comme celui-là, on n'annonce pas au fil de l'eau. Il y a d'abord des demandes danoises, ensuite on se coordonne et puis c'est l'effet produit qui compte dans un exercice plutôt que le nombre.

Donc pour bien comprendre, malgré tout le nombre est quand même important. On est c'est plutôt plusieurs dizaines de soldats français ou plusieurs centaines de soldats français. dépendra des besoins.

Mais vous savez là, vous parlez des des donc des des commandu de montagne et cetera qui sont la dimension terrestre. Le président a dit il y aura une dimension aérienne et une dimension de surveillance maritime. Ce qui ce qu'il faut dire et pour expliquer, c'est que par exemple, je reprends l'exemple de l'exercice de l'année dernière, vous aviez des avions de de ravitaillement, par exemple le fameux Air MertT dont on a tous vu hier les images.

Vous aviez euh des éléments par exemple de surveillance maritime parce que c'est quoi l'effet produit ? C'est quoi qu'on recherche ? C'est ça le truc qu'il faut savoir, c'est en gros c'est pouvoir travailler dans les conditions de grand froid, c'est pouvoir envoyer un signal stratégique.

On défend le territoire sur lequel on est souverain. Voilà. Donc c'est l'effet produit plutôt que le nombre par domaine.

C'est malgré tout un tournant. Et est-ce qu'il faut y voir dans cette mission une première étape avant l'envoi de troupe combattantes où est-ce que justement c'est le scénario qu'il faudrait absolument éviter pour vous ? Mais quand euh l'Union européenne ou les les pays membres de l'Europe font euh un exercice militaire, c'est un signal.

C'est pour donner un signal. C'est-à-dire un signal de détermination. Mais à tout le monde, quand on défend sa souveraineté, bon, il y a dans l'article, au-delà du Groenland euh au sens strict, il y a dans l'article une menace russe et euh une présence chinoise de plus en plus important.

C'est pas nouveau, ça date pas d' 15 jours. Nous, on a fait une stratégie artique l'année dernière justement pour expliquer quels étaient les enjeux, nous ministère des armées. Euh et donc voilà, quand vous avez une rivalité de puissance qui s'accentue dans une zone qui est stratégique et on peut y revenir si vous voulez, bah forcément vous devez euh montrer que vous êtes capable de défendre votre souveraineté.

Et ensuite, il y a la question des États-Unis. Et évidemment que le signal qui est donné, il est aux États-Unis aussi, mais il est il est il est européen le signal et c'est ça qui est très important et qui est effectivement un un changement important, une avancée importante. C'est quand même pas complètement clair.

Enfin, ce que vous nous dites l' mais ce qu'on peut entendre de certains de nos alliés, la ministre des affaires étrangères suédoises par exemple, c'est valable aussi du côté allemand où on nous dit voilà, il s'agit d'issuader la Russie et la Chine qui ont renforcé leur présence dans l'article. Personne ne parle des États-Unis, enfin tout le monde parle des États-Unis sur des antennes. Sans le dire sans le dire.

Mais mais écoutez euh les États-Unis ont enfin je pense qu'on a été assez clair nous sur la question du du Groenland. Le il faut défendre la souveraineté territoriale des pays membres. C'est a de la solidarité stratégique qui s'exerce.

Le Danemark, on va pas parler à la place du Danemark. Le Danemark a été très clair. Les Groenlandais ont été très clairs.

Il nous demande quelque chose, on répond. Voilà, il c'est par rapport à la menace qui effectivement existe dans la région et qui est documentée depuis plusieurs années d'une d'une présence de plus en plus affirmée de la Chine et de la Russie, mais évidemment qu'il y a la question euh des États-Unis sur lequel il demande au fond quelle est la justification de la position américaine. Il y a justement ces éléments sur la Russie et la Chine et puis il y a aussi la volonté d'acquérir le Groenland.

Ça c'est mais quand vous dites signal, c'est le mot que vous avez utilisé, le signal envoyé aux États-Unis, il consiste à dire quoi ? que les Européens sont déterminés à défendre leur souveraineté. Mais c'est pas qu'aux États-Unis, on quand on envoie un signal sur la volonté de défendre sa souveraineté, on l'envoie à tout le monde et on l'envoie aussi à nous-même.

J'ajoute un point. Qu'est-ce que ça voudrait dire qu'on le fasse pas ? Nous aussi, on a des territoires en outreem, on les protège.

Si si on se dis finalement, c'est pas grave, ben si c'est grave, on défense la souverainé. L'idée c'est de démontrer que le Groenland n'est pas défendu que par des attelages de chien de traîneau comme le dit Donald Trump. Non non le je crois pas qu'on puisse qualifier quand on regarde les les exercices de l'année dernière.

C'est Donald Trump qui le dit. Oui mais enfin bon pardon mais un avion MRT un navire de surveillance maritime et puis les moyens aussi déployés par le Danemark et puis les autres européens. Je crois pas que ce soit des chiens traîneaux même si les chiens traîneaux ça peut être utile dans les plans grand froid.

Alors, écoutez justement la réaction de la porte-parole de la Maison Blanche. Elle s'est exprimée, c'était hier soir. Je ne pense pas que le déploiement de troupes en Europe a un impact sur la prise de décision du président.

Cela n'a aucun impact sur son objectif d'acquérir le Groenland. Aucun impact. Donc ça veut dire que finalement on s'agite mais ça ne sert pas à grand-chose.

Enfin, il y a pas d'effet manifeste sur la Maison Blanche pour le moment. Mais quand on quand on défend sa souveraineté, quand on est déterminé à être solidaire de ses alliés sur la défense de sa souveraineté, on le fait parce qu'on veut faire ce qu'on ce qui est dans notre intérêt. Mais ça vous inspire quoi cette réaction de de la porte-parole de la maison ?

J'entends la volonté d'acquérir le Groenland. Bon, c'est pas un territoire à vendre, c'est un territoire souverain de l'Union européenne et puis et puis et puis de l'OTAN. Bon, je sais pas ce que ça veut dire si vous voulez un pays de l'OTAN qui voudrait d'une manière par la force, même si j'ai l'impression que ça a été quand même plutôt écarté ou par l'acquisition euh s'emparer du territoire d'un autre.

Enfin, c'est c'est un scénario dans lequel voilà, c'est la fin de l'Alliance Atlantique, mais on en est pas là. On est pas auelà de ça, Alice Rufo, ce que dit cette réaction, c'est en gros bon euh vous autres européens, vous ne nous impressionnez pas beaucoup. C'est quand même ça que dit cette réaction de la porte-parole de la maison. que l'objectif c'est pas enfin c'est se positionner cette porte-parole se positionne dans une dans une dialectique de confrontation et de rapport de force.

On est dans une alliance. Dans une alliance, on défend des intérêts stratégiques communs. Le Danemark a été largement solidaire des États-Unis par le passé.

S'est engagé à la demande des États-Unis dans de nombreuses opérations et cetera. C'est ça la solidarité stratégique. Voilà.

Donc on n'est pas dans une situation de confrontation. Maintenant les États-Unis disent que le Danemark n'a pas fait assez, que les Européens n'ont pas fait assez. C'est faux.

D'ailleurs, la preuve, on est en train de le renforcer et cetera et après il y a aussi des éléments qui doivent être fixés de respect de la souveraineté. Et donc, je crois que le Danemark a été très clair sur le fait que le et le Groenland aussi que c'était pas à vendre, qu'il y avait pas de débat sur la souveraineté. Voilà.

Mais en cas d'escalade, enfin vous nous dites ce matin, bon, il y a il y a peu de risque qu'il y ait une intervention du moins militaire des Américains. C'est ce que vous vous comprenez. Mais en cas de d'intervention américaine, qu'est-ce qu'il se passe ?

Et nous, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que nos soldats restent sur place ? Est-ce qu'on entre en conflit ou est-ce qu'ils s'en vont ?

Pour l'instant, franchement, on se place pas dans ce scénario et et d'abord, c'est quand même difficile de faire des scénarios fiction sur des situations aussi graves que celles que vous évoquez comme une hypothèse au fond de confrontation au sein de l'OTAN. Je veux dire, c'est un autre monde. Voilà, si jamais ça devait se passer, c'est un autre monde.

Et un point quand même, l'Alliance Atlantique, la manière dont je l'entends parfois restituer, on a l'impression que c'est que pour les Européens et cetera. Mais pardon, dans l'Arctique, les États-Unis ont des intérêts de sécurité. Dans l'Atlantique nord, les États-Unis ont des intérêts de sécurité.

L'Alliance atlantique, le fait d'avoir des partenaires, le fait d'agir de manière collective, le fait pardon aussi de vendre des armes à l'Europe comme ils l'ont beaucoup fait notamment au Danemark, il y avait une position très atlantiste par le passé qui a beaucoup changé sur cette position là en faveur de la souveraineté européenne, mais quand même c'est dans l'intérêt des États-Unis. D'ailleurs, vous avez vu aussi les réactions au Congrès qui ont pu avoir lieu et cetera. Donc à la question que vous me posez, je veux dire c'est on se met pas dans un scénario qui est un scénario dans lequel nous ne sommes pas et dans lequel personne ne souhaite aller.

Vous ne vous mettez pas dans ce scénario, on l'entend, mais est-ce que aujourd'hui c'est pour vous quelque chose qui est imaginable ou qui est de l'ordre de l'inimaginable ? Ah ben si vous voulez la la le scénario dans lequel un pays de l'OTAN, aussi important que les États-Unis s'emparerait par la force quelle que soit la modalité du territoire d'un autre pays de l'alliance. Non, quand on raisonne rationnellement en fonction de ses intérêts, en fonction de ses principes et cetera, on peut pas prendre des décisions sur la base d'un scénario qui est un scénario du pire.

Voilà. Donc, on réfléchit mais nous la manière dont on travaille en matière militaire sur les exercices et cetera, c'est un la défense de nos intérêts. C'est pour ça qu'on fait des exercices hein, c'est pas uniquement pour envoyer des signaux.

Pourquoi on fait des exercices dans l'article ? Parce qu'il faut pouvoir intervenir dans ces dans ces dans ces zones où quand même le froid implique une adaptation des forces. C'est pour ça qu'on s'entraîne, c'est pour ça qu'on le fait.

C'est pour défendre nos intérêts, c'est pour défendre nos souverainetés. C'est pas juste en fonction des déclarations d'un tel ou un tel. D'un mot, ça pose quand même la question de notre attitude à nous européens, à nous aussi français vis-à-vis de cet impérialisme américain.

Et on voulait euh euh vous montrer euh cette photo ce matin, euh une photo que vous avez posté sur votre réseau social X. Voilà, elle s'affiche pour ceux qui nous regardent à la télévision. On vous voit donc au côté de Charles Kouchner qui est donc le l'ambassadeur des États-Unis en France.

Vous l'avez rencontré au mois de décembre. Or, on sait que ces relations notamment avec le qued d'Orset sont plutôt compliquées. Vous de là où vous êtes au ministère des armées, vous revendiquez de d'avoir ces liens avec les Américains, de leur parler finalement dans ce moment de tension ?

Alors complètement, moi j'assume complètement. Pourquoi je l'ai vu en l'occurrence ? C'est parce que nous préparions la réunion de la coalition des volontaires qui s'est tenue la semaine dernière à l'Élysée et où on recherchait au fond une convergence entre les Européens, les Ukrainiens et les Américains pour défendre la souveraineté de l'Ukraine à un moment où évidemment la Russie continue de pilonner, on en parle plus mais enfin ça continue notamment sur les infrastructures énergétiques.

Bon voilà, faut préparer cette réunion, ça s'appelle les canaux diplomatiques. Il y a aussi des canaux diplomatiques de défense. Donc oui, absolument c'est la réal politique, c'est la diplomatie.

Il reste des interlocuteurs en qui on peut avoir confiance les États-Unis. Oui, on travaille avec moi je suis allée je pas j'ai pas j'ai rencontré l'ambassadeur mais je suis aussi allée au au Pentagone où j'ai des homologues où où on travaille. Je crois que la coalition est quand même un exemple de mais un exemple intéressant parce que au fond c'est d'abord les Européens qui ont pris l'initiative sur les garanties de sécurité.

C'est nous qui avons lancé cette coalition avec les Britanniques, avec d'autres. Voilà et on est allé voir les Américains sur la base de quelque chose qui était fait entre européens. C'est une coalition qui est très européenne aujourd'hui.

C'est cette coalition-là qui assure le soutien à l'Ukraine. Donc on il y a des choses qui ont quand même beaucoup bougé. Et quand on va voir les États-Unis, on leur parle au nom du fait que on a travaillé dans cette coalition, qu'aujourd'hui c'est l'Europe qui est sur le soutien à l'Ukraine, qui le paye, qui le finance, qui le fournit et que cette coalition permet de donner des garanties de sécurité.

Donc c'est un dialogue opérationnel. d'un mot encore quand même parce que c'est intéressant ce que vous dites sur cette sur cette coalition des volontaires sur l'idée qu' faut avancer avec les Américains. On peut se demander aussi si les réactions de certaines chancelleries et vous êtes un peu plus clair que certains ce matin qui parlent de du Groenland, la Chine, la Russie sans jamais citer les États-Unis, est-ce qu'il y a pas aussi une crainte d'être lâché par les États-Unis sur le dossier ukrainien ?

Mais je pense que le moment qu' en étant pardonnez-moi, offensif ou du moins défensif un petit peu fortement sur le sujet du Groenland. Le moment qu'on vit en Europe, c'est quand même un moment où on se où on se rend compte partout en Europe que les concepts d'autonomie stratégique qui ont été si critiqué par le passé comme étant une idée française, pardon de le dire comme ça hein, mais finalement vu l'accélération des menaces, vu l'accélération du monde, les avoir des dépendances si fortes est un sujet. Voilà, on n'est pas dans la même tradition.

La France a revendique de long de longues dates et puis il y a eu le discours de la Sorbonne en 2017 et cetera. une volonté à la fois d'indépendance et de souveraineté européenne. Parfois, certains de nos alliés en Europe euh avaient une position qui n'était pas exactement la même que la France en la matière et qui était euh très allente sur justement le fait de se mettre sous sous le parapluie euh américain, sous la protection américaine.

Bon voilà, mais ce que ce que je constate c'est que il y a eu ce débat pendant des années. Aujourd'hui, on a eu la pandémie, on a eu la guerre en Ukraine, on a ce qui se passe aujourd'hui. Voilà, il faut avancer sur cette souveraineté, cette autonomie auto européenne et ça bouge la coalition des volontaires.

Ce qui se passe au Renland, ça avance. Vous parliez d'autonomie, ça passe aussi par le par le réarmement. On va en parler dans une minute.

D'abord toute l'info, il est 9h le car. Voici Philippine Tibodo. Les députés au repos.

Faute de compromis. Les débats prévus aujourd'hui lundi sur le budget sont reportés. Le texte reviendra dans l'hémicycle le mardi prochain.

D'ici là, le gouvernement espère trouver un accord pour le faire voter, sinon il brandira le 493 ou l'ordonnance. Une mission militaire européenne au Groenland. Mais pour qui pourquoi ?

En raison des menaces russes et chinoises dans l'Arctique, répond le ministère allemand de la défense, sans évoquer les ambitions de conquête de Washington qui précise que ce déploiement de soldats ne change rien à son objectif, je cite, d'acquérir le territoire autonome danois. Rongeur, cafare, surpopulation carcérale. La Cour européenne des droits de l'homme épingle la prison d'Els à Strasbourg.

L'instance saisi par un ex détenu incarcéré en 2016 qui condamne donc la France à lui verser une compensation financière pour dommage moral. Et puis voilà un bon début pour l'équipe de France. Les handballeurs français tenant du titre ont battu hier la République tchèque pour son premier match de l'Euro 42 à 28.

Ils enchaînent dès demain face à l'Ukraine. France info, le 830 France info. Adrien Bec, Mathilde Sirot.

De retour dans le 830 de France info avec notre invité ce matin, la ministre déléguée aux armées Alice Ruffo. Vous étiez hier au côté d'Emmanuel Macron sur la base aérienne d'Istre. Il présentait le président de la République ses vœux aux armées et il a semblé pousser une espèce de de coup de gueule.

En tout cas, il a exprimé un certain agacement euh à propos de nos industriels de la défense. On l'écoute. J'ai besoin d'une industrie de défense qui s'adapte davantage, qui ne considère plus que les armées françaises sont des clients captifs parce que nous irons peut-être chercher des solutions européennes si elles sont plus rapides ou plus efficaces. et j'ai besoin d'industriel de défense regarde aussi la concurrence de manière plus lucide et à qui je dis allez plus vite, aller plus fort.

Voilà, on sent une sorte d'impatience de la part du président de la République. Est-ce que nos industriels de la défense sont trop lents Alice Ruf ? Il faut accélérer.

Il faut accélérer parce que euh on voit bien la nature des menaces et surtout, je relie avec notre discussion d'avant, on voit bien que l'industrie c'est quand même un peu le nerf de la guerre là parce que au fond euh partout les budgets en Europe augmentent. Le risque c'est quoi ? Le risque c'est que si vous augmentez les budgets et vous avez pas une montée en puissance de l'industrie européenne, vous vous créez des nouvelles dépendances et on le voit chez certains de nos nos alliés qui vont aller chercher beaucoup à l'extérieur et cetera.

Mais une fois que vous avez dit ça qui est la à mon avis la bonne position stratégique et il faut que ça suive. J'ajoute pourquoi ça ne suit pas ? Quels sont les blocages, les lenteurs ?

Mais parce que il y a aussi un changement, vous savez le changement d'état d'esprit dans lequel en fait on vit tous, c'est-à-dire euh au fond se rendre compte que là il faut aller très vite, augmenter le budget de la défense de manière très sensible. C'est le cas, j'imagine, qu'on va y revenir en tout cas la proposition du gouvernement parce que regardons le contexte stratégique dans lequel on est. Et c'est pas que une prise de conscience des autorités, c'est une prise de conscience collective.

Il faut augmenter les cadences, il faut produire plus, il faut aller chercher des marchés. En Europe, nos industriels font de l'export et c'est très important l'export et et c'est parce que c'est ce qui permet de tenir une industrie. Donc, il faut aller chercher les marches.

Des entreprises qui pour certaines produisent deux à trois fois plus qu'au début qu'avant l'invasion de la de l'Ukraine par la Russie. À un moment donné, qu'est-ce qui qu'est-ce qui peut faire qu'elle produise davantage ? Ce sont des pour certaines et on en parlait ce matin d'ailleurs sur France info des entreprises qui ne peuvent plus faire davantage aussi parce qu'elles manquent de personnes formées aussi parce que les chaîne de production sont ce qu'elles sont.

Enfin c'est à un moment donné c'est c'est aussi compliqué. C'est aussi ça la réalité quand même. Oui, vous avez raison.

Je me permets d'ajouter que euh beaucoup de nos industries de défense, on parle souvent des très grandes entreprises de défense, c'est quand même beaucoup de PMETI, 4500 entreprises li travaillent beaucoup euh et qui pardon mais ont besoin ont besoin de commande pour le coup et d'une visibilité et donc pour ça il faut un budget, c'est quand même la priorité. Ensuite ensuite pardon mais le la cadence doit augmenter. Il y a certaines certains domaines dans lequel la cadence a effectivement augmenté.

Vous savez qu'on a lancé des chantiers en terme d'économie de guerre depuis plusieurs années. C'était ce mot qui permettait de de mobiliser les industriels. Mais c'est aussi une manière, je crois pour le président de la République de dire il y a pas d'autonomie stratégique sans industrie européenne forte.

Donc allons-y. La détermination. Est-ce Est-ce que ce n'est pas un peu fort de café de la part du président de la République voilà de s'en prendre aux acteurs, aux industriels de la défense quand on sait que justement vous citizz les les PME, elles ont elles ne peuvent pas avancer la trésorerie.

Donc on a besoin de ces commandes publiques dont elles dépendent. pour augmenter les cadences et pour augmenter leur production. Or, ça dépend du budget de cette enveloppe supplémentaire de 6,7 milliards d'euros que vous proposez pour l'année 2026. ce budget qui est bloqué.

Euh vous avez reçu il y a un peu plus d'un mois sur le plateau de France info, vous appeliez les députés à voter le budget justement pour cet effort de défense. On en est au même point, c'est-à-dire que il va y avoir des retards en fait liés à ce budget qui n'est pas voté concernant la défense. Il y a déjà eu un retard l'année dernière et on l'a vu, ça a posé des problèmes, ça nous ralentit.

Il y aura un retard forcément cette année là. Bah par construction puisque le budget a pas été adopté dans les temps. Très concrètement, ça va se traduire comment ?

Ben très concrètement, si vous avez pas un budget, vous avez pas de commande. Donc euh vous avez pas de possibilité de d'avancer dans je je rappelle hein, pourquoi on a une industrie de défense, c'est pour se défendre, c'est pour faire tout ce qu'on fait en terme d'autonomie stratégique de la France, de l'Union européenne et cetera. Donc en fait, il faut un budget.

Voilà, c'est vrai hein. Vous en voulez aux parlementaires, vous leur dites là ça suffit. Je je non parce que je je vais vous dire c'est pas une question d'en vouloir ou pas mais simplement depuis le moment où j'étais venu vous voir sur ce plateau, il y a eu un débat qu'on dit 50 ti1 qui a souhaité le premier ministre un débat sans vote devant l'assemblée.

Les parlementaires ont voté dans ce cadre, pas le budget, voilà, ça se saurait, mais en faveur d'une augmentation du budget de la défense. Donc, mais en même temps, si vous voulez, on peut pas le matin défendre l'indépendance nationale, la souveraineté et l'après-midi pas trouver les compromis pour un budget. Ça c'est pas vrai.

On peut aller plus vite, vous le savez. On a des instruments dans la Constitution qui permettent voilà d'abréger peut-être les débats qui n'aboutissent pas et de déclencher là des ordonnance là 493 pour qu'on ait un budget dans les prochaines heures. Oui, c'est ce que le premier ministre a dit et puis on les propositions seront faites.

Vous êtes soulagé pour votre ministère que le premier ministre se décide à aller plus vite ? Je trouve qu'il y a dans un moment très parlementaire où il y avait un consensus quand même assez large parmi les forces politiques pour tenir compte du contexte international. Je trouve que les forces politiques qui disent "Je suis favorable à indépendance nationale mais je ne je ne fais pas de compromise pour le budget.

Je je veux que la la voix de la France dans le monde soit plus forte pour défendre sur le Mercosour sur le respect du droit international mais au fond je suis prêt à affaiblir la loi la voix de la France en déposant des motions de censure en créant le chaos. Ce sont des mensonges. Ça n'est pas responsable. effectivement ça relève un peu du sabotage comme je crois que le terme a été dit.

Donc voilà, c'est décevant pour de la part de ces forces politiques. C'est c'est bien de la part des forces politiques qui décident de jouer le jeu démocratique, de faire un compromis et de dire le pays doit avancer, on est déterminé aussi à se défendre. Voilà.

Et on le fait par la voie démocratique et de la démocratie parlementaire qui permet un compromis. Si on refuse le compromis, c'est pas vrai qu'on défend ce qu'on dit défendre en terme d'indépendance nationale et de et de défense de la souveraineté européenne. C'est pas vrai.

Alors ce qui était étonnant aussi de la part du chef de l'État hier qui s'est exprimé euh concernant les armées sur cette base aérienne, pas un mot sur le scaf, ce grand projet d'avion du futur que nous portons avec les Allemands. Qu'est-ce que ça veut dire Alice Rufa ? Ça veut dire que ce projet est encore au point mort et qu'on n' pas suffisamment avancé pour que le président puisse en dire quelque chose dans ses vœux ?

Non, ça veut dire que que il y a des discussions qui qui ont eu lieu depuis le mois de novembre et se sont poursuivi en décembre. Je pense que février. Oui, mais là il y a la fameuse phase 2, vous savez, pardon pour la technicité du Mais donc il y a des il y a des discussions qui qui se prolongent avec l'Allemagne.

Il y avait eu un échange au moment du Conseil européen en décembre. Sous peu, il y aura une communication sur le sujet. C'est juste parce que les diffusions sont pour nous dire que les choses avancent.

Bah c'est une discussion, c'est une négociation pour voir comment on peut travailler ensemble avec nos mais on voit bien dans ce débat là comment au fond on le réarmement de l'Europe implique de discussions aussi stratégiques avec nos partenaires européens. Voilà tout bouge, tout bouge très vite et vraiment il faut qu'on puisse avoir une aviation du futur interopérable, forte et compétitive. C'est important.

Encore un mot Alice Ruf sur la défense pour le coup de notre de notre territoire. Nous sommes à porté de tirs russes. Nous devons nous saisir de nouvelles armes.

Nous devons avancer sur des capacités de feu dans la très grande profondeur. Ça, c'est ce qu'a déclaré le président Emmanuel Macron hier. Capacité de feu dans la très grande profondeur, ça veut dire être capacité de tirer loin.

En clair, est-ce que ça veut dire que demain la France doit être en capacité de frapper Moscou ou Saint-Pétersbourg ? La Russie a beaucoup escaladé depuis quelques années et singulièrement depuis quelques mois avec l'utilisation de ces fameux missiles qui rentrent qui d'habit dont on considérait qu'il rentrait dans la grammaire nucléaire et que donc sur le plan conventionnel, il n'était en gros pas utilisé. Euh c'est la Russie qui escalade.

Bon, quand on a une puissance membre permanent du conseil de sécurité qui continue l'escalade en ce sens, il faut aussi en tirer les conclusions. Donc il faut face à des missiles très longs porté comme cela, qu'est-ce qu'il faut au fond ? Il faut des moyens de détecter.

C'est ce qu'on appelle l'alerte avancée, c'est-à-dire de les voir venir tout simplement. Il faut des moyens de s'en protéger parce qu'on appelle aujourd'hui. la loi de programmation militaire et qui a considérablement renforcé les différents segments, je disais alerte avancé, protection aérienne et antimissile et capacité de au fond gérer une une escalade telle que la Russie nous nous la répondre en fait d'avoir les moyens en tout cas de répondre et de et de comprendre que on est quand même dans une situation de de grande conflictualité et de non respect de ce qui avait été agréé dans un en fait l'idée ce que vous nous dites c'est que dans un souci dissuasif on doit être capable de dire oui s'il le faut on peut frapper le territoire russe.

Il faut avoir les moyens de répondre à la menace telle qu'elle est employée par nos adversaires. Voilà, de manière défensive, de manière non escalatoire. Encore une fois, on est nous, on a des armées, des moyens de défense pour se défendre et pour défendre nos alliés, pas pour attaquer.

Voilà, ça la Russie mène sous voute nucléaire d'ailleurs une politique de sanctuarisation agressive pour envahir un territoire. c'est pas ce que fait l'Europe ou ce que fait ce que font les les puissances de de de européennes. Mais dans la pour vous répondre très précisément, dans le budget tel qu'il a été proposé porté par la LPM, il y a des moyens additionnels de protection aérienne et antimicile.

Il y a des moyens d'alerte avancée et il y a des moyens qui nous permettent d'avancer vers ses capacités de frappe dans la profondeur. Soit on regarde la menace, soit on la regarde pas. D'où l'importance d'avoir un budget de défense.

Un grand merci Alice Rufo. Vous êtes ministre délégué auprès de la ministre des armées et des anciens combattants. Merci d'avoir été l'invité du 830 France info.

Merci bien sûr Mathilde Sirot, notre conseur de l'hebdomadaire. Le point resté sur France info.