Rentrée Stratégique 2026 - Discours de madame la ministre Catherine Vautrin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:14Invité politiqueFait
« Depuis février 2022, la Russie mène contre l'Ukraine une guerre d'agression sans merci. Voilà plus de 4 ans que les Ukrainiens résistent. »
- 4:26Invité politiqueChiffre
« Le président de la République a engagé à une montée en puissance du budget de nos armées qui se traduit par son doublement entre 2017 et 2027. »
- 5:08Invité politiqueChiffre
« En 2026, la mission défense représente 57AR1 millions d'euros hors pension. »
- 5:52Invité politiquePromesse
« Nous devons préparer la guerre qui vient, celle que nous devons gagner. »
- 7:19Invité politiquePromesse
« Notre ambition est de bâtir avec vous une Europe capable de prendre une part croissante et déterminante à sa propre sécurité. »
Temps de parole
- catherine-vautrin99 %
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Madame la députée, mesdames et messieurs les officiers généraux, mesdames et messieurs les ambassadeurs et attachés de défense, mesdames et messieurs les directeurs, mesdames et messieurs, monsieur le directeur, merci de m'accueillir pour conclure cette rentrée stratégique de l'IRSEM à quelques heures avant l'ouverture d'un sommet spatial d'une grande importance pour notre pays, pour notre continent. L'école militaire et tout particulièrement cet amphithéâtre Foche a encore démontré ce matin que sa promesse était tenue. Demeur le carrefour de la pensée stratégique française.
Vos échanges sur l'Europe puissance et sur la place et le rôle de la France dans un monde qui se désaligne pose finalement une seule et même question essentielle, existentielle, oserais-je dire, qui demeure la raison d'être du ministère des armées. Comment rester maître de notre destin ? Nous pouvons en être fiers, vous pouvez en être fier. D'autant plus fier que la pensée produite ici se matérialise dans les actions menées par le ministère que j'ai l'honneur de diriger. Notre première responsabilité, mesdames et messieurs, c'est évidemment de donner à notre pays, la France les moyens de sa liberté dans un monde où le champ des règles apparaît désormais comme un champ de ruine.
Je change quelque part à cette parole de George Brac, ce grand artiste dont chacun connaît la guerre héroïque qu'il a livré. Il disait "J'aime la règle qui corrige l'émotion." La revue nationale stratégique de 25 nous obligeait déjà à regarder en face le risque d'une guerre majeure de haute intensité en Europe. Personne n'en connaît ni la date ni l'heure. Mais nous n'avons pas le droit de fonder notre sécurité sur un espoir qui serait qu'elle pourrait ne pas avoir lieu. Ce ne serait pas seulement irresponsable, cela serait une faute. Depuis février 2022, la Russie mène contre l'Ukraine une guerre d'agression sans merci. Voilà plus de 4 ans que les Ukrainiens résistent.
Une durée désormais supérieure à celle de la Première Guerre mondiale. Dans le soutien à l'Ukraine, la France tient et continuera à tenir son rang. Nous continuerons à aider les Ukrainiens comme nous le faisons depuis la première heure avec nos partenaires tant européens qu'extraeuropéens pour permettre de tenir le front, protéger les villes, les populations civiles, renforcer la défense antiaérienne dans la perspective de l'hiver. un 5e hiver de guerre. C'est tout le sens de notre engagement à contribuer résolument à ce que les Ukrainiens appellent le winter package pour fournir les moyens dont ils ont besoin.
Dans le même temps, Moscou cherche à déstabiliser l'Europe et à diviser ses opinions publiques. Les évén les événements survenus à la psiche l'ont rappelé. Cette stratégie n'a rien à envier aux méthodes déjà éprouvées par les services soviétiques. Travailler les perceptions autant que les rapports de force, désinformer, entretenir l'ambiguité, pratiquer un de façon absolument assidue l'inversion accusatoire. La France est elle aussi directement visée par ces actions au proches et au Moyen-Orient. Nous devons tenir ensemble la protection de nos intérêts, de nos ressortissants, de nos forces, la sécurité de nos partenaires et bien évidemment la liberté de navigation à Ormouse comme ailleurs.
Nous devons bien sûr rechercher des issues politiques à des conflits que nous n'avons pas choisis mais dont chacun de nos concitoyens paye le prix comme d'ailleurs tout le monde aux quatre coins du globe face à ces menaces combinées. L'autonomie stratégique doit se concrétiser dans chaque action que nous menons. apprécier une situation par nous-même, comprendre par nous-même, décider par nous-même, agir par nous-même.
Cela suppose bien sûr une dissuasion crédible, des forces entraînées, des stocks suffisants, des services de renseignement performants, une industrie capable de soutenir un engagement prolongé car la souveraineté se mesure aussi à ce que nous pouvons produire, réparer, remplacer sous très court préavis. C'est fort de ces constats que le président de la République a engagé à une montée en puissance du budget de nos armées qui se traduit par son doublement entre 2017 et 2027. En 2026, la mission défense représente 57AR1 millions d'euros hors pension.
C'est absolument considérable l'actualisation de la loi de programmation militaire et je remercie une fois encore les parlementaires pour leur accompagnement. Cette loi a été promulguée le 16 août dernier. Elle porte cette accélération. Chaque année, mesdames et messieurs, nous devons donner à cette programmation sa traduction budgétaire pour que la loi devienne réalité. Tout dépend de chaque budget, chaque année, année après année pour commander des munitions, livrer les équipements, entretenir les infrastructures, améliorer les conditions de vie de nos militaires, permettre plus d'heures d'entraînement, plus d'heures de vol, plus d'heures de navigation.
C'est aussi améliorer les conditions de vie des familles. Nous devons préparer la guerre qui vient, celle que nous devons gagner. Les drones, la la robotique, l'intelligence artificielle, la guerre électronique transforme l'art de la guerre. Nous le voyons chaque jour sur les différents théâtres contemporains. Ils imposent d'expérimenter vite, de produire en nombre et d'adapter nos équipements, mais aussi bien sûr notre doctrine, notre formation au retour du terrain. Aujourd'hui, le cycle innovation, production, mise en service se compte désormais en semaine.
La supériorité des nations se joue aussi dans la vitesse de cette adaptation comme dans les commandes fermes dont nos industriel ont besoin pour investir et recruter. Alors bien sûr, le réarmement un coût, mais l'impuissance, soyez-en convaincu, en aurez un bien plus grand. Mesdames et messieurs, donnèrent à la France les moyens de sa liberté et notre première responsabilité, faire grandir la puissance européenne est la seconde. Un leadership ne peut se construire qu'avec les autres. Il exige d'entendre les préoccupations de nos partenaires partout sur le continent et de transformer nos convergences en capacités commune.
Je veux le dire notamment à nos partenaires étrangers et aux attachés de défense que je salue tout particulièrement. Notre ambition est de bâtir avec vous une Europe capable de prendre une part croissante et déterminante à sa propre sécurité. Ce que nous vous proposons c'est de faire continent ensemble, c'est de conforter notre position commune face à ces pays continents que sont la Chine, les États-Unis et la Russie. Cela passe par des commandes communes, des programmes communs, des financements prévisibles et une préférence européenne qui soutiennent effectivement nos usines.
Acheter ensemble doit aussi nous permettre de produire davantage en Europe et donc de réduire nos dépendances critiques. Sur ces sujets, plus que tout, nos instruments doivent servir une même volonté politique partagée. Cette Europe que nous appelons de nos vœux permet de renforcer le pilier européen de l'alliance atlantique. Elle lui apporte les alliés les plus capables qui prennent davantage leur part au fardeau commun. J'ai la conviction que notre relation avec les États-Unis ne pourra qu'en bénéficier. Mesdames et messieurs, monsieur le directeur, ce réarmement collectif n'est pas seulement militaire, industriel ou budgétaire.
Il est aussi et j'oserais dire avant tout intellectuel et c'est ici que votre rôle prend tout son sens. par vos travaux de recherche, vos coloques, vos échanges comme ceux de ce matin. Vous contribuez à cet armement intellectuel de notre pays. Vous contribuez à faire vivre un débat exigeant à la hauteur du moment stratégique que nous traversons. Et ce faisant, vous participez au renforcement des forces morales de la nation et à cet esprit de défense tellement indispensable à notre pays. Vous le faites en assumant une singularité tellement française, cette French Touch tellement stratégique qui fait de la pensée une ressource pour l'action.
car il existe, j'en suis persuadé, une manière française d'aborder les affaires du monde. Penser la puissance sans jamais renoncer au principes, rechercher l'autonomie sans choisir l'isolement et vouloir peser sans jamais renoncer de parler à chacun. Mesdames et messieurs, la France entend demeurer une puissance d'équilibre. Cela exige une parole indépendante des partenariats diversifiés et la capacité de faire respecter ses engagements. En Ukraine, notre position est claire. Aucune paix durable ne peut consacrer le droit de conquête. Enfin, notre troisème responsabilité est de préparer la nation. Une armée tient aussi par la confiance du pays qu'elle défend.
Les forces morales se construisent dans la durée par l'éducation, la connaissance de notre histoire, la mémoire et par ce lien armée nation qui se tise dans l'expérience transmise et partagée. C'est tout le sens du nouveau service national annoncé par le président de la République en novembre dernier qui se concrétise à cette rentrée. qui offre à la jeunesse de France qui aspire la possibilité de servir en prenant toute leur place dans la défense de notre pays. Avec les réserves dont nous menons à bien le doublement, il contribue à rendre plus robuste le modèle ressources humaines de nos armées quantitativement et qualitativement.
À l'approche de la présidentielle, cette cohésion sera éprouvée. Croyez-moi, nos compétiteurs ne suspendront pas leurs opération pendant toute la campagne. Bien au contraire, l'ingérence étrangère doit rencontrer une vigilance commune. Protéger une élection contre les cyberattaques et les manipulations, c'est déjà défendre la nation. Et ceux qui aspirent à commander nos armées doivent assumer les moyens nécessaires à leur mission et ne pas se voiler la face sur la réalité des compétiteurs d'aujourd'hui que certains voudraient voir devenir nos alliés de demain. Mesdames et messieurs, nous savons ce que nous avons à défendre. Nous savons l'effort cela exige.
Il nous appartient ensemble de l'assumer dans nos choix budgétaires, dans nos capacités industrielles, dans la préparation de nos armées, dans notre préparation intellectuelle, dans la transmission de notre esprit de défense. Car nous n'aurons à répondre que d'une seule chose, quand les menaces se précisaient, quand les avertissements se multiplient, qu'avons-nous fait pour préparer notre pays ? Je veux qu'ensemble nous puissions répondre. Nous avons regardé le danger en face. Nous avons pris nos responsabilités. Nous avons donné à la France, à l'Europe, les moyens de rester libre. Je vous remercie.
[applaudissements] [applaudissements]