Bouclier tarifaire et enjeux énergétiques de la France
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« Un bouclier tarifaire jusqu'en avril, c'est vraiment une manière de faire du clientélisme qui ne se cache même plus. »
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« Le gouvernement est responsable du fait qu'on a besoin d'importer de plus en plus de gaz. »
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« La taxonomie, c'est le règlement qui va dire quelles sont les énergies qui sont vertes, quelles sont les énergies qui peuvent nous aider à faire face au défi climatique. »
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« Est ce que le nucléaire est une énergie verte ou pas ? »
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« Plus vous mettez des éoliennes, plus vous avez besoin de gaz. »
- 6:00inconnuChiffre
« En 2035 on a baissé la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité au lieu de 70%. »
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« Tous les pays d'Europe de l'Ouest sans exception sont en train de baisser leurs capacités pilotables de production d'électricité. »
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« Flamanville, ça devait coûter 3 milliards ça va en coûter 19. »
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« Il faudrait un plan Messmer aujourd'hui pour construire du nucléaire. »
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« On va vers des pénuries structurelles en Europe. »
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Ca fait déjà quelques semaines qu'on voyait que le gouvernement était déterminé à acheter une élection présidentielle à Emmanuel Macron avec l'argent du contribuable, mais alors là, pour le coup, la démagogie est vraiment sans limite ! Un bouclier tarifaire jusqu'en avril, c'est vraiment une manière de faire du clientélisme qui ne se cache même plus. Je veux dire par là que, rendez-vous compte, de cette situation incroyable, on va amortir la situation créée par, pour partie, les échecs de ce gouvernement et des gouvernements passés, jusqu'au moment de l'élection présidentielle ; et le retour de bâton lui, pour le coup, arrivera le lendemain parce que les Français vont payer, évidemment...
Ce que vous voulez dire, c'est que ça n'a aucune utilité en termes de mesures d'urgence, par exemple, pour les ménages les plus pauvres, et ce que vous voulez dire aussi, quand vous dites "ce sont des échecs", il faut que vous précisiez : de quoi parlez vous exactement ? Est-ce que le gouvernement est responsable du fait que le gaz qu'on importe a augmenté de 57% depuis janvier ? - Le gouvernement est responsable du fait qu'on a besoin d'importer de plus en plus de gaz.
Et là, pour le coup, c'est le sujet majeur. Je parle de la bombe à retardement qui attend la France, et le continent européen entier, si nous ne nous resaisissons pas maintenant sur le sujet de l'énergie de demain. Nous sommes en train de faire n'importe quoi au plan français et au plan européen.
Et je voudrais, si vous voulez, essayer d'expliquer brièvement les enjeux : ça fait maintenant deux ans que je tire la sonnette d'alarme au Parlement européen avec nos collègues sur le sujet de la "taxonomie européenne". Pardonnez-moi pour ce mot compliqué, mais qu'est ce que c'est que la taxonomie ? La taxonomie, c'est le règlement qui va dire quelles sont les énergies qui sont vertes, quelles sont les énergies qui peuvent nous aider à faire face au défi climatique, et donc lesquelles vont pouvoir être financées par de l'argent public, soutenue par de l'investissement public.
Toute la question est de savoir : est ce que le nucléaire est une énergie verte ou pas ? Et pour l'instant la France est isolée. Visiblement, nos partenaires européens ne veulent pas... - La France n'est pas isolée, c'est ça qui est fascinant !
La France est simplement silencieuse. Et d'autres pays européens qui auraient besoin du nucléaire, et qui sont parfois même dans la même sensibilité politique que le gouvernement - je pense par exemple au tchèque monsieur Babic. Le premier ministre tchèque dit "moi j'ai besoin du nucléaire".
Pourquoi Emmanuel Macron ne défend pas le nucléaire ? Il le dit dans un documentaire que vos confrères de LCP ont publié sur le sujet. Le discours officiel c'est "nous voulons que le nucléaire soit considéré comme une énergie verte, parce que nous voulons du nucléaire, et même faire 6 EPR supplémentaires". - Bercy s'est réveillé dans la dernière ligne droite et c'était bien sûr bien trop tard - alors que nous alertions depuis longtemps.
Et surtout Bercy est un acteur, mais le double discours fait que l'administration qui négocie sur ces sujets au Parlement européen dans les institutions européennes, c'est celle de madame Pompili qui ne cache pas être anti nucléaire, et qui ne fait rien pour sauver le nucléaire. Or, qu'est-ce qu'on est en train de faire ? On est en train de mettre de l'éolien partout - c'est le cas en France aujourd'hui ; de fermer de manière anticipée des réacteurs nucléaires - ça a été le cas de Fessenheim - c'est la décision de ce gouvernement.
Et déjà ces décisions conduisent à ce que nous ayons besoin de plus de gaz. Parce que la vérité, c'est que plus vous mettez des éoliennes, plus vous avez besoin de gaz. Et plus vous mettez des éoliennes, plus le gaz coûte cher, parce que plus vous mettez des éoliennes, plus la versatilité des prix augmente.
Tracez le chemin : que voulez vous ? Ca ça s'appelle le mix énergétique, et pour l'instant la loi elle dit : en 2035 on a baissé la part du nucléaire à 50% de la production d'électricité au lieu de 70%, et puis on va mettre, en effet, des panneaux solaires et des éoliennes. - Et donc du gaz.
Vous dites : on se trompe ? - On se trompe. On se trompe d'une manière dramatique.
Parce que faire des éoliennes, encore une fois, c'est produire du gaz, donc c'est mettre plus de carbone. Mettre des éoliennes à la place du charbon, comme on pourrait le faire en Pologne, ça a du sens peut-être, mais mettre des éoliennes à la place du nucléaire, sur le plan climatique, ça n'a aucun sens. On produit plus de carbone.
Et deuxièmement, l'autre problème, il faut que les Français en soient conscients, c'est que, aujourd'hui, tous les pays d'Europe de l'Ouest sans exception sont en train de baisser leurs capacités pilotables de production d'électricité. Alors pilotables ça veut dire... - Ca veut dire précisément tout ce qui n'est pas dépendant du vent et du soleil.
Donc l'Espagne, l'Allemagne veut sortir du charbon - heureusement d'ailleurs ! Certains pays vont sortir du gaz, nous on veut aussi sortir du charbon : on veut fermer des centrales nucléaires...
Le problème c'est que dans quelques années à ce rythme-là vous aurez des pénurie structurelles d'électricité, parce que la consommation va augmenter en parallèle. Donc on se trompe : le mix énergétique telle qu'on l'a définit, ce n'est pas le bon ? - Il est fou !
La situation est folle. Folle. Et même si les EPR, par exemple Flamanville, on avait dit que ça coûterait 3 milliards ça va coûter 19 millards. - J'ai dit "fermer Flamanville", je me suis trompé : on a fermé Fessenheim, excusez-moi.
On vous a compris, mais les EPR, vous dites "il faut plus de nucléaire", mais lequel ? On voit bien que Flamanville, ça devait coûter 3 milliards, ça va en coûter 19. Est-ce qu'on a raison de s'obstiner sur ces sujets-là ?
Sur cet EPR-là, sur ce cnuléaire-là ? - Mais pour une raison assez simple, c'est que, pendant très longtemps, on n'a pas construit de nucléaire, et donc il y a des savoir-faire qui se sont perdus. Le nucléaire, c'est une technologie qu'on maîtrise, mais si on n'investit pas pour l'avenir, alors de fait ça va devenir de plus en plus coûteux, de plus en plus compliqué, avec des problèmes de sécurité, donc il faut aujourd'hui s'engager.
Il faudrait un plan Messmer aujourd'hui pour construire du nucléaire. Et si on ne le fait pas, je le redis, si on ne le fait pas, on va vers des pénuries structurelles en Europe. Le problème, c'est que c'est pas demain qu'il faut le faire, c'est qu'on est déjà en retard, parce que le temps que ça prend, vous le disiez, de construire, le temps que ça prend d'investir, ça fait qu'aujourd'hui, d'une certaine manière, qu'on le veuille ou non, déjà maintenant, on doit s'attendre à ce qu'il y ait des tensions très fortes sur le réseau électrique européen dans quelques années.
François-Xavier Bellamy