Narcotrafic : Macron face à son bilan
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. C'est encore une étape décisive. L'Assemblée pourrait définitivement adopter le budget de la Sécurité sociale.
Les tractations continuent pour que la France soit dotée d'un projet de loi de finances peut-être avant le 31 décembre. Nous allons en parler avec E.Ciotti.
Bonsoir. Vous êtes député des Alpes-Maritimes et fondateur de l'UDR. Un mot sur le déplacement d'E.Macron à Marseille pour défendre son bilan.
Il s'est recueilli sur la tombe de M.Kessaci. Il a inauguré un nouveau commissariat.
Les moyens supplémentaires, c'est la clé pour lutter contre le narcotrafic? - E.Ciotti: Son plan, il aurait plutôt dû le baptiser: "Marseille en feu".
Au bout de 9 ans de présidence, on a vu la dégradation à Marseille qui, aujourd'hui, est prise en main par les narcotrafiquants. Il n'y a pas que Marseille. La montée de la violence, c'est un des bilans les plus sombres du macronisme.
Aujourd'hui, il fait des annonces. Plus personne n'y croit. Il n'a aucun pouvoir pour les mettre en place puisqu'il n'a plus de majorité à l'Assemblée.
Il faudra qu'il aille négocier le montant de l'amende forfaitaire à 500 euros, j'y suis favorable, avec ses nouveaux alliés socialistes. - C.Roux: Il annonce une amende forfaitaire pour les consommateurs de drogue qui va passer de 200 à 500 euros.
Il veut aussi renforcer la coopération avec les pays depuis lesquels les têtes de réseau opèrent. Est-ce que ce n'est pas ça, le nerf de la guerre? - E.Ciotti: Tout ça va dans le bon sens.
Frapper les consommateurs...
On a banalisé la consommation. Sur ce sujet, j'avais fait une proposition de loi pour porter l'amende forfaitaire à 1000 euros. Je note que la majorité macroniste s'y est opposée.
Il y a une évolution, aujourd'hui. Tant mieux. On verra si ça se traduit à l'Assemblée nationale.
Frapper les pays producteurs, que ce soit au Maghreb ou en Amérique du Sud, bien sûr, naturellement. Ce sont les 2 bouts de la chaîne: ceux qui produisent et ceux qui consomment. Au milieu, il y a des trafiquants.
Il faut frapper sur les 3 volets. Le volet central, les trafiquants. Il faut plus de policiers et plus d'enquêteurs de la police judiciaire.
C'est ce qui fait défaut aujourd'hui. On a déstabilisé...
Monsieur Darmanin a déstabilisé la police judiciaire. - C.Roux: E.Macron dit ceci.
Il a mis en place des quartiers de lutte contre la criminalité organisée. Il y a aussi l'installation d'un Parquet national anti-criminalité organisée. Ca sera à partir de janvier.
C'est plutôt des choses que vous attendiez. - E.Ciotti: Le Parquet national, nous l'avons voté.
Le débat a eu lieu à l'Assemblée nationale. Tout ça va dans la bonne direction. Ca arrive terriblement tard.
Les narcotrafiquants ont un temps d'avance. On nous dit qu'il y a plus d'interpellations et plus de saisies. On est à des niveaux inégalés et inédits.
Ca veut dire aussi que le trafic augmente plus vite que les moyens déployés pour le combattre. - C.Roux: La solution, c'est davantage de moyens? - E.Ciotti: Il faut une guerre sans merci aux narcotrafiquants.
Un "quoi qu'il en coûte" sécuritaire. Dans ma ville, il y a 250 policiers qui manquent. On a des services de police judiciaire où il manque plusieurs dizaines d'enquêteurs.
C'est ça, le nerf de la guerre, les moyens, pas les discours. - C.Roux: Le "quoi qu'il en coûte", c'est le sujet.
On vote un budget avec une étape sans doute décisive. Ca dure, ce feuilleton... - E.Ciotti: Ce mauvais feuilleton. - C.Roux: Le PLFSS devrait être adopté dans quelques minutes.
Vous pensez que la France peut avoir un projet de loi de finances avant le 31 décembre ou est-ce une autre histoire? - E.Ciotti: C'est une autre histoire.
Le PLFSS sera sans doute voté. Pour reprendre la formule de monsieur Retailleau, "invotable", il va être pourtant voté par les amis de monsieur Wauquiez main dans la main avec les amis de monsieur Hollande. C'est inédit.
On va assister à l'augmentation de la CSG sur les revenus du capital. On va augmenter les mutuelles que vont payer les Français. Ce sont des mesures qui lestent encore plus la barque fiscale.
On est déjà le pays qui paye le plus d'impôts au monde. On en rajoute une couche. - C.Roux: Il y a une responsabilité des LR? - E.Ciotti: Bien sûr.
Je peux comprendre les socialistes. Dans leur délire, ils ont obtenu des succès. Je m'y suis opposé, notamment sur les retraites.
LR a obtenu quoi? Plus d'impôts? - C.Roux: De la stabilité, selon L.Wauquiez. - E.Ciotti: Ce n'est pas de la stabilité.
Le pays continue à décliner. Il n'y a pas une mesure d'économie sur l'immigration. On va augmenter les mutuelles des Français.
Il y a des Français modestes qui ne peuvent pas se payer la mutuelle, mais il n'y a aucune économie sur l'AME. On va laisser toujours ce niveau exploser, plus de dépenses sur l'AME pour les clandestins en situation irrégulière qui ont droit à une couverture santé à 100 %. On n'en a pas dit un mot. - C.Roux: Vous savez ce que vous ont répondu les LR?
Que vous avez voté 40 milliards d'euros d'impôts avec le RN... - E.Ciotti: Je n'ai voté aucune taxe.
Nos 16 députés n'ont voté aucune augmentation d'impôt. C'est également vrai pour le RN. On parle d'une mesure...
Je voudrais démentir cette fake news. On nous dit qu'il y a 24 milliards d'impôts...
On refuse que les multinationales étrangères, McDonald's, Amazon, qui font leur chiffre d'affaires en France et qui vont se domicilier à Dublin pour ne pas payer d'impôts en France...
Ce n'est pas une augmentation des impôts pour les petits artisans français. Au contraire, c'est dire qu'il faut prendre l'argent de ces multinationales. Juridiquement, ce n'est pas de la fraude, mais moralement, c'est scandaleux. - C.Roux: C'est rectifié.
Vous avez insisté au lendemain de ce vote sur la différence qu'il peut y avoir entre la ligne de B.Retailleau et celle de L.Wauquiez.
Vous dites qu'il n'a d'autre objectif que de détruire B.Retailleau. - E.Ciotti: C'est assez bien résumé. - C.Roux: Vous considérez que ce qui se joue sur ce vote, c'est l'implosion des LR?
C'est ce que vous souhaitez? - E.Ciotti: LR, dans sa forme actuelle, a disparu.
La continuité d'une famille de droite républicaine issue du général de Gaulle, c'est l'UDR, que je préside, qui l'incarne. Aujourd'hui, les LR, c'est une guerre d'ego, une alliance avec la Macronie, une alliance avec les socialistes au Parlement...
Je le vois sur le terrain. Je suis resté très proche des militants LR. C'est ma famille d'origine. - C.Roux: Ils vous en ont voulu. - E.Ciotti: Pas tous.
Ceux qui privilégient leur poste et leur place par rapport à l'intérêt du pays...
Beaucoup ont dit: "Tu as eu raison avant tout le monde de vouloir cette alliance des patriotes." - C.Roux: V.Pécresse, interrogée sur cette porte ouverte à l'union des droites assumée par N.Sarkozy, dit: "S'allier avec le RN, c'est s'effacer.
La droite n'est pas à vendre. Le RN méprise la droite républicaine, ses valeurs et son histoire." - E.Ciotti: Le discours de V.Pécresse, sa campagne...
Elle a mis LR dans le cercueil. Quand on fait 4,7 % à la présidentielle, ce n'est pas simplement une défaite, c'est une humiliation, une déroute. Je serais elle, je rentrerais dans un trou de souris avec une autre vocation que parler aux Français pour faire de la politique. - C.Roux: Vous dites que l'avenir des LR se joue aujourd'hui?
Etre un supplétif du RN? - E.Ciotti: Ce n'est pas être un supplétif.
Il y a un constat. Le RN recueille aujourd'hui une très large confiance des Français. Il y a des Français de droite qui veulent participer au redressement, tourner la page de la période Macron-Hollande depuis 2012.
Il faut faire partie de cette espérance du redressement. - C.Roux: Vous êtes candidat aux municipales à Nice.
A l'Assemblée, il y a un projet de loi essentiel sur l'organisation des JO d'hiver en 2030. La Savoie s'est retirée de l'organisation. Nice est pressentie pour accueillir les sports de glace.
Vous n'êtes pas enthousiaste à cette idée, parce que ça coûte cher? - E.Ciotti: Sur le principe, je suis favorable aux Jeux olympiques.
C'est toujours une manifestation importante et qui donne du rayonnement à notre nation. et si je suis élu maire, ça ne se fera pas comme ça, qu'on utilise le stade de l'Allianz Riviera, où joue l'OGC Nice, qu'on le bloque plusieurs mois et que notre équipe soit contrainte de jouer ailleurs pour un coût de 80 millions d'euros. On va couvrir le stade pour y faire des patinoires.
Je ne souhaite pas qu'il y ait une grande patinoire à côté, qui coûte 200 millions d'euros. On n'est pas en situation de financer cette situation. Nice pourrait être amenée à contribuer à hauteur de 50 à 70 millions d'euros.
Il y a d'autres solutions. Je les proposerai. Celle-là, c'est non. - C.Roux: Vous vouliez consulter les Niçois. - E.Ciotti: S'il y a un vrai débat et qu'on nous impose par la force cette situation, je suis prêt à consulter les Niçois par référendum, naturellement, s'ils me font confiance. - C.Roux: Les élections, c'est en mars.
Vous avez initié une commission d'enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public. Vous en espérez quoi? - E.Ciotti: J'espère qu'il y aura, au lendemain de cette commission, des principes de neutralité qui doivent être intimement associés au service public et qui seront réaffirmés avec plus de force.
Il y a eu des dérapages, des dérives. On se rappelle l'affaire Cohen-Legrand. Nous ne souhaitons plus voir ces connivences avec un parti politique dans le service public.
Nous souhaitons pour les JO qu'il y ait un respect encore plus permanent de l'argent public. L'audiovisuel public doit être neutre idéologiquement et prudent financièrement. Je crois qu'on avait perdu un peu de vue ces 2 principes fondamentaux.
La commission d'enquête doit réinstaller ces 2 principes fondamentaux: la neutralité dans l'information absolue...
C'est souvent le cas, mais pas toujours. Et le respect absolu de l'argent public. C'est moins souvent le cas.
La commission d'enquête, sur beaucoup de sujets, est en train de le démontrer. - C.Roux: Vous n'arrivez pas avec des conclusions toutes faites. - E.Ciotti: Absolument pas.
Je n'ai rien contre l'audiovisuel public. - C.Roux: 69 % des Français ont une bonne opinion de l'audiovisuel public. - E.Ciotti: Il doit y avoir une neutralité de l'information.
Bruno Retailleau