Agriculture : Marion Maréchal veut "remettre en cause des règles européennes complètement délirantes"
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France Inter. Bonjour, ravie de vous retrouver dans Question politique, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info, la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Après 15 jours de barrage, les agriculteurs ont donc décidé de suspendre leur mouvement. Mais pour combien de temps le Salon de l'Agriculture, dans trois semaines, nous montrera à coup sûr si cette crise agricole est désormais derrière nous ou pas ? En attendant, c'est l'environnement qui a trinqué entre des paysans très remontés et une écologie difficile à faire appliquer. Le gouvernement a manifestement tranché, mais avec quelles conséquences pour les prochaines élections européennes ?
Elles ont lieu dans quatre mois. Qui sort vainqueur de cette séquence ? Qui a marqué des points ? Qui a réussi à convaincre le temps de ce mouvement ? La vice-présidente de Reconquête, Marion Maréchal, tête de liste aux élections européennes et notre invitée ce dimanche dans Question politique, en direct et jusqu'à 13h. Question politique, Karine Bécard sur France Inter. Bonjour Marion Maréchal. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Nous serons trois, comme chaque dimanche, pour vous interviewer. J'ai à mes côtés Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour à toutes et tous. Et Françoise Fresseuse. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et toutes.
Du journal Le Monde. Je vous propose de commencer cette émission, comme chaque dimanche, avec vos images de la semaine. Vous allez nous raconter ce que vous avez repéré dans l'actualité. Marion Maréchal, qu'est-ce qui vous a marqué ? Qu'est-ce que vous avez sélectionné en particulier ?
Alors moi j'ai sélectionné une image prise par l'un de nos assistants parlementaires au Parlement européen qui représente en fait des barbelés qui ont été installés à l'entrée sur la cour du Parlement européen en prévision de l'arrivée des tracteurs des manifestations d'agriculteurs.
Et donc je trouve cette image à la fois terrible et particulièrement parlante parce qu'on a d'un côté un Parlement européen qui se barricade et qui met des formes de frontières et des barbelés pour se protéger des agriculteurs dont il organise la mort et qui dans le même temps ouvre toutes ces frontières à la concurrence déloyale qui précisément font mourir ces agriculteurs, ne protègent pas nos frontières physiques extérieures face à l'afflux inédit de migrants clandestins, notamment en 2023. Je rappelle, il n'y a jamais eu autant de migrants clandestins en 2023 à l'entrée des frontières européennes.
Donc pour moi c'est l'incarnation de la faillite européenne et de la faillite de la promesse de l'Union européenne d'où l'importance des élections le 9 juin prochain.
Allez le temps est donné, on va bien sûr reparler très largement de cette crise du monde agricole et des solutions européennes qu'on attend. Françoise Fressoz, votre image à vous, qu'est-ce que vous avez observé cette semaine pour nous ?
Alors c'est une photo de la grève qui a eu lieu à l'éducation nationale jeudi et on voit sur cette photo une manifestante qui brandit une pancarte « Liberté, égalité, fraternité, rayé ». À côté il y a marqué « Travail, famille et groupe de niveau ». Et puis derrière on voit aussi une autre pancarte « ODA, casse-toi ». Et au fond l'interrogation qu'on a c'est qu'est-ce qu'il se passe à l'éducation nationale aujourd'hui ? Il y a une nouvelle grève encore mardi.
Donc est-ce que c'est une séance de bisutage assez rude d'Amélie Oudea Castera, la nouvelle ministre de l'éducation nationale, qui a eu portage de succédé au très médiatique et très populaire Gabriel Attal et qui a fait des bourdes dès son arrivée et qui est donc sur la sellette ? Et puis est-ce que c'est plus profond que ça ? Au fond est-ce qu'il y a une remise en cause de la politique même qu'avait initiée Attal sur notamment les groupes de niveau ? On n'a pas la réponse. Alors ça pèse sur la nomination de la prochaine vague au gouvernement parce qu'on se dit est-ce que la ministre va pouvoir tenir ou pas. Mais dans tous les cas de figure c'est pas bon.
C'est pas un bon signal pour le gouvernement parce que l'éducation nationale c'était l'objectif prioritaire d'Emmanuel Macron pour la fin de son quinquennat. Et par ailleurs il y a des vraies difficultés au sein de l'éducation nationale de recrutement, de niveau. Il y a même une sorte de doute des Français sur l'éducation nationale ce qui suppose que si on essaye de relever le chantier on ait un minimum de consensus autour des objectifs et des moyens d'y parvenir.
On avait cru avec Gabriel Attal que ce consensus existait et là c'est en train de se briser et c'est assez ennuyeux parce que si vous voulez remonter la pente c'est sur 10 ans minimum donc c'est une certaine continuité et donc on est à un moment très important à mon avis sur l'éducation nationale aujourd'hui.
Qu'est-ce qui ne va pas dans l'éducation nationale Marion Maréchal ? Attendez, je vous pose une question quand même, je vais essayer. Est-ce que l'éducation publique est en trop net recul ? Est-ce qu'il faut donner plus de clés à l'éducation privée ?
Où est-ce que vous vous situez ? Je suis désolée, je réagis vite parce qu'en fait je trouve cette image extraordinaire c'est-à-dire qu'on la voyait à l'instant c'est-à-dire que c'est cette professeure qui manifeste contre les annonces qui a donc cette pancarte où est barré liberté, égalité, fraternité et en parallèle elle dénonce le fait qu'il y aurait travail, famille, groupe de niveau. Parce que le travail à l'école c'est pas bien ? La famille dans la société c'est pas bien ? Et les groupes de niveau c'est-à-dire permettre à des enfants un peu moins bons d'être pris en charge correctement et à ceux un peu meilleurs de pouvoir donner le meilleur d'eux-mêmes c'est pas bien.
Pour moi cette image c'est l'incarnation de ce qui est en train de détruire l'école c'est-à-dire la gauche culturelle dans les syndicats, dans l'administration de ce mammouth éducatif à l'oeuvre depuis des décennies et qui nous ont conduit dans le mur, c'est-à-dire là où on est aujourd'hui c'est-à-dire l'effondrement dans tous les classements que ce soit en mathématiques ou en français du niveau scolaire. Donc ça veut dire que vous préférez l'école privée ?
Moi je vais vous dire, moi j'ai envie de sauver l'école publique sauf que j'ai une méthode pour cela qui est radicalement différente de celle qui est proposée depuis des années à travers des demi-réformettes qui ne donnent jamais grand-chose et puis surtout qui se heurtent systématiquement à l'opposition justement de ces syndicats de professeurs et à l'administration Moi je crois qu'au contraire, pour forcer au droit d'inventaire de l'école publique pour forcer à sa réforme, il faut ouvrir la concurrence avec l'école privée c'est-à-dire qu'aujourd'hui on a une rétention des ouvertures des écoles privées je rappelle qu'aujourd'hui il n'est pas possible d'aller au-delà de 20% des enfants scolarisés dans le privé sous contrat c'est une espèce de pratique mise en place par l'administration et l'État français qu'en dehors de la loi d'ailleurs, il y a beaucoup de contraintes juridiques et fiscales qui font que le privé ne peut pas se développer dans notre pays Il y a 7500 établissements, ça représente 18% Il y a une situation quasi monopolistique de l'enseignement supérieur et moi je crois au contraire qu'il faut libérer l'enseignement privé à la condition, je précise bien cela, que cela ne provoque pas évidemment une discrimination pour les familles qui n'auraient pas les moyens d'y avoir accès Donc si on ouvre la concurrence avec le privé, il faut alors en parallèle mettre en place l'équivalent d'un chèque éducation ou d'une défiscalisation de ce que coûterait évidemment l'accès au privé pour ces familles
Juste une ou deux précisions sur votre chèque, ou plus exactement Vous voulez ouvrir aux écoles sous contrat, hors contrat Est-ce que vous voulez qu'il y ait un contrôle sur ces écoles à qui il y a une délégation de services publics ?
Les deux, moi c'est-à-dire que je veux permettre de faire vivre la liberté constitutionnelle qui est celle de la liberté d'enseignement Sans contrôle, ça veut dire qu'une école Il faut toujours un contrôle
Musulmane, rigoriste, c'est de la voie
Il faut toujours un contrôle, moi ce que je dis aujourd'hui c'est que les ouvertures de classe qu'elles soient sous contrat ou hors contrat sont très limitées dans notre pays parce que les écoles n'ont pas les moyens par exemple les écoles hors contrat ne peuvent pas être subventionnées elles ne vont pas accès par exemple au bénéfice de la taxe d'apprentissage les AVS, donc les personnes qui sont en charge d'accompagner des enfants en difficulté ou handicapés dans les écoles hors contrat ne sont pas non plus pris en charge par l'Etat et comme je vous le disais, il y a un quota d'enfants scolarisés qui empêche l'ouverture de nouvelles classes donc moi je pense qu'il faut remettre cela en cause pour permettre justement une offre plus diversifiée une offre plus diversifiée notamment sur les méthodes d'enseignement et je suis convaincue qu'il est le résultat qui va coûter très cher
parce que vous nous dites qu'il faut un chèque c'est-à-dire qu'on a l'Etat qui finance en grande partie ses écoles privées et qui en plus vont devoir apporter des chèques aux familles qui ne pourraient pas se payer
Je ne crois pas que ça coûtera plus cher pour une raison simple c'est qu'il y a beaucoup d'études qui ont été faites sur le sujet et qui démontrent qu'en moyenne un enfant scolarisé par année dans une école privée coûte 30% moins cher qu'un enfant scolarisé dans le public et c'est même encore plus important quand on sait en l'occurrence Agnès Verdier-Molinier avec sa fondation IFRAB qui a fait cette étude et qui démontre d'ailleurs que même quand on monte plus loin dans le lycée les écarts sont encore plus importants donc moi je ne le crois pas ce serait en réalité source d'économie et de bonne gestion mais même au-delà de ça une fois de plus ça forcerait à sauver l'école publique parce que moi l'école publique 50% d'école publique et 50% d'école privée je ne mets pas de quotas moi je veux que les parents aient de la liberté de choix donc en fonction de la demande des parents je crois qu'il y a à peu près aujourd'hui dans cette même étude 40% des parents aujourd'hui qui voudraient avoir accès au privé et qui n'y arrivent pas ou pour des raisons de moyens ou pour des raisons d'offres spécifiquement
ma question ça ne va pas aller très vite les contenus sont contrôlés ? parce qu'il y a quand même un front commun qu'on apprend à l'école c'est-à-dire qu'en gros si on décide de sauter la révolution parce qu'on n'aime pas ou Napoléon parce qu'on ne sait pas quoi
il y a deux choses deux choses très importantes évidemment il doit rester des examens nationaux auxquels doivent se prêter à la fois ils se soumettent bien sûr les élèves du privé comme du public et moi je suis même pour en mettre davantage je considère qu'il doit y avoir et Éric Zemmour l'avait proposé pendant l'élection présidentielle un certificat d'études à la fin du primaire qui doit permettre d'accéder au collège donc il faut avoir la moyenne pour accéder au collège il faut avoir un brevet qui lui aussi soit sélectif c'est-à-dire que si vous n'obtenez pas ce brevet à la fin du collège vous ne passez pas au lycée et un retour au baccalauréat qui lui évidemment soit évidemment un vrai examen exigeant pour pouvoir permettre d'accéder au supérieur
et donc
je vais vous répondre tout de suite et donc en l'occurrence il faut ça permet si vous voulez ces concours nationaux de s'assurer que les élèves et partout quelle que soit leur origine privée ou publique acquise les compétences indispensables ensuite bien évidemment qu'il faut un contrôle et moi j'ai fait partie de celles qui ont milité depuis le début pour la fermeture de ce lycée AVOS lycée des frères musulmans qui était un lycée sous contrat donc financé en partie par l'état dont tout démontrait depuis longtemps malgré le soutien de très nombreux élus LR et macronistes qu'il avait des ambiguïtés avec ce courant radical donc bien sûr qu'il faut avoir un contrôle extrêmement exigeant et fort mais une fois de plus on ne va pas s'interdire en France de faire vivre la liberté d'enseignement parce qu'il y a une menace islamiste on ne peut pas en permanence faire payer aux français le fait qu'il y ait cette menace islamiste l'état doit s'assurer que cette menace islamiste soit contenue à l'école comme ailleurs maintenant je vous le dis la totalité des français ou étrangers d'ailleurs terroristes islamistes qui ont frappé dans notre pays et qui sont passés par l'école dans notre pays sortent de l'école publique pas de l'école privée
Alors dernière question il y avait une autre pancarte sur l'image que présentait Françoise c'était casse-toi Amélie ou dé à Casterin vous en pensez quoi est-ce qu'elle peut encore tenir est-ce qu'elle a raison de s'accrocher la ministre de l'éducation la nouvelle ministre
j'en pense pas grand chose parce que malheureusement je suis pas sûre que changer cette femme par une autre personne permettrait d'avoir une vraie réponse sur l'école c'est-à-dire que moi je trouve que ça va pas assez loin alors il y a l'expérimentation de l'uniforme très bien moi je vois pas pourquoi on l'expérimente je pense qu'il faudrait le mettre en place directement on a suffisamment eu de problèmes par le passé avec les atteintes à la laïcité qui ne font que progresser d'année en année pour arrêter de se poser la question bref je trouve que plutôt que simplement expérimenter des classes de niveau il faudrait mettre fin au collège judique voilà ça fait des années pareil qu'on fait ce diagnostic Eric Zemmour l'a rappelé dans la réaction parce qu'une fois de plus il faut permettre aussi l'entrée dans le domaine et le secteur professionnel plus tôt et ne pas attendre que des élèves décrochent pour pouvoir leur permettre d'accéder à ces filières professionnelles dès 14 ans donc il faut les examens de sélection dont je vous ai parlé donc moi c'est pas les personnes qui m'intéressent c'est les programmes et les projets ok parfait
dernière image celle de Nathalie quelle est celle que vous avez sélectionnée j'ai sélectionné une image
d'un banc de l'Assemblée le banc du gouvernement où on se bouscule pas enfin plus exactement on se bouscule mais les places ne sont pas remplies il n'y a pas beaucoup de monde en fait il n'y a pas beaucoup de monde bref ça va faire presque un mois on va friser les un mois en attendant la deuxième vague qui n'est pas une vague de secrétaire d'Etat comme d'habitude mais de ministres délégués ce qui est un petit peu plus lourd donc on n'a personne à la santé on n'a personne au logement on n'a personne à l'école à l'industrie à la pêche on a des super gros ministres qui embrassent l'âge mais on n'a personne et des ministères qui tournent à vide pour l'instant alors je sais qu'il faut faire l'équilibre entre le nord-sud parce qu'on a accusé ce premier gouvernement d'être trop parisien d'une île-de-francisée et après il faut qu'il y ait des philippistes il n'y en a pas beaucoup Christophe Béchut des bayrouistes des attalistes si c'est tenté que ça existe des macronistes des macronistes de droite des macronistes de gauche donc c'est un truc absolument compliqué et puis il faudrait aussi que les inimitiés personnelles cessent on a cru comprendre que Mme Vautrin qui a déjà pas mal de choses finalement dans son escarcelle travail santé n'a pas très envie de récupérer Agnès Pannier-Renachère alors il y a les pauvres ministres qui attendent enfin les pauvres ceux à qui ont dit et si tu voulais tu reviendrais qui disent bah oui mais bon on les rappelle pas forcément ceux qui ne reçoivent aucun coup de fil ceux qui pensent que c'est gagné comme Stanislas Guérini juste pour finir pour détendre la sphère
la fonction publique Stanislas Guérini précisément
voilà pour détendre non pas qu'elle soit attendue une anecdote du général de Gaulle il y a son premier ministre qui lui disait il y a un tel au téléphone il me harcèle au téléphone parce qu'il veut être ministre et de Gaulle lui a répondu donnez-lui et il a fini au PTT nous devons avoir une politique agricole plus simple qui prenne en compte davantage la nécessité de produire plus qui évidemment intègre nos objectifs environnementaux mais qui le fait en préservant une concurrence loyale en préservant le revenu des agriculteurs et en préservant notre souveraineté alimentaire
c'était le président Emmanuel Macron jeudi à Bruxelles lors du sommet extraordinaire européen ces deux dernières semaines beaucoup beaucoup de mesures ont été annoncées pour aider les agriculteurs jeudi notamment Gabriel Attal a promis en gros je ne vais pas tout détailler je ne peux pas mais en tout cas une inscription dans la loi de la souveraineté alimentaire 400 millions d'euros ont été mis sur la table pour soutenir différentes filières promesse d'un renforcement également des lois égalimes pour une plus juste rémunération des exploitants agricoles et puis également le plan éco-phito qui pour l'instant a été suspendu est-ce que toutes ces mesures Marion Maréchal vont permettre de débloquer et de relancer notre agriculture en France ?
Ce gouvernement me fascine vraiment je vous le dis parce que je pense qu'ils ont dû avoir une étude de McKinsey pour leur expliquer tous les mots-clés à placer aux bons endroits donc allez on mange de la souveraineté alimentaire de l'indépendance alors qu'on a un gouvernement qui je le rappelle dans le même temps soutient toutes les politiques agricoles de madame von der Leyen dont le Green Deal j'imagine qu'on y reviendra dont des politiques comme la ferme à la fourchette la restauration à la nature je ne vais pas vous embêter avec des sujets techniques mais dont les études démontrent que toutes ces politiques aboutissent à quoi ?
à la diminution de la production agricole européenne et à une baisse de disponibilité des terres agricoles sur le sol européen et donc mécaniquement évidemment une augmentation des importations et donc une plus grande dépense à l'étranger donc on est dans le double discours total et absolu je ne dis pas qu'il n'y a pas quelques mesures qui vont dans le bon sens mais qui sont en fait secondaires à côté de ce qu'il faudrait c'est-à-dire une remise en cause générale du modèle et en particulier je le dis moi j'ai vu qu'Emmanuel Macron est allé voir Ursula von der Leyen j'aurais aimé qu'il négocie en priorité une chose une dérogation aux droits européens qui ne nous permet pas à l'heure actuelle de mettre en place une priorité nationale pour les produits français et locaux dans la restauration c'est quoi exactement votre modèle agricole je vous réponds là-dessus parce que les chiffres sont terrifiants j'ai regardé ça pour avoir quelques exemples à vous donner dans le centre Val-de-Loire les repas collectifs donc EHPAD école c'est un peu plus de 50 millions de repas et pourtant on constate ça c'est les chambres d'agriculture qui ont fait notamment ces études qu'il y a seulement 10 à 15% des produits servis dans ces repas collectifs qui sont issus de produits locaux dans la Creuse il y a 400 000 bêtes dans la Creuse c'est vraiment un département d'élevage il y a plus de bêtes élevées que d'habitants et bien il y a seulement 10 à 15% dans la même mesure d'ailleurs de viande locale qui sont servies dans la restauration collective vous voyez bien le marché à disposition qui permettrait de créer du revenu pour nos agriculteurs et qui est interdit alors qu'est-ce que vous proposez vous
est-ce qu'on fait une agriculture franco-française alors moi ce que je propose en dehors des règles européennes plusieurs choses
donc un comme je vous le disais remettre en cause ces règles européennes complètement délirantes qui ne favorisent pas le localisme et qui serait évidemment une réponse complète en restant dans la PAC
alors moi je pense qu'il faut changer les objectifs de la PAC vous êtes un peu enfin vous pas spécifiquement mais aussi le Rassemblement National est un petit peu ambigu c'est-à-dire à la fois on dit il faut sortir et puis maintenant quand on se rend compte que les agriculteurs ne sont pas mécontents de toucher on est les premiers à toucher c'est la première somme de la PAC 9 milliards 9 milliards d'euros on fait comment pour faire et juste attendez
j'en profite pour préciser que si vous êtes élue députée européenne premier dossier qu'il y aura sur le Parlement européen sur la table du Parlement européen dès l'automne 2024 ce sera effectivement la renégociation pardonnez-moi de la PAC tout à fait donc vous proposez quoi ?
tout à fait alors sur la question de la PAC vous avez raison vous l'avez rappelé on récupère une partie de l'argent qu'on donne à travers la PAC c'est le premier budget qui nous permet de récupérer non pas l'intégralité de ce que l'on verse mais une partie donc évidemment qu'il faut garder ces subventions qui compensent un tout petit peu le handicap qu'on subit par ailleurs par la concurrence intra et extra européenne j'y reviendrai mais moi ce que je crois c'est qu'il faut renégocier les objectifs de cette politique agricole commune qui est devenue une espèce de grosse machine bureaucratique extrêmement complexe d'accès pour nos agriculteurs quand moi j'étais à leur côté dans les barrages notamment en Sologne il y a quelques jours ils vous disent elle est complexe dans l'application mais sur les objectifs c'était quand même essayer de faire une transition vers une agriculture qui soit plus respectueuse de l'environnement elle est complexe dans les conditions parce que le problème aujourd'hui c'est qu'elle met notamment en place on en a beaucoup parlé mais il n'y a pas que le sujet des jachères mais notamment le sujet des jachères qui évidemment en pratique et selon les territoires est extrêmement mal conduite non mais attendez là vous nous dites ce qu'on connaît on vous demande de nous dessiner la politique agricole que vous souhaitez j'allais rebondir sur ce que vous disiez madame qu'est-ce que ça veut dire ça veut dire que plutôt que de mettre des objectifs écologiques à cette PAC qui fait que pour toucher ces aides vous devez répondre à des conditions écologiques moi je pense que l'objectif de la politique agricole commune et c'était le cas au début c'est la souveraineté alimentaire ça veut dire que ces aides-là elles doivent être distribuées et conditionnées en fonction des besoins de production et d'alimentation alors on comprend bien
que vous contestez la nécessité de l'écologie mais il y a quand même une attente du consommateur européen sur quand même consommer des produits qui soient beaucoup avec beaucoup moins de pesticides qui soient beaucoup moins mauvais pour l'environnement et pour la santé ça vous l'intégrez pas du tout
vous c'est produire non non j'intègre deux choses j'intègre enfin plutôt je demande une cohérence c'est-à-dire que moi je suis pas contre qu'on ait des exigences en Europe plus qu'ailleurs sur la préservation évidemment des sols et pour des raisons de santé publique qu'on interdise certains ou qu'on réduise l'utilisation de certains produits phytosanitaires mais dans ce cas-là on ne met pas nos agriculteurs en concurrence et on n'importe pas sur le sol des produits qui utilisent justement des substances interdites en Europe or c'est le cas aujourd'hui et c'est même encore plus difficile pour les agriculteurs français puisque ça vous le savez très bien on en parle depuis longtemps la France surtranspose le droit européen donc nous on a encore plus de restrictions que nos partenaires européens
donc ça c'est la même chose que le gouvernement le gouvernement dit la même chose
c'est une chose pas possible non mais d'accord mais il dit la même chose enfin en l'occurrence depuis des années et des années ils font exactement l'inverse donc moi je demande à voir maintenant il y a quand même une chose importante à rappeler parce que dans ce pacte vert donc on a des objectifs que je considère irréalistes et inaccessibles de baisse de production de CO2 d'ici à 2030 très bien sauf qu'il y a une chose qu'on oublie quand même de dire et ça c'est pas mes chiffres à moi c'est les chiffres du ministère de l'environnement la moitié des émissions de gaz à effet de serre en France sont issues des importations la moitié des émissions de gaz à effet de serre donc en fait ça veut dire qu'on a une production de CO2 en France qui depuis des décennies baisse parce qu'on a amorcé une transition écologique très bien sauf que dans le même temps l'empreinte carbone en France augmente donc ça veut dire qu'en fait là on est passé des émissions de CO2 aux pesticides ou plutôt des pesticides aux émissions de serre oui mais le pacte vert le pacte vert c'est ça ça veut dire qu'on va créer un tsunami réglementaire sur notre industrie sur notre économie sur notre agriculture pour justement aller chercher des objectifs complètement déraisonnables de baisse de gaz de production à effet de serre alors même qu'on ne s'attaque pas à la principale source qui sont les importations donc une fois de plus on raisonne à l'envers et moi ce que je veux c'est une remise en cause d'un modèle et pas seulement les petites mesurettes et c'est ce que je vais essayer de défendre bien sûr demain au Parlement européen
les petites mesurettes quand on voit que le chef de l'état quand même a essayé a été relativement clair sur le Mercosur alors le Mercosur qui est un traité après avoir voté
le CETA avec le Canada après avoir voté le traité Nouvelle-Zélande avec la Nouvelle-Zélande et voté en commission le traité Nouvelle-Zélande avec le Chili
on ne peut pas tout mélanger la Nouvelle-Zélande il y avait des dispositions environnementales le Mercosur on a un énorme problème de normes environnementales
oui madame c'est que vous le savez c'est ce que disent d'ailleurs les agriculteurs c'est que même quand des clauses miroirs sont prévues malheureusement les contrôles ne sont pas au rendez-vous elles ne sont pas appliquées
on ne peut pas non plus dire on décide de repousser parce qu'on considère qu'il y a une inégalité de législation avec le Mercosur c'est qu'on peut nous fourguer on peut parler vulgairement n'importe quel poulet alors que nous on a des obligations pour qu'on comprenne un résumé de façon vulgaire là pour l'instant c'est tant qu'il n'y aura pas une égalité on repousse bon après les contrôles peuvent être faits mais ça va dans le bon sens
pour vous ou pas moi je suis contente qu'il se soit réveillé tardivement sur le sujet et j'espère qu'il obtiendra à gain de cause parce que le problème c'est qu'il a déclaré quand même vous l'avez vu il y a quelques jours que c'était niaite et que tout était à l'arrêt et il y a eu un communiqué de presse de la commission en disant pas du tout on est toujours en train de négocier on est toujours en train de discuter
il faut l'unanimité pour ça et que pour l'instant on en est loin
très bien mais ce que je veux dire c'est que c'est étonnant de voir la différence entre les deux discours moi je pense que Emmanuel Macron aurait les moyens en tant que président de la France de mettre à l'arrêt ces négociations pour plusieurs raisons la première étant quand même je le rappelle que la France est le deuxième contributeur net à l'Union Européenne c'est elle qui donne en deuxième place le plus d'argent à cette Union Européenne
c'est la deuxième économie de l'Union Européenne
c'est la deuxième économie bien sûr c'est le premier producteur d'ailleurs agricole n'a-t-on pas aujourd'hui les moyens de faire davantage entendre notre voix encore faut-il pour cela engager un rapport de force mais comment engager un rapport de force je le redis quand aujourd'hui Emmanuel Macron comme le groupe d'ailleurs DLR au Parlement européen font partie de la majorité d'Ursula von der Leyen ils siègent ensemble
alors il y a une autre question qui se pose aussi c'est celle de l'Ukraine on fait quoi avec l'Ukraine on soutient ce pays parce qu'il est en guerre et donc on soutient son agriculture
on soutient un voisin évidemment en souffrance pour sa reconstruction moi je ne suis pas choqué par cela bien sûr même s'il faudra quand même se donner des objectifs et une lisibilité parce que la France aujourd'hui est dans une situation économique qui fait que malheureusement elle n'a pas une capacité de solidarité sans fin on a donné déjà plus de 3 milliards depuis le début de la guerre à l'Ukraine et on voit bien qu'à côté de ça les aides données à nos agriculteurs on est un tout petit contributeur par rapport à nos voisins européens on est quand même un pays sur-endetté ne l'oublions pas en tout cas sur le principe évidemment pas de difficulté maintenant je pense que la France devrait clairement prendre position pour ne pas faire de fausses promesses à l'Ukraine en laissant entendre qu'elle pourrait entrer au sein de l'Union Européenne je veux dire ce serait la solidarité ce n'est pas le suicide si vous voulez aujourd'hui rappelons quand même que l'Ukraine a un quart des terres agricoles sur le continent européen c'est la quatrième producteur mondiale de céréales ils ont des exploitations qui pour certaines d'entre elles font la taille du Jura et on a vu d'ailleurs que l'ouverture des frontières a détruit notamment notre secteur de la volaille il y a aujourd'hui une volaille sur deux consommée en France qui est d'origine étrangère ça on ne sait pas pour l'instant ce n'est pas suffisamment clair on n'arrive pas à avoir des chiffres en tout cas il y a plus de 75% d'augmentation
par rapport à l'Ukraine qui fait une très forte demande d'entrée dans l'Union Européenne on met des quotas donc on les laisse comme ça en attendant que la Russie
la remange comme il faut ce qui est certain c'est qu'en tout cas ce n'est pas possible de faire entrer aujourd'hui l'Ukraine au sein de l'Union Européenne même sur 10 ans parce que ce qu'on entend
c'est sur 10 ans 10 ans c'est trop court
c'est un géant agricole si demain vous voulez
le géant agricole il vaut mieux l'avoir avec toi
et essayer de lui mettre des règles à respecter ou est-ce qu'il faut l'avoir contre toi je ne crois pas qu'aujourd'hui on puisse espérer faire entrer dans un marché commun un pays qui une fois de plus est un géant agricole et qui a à peu près 200 euros de salaire médian par mois si vous voulez définitivement tuer l'agriculture française et faire en sorte que dorénavant la PAC ne soit plus donnée à la France mais à l'Ukraine parce que c'est ce qui mécaniquement il va se passer évidemment au regard des critères si demain elle rentre c'est totalement déraisonnable donc une fois de plus la solidarité ce n'est pas le suicide et donc si le prix de la solidarité et de l'entrée c'est le suicide de l'agriculture française et donc la mort de l'alimentation locale je ne pense pas que ce soit une bonne solution donc moi je ne souhaite pas cette entrée on l'aise pas seulement sur l'agriculture d'ailleurs ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas laisser passer ce qui était promis au départ et qui n'a pas été respecté le temps de la guerre bien sûr les produits transités par l'Europe pour ensuite aller être exportés vers l'Afrique malheureusement ce n'est pas ce qui s'est passé puisque on a voulu contourner ce blocus lié à la guerre mais la conséquence c'est que ça a inondé le marché européen et même les polonais en sont revenus de cette ouverture des frontières alors vous savez qu'ils sont de très fervents soutiens bien sûr de l'Ukraine dans cette situation
si je vous entends bien Marion Maréchal votre vision pardonnez-moi de l'Europe c'est pas le Frexit en fait vous n'avez pas envie
de sortir de l'Europe ça n'a jamais été le Frexit c'est d'ailleurs pas une position que je défendais même à l'époque où c'était dans le programme
Éric Zemmour soutient vachement le Brexit il est allé voir Nigel Farad il n'y a pas très très longtemps
Éric Zemmour il défend une vision de l'Europe dans laquelle la subsidiarité et la souveraineté des nations est davantage respectée ce qui est sûr c'est que moi je ne défends pas cette commission d'Ursula von der Leyen et cette Europe de la commission moi je défends une Europe des nations et ce que je dis souvent aux français qui m'interpellent sur la sortie je considère par lancer le débat aujourd'hui qu'une sortie sèche aujourd'hui de la France de l'Union Européenne serait plus douloureuse économiquement et socialement et avec des effets pas toujours attendus notamment sur l'immigration que ce qu'on pense en revanche moi je crois à la troisième voie et la troisième voie c'est les élections européennes du 9 jours mais donc du coup
c'était clair ou pas ce déplacement d'Éric Zemmour à Londres cette rencontre avec Nicole Varad qui est quand même l'emblème du Brexit ça voulait dire quoi en fait en termes d'affichage en termes de communication je ne sais pas vous irez lui poser la question vous le voyez plus que moi
il me semble qu'en l'occurrence c'était davantage pour poser la question des insuffisances de l'Union Européenne de ce qui a poussé les Anglais également à sortir et de poser d'ailleurs la question de ce qui relève aujourd'hui d'une réponse nationale et d'une réponse européenne parce que sur l'immigration il faut une réponse nationale il faut aussi une réponse européenne mais tous nos problèmes ne viennent pas de l'Europe ils viennent en partie de l'Europe mais ils viennent aussi de la France et d'ailleurs la censure du conseil constitutionnel sur la loi immigration en est l'une des démonstrations je peux dire les plus édifiantes mais vous avez vu
que les Britanniques maintenant dans les sondages par rapport au Brexit il y a une majorité légère pour l'instant mais qui regrette mais j'ai vu et qu'est-ce que ça dit y compris la campagne qu'avait fait Nigel Farage qui était une campagne en disant que les gens auraient plus d'argent plus de subvention bon que tout serait merveilleux est-ce que ça vous influence pour ce que vous vous pouvez proposer dans vos programmes
vous savez la leçon que j'en tire elle est claire c'est-à-dire qu'aujourd'hui les Britanniques ont repris une capacité de réponse notamment sur les questions migratoires en se délestant d'une partie des contraintes européennes mais qu'ils ne l'exploitent pas c'est-à-dire que c'est toujours pareil et c'est ce qu'il faut dire aux Français c'est que réformer l'Union Européenne c'est indispensable bien évidemment notamment sur le droit d'asile et sur Frontex et c'est ce qu'on va faire demain avec nos alliés au Parlement Européen mais il faut que le gouvernement français apporte aussi des réponses pour avoir de véritables solutions et sur le droit du sol par exemple et la suppression du droit du sol ça n'est pas dans le droit européen c'est une réponse qui doit être française sur les conditions du regroupement familial il y a une partie de contraintes européennes mais on pourrait aller beaucoup plus loin dans le droit français et on ne le fait pas par exemple sanitaires et médicaux qui sont aujourd'hui accordés en France ça n'est pas une contrainte européenne c'est une volonté aujourd'hui du gouvernement français l'aide médicale d'Etat c'est pas une contrainte européenne c'est un choix franco-français et la question aujourd'hui de la politisation de notre Cour suprême donc le Conseil constitutionnel qui est à sa tête je le rappelle l'ancien Premier ministre socialiste qui censure la volonté populaire de l'Assemblée est un problème franco-français
et deuxièmement c'est pas une censure politique dans la mesure où c'est ce qu'ils appellent un cavalier législatif je conteste totalement
cette lecture des choses en l'occurrence il y a beaucoup de juristes y compris de constitutionnalistes le mot n'est pas simple à dire qui se sont penchés sur les motifs de censure du Conseil constitutionnel et qui concluent sur le plan juridique
toute la discussion budgétaire tout le monde disait y compris à l'Assemblée nationale et au Sénat ce sont des cavaliers c'est-à-dire c'est anticonstitutionnel moi je crois même pas les neuf juges c'était on va pas faire le débat on va pas tomber là-dessus
moi je pense qu'il y a une dérive aujourd'hui de politisation de ces instances et qu'il faut d'ailleurs se poser la question aujourd'hui de leur réforme mais en tout cas tout ça pour dire quoi que 1 il y a une réponse européenne à apporter bien évidemment mais qu'il y a aussi une réponse française et que là malheureusement on n'est pas à la hauteur que le gouvernement conservateur n'est pas à la hauteur c'est sûr
des promesses données au peuple anglais Marion Maréchal vice-présidente de Reconquête et notre invitée ce dimanche dans Questions politiques on parlait d'immigration on va continuer à parler d'immigration j'aurais voulu faire écouter quelqu'un maintenant que vous connaissez bien Marine Le Pen présidente du groupe des députés RN qui réagit à un possible projet de remigration auquel serait en train de réfléchir l'extrême droite allemande Alternative sur Deutschland accrédité de 20% des voix aux élections européennes de juin prochain Je considère que nous avons une opposition si c'est le cas flagrante avec l'AFD et nous serons amenés à discuter ensemble de divergences aussi importantes que celles-là et voir si ces divergences ont ou non pas mais je ne suis pas décisionnaire sur ce sujet des conséquences sur la capacité que nous avons à nous allier dans un même groupe Alors je précise qu'une politique de remigration consiste à renvoyer les immigrés non européens dans leur pays d'origine votre tante donc prend ses distances avec cette politique je précise quand même que cette idée de remigration est issue d'une réunion secrète qui a eu lieu en Autriche à Potsdam pardonnez-moi à côté de Berlin est-ce que vous Marion Maréchal vous y êtes favorable à cette idée de remigration qu'il faut renvoyer les immigrés Après cette polémique
je suis allée écouter directement ce que disait de ce sujet Maximilian Kras qui est la tête de liste pour les élections européennes de l'AFD donc ce parti allemand qui propose donc la remigration et il propose la remigration donc des criminels étrangers ou des personnes qui ont été en tout cas condamnées pour des faits graves et il propose la remigration des personnes qui sont étrangères en chômage longue durée du sol allemand et si j'ai bien compris la remigration est également des personnes étrangères qui seraient l'équivalent des fichiers S pour radicalisation
Enfin c'est un petit peu plus que ça parce qu'au total ils ont quand même ils ont fait un petit alors après ils parlent de 2 millions de personnes quand même ça va pas suffire ce que vous nous dites là
c'est son projet en tout cas c'est ce qu'il a dit et ce qu'il a affirmé pour répondre à Marine Le Pen voilà donc si c'est cela moi je vais vous dire je suis d'accord avec cela puisque c'était le projet de remigration porté par Eric Zemmour pendant les élections présidentielles c'est à dire le renvoi en effet du sol français des personnes qui n'ont rien à faire sur notre sol ou qui représentent un danger qu'il s'agisse en effet de personnes étrangères condamnées qu'il s'agisse de personnes identifiées comme de potentiels dangers parce que fichiers S pour islamisme ou qu'il s'agisse de personnes qui ne subviennent pas à leurs besoins parce que ça représente combien de personnes à peu près sur le sol français les fichiers S vous l'avez vu on est près de 5000 personnes les chômeurs longue durée c'est des chiffres qu'on n'a pas de manière précise puisque en fait on a des chiffres par nationalité mais qui selon les chiffres de l'INSEE varient selon les modes de calcul mais on sait en tout cas aujourd'hui par exemple qu'il y a à peu près 40% des résidents algériens sur le sol français qui sont sans activité ni emploi donc ça représente quand même une part significative aujourd'hui de l'immigration parce qu'il sort d'où ?
l'INSEE l'INSEE vous pourrez aller vérifier si vous voulez il y a un taux d'inactivité aujourd'hui des personnes étrangères sur le sol français y compris d'ailleurs des personnes françaises issues de l'immigration qui est plus important que celui des français de nationalité ou de souche ça s'est avéré par les chiffres de l'INSEE donc c'est vrai que ça pose la question de l'intégration sociale et professionnelle aujourd'hui de cette immigration mais des français d'origine étrangère c'est des français on est d'accord de travail oui oui bien sûr d'origine immigrée
mais il y a les deux chiffres vous qui êtes juriste comment est-ce que vous faites pour faire le tri dans les fichiers imaginons que vous vouliez faire ce que vous venez d'énoncer les fichiers ce sont des gens qui sont fichés sur lesquels on a des doutes mais qui n'ont rien fait encore comment vous les triez et le fichier S il peut y avoir un français ça peut être fichier pour plein de choses mais comment vous faites la gradation ou est-ce que vous dites tous les fichiers S je vais vous dire très simplement je ne trie pas c'est-à-dire que dès qu'on a éventuellement dit au téléphone un truc de travers et qu'on fréquente des gens un peu étranges
je vais vous dire deux choses
je vais vous dire deux choses
pour les fichiers S pour islamisme on parle bien de ça parce qu'aujourd'hui les fichiers S il y a plus de choses d'extrême gauche que de fichiers S mais fichiers S islamistes pour les fichiers S islamistes je ne trie pas c'est-à-dire que quand il y a un étranger qui est identifié par des comportements ou des fréquentations comme potentiellement un risque il est expulsé du territoire donc un simple doute suffit pour expulser oui un simple doute parce qu'il s'agit de la protection des français avec un recours quand même un appel pour les autres on est quand même dans un pays de droit moi je considère que quand vous êtes étranger sur le sol français de toute façon vous pouvez normalement en être expulsé vous n'avez pas un droit à vie à vous maintenir sur le territoire français ou en tout cas vous ne devriez pas l'avoir maintenant deuxième chose moi j'ai proposé au moment où il y a eu justement cet attentat par un fichier S il y a quelques semaines de cela une détention sur le pont de Birakam à Paris c'est ça ?
préventive oui exactement une détention préventive et vous l'avez vu le sujet continue il y a encore quelques il y a deux jours il y a à Lyon un fichier S qui a menacé des passants avec un couteau donc l'histoire continue et ça ne s'arrêtera pas voilà pour l'instant
lui aussi il y a des problèmes cicatriques oui ils ont tous des problèmes cicatriques comme si l'islamisme
on va voir effectivement ce que dit véritablement en tout cas ce qui est sûr c'est que moi j'ai proposé en décembre lorsqu'il y a eu cet attentat une détention préventive de tous les fichiers S pour islamistes sur le sol français dans l'attent de pouvoir analyser au cas par cas ce qui doit être fait soit ils sont étrangers soit ils sont renvoyés soit ils sont des malades psychiatriques véritablement et dans ce cas là il faut pouvoir s'assurer de leur suivi on voit bien qu'il y en a beaucoup aujourd'hui qui sont dans la nature et qui ne sont pas bien ni identifiés soit ils sont des français à risque avec des comportements à risque et dans ce cas là il faut se poser la question pour certains de la déchéance de nationalité et de l'expulsion ou de l'enfermement si on creuse un petit peu parce que parfois si ils sont français
on ne peut pas les expulser
parce que vous voyez bien oui on peut aussi les déchoir de leur nationalité certains qui ont acquis la nationalité par nationalisation vous avez des apatrides ah bah si vous savez la plupart sont binationaux donc de toute façon il n'y aura pas d'apatrides même l'immense majorité en tout cas ce qui est sûr c'est que je crois qu'aujourd'hui il est déraisonnable de laisser dès la nature des gens qui sont identifiés par nos services de renseignement comme des bombes à retardement et de ne pas apporter de solutions radicales et d'ailleurs la cour européenne des droits de l'homme elle-même explique que quand la sûreté de l'état ou la sécurité des citoyens est en danger il est possible de décider
un certain nombre de règles on est tous y compris Stéphanie tout le monde même les gens de droite disent que les OQTF on ne peut pas s'asseoir dessus on vous oblige à quitter le territoire et puis le pays ne veut pas de vous il faut quand même que les pays vous réceptionnent effectivement ça croise
donc comment vous faites ? vous avez raison aujourd'hui il y a un problème dans le cadre des expulsions avec les laissés-passés consulaires accordés par les pays d'origine donc vous vous faites comment ? moi je pose la question comment se fait-il qu'aujourd'hui on ait des taux de succès d'OQTF en France qui soient si faibles moins de 10% d'OQTF exécutés alors qu'en Allemagne on avoisine les 40% ils me donnent non mais vous faites comment ? comment ils font les Allemands ?
une fois de plus vous prenez ça en dérision mais moi je ne prends pas ça en dérision je ne l'aurai pas du tout quand on a un désaccord avec le pays d'origine avec lequel on a quand même des relations parce qu'il y a des transferts d'argent parce qu'on donne des visas parce qu'on verse de l'aide au développement parce qu'on a des accords économiques quand même est-ce qu'on peut utiliser ces leviers pour essayer d'obtenir un minimum de respect de la part de ces pays pour qu'ils reprennent les clandestins qui sont venus illégalement sur le nôtre il me semble que oui je veux dire c'est des leviers qui n'ont même pas été utilisés imaginez-le face aux Comores et à l'arrivée massive de Comoriens à Mayotte vous allez me dire que la France n'a pas à un moment donné les moyens de taper du poing sur la table ça me paraît quand même
Gérald Darmanin a fait la tournée d'un certain nombre de pays d'Afrique du Nord pour essayer de négocier il a quand même essayé
oui mais d'accord mais qu'est-ce qu'il a mis sur la table ? c'est bien gentil de négocier mais est-ce qu'il a mis ses leviers sur la table ? non jamais parce qu'ils n'ont pas le courage de mettre ses leviers sur la table et parce que c'est le pas de vague voilà on a toujours du mal à engager un rapport de force c'est vrai d'ailleurs à l'international comme c'est vrai au sein de l'Union Européenne à quel moment au sein de l'Union Européenne la France ou le gouvernement français a véritablement engagé un rapport de force jamais qu'on essaie de bien vous comprendre
parce qu'on était sur la remigration au départ vous nous dites que finalement vous vous êtes pas complètement contre Marine Le Pen je suis pas contre la remigration du tout voilà Marine Le Pen elle prend plutôt ses distances Marine Le Pen se rapproche en ce moment de Giorgia Meloni la présidente du conseil italien ah bah oui il me semble j'ai vu cet article du Monde
mais je sais pas sur quoi il est fondé parce que je
en tout cas j'ai aucun élément qui me dit cela ça a l'air de vous embêter pourquoi ?
ah non ça m'embête pas du tout mais je pense ça vous rapproche d'elle du coup je crois pas je pense qu'aujourd'hui le rassemblement national est dans un groupe qui s'appelle Identité Démocratie dans lequel siège la Lega donc de Matteo Salvini mais qui est un groupe distinct du groupe des conservateurs et ce que je crois d'ailleurs c'est que demain c'est ce groupe des conservateurs auquel appartient Giorgia Meloni demain Victor Orban les Finlandais les Suédois qui seront la véritable force pivot au sein du Parlement européen groupe auquel nous aspirons de participer et c'est le groupe qui demain pourrait même passer devant le groupe Renew d'Emmanuel Macron et donc devenir finalement la force pivot de la nouvelle majorité donc moi ce qui m'intéresse demain c'est c'est l'union des droits toujours ou pas c'est réussir finalement à discuter quand même avec de toute façon Marine Le Pen l'a dit elle-même il y aura des votes de circonstances entre ces deux groupes demain au Parlement européen quand des intérêts communs sont relevés moi j'ai toujours cette idée c'est une singularité de reconquête défendue cette idée de coalition des droites je la défends au niveau français je la défends évidemment aussi au niveau européen et si demain d'ailleurs elle se met en place elle peut renverser la majorité d'Ursula van der Leyen et donc la sortir d'où l'importance des élections de l'année prochaine mais avec qui parce qu'il va vous manquer
quand même un petit peu du monde c'est à dire qu'il y a les conservateurs dont vous parlez il y a le groupe de Marine Le Pen et vous pensez réussir à obtenir un certain nombre de votes avec le PPE ce qui est sûr
c'est qu'il y a aujourd'hui un débat alors le PPE pour la formation c'est le groupe de centre droit auquel appartiennent les LR il y a aujourd'hui un débat au sein même de ce groupe pour savoir s'il faut continuer les alliances avec la gauche et les socialistes et en partie avec les écologistes ou si demain il faut reconsidérer ces alliances et plutôt aller chercher du côté des conservateurs et plus le groupe des conservateurs auquel nous souhaitons appartenir sera fort plus évidemment ce centre droit sera obligé de se poser cette question de revoir ces coalitions et donc de changer la ligne politique en tout cas c'est entre nos mains et entre les mains de ces alliés que se trouve demain l'avenir du Parlement Marine Le Pen
c'est une rivale une concurrente vous parlez une complice comment vous qualifieriez
vos relations la situation est particulière parce qu'il y a évidemment une concurrence électorale avec le rassemblement national puisqu'il y a un projet différent notamment sur l'économie on en reparlera peut-être mais pas seulement y compris en partie sur la vision européenne d'ailleurs et puis il y a une relation personnelle qui par ailleurs existe et se porte bien mais il y a une concurrence électorale maintenant ce qui est vrai c'est que moi je ne sais pas dans la vie vous entendez bien mais politiquement c'est compliqué c'est la schizophrénie de la famille Le Pen ce ne serait pas la première fois mais en tout cas ce qui est sûr c'est que moi je n'ai pas d'ennemis à droite ça c'est en tout cas une ligne de conduite qui est la mienne je peux avoir des concurrents je peux avoir des différences je considère que néanmoins ces différences doivent quand même nous permettre demain je l'espère de se mettre autour de la table et de travailler ensemble pour les intérêts de la France maintenant aux élections européennes oui évidemment nous sommes en concurrence moi mon objectif c'est le plus délu possible c'est plus le rassemblement national est en train de vous écraser quand même comment vous faites pour exister face au rassemblement national on n'a pas la même aujourd'hui offre donc à partir de là moi j'ai autre chose à proposer et les sondages aujourd'hui nous donnent autour de 7% 7% c'est 7 députés européens j'espère pouvoir en apporter encore davantage tout ce que je dis 28% tout ce que je dis aux français c'est qu'il ne faut pas se troper d'élections c'est à dire que la fois dernière le rassemblement national en 2014 est arrivé premier ça n'a pas empêché Emmanuel Macron d'être élu il est arrivé premier en 2019 ça n'a pas empêché Macron d'être réélu donc c'est une autre élection avec un autre enjeu qui est d'abord cet enjeu européen et je crois que plus reconquête sera fort au parlement européen pour défendre les intérêts de la France à côté d'ailleurs du rassemblement national dans un autre groupe et mieux les intérêts vous visez qui ?
est-ce que c'est au fond abattre LR dépasser LR et les abattre ou est-ce que c'est réduire un peu la progression du rassemblement national
en tout cas ce qui est sûr concernant les républicains c'est que moi aujourd'hui je souhaite être une offre alternative à tous ceux qui ne se retrouvent plus dans ce parti mais vous vous entendez bien avec François-Xavier Bellamy j'aime bien François-Xavier Bellamy vous aimez tout le monde c'est indéniable je suis quelqu'un de gentil que je vous dise non mais on peut avoir des différences politiques et avoir des bonnes relations personnelles vous me l'accorderez quand même heureusement sinon le monde serait triste j'ai de la sympathie pour François-Xavier Bellamy je regarde son parcours depuis longtemps mais je dénonce l'incohérence de François-Xavier Bellamy c'est-à-dire qu'il devrait être chez Reconquête pour vous ?
mais évidemment quand on regarde ce qui bouge comment aujourd'hui peut-il avoir soutenu Valérie Pécresse jusqu'à la dernière seconde qui a appelé à voter Emmanuel Macron comment peut-il être le porte-voix d'un parti qui aujourd'hui pour la moitié de son état-major appelle à un accord de gouvernement avec Emmanuel Macron siège dans les collectivités locales bien souvent avec les élus d'Emmanuel Macron sert de banc des remplaçants au gouvernement d'Emmanuel Macron il y a 8 ministres aujourd'hui qui sont issus des bancs de LR siège dans un groupe au Parlement européen on en a parlé le PPE qui est dans la majorité d'Ursula von der Leyen avec Emmanuel Macron enfin je veux dire quand vous regardez ce que dit François-Xavier Bellamy ça n'est pas cohérent
vous sentez mûr pour basculer ?
non je ne crois pas franchement je ne crois pas la main tendue elle a été faite elle n'a pas été reçue moi ce qui m'intéresse maintenant au-delà de François-Xavier c'est ce que j'ai envie de dire aux électeurs de droite c'est qu'avec nous ils sauront à quoi s'en tenir ils sauront pour quelle ligne voter et les élus que j'aurai avec moi au Parlement européen c'est des élus qui voteront tous dans le même sens et dans un groupe qui évidemment sera cohérent avec les idées que nous défendons au niveau national
confondent le bulletin de vote reconquête et le bulletin de vote Rassemblement national Jordan Pardella
le 9 juin prochain je crois quand même en l'intelligence des électeurs français qui de plus en plus nous identifient et voient bien qu'aujourd'hui il y a des singularités on l'a vu même ces dernières semaines y compris à l'égard du Rassemblement national par exemple quand le Rassemblement national défend l'accès au RSA sans condition de durée ou de limitation finalement territoriales moi je suis pour des conditions plus drastiques d'accès aujourd'hui au RSA et je n'étais pas du tout choquée par le fait qu'il puisse y avoir des heures d'activité demandées en face du RSA aujourd'hui vous avez par exemple le Rassemblement national qui demande un délai simplement de carence pour pouvoir quand vous êtes étranger accéder à un certain nombre d'aides sociales moi je considère qu'il doit y avoir la priorité nationale aux français vous les trouvez mou ?
comment ? vous les trouvez mou ? en tout cas je ne suis pas en accord avec eux de ce point de vue là vous avez parlé de l'exemple de la remigration on pourrait en donner beaucoup d'autres et plus les mois avancent plus on voit qu'il y a quand même des singularités on le voit par exemple nous sur les propositions de l'assistana le projet d'union des droites avec des singularités aussi fortes
notamment sur l'économie c'est-à-dire le projet de Marine Le Pen n'a rien à voir avec le vôtre et donc on ne voit pas du tout comment vous pouvez à un moment
plaider pour l'union des droites non mais pardon mais le principe d'une coalition c'est que justement vous vous mettez à la table avec des gens qui n'ont pas tout à fait les mêmes positions que vous sinon ce n'est pas une coalition c'est une fusion quand vous voyez aujourd'hui les différences qu'il y avait à l'époque entre le parti communiste et François Mitterrand ça n'a pas empêché qu'il y ait un accord de gouvernement vous voyez même cet exemple de la NUPES vous savez bien qu'ils ne sont pas d'accord sur tout et pourtant le parti socialiste a été capable de se mettre à la table avec les économistes ça a sauté il y a d'autres coalitions par le passé de toute façon c'est simple il n'y a jamais eu aucun parti qui est arrivé aux affaires dans ce pays sans coalition ça n'est jamais arrivé donc je crois que Marine Le Pen président vous pourriez être sa ministre voire sa première ministre la question ne se pose pas à l'heure où on parle la question déjà c'est de savoir ce qu'on est capable de faire au Parlement européen ce qui est sûr en tout cas c'est que de ce résultat aux élections européennes va dépendre la recomposition de la vie politique et de la droite dans les années à venir parce que si reconquête est fort ça veut dire que reconquête incarne une offre incontournable et si reconquête incarne une offre incontournable ça veut dire que donc les conditions de la coalition seront évidemment favorisées et c'est tout ce que je souhaite bien sûr d'ici 2027
Merci Marion Maréchal alors vous restez avec nous je vous propose d'accueillir notre deuxième invité notre invité livre pour le livre de la semaine France Inter Question politique Carine Bécard Bonjour Christophe Bourseillet ou re-bonjour en fait pour nous merci de nous avoir rejoints sur le plateau de questions politiques alors il y a beaucoup beaucoup de livres qui sortent en ce moment sur le thème de la colère on a décidé de choisir le vôtre Christophe Bourseillet parce qu'on vous connait bien sur France Inter vous êtes l'auteur de très nombreux ouvrages dont La France en colère colère avec un S que vous venez de publier aux éditions du Cerf tous ces livres donc je le disais sur la violence sur la colère des français cette nouvelle crise agricole cette fois qu'on a observé dont on a beaucoup parlé qu'on a observé ces 15 derniers jours ça veut dire quoi tout ça est-ce que nous sommes dans un pays de plus en plus souvent et de plus en plus violemment en colère
Ah oui nous sommes dans un pays qui est dominé par des crises de colère de plus en plus régulières puisque observant les mouvements extrémistes et les surgissements sociaux depuis de nombreuses années j'ai constaté qu'il y avait un resserrement de l'écart entre les différentes crises sociales c'est-à-dire qu'au XXe siècle vous avez eu mai 68 après vous avez eu la crise de la sidérurgie en 79 vous avez eu 86 les grandes grèves 95
Voilà on a l'habitude quand même des révolutions des crises des grèves
des grands moments historiques comme ça mais tous les 10 ans à peu près et à partir de 2010 vous avez les grandes grèves de 2010 puis les grèves de 2016 contre la loi travail puis les gilets jaunes en 2018-2019 puis la lutte contre la réforme des retraites en 2023 avec en plus plein de soulèvements intermédiaires donc oui il y a un sentiment d'injustice très fort et beaucoup de colère alors après ce que j'observe et qui pour moi est important c'est de voir une baisse de niveau général c'est-à-dire qu'au 20ème siècle les colères étaient très souvent placées sous l'auvent de grands penseurs il y avait des projets politiques derrière alors qu'aujourd'hui ce sont beaucoup des mouvements de colère plus ou moins aveugles c'est-à-dire des gens qui veulent tout casser qui veulent tout détruire qui veulent marcher sur l'Elysée chasser Macron et pourquoi pas le guillotiner mais qui n'ont aucune idée de ce qu'ils mettraient si Macron quittait l'Elysée c'est-à-dire
donc finalement les points en commun entre tout ça c'est quoi ? c'est la rage ? c'est le manque de considération ?
c'est une rage qui peut être très inquiétante parce que c'est une rage qui pour l'instant n'est pas médiée par des idées et je suis dans l'attente personnellement d'un grand projet alternatif d'une idée forte qui pourrait justement donner du sens à ces colères parce qu'une colère n'est fructueuse ou fertile que si elle l'est dépassée que si on arrive à la dépassée vous dites dans votre livre
qu'elles sont stériles en fait finalement toutes ces colères vous dites dans votre livre qu'elles sont un peu stériles en fait au final toutes ces colères
aujourd'hui beaucoup de ces colères sont stériles dans la mesure où elles révèlent un nihilisme inconscient c'est pas le cas de la crise des agriculteurs dans le cas de la crise des agriculteurs on a beaucoup parlé de tout de suite dès que ça a démarré de gilet jaunisation possible un terme assez nouveau et en fait pas du tout parce qu'il s'est révélé qu'il y avait effectivement une vraie colère une vraie détresse des agriculteurs au départ mais qu'ensuite le conflit a été totalement encadré par des syndicats et c'est devenu un conflit social relativement classique avec la pression des syndicats sur le gouvernement les négociations les négociations futures enfin les revendications complexes qui ont été mises en avant mais on n'est pas du tout dans un processus de gilet jaunisation quand on prend l'exemple des révoltes sociales récentes que ce soit les plus incontrôlables que ce soit les gilets jaunes ou avant en 2013 les bonnets rouges on voit bien que dans les deux cas il y a eu quelque chose qui a échappé à l'emprise syndicale et toutes les couches de la population qui se sont agrégées spontanément à ces colères là ça n'a pas été le cas c'est à dire que là il y a eu quelques soutiens de quelques camionneurs quelques taxis quelques pêcheurs mais ça n'a pas pris mais les salariés sont restés de leur côté il n'y a pas eu de convergence des colères il n'y a pas eu
de convergence des luttes effectivement Marion Maréchal vous la regardez comment en fait cette France en colère est-ce que vous êtes d'accord d'abord avec ce que dit Christophe Bourseillet est-ce que vous donnez le sentiment en tout cas de l'observer de la surveiller et même de vous y faufiler c'est ce qu'on a vu avec la crise des agriculteurs
qui est une colère et qu'on puisse analyser sociologiquement cette colère c'est votre travail et je vous rejoins là-dessus maintenant dans la façon où vous le présentez j'ai l'impression que vous présentez ça comme une forme de colère illégitime ou en tout cas un peu pas très jolie à partir du moment où il n'y a pas des grands penseurs derrière et une doctrine révolutionnaire pour l'homme nouveau bon ce serait en tout cas pas négligeable mais en tout cas pas très respectable pas très respectable oui on a connu d'autres révolutions avec parfois des doctrines très élaborées qui étaient pas moins dangereuses et qui ont entraîné pas moins de drames
et pas moins de morts ce qui est juste c'est qu'il y a une incapacité à créer un autre modèle de société je ne vois pas de la traversée
je vois avant tout du désespoir du désespoir et le désespoir des agriculteurs mais même le désespoir des gilles jaunes un sentiment de déclassement et qui ne trouve pas de réponse politique c'est à dire que c'est ça le paradoxe c'est qu'on a le sentiment que les diagnostics sont faits et souvent bien faits d'ailleurs par les uns et les autres mais que derrière il n'y a jamais de solution qui est apportée et il y a un sentiment de déclassement à tous les niveaux enfin je veux dire parce qu'on parle beaucoup de l'économie mais le mal-être en France il vient aussi du fait qu'aujourd'hui il y a une explosion de l'insécurité à tous les niveaux il y a une baisse des revenus et un sentiment de ne pas réussir à joindre les deux bouts il y a le sentiment d'une perte de contrôle totale sur les questions migratoires et donc identitaro-culturel et donc il y a un sentiment de dépossession et de désespoir
ma crainte c'est quand même de voir ces colères être récupérées par les mouvements populistes et les grands partis populistes qui aujourd'hui à mon avis comme moi vous êtes un cas particulier si vous voulez qu'on fasse de l'analyse précise il y a le populisme c'est un ensemble de courants qui ont surgi depuis les années 1990 il y a un populisme assez on pourrait dire entre guillemets un peu pur qui est celui de Marine Le Pen qui dit le peuple contre les élites et qui tente de se positionner dans le ni droite ni gauche et vous vous êtes plutôt dans la droite de la droite donc c'est un peu différent alors évidemment ce sont des idées d'extrême droite qui ont incubé à l'extrême droite et qui ensuite se répandent dans des partis comme le vôtre et vous répercutez ces idées là mais enfin évidemment oui pour moi les partis populistes sont des partis qui effectivement expriment plus de l'affect que la réalité d'une théorie politique
moi je réfuse ce terme d'extrême droite parce que l'extrême droite c'est l'anti-parlementarisme notamment et je ne m'inscris en rien dans l'anti-parlementarisme ou l'autoritarisme non mais voilà je rebondis
mais vous vous jugez populiste ou pas pour reprendre ce qu'il est en train d'être
alors le populisme vous avez raison le populisme c'est quoi c'est le leader charismatique le peuple contre les élites et l'idéalisation si je peux dire de la souveraineté directe plutôt que par le parlementarisme moi je ne m'inscris pas là-dedans donc non je ne me reconnais pas là-dedans maintenant je ne diabolise pas ce terme de populisme en ce sens que si c'est entendre la voix du peuple et essayer d'y répondre bon ben je ne trouve pas ça illégitime maintenant
je voudrais préciser une chose si je dis que par exemple Marine Le Pen ou Marion Maréchal je ne les considère pas comme précisément d'extrême droite c'est parce que j'ai essayé de poser un cadre scientifique expliquant qu'un extrémiste c'est quelqu'un qui lutte pour un changement radical de société et qui veut y parvenir par la violence donc là on n'est pas
donc elles ne sont pas suffisamment radicales
on n'est pas dans ce cas de figure là mais par contre ce que j'observe avec les mouvements populistes ou nationaux populistes comme certains chercheurs les ont appelés c'est le recyclage de théories qui ont incubé à l'extrême droite par exemple je vous ai entendu parler tout à l'heure de remigration le terme de remigration est apparu dans le courant nationaliste révolutionnaire dans les années 1990 avant de se répandre dans la droite de la droite
mais le conseil d'état récemment il n'y a pas très très longtemps il y a six mois enfin il y a moins d'un an à considérer à redit très officiellement que le rassemblement national c'était pas la question ce serait conquête mais que le rassemblement national était un parti d'extrême droite
oui mais ça après moi ça ne me dérange pas si vous voulez moi j'essaie d'obtenir d'avoir une posture scientifique je peux comprendre que dans un débat politique il soit plus simple de qualifier d'extrême droite des gens qui vont diffuser au dehors des idées qui ont incubé précédemment dans les mouvements d'extrême droite ça ne me gêne pas mais j'essaie simplement moi dans mon travail d'être précis et d'ailleurs je dirais que si je dis que le rn n'est pas d'extrême droite je dirais en même temps que lfi n'est pas d'extrême gauche puisque je m'en tiens à cette débat
vous avez 30 secondes mesdames c'est intéressant c'est effectivement la colère et la capacité de récupération de certains partis mais l'idéalisation et l'idée qu'il puisse y avoir un modèle alternatif n'existe pas voilà ça c'est ce qui est bien dit et ça c'est très intéressant j'ai une seconde et demie exactement vous considérez qu'il y a une espèce de complaisance vis-à-vis de ces mouvements là comme quand on dit gaulois réfractaires c'était marrant vite vite oui non
oui il y a une forme de complaisance parce qu'il y a une forme d'idéalisation et puis il y a surtout une espèce de colère flottante de romantisme là-dedans il y a un romantisme de la colère de la rage de la révolte
allez on finit sur ça vous êtes d'accord c'est super merci à tous les deux merci Christophe Bourseillet le titre de votre livre La France en colère je le redis avec un S et c'est aux éditions du Cerf merci Marion Maréchal d'être venu pour le plateau de questions politiques merci à toute l'équipe et en particulier à Fabienne Lemoyle et à Maury Bauché belle fin de week-end et on vous dit à la semaine prochaine
Marion Maréchal