Crise agricole : les agriculteurs peuvent-ils compter sur les consommateurs ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 40 %Défensif 22 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:13OuverteRéponse directe
Est-ce que vos raisins ont la même apparence qu'habituellement ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Est-ce que les distributeurs refusent les raisins avec une petite rafle ?
- 8:04OuverteRéponse partielle
Les légumes moches sont-ils vendus avec un rabais de 30% ?
- 8:39OuverteRéponse directe
Qui décide du prix des fruits et légumes ?
- 11:34OuverteRéponse directe
A quoi ressemble cette fin d'été pour les agriculteurs ?
- 14:07OuverteRéponse directe
Combien de maraîchers sont en grande difficulté ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 15:17InvitéChiffre
« La perte est de 10 000 euros sur une année pour les oignons. »
- 19:16PrésentateurFait
« Le coco de Paimpol ne doit plus financer le coca d'Atlanta. »
- 30:35InvitéChiffre
« 349 000 »
- 30:38InvitéChiffre
« 1 500 000 il y a 60 ans »
- 30:42InvitéFait
« 27 fermes mettent la clé sous la porte tous les jours »
- 32:20InvitéChiffre
« Ils n'ont que 16 à 17% de surface irriguée »
- 35:59InvitéPromesse
« C'est une juste rémunération »
Temps de parole
- Présentateur25 %
- Présentateur 221 %
- Invité19 %
- Invité 215 %
- Invité 37 %
- Invité 44 %
- Invité 53 %
- Invité 63 %
- Présentateur 32 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter France Inter Le 18-20 Fabienne Synthès Étouffé, asséché, cramé Voilà l'état de nos légumes cette année Après une succession de canicules et un effet de chaleur Amplifié par la sécheresse Les cultures maraîchères n'aiment pas ça Le maïs non plus, on se souvient des volailles mortes de chaleur Mais c'est clairement les légumes Les produits laitiers aussi qui payent le plus cher Aujourd'hui la ministre de l'agriculture Devait annoncer des mesures Elle le fera demain Mais la FNSE a chiffré les pertes globales Dues au climat dégradé de l'été Plus de 10 milliards d'euros D'autant que la véritable ampleur des dégâts Ne sera connue qu'au moment par exemple De la récolte des légumes d'hiver La question dans une profession déjà inquiète Une profession déjà en colère Est celle de la survie De certains producteurs Alors qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on fait nous d'abord les consommateurs ? Est-ce que nous sommes l'un des leviers Qui permettrait d'aider les agriculteurs A survivre à cette saison Et aussi les suivantes ? Vous avez vu peut-être fleurir dans certains supermarchés Ces affichettes expliquant pourquoi Le prix des légumes avait augmenté Et va augmenter Vous avez peut-être vu que les tailles Évidemment étaient différentes Que les légumes moches étaient revenus sur les étals L'effort de solidarité Il nous concerne Bien sûr Sommes-nous prêts à le faire ?
Personne n'ignore les problèmes de pouvoir d'achat Qui sont peut-être d'ailleurs les vôtres Mais la réalité c'est que les fruits et légumes Après une saison comme celle-là Sont plus chers Sinon c'est qu'ils viennent d'ailleurs Est-ce que soutenir l'agriculture C'est changer la logique d'achat ? Cette question nous la poserons Mais si nous faisons un effort Est-ce que la distribution joue le jeu elle aussi ? Si nous on joue le jeu Est-ce qu'on est bien sûr Que c'est dans la poche des agriculteurs Que cet argent sera versé ? C'est le téléphone sonne ce soir Soyez les bienvenus Guillaume vous êtes le premier Et vous êtes le bienvenu Bonsoir Bonsoir On vous écoute Guillaume
Enchanté Donc moi je m'appelle Guillaume Greter Je suis un jeune producteur de raisins de table Dans la région sud-est Au pied du Mont Ventoux L'emblématique montagne Où le Tour de France passe
Et racontez-nous alors Que devient votre raisin ? Comment il va si j'ose dire ? Et si vous arrivez à le vendre ?
Donc le raisin va très bien Il est beau, il est bon Il est en pleine récolte On est au kick de la saison Il est très qualitatif Alors certes il y a eu des fortes canicules Nous n'y on pas Nos raisins ont pris quelques petits coups de soleil Mais ce n'est pas pour cela Pour autant qu'ils ont des problèmes qualitatifs Bien au contraire Donc au niveau de la commercialisation Bien entendu qu'il y a des problématiques Nous ce qu'on aimerait C'est tout simplement Réaffirmer notre partage de la valeur Entre nous et la distribution Pour que l'on puisse gagner notre vie décemment Car là on vend des raisins Qui sont souvent en dessous du coût de production Et cela n'est pas normal Et ensuite on a des problèmes De importation Avec des raisins qui arrivent Notamment d'Egypte Ou d'Afrique du Sud Qui ont traversé la moitié de la planète Donc premièrement au niveau écologique Ce n'est pas terrible Et sachant qu'il y a des raisins français Tout autour des magasins Et je pense qu'il faudrait les mettre en avant En priorité
Est-ce que vos raisins Guillaume Ils ont si j'ose dire Les têtes qu'ils ont habituellement Ou est-ce qu'il faut se faire un peu De pédagogie envers les consommateurs En disant Si vous les trouvez un peu différents Des années précédentes Ne vous inquiétez pas Ils sont bons Vous venez de nous le dire
Alors non Ils ont la même apparence Ils ont la même tête Ils sont très beaux Et c'est les jeunes producteurs Qui vous parlent Et croyez-moi Je vous parle avec la passion Parce qu'agriculteur C'est un métier avant toute passion Et notre satisfaction C'est qu'un consommateur Se régale trois fois par jour Avec nos fruits et légumes Donc pour le raisin Nous ce qu'on demande C'est que les cahiers d'agréage Donc les plateformes De centrales d'achat Quand ils reçoivent nos raisins On aimerait juste un truc C'est être entendu Et que les raisins Quand ils ont un petit coup Une petite rafle Qui est marron En fait c'est pas qu'à les sèches C'est pas qu'à l'abîmer C'est tout simplement Que le soleil a tapé Que le sucre est là Donc cette rafle Et donc c'est la queue du raisin Et marron Ou impacté avec des petits points noirs Et en fait c'est la qualité C'est le sucre Et en raisin de cuve Pour la viticulture C'est une preuve de qualité En raisin de table C'est pareil
Et c'est là que j'allais vous emmener En effet Parce qu'il doit y en avoir Cette année des petites rafles Est-ce que ça veut dire que Même justement Auprès de ceux qui vous l'achètent Et pas seulement les particuliers D'ailleurs Et sûrement pas les particuliers D'ailleurs plutôt les distributeurs Est-ce qu'ils vous disent Je suis désolé mais il y a une petite rafle Donc nous on ne les prend pas Ou pas ?
Alors oui C'est exactement ça Alors ce n'est pas forcément Sur la petite rafle C'est parce qu'elle a Un coup de soleil Entre guillemets Qui fait un point noir Et en fait il y a des agréheurs Dans les centrales d'achat Qui nous refusent systématiquement C'est l'eau Et après c'est nous agriculteurs Qui nous devons payer Ou les revendeurs Qui doivent distribuer Qui doivent payer Le transport retour Et ça Ça nous coûte une fortune Mais le consommateur finalement Lui il n'y est pour rien Lui il achète Ce que l'on lui propose
Merci beaucoup Guillaume Parce que vous allez nous servir De tremplin si j'ose dire Pour la discussion Qu'on aura ensemble Jusqu'à 20h ensemble On souhaite bon courage Avec vos raisins Dont on sait Qu'ils sont vraiment très bons Autour de la table Il y a Nicolas Chavanne Bonsoir
Bonsoir
Vous êtes le fondateur C'est qui le patron Les gueules cassées C'est vous aussi Donc l'incitation à manger Des légumes moches C'est vous qui avez commencé Avec ça Bonsoir Nadia Ziane Bonsoir Vous êtes directrice du pôle consommation De l'association des familles rurales Il y a Daniel Sauvêtre avec nous également Bonsoir Bonsoir Vous êtes arboriculteur Vous faites des pommes et du raisin Vous aussi en Charente Président de l'interprofession française Des fruits et légumes frais Et monsieur Sauvêtre On vous remercie particulièrement Parce que je sais que vous êtes en déplacement A Hong Kong Donc vous êtes en plein décalage horaire Merci de participer A cette discussion Je vais commencer avec vous Nicolas Chavanne Parce que Ce que dit notre Notre ami Guillaume C'est vraiment important J'ai du raisin Il est bon Tout va bien D'ailleurs le soleil Il a plutôt arrangé Parce que dans un fruit comme ça Ça l'a fait gonfler Il y a une petite rainure On me le refuse encore Moi j'ai cru que Depuis que Les 5 canicules successives Aient encore été passées Au contraire J'ai même vu des affichettes Dans mon supermarché Les légumes moches C'est pas grave Ça c'est de l'affichage Ça veut dire qu'en réalité Ça n'existe pas Ou très peu
Alors c'est un triste exemple Un très bel exemple Parce que Ce qu'il faut vous dire C'est qu'effectivement Vous l'avez bien mis en relief L'agréeur C'est celui Un peu technique Un professionnel Qui voit arriver Cette petite tâche Sur la rafle Et qui techniquement Va refuser Alors que vous mettez 1000 consommateurs Vous nous mettez 1000 Acheteurs en face De ce raisin On l'achètera C'est un petit détail Parfois invisible A l'œil nu Qui fait que Un responsable des achats Va refuser de la marchandise Il faut arrêter Avec ce monde Où les consommateurs Que nous sommes Sont prêts Évidemment à consommer Des fruits ou des légumes Avec des petits défauts D'aspects minimes Je rappelle à chaque fois Que si vous Vous rendez sur un arbre Chez une grand-mère Un ombre Dans votre jardin Vous ne prenez pas Uniquement les plus beaux Les plus ronds Vous prenez tous ceux Qui sont mûrs Ce bon sens des consommateurs Il doit redevenir La boussole Du choix Des distributeurs Les patrons On dit En chœur Quatre grandes distributeurs On accepte Les gueules cassées Chez nous Cette année Mais j'aimerais bien avoir Je suis de cette région Peut-être après l'émission Pour comprendre Quelle centrale d'achat Parce que ça me paraît Pas un cas isolé Mais normalement On doit faire une place A ces fruits et légumes Avec des petits défauts Minimes Mais qui s'ils ne sont pas vendus Verront des producteurs Disparaître Ayons en tête Que jamais Il y a eu autant d'appels Nous consommateurs On reçoit des appels De producteurs Notamment les plus jeunes C'est triste On en avait encore Cet après-midi Ils nous disent Canicule On ne l'a pas choisi Les fruits sont moins gros Plus petits On ne les paye pas Au juste prix Je vais m'arrêter C'est d'une tristesse pour eux Mais pour nous Leur avenir Producteur C'est le nôtre
Mais vous savez La question que je me pose Moi et Nadia Ziane Vous allez pouvoir répondre A cette question Et pardon de jouer les naïves Mais les gueules cassées Les légumes moches Habituellement Si j'ose dire Quand certains distributeurs Vraiment bien les accepter C'est un rabais de 30% Et j'ai envie de dire Mais pourquoi en fait Parce que si le légume Je veux dire La carotte à boîte de traviole Si elle a exactement le même goût Est-ce qu'on ne peut pas essayer Aussi d'obtenir ça C'est-à-dire La gueule est cassée Mais le légume A exactement le même goût Donc est-ce que ça C'est sur la table Et ça peut exister Et est-ce que c'est entendable Y compris par la distribution Nadia Ziane Alors c'est extrêmement intéressant Ce que vous venez de dire là Parce que ce que vous pointez Très justement du doigt C'est qui décide du prix C'est uniquement La grande distribution Quand elle met son étiquette Sur les étals Et en fait Ce que disent L'ensemble des interlocuteurs Qui sont intervenus avant moi C'est On a deux perdants En réalité dans la chaîne Le producteur Et le consommateur Moi je vais vous donner Un autre exemple Que celui Des gueules cassées Dans les fruits et légumes Parce que C'est vrai qu'à mon avis Si on faisait un micro-trottoir Et qu'on interrogeait Les consommateurs On aurait quasiment 100% des gens Qui Une fois qu'on leur explique Comme l'a fait De manière très pédagogique Une fois qu'on leur explique Qu'en plus C'est parfois des signes De qualité gustative Bien sûr qu'on les achèterait tous Mais encore une fois Il ne faut pas Il ne faut pas faire dire Aux consommateurs Ce qu'ils n'ont pas dit Aucun consommateur N'a dit à la grande distribution Je refuse d'acheter Ces fruits et ces légumes Et en fait Quand on parle De fixation du prix Et de juste prix Moi j'ai envie De vous donner un autre exemple C'est la détresse Des producteurs De pommes et de poires Qui en janvier 2023 Nous expliquait Qu'ils vendaient A la grande distribution Leur kilo de produits Entre 90 centimes Et 1,10 euro Pour s'en sortir Ils avaient besoin De 1,20 euro Et les consommateurs Que nous sommes Achetions ces produits 2,50 euro Sans aucune transformation Concrètement Ça veut dire Qu'à l'intérieur De cette chaîne De distribution On a un certain nombre D'intermédiaires Qui prennent aussi Des marges Qu'on peut qualifier D'excessives Et qu'en réalité Le circuit tel Qu'il fonctionne Aujourd'hui Pourrait continuer A fonctionner En rémunérant Mieux nos producteurs En rendant les fruits Et légumes Plus accessibles Au consommateur Mais juste En revoyant un peu La marge prise Par les intermédiaires Si je peux me permettre Juste un autre exemple Qui est très très frappant Parce que les consommateurs Et les auditeurs Ne le savent pas Aujourd'hui La manière dont fonctionne La grande distribution Et on a un rapport Sénatorial Qui est venu le confirmer En fait ça fonctionne Avec des pertes De certains côtés Et des profits De l'autre Pour combler ces pertes En réalité Le rayon des fruits Et légumes Il est très rémunérateur Pour la grande distribution Tous les ans Ça leur apporte 200 millions d'euros A côté de ça Ils ont le rayon De la viennoiserie Pâtisserie Sur lequel ils perdent 60 millions d'euros Ce qui n'est pas normal C'est ça C'est pourquoi La grande distribution Décide de gagner Plus d'argent Que de raison Au détriment Des consommateurs Et des producteurs Sur les fruits et légumes Et d'en perdre Sur d'autres rayons Je comprends Ce que vous êtes en train De nous dire Nadia Ziane Il y a l'idée De faire des coups Donc on vend à perte Mais sur des produits pâtissiers Des choses comme ça Etc Mais effectivement Sur les fruits et légumes Ça la vente La perte Il n'en est pas question Daniel Sauvetre Est-ce que vous faites des pommes D'ailleurs notamment Et aussi des raisins Est-ce que vous pouvez Avant le prochain auditeur Nous faire Une espèce de tableau En fait En cette sortie d'été A quoi ça ressemble Aujourd'hui Ce moment historique Pour les agriculteurs Pour ceux qui font Des fruits Des légumes Et aussi les autres Mais enfin Dans votre spécialité A quoi ça ressemble Cette fin d'été C'est-à-dire que Si on ne fait rien Demain on attend des aides Qu'est-ce qui se passe Dans votre branche ?
Alors En fait Cette fin d'été En effet Elle confirme Avec la séchefesse Qui perdure Avec une nouvelle canicule Annoncée En fait On est toujours Dans la continuité De ces excès du climat Qui continuent D'amener des difficultés Rappelons-nous quand même Qu'on a eu Un très beau début de saison Puisque les pêches Nectarines Abricots Tous les fruits à noyaux Les fraises On a eu un printemps Où les consommateurs Étaient devant les étals Où les producteurs Étaient satisfaits Où les choses Se passaient plutôt bien En fait C'est la permanence De la séchefesse Et des hautes températures Qui a commencé A mener ces annonces De la part des maraîchers Qui ont clairement dit Nous ne sommes plus En capacité De produire Nos champs Qui ne sont pas irrigués Nous perdons les récoltes Et on a eu Les mauvaises nouvelles Arrivées À partir Sur la grande Traçade ouest De la France La Bretagne La région nantaise Un peu Les Landes Et c'est du maraîchers Que sont devenus Les plus mauvaises nouvelles Et évidemment Avec la ligne de partage Entre ceux Qui continuaient A réussir Et ceux Qui avaient des difficultés Qui était La disponibilité en eau Puisque face A la séchefesse Et aux fortes températures Quand on a suffisamment d'eau On n'arrive pas complètement A contrecarrer Les excès de température Mais quand même Ceux qui irriguent Ceux qui n'irriguent pas Ceux qui n'irriguent pas Ceux qui sont très meilleurs Mais là Si on se dit Évidemment Ce sont les récoltes Qui sont encore à faire Qui souffrent le plus Celles qui ont pu être faites Avant le 14 juillet Avant la fin du mois de juillet C'est bien passé On a encore Des bonnes nouvelles Du côté du melon Du côté de la pêche Tectarine La récolte de pommes Qui arrive Évidemment Va être maigre Avec Le plus petit calibre Et puis Une diminution de quantité C'est vrai aussi Pour la poire Pour les calibres Voilà Donc on est dans ce moment Où on voit arriver Du côté des fruits Les baisses de récolte Les calibres plus petits Et pour le maraîchal Il se confirme En effet Que les graves manques Du mois d'août Vont perdurer Sur le mois de septembre Et sans doute Oront des incidences Cet hiver Pour ce qui n'a pas pu être mis En culture Pendant l'été
Avant de parler à Olivier Qui nous attend à tour Nicolas Chabanne Est-ce qu'on peut dire On sait en pourcentage Le nombre aujourd'hui De maraîchers Qui sont en grande difficulté Proche de Jeter l'éponge Typiquement
On parle de 30 000 A minima Mais je peux vous dire 349 000 Exploitation En tout Les maraîchers Les maraîchers Qui ne disent rien C'est une population De gens Merveilleux Et résilients Ils ne se plaignent Pas souvent Ils ne demandent pas Des choses incroyables Ils s'arrêtent Et ils meurent En silence On a nous Au bureau Des exemples Julie qui travaille Dans l'équipe Son mari est maraîcher C'est une tristesse infinie De voir même des jeunes Voir un rêve brisé Par le fait que Et je dois vous dire Quelque chose Parce que je l'ai devant les yeux On vient de le publier Parce qu'on a eu Des petites informations Des contrats Des industriels Qui achètent De la pomme de terre Des oignons Des échalotes Des pommes Et bien Ils ont décidé De rester sur le prix Contractualisé Il y a un an De faire aucun aménagement Ils tiennent Vraiment Par des contrats Des producteurs Exemples Qui ne s'en sortent pas Revenu actuel en France C'est maintenant Des producteurs De pommes de terre Zéro Voilà le revenu Et la perte Est de 10 000 euros Sur une année Pour les oignons Zéro Pour les échalotes Zéro Pour les pommes Zéro Avec là des pertes Entre 50 et 70 000 euros Que les industriels Soient à la hauteur De notre argent Lorsqu'on achète Le produit Et qu'ils arrêtent D'être dans des contrats Où les producteurs Vont disparaître Il faut qu'il y ait Un réveil collectif D'urgence De tous les acteurs
Voici Olivier Qui nous attend Pardon de vous avoir Fait patienter Olivier On vous écoute Bonsoir à tous
Je voudrais en fait Rappeler quelque chose Qui a été oublié Et qui est important Pour le sujet de ce soir C'est que L'Europe en fait A demandé au départ La calibration Des légumes Et sauf que Face aux déchets Qui étaient produits Lorsque le camion Arrivait avec ses concombres Il y en a un qui est tordu On renvoie tout le camion Depuis Écoutez bien la date Le 1er juillet 2009 Ils sont revenus en arrière A l'époque C'était Barozo Qui était aux commandes Sur 26 fruits et légumes Qui peuvent être vendus Non calibrés Tordus Il n'y a que En 2014 Intermarché Qui a pris la balle Donc pas au bon Parce que le bon Il était tard Mais qui a fait ça Et donc Le public N'a pas été Informé Ou je ne sais pas Comment dire Mais en tout cas Les supermarchés Ont continué à garder Une pression En fait Sur les agriculteurs Je vous invite à vérifier Ce que je dis 1er juillet 2009 Sous Barozo Fin Du calibrage Pour arrêter Le gaspillage
Et sauf que donc J'ai bien compris Dans les supermarchés On a attendu 2014 Pour et encore Ne pas partout Arrêter le calibrage Merci beaucoup Olivier C'est précieux Ce que vous nous dites Nadia Zian Ce que racontent Ce que nous disent A la fois Les consommateurs Et les agriculteurs C'est qu'il faut faire Évoluer le cahier des charges De chacun C'est le nôtre Les consommateurs C'est celui des distributeurs C'est celui de tout le monde Qui ne joue pas le jeu J'ai peur d'entendre Votre réponse Parce que j'ai l'impression Que je la connais d'ici Mais est-ce que c'est ça La clé en fait Faire bouger Tous les cahiers des charges Parce que des étés Comme celui qu'on vient de passer Il y en aura d'autres Et surtout qu'on oublie Un point qui est extrêmement important C'est celui de la santé On est en train de parler De produits Dont chacun d'entre nous A besoin Pour rester en bonne santé Qui sont rendus Moins accessibles Par cette politique De péréquation de marge Que chacun d'entre nous Dénonce Donc moi j'ai envie De vous répondre La bonne nouvelle C'est qu'une solution Est enfin mise Dans le débat public On a une proposition De loi Qui est portée Par un député Qui est Boris Tavernier Qu'on a poussé À Famille Rurale Et avec une quarantaine D'associations De la société civile Notamment des collègues De Foodwatch De Que choisir ensemble Du secours catholique Et en fait Nous ce qu'on dit C'est Tant qu'on n'aura pas Encadré un peu La manière Dont les prix se construisent Parce qu'aujourd'hui C'est la grande distribution Qui décide Nos producteurs Continueront de souffrir Et nos consommateurs Seront éloignés D'un certain nombre De produits Donc j'ai envie de vous dire Il n'y a pas 36 solutions Il faut encadrer Un certain nombre De prix De produits essentiels Et notamment Les fruits et légumes Pas pour que la grande distribution Vende à perte Il n'est pas question Pour nous Le sujet Ce n'est pas de dire Les intermédiaires Doivent pas gagner d'argent Doivent plus gagner d'argent Ce n'est pas ça du tout Le sujet C'est de dire On étouffe nos producteurs On éloigne Les consommateurs De ces produits essentiels À leur santé Parce qu'on renchérit Artificiellement Leur coût Il faut repenser La péréquation des marges Moi je vais vous donner Ce qui résume le mieux La situation C'est la formulation De notre ministre Du pouvoir d'achat Actuel Serge Papin Qui disait Le coco de Paimpol Ne doit plus financer Le coca d'Atlanta C'est à dire Qu'on doit mettre fin À ce système De péréquation Qui fait la parbelle À certains produits Ultra transformés Au détriment De produits Dont on a besoin Pour être en bonne santé Retour au standard Avec François Bonsoir François
Bonsoir Fabienne Merci beaucoup Eh bien écoutez J'habite la petite ville D'Avranche Sympathique Et j'ai vu Il y a deux jours Une publicité Qui m'a scandalisé Vous savez Les grandes raquettes Sur les trottoirs On les voit bien Alors c'était Qui veut jouer Au jeu Des 1,18€ De gagnants Et vous aviez La fiche Qui était coupée En deux En bas Vous aviez Une boîte De crème de gruyère Ronde D'une marque Totalement inconnue Enfin voilà Je me souviens même pas
C'est pas grave
Du nom de la marque 2,20€ Mettons Et puis au-dessus Vous aviez La boîte Bien connue Eh bien La vache qui rit Bien sûr 3,40€ Bon Eh bien Eh bien Choisissez Les consommateurs Alors évidemment Ils n'ont pas pu Ils n'ont pas pu ôter le logo Qu'il y a Sur les boîtes De vache qui rit Fabriqué Avec du lait français Donc vous avez Fabriqué Avec du lait français Bon Alors après Eh bien Qu'est-ce que vous voulez La manœuvre Elle est tellement grossière N'achetez pas du français Allons C'est bien trop cher Je trouve ça Écœurant Comme procédé
Merci François Pour cette remarque Daniel Sauvêtre On l'a dit Les consommateurs Sont prêts C'est évident Si on leur dit Sur les étals Où qu'ils achètent Leurs fruits Ou leurs légumes Voici D'où provient Ce que vous êtes En train d'acheter Ils le feront En fait Est-ce que vous avez Le sentiment Vous Que cette solidarité Là Elle existe Et donc Il suffit de ça En fait Ou est-ce que vous avez Quand même Le sentiment Et contrairement Notre ami François Qui lui est très Au fait de ces choses-là Est-ce que vous avez Quand même le sentiment Qu'il faut les amener Encore Les consommateurs français A expliquer Ce que vous faites Ce qui vous êtes Où vous êtes Et où on vous trouve
Oui mais vous avez raison On a besoin D'expliquer au consommateur Le consommateur Il est loin Des problématiques Du maraîcher Ou de l'arboriculteur Il ne connaît pas Les contraintes Que nous avons Et donc forcément Quand il voit Sur les étals Qu'on lui met Des fruits Un peu plus petits Que ce qu'il achète D'habitude Ou avec Une marque De coup de soleil Et bien c'est important Que le chef de rayon Le primeur Explique Les raisons De tout cela De manière à ce que Le consommateur Vive un peu Au rythme De ce qu'ont été Les contraintes Climatiques Vécues par Le maraîcher Ou l'arboriculteur Je voudrais juste Revenir sur le débat Qu'il y a Sur la responsabilité De la distribution Je voudrais quand même Rappeler qu'on est Dans un pays Où le consommateur Peut aller acheter Directement Chez le producteur Il peut signer Une AMAP Avec un producteur Il peut aller Sur un marché Il peut aller Chez un primeur spécialisé Il peut aller Dans plusieurs Grands distributeurs Et donc ils sont tous En concurrence Les uns avec les autres Moi-même J'ai des magasins Je peux vous assurer Que la compétition Elle est rude Et que quand on veut Avoir un consommateur Qui vient dans son magasin Il faut être attractif Et donc il faut Tenir compte de la concurrence Et essayer de trouver Le juste prix Donc c'est difficile Quand même A mon sens De juger Dès lors qu'il y a Concurrence Quand il y a monopole Oui on sait Qu'on va payer trop cher Dès lors qu'il y a Concurrence Il faut quand même Faire attention Avant de penser Qu'il y a une marge induit Il y a souvent Des raisons à tout cela En revanche oui Qu'il y ait des améliorations Dans la logistique Dans le savoir-faire Dans la tenue des rayons Qui fait qu'en ayant Moins de pertes On peut écraser Les coefficients De manière plus attractive Pour le consommateur Il y a un énorme travail à faire Mais ce que nous a dit Guillaume au départ On est loin De parler des fruits moches On dit simplement Qu'on a de la formation Pour les agréheurs De manière à ce qu'ils soient Suffitamment intelligents Pour comprendre Ou écouter Ce que dit le producteur En disant Si jamais la queue Elle est légèrement noire Il n'y a pas d'incidence Sur la qualité C'est simplement Parce qu'il y a plus de sucre Vous voyez C'est ce type de choses Dont on a besoin On ne parle même pas De gueule cassée Parce que là encore Le consommateur Dès lors qu'il y a Suffisamment au rayon De choses belles Je peux vous assurer Qu'il ne va pas acheter Ce qui est moche Et donc en revanche Contre la tension Il y a moins d'offres Et qu'il y a de la rareté Et bien on met en rayon Des choses que Le consommateur N'aurait pas voulu acheter Dans d'autres occasions C'est ça qu'on essaie De dire aujourd'hui Aujourd'hui on dit La récolte est faible On va compenser un peu En élargissant L'offre par Une diminution Du calibre Et puis en acceptant Que le coup de soleil Ou la queue Qui a ce petit point noir Que d'habitude On ne veut pas avoir Aujourd'hui on va l'accepter
Nicolas Chabanne Il y a beaucoup d'auditeurs Il y en a un qui nous attend Qui s'appelle Jess On va l'écouter d'abord Jess bonsoir Bonjour Jessica
Jessica pardon Oui c'est pas grave Je suis à Unamap Donc depuis Depuis de nombreuses années Maintenant Et donc C'est super Parce qu'on est en contact Direct avec L'agriculteur Qui nous amène Ses légumes Chaque semaine Donc on a un contrat On s'engage A prendre chaque semaine Des légumes avec lui Et puis Il y a des années Où il y a des maladies Où donc On n'a pas eu De pommes de terre Par exemple Mais c'est pas grave Il compense avec autre chose Et je trouve que C'est bien Je trouve que c'est bien Parce qu'on est en contact Avec lui On sait On connait ses difficultés On sait ce qu'il vit Et puis Et puis les légumes Ils sont ce qu'ils sont Et puis bon Ce sont les légumes de saison aussi Donc c'est pas ce qu'on trouve En supermarché On n'a pas de courgettes L'hiver On aura plutôt des choux Des détraves Pour faire avec Mais on a l'habitude Et enfin Je trouve ça génial Et ce que je voulais dire aussi C'est que quand j'en parlais Autour de moi Je trouve ça trop bien En fait les gens Ils y vont pas Alors Ils y vont pas Parce que c'est contraignant C'est à des horaires La semaine Puis on choisit pas ses légumes On fait pas ce qu'on va avoir Le soir Et voilà
Merci Jessica Et c'est là dessus Que je voulais vous entendre Nicolas Chabonne Parce que oui Jessica a raison Il y a des gens Qui fonctionnent comme ça Ils ont de la chance Ils ont la map Qui est pas loin Il y a des horaires faisables Et puis il y a Quand même la contrainte Pour beaucoup d'entre eux De n'avoir de choix Que celui du supermarché En fait Et c'est là dessus Qu'il faut jouer
80% des achats Évidemment Dans les supermarchés Hypermarchés Et vous avez raison Sur un point Tout à l'heure Vous l'avez dit Il faut pas Que le prétexte Des gueules cassées Des petits calibres Permette aux distributeurs D'acheter au mauvais prix Au producteur C'est à dire que Franchement Si c'est proposé Ces produits On les achetant très mal
C'est ça Il y a quelque chose Qui dit On vous fait une fleur On vous les prend Mais pourquoi ce serait une fleur Puisque c'est une carotte Comme une autre
Absolument Si c'est une fleur Effectivement Il faut que ce soit au juste prix Sinon ça ne servait On ne verra à rien Il y a un deuxième élément C'est la transparence Vous êtes face à un rayon Dans un supermarché Quel produit vous garantit Que le producteur L'ait payé au juste prix ?
Il y en a trop peu C'est cette opacité Qui a fait que Quand nous sommes arrivés Nous consommateurs Avec cette démarche Dans le rayon du lait Quand un lait est apparu Et qu'il garantissait Une juste rémunération Il est devenu La brique de lait La plus vendue de France Ça veut dire que Donnez-nous l'info Garantissez-nous Que le producteur gagne sa vie Donnez-nous de la transparence Et on est un arbitre Qui fera finalement Cet arbitrage Au nom de tous les acteurs
J'ai une question de Guillaume Sous les yeux Nadia Zian Et qui dit ceci Avec ces canicules Les productions Donc ont énormément baissé Il a raison Guillaume Comment allons-nous faire Pour avoir suffisamment De fruits et légumes Pour nous nourrir en France Est-ce que cette question Se pose dans ces termes-là Est-ce qu'on risque la pénurie Est-ce qu'on en aura assez ?
Alors j'ai envie de vous dire Nous on travaille beaucoup Avec les producteurs De fruits et de légumes La filière En réalité Des gestions problématiques De climat Il y en a quasiment Tous les ans Après on a la chance En France D'avoir plus de 100 Variétés de produits Sur nos états À l'année Donc c'est vrai Que certains produits Ça a été vrai Pour les tomates Je pense qu'on en a tous Entendu parler Dont les prix ont grimpé Parce qu'il y en avait moins Maintenant La diversité de produits Dont on peut bénéficier Grâce à nos producteurs Fait que Sur une année Quand certaines productions Auront été touchées Par la sécheresse D'autres l'auront Beaucoup moins été C'est ce que disait Tout à l'heure Le producteur Et donc Il ne faut pas renoncer À consommer Les fruits et légumes Il faut se dire Qu'on peut En choisir d'autres Qui auront été Moins impactés Vous voyez Là cette année On l'oublie Mais le melon Était beaucoup plus accessible Cette année Que l'année dernière Parce que les conditions météo Était plus favorables Cette année Donc si l'année dernière On a dû se détourner Un peu du melon Parce qu'il y en avait moins Et qu'il était plus cher Il faut juste S'adapter finalement À notre climat Et accepter aussi Que parfois On va faire évoluer Son panier de produits En fonction Des aléas climatiques Et c'est assez rare Quand même Ça fait 20 ans Qu'on fait cet observatoire Des fruits et légumes Ça n'est jamais arrivé De ne pas pouvoir Constituer De paniers de produits De fruits et légumes Une année C'est jamais arrivé Il est déjà arrivé Qu'on n'ait pas de fraises Pas de cerises Dans notre panier À cause d'aléas climatiques Mais encore une fois La variété est telle Qu'on peut toujours Se rattraper sur autre chose Et si je peux juste dire un mot Parce que ça C'est vrai qu'on ne le dit pas suffisamment Les fruits et les légumes Ça ne coûte pas cher Nous on a évalué ça Le 5 fruits et légumes Par jour et par personne Pour une famille de 4 personnes 2 adultes 2 enfants Quand vous prenez Les 5 fruits et légumes Les moins chers proposés Ça coûte 77 euros par mois Donc c'est un budget Qui est absorbable Y compris pour les budgets Les plus restreints C'est embêtant Parce qu'on n'a pas accès À l'ensemble de la variété Des produits Mais on a toujours Au moins 5 fruits et légumes En dessous de 2,50 euros Le kilo Ça c'est important De le souligner Quand on parlait tout à l'heure Nicolas Chaban De changer le cahier des charges Valable pour la distribution Mais valable pour nous C'est ce que nous dit Nadia Zian C'est ce que disait Jessica Aussi également Si cette année Il n'y a pas de pommes de terre Mangez autre chose Plutôt que d'acheter Des pommes de terre Qui viendront d'ailleurs Et est-ce qu'on l'a Ce réflexe là En fait Ou est-ce qu'il faut Qu'on l'apprenne encore
Permettez-moi quand même de dire Autre chose Ça veut dire que les producteurs Français Qui produisaient la pomme de terre Disparaissent C'est là où on ne peut pas Aussi simplement Que dans une espèce de choix Fait comme ça Ce n'est pas du marketing Mais on ne doit pas Butiner sur une offre Qui engage des vies A l'autre bout Il ne faut pas Qu'on renonce à ça Ce n'est pas juste Bon on en trouvera Ce n'est pas grave Ou des importations viendront Si on n'a pas de produits français A nos portes Le contexte géopolitique Est-ce que le contexte Est-ce que le contexte Est-ce que le contexte Je peux vous dire Que les importations Qui viennent du bout du monde En sillonnant entre des conflits Est-ce que c'est Notre avenir Je dirais De consommateur Pour une nourriture De proximité Il y a des producteurs Qui disparaissent 349 000 Pardon je rappelle ce chiffre A chaque fois Mais je pense à eux 1 500 000 Il y a 60 ans 27 fermes Mettent la clé Sous la porte Tous les jours Et là ça accélère Dans les proportions Qu'on va découvrir Dans 3 mois Si cette nourriture disparaît C'est un avenir commun Qui est fragilisé Donc en les protégeant On se protège tous
Mon chéri Est maraîcher Depuis 20 ans Nous dit Hello Sur Whatsapp Il n'a jamais vu Une année pareille Votre interlocuteur Se trompe C'était vous Monsieur Sauvetre Je crois Il ne suffit pas D'avoir accès à l'eau Pour produire Les conditions Sont devenues extrêmes Et ravageuses Et ravageurs Pour nos produits Pardonnez-moi Même en vente direct Sans calibrage Ça ne fonctionne plus A moins de vendre A des prix Qui ne permettent Qu'à une petite minorité Aisée de la population De s'en sortir Il faut arriver A trouver du sens A tout ça Il n'a même pas 50 ans Il va probablement Arrêter Ou réduire En tout cas A certaines périodes De l'année C'est ce que nous dit Hello Et ça nous rappelle Ce que vous nous disiez Nicolas Chaban Moi j'aimerais savoir Daniel Sauvetre Avant de retourner Au standard Quand même Si on se projette Sur un prochain été Qui risque d'être similaire Si ce n'est pas le prochain Ce sera celui d'après Mais on sait Ce qui nous attend Est-ce que La seule solution En effet C'est plus d'irrigation Est-ce que c'est La seule chose Qu'on a dans la poche Si j'ose dire Pour que ces choses-là Ne se reproduisent pas Ou est-ce qu'il y en a d'autres
En tous les cas C'est la première leçon De l'année On fait la limite De partage Entre ceux Qui réussissent Quand même Et à surmonter Les difficultés Des excès De température Et de la sécheresse C'est quand même L'eau qui fait La différence Vous voyez Les maraîchers bretons Leur échec de cette année Elle vient De ce qu'ils n'irriguent pas Et que d'habitude Ils tombent suffisamment d'eau Du ciel l'été Avec des températures raisonnables Et ils produisent Des légumes Sans avoir besoin D'irriguer Ils n'ont que 16 à 17% De surface irriguée Cette année Ça n'est pas passé Je peux vous dire Que comme ils se préoccupent D'être là encore demain Ils vont réfléchir Et ils sont très Organisés Les bretons Pour trouver La façon De mettre de l'eau De côté l'hiver Pour en avoir Pour arroser Le potager L'été Vous savez Je sais bien Que ça n'est pas suffisant On a plein de cas Où les excès de température Malgré l'irrigation Ont conduit à des dégâts Mais sans irrigation On sait au moins Qu'il n'y a absolument Pas de récolte possible Je voudrais juste dire À quel point Nadia a très bien Décrit les choses Et que je ne pourrais Pas faire mieux En revanche Ce qu'il faut dire C'est que cette année Il faut savoir accompagner Les excès du climat On a connu des gels Importants Cette année C'est une sécheresse Et une calicule Qui comme l'a dit Nicolas Chaban Va amener En grave difficulté Voir à sécession D'activités Un certain nombre De maraîchers D'arbreculteurs On avait antérieurement Le fonds de calamité Qui pour ces situations Venait intervenir Aujourd'hui C'est un peu plus complexe Entre l'assurance Qui est peu souscrite Et l'indemnité De solidarité nationale Qui ne peut pas Intervenir au même niveau C'est de ça Qu'il faut qu'on s'occupe De manière à Pouvoir accompagner Ces excès On est habitué À avoir des récoltes Plus ou moins fortes Plus ou moins belles C'est dans les oscillations Normales de la vie Du maraîcher Et de l'arbreculteur Là on est sur un excès Qui n'est pas surmontable S'il n'y a pas Un système assurantiel Ou d'aide publique Qui vient aider A passer le cap Compte tenu Du niveau de perte Subi par les maraîchers Et des arbresculteurs Et bien entendu Pour être là demain Il faut avoir cette capacité À éviter Qu'il y ait des cessations D'activités En mettant le niveau d'aide Qui sera nécessaire Et d'autre côté Je ne peux que répéter Quand même Que dans le beau pays Qui est la France Si on veut maintenir Un potager Qui produit des fruits et légumes On aura besoin De plus d'eau A production égale Dans la mesure Où la température Est en moyenne Tendanciellement plus élevée Et bien plus d'évapes Transpiration Nécessite plus d'eau C'est aussi simple que ça Et quand nous importons Nous importons De pays Qui ont eu le même raisonnement Et donc Il serait étrange Que nous ne soyons pas capables De produire des fruits et légumes Parce qu'il serait trop sec Et trop chaud Et que nous importions Plus du Maroc De l'Espagne Du Portugal D'Egypte Où il n'y a pas d'eau Qui tombe du ciel Et où pourtant Ils ont su en mettre Suisamment de côté Pour pouvoir nous exporter Vers l'Europe Beaucoup de fruits et de légumes
Vaste question Qui nécessiterait Un téléphone sonne A lui tout seul Mais je voudrais Qu'on écoute Jacques On arrive à la fin De cette émission Vous allez pouvoir y répondre D'ailleurs Nicolas Chaban Bonsoir Jacques Oui bonsoir On vous écoute Alors je remercie Nicolas Chaban Pour défendre nos gueules cassées Et nos agriculteurs Depuis longtemps Moi je suis élu Sur une commune Néoule dans le Var Et du coup On a une injonction Contradictoire Puisqu'on a fait Un plan d'école territoriale Qu'on n'a pas assez D'agriculture pour nourrir Parce que bien sûr Dans le Var On a une grosse agriculture viticole Donc ce constat a été fait En revanche Malgré tous les efforts Que les collectivités font Pour attirer des maraîchers Sur notre territoire Et bien c'est impossible Parce que du coup On a excessivement peu de demandes Et dès qu'on contacte Même des jeunes maraîchers Qui veulent se lancer Ils nous disent Non mais l'entreprise Se sent tellement perdue d'avance Que c'est trop compliqué Et on ne peut pas attirer De maraîchers Sur notre territoire Sur nos territoires Merci Jacques Vraiment Nicolas Chaban Et en même temps Comment peut-on leur en vouloir ?
Après l'année qui vient De se passer là Il n'y en a pas beaucoup Qui vont être volontaires Pour aller chez Jacques
Beaucoup de producteurs Arrêtent des productions On ne peut pas reprocher A quelqu'un qui perd de l'argent En travaillant 7 jours sur 7 De s'arrêter Mais il y a une dimension On a interpellé le gouvernement Normalement demain Des annonces sont faites Ça fait des années Qu'on interpelle Le Premier ministre Et la ministre de l'Agriculture Des aides C'est très bien Il faut amener Des solutions Notamment d'urgence Il y a une seule Un seul médicament Sur le long terme Pour que les producteurs Soient encore là C'est une juste rémunération A un moment donné Si ce métier C'est finalement Par une rémunération insuffisante Creuser un trou en trésorerie Qu'on espère Voir compenser Par des mesures d'urgence Il n'y a pas d'avenir Il n'y a pas d'avenir A ces métiers-là Et les jeunes Ne reprendront pas les fermes Donnons une juste rémunération Aux producteurs
Pour terminer cette émission Qui est en train de toucher A sa fin Je voudrais qu'on écoute Une note vocale On va la découvrir ensemble Elle nous vient d'Anouk Qui est je crois en Savoie
Bonjour Je suis Anouk Agricultrice avec mon mari En Savoie On est producteur de lait Éleveur laitier En zone Beaufort Et qu'est-ce que peuvent faire Les consommateurs pour nous ? Et bien manger du fromage On le sait quand il fait chaud Tous les fromages Se vendent moins bien Et une des façons Que les consommateurs Peuvent avoir de nous aider C'est d'en acheter
Voilà Manger du fromage Manger des fruits moches Manger français Manger des produits laitiers Qui viennent de chez nous Nadia Zian C'est un peu le mot de la fin Et j'imagine que là-dessus Tim Anouk Si j'ose dire C'est tout à fait ça Non mais c'est surtout Ce qu'il faut dire C'est rappeler aux auditeurs Qui nous écoutent Que quand on dit Que le français c'est plus cher C'est un tout petit peu plus cher On part de quelques centimes d'euros Ou de quelques dizaines de centimes d'euros S'agissant des fruits et légumes Quand vous consommez des produits de saison Les fraises françaises Quand vous les consommez Au moment où elles arrivent à maturation Elles ne coûtent pas beaucoup plus cher Que les fraises espagnoles Donc ça c'est une idée reçue à casser Et la deuxième Je voulais juste rebondir Sur ce que venait de dire Nicolas Chaban Très très vite Il faut arrêter de penser Que c'est en augmentant les prix Que les consommateurs auront à payer Qu'on aidera les producteurs On l'a déjà fait Avec une loi Qui s'appelait le seuil de revente A perte plus de 10% Ça n'a pas ruisselé Sur les producteurs Et les consommateurs Avaient payé leurs produits plus cher Donc voilà Ne pensons pas Que les consommateurs Ont toutes les solutions Encore une fois Le sujet principal C'est la répartition De la valeur Entre les intermédiaires Qui plombe nos producteurs Et qui plombe Le budget de nos consommateurs Et ce sera Le mot de la fin Je remercie Chaleureusement Tous les trois D'avoir participé Merci à tous Pour vos nombreuses questions Merci à tous
Merci à tous