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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 4 juin 2023 54 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsRetraitesSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Eric Coquerel : "On est sur un gouvernement qui utilise les pires artifices de la 5e République"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 33 %Attaque 48 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:47FerméeÉludée

    Est-ce que vous êtes soulagé par la note de Standard & Poor's ?

  • 8:40OuverteRéponse partielle

    Est-ce que c'est légitime de s'intéresser à l'évolution des dépenses publiques ?

  • 9:02OuverteRéponse directe

    Ou vous pensez que la dette n'a aucune conséquence ?

  • 11:10OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il est temps de faire une revue des dépenses publiques ?

  • 11:48FerméeRéponse directe

    Selon vous, la finance et l'économie sont des choses différentes ?

  • 13:02RelanceRéponse partielle

    Est-ce que les faits ne donnent pas raison à Macron sur le chômage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:51Invité politiqueFait
    « Il y a longtemps que les agences de notation, entre le A, A+, etc., ça n'a pas d'incidence sur l'économie. »
  • 10:10Invité politiqueChiffre
    « Nous, ça fait longtemps qu'on dit qu'on était à 50 milliards d'investissements nécessaires d'ici 2027. »
  • 13:50Invité politiqueFait
    « On a les records de dividendes en Europe aujourd'hui qui explosent. »
  • 18:53Invité politiqueChiffre
    « Si sur les dividendes on les taxait au même type de cotisation que le travail, on dégagerait 47 milliards d'euros par an. »
  • 26:16Invité politiqueFait
    « On a un gouvernement qui utilise les pires artifices de la Ve République. »
  • 30:07Invité politiqueFait
    « Et moi, à certains moments, mes intérêts, c'est ceux de la démocratie. »
  • 30:19Invité politiqueFait
    « Je pense quand même qu'en termes d'enseignement politique, et d'ailleurs, j'écoute ce que disent les syndicats aussi, ils l'attendent, ça sera quelque chose qui ne sera pas anodin. »
  • 30:36Invité politiqueFait
    « Mais par contre, ça sera un séisme politique. »
  • 30:40Invité politiqueFait
    « il n'y a ni majorité dans le peuple, ça c'est clair, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. »
  • 30:54Invité politiqueFait
    « certains parlent d'illibéralisme, c'est-à-dire quelque chose où vous êtes, au nom du libéralisme économique, vous mettez en mesure des mesures autoritaires. »
  • 31:31Invité politiqueFait
    « il est sur une pente, moi, qui m'inquiète fortement. »
  • 31:53Invité politiqueFait
    « un gouvernement qui utilise absolument tous les artifices pour simplement une chose, pas votée. »
  • 33:51Invité politiqueFait
    « Je me situe du côté Team République, Team Mémoire. »
  • 34:12Invité politiqueFait
    « Pourquoi l'a-t-il fait ? Est-ce que c'est parce que sur le contenu de ce que dit le rassemblement national aujourd'hui dans les faits ? »
  • 34:22Invité politiqueFait
    « D'ailleurs, Darmanin l'avait fait lors d'une émission, il avait dit « Ah, Madame Le Pen, vous êtes trop modérée sur l'islam. » »
  • 34:47Invité politiqueFait
    « Je pense qu'on ne peut pas séparer les racines de ce qui a été le Front national, en partie liant des liens avec le pétainisme et autres, avec ce qu'est aujourd'hui le rassemblement national. »
  • 35:01Invité politiqueFait
    « par exemple, sur le fait de remettre en question le droit du sol. »
  • 35:37Invité politiqueFait
    « stalinisme, quand il s'est créé, c'est le fait de prôner les questions d'égalité, les questions de partage des richesses, etc. »
  • 40:49Invité politiqueChiffre
    « Le Rassemblement national, on m'avait annoncé qu'ils allaient en gagner. Ils n'ont pas gagné un. »
  • 40:52Invité politiqueChiffre
    « La NUPES en a gagné trois. Il y a une dissidente de gauche qui en a gagné une quatrième. Et les macronistes en ont gagné deux. »
  • 51:50Invité politiquePromesse
    « Il faut faire en sorte que la NUPES arrive ensemble aux élections en 2027. »
  • 52:23Invité politiqueFait
    « si on recommençait, je pense que Jean-Luc serait notre meilleur candidat. »
  • 53:05Invité politiqueFait
    « ce qui a fait la force de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'à un moment donné, on s'est rejoint en 2008. »
  • 53:27Invité politiqueFait
    « Mélenchon en 2017. C'est-à-dire qu'il faut repartir. »
  • 53:52Invité politiqueFait
    « Moi, ça fait des décennies que je suis devenu Jaurèsien. »

Temps de parole

  • Éric Coquerel63 %
  • Présentateur10 %
  • Invité10 %
  • Invité 210 %
  • Invité 34 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique du dimanche midi à la radio sur France Inter, à la télévision sur France Info en partenariat avec le journal Le Monde. Notre invité qui va nous rejoindre et qui sera avec nous en direct jusqu'à 13h a passé une grosse semaine. Député insoumis de la Seine-Saint-Denis, il préside une commission des finances qui a débattu ardemment de la proposition de loi du groupe Liotte et notamment l'abrogation du départ à la retraite à 64 ans.

Un bras de fer perdu par notre invité qui pourtant appelle avec ses alliés à poursuivre le combat dans la rue jeudi prochain pour une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la réforme des retraites. On lui demandera si c'est bien raisonnable, on lui demandera aussi si face au RN il est plutôt team Macron ou team Borne et on l'interrogera également sur l'avenir de la NUPES avec en ligne de mire les européennes dans un an quasi jour pour jour. Le député Eric Coquerel est l'invité de Question Politique. Mais pour commencer le traditionnel tour de table de nos trois éditorialistes préférés en chemise et en petits poids sur les chemises. Pas toutes et en pantalon, c'est ça moi.

Quasiment, quasiment. C'est vrai que ce n'est plus du tout en 2023 de parler de la manière dont les femmes sont habillées, pardonnez-moi. Mais ça, vous êtes pas loin d'une plainte. Je commence Nathalie. Bonjour Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Thomas Segaroff. Bonjour Françoise Fressos du Monde. Bonjour Thomas, bonjour tout le monde. Et bonjour Karine Becker de France Inter.

1:28
Invité

Salut tout le monde.

1:29
Présentateur

On commence avec vous Nathalie Saint-Cricq avec un sujet bien plus dramatique que notre début d'émission.

1:33
Invité

Oui, je voudrais revenir un tout petit peu sur l'affaire Lindsay, c'est-à-dire cette jeune fille, je ne sais pas si on doit dire jeune femme ou jeune fille, qui s'est suicidée suite à un harcèlement particulièrement grave dans son école. Alors je ne vais pas faire un concours d'indignation, je ne vais pas faire un concours de qualificatif, horrible, épouvantable, inimaginable, insupportable. On a tout entendu.

Je ne vais pas faire la critique des réseaux sociaux, même si c'est un problème absolument essentiel, parce qu'il n'y a pas de harcèlement sans réseau social, en l'occurrence, il y en avait dans le temps, mais pas de cette ampleur-là, qui fait que même quand l'enfant change d'établissement, les harceleurs continuent. Je vais quand même dire toutefois qu'on est d'accord sur certains points. Il faut plus de moyens dans les écoles, mais plus de psychologues, plus de gens à l'écoute. Ça, on est toujours d'accord, mais ça ne se limite pas simplement à ça. On ne peut pas considérer que les harcelés doivent partir de leur établissement scolaire.

Ça existe encore un peu, même si on a indiqué que ça devait changer. C'est comme quand les femmes battues doivent partir et laisser leur domicile à leur mari pour qu'ils soient tranquilles. C'est quelque chose de pas supportable. Deuxièmement, j'ai entendu deux parents d'enfants harcelés dire, notre avocat nous a dit que j'ai fait venir un huissier. Il n'est pas pensable que des parents qui n'ont peut-être pas les moyens soient obligés d'avoir recours à des avocats, quelque chose qui probablement grève leurs finances. On ne va pas dans la vie avec un avocat quand on a un gosse qu'on met à l'école. Ensuite, je pense qu'il faut un sursaut proviseur de tout le personnel enseignant.

Dans l'histoire de l'INSEE, il y a quand même eu manifestement quelque chose qui s'est mal passé. Parce que cette jeune fille, contrairement à d'autres endroits, a parlé, a attiré l'attention. Et on l'a un petit peu envoyé au plot en disant, en gros, tout ça, c'est des enfantillages, il n'y a pas de problème. Et puis dire que je pense que le ministère doit se secouer de façon énergique. Pas en cause particulièrement, mais quand on l'entend, il dit, on fait une enquête, on en tirera les conséquences. Et comment dire, on n'arrête pas de faire des enquêtes, on n'arrête pas d'en tirer les conséquences. Et je prendrai les décisions que je dois.

Je pense qu'il faudrait être un petit peu plus proactif, un peu plus énergique. Parce qu'il n'a pas réussi à rejoindre les parents depuis le 12 mai. Il les voit demain, la mère notamment. Mais honnêtement, ça mériterait peut-être un peu plus une campagne nationale là-dessus. Alors je ne vais pas vous parler de décivilisation, parce qu'on ne va pas rentrer dans un débat théorique. Mais ce qui se passe dans les écoles, ça ressemble quand même un petit peu.

3:42
Présentateur

Merci Nathalie, on passe avec vous. Françoise, et on change vraiment de sujet pour le coup avec la commission sur l'ingérence étrangère, lancée d'ailleurs par le Rassemblement national, un petit côté arroseur-arrosé.

3:53
Invité

Alors moi, ça m'a intéressé effectivement, c'est la divulgation par Mediapart en fin de semaine de ce rapport de la commission d'enquête parlementaire relative aux ingérences étrangères dans la vie politique française. C'est intéressant parce qu'au fond, ça marque quand même les limites de l'opération notabilisation qui a été engagée par le Rassemblement national depuis un an. Donc cette commission d'enquête, elle était présidée par le Rassemblement national, voulue par le Rassemblement national, qui espérait en contrôler la rédaction.

Et en fait, il s'agissait pour lui de se débarrasser du sparadrap qui colle aux chaussures de Marine Le Pen, l'affaire du prêt russe contractée en 2014 par la candidate pour un montant de près de 10 millions d'euros. « Vous dépendez du pouvoir russe et vous dépendez de M. Poutine », lui avait lancé Emmanuel Macron pendant le débat de l'entre-deux-tours. Pour l'ERN, il était absolument urgent de casser cette accusation et d'essayer de noyer le poisson en mettant en lumière d'autres possibles ingérences étrangères visant d'autres élus. Or, la rédaction de ce rapport, ce n'est pas le président qui l'a fait, c'est la rapporteuse de la commission.

Et cette rapporteuse, c'est la députée Renaissance, Constante Le Grip, qui s'est appuyée sur des faits précis, qui s'est appuyée aussi sur l'audition il y a quelques semaines de Marine Le Pen. Et au fond, les faits sont là, absolument évidents. Il est évident que Marine Le Pen a servi de courroie de transmission efficace au Kremlin toutes ces dernières années. Elle a été notamment la seule responsable politique française à reconnaître en mars 2014 le référendum en Crimée qui avait été organisé après l'incursion des troupes russes. Alors bien sûr, Marine Le Pen a retrouvé ses accents d'assiégé. Elle a fustigé un rapport sectaire, malhonnête, tout à fait politisé à l'image de la rapporteuse.

Les faits néanmoins sont têtus. Et le Rennes est bel et bien tombé à deux pieds dans le piège qu'il s'était lui-même tendu.

5:36
Présentateur

Merci Françoise. Avec vous, Karine, on est sur un des sujets privilégiés, préférés du Rassemblement national. L'immigration, est-ce que l'immigration va devenir une loi ? C'est un des enjeux de votre papier.

5:47
Invité

Alors oui, on le voit bien, l'histoire se répète. Acte 1, il y a eu la réforme des retraites. Et puis acte 2, nous en sommes aux discussions sur le futur texte sur l'immigration, effectivement. Et dans les deux cas, la majorité décide de miser sur un compromis avec les élus, députés, sénateurs, les républicains. Autrement dit, le gouvernement est en train de reproduire la même stratégie. Il espère s'allier à la droite, une droite qui risque de recommencer à faire monter les enchères. Les mesures de l'exécutif ne seront jamais assez bien. Il faudra toujours aller plus loin.

Gérald Darmanin, Richard Ferrand, Aurore Berger, cette semaine, ont beau s'être promis de mettre tous les républicains face à leur responsabilité sur la réforme des retraites, tout le monde s'en souvient, ils n'y sont jamais arrivés. Alors pourquoi retomber dans le même piège ? C'est très simple, parce que les ministres veulent pouvoir porter leur texte. Or, avec une majorité relative, il leur faut des alliés. Ils sont coincés, que ce soit à droite comme à gauche. Le système semble tout à fait bloqué. Alors, est-ce qu'il n'est pas temps, j'ai envie de dire, d'expérimenter, d'en revenir à une lecture simple de la Constitution et de ses institutions ?

Le Parlement légifère, il fait la loi, il la conçoit, il la fabrique, il la discute, il la vote, et l'exécutif l'exécute, c'est-à-dire qu'il fait en sorte qu'elle soit appliquée, en fait, cette loi. Ce n'est pas révolutionnaire, c'est la lecture que font aujourd'hui la plupart des parlementaires, y compris dans la majorité, celle qu'on a reçue la semaine dernière, le disait.

7:10
Présentateur

Merci Karine, et on va peut-être en parler avec notre invité, le député insoumis, Éric Coquerel, et l'invité de Questions politiques. France Inter Questions politiques Thomas Négaroff Bonjour, bonjour Éric Coquerel, merci d'avoir accepté notre invitation. Standard & Poor's a rendu son verdict vendredi soir. Finalement, la note de crédit de la France ne sera pas dégradée. Elle reste, comme c'est le cas depuis 2012, un double A. En gros, ça veut dire que l'agence de notation continue de faire plutôt confiance à notre pays dans sa capacité à rembourser une dette qui s'envole. Est-ce que vous êtes soulagé ?

7:49
Éric Coquerel

Non, ni soulagé, ni inquiet. Il y a longtemps que les agences de notation, entre le A, A+, etc., ça n'a pas d'incidence sur l'économie. Vous remarquerez que... Vous êtes sûr ? Oui, absolument. La dégradation de Fitch, la dernière fois, ça n'a pas eu d'incidence. Et ça fait un bout de temps que c'est assez déconnecté, en réalité, la question économique. Là, il y a quelque temps, un club des principaux investisseurs de la dette française, qui représente, je crois, 65% de la dette, avait expliqué qu'il comptait bien aller jusqu'au bout du remboursement de la dette parce qu'ils avaient confiance dans les capacités d'un pays comme la France de le faire. Donc voilà, moi, je n'ai pas de...

Il y a longtemps que je ne regarde pas ce que font les agences de notation. J'ai entendu que pour le gouvernement, c'était un ouf de soulagement parce qu'il a l'impression que ça valide sa politique. Moi, je crois que c'est uniquement un indicateur pour le monde de la finance, point, pas pour le monde économique.

8:40
Invité

On sent quand même un petit changement de climat. On voit que Bruno Le Maire a une trajectoire pour essayer de réduire la dette, qu'il y a un gel de crédit, un rabot de 5%, un surgel de 1%. Est-ce que vous considérez que c'est quand même légitime de s'intéresser à l'évolution des dépenses publiques, à dire que le quoi qu'il en coûte, c'est terminé parce qu'on n'a plus les moyens ? Ou vous pensez qu'au fond, la dette n'a aucune conséquence ?

9:05
Éric Coquerel

On doit s'inquiéter du niveau de la dette. La question, c'est quelle priorité ? J'ai entendu à nouveau ce matin, dans un hebdomadaire, Bruno Le Maire dire que le quoi qu'il en coûte est derrière nous. Moi, je suis très étonné. Tout le monde s'accorde pour dire qu'on va vivre les trois années les plus chaudes de l'humanité des trois prochaines années. C'est-à-dire que les autres ne le seront pas, mais déjà, c'est absolument certain. On a connu l'an dernier... Vous parlez du climat ? Oui, oui, absolument tout. On peut dire socialement... Je vais y venir, vous allez voir.

L'année dernière, on a eu tous les indices que le réchauffement climatique, non seulement allait être dans la version la plus... une des personnes les plus graves. D'ailleurs, le gouvernement nous prépare à plus 4 degrés, comme ça, tranquille, d'ici quelques décennies.

9:46
Invité

Et on a le rapport Jean Pizani-Ferry qui dit qu'il va falloir massivement investir.

9:50
Éric Coquerel

Et on me dit que le quoi qu'il en coûte est à nous. Et moi, je ne pense pas. Je pense que la principale dette prioritaire, celle qu'on ne devrait pas léguer à nos enfants, celle qui n'est pas annulable, celle qui n'est pas reportable, celle qui n'est pas négociable, c'est la dette écologique. Donc à partir de là, bien sûr qu'on devrait partir de ça. Ce que fait Pizani-Ferry, qui a pourtant été un économiste d'Emmanuel Macron, il nous rejoint quelque part. Nous, ça fait longtemps qu'on dit qu'on était à 50 milliards d'investissements nécessaires d'ici 2027, lors de la campagne présidentielle. Et le problème, c'est que plus on retarde, plus ça va être cher. Et là, il en est à 60 milliards.

Eh bien, ça tombe sur une chose, c'est que si on part de ça, si on part des besoins, et puis je pourrais ajouter qu'il y en a d'autres un peu en matière d'hôpital. Le chef de l'État le reconnaît en matière d'éducation nationale. On part des besoins. Et à partir de là, on voit comment on fait un budget. Alors, première chose, ça veut dire que peut-être qu'il n'est pas absolument nécessaire d'atteindre 2,7% de déficit en 2027, de se fixer une ligne comme ça, qui est même en dessous des 3% qui imposent le budget.

10:49
Invité

– Il y a de nouveau les critères européens qui reviennent. – Bien sûr. – Le fait qu'on est quand même en retard par rapport aux autres.

10:56
Éric Coquerel

– D'accord. Mais je vous dis, c'est 3%. La deuxième chose, en plus, c'est que leur nous dire, il faut atteindre les déficits. Et en même temps, il est hors de question de toucher aux impôts. Là, il y a une quadrature du cercle. Et puis on tombe évidemment sur le troisième pilier. Le troisième pilier, c'est les dépenses publiques. – Mais est-ce que vous, vous diriez, il est temps aujourd'hui de faire en fond une revue des dépenses publiques ? – Je dis, il est temps aujourd'hui d'aller récupérer une des raisons de la dette, c'est-à-dire la baisse des recettes, 80 milliards de baisse de recettes sous Emmanuel Macron entre 2017 et 2022 qui veut accroître. – Non, il passe les impôts,

11:26
Invité

mais les recettes fiscales, elles continuent à augmenter.

11:28
Éric Coquerel

– Non, mais les recettes fiscales augmentent parce que la TVA, l'inflation a augmenté, donc la TVA a été plus importante. Mais ce qu'il faut regarder, c'est qu'est-ce qu'on aurait reçu comme argent si on avait gardé…

11:38
Présentateur

– Éric, vous avez dit tout à l'heure, quand j'ai posé la première question, vous avez dit, il y a la finance et l'économie. Selon vous, c'était des choses différentes. Vous avez dit ? – Oui, oui, absolument. – Sauf qu'il y a aussi le réel. Et le réel, c'est que dans quelques années, la charge de remboursement de la dette sera la première dépense publique. Est-ce que ce n'est pas un problème, ça ?

11:54
Éric Coquerel

– Écoutez, la charge de la dépense de la dette en 2027, dans les prévisions du gouvernement, c'est 2,2% du PIB. Aujourd'hui, on est à 2% du PIB. C'est ça qu'il faut regarder.

12:03
Invité

– C'est le premier budget de l'État, en fait, ça sera le premier budget. – D'accord, mais avec la première dépense de l'État.

12:07
Éric Coquerel

– La dette, elle n'est pas créée pour rien. Elle est créée parce que, d'un autre côté, on a réussi à mettre 3 000 milliards d'euros. – Sauf si c'est pour rembourser la dette. – Sauf si c'est pour rembourser la dette. – On a réussi à mettre 3 000 milliards d'euros, c'est indispensable. Donc, si on nous dit, il y a la dette, c'est l'équivalent du budget, du ministère du Québec, OK, mais comment vous croyez que nous avons réussi, par exemple, à passer le Covid ? Comment on réussit à continuer quand même, vaille que vaille, à investir ? Il a bien fait le mieux, c'est la charge de la dette.

Donc, moi, ce que je crois qu'il faut regarder, pour être rapide, il faut regarder le fait qu'on part des besoins. À partir de là, déjà, on arrête la baisse des recettes. Et notamment, même, on réfléchit, ce que propose Pizani-Ferry, à aller taxer tous ceux qui, depuis des années, notamment sous Emmanuel Macron, ont gagné comme jamais en a gagné dans ce pays.

12:49
Invité

– Alors, non, non, c'est intéressant, parce que tout le plaidoyer d'Emmanuel Macron, c'est de dire, à chaque fois qu'on a augmenté les impôts, les investisseurs fichent le camp, là, on est en train de réduire le chômage, ce qu'il faut, c'est augmenter le volume du travail en France. Est-ce qu'à un moment, les faits ne lui donnent pas raison, là, en ce moment ?

13:05
Éric Coquerel

– Non, non, les faits ne lui donnent pas raison. – Non, les faits ne lui donnent pas raison, parce que là, ils s'apprêtent à baisser des dépenses publiques. Ce qu'ils annoncent, c'est 135 milliards en moins de dépenses publiques d'ici 2017.

13:17
Invité

– À freiner l'évolution, disons, freiner l'augmentation.

13:20
Éric Coquerel

– Non, 135 milliards, ça va faire 135 milliards en moins par rapport à ce qu'il serait nécessaire de mettre sur la table, c'est-à-dire ce qu'on appelle la tendance de croissance qui est nécessaire par rapport à l'augmentation de la population, etc. 135 milliards en moins, mais comment va-t-on faire alors qu'on a besoin d'investir à peu près partout ? Bon, donc, je vous le répète, si on fait ça, ça veut dire qu'on arrête de baisser les impôts et qu'on va en récupérer. Et ça, c'est pas simple. Et arrêtons de dire que les investisseurs partiront. Ça, c'est… Je veux dire, il fait bon vivre en France. Pour des riches en ce moment, il fait très bon vivre en France.

– Ça s'est passé sous François Hollande. – On a les records de dividendes en Europe aujourd'hui qui explosent, alors même qu'on a eu 200 milliards d'aides aux entreprises publiques, il y a parfois des aides publiques aux entreprises, pardon, des aides publiques aux entreprises, pardonnez-moi, qui sont données sans contrepartie, qui des fois se recyclent en dividendes. Il y a un système qui n'est plus possible. Donc, la raison…

14:10
Invité

– Mais est-ce que c'est ce qu'il fait pour un chômage aujourd'hui à 7% ?

14:14
Éric Coquerel

– D'accord, mais il est à peu près… il est en dessous de la moyenne… il est au-dessus de la moyenne européenne.

14:17
Invité

– Mais il y avait très très longtemps qu'on n'avait pas eu ça.

14:19
Éric Coquerel

– Oui, OK. – Est-ce que c'est quand même cette politique économique qui a permis ça ou pas ? – Et au-dessus de la moyenne européenne, vous avez un nombre de pauvres dans ce pays, dans la cinquième puissance économique, qui est absolument normale, et on nous annonce sans arrêt des chiffres. Alors, le gouvernement s'arrange, nous dit, voilà, c'est le taux de chômage le plus bas, déjà, il faudrait quand même qu'on vérifie là-dessus, d'autant plus que par rapport au chômage, ils ont changé quelques… vous savez qu'ils ont changé quelques points statistiques. Par exemple, maintenant, dans l'emploi, on met les apprentis. C'est nouveau, ça. Dans l'emploi, on met les apprentis.

C'est pratique, comme ils ont créé beaucoup d'apprentis et qu'on est repassé à un système où le cœur de l'éducation, l'enseignement professionnel, c'est l'apprentissage, donc le patron et l'enseignant, qui étaient quand même ceux avec quoi rompaient les lycées professionnels, et qu'en plus, vous voulez compter en emploi, vous pouvez arranger des choses. Donc, on continue à avoir un chômage de masse dans ce pays. Les statistiques montrent que d'ailleurs, les personnes qui s'en vont aujourd'hui de Pôle emploi, ce n'est pas pour récupérer un travail, c'est qu'ils partent du marché du travail.

Donc, évitons, à mon avis, par rapport à la suite concrète que connaissent les gens, évitons des déclarations enthousiastes. Moi, ce que je sais, c'est que ce qui est annoncé pour la suite, c'est que contrairement à ce que dit le gouvernement, que ce soit l'INSEO, tout le monde s'accorde pour dire que le chômage va réaugmenter à partir de l'année prochaine, donc on ne va pas arriver sur le zéro emploi, et qu'on a un problème, c'est qu'on va baisser les dépenses publiques, et je vous rappelle que les dépenses publiques, je termine là-dessus, c'est aussi des recettes. Justement.

15:42
Présentateur

Je voulais résumer un peu votre pensée. En gros, vous dites, le quoi qu'il en coûte, il est devant nous pour des raisons climatiques, et il faut le financer par des hausses d'impôts. Est-ce que c'est à peu près ça ?

15:51
Éric Coquerel

Il faut le financer par une meilleure répartition des impôts. Il est évidemment hors de question d'aller imposer plus les classes moyennes ou les classes populaires, qui, je vous le rappelle, payent de plein pot. Les impôts, ce n'est pas seulement l'impôt sur le revenu, l'impôt sur le revenu, ce n'est même pas un tiers des impôts. Mais il faut aller imposer ceux qui, dans ce pays, il y a une étude qui va sortir, cette semaine, de l'Institut des politiques publiques, faite avec Bercy, d'accord ? Mais on a des chiffres effrayants. On a les 37 plus grandes fortunes de France qui payent 0,11% d'impôts. Est-ce que c'est normal ? Donc il y a de l'argent qui existe dans ce pays.

16:22
Invité

Mais attendez, je veux savoir, pour continuer à essayer d'être clair. On va prendre dans l'ordre. Est-ce que la baisse d'impôts sur les classes moyennes, qui est prévue par Emmanuel Macron, d'ici la fin du quinquennat, vous pensez que c'est quelque chose qui est justifié ? Vous venez vous-même de dire que les classes moyennes souffraient éventuellement aussi de cela ? Alors, je vous fais la réponse de Pierre Moscovici, vous voyez.

16:41
Éric Coquerel

C'est un tournant. Pierre Moscovici dit que maintenant, pour baisser les impôts, il faut les compenser. Donc soit on les compense par d'autres impôts. D'accord. Par exemple, je propose de taxer les super-riches. D'accord.

16:50
Invité

Mais philosophiquement, sur le principe des classes moyennes, vous êtes favorable. Je ne vous parle pas de là où on récupère. Je suis dans le programme. D'accord. Deuxièmement, est-ce que vous considérez que la taxation des plus grosses fortunes sera suffisante pour ramener de l'argent ? Parce que le faire payer les riches, on l'a souvent entendu, mais globalement, ça n'est pas suffisant pour pouvoir combler le... Je voudrais juste compléter. Vous laissez-moi combien ?

La taxe à 75% qui avait été demandée par Jean-Luc Mélenchon a été invalidée sous le quinquennat de François Hollande, qui a été du coup obligée de taxer le haut des classes moyennes et une partie du milieu des classes moyennes pour essayer de faire entrer des sous. Et on a vu ce que ça donnait, révolte fiscale, et François Hollande n'a même pas pu se représenter. Comment est-ce que vous sortez de ça ? Est-ce qu'il ne faut pas réfléchir à un impôt mondial ou un impôt au niveau européen ?

17:38
Éric Coquerel

Oui, mais il devient le problème. C'est qu'en attendant de réfléchir à un impôt qui viendra au calendre grec, parce que, par exemple, pour créer un impôt européen, il faut que tous les pays soient d'accord. Comme il y a des pays qui jouent avec le moins dix ans fiscal pour pouvoir attirer les entreprises, à mon avis, ce n'est pas de mal à veille. Donc, moi, je regarde ce qu'on peut faire en France. La pisaniférie propose une solution concrète. C'est taxer l'assurance vie. Il propose de taxer sur les 10% les plus riches, même de manière provisoire. OK, moi, je veux bien. Je ne suis pas d'accord avec ça.

Je pense qu'il faut une réforme fiscale qui fasse qu'à nouveau cette redevienne redistributive. Mais pourquoi pas si on va vers quelque chose de modéré ? Eh bien, voilà, il y aura cette proposition, par exemple. Elle pourrait être de réamorcer la pompe et de sortir avec l'idée que... Vous savez, c'est cette vieille idée, Helmut Schmidt, qui est la même que Bruno Le Maire. C'est Helmut Schmidt, chancelier allemand dans les années 70. Des fois, j'oublie mon âge. Et des fois, je pense que c'est un référent pour tout le monde. C'est les bénéfices d'aujourd'hui, c'est les investissements de demain et les emplois d'après. Au bout de 30 ans, on voit bien que ça, ça ne fonctionne pas.

Donc, il faut arrêter avec ça. C'est-à-dire qu'il faut faire en sorte que les bénéfices qui ne sont pas investis dans l'économie, l'emploi, l'investissement, mais dans les dividendes qui explosent, eh bien, ils soient taxés davantage pour pouvoir faire en sorte d'assurer la transition économique, de s'occuper des hôpitaux et même, pourquoi pas, de faire en sorte d'équilibrer notre régime de retraite. Parce que, par exemple, si sur les dividendes, on les taxait au même type de cotisation que le travail, on dégagerait 47 milliards d'euros par an.

19:06
Présentateur

Éric Coquerel, qui a lui-même fait la transition vers les retraites. On en vient à votre gros dossier de la semaine, la proposition de loi Liotte, et notamment la discussion d'un article visant à broger le report de l'âge de départ à 64 ans. Sacha Houllier, votre collègue du groupe Renaissance et qui préside, lui, la commission des lois, vous a clairement ciblé, c'était vendredi matin.

19:25
Invité

Il y a eu un vote, alors que, par ailleurs, il n'y aurait même pas dû y en avoir un. Si Éric Coquerel avait fait son travail, il n'y aurait pas dû y avoir de vote. Pourquoi ? Parce que cette proposition de loi, s'il avait appliqué l'article 40 par délégation de la présidente de l'Assemblée, donc faire son travail de président de commission, on n'aurait pas dû avoir de vote. Cette proposition était irrecevable. On a des cas extrêmement nombreux sur la question de tous les textes sociaux qui auraient dû conduire à l'irrecervalité financière de la proposition de loi. Vous n'avez pas fait votre travail ?

19:51
Éric Coquerel

Ce n'est pas très élégant, déjà. Moi, je suis président d'une commission. Même quand je ne suis pas d'accord avec le président d'une autre commission de la majorité, j'ai un devoir de réserve. C'est une attaque très lourde. C'est une attaque lourde. Oui, mais je vous dis, Sacha Houillet, il n'est pas très élégant de ce point de vue-là. Et manifestement, c'est plutôt le petit télégraphiste de Macron, en l'occurrence, qu'autre chose.

Parce que moi, je ne vais pas lui demander comment il applique l'article 45, que manifestement pas mal de commissaires protestent dans sa commission, qui est, vous savez, l'article cavalier, qui est quand vous mettez un amendement qui ne concerne pas le projet de loi. Bon, je passe Sacha Houillet, ce n'est pas très important. Ce qui m'intéresse dans ce qu'il dit, c'est que, à part une personne, je le dis, parce qu'il me l'a fait remarquer le jour, c'est vrai, je ne suis pas d'accord avec ces arguments, c'est le rapporteur général, Jean-René Cazeneuve, qui m'a écrit pour me donner des arguments.

Bon, à part lui, ce ne sont que des arguments d'autorité, de gens qui disent, nous avons raison parce que nous sommes des partis gouvernementaux, donc bien évidemment, nous avons raison. Et pire encore, d'ailleurs, entre parenthèses, venant du gouvernement, ce qui pose quand même un problème dans la séparation des pouvoirs, je ne sais plus laquelle de vous tout à l'heure parlait de ça, c'est vous, je crois, c'est quand même assez une première que le gouvernement explique à l'Assemblée nationale ce qu'il doit faire sur l'article 40, mais bon, on n'en est plus à ça après. Donc là, dans ce qu'il dit, il dit une contre-vérité.

21:03
Invité

Mais quand on est président de la Commission des finances comme vous, est-ce que l'article 40 ne doit pas être très impartialement appliqué ?

21:10
Éric Coquerel

Je vais y venir.

21:10
Invité

On va peut-être expliquer. Il faut y expliquer parce que là, on est complètement là-bas.

21:14
Présentateur

C'est l'article 40. Moi, j'ai compris. J'ai compris. Je m'y suis mise, mais... J'essaye d'expliquer ça. Et Récoquerel, au passage, si vous pouvez nous dire pourquoi c'est une contre-vérité, ça nous a rentré justement.

21:24
Éric Coquerel

Allez-y. Bon, d'une part, une chose. Il faut comprendre, pour tous ceux qui nous écoutent, qu'à l'Assemblée arrivent deux types de textes. Les projets de loi, de la part du gouvernement. Et les propositions. Et les propositions de loi. Oui, mais ça vaut le coup de le dire. Qui viennent des députés. Les propositions de loi qui viennent des députés. Les propositions de loi peuvent venir une fois par an d'un groupe d'opposition dans une niche parlementaire être discutées.

21:45
Invité

C'est-à-dire qu'ils ont leur petit temps à eux ? Voilà, ils ont leur petit temps à eux.

21:48
Éric Coquerel

Et de manière qui est devenue d'ailleurs, qui s'est accrue dans le temps, on a considéré que du fait que pour l'initiative parlementaire, on avait une adaptation plus souple de l'article 40. On a considéré...

22:03
Invité

C'est-à-dire qu'en gros, la tradition faisait que même si la proposition de loi augmentait les dépenses sans les contribuer des parlementaires...

22:11
Éric Coquerel

Si, à partir du moment où il y avait un gage.

22:13
Invité

Un gage, même dire on va faire ça. Il était de tradition parlementaire qu'on ne dise rien et qu'on laisse parler même si on est contre l'article 40.

22:22
Éric Coquerel

Et c'est tellement devenu vrai, c'est tellement devenu vrai. Vous savez, c'est De Gaulle, je crois qu'il disait qu'une constitution, c'était... Beaucoup d'interprétations. Voilà, c'est un esprit des institutions, une pratique. Ce qui veut dire par là, c'est que les choses évoluent de manière normale. Et donc, depuis 2009, c'est-à-dire depuis qu'il y a eu une réforme constitutionnelle qui soit dit en passant aussi, parce que c'est ce qu'ils contestent aussi dans leur attaque, que le président de la commission des finances est de l'opposition dorénavant, comme un contre-pouvoir. C'est ça aussi dans cette histoire qui se passe.

Depuis 2009, on constate qu'il y a eu seulement 28 fois où le président de la commission des finances a été saisi. Et figurez-vous qu'il y a eu que... Sur ces 28 fois, il y a 25 fois où il a été sur les deux premiers quinquennats, Sarkozy-Holland. Et après, ça s'est...

23:04
Invité

Juridiquement, ils ont raison, mais politiquement, ils ont tort, c'est ça ?

23:07
Éric Coquerel

Juridiquement, c'est à voir s'ils ont raison parce que la jurisprudence, la jurisprudence, ça compte. D'accord ? Et c'est d'ailleurs mon prédécesseur, Eric Wurst lui-même, là, il a changé d'avis parce qu'il est passé du camp majoritaire, mais qui expliquait qu'il fallait avoir une vision sous l'article 40, je vais trop vite, qui reposait sur une chose. Si les auteurs de la loi avaient montré qu'il repérait la défense sous la charge et qu'il proposait un gage, ce qu'a fait le groupe Piot, il a proposé un gage choix et tabac, 14,4 milliards par an, eh bien, on les sait aller en débat. Alors, ça raconte quoi,

23:41
Présentateur

ça raconte quoi, ça ?

23:42
Éric Coquerel

L'épisode du moment-là. Ça raconte qu'on a un gouvernement, un exécutif, une majorité qui commence à avoir un sacré problème avec la démocratie parlementaire, l'initiative parlementaire et même le droit de l'opposition dont je rappelle qu'il est constitutionnel.

23:53
Invité

Oui, mais vous admettrez aussi que c'est quand même la première fois qu'on a une proposition de loi qui vise à abroger un texte qui a été voté à la hauteur et qui rapporte 17 milliards d'euros, non ?

24:02
Éric Coquerel

On a examiné il y a quelques semaines une PPL du groupe des groupes majoritaires sur Bienvieillir qui coûte 8 milliards d'euros, d'accord ? Gagé sur la même chose et on l'a examiné. Qu'est-ce qui a empêché de l'examiner ? Là, en plus de ça, on nous dit mais attendez, ça nous coûte 15 milliards. Alors l'autre d'après 18, 20...

24:22
Invité

Monsieur Coquerel, tout le monde a compris que 1,

24:25
Éric Coquerel

le gouvernement... Allez-y, allez-y, Coquerel. Juste une chose, la Cour des comptes, juste une chose là-dessus, la Cour des comptes, d'accord ? a fait un rapport il y a deux semaines expliquant que jusqu'à fin 2024, cette réforme va coûter de l'argent et qu'à partir de 2027, elle va rapporter pas plus de 7 milliards net. Vous voyez, on est loin quand même des 15, 18, 20 milliards. Donc, c'est... Et d'une, ça montre que ça ne fonctionne pas, alors réforme, même pour régler les problèmes qu'ils mettent sur la table et deux, ça montre qu'on n'est pas à 15, 18, 20 milliards.

24:53
Invité

Je voulais juste dire tout le monde, pour résumer, pour que les gens comprennent tout ce qu'on voit à la télé, les gens qui quittent les commissions, c'est une façon que l'Assemblée est contre, c'est la très forte en tête, et vous, vous en voulez, même si ça ne sert à rien et que ça ne changera rien puisque de toute façon, ça n'ira pas au Sénat, pour montrer qu'il y a tort. On est dans une bataille de com'. Non, non, on est dans une bataille

25:13
Éric Coquerel

de respect de l'Assemblée. Enfin, vous ne pouvez pas dire une bataille de com' quand on demande juste une chose, c'est qu'une Assemblée nationale vote. Enfin, excusez-moi, mais on en arrive à s'habituer à des choses. Moi, je vois des parlementaires... Mais il n'y a pas eu quand on leur dit qu'il y a le 49.3 qui permet de passer tout un budget sans vote. Dit 49.3.

25:38
Invité

Dites pas que c'est sans vote. Il y a un vote... C'est une motion, c'est ce qu'on appelle une motion de défiance ou de confiance

25:44
Éric Coquerel

ou une motion de censure. Non, ce n'est pas un vote. De passer un budget avec le 49.3 qui impose après que le vote, en réalité, c'est de savoir si, oui ou non, on fait en sorte que le gouvernement soit démissionnaire, ce n'est pas la même chose que de voter sur un texte. Moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Oui, mais vous ne pouvez pas dire qu'il n'y a pas de vote non plus. Il y a un vote. Il y a quoi ? Le 49.3, pourquoi ? Pourquoi, votre avis, on a eu le 49.3 sur le budget ? Dites-moi. Pourquoi on a eu le 49.3 sur le budget ?

26:10
Invité

Parce que c'est ce qui engage la politique du gouvernement.

26:12
Éric Coquerel

Non, mais parce qu'ils étaient minoritaires. Parce qu'ils n'ont pas pris la réponse. On a un gouvernement qui utilise les pires artifices de la Ve République. Vous avez compris, je suis contre le 49.3. Je suis même contre l'article 40. Sur le fond, je l'applique, je suis obligé de l'appliquer. Je ne le fais pas n'importe comment. J'ai fait six pages d'explications. Ils n'ont pas été capables même simplement de contre-attaquer sur une des pages. Je le fais. Je le fais bien. Mais n'empêche, je pense que c'est un problème parce que, vous avez compris, le gouvernement n'a pas besoin d'article 40. Le Parlement, si.

C'est-à-dire qu'il doit contraindre ses propositions de loi, ce qui montre qu'on n'est pas tout à fait dans un régime parlementaire.

26:45
Invité

Qu'est-ce qui va se passer cette semaine ?

26:47
Éric Coquerel

Mais ce gouvernement l'utilise parce qu'il est minoritaire. Et moi, je crois une chose. C'est que s'il veut sortir de l'impasse politique dans laquelle il est. Oui, mais vous, vous faites

26:55
Invité

comme si vous étiez majoritaire. Il est minoritaire face à d'autres groupes qui sont, pour le moment, minoritaires aussi.

27:00
Éric Coquerel

Il est minor. Oui, d'accord. Mais c'est lui qui... Éric Ocréa. Non, mais la question, attends, c'est... Sur le son, il va se passer quoi ?

27:06
Présentateur

C'est quand même un sacré problème. Est-ce que, du coup, vous tirez de la semaine que vous venez de passer comme conséquence que le 6 juin prochain, il faut quand même descendre dans la rue ? Bien sûr. Et pas que pour parler des retraites, mais pour parler de la démocratie populaire, représentative et parlementaire. Est-ce que c'est ça ? Je pense qu'il y a les deux questions. Mais est-ce qu'on peut mêler les deux ? Et est-ce que c'est pas aussi un peu mettre les salariés un peu dans la sauce que de leur dire, allez, il y a encore une journée de salaire. Sur la retraite, en fait, on n'arrivera jamais et on parle d'autre chose.

27:32
Éric Coquerel

Je vais vous dire une chose. Je prends le métro. D'accord ? Bon, au moins, ce gouvernement, il aura réussi cet exploit-là. Les gens, ils disent, tenez bon sur l'article 40. À mon avis, c'est les mêmes qui sont opposés à la réforme des retraites. Donc, notre pays, vous savez, il a souvent montré que quand on touche à des questions de démocratie, vous vous rappelez le traité consulé européen ? Le traité consulé européen ne lui a pas plu parce qu'on voulait lui faire avec force quelque chose qui faisait en sorte que le système économique libéral allait de constitutionnaliser. C'était ça, le fond. C'était un problème démocratique. Là, c'est pareil. Il y a les deux. Il y a les retraites.

D'ailleurs, on fait payer toujours au même les coûts des crises capitalistes. Et de l'autre côté, eh bien, il y a la démocratie. Et moi, je pense que les gens se rendent parfaitement compte de ce qui se passe. Oui, mais quand ils vous disent « tenez bon sur l'article 40 », je pense que c'est les macronistes qui ne se rendent pas compte. C'est fini. Ils sont dans un monde, je ne sais pas, ils ont des espèces de murs et ils font des choses qui ne vont pas pouvoir tenir longtemps et qui, à mon avis, montrent quelque chose. C'est qu'on est dans une crise de régime.

28:23
Invité

Mais ce que vous venez de dire, c'est « tenez bon sur l'article 40 », vous disent les gens dans le métro, très bien, mais ce combat-là, il est terminé. Il est fini. C'est raté.

28:30
Éric Coquerel

Non, mais il n'est pas encore terminé. Ah bon ? Non, il n'est pas encore terminé parce qu'il va y avoir un amendement de rétablissement du texte qui va être proposé par le groupe Lyon.

28:39
Invité

Dans la mi-cycle ?

28:39
Éric Coquerel

En théorie, on va me demander demain soir, la présidence et la règle, alors à moins que là aussi, on s'abstrait de toute règle, maintenant c'est la nouveauté, de dire ce que je pense. Je vais dire que c'est le texte initial, donc de manière très claire, comme ça a toujours été fait, je vais le déclarer recevable. Et là, il faut que la présidence décide... La présidence de l'Assemblée nationale. Il faudrait qu'elle décide quelque chose qui n'a jamais été fait dans la Vème République. C'est-à-dire non seulement de considérer qu'un texte initial, c'est-à-dire où on laisse l'initiative parlementaire dominer par rapport à la règle, eh bien, elle revient sur ce choix. Elle ne l'a pas encore fait.

Et moi, je m'adresse à elle parce que je pense que... Vous savez, elle a eu une pression, une première pression qui venait très clairement de l'exécutif parce qu'on lui avait demandé de faire revoter le bureau de l'Assemblée nationale qui était... On oublie ça, mais c'est d'abord le bureau de l'Assemblée nationale.

29:27
Invité

Elle avait accepté d'abord, dans un premier temps, le débat sur ce qu'il s'agit d'ailleurs. Absolument, avant moi,

29:30
Éric Coquerel

parce que moi, je ne suis saisi... En deuxième position. Voilà. Et oui, et c'est pas automatique, moi. C'est là où je dis que c'est un choix politique de la part de la majorité de l'avoir fait. Elle l'a accepté une première fois. Il y a eu une pression, on le sait, qui a été organisée depuis Matignon, puisqu'il y a eu une réunion. Et moi, je l'ai vécue en direct parce que ça a même été fait en conférence des présidents. Elle a tenu bon. Elle a dit, je ne reviens pas là-dessus au nom de l'initiative parlementaire. Eh bien, moi, j'espère qu'elle va passer là-dessus.

29:53
Invité

Et si jamais elle dit que l'amendement n'est pas recevable, qu'est-ce que vous faites ?

29:57
Présentateur

D'ailleurs, vous espérez quoi ? Est-ce qu'au fond, vous n'espérez pas aussi qu'elle revienne dessus ? Ça ferait une crise politique supplémentaire ? Ça créerait les conditions de la rupture ?

30:06
Éric Coquerel

Ça créerait... Ça va peut-être vous étonner. Et moi, à certains moments, mes intérêts, c'est ceux de la démocratie. Alors, qu'est-ce que vous ferez ? Eh bien, moi, j'espère quelque chose de majeur de montrer qu'à l'Assemblée nationale, en réalité, il n'y a pas de majorité. Je pense quand même qu'en termes d'enseignement politique, et d'ailleurs, j'écoute ce que disent les syndicats aussi, ils l'attendent, ça sera quelque chose qui ne sera pas anodin, au-delà même qu'après, c'est vrai, vous avez raison, c'est très complexe, il faut aller au Sénat, il faut que ça revienne à l'Assemblée. Ça ne sera pas, quoi, de toute façon. On verra. En tout cas, c'est très complexe.

Mais par contre, ça sera un séisme politique. Parce que ça montrera que, comme on le disait depuis le début, il n'y a ni majorité dans le peuple, ça c'est clair, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.

30:45
Invité

C'est une substitution, d'ailleurs.

30:46
Éric Coquerel

Et j'allais dire que ça place ce gouvernement et Emmanuel Macron dans une situation, alors certains parlent d'illibéralisme, c'est-à-dire quelque chose où vous êtes, au nom du libéralisme économique, vous mettez en mesure des mesures autoritaires. Il n'y a pas... Vous savez, même la droite classique n'a jamais fait ça. Ce n'est pas vraiment ça, ce qu'on appelle la souveraineté.

31:01
Invité

Le libéralisme, c'est quand même pas ça.

31:02
Présentateur

C'est un peu plus.

31:03
Invité

Je pense que si on passait devant le Conseil constitutionnel, je pense que votre démarche, elle serait...

31:07
Présentateur

C'est la remise en cause de l'État de droit et des minorités.

31:08
Invité

Elle ne serait pas constitutionnelle.

31:10
Présentateur

Quelle démarche ? Laquelle ?

31:11
Invité

Ce que vous faites actuellement sur la proposition de loi Liott. Pourquoi ? Si elle allait devant le Conseil constitutionnel, elle ne serait sans doute pas constitutionnelle.

31:19
Éric Coquerel

C'est votre avis. Il y a des constitutionalistes qui se sont exprimés il y a encore quelques jours, Anne-Charlène Mésina et d'autres.

31:24
Invité

Mais n'allez pas accuser Macron d'être illégitime.

31:26
Éric Coquerel

Ce n'est pas ce que je viens de vous dire. Ce n'est pas ce que je viens de vous dire. Il est libéral. Je dis que là, il est sur une pente, moi, qui m'inquiète fortement. Parce que dans la Ve République, à un moment donné, même à droite, notamment Chirac l'a montré à plusieurs reprises, quand vraiment il y avait une souveraineté populaire manifestement opposée à un projet, et là, en plus, il n'y a même pas de majorité à l'Assemblée, on avait l'intelligence de reculer. Il y avait un respect de comprendre que la République c'est d'avoir la souveraineté populaire. Et moi, je suis très inquiet d'un gouvernement qui utilise absolument tous les artifices pour simplement une chose, pas votée. Voilà.

L'Assemblée nationale doit voter.

32:00
Invité

Vous faites un peu des choses qui ressemblent à ça.

32:01
Éric Coquerel

Comment ?

32:02
Invité

Vous faites un peu des choses qui, de l'autre côté, ressemblent à ça. Où ça ? Quand ? Des amendements d'obstruction. Il y a une espèce de guérilla politique.

32:09
Éric Coquerel

Excusez-moi. Non, non, non. Répétez pas la propagande macroniste. Non, mais je répète pas la propagande macroniste. Non, mais parce que c'est inverser la cause et les effets. Excusez-moi, mais vous parlez des amendements d'obstruction lors de la première lecture. Le fait d'avoir utilisé un projet de loi de finances rectificatives de la Sécurité sociale avec l'article 47.1 leur permettait non seulement d'éterniser, de raccourcer les débats et de passer son vote. Alors, on va avancer ? C'est surtout ça, le problème. On va pas faire le débat sur les reprises. Je vous propose.

32:36
Locuteur non identifié

On l'a suivi.

32:39
Présentateur

France Inter. Thomas Négaroff. Alors, on va parler un peu du rassemblement national. Il y a eu une passe d'armes cette semaine au sein de l'exécutif. En présentant l'émission, j'ai demandé si vous étiez plutôt Tim Born ou Tim Macron sous texte. On va l'entendre. On va comprendre pourquoi maintenant.

32:55
Locuteur non identifié

Vous savez, moi, je crois pas du tout à la normalisation du rassemblement national. Je pense qu'il faut pas banaliser ses idées. Ses idées sont toujours les mêmes. Alors, maintenant, le rassemblement national y met les formes. Mais je continue à penser que c'est une idéologie dangereuse. Héritier de Pétain ? Oui, également héritier de Pétain. On ne peut plus battre dans nos démocraties l'extrême droite simplement avec des arguments historiques et moraux. D'abord parce que cette extrême droite s'est transformée. Et ensuite, parce qu'elle a beaucoup d'électeurs aujourd'hui qui ne votent pas.

33:27
Présentateur

Éric Coquerel, j'ai l'impression que c'est un débat qui traverse aussi votre camp politique. Comment affronter le rassemblement national ? Si je le dis, c'est qu'on a un peu les deux sons de cloche chez vous aussi. Des gens comme, par exemple, François Ruffin qui dit qu'il faut revenir aux racines, aller parler aux électeurs, aller comprendre l'explication de ce vote rassemblement national et puis d'autres qui sont davantage dans l'héritage pétainiste et les arguments moraux et historiques. Je vais répondre d'abord à votre question.

33:48
Éric Coquerel

Je me situe du côté Team République, Team Mémoire. Je pense que là où Emmanuel Macron a tort, c'est qu'il doit se poser la question de au nom de quoi a-t-il appelé tous les autres candidats, sauf évidemment certains candidats à l'extrême droite, à voter pour lui au deuxième tour des élections. Pourquoi l'a-t-il fait ? Pourquoi l'a-t-il fait ? Est-ce que c'est parce que sur le contenu de ce que dit le rassemblement national aujourd'hui dans les faits ? Le contenu aujourd'hui dans les faits, parce qu'ils veulent en plus se banaliser, ils arrivent des fois à être moins à droite que Darmanin sur l'immigration.

D'ailleurs, Darmanin l'avait fait lors d'une émission, il avait dit « Ah, Madame Le Pen, vous êtes trop modérée sur l'islam. » Bon, donc, c'est bien sûr autre chose. Et cette autre chose, c'est quoi ? C'est que la politique, ça n'est pas un instant T, ça a des racines, des histoires. La mienne, moi, je ne la nie pas, la mienne. D'accord ? Elle s'inscrit dans l'histoire du socialisme, du marxisme, de choses qui sont, qui ont une histoire, je ne la nie pas. Mais le rassemblement national de Marine Le Pen

34:45
Invité

a encore un lien

34:46
Éric Coquerel

avec le pétainisme ? Oui, absolument. Je pense qu'on ne peut pas séparer les racines de ce qui a été le Front national, en partie liant des liens avec le pétainisme et autres, avec ce qu'est aujourd'hui le rassemblement national. Et d'ailleurs, à certains moments, vous avez sous des termes un peu différents des choses qui reviennent, par exemple, sur le fait de remettre en question le droit du sol, par exemple. Des choses comme ça qui sont peut-être aujourd'hui parce qu'il est mis le plus en avant, mais qui sont existantes. Donc, moi, je trouve que le chef de l'État, le chef de l'État joue un rôle. Est-ce que vous faites ce même travail avec vos alliés communistes ? Pourquoi ?

Vous comparez le parti communiste et le rassemblement national ? Vous comparez un parti qui était du côté des résistants et un parti du côté du... Il ne devra pas revenir au déjuge, mais...

35:28
Présentateur

Non, il ne s'agissait pas de ça du tout. Il s'agissait de revenir aux origines des partis et à ce qu'ils ont pu

35:34
Éric Coquerel

créer politiquement

35:34
Présentateur

et historiquement.

35:37
Éric Coquerel

stalinisme, quand il s'est créé, c'est le fait de prôner les questions d'égalité, les questions de partage des richesses, etc. Ce n'était pas une adhésion à ce qu'elle allait devenir le stalinisme. Ça, c'est après dans l'histoire. À l'inverse, l'extrême droite a ses origines, d'accord ? Donc, les racines, d'accord. Voilà, les racines. Donc, je pense, et pour moi, je considère aujourd'hui, y compris avec certaines figures du Rassemblement national, que nous en sommes encore là. Et quand le chef de l'État fait ça, en réalité, il casse une digue. Alors, on me dit que ça n'a pas été efficace. Bon, bah, écoutez, moi, je ne sais pas, je ne le gouverne pas.

36:12
Invité

Il dit simplement qu'en gros, avec les électeurs aujourd'hui, qui sont tentés par le Rassemblement national, et certains qui sont des transfuges du RN pour aller chez vous, d'ailleurs.

36:20
Éric Coquerel

Ouais, enfin...

36:21
Invité

Attendez, excusez-moi, c'est dans les sondages ?

36:23
Éric Coquerel

Ouais, je pense surtout qu'il y a... Vous avez toujours eu des ouvriers à droite et que c'est vrai qu'il y a une extrême droitisation du côté de la droite. Je pense que profondément, c'est surtout ça. Mais allez-y.

36:30
Invité

D'accord, mais vous avez quand même des transfuges. Est-ce que la manière d'aller les remettre dans votre chemin n'est-il pas de les écouter, de répondre sur le pouvoir d'achat, l'immigration, et tout ça, plutôt que de jeter des vindictes sur des gens qui peut-être même pas

36:45
Éric Coquerel

ce que savent que c'est l'hichard ? C'est un bon lapsus que vous avez fait, les écouter. Les écouter, ça veut dire que quelque part, ce qu'ils disent mérite d'être écouté. Je ne suis pas d'accord. Ah, ça ne mérite pas d'être écouté.

36:53
Invité

Non, mais si, si. Ça veut dire que quand quelqu'un dit qu'on a trop d'immigrés autour de nous, il ne faut pas les écouter.

36:57
Éric Coquerel

Oui, mais d'accord, mais le vote Rassemblement National, avant tout, vous savez sur quoi il se fait ? Il ne se fait pas sur un parti qui laisserait qu'il y aura en système. Il se fait d'abord et avant tout à travers pas mal de signaux sur la question du racisme. Fondamentalement, il se fait là-dessus.

C'est-à-dire qu'il essaye, c'est un parti qui essaye toujours de faire en sorte que les gens se tournent d'abord sur le plus pauvre à côté d'eux parce qu'il a une peau différente, parce qu'ils estiment que, moi je l'ai vu dans les campagnes, ils estiment que, ah bah lui, il ne mériterait pas de toucher le RSA, moi si, mais c'est un problème, plutôt que ceux qui organisent le système et ceux qui en profitent, notamment... Mais comment vous les rappelez ? C'est ça le système, il a toujours... Oui, mais c'est la réalité. L'extrême droite a toujours servi à ça. Oui, mais c'est la réalité,

37:35
Invité

c'est-à-dire que Marine Le Pen a quand même une partie de l'électorat populaire là-dessus, effectivement. Et comment vous essayez de récupérer cet électorat ? Moi je pense d'abord qu'il faut aller,

37:47
Éric Coquerel

de l'électorat populaire qui vote pour le Rassemblement national. Je ne dis pas qu'il ne faut jamais leur parler, ce n'est pas ce que je suis en train de dire.

37:53
Invité

Non mais les écouter, on ne peut pas les écouter, c'est les mépriser.

37:55
Éric Coquerel

Je dis qu'en priorité aujourd'hui, parce que c'est en ça, en termes politiques à laquelle je suis confronté, c'est-à-dire arriver à gouverner ce pays, être majoritaire. Donc je dis qu'en priorité aujourd'hui, il faut parler à notre électorat, d'accord, qui est aussi un électorat populaire, d'accord, parce qu'on a tendance à laisser penser que l'électorat des quartiers populaires ou l'électorat de certaines zones rurales, parce que je vous remarquais qu'on avait pas mal députés, je n'ai pas dit que vous avez dit ça, je dis je l'entends, d'accord, bon, allez parler à ceux qui subissent toutes les égalités et discriminations.

Allez parler aussi à la grande masse principale de gens qui s'abstiennent, qui n'ont jamais voté à ce Rassemblement national, qui s'abstiennent parce que par contre là, ils se disent ça ne sert plus à rien. Et par exemple, quand il se passe ce qui se passe au niveau de la démocratie parlementaire, on ne peut que quelque part leur donner raison. Et c'est notre travail de leur montrer que si ça sert. Ça veut dire que ce soit

38:43
Présentateur

que l'électorat du Rassemblement national, ces gens qui votent, vous ne leur parlez pas parce que vous considérez que Bernard Tappé dans les années 80, les années 80 sont des salauds. C'est quoi ?

38:51
Éric Coquerel

Pas du tout. Je dis que je ne vais pas me mettre sur des... Pour leur parler, je ne vais pas laisser de côté certains autres thèmes. Par exemple, la lutte contre le racisme, par exemple, la lutte pour l'égalité des genres, par exemple, la question dans les quartiers de discrimination, y compris pour certains jeunes qui subissent plus que de... d'autres, des violences policières, des choses qui... Je ne vais pas ne pas parler de ça pour leur parler et laisser ça de côté.

39:15
Invité

Mais on n'a jamais demandé ça. On vous a demandé si...

39:17
Éric Coquerel

Moi, je vous dis, moi... Comme vous m'avez dit que j'ai fait un lapsus sur écouter... Vous ne m'avez pas demandé. Je vous dis, moi, je vous dis jusqu'où, je ne suis pas prêt à aller. À partir de là, moi, ce que je constate, je vais vous dire, c'est que la meilleure manière de parler à un électorat qui peut même être des fois tenté par l'Assemblée nationale, c'est les luttes sociales. Voilà, c'est ça le meilleur moyen. Les luttes sur les retraites, à un moment donné, quand vous vous battez sur une question, un critère pour aller vite, je vais le faire en bref, mais chacun aura compris, un critère de classe.

C'est-à-dire, on n'a pas forcément les meufs d'intérêt selon l'endroit où on se trouve dans une entreprise et notamment économiquement. Pour se battre, par exemple, contre la remise en question des conquêtes sociales, pour se battre pour l'emploi, pour se battre pour le partage des richesses et que vous le faites sur ces bases-là, vous apercevez qu'au bout d'un moment, effectivement, il vous arrive des fois de vous dire des gens qui vous disent « moi j'ai hésité à voter pour Le Pen, mais n'empêche, vous êtes sur un autre terrain. » Voilà comment je... Là, on 5 fois sur la réforme de la retraite, vous avez gagné des points ou pas ?

40:15
Invité

Et non pas, je termine,

40:16
Présentateur

retour à la conscience de classe. Bien sûr, bien sûr.

40:19
Invité

Bien sûr, pour une partie... Comment expliquez-vous que la gauche et les syndicats, l'intersyndical, a été en pointe dans le conflit des retraites ? On ne peut pas dénier ça. Et vous regardez les sondages, la gauche ne progresse pas et Marine Le Pen qui a essayé de récupérer et l'ordre et la contestation engrange des points. Contestation molle. Oui. Comment vous interprétez ça ?

40:41
Éric Coquerel

Déjà, moi, je regarde les faits avant de regarder les sondages. On en est à, je crois, 6 élections partielles de suite législative. Le Rassemblement national, on m'avait annoncé qu'ils allaient en gagner. Ils n'ont pas gagné un. La NUPES en a gagné trois. Il y a une dissidente de gauche qui en a gagné une quatrième. Et les macronistes en ont gagné deux. Bon. Déjà, je regarde dans les faits. Est-ce qu'on a véritablement changé le rapport de force des dernières élections législatives ? Je ne crois pas. Les sondages que je vois sortis à l'en ce moment sur les européennes nous mettent en tête si on était unis ensemble. Si vous êtes unis. Si on est unis, on est en tête.

41:10
Invité

Pas en tête. Vous êtes au même niveau que le Rassemblement national. Ça dépend des sondages.

41:13
Éric Coquerel

Déjà, ça montre qu'ils ne sont pas en train de s'envoler. Donc, je considère que la meilleure manière de contrer ça, et là, ça viendra peut-être sur un autre sujet, c'est que la NUPES reste réunie, montre qu'elle est une alternative pour la suite sur un programme de rupture avec le système néolibéral et productiviste, et qu'elle le défende. Et vous allez voir que dans ces cas-là,

41:34
Présentateur

en 2027, c'est un gouvernement de la NUPES qui s'est réunie. Il y en a, Fabien Roussel, c'était les 50 ans de Libé cette semaine. Fabien Roussel a pris la parole à la tribune. Vous l'avez peut-être vu, il est à côté de Marine Tondelier. Et il dit, en fait, il faut arrêter. On est loin derrière le RN partout. Ce n'est pas l'unité qui nous fera gagner. Ça ne suffira pas. C'est insuffisant. Il parle de... Ça lui donne même de l'urticaire, ces questions-là, politiques interneurs. Est-ce qu'il n'y a pas...

41:58
Éric Coquerel

Si tu veux... J'allais dire, c'est son problème, si tu veux tuer ton cheval, tu dis qu'il est très malade. D'accord ? Ce n'est pas nouveau avec Fabien. C'est un débat qu'on a avec lui. Ce n'est pas nouveau que, de toute façon, même des législatives, il n'était pas franchement le plus partisan de la NUPES. Bon, il n'y aurait pas eu la NUPES s'il n'y aurait plus de groupe aujourd'hui communiste à l'Assemblée nationale, peut-être plus de groupe socialiste et pas de groupe écologiste.

42:18
Locuteur non identifié

C'est une menace ?

42:19
Éric Coquerel

Non, ce n'est pas une menace. C'est un rappel. C'est un rappel. Je débat sans... Un rappel convivial. Je dis que ça fait longtemps que Fabien Roussel pense, en réalité, que pour renforcer le Parti communiste, pour lui permettre de renaître, ça doit passer d'abord par l'affinuation du Parti communiste. Et je pense que c'est un peu décalé avec un autre moment que nous avons réussi, France Insoumise, et Jean-Luc Mollchon, parce que c'est nous qui l'avons réussi, qui est le fait que la gauche peut maintenant s'unir sur un programme de rupture, qui est un programme avec lequel, d'ailleurs, pour la plupart, le Parti communiste est d'accord. Donc c'est un débat qu'il faut continuer.

Je veux dire, quand je vous dis ça, je préfère dire les choses clairement. Non, je pense que ce n'est pas vrai. La NUPES a montré quand même qu'en premier tour des législatives, elle était devant tous les autres partis. Tous les sondages indiquent qu'elle est en avant. Et puis, elle montre quelque chose de quotidien. C'est que moi, je suis un président de la Commission des finances proposée par la NUPES. Toute la NUPES, dans le combat qu'on a en ce moment, est réunie, fortement réunie, sur les mêmes bases. Écoutez, excusez-moi, il faut plein de gens en pays, ça change beaucoup de choses.

43:17
Invité

Vous savez très bien qu'il y a de la friture dans la NUPES. On ne va pas raconter que c'est un peu complètement réuni. Il y en a très peu. Non, mais attendez, les socialistes, on les voit aussi. Il y en a qui sont là en disant on ne peut pas faire autrement, on se demande. Ma question n'est pas de juger la NUPES, c'est de savoir si vous allez remettre sur la table, en perspective des européennes et des autres élections, pour trouver un terrain d'entendre comme ça.

43:40
Présentateur

Parce que les européennes, c'est dans un an quasiment jour pour jour. Est-ce qu'on travaille sur le programme ? On se projette un peu.

43:44
Invité

Est-ce que vous vous voyez en convention, je ne sais pas quoi,

43:47
Éric Coquerel

tous ? C'est évident que si on repart aux élections ensemble, ce programme, il va être revisité.

43:53
Invité

Plus que revisité, à mon avis. Non, non, non,

43:54
Éric Coquerel

il va être revisité, mais attendez, laissez-moi finir. Il va être revisité, mais je vais très clairement vous dire la chose. Il est hors de question de revenir à un programme qui serait un espèce de brouette timide qui a fait tout le succès du Parti socialiste qui nous a finalement donné Macron. Il n'est pas question de revenir à quelque chose qui est une adaptation au système et qui finalement épouse les mêmes logiques. Donc ça restera un programme de rupture. Social-démocratie, le réformisme. Non, non, je n'ai pas dit le social-libéralisme, oui. D'accord ? La social-libéralisme, oui.

Et le fait qu'on ait réussi à faire, on est presque les seuls en Europe à représenter cet espoir, le fait qu'on ait réussi à avoir une gauche unie sur un programme de rupture dans un moment où on le voit bien, ça nécessite de rupture radicale. J'ai vu qu'Olivier Faure l'avait dit d'ailleurs pour les 50 ans de Libé. C'était certes. Olivier Faure, c'est pas la gauche. Ah oui, mais enfin bon, d'accord. Alors Olivier Faure, c'est la majorité au Parti socialiste, c'est pas la gauche. Alors qu'est-ce qu'est la gauche ? C'est ceux qu'on fait à 1,75% pour le Parti socialiste aux dernières élections présentiennes. Non, non, je vais parler juste que certains dénoncent l'hégémonie de LFI.

D'accord, mais moi, non, il n'y a pas d'hégémonie. Moi, je vais vous dire par exemple, aujourd'hui, je ne vois plus de... Non, sur le programme, oui. Sur le contenu, oui. Sur le nombre, oui, puisqu'on est sortis. Mais par exemple, là, si on allait aux élections européennes... Vous dites sur le nombre, sur le programme, sur le contenu, oui. Oui, mais pareil, ça s'appelle de l'hégémonie. D'accord, mais on a dit, ça ne vous a pas échappé, qu'on regarde au fait que sur toutes les élections, c'est pas la même chose. Et que par exemple, sur les élections européennes, on a très bien admis déjà à l'avance que ça ne serait pas une tête de liste insoumise. Sur les municipales...

Oui, mais ça n'a pas été entendu

45:21
Invité

par les écologistes à qui vous avez tendu la main.

45:22
Éric Coquerel

Ils l'ont entendu. Pour l'instant, Marine Tourdelier nous dit non, c'est non, c'est non, parce qu'en gros, on veut pouvoir se réaffirmer à travers une élection dont elle pense que ça va bénéficier aux Européens écologiques, ça va rééquilibrer. Moi, je pense que c'est pas à la hauteur de la situation. Je le dis très, très, vraiment de manière non polémique. Je pense que c'est pas à la hauteur.

45:39
Invité

Et donc, vous continuez à discuter avec les verts ou pas, là ?

45:41
Éric Coquerel

Sur ça, sur les Européennes. Non, mais sur les Européennes. Moi, c'est pas mon... Vous avez remarqué, c'est pas mon job à France Insoumise. Mais je discute tous les jours avec les verts. C'est quoi l'argument pour les convaincre ? De montrer que... De montrer que quand, par exemple, vous êtes face à un pouvoir sur lequel maintenant vous avez non pas seulement des problèmes sur les politiques sociales, mais sur la manière de considérer la démocratie, on ne rate pas une occasion de pouvoir être devant et de préparer mieux les prochaines élections. Je le vois en positif. J'essaie de convaincre en positif. Et je pense que d'ici quelques mois, ça peut bouger. Voilà, on va essayer. On verra bien.

On va essayer jusqu'au bout. Mais à mon avis, c'est nécessaire. Ça n'a pas toujours été vrai. Ça n'a pas toujours été vrai. Qu'est-ce qui n'a pas de droit ? Dans le passé, vous avez eu des moments où la gauche était unie et part aux élections européennes, séparée, se retrouve après. C'est vrai, hein ? Moi, je suis pour être clair-tuux. Mais là, on est dans un moment spécifique. Mais à l'époque, l'hégémonie... Parce que c'est un moment qui m'inquiète fortement. Parce que soit c'est une dérive à droite du macronisme qui a, je le répète, un problème avec la démocratie qui commence véritablement à m'inquiéter.

Et si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas pourquoi on s'entend avec le groupe Lyot. C'est sur cette base-là. Avec quelqu'un comme Charles de Courson. Et puis, d'un autre côté, le risque de l'extrême droite. Quand on est dans ce moment-là, on se donne toutes les munitions et tous les atouts de notre côté.

46:53
Invité

Puisqu'on est sur la question démocratique, est-ce qu'au bout d'un an de fonctionnement de la NUP au Parlement, vous estimez qu'il y a des choses à changer, à améliorer ? Est-ce que vous n'êtes quand même pas assez effrayé par l'image que vous renvoyez d'une violence, parfois aussi d'obstruction, au fond de ce qu'on appelle bordélisation de l'Assemblée ? Et qui peut, d'une certaine manière, faire le jeu de Marine Le Pen ? Qu'est-ce que vous répondez ? Est-ce qu'il faut changer des choses ?

47:17
Présentateur

C'est vrai qu'on commence à évoquer la question de la dédiabolisation de la NUPES, qui est quand même historiquement assez... Alors, il faut l'évoquer, il faut qu'on en refait un peu trop.

47:26
Éric Coquerel

Écoutez, d'abord, une première chose, et je réponds à toutes les questions. La NUPES, ça fonctionne bien. Deuxièmement, pour vous répondre, Mme Saint-Cricq, c'est que dans tous les amendements que nous présentons ensemble ou séparément, c'est très souvent basé sur le programme des législatives. Je dis juste ça pour montrer que... Non, mais tous, PS, etc. Donc, montrer que ce n'est pas quelque chose qui a juste été de circonstance, je pense que c'était aussi dans l'évolution du Parti socialiste. Troisièmement...

47:54
Invité

Vous avez parlé des socialistes comme du broué du programme. Un broué, ce n'est pas quelque chose qui donne envie de plonger. Troisièmement,

48:00
Éric Coquerel

on est tous d'accord à la NUPES. Par exemple, quand il y a une commission des affaires sociales qui décide d'interdire le droit d'amendement qui est constitutionnel, on est tous d'accord pour dire qu'on ne peut pas le laisser passer comme ça. Oui, mais vous voyez de l'extérieur... Peut-être qu'après, à l'extérieur, vous pouvez sélectionner les images où c'est le plus virulent et dire... Non, ce n'est même pas ça. Moi, ce que je pense,

48:23
Invité

c'est qu'une partie des gens ne comprennent pas ce qui se passe au Parlement, que le débat démocratique, il est assez noyé souvent sur des trucs de procédure et est-ce qu'au fond, ça ne desserre pas votre cause ?

48:34
Éric Coquerel

Écoutez, moi, je regarde l'Assemblée nationale. Il y a eu encore une semaine de débats sur la programmation militaire. Même le gouvernement reconnaissait que c'était de notre côté qu'il y avait des arguments les plus solides. Mais vous ne perdez pas quand même une partie

48:47
Invité

des électeurs en faisant ça ? Vous ne perdez pas une partie des électeurs en faisant ce chahut ou ce bordel ?

48:52
Éric Coquerel

Mais ce chahut, très franchement, ce que vous appelez le chahut, il est très minoritaire. À certains mois, il est très minoritaire. Mais ça ne gase pas une partie des électeurs ? Vous ne perdez pas une partie de votre électorat ? Vous êtes en train de faire un thème de débat sur quelque chose. J'entends. C'est ce qui est mis en avant. D'ailleurs, c'est ce que... On va dire la propagande macroniste met en avant à chaque fois qu'ils peuvent. Non, c'est ce qu'on voit aussi dans les réactions et dans les sondages. Je suis d'accord. Il n'y a pas que la propagande de macroniste. J'ai une question de très sondage. Dans la rue, encore une fois, ce n'est pas ce qui ressort en premier.

Les gens nous écoutent. Mais ça dépend de ce que vous appelez la rue. Il y en a qui viennent vous voir parce qu'ils sont d'accord avec vous. Non, non, il y en a plein qui sont d'accord avec vous. J'ai une question très précise. Les gens qui ne sont pas d'accord avec moi viennent me voir, il n'y en a pas beaucoup. J'ai une question très précise. J'ai une question... C'est peut-être que les métros et autres... Parlons de l'avenir.

49:40
Présentateur

La France Insoumise s'est abstenue sur la commission parlementaire sur l'ingérence russe. Vous aviez dit vendredi à la télévision que vous n'aviez pas lu le rapport. Vous ne saviez pas pourquoi. Est-ce que vous... Maintenant, vous savez pourquoi ? Je ne sais plus d'ailleurs

49:49
Éric Coquerel

qu'il y a eu un truc sur les réseaux sociaux. Non, mais peu importe. Est-ce que ça vous... Je sais pourquoi maintenant. Je me suis renseigné. Pourquoi est-ce que vous êtes... C'est tout simplement que c'est un rapport... Parce que j'ai compris. Moi, j'ai suivi ça de loin. Oui, oui. C'est un rapport qui n'est pas sur les ingérences russes et sur les ingérences en général. Et les personnes qui nous représentaient ont considéré que le texte sur cette question-là était insatisfaisant.

Parce qu'en gros, il se concentrait sur les ingérences russes et il se concentrait sur le Rassemblement national et il laissait de côté tout ce qui est aussi ingérence du côté notamment qui viennent à un certain moment des États-Unis, etc. Ils trouvaient que le texte était incomplet. Oui, ce qui est la réalité. D'accord. Je vous dis, vous me demandez. Et donc, ce qu'il faut comprendre, c'est que ce n'est pas un vote pour ou contre. C'est un vote est-ce qu'on laisse le rapport être transmis ? Donc là-dessus, parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec tout le... avec ce qui manquait dans le rapport, ils se sont abstentés. Mais l'abstention valait le fait qu'ils n'empêchaient pas la transmission.

Et ils ont dit, y compris Aurélien Saint-Toul, qui était un de nos commissaires et de l'avis de tout le monde, a été un de ceux qui, justement, dans les questions posées à Marine Le Pen, un de ceux où il l'a le plus déstabilisé. Donc, n'allons pas donner plus d'importance que ça.

50:57
Invité

Éric Coquerel, il y a quelque chose qui s'est produit aujourd'hui, dans l'heure qui vient de passer et qui ne serait jamais produit avant. C'est que le mot de Jean-Luc Mélenchon a dû être prononcé une fois. Alors, pour en revenir à ça, je vais vous poser deux questions. C'est parce que

51:07
Éric Coquerel

je l'ai toujours en tête.

51:08
Invité

Je n'ai pas besoin de preuve d'amour. Mais exactement. Il a manifestement décidé de passer la main. Est-ce que vous trouvez que c'est une bonne chose ? Et donc, est-ce que la progression ou le programme de M. Ruffin, c'est-à-dire l'ébauche d'un programme, d'un financement et tout ça, vous semble aller dans le bon sens ? Et est-ce que, finalement, il y a un renouvellement de la France insoumise ? Éric Coquerel, en 2023, c'est dans quatre ans. Oui, mais vous savez que les autres se préparent. Bien sûr, bien sûr. Vous trouvez que c'est trop important. Éric Coquerel, la présidentielle chez les insoumis est une élection cardinale. Ça vous aura pas échappé ? On va écouter notre invité, allez-y.

Ça vous aura pas échappé ?

51:43
Éric Coquerel

Oui, mais justement, ça vous aura pas échappé ce que je vous ai dit en priorité tout à l'heure. Il faut faire en sorte que la NUPES arrive ensemble aux élections en 2027. Il faut faire qu'il y ait un candidat de la NUPES. Voilà, ça c'est ma priorité.

51:54
Invité

C'est qui le candidat fédérateur ?

51:55
Éric Coquerel

Est-ce que ma priorité passe par le fait de dire un tel en 2023 est mieux que l'autre, etc. Je suis pas sûr que ça soit ce qu'attend les gens. Je vous parlez du renouvellement de la Léchite. Attendez, ne vous inquiétez pas, je réponds aux questions. Je vous dis pourquoi ça me ne me dit plus pas. Pourquoi ça me me dit plus pas de me dire pourquoi pas l'un, pourquoi pas l'autre, pourquoi pas moi, etc. Pourquoi ça me me dit plus pas ? C'est parce qu'aujourd'hui, je considère que c'est pas la priorité. Après, je l'ai dit une fois, je le redis deux fois, je pense qu'aujourd'hui à ce stade, si on recommençait, je pense que Jean-Luc serait notre meilleur candidat.

Même s'il a dit de manière assez forte que pour l'instant, c'était... Et pourquoi ? Parce que je continue à considérer que d'un point de vue, j'allais dire d'être un leader capable d'être pas seulement le tribun, mais de porter la stratégie et le contenu et de l'incarner, je pense qu'il est encore quelqu'un qui est au-dessus du lot et qui est capable de nous mettre... Vous n'avez pas un profil

52:47
Invité

plus fédérateur que ça ? Comment ? Vous n'avez pas un profil plus fédérateur que ça ? Parce que c'est quand même... Aujourd'hui,

52:52
Éric Coquerel

d'un point de vue fédérateur et d'un point de vue capacité, je vais toujours dire, je continue à le considérer. Est-ce que je considère que François pourrait être un candidat ? Peut-être, on verra bien. Vous êtes plutôt Mélenchon que l'orite. Mais par contre, il y a une chose, c'est que... Vous savez, ce qui a fait la force de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'à un moment donné, on s'est rejoint en 2008. On a créé le parti de gauche. On a créé un programme collectif. On l'oublie souvent, mais collectif. On a fait la même chose pour François-Mélenchon.

53:14
Invité

Dans les institutions, c'est moins collectif que dans le programme.

53:16
Éric Coquerel

Je vous dis, on a créé un programme de manière collective. Vraiment. En voyant les associations autres. Il faut se dire que le prochain candidat ne pourra pas être celui qui se crée un programme tout seul. Ça, ce n'est pas possible. Mélenchon en 2017. C'est-à-dire qu'il faut repartir. Et c'est bien pour ça que je vous dis que ce sera le candidat de l'UPS sur... Il faut mettre le programme d'abord. Et puis après, on verra pour le candidat.

53:36
Invité

Et il y a quand même une ligne un peu différente. C'est-à-dire que François Ruffin dit qu'il faut se recentrer.

53:42
Présentateur

On peut continuer après l'émission, mais malheureusement,

53:44
Éric Coquerel

il est l'heure. Oui, mais des fois, il le dit au niveau de la forme et des fois au niveau du fond. Donc, s'il sait se recentrer sur Jaurès, c'est ça l'ambiguïté. François, il parle de Jaurès, il parle de la social-démocratie et de l'Orés. Moi, ça fait des décennies que je suis devenu Jaurèsien. Pas de problème là-dessus. Qui allie le travailleur et le citoyen. Les deux choses en termes d'émancipation. Si c'est ça, ça me va. Si c'est remettre au goût du jour la social-démocratie, ça me va moins. Mais moi, j'ai des discussions très enrichissantes avec François là-dessus.

54:09
Présentateur

Et je trouve que c'est bien qu'il y ait des personnalités qui émergent. Merci, merci. Mais à la fin, c'est Mélenchon qui gagne. Merci, Coquerel. On se retrouve dimanche prochain pour un nouveau numéro de questions politiques.

Eric Coquerel : "On est sur un gouvernement qui utilise les pires artifices de la 5e République" — Éric Coquerel · Pourquijevote