Outre-mer : nous rejetons l’état d’urgence sanitaire
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« Nous ne croyons pas que le variant Delta soit l'unique cause et même peut-être même pas la cause principale de l'extraordinaire taux de contamination qui s'observe sur les territoires dont nous traitons aujourd'hui. »
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« C'est le crash social qui a rendu possible le crash sanitaire et nous avons observé déjà ici sur le territoire de l'Hexagone que les cartes de la misère correspondaient le plus souvent aux cartes de la contagion et de la mort. »
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« La Guyane est en état d'urgence depuis le 17 octobre 2020. »
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« Le vaccin réduit le danger et donc je le recommande à ceux qui m'interrogent. »
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« La France est en dette pour toujours devant Haïti à cause du sort que nous lui avons fait subir dans le passé et dont les remboursements se sont étendus jusqu'à 1982. »
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ou pas la motion de rejet est le seul moyen dont nous avons conclu que nous disposions pour vous dire notre indignation sur la situation qui prévaut dans les outres mères français et les conditions qui ont rendu possible une telle situation. Nous ne croyons pas que le variant Delta soit l'unique cause et même peut-être même pas la cause principale de l'extraordinaire taux de contamination qui s'observe sur les territoires dont nous traitons aujourd'hui. Nous croyons tout au contraire que c'est le crash social qui a rendu possible le crash sanitaire et nous avons observé déjà ici sur le territoire de l'Hexagone que les cartes de la misère correspondaient le plus souvent aux cartes de la contagion et de la mort.
C'est la première fois du mandat qu'un projet de loi concerne exclusivement tous les outres maires et uniformément en dépit de leur différence géographique évidentes, des conditions naturelles évidentes qui les séparent et même des taux d'incidence de la contamination qui varie de l'un à l'autre de 1 à 10. et même pour être encore plus clair sur les 13 départements où le taux d'incidence parvient au seuil d'alarme, trois seulement sont dans les outresemes. Mais les outresemes donnent lieu à une décision particulière, celle de reproduire la possibilité du couvre-feu et du confinement parce que ce sont les deux seules mesures qui sont impliquées par la loi sur laquelle nous avons à nous expliquer.
Et c'est contre cette limite précisément que nous nous prononçons et que nous vous proposons de rejeter la loi pour obliger à une discussion d'ensemble qui nous permette de prendre l'ensemble des éléments en compte de la réalité des départements et territoires d'outreem parce que sinon, il faut le savoir. S'inscrire dans ce cadre, c'est décider de voter une fois de plus un confinement sans fin et sans moyen. De telle sorte que quels que soient les développements du futur, nous retrouverons à chaque vague de contamination, à chaque variant, une spécificité aggravée dans les outresemers, aussi longtemps que l'on ne change pas les conditions qui y prévalent.
Alors bien sûr, on doit saluer l'effort de ceux qui se battent. Bien sûr, il est remarquable que 2000 professionnels est venu soient venu donner en renfort à ceux qui se trouvaient sur place. sans oublier que ces 2000 professionnels sont prélevés sur les postes qui existent dans l'hexagone.
Mais enfin, le le geste, l'attention vaut la peine et nous fait devoir à nos autres parlementaires de savoir que les problèmes de l'outreem ne sont pas réservés aux ultramarins. C'est à la collectivité nationale tout entière de les prendre en charge et de les exprimer. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle notre groupe a décidé que ce soit son président qui s'exprime sur le sujet plutôt que tel ou tel, même s'il s'exprimeront tout à l'heure dans notre débat.
Je crois que l'essentiel est quand même de prendre la mesure de la situation dans laquelle vivent nos compatriotes. La Guyane est en état d'urgence depuis le 17 octobre 2020. L'état d'urgence qui devait se finir le 30 septembre est prolongé jusqu'au 15 novembre et on anticipe la possibilité qu'il soit déclaré à Mayotte, à Saint-Pierre et Miclon ou Alice et Foutuna.
Et vous nous avez annoncé à l'instant, monsieur le ministre, que il fallait y procéder sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie dès à présent. Bien le territoire de la Nouvelle-Calédonie par la force des choses, vous devez consulter le Congrès du territoire. C'est dans la Constitution.
Mais on pourra se poser la question de savoir pourquoi toutes ces mesures ont été prises sans qu'on entende le son de la voix des assemblées locales qui nous fasse connaître comment elle apprécie les raisons pour lesquelles nous sommes dans cette situation dans les outresemères. Je n'en fais pas le reproche aux assemblées. Je sais comment ça fonctionne.
Je suis moi-même membre d'une assemblée celle-ci. Et bien sûr, à chaque fois, je dépends comme les compatriotes d'outre des décisions du conseil de défense et du président de la République et de lui seul. On ne peut pas dire que la situation des outresemères n'était pas prévisible et que l'aggravation de cette situation n'était pas prévisible.
J'y insiste parce que c'est ce qui explique pourquoi nous sommes si mécontents de voir que tout d'un coup, on surgit en aggravant sans cesse l'état de confinement et de couvre-feu permanent. Nous-même les insoumis, nous avions fait un rapport, une commission d'enquête à la fin du premier confinement et nous avions une section dédiée aux outreem qui prévenait de la possibilité d'un effondrement sanitaire très grave. Mais si l'expression d'un mouvement politique vous paraissait insuffisante ou bien par a priori à éliminer.
Notez que en juillet 2020, l'euro député insoumis Yunus Omargi, président de la commission des région du Parlement européen, avait écrit directement au Premier ministre pour l'alerter et lui demander un plan d'urgence pour les outremères. Il est vrai qu'à l'époque, nous nous troubions les seuls à annoncer qu'il y ait une 3è puis une 4e vague et qu'on se gossait de nous à ce sujet. Puis en octobre 2020, ce fut le député insoumis de la Réunion Jean Hug Gratenon, qui a écrit au ministre des outremères vous-même pour l'alerter sur la situation de manque de personnel médical et l'affaiblissement, comme il le disait, de la solidarité nationale vis-à-vis des ultramarins.
Alors, allons droite au but. C'est la situation de crash sociale dans les outremèers qui explique l'ampleur des destructions de vie qui ont lieu et des contaminations. Mais je veux d'abord répondre à cette affaire de l'insuffisance de la vaccination.
La première question qu'il faudrait se poser, ce serait pourquoi ? et pas de montrer du doigt les populations en les rendant coupables. Celui qui vous parle est vacciné et je crois au vaccin.
J'en connais la limite. Je sais que il ne me prémunit pas à 100 % mais qu'il réduit si considérablement le risque que j'ai fait le choix en conscience de me vacciner de le recommander à ceux qui me posent la question pour cette raison simple, humble d'être humain dans ses doutes qui dit ça réduit considérablement le risque donc ça vaut la peine. Mais je ne me prononce pas scientifiquement ou médicalement.
Il y a longtemps que ma famille politique a cessé d'avoir des idées politiques sur la science. Sur la recherche, oui. Mais sur la science, tout le monde connaît les dangers qu'il y a à demander aux politiques un avis sur la science.
Donc j'ai peut-être un avis personnel mais je ne l'exprimerai pas. Je sais seulement que le vaccin réduit le danger et donc je le recommande à ceux qui m'interrogent et je m'efforce de les convaincre avec l'argument rationnel que je viens de vous présenter. Pour autant, ça ne veut pas dire que je cesse quoi que ce soit comme mes collègues de mon opposition au pass sanitaire, c'est-à-dire à toutes les mesures de restruction des libertés.
Et là, je vais vous dire directement, ça ne sert à rien. Vous ne nous préparez pas à la suite des événements. Les causes des pandémies sont maintenu toutes.
Les causes des pandémies, c'est la zonose. La zoonose, c'est la transmission des virus animaux qui passent aux animaux domestiques et des animaux domestiques aux êtres humains. Cette chaîne de la contamination ne sera rompue que si l'on renonce à certains types d'élevage.
D'une part, si l'on renonce à la destruction des habitats naturels, c'est-à-dire que la cause si elle est virale à un moment est écologique et enfin elle est sociale. La carte de la misère et la carte de la contamination. En Guadeloupe, comme en Guyane, il est impossible comme un Mayotte d'accomplir un certain nombre de gestes barrières pour une raison fort simple.
Il n'y a pas d'eau dans toute une série du territoire, dans toute une part considérable du territoire. Il est donc impossible de procéder au gestes barrières de l'eau qui se font avec de l'eau. Et cela vaut non seulement pour les particuliers mais parfois même pour les hôpitaux et pour toutes les autres structures.
Ce qu'il nous faut alors ce n'est pas confinir avec des pelletuses creuser des trous et y mettre des tuyaux pour que l'eau passe. Et bien quoi la France n'est pas capable de le faire ? N'est pas capable de décréter un état d'urgence qui règle radicalement.
Et d'un seul coup, cette question, ce n'est pas en confinant qu'on va améliorer la limitation de la contamination. C'est le contraire. Quand on est dans un habitat surpeuplé, alors on se contamine davantage et précisément les outremères sont le haut lieu d'une manière inacceptable par nous tous ici dans cet hémicycle.
Chaque fois que nous sommes nous en sommes rendus témoins inacceptable de surpeuplement de ta et d'enlogement indigne qui fait que nous sommes tous scandalisés quand on nous en envoie les images ou quand nous les voyons nous-mêmes. Non, ça c'est pas la France. Mais la France est capable de faire en sorte que moins quand c'est l'épidémie, on puisse isoler dans des conditions de dignité personnelle les personnes qui sont malades de manière à ce qu'elles ne contaminent pas tous ceux qui partagent l'habitat surpeuplé dans lequel il se trouve.
Il y a depuis maintenant longtemps et c'est pourquoi j'ai parlé de l'alerte il y a un instant que nous avions lancé à temps un sous-équipement médical qui fait que ces départements d'outre sont ceux qui sont les pires déserts médicaux de la France que l'équipement en lit d'hôpital est le plus faible. Vous venez de nous annoncer 130 lit dites-vous aujourd'hui à la Guadeloupe où il y en avait jusqu'à une date fort récente 32. Et bien monsieur le ministre, je ne vous en fais pas le reproche personnel mais tout de même l'hôpital de Nant pour une population équivalente en a 200.
Pourquoi 200 ici, 33 là-bas ? Et bien sûr, si on est monté à 130, tant mieux, mais compte tenu de l'ampleur de la crise, c'est bien plus haut qu'il faut monter. Je crois avoir donné assez d'exemples à cet instant pour qu'on m bien compris sur cette situation.
Alors oui, il y a une responsabilité de la décision politique. Vous nous avez décrit, je crois sans doute objectivement l'ampleur de la crise. Vous nous avez décrit les efforts que sur le moment il a été possible de faire avec l'appel à tel ou tel personnel.
Mais ça ne touche à aucune des causes structurelles de la pandémie et de la contamination sur ces territoires. Aucune. Nous n'aurons qu'une chose à faire si ça se dégrade.
C'est reconfiner et re le couvre-feu et re ce mode de vie qui est insupportable. Enfin, pour ce qui concerne la vaccination, monsieur le ministre, là encore c'est pas votre responsabilité personnelle, mais pour quelle raison en Guadeloupe et en Martinique n'a-t-on pas confiance ? Pour quelle raison ?
Alors bien sûr, nous avons vu un crétin gallonné venir sur un plateau de télévision expliquer que c'est parce que les Martiniqu croyaient au vaudou. Alors fort heureusement la chaîne de télévision qui n'était nullement responsable de cette sautise a présenté des excuses et je veux l'en féliciter pour l'avoir fait. Mais enfin pourquoi ? parce que ce sont les départements où l'on a continué à permettre l'utilisation du chlore déconne alors que tout le monde savait dans les autres pays que c'était meurtrier.
Et depuis, il y a une culture de la défiance, collègues, on le croit ou on ne le croit pas, mais il y a une culture de la défiance qu'il faut lever avec la patience de la pédagogie, de l'aller vert, rencontrer les gens comme par exemple le font nos collègues espagnols qui ont mis cette méthode au point. Et bien faisons-en autant et puis après il faut arrêter de faire de l'idéologie là où il y a pas lieu qui en est parce que nous autres français nous devrions être en ce moment à la rescousse des autres et notamment de ces malheureux haïtiens à qui nous ne pouvons donner qu'une aide finalement assez superficielle alors que la France est en dette pour toujours devant Haïti à cause du sort que nous lui avons fait subir dans le passé et dont les remboursements se sont étendus jusqu'à 1982 puisque c'est jusqu'à 1982 de que Haïti a dû compenser le prix des esclaves qui n'étaient pas là. Je crois mes chers collègues, que ce que je dit à cet instant mérite mieux que des infectives.
Vous pouvez me faire des gestes dédaigneux. Ils seront vus par les outremères et qui connaîtront leur hauteur. Je participe à un débat avec vous.
J'essaie de me faire comprendre, de me faire entendre. Je raconte la situation qui est celle de l'outre mer n'est pas acceptable. Et il ne faut pas faire de l'idéologie dans la manière de combattre dans la crise sanitaire.
Nous avons des voisins dans les Caraïbes. La France des Caraïb a des voisins avec lesquels elle peut travailler. Les uns pour les aider Haïti les autres pour s'entraider.
Je pense ici à Cuba. Dans l'océan Indien, nous avons des responsabilités à l'égard de toutes les nations qui nous regardent. Il faut que Mayotte soit une avantgarde dans la manière de traiter les problèmes radicaux qui s'y posent.
Il faut aider de toutes nos forces. Quelle que soit la couleur politique des élus, ceux qui s'y trouvent pour qu'on règle cette crise parce que si nous la règlons, alors nous ferons la démonstration de ce que valent les méthodes, les valeurs, les principes de la République française en face d'un continent tout entier qui la regarde et s'interroge sur son futur. Nos propositions, c'est qu'on commence à construire là où ça va le plus mal.
La société du roulement qui permet le changement des horaires d'accès, la société de la fin du surpeuplement en méthodiquement organisant en organisant méthodiquement la séparation de ceux qui doivent l'être en proposant des logements car nous sommes capables d'en construire à toute vitesse et d'en installer partout à toute vitesse. Nous devons organiser la compréhension qui permet la vaccination. Nous devons installer dans toutes les salles de classe des purificateurs d'air, des appareils de mesure du CO2.
Là-bas, plus qu'ailleurs, la France le peu. Ce n'est rien à faire, ce sera un coupure, monsieur le président. Il est Oui.
Bah 14 minutes 59. Dis donc, tu me rates pas maintenant. Alors, j'ai droit à 15 minutes et je terminerai sur ces mots.
Jean-Luc Mélenchon