Organisons un référendum sur l'immigration ! - Laurent Jacobelli (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Donc en fait, votre coup de pression a fonctionné ? Vous dites bravo Michel Barnier ?
- 1:25RelanceÉludée
Sur la question de la possibilité de réformer la Constitution, les textes tels qu'ils existent ne permettent pas normalement de consulter les Français sur la question migratoire.
- 2:24OuverteRéponse directe
Pauline de Saint-Rémy, on entendait la réaction de Gabriel Attal ce matin, qui dit que la loi immigration n'est pas prioritaire. À quoi il joue ?
- 3:56OuverteRéponse directe
Juste Pauline de Saint-Rémy, pour revenir sur ce que peuvent se dire les Français ce soir, toujours sur le décalage entre la dissolution, le vote des Français et une loi immigration.
- 5:31FerméeRéponse directe
Vous diriez par exemple que l'immigration n'est pas une chance pour la France ?
- 7:04OuverteRéponse directe
Hier, dans votre émission, on a mis en avant la question du délai de rétention dans les centres de rétention administratifs. On va faire une nouvelle loi immigration, juste pour permettre d'allonger ce délai ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Invité politiqueChiffre
« nous portons la voix de 75% de Français qui n'en peuvent plus de cette immigration telle qu'elle est gérée aujourd'hui »
- 1:09Invité politiqueChiffre
« les Français vont voir leurs soins de santé déremboursés de 70% à 60% au moment où le gouvernement va augmenter l'aide médicale d'État »
- 1:18Invité politiqueFait
« les soins gratuits aux clandestins »
- 10:07Invité politiqueFait
« il n'y a aucune fatalité à ce qu'un prisonnier sur quatre en France soit un étranger »
- 10:50Invité politiqueChiffre
« 1,1 milliard »
Temps de parole
- Laurent Jacobelli29 %
- Présentateur21 %
- Invité16 %
- Invité 215 %
- Invité 315 %
- ?4 %
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Laurent Jacobelli, moi j
'ai
le souvenir de la réponse de Marine Le Pen à la tribune de l'Assemblée qui dit une des conditions pour qu
'on
ne censure pas le gouvernement Barnier, c'est qu'il y ait une loi d'immigration. Donc en fait, votre coup de pression a fonctionné ? Vous dites bravo Michel Barnier ?
Ça s'appelle l'opposition d'influence, c'est-à-dire que nous sommes le premier groupe à l'Assemblée nationale, nous portons la voix de 75% de Français qui n'en peuvent plus de cette immigration telle qu'elle est gérée aujourd'hui et nous la portons à l'Assemblée nationale et clairement nous sommes entendus, en tout cas dans les intentions, parce qu'on a vu qu'il y a eu beaucoup d'agitation dans le passé sur la question de l'immigration, il va falloir passer maintenant à l'action, parce qu'effectivement on nous promet une loi d'immigration, mais Jean-Louis Debré l
'a
très bien expliqué, qu'est-ce qu'il y a dedans
?
Est-ce qu'on réforme le droit du sol ? Est-ce qu'on supprime les allocations familiales aux étrangers qui sont arrivés en France ? Est-ce qu'il y aura un départ immédiat pour les délinquants et les criminels étrangers une fois qu'ils auront purgé leur
peine en France ? Vous
nous dites
que vous allez rédiger
vous-même cette loi en fait.
Donc ce qu'on va faire nous, c'est qu'on va proposer, comme on le fait depuis l'élection présidentielle, un référendum pour que les Français se prononcent et qu'ils soient inscrits dans notre Constitution les principes de l'immigration tels que les Français le veulent. Vous savez, il y a des paroles d'amour et il y
a
des actes d'amour. Si on regarde pour l'instant le seul acte qui nous a été donné, c'est que les Français vont voir leurs soins de santé déremboursés de 70% à 60% au moment où le gouvernement va augmenter l'aide médicale d'État, c'est
-à
-dire les soins gratuits aux clandestins. Pour l'instant, on ne prend pas le chemin d'une révision de la politique migratoire.
Quelques éléments de précision, Laurent Jacobelli. D'abord, sur la question de la possibilité de réformer la Constitution, les textes tels qu'ils existent, en tout cas l'article 11, ne permet pas normalement de consulter les Français sur la question migratoire. Je parle sous le contrôle
de Jean-Louis Debré. Il y a débat.
Non, il n
'y a
pas débat.
Ah si, il y a débat. Non, non, il n'y a pas débat. Parce qu'on
parle des questions sociales, par exemple, et économiques. L'immigration a
un impact social. En tout cas, la majorité des juristes
considèrent qu'il n
'y a
pas de possibilité. Deuxième élément juste sur la question de l'aide médicale
d'État. C'est
votre avis, mais attendez, il y a quand
même débat. Et si on
reprend ça, le général De Gaulle n'aurait jamais pu faire son référendum.
C'est effectivement la seule exception. Et sur
l'aide médicale
d'État, il y a effectivement une augmentation de 8%. Oui. Mais le panier, si j'ose dire, de l'aide médicale d'État n'évolue pas. Mais son budget progresse de 8%. Je
ne vous donne pas la parole dans un autre temps. Non, mais
attendez, c'est important quand même de dire les choses précisantes. Il n'évolue pas. Vous pouvez vous faire de la rhinoplastie avec l'aide médicale d'État, c'est-à-dire vous refaire le nez. Vous pouvez vous faire poser un nano-gastrique, tout ça, et dans la liste des choses qui sont autorisées. Quand on
regarde le détail
des dépenses, c'est clairement pas la majorité. Mais clairement,
l'intention,
elle est claire.
Les Français doivent faire des efforts, pas les migrants.
Pauline de Saint-Rémy, on entendait il
y
a un instant, dans l'instantané qu'on a montré, la réaction de Gabriel Attal ce matin, qui dit, la loi immigration, pour moi, franchement, ce n
'est
pas prioritaire. À quoi il joue, Gabriel Attal ? Est-ce que c'est, encore une fois, le fait qu'il n'ait pas digéré cette dissolution que vous racontez dans votre livre et donc qu'il essaye de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement Barnier ? Est-ce que c'est sincère et il pense donc qu'il n
'y a
pas besoin de faire une loi immigration ?
C'était la réaction que tout le monde attendait, parce que depuis 24 heures déjà, les députés membres de son groupe EPR à l'Assemblée avaient beaucoup réagi. Pour une raison simple,
c
'est que le ministre qui annonce ce futur texte, dont on ne sait pas s'il sera un projet de loi ou une proposition de loi, c'est-à
-dire
qu'il émanerait éventuellement du Parlement, le Matignon ne l'a pas encore précisé, c'est qu'il se trouve que c'est le ministre qui a dit récemment que l'immigration n'était pas une chance pour la France. C'est ça qui explique la réaction des députés macronistes. Moi, j'ai surtout retenu autre chose de la prestation, si je peux dire, de Gabriel Attal ce matin chez nos confrères de France Inter.
C
'est aussi qu
'il
était un petit peu ennuyé, parce que la réalité, c'est qu'il ne sait pas ce qu'il y
a
dans le texte. Et ça revient à ce que disait M. Debré, c'est que c
'est très
compliqué de crier avant d'avoir mal. Et c'est là où on voit que c'est évidemment une manœuvre politique de la part de Bruno Retailleau, avec, je pense, la complicité de Michel Barri. D'ailleurs, on a appris tout à l'heure par nos confrères Dupont qu'ils allaient faire un déplacement ensemble vendredi. Et
c'est sans doute le signe
que le Premier ministre veut afficher son soutien à ce ministre de l'Intérieur pourtant décrié. Enfin, voilà, moi, il me semble que la réaction de Gabriel Attal, elle était un petit peu à double tranchant. C'est-à-dire, attention où vous allez, et en même temps, on verra bien un petit peu ennuyé.
Je vous redonne la parole dans un instant à Jean-Louis Debré, juste Pauline de Saint-Rémy, pour revenir sur ce que peuvent se dire les Français ce soir, toujours sur le décalage qu'il peut y avoir entre la dissolution, le vote des Français et une loi immigration. Il
y
a deux façons de voir les choses.
Ils
peuvent se dire qu'en faisant barrage Fonds républicain, ils ne s'attendaient pas forcément à un ministre de l'Intérieur qui dit que l'immigration n'est pas une chance,
c'est
une loi immigration. Et en même
temps,
quand on regarde les sondages, il y
a
une demande très forte de fermeté et d'action sur les sujets migratoires.
Oui,
Bruno Retailleau, il me semble, dit lui-même qu'il a été le premier surpris. Enfin, il dit, s'il
y
a deux mois, j'avais su que je serais au ministère de l'Intérieur, évidemment, je n'y aurais pas cru. La première conséquence de la dissolution, ça a été l'atomisation du paysage politique. Et il y
a
eu évidemment cette... Alors, j'allais employer le terme de victoire, c'est pas le bon terme, mais le fait que le nouveau Front populaire soit arrivé en tête, qui évidemment ne nous prédestinait pas, a priori, et avoir ni Michel Barnier à Matignon, ni Bruno Retailleau à l'intérieur. Jean
-Louis Dobré
? Arrêtons de fantasmer. Est-ce que oui ou non,
les
Français sont préoccupés par deux problèmes essentiels, la lutte contre la drogue et la lutte contre l'immigration
?
Est-ce que oui ou non, ils ont le sentiment que les armes qui sont dans les mains du gouvernement sont efficaces ? Non. Et d'ailleurs, on le voit bien. C
'est pour
ça que Bruno Retailleau dit « je prends l'opinion publique à témoin », c
'est ce qu'on ne cesse de nous répéter
son
cabinet face aux
critiques.
Quand on fait de la politique,
madame, on peut faire comme M. Macron et ne rien écouter du tout et dire « tout va bien »,
mais
si nous sommes dans cette situation aujourd'hui, c'est parce que le gouvernement précédent et les gouvernements depuis sept ans ont mis la France dans une situation qui est une situation dramatique. Mais
vous diriez par exemple, Jean-Louis Dobré, vous aussi, que l'immigration n'est pas une chance pour la France
? Mais
arrêtons ces mots ! Bah c'est Bruno
Retailleau,
c'est
pas moi, attendez, vous m'engueulez là, c'est pas moi qui dis ça ! On
adore ces débats, c'est pas une chance. Le problème est très simple. Quand vous vivez dans un pays, vous respectez les règles de ce pays. Oui ou non ? Eh bien, moi je considère que la France a toujours été une terre d'accueil à une condition.
C
'est que les hommes et les femmes qui viennent chez nous viennent en situation légale et respectent la loi. Et troisièmement, ce qui ne marche plus, ce qui marchait jadis, c'est le phénomène de l'intégration. Bon, donc,
quand
vous êtes responsable politique, moi je ne fais plus de politique, je joue au théâtre.
Parfois il y a
quelques points communs.
Quoi
?
Il y
a
quelques points communs entre la politique et le théâtre.
Oui, sauf que quand on joue au théâtre, on joue devant un public qui a payé sa place. Et pas en politique.
Pas tout à fait la même chose.
Et en théâtre, vous ne pouvez pas dire n'importe quoi, en politique on peut. Donc, un, et vous êtes tenu un rôle. Mais ce que je veux dire, c'est que la responsabilité d'un gouvernement, quel qu'il soit, est de répondre aux attentes et aux préoccupations de ses concitoyens. Il y a un problème aujourd'hui, et je ne
veux
pas prendre de faits
divers
dramatiques, il y a un problème aujourd'hui de présence sur le territoire français d'hommes et de femmes qui sont en situation illégale et qui ne respectent pas les lois de la République. Eh bien, si on veut que la République fonctionne, il faut que tout le monde les respecte.
Je vous donne la parole dans un instant, Laurent Jacobili, juste n
'est
-ce
pas
qu
'on
rentre dans le fond des informations dont on dispose sur ce qu'il pourrait y avoir dans ce texte de loi. Hier, dans votre émission, BFM Politique, à votre micro, Maud Bréjon met en avant la question du délai de rétention dans les centres de rétention administratifs. On va faire une nouvelle loi immigration, juste pour permettre d'allonger le délai qui est aujourd'hui à 90 jours, à quoi, par exemple, 180 jours ?
Alors ça, c'est possible, une loi peut n'avoir qu'un seul article. En revanche, si elle n'a que cette disposition-là, politiquement, c'est un peu moins intéressant pour un Bruno Retailleau, d'autant qu'il reprend ou il répond à une demande de Laurent Wauquiez qui souhaitait que ce délai de rétention soit allongé dans les centres de rétention administratifs, qui avait déposé une proposition de loi en ce sens à l'Assemblée nationale. Mais Bruno Retailleau n'a jamais fait mystère, encore une fois, du fait que, par exemple, il souhaitait la réinstauration d'un délit de séjour irrégulier qui avait existé, qui a été annulé ou défait du temps de François Hollande.
Il explique que rétablir ce délit offrirait des moyens d'enquête, notamment pour démanteler des filières. Il n'a jamais fait mystère non plus qu'il souhaitait, sur les prestations sociales non contributives, donc celles auxquelles vous avez droit, pas parce que vous avez cotisé, non contributives, ça veut dire ça, qu'il souhaitait qu'il y
ait
un délai avant que les personnes puissent en disposer.
C
'était dans la loi immigration passée. Ça a été retoqué par le Conseil constitutionnel. Il n
'a
jamais caché non plus qu'il souhaitait que le regroupement familial soit durci. Donc on peut imaginer qu'à la faveur de ce texte, la droite, notamment les Républicains, le groupe dont il est issu, abonde un certain nombre de propositions. D'autant que, politiquement, si on enlève la donnée Bruno Retailleau d'un côté, mais qu'on met sur la table le fait que Laurent Wauquiez et son parti essayent de récupérer un certain nombre d'électeurs partis chez Emmanuel Macron, tant qu'ils peuvent fracturer le bloc central avec des propositions clivantes, tant qu'ils peuvent gagner, surtout s'il
y
a une dissolution l'année prochaine, parce que ça leur permettrait de prendre à témoin l'opinion et de dire « Ah, vous avez vu, les députés macronistes ne votent pas les textes qui sont soutenus par une majorité de Français.
» Laurent Jacobelli, vous dites qu
'il
y a besoin d
'une
loi immigration. On a beaucoup parlé sur ces plateaux de la question des OQTF, les obligations de quitter le territoire français, qui sont, c'est un mal français, peu exécuté, moins de 7% de ces OQTF qui sont exécutés.
Ce
n
'est
pas une question de loi, là. En réalité, les pays d'origine ne délivrent pas suffisamment de
ce
qu'on appelle le laisser-passer consulaire pour pouvoir renvoyer ceux qui n
'ont
pas vocation à être sur le territoire. Vous pourrez faire toutes les lois immigration que vous voulez, les obligations de quitter le territoire français ne seront pas davantage exécutées.
Il y a deux sujets dans ce que vous venez dévoquer. D'abord, la loi et la volonté de faire respecter la loi. Aujourd'hui, ces OQTF, pour employer l'acronyme, méritent effectivement un laisser-passer consulaire de la part du pays dont les migrants sont originaires. Mais ça veut dire un bras de fer engagé. Ça veut dire notamment utiliser l'aide au développement comme levier de négociation, par exemple, avec l'Algérie ou avec un certain nombre de pays. Les transferts financiers qui peuvent être taxés de manière supplémentaire si jamais le pays ne veut pas reprendre ses ressortissants. Mais ces négociations, elles ont peu ou pas eu lieu. C'est-à-dire qu'effectivement, là où vous avez raison,
c
'est pondre des lois qui ne sont pas respectées. Ça ne sert à rien, déjà, je vais vous dire. Si on faisait respecter les lois actuelles, on s'en sortirait déjà beaucoup mieux. Il n'y a aucune fatalité à ce qu'un prisonnier sur quatre en France soit un étranger. Il n'y a aucune fatalité à ce que, aujourd'hui, les faits divers que nous voyons chaque jour nous montrent que les OQTF violent, tuent, alors qu'ils n'auraient plus du tout le droit d'être en France. Et moi, j'entendais les propositions, la trousse que vous venez de dire de M. Retailleau. C'est notre programme. Moi, si M. Retailleau veut appliquer notre programme, chiche, on l'aidera.
Notre volonté, c'est que les Français vivent en sécurité. Encore une donnée, pour bien mesurer le poids de
l
'immigration en France, aujourd'hui. L'aide aux personnes âgées, l'AFPA, aujourd'hui, ce qu'on appelle le minimum retraite, est-ce que vous savez qu'il est versé à 40% à des étrangers qui n'ont jamais travaillé en France ? 1,1 milliard. Au moment où on est en train de dire aux retraités français, vous allez attendre 6 mois avant d'être valorisés. Aujourd'hui, il y a en France une préférence étrangère. Il est temps de mettre en place
la
priorité nationale.
Mais ce n'est pas, mais
Laurent Jacobelli,
c'est ce que nous défendrons. C'est ce que nous
défendrons.
Laurent Jacobelli