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interviewRMC (sur Podcast)· 13 janvier 2026 20 min

Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité – 13/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

BFM Business et la Tribune présente 8-19 d'Edwis Chevrillon.

0:11
Nicolas Forissier

Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier ami est réinvité, c'est Nicolas Faorissier, ministre délégué au commerce extérieur et à l'attractivité. Bonsoir Nicolas Faorissier. Bonsoir. Merci d'être avec nous, surtout que vous avez un agenda forcément un peu chargé. En plus vous rentrez du Danemark, intéressant, on parlera du Groenland et du Mercosur. Juste il y a quelques instants, le premier ministre a annoncé une loi d'urgence agricole, il a annoncé ça sur X pour que tout le monde soit vite au courant, sachant qu'il y avait quand même quelques 350 tracteurs qui étaient autour de l'Assemblée nationale et on voit bien que la colère ne s'est pas calmée encore.

Il a promis cette loi aux agriculteurs avec des priorités, ce sera la politique de l'eau, la prédation du loup et les moyens de production. Bon, ok, ça doit être présenté au Conseil du ministre en mars, normalement avant l'été. Certains disent déjà, en fait le cornu, il noie le poisson sur le Mercosur. Est-ce que c'est la coordination rurale qui dit ça ? Est-ce qu'ils n'ont pas un peu raison quand même ?

1:17
Présentateur

Je ne crois pas du tout. Moi, j'ai participé, Edwige Chevrillon, à toutes les réunions recevant, où le premier ministre recevait avec Annie Gennevard et en ma présence, l'ensemble des organisations professionnelles agricoles. Quatre réunions avec les quatre organisations avant Noël et à nouveau quatre réunions en début de semaine dernière. Et la méthode du premier ministre, et je trouve que ça mérite d'être souligné, d'être rappelé au contraire, c'est vraiment de prendre les sujets un par un et de rentrer dans le concret. Et il le dit d'ailleurs sur X, il faut que ce soit dans les cours de ferme.

Il faut que nos agriculteurs, moi je suis moi-même fils d'agriculteur, je suis un élu rural, je connais dans l'Inde, je connais vraiment bien ce métier, c'est d'ailleurs un métier qui me passionne, mais on est dans une, comme le monde rural, on aime bien les choses concrètes, on aime bien des réponses précises. Et donc c'est ce que fait le premier ministre. Et donc on a eu un certain nombre de mesures qui ont été annoncées, notamment dans le cadre du Mercosur, on y reviendra, sur la dermatose nodulaire, c'est-à-dire cette maladie qui touche les bovins, qui est extrêmement grave et qui est en train d'être jugulée. Là, il y a eu aussi énormément de choses très concrètes.

On a continué la semaine dernière avec de nouvelles mesures qui ont été annoncées sur un certain nombre de sujets. Le premier ministre avait dit qu'il irait jusqu'au bout sur l'eau, sur les moyens de production, vous venez de le rappeler, c'est ce qu'il fait ce soir. Et il va le faire dans le cadre d'une loi d'urgence qui va donc permettre au Parlement de trancher à nouveau sur un certain nombre de sujets. Moi je trouve qu'on avance, on avance méthodiquement.

2:37
Nicolas Forissier

Deux bémols, vous vous souvenez de cette image des bottes de foin à Gabriel Attal ? C'était il y a déjà quelques mois. Ils ont parlé déjà des problèmes des bassines et de l'eau. Donc vous allez voir, on va tout vous résoudre. On est donc maintenant, on est en début 2026 et rien n'est résolu. Donc pourquoi faut-il le croire ? Surtout qu'en fait, cette loi agricole, il faut qu'elle soit, il faut qu'il y ait un budget, il faut qu'il y ait encore un gouvernement, il faut qu'il y ait encore un Parlement. Et là, il y a quand même beaucoup de points d'interrogation.

3:06
Présentateur

Mais pourquoi vous êtes pessimiste comme ça ?

3:08
Nicolas Forissier

Je ne sais pas, moi je lis les journaux.

3:10
Présentateur

Le Premier ministre, que ce soit sur la discussion budgétaire, que ce soit sur le sujet de la crise agricole qui est une crise majeure, qui n'est pas simplement une crise conjoncturelle, qui n'est pas seulement liée au Mercosur, qui n'est pas seulement liée à la DNC, mais qui est liée au fond à la nécessité de redéfinir une vision. C'est ce que nous disent d'ailleurs les agriculteurs. Moi je le dis depuis très longtemps, j'ai toujours pensé. Il faut redéfinir une vision. Et c'est le travail qui est conduit par le Premier ministre, par Annie Gennevard et par tout le gouvernement, en fonction de nos compétences.

Moi je vais être mis au boulot sur les négociations commerciales, notamment pour rétablir l'exportation de, je suis déjà en train de le faire d'ailleurs, de Broutard, comme on dit, de jeunes bovins mâles en Italie, y compris quand ils sont vaccinés. C'est très concret. Donc on avance point par point, sujet par sujet. Il n'y a pas de grande déclaration. Il y a une méthode, qui est la méthode Le Cornu, permettez-moi de le dire, et qui est une méthode hyper pragmatique pour qu'il y ait du concret dans les cours de ferme. C'est ça qui compte. On est là pour ça.

Et moi je pense qu'on sera là au mois de mars pour présenter au Conseil des ministres un projet de loi qui permettra à nouveau d'avancer sa vie.

4:10
Nicolas Forissier

Parce que là il y a un plan d'aide de 300 millions pour les agriculteurs, mais il faut qu'il y ait un budget, parce que ce sera par un amendement du budget. Est-ce que ce soir vous êtes optimiste Nicolas Forrichet ? Je suis optimiste. Vous êtes républicain je précise.

4:23
Présentateur

Je suis plutôt optimiste, mais je vais revenir sur le sujet juste pour vous dire que sur l'agriculture, le Premier ministre a annoncé aussi un renforcement de l'épargne de précaution, qui est un mécanisme défiscalisé qui permet aux agriculteurs de garder dans leur compte d'exploitation de l'argent sans payer de cotisation ou d'impôt dessus, parce qu'il peut y avoir un aléa et là on le réutilise. On va renforcer encore ce système et ça c'est annoncé ce soir par amendement dans la discussion budgétaire.

Sur le budget, moi je suis optimiste parce que je n'imagine pas une seule seconde que les uns et les autres, en tout cas les partis responsables qui ont accepté de participer à la réflexion, qui se réunissent encore une fois à Bercy ces derniers jours, ne prendront pas leurs responsabilités. Et à un moment, il faudra trancher, le Premier ministre décidera de la façon de le faire. Pour l'instant, on est dans la dernière ligne droite après les travaux de la commission la semaine dernière, la commission des finances, pour essayer de trouver le meilleur équilibre possible entre les baisses de défense et les efforts nécessaires demandés à certaines...

5:17
Nicolas Forissier

Aucun équilibre n'a été trouvé en commission des finances, comme vous le savez. Nicolas Faussi, vous avez trouvé un siège de campagne, parce qu'il y a les élections municipales, mais il y aura peut-être des élections législatives. En tous les cas, c'est Sébastien Lecornu, vous en avez repris un ?

5:30
Présentateur

Non, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a juste rappelé, puis c'est devenu un peu la polémique du week-end, ça vous a bien servi quelque part ? Ce n'est pas nous qui avons dit ça, les journaux. C'est un Premier ministre. Il a simplement rappelé et vérifié l'hypothèse, puisqu'il y a deux motions de censure déposées sur le Mercosur, et peut-être qu'il peut y en avoir une sur le budget, si jamais il y avait un 49,3.

5:52
Nicolas Forissier

On va revenir sur...

5:53
Présentateur

Il faut savoir ce qui se passe demain. Moi, je pense qu'on ne peut pas se permettre d'avoir une dissolution, parce que ce serait catastrophique pour l'économie du pays, pour les Françaises et les Français, dans leur vie quotidienne, pour leur épargne, mais aussi, évidemment, pour les entreprises qui créent de l'emploi et qui sont des entreprises qui, je suis là pour les défendre sur les marchés internationaux, sont à la conquête. Un emploi sur quatre dépend de l'export. Imaginez l'image que nous aurions et que nos entreprises auraient sur les marchés à l'export si, à nouveau, nous n'étions pas capables de trouver un compromis, ce que font tous les autres pays de l'Union Européenne.

6:26
Nicolas Forissier

Est-ce que vous avez compris pourquoi notre balance agricole est pour la première fois déficitaire ? Vous, le ministre du Commerce, qu'est-ce que vous pouvez faire pour inverser la tendance ?

6:34
Présentateur

Moi, j'étais en charge de l'agriculture au gouvernement il y a 20 ans. On était entre 15 et 20 milliards encore dans ces années-là, d'excédents. Aujourd'hui, on va être à peine à l'équilibre, on va être plutôt un peu en dessous. Et évidemment, ça pose un vrai sujet sur la compétitivité de l'offre française. En même temps, il faut relativiser. Vous avez aussi énormément de pays qui ont développé leur offre en matière de produits agricoles.

6:54
Nicolas Forissier

Notamment l'Allemagne.

6:56
Présentateur

Notamment l'Allemagne, absolument. Et du coup, évidemment, ça relativise cette perte de compétitivité. C'est aussi un problème de volume. Il y a plus de volume sur le marché. On est moins compétitif. Donc, on a un peu moins de facilité à vendre.

7:07
Nicolas Forissier

On va revenir sur le Mercosur parce qu'en plus, je disais, vous rentrez du...

7:10
Présentateur

Je veux juste dire, sur la question de l'agroalimentaire, j'en ai parlé d'ailleurs avec les représentants agricoles et notamment avec Arnaud Rousseau, avec les jeunes agriculteurs. Il faut absolument qu'on... Moi, je veux travailler là-dessus, qu'on mette en oeuvre un vrai plan de développement et de reconquête sur les marchés extérieurs des produits agricoles. Et ceci parce que nous sommes un grand pays admiré. Nous avons le meilleur système. Oui, mais notre agriculture,

7:31
Nicolas Forissier

elle n'est pas compétitive. Vous qui êtes ministre de l'attractivité...

7:34
Présentateur

Il y a un problème intérieur. Il y a un problème aussi de conquête à l'extérieur. Il faut qu'on reparte à l'assaut des marchés extérieurs parce que nos produits, et je pense que c'est possible, sont, au fond, admirés, demandés. Ce sont les plus sûrs sur le plan sanitaire. C'est le modèle gastronomique français aussi. C'est l'excellence française qu'il faut qu'on remette en avant.

7:51
Nicolas Forissier

Alors, on va y aller tout de suite sur le Mercosur. Je vous parlerai de l'attractivité de la France qui est un peu en berne, mais sur le Mercosur parce que c'est intéressant. Vous vous dites évidemment en disant le Mercosur que c'est une manière d'ouvrir et c'est un débouché pour certaines filières. Ok, c'est pour le bovin, l'élevage, c'est très mauvais, mais en revanche, pour d'autres filières, c'est une planche de salut. Comment convaincre les agriculteurs que c'est vrai ?

8:15
Présentateur

On a toujours dit, et moi je l'ai toujours dit, qu'il y avait évidemment des filières qui pouvaient trouver beaucoup d'intérêt à des accords commerciaux qui sécurisent les débouchés et qui nous permettent de diversifier aussi les débouchés. Quand les producteurs de lait sont barrés par des mesures chinoises sur la crème de lait ou sur les produits laitiers, le lait infantile, etc., ils sont bien contents, et ils me le disent, de trouver d'autres marchés où ils peuvent sécuriser leurs débouchés et compenser. Donc il y a une approche qui faut avoir, une approche très concrète. Mais on a toujours dit aussi qu'il était hors de question parce que la France est un grand pays agricole.

C'est le premier pays agricole de l'Union Européenne. C'est notre identité. C'est nos paysages. Mais il est hors de question, on l'a toujours dit, de sacrifier certaines filières parce que d'autres, y compris évidemment dans l'industrie ou les services, auraient beaucoup d'avantages et c'est le cas dans le cas du Mercosur. Oui, mais on ne peut jamais

9:08
Nicolas Forissier

contenter tout le monde.

9:09
Présentateur

Donc tant que l'accord n'est pas équilibré, on se bat. Et franchement, honnêtement, on a obtenu, avec ce bras de fer avec la Commission,

9:17
Nicolas Forissier

y compris en votant non, pardonnez-moi,

9:18
Présentateur

je n'ai pas obtenu grand-chose. On a obtenu des éléments de protection de nos filières qui n'ont jamais été obtenus dans aucun accord commercial. La clause de sauvegarde renforcée, en gros, c'est le frein d'urgence. Si les prix des produits de 5% par rapport aux 3 années précédentes ou si les volumes augmentent de plus de 5% par rapport aux 3 années glissantes, eh bien, on arrête les importations de produits du Mercosur. C'est par exemple le cas dans la filière bovine à laquelle je suis très attaché. C'est un outil extrêmement puissant. On ne l'avait jamais obtenu.

Non seulement on a obtenu ça, mais on a obtenu des mesures miroirs qui sont à confirmer, mais pour la première fois la Commission accepte le principe et le fait sur 5 substances qui sont déjà interdites d'ailleurs préventives. Alors pourquoi la France

10:04
Nicolas Forissier

avocera ? Pourquoi le Président a dit non ?

10:06
Présentateur

Non, parce qu'on n'est pas satisfait aujourd'hui sur l'ensemble des demandes qui sont les nôtres. On a obtenu quasiment tout ce qu'on demandait sur la clause de sauvegarde. On a un principe sur les mesures miroirs, c'est-à-dire les mêmes normes s'appliquent aux pays qui nous exportent de la viande que celles qu'on impose à nos éleveurs par exemple. Sauf que ça mérite d'être confirmé par la Commission et nous on continue le bras de fer.

10:28
Nicolas Forissier

On a obtenu la mise en place. Non, non, mais la mise en place c'est très compliqué.

10:31
Présentateur

On a obtenu le doublement des contrôles. Parce qu'évidemment si vous interdisez mais que vous ne contrôlez pas y compris sur place dans les élevages par exemple pour rester dans la filière bovine. C'est plus compliqué au Brésil

10:38
Nicolas Forissier

qu'au Canada.

10:45
Présentateur

de contrôle européen que la France demande, etc. Donc on a obtenu beaucoup de choses mais on considère qu'on n'est pas allé au bout et donc on maintient le bras de fer. Et quand j'entends que la France s'est couchée, qu'elle est faible, etc. C'est le contraire. En fait, c'est une position de force qui est la nôtre.

11:00
Nicolas Forissier

Non, mais d'accord, mais pardonnez-moi. On a obtenu, d'ailleurs, des autres agriculteurs des autres pays européens. Monsieur le ministre, vous voyez bien une position de force. Je veux bien qu'est-ce qui se passe là concrètement ? Emmanuel Macron, le président français, a dit non. Le 17 janvier, Ursula von der Leyen va aller au Paraguay pour parafer l'accord et en plus, il va sans doute rentrer en vigueur extrêmement rapidement.

Peut-être que vous le confirmez parce que vous êtes plus au fait que nous, parce que ça doit passer dans le Parlement européen mais visiblement, le Conseil européen, c'est de la mécanique bruxelloise, a fait en sorte qu'en fait, il va rentrer en vigueur plus rapidement que l'Église.

11:38
Présentateur

Très honnêtement, la réalité, c'est que les accords provisoires, commerciaux, ne peuvent pas rentrer. C'est une tradition au sein des instances européennes en application tant que le Parlement ne s'est pas prononcé ou alors ce serait un déni de démocratie. Or, le Parlement va se réunir entre le 19 et le 22 janvier. Il va voter au moins sur une chose et ça, il faut le prendre, c'est la fameuse clause de sauvegarde parce que c'est vraiment la protection absolue pour nos filières sensibles. Je pense évidemment aux bovins mais c'est vrai de la volaille, c'est vrai du sucre, c'est vrai de l'éthanol.

Deuxièmement, il est probable si le texte est bien déposé qu'il y aura un vote sur la saisine de la Cour de justice européenne. Si le Parlement européen saisit la Cour de justice, ça suspend l'application immédiatement pendant un an et demi en gros parce qu'il faut 18 mois pour que la Cour de justice rende en moyenne ses réponses. Ça suspend l'application du D'accord,

12:32
Nicolas Forissier

Mercosso. Il n'y a pas un petit chemin de traverse qui a été pris qui fait que, en tous les cas, c'est ce qu'on lit, c'est ce qu'on nous dit, qu'il y a un chemin de traverse qui va permettre en fait de faire rentrer en vigueur très rapidement

12:44
Présentateur

de Mercosso. Mais la tradition...

12:45
Nicolas Forissier

Vous vous nous dites ce soir que non,

12:46
Présentateur

mais c'est important. Honnêtement, ce serait un déni de démocratie, ce serait contraire à la tradition et aux habitudes qui sont celles des instances européennes. On ne met pas en œuvre un accord provisoire tant que le Parlement ne s'est pas prononcé. Le Parlement, d'ailleurs, semble devoir se prononcer plus rapidement que prévu puisque j'ai vu que Mme Metzola, la présidente, avait sans doute évoqué la possibilité que le Parlement se prononce plutôt en février-mars qu'en mars-avril. On semblerait avoir un peu d'accélération pour clarifier les choses. Mais en l'État, le texte n'est pas signé et il ne peut être appliqué, y compris de façon provisoire, que lorsque le Parlement se sera prononcé.

Et moi, j'attire votre attention sur le fait qu'aujourd'hui, tous les politiques qui ont été unanimes à dénoncer l'accord Mercosur, il faut qu'ils aillent voir leur parlementaire européen. On va voir si on a de l'influence à Bruxelles ou à Strasbourg, en l'occurrence, pour leur dire saisissez la Cour de justice et ça nous permettra un, de clarifier les choses sur le plan de l'accord Mercosur d'un point de vue juridique sur son contenu, mais ça nous permettra aussi d'aller jusqu'au bout de la négociation que la France

13:50
Nicolas Forissier

très largement a engagée. J'ai beaucoup de questions à voir avec vous, notamment, on va parler du commerce extérieur puisque vous êtes ministre du commerce extérieur. Vous n'avez pas les chiffres sur l'année 2025, mais peut-être vous pouvez nous donner quand même des tendances, sachant que, bon, là, vous avez vu, mauvaise nouvelle, Boeing est passé devant Airbus en termes de livraison d'avions puisque Boeing a vendu davantage d'avions qu'Airbus et qu'Airbus c'est ce qui fait notre commerce extérieur. Vous avez des inquiétudes sur 2025 ?

14:21
Présentateur

Airbus a été pendant des années le leader. On sait qu'il y a eu de très grosses commandes un peu sous la pression de M. Trump dans certains pays. Airbus reste quand même le très grand leader de l'aéronautique mondiale.

14:30
Nicolas Forissier

L'impact sur notre commerce ?

14:32
Présentateur

Après, sur les chiffres du commerce extérieur, je n'ai pas les chiffres définitifs, mais ce qui est clair, c'est que notamment lors du dernier trimestre 2025, mais c'était déjà sensible au troisième trimestre, nous avons une progression du commerce extérieur français. Au dernier trimestre, le commerce extérieur français progresse de 2,2%. Ce qui a contribué d'ailleurs à relever le taux de croissance qui était prévu moins haut et qui va finir un peu en dessous de 1, mais qui est meilleur que ce qui était prévu par les prévisions.

14:58
Nicolas Forissier

Donc notre balance commerciale en 2025 sera...

15:01
Présentateur

Ça progresse.

15:02
Nicolas Forissier

Elle sera très négative, elle sera moyennement négative. Elle reste négative,

15:06
Présentateur

mais elle est moins négative progressivement. On redresse la barre. Et ce qui est intéressant, c'est qu'au quatrième trimestre, 2025, en réalité, vous avez une progression du commerce extérieur de 2,2%, comme je vous le dis, qui se traduit de façon structurelle. C'est plus 10 milliards d'exportations. Ce n'est pas parce qu'on a moins acheté d'énergie, de pétrole. Donc c'est intéressant parce que c'est structurel. Après, on est loin du compte. Il faut continuer, il faut se battre. Et c'est mon boulot d'aller soutenir les entreprises françaises, négocier, faire valoir l'offre française, faire en sorte que... D'ailleurs, ça n'est pas assez dit dans nos médias français, dans le débat public.

Nous avons des centaines de milliers de Françaises et de Français qui se battent en première ligne, sur ce que j'appelle la ligne de front, pour tenir les positions de nos entreprises, pour conquérir des marchés. C'est le réseau diplomatique. Il défile sur ce plateau,

15:56
Nicolas Forissier

Nicolas Faorissier. Il défile sur ce plateau, ceux qui font ça à la ligne de front de l'économie française.

16:00
Présentateur

Je suis là pour le rappeler à nos concitoyens. Parfois, je trouve qu'on ne parle pas assez d'eux dans les médias. Peut-être pas dans les médias. En tout cas, pas chez BFM Business, si je suis bien compris. Mais dans le débat public, plus globalement. Alors qu'ils sont au boulot pour faire en sorte que nous soyons conquérants et que nous tenions nos positions. Je les ai encore vus. Je pense au Conseil du Commerce extérieur de la France, par exemple. C'est le cas de tous les cadres, de tous les chefs d'entreprise qui se battent. Je l'ai encore vu au Danemark, encore hier.

16:32
Nicolas Forissier

Oui, sur le Danemark, justement, parce qu'il me reste encore deux questions. Très rapidement, sur le Danemark, vous avez été voir la première ministre qui est vraiment qui est en ligne de front, pour le coup, contre Trump, sur le Groenland.

16:47
Présentateur

J'ai vu plusieurs membres du gouvernement, y compris une ministre du Groenland. Vous savez que c'est différent du Danemark. Le Groenland a des compétences propres, notamment en l'occurrence, c'était sur les sujets de prospection minière. Et vous en semblez

17:01
Nicolas Forissier

comme un optimiste, pessimiste, sur la capacité de résistance ?

17:04
Présentateur

Je pense qu'ils sont, nos amis danois et nos amis groenlandais, sont extrêmement lucides sur l'attention qu'ils vivent et la situation qu'il a leur. Notre rôle, c'est de rappeler ce que j'ai fait au nom du gouvernement, mais le président, le premier ministre, le ministre Jean-Noël Barrault l'avaient fait, y compris sur place avant. Le Danemark et le Groenland, qui est un état associé du Danemark, doivent pouvoir déterminer par eux-mêmes quel est leur avenir. Il est hors de question qu'il y ait des pressions. Je pense qu'il y a, derrière tout ça, une négociation qui dépasse la seule situation du Danemark et du Groenland.

Mais nous, nous devons réaffirmer notre solidarité et celle des Européens. Et nous devons aussi faire en sorte qu'on construise des ponts et des partenariats.

17:48
Nicolas Forissier

Ce n'est pas ça qui va arrêter Donald Trump.

17:50
Présentateur

Je ne suis pas la personne qui va arrêter Donald Trump. Mais je vous dis qu'on doit exprimer notre solidarité et construire ça sur des bases qui sont des bases de partenariats économiques, ce qu'on a fait y compris avec le Groenland.

18:02
Nicolas Forissier

Vous avez négocié des accords sur les terres rares ?

18:04
Présentateur

On essaye de les accompagner sur, effectivement, la prospection et la meilleure connaissance de leurs ressources minières, notamment de minéraux ou de terres rares, de minéraux critiques ou de terres rares. On peut les accompagner en matière de tourisme aussi et évidemment, on a des relations extrêmement solides avec le Danemark. Je rappelle que le Danemark est le premier investisseur des pays nordiques en France et que la France, puisque c'est une question que je crois que vous vouliez me poser, je la devance, reste un pays extrêmement attractif.

18:32
Nicolas Forissier

Juste parce que ça y est, c'est terminé, Nicolas Faure-Hissier. Vous avez vu cette interview des dirigeants de JP Morgan chez le confrère Les Echos très intéressant qui dit « Nous pourrions déménager ailleurs. » C'est une situation regrettable. Après 10 ans d'investissement massif à Paris, ils ont même fait leur hub européen post-Brexit, et voilà, ils sont absolument désespérés

18:56
Présentateur

parce qu'ils observent en France. Il dit ça dans l'hypothèse où il n'y aurait pas de budget et où la situation serait mauvaise. La réalité, c'est que la France pour la sixième année consécutive, c'est le symbole du sommet de choses France tous les ans. C'est la vérité. Pour la sixième année consécutive, la France est la première destination en Europe.

19:11
Nicolas Forissier

Nous donnons l'impression au marché mondial sans vouloir que la France est moins ouverte aux affaires.

19:15
Présentateur

Je pense que les chiffres contredisent cette appréciation. En fait, JP Morgan, ils envoient un peu un signal en disant « Ressaisissez-vous, il faut un budget, il faut de la stabilité dans le pays, mais les fondamentaux de l'attractivité sont bons. » Ce n'est pas de la langue de bois, ça.

19:29
Nicolas Forissier

Ce sont des faits. C'est sûr que ce n'est pas de la langue de bois.

19:32
Présentateur

Choose France au mois de juin, c'est 40 milliards d'investissements supplémentaires. Choose France, entreprise française à l'automne, c'est 32 milliards. Donc, honnêtement, je pense qu'on reste les premiers en Europe.

19:43
Nicolas Forissier

Merci beaucoup, Nicolas Faureissier, très optimiste, mais surtout à votre poste, vous avez raison de l'être. Nicolas Faureissier, ministre délégué du commerce extérieur et à l'attractivité. Merci d'avoir été avec nous.