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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 9 janvier 2017 63 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & internationalInstitutions & élections

Mélenchon : nouveau patron à gauche ? #cdanslair du 09-01-2017

Source d'origine 4 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 37 %Attaque 39 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:10OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il fait toujours sourire au Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon ?

  • 3:08OuverteRéponse directe

    Jérôme Fourquet, il est en général devant le candidat socialiste dans les enquêtes d'opinion. On s'arrête deux minutes là-dessus, il y a quelque temps, ça paraissait inconcevable.

  • 5:05OuverteRéponse partielle

    Il dit « À quoi bon voter pour une primaire du Parti socialiste ? »

  • 7:12OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'à votre avis, il y a la volonté aussi de dire ce qu'il disait dans cette interview au Monde, à quoi bon ?

  • 8:05OuverteRéponse partielle

    Il y a eu un nouveau Jean-Luc Mélenchon. Et là, il a l'air d'être dans une forme de maturité, en tout cas dans sa manière de faire campagne, Guylaine Nettenheimer, non ?

  • 8:57RelanceRéponse directe

    Mais moi, je ne suis pas d'accord sur l'idée que c'est Mélenchon qui va faire exploser le Parti Socialiste.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26PrésentateurFait
    « Ce week-end, à Tourcoing, il a fait une démonstration de sa capacité à mobiliser presque dix fois plus de monde que Manuel Valls en meeting, lui, à Liévin. »
  • 0:34PrésentateurFait
    « Les sondages placent Jean-Luc Mélenchon dans tous les cas de figure devant le candidat socialiste. »
  • 3:18InvitéChiffre
    « Il est aujourd'hui à 11, 12, 13% dans les sondages, c'est-à-dire à peu près le niveau qu'il a atteint en 2012 en fin de campagne. »
  • 3:57InvitéFait
    « Jean-Luc Mélenchon, dans une interview récente au Monde, a dit on n'a plus besoin du PS parce que c'est Macron ou moi à gauche. »
  • 8:57InvitéPromesse
    « Tous les revenus supérieurs à 400 000 euros taxés à 100%. Une taxe sur les expatriés. »
  • 12:01InvitéFait
    « C'est un acte, notre rassemblement, un acte de solidarité avec cette jeune femme qui a perdu son enfant uniquement du fait du mépris que ceux qui en avaient la responsabilité ont eu à son égard. »
  • 13:47InvitéFait
    « Si vous avez Fillon, il n'y a plus de durée légale du travail. »
  • 15:05InvitéChiffre
    « Rien qu'aujourd'hui, lui et son équipe ont tweeté plus de 50 fois. »
  • 15:15InvitéChiffre
    « Sur sa chaîne internet YouTube, c'est 150 000 abonnés, plus que Donald Trump. »
  • 28:36PrésentateurFait
    « sortir du nucléaire assumer la planification écologique au service de la relance économique et même encourager le passage aux végétariens »
  • 28:50PrésentateurPromesse
    « la retraite à 60 ans le SMIC à 1700 euros bruts et l'impôt universel »
  • 30:11InvitéPromesse
    « plusieurs mois que Jean-Luc Mélenchon promet une planification écologique sortir du nucléaire développer le bio ou encore consolider l'hydroélectrique français »
  • 31:18InvitéFait
    « si les femmes étaient payées comme les hommes au même niveau et bien le supplément de cotisation sociale que cela produirait »
  • 31:30InvitéChiffre
    « le supplément de cotisation sociale que cela produirait pour les caisses concernées permettrait la retraite à 60 ans »
  • 31:43InvitéFait
    « Jean-Luc Mélenchon annonce également qu'il veut abroger la loi El Khomri »
  • 31:45InvitéPromesse
    « faire passer le SMIC à 1700 euros bruts »
  • 31:49InvitéFait
    « mettre en place un impôt qu'il appelle universel »
  • 34:40InvitéChiffre
    « il promet 3 millions et demi d'emplois »
  • 35:48InvitéFait
    « il fait une constituante en arrivant »
  • 36:14InvitéFait
    « le grand plan économique sur la mer par exemple »
  • 37:50InvitéChiffre
    « tous les mois la banque centrale européenne prêtait 80 milliards aux banques »
  • 46:20InvitéFait
    « Je ne serai plus socialiste sans être écologiste »
  • 46:35InvitéPromesse
    « sortir du diesel à l'horizon 2025 »
  • 46:39InvitéPromesse
    « atteindre les 50% d'énergie renouvelable la même année »
  • 57:45InvitéFait
    « il veut protéger son électorat de couches populaires et comme toujours les couches populaires sont rétives à une immigration »
  • 58:31InvitéFait
    « il a été dans un conseil général en Essonne, il a été député, sénateur, secrétaire d'état de l'enseignement technique »
  • 59:43InvitéFait
    « il est quand même beaucoup plus tourné vers les soviétiques, une fascination pour les leaders et Chavez et Castro »
  • 1:00:21InvitéFait
    « La sincérité, une foi républicaine et laïque, mais insoupçonnable, incontestable »

Temps de parole

  • Invité52 %
  • Invité 218 %
  • Présentateur16 %
  • Invité 34 %
  • Invité 44 %
  • Invité 53 %
  • Invité 62 %

≈ 2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:12
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. Nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Il savoure. Jean-Luc Mélenchon n'a jamais été si proche de son rêve de toujours faire exploser le Parti Socialiste. Ce week-end, à Tourcoing, il a fait une démonstration de sa capacité à mobiliser presque dix fois plus de monde que Manuel Valls en meeting, lui, à Liévin. Les sondages placent Jean-Luc Mélenchon dans tous les cas de figure devant le candidat socialiste. Alors, il assure que la gauche, désormais, c'est lui. Et hors de la primaire, il se pose en principal opposant à François Fillon, le candidat de la France insoumise.

Cible toujours la France des usines et des oubliés, comme il dit, éteindre son discours de révolution écologique pour séduire au-delà de ses troupes habituelles. Mélenchon, nouveau patron à gauche, c'est une question et c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler aujourd'hui Christophe Barbier. Vous êtes éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express. En une de L'Express apparaît cette semaine « Nos espions face aux djihadistes ». On retrouve tous les jours votre éditorial sur le site de votre journal. Un édito intitulé « Aujourd'hui, la primaire socialiste se transforme en marché de dupe ». Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département opinion de l'institut de sondage IFOP.

Votre ouvrage « Accueil ou submersion, regard européen sur la crise des migrants » est publié aux éditions de l'Aube. Guylaine Ottenheimer, vous êtes rédactrice en chef à l'hebdomadaire Challenge. En une de Challenge cette semaine, où va le monde ? Rien que ça. Allez, Mathieu Croissando, pour terminer, vous êtes directeur de la rédaction de l'Obs. Votre prochain numéro à apparaître jeudi portera sur les 25 idées pour bousculer la gauche. Début décembre, l'Obs avait publié un long entretien avec Jean-Luc Mélenchon. Nous y reviendrons. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce « C'est dans l'air en direct ».

Je me souviens d'une époque où quand on parlait de Jean-Luc Mélenchon, il y avait un petit ricanement, notamment au Parti Socialiste. Vous disiez « Oui, c'est Jean-Luc Mélenchon, d'accord, c'est un tribun, mais il est dans son univers, il est dans un projet très personnel ». Est-ce qu'il fait toujours sourire au Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon ?

2:13
Invité

Ah non, je ne crois pas. Je pense que maintenant il est pris avec plus de sérieux de par sa force électorale. Ça reste Méluche, le tribun qui agite, qui fait des numéros en scène et qui est plus facile, qui est plus à l'aise dans la destruction de l'adversaire que dans la construction d'un projet. Mais maintenant, je pense que les socialistes sont légitimement inquiets parce qu'ils voient bien que la machine de la primaire se retourne un peu contre eux du fait de l'absence de Hollande. Ils sont tous en train de se tenir. Ça ne décolle pas.

Et puis surtout, à partir du moment où l'électorat socialiste se dit « Bon, c'est une présidentielle qui est fichue d'avance », d'un seul coup, le vote un peu romanesque, romantique pour Mélenchon, la gauche authentique qui incarne Mélenchon, cette gauche révolutionnaire qui nous rappelle les grandes époques, les grandes heures du mitterrandisme, c'est là, elle devient attractive pour un vote symbolique. On a le choix entre un vote un peu déprimant avec le socialisme classique épuisé par ses grands pouvoirs et puis un vote un peu plus symbolique, un peu plus enthousiasmant avec l'utopie mélenchonienne, mais une utopie de lendemain qui chante.

Ça peut tenter un certain nombre d'électeurs, notamment les plus populaires et les plus jeunes.

3:08
Présentateur

– Jérôme Fourquet, je le disais, il est en général devant le candidat socialiste dans les enquêtes d'opinion. On s'arrête deux minutes là-dessus, il y a quelque temps, ça paraissait inconcevable.

3:18
Invité

– Alors oui, mais pour deux raisons. D'abord parce qu'il est aujourd'hui à 11, 12, 13% dans les sondages, c'est-à-dire à peu près le niveau qu'il a atteint en 2012 en fin de campagne. Il avait commencé beaucoup plus bas, donc là il part directement un seuil déjà élevé. Et puis aussi parce que son adversaire ou son adversaire potentiel, le candidat du parti socialiste, quel qu'il soit, est scotché aux alentours de 10%. Donc c'est à la fois lui qui part assez haut et le candidat du PS qui est très bas. Ce qui est intéressant, ce qui fait peur aux socialistes, c'est qu'aujourd'hui, la primaire du parti socialiste, elle n'est intéressante que pour les socialistes eux-mêmes.

Jean-Luc Mélenchon, dans une interview récente au Monde, a dit on n'a plus besoin du PS parce que c'est Macron ou moi à gauche. Et dans les enquêtes, Emmanuel Macron est également très largement au-dessus des candidats socialistes. Et chacun est bien identifié dans son couloir. Il y a cette alternative entre les deux gauches qui est peut-être un peu caricaturée avec Mélenchon d'un côté et Macron de l'autre, mais qui rend complètement obsolète ou beaucoup moins évidente l'utilité d'un parti socialiste. Et c'est ça aussi le pari. C'est le vieux rêve de Mélenchon de doubler la gauche de gouvernement.

Donc il avait pris tout d'abord la référence de son ami Oscar Lafontaine en Allemagne, le candidat de Die Linke, qui avait mis en difficulté le SPD. Ensuite, il avait pris Syriza en Grèce, qui avait ratatiné complètement le PASSOC après la crise de la dette en Grèce. Après, il s'est tourné du côté de Podemos. Et là, peut-être que c'est Emmanuel Macron, petit clin d'œil de l'histoire, qui va l'aider à réussir éventuellement ce pari ou ce défi de supplanter, mais avec un allié objectif, le Parti socialiste. Et la vraie primaire pour lui, c'est le premier tour de la présidentielle.

5:05
Présentateur

Et il a cette formule, on va la citer, à propos de ce que vous disiez d'une interview dans Le Monde. Il dit « À quoi bon voter pour une primaire du Parti socialiste ? » puisqu'en gros, je suis à la fois plus populaire, et puis le match se joue avec Emmanuel Macron.

5:17
Invité

Tout à fait. Mathieu Passandre. Il dit « À quoi bon un candidat du Parti socialiste ? » Il va même plus loin que sur le vote de la primaire. Et d'une certaine façon, il rend la monnaie de leur pièce aux socialistes qui n'ont cessé depuis 30 ans, 40 ans, de considérer leurs potentiels alliés comme des supplétifs, tout juste bons à se ranger derrière eux, parce qu'ils étaient les mieux placés, soit dans les sondages, soit au lendemain du premier tour dans les urnes. Donc là, d'une certaine façon, le PS se retrouve dans une situation inédite dans son histoire récente, puisqu'il est non pas en deuxième, mais même en troisième position.

On souhaite bien du courage au candidat issu de la primaire pour appeler au rassemblement. Il va sûrement décrocher quel qu'il soit son téléphone pour appeler et Emmanuel Macron, ou de faire le geste en tout cas de l'appeler et de se tourner vers Jean-Luc Mélenchon. Mais l'un et l'autre pourront très bien lui dire « Écoute, c'est à toi de te retirer parce que tu es derrière nous. » C'est une situation qui est franchement inédite. Il y a un aspect revanche pour Mélenchon, qui est, Christophe le rappelait, Mélenchon. Il vient de là-bas. C'est un socialiste. Il en est.

Il a fait 30 ans de parti avant d'en claquer la porte sur une divergence de fond fondamentale qu'il avait théorisée dans des ouvrages, c'est-à-dire le virage démocrate américaine, il disait, du parti socialiste, qui n'était plus pour lui un parti de gauche de combat. Il en a claqué la porte. Il a tenté de faire une OPA plutôt réussie sur ce qu'il restait du parti communiste. Et aujourd'hui, il est dans une autre configuration, parce que, comme le rappelait Jérôme, c'est vrai qu'il démarre tout de suite sur son socle du premier tour de la présidentielle de 2012. Et il construit, il fait campagne. Il y a deux personnes qui font campagne dans cette campagne présidentielle.

C'est Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Et l'un et l'autre multiplient les déplacements, font des meetings. On ne voit pas... Alors, les socialistes se sont envoyés un petit peu tard depuis qu'un jour, pour essayer de battre les estrades et de serrer les mains. François Fillon, qui est arrivé visiblement très fatigué au lendemain de sa primaire, n'a pas fait campagne pendant un mois. Les deux qui battent la campagne et qui battent le terrain, parce qu'ils savent que ça n'est pas forcément comme ça qu'on gagne, mais en tout cas, sans ça, on ne peut pas gagner. Ce sont Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

7:12
Présentateur

Est-ce qu'à votre avis, il y a la volonté aussi de dire ce qu'il disait dans cette interview au Monde, à quoi bon ? C'est-à-dire dire aux électeurs en faisant campagne qu'il le fait de manière aussi active. La gauche, c'est moi. Vous ne perdez pas dans une participation à une primaire. Est-ce qu'il y a cette petite musique de fond aussi, à votre avis ?

7:26
Invité

Tout à fait. Et dans l'interview à laquelle vous avez fait allusion tout à l'heure, ce qu'on a publié dans l'Obs en décembre, il tendait la main aux socialistes, ce qui était la première fois qu'il le faisait. Depuis 5 ans, depuis 10 ans, les socialistes pour Jean-Luc Mélenchon, c'était les solfériniens. C'est comme ça qu'il les appelait. C'était ces affreuses créatures qui vivèrent une solférino recluse, hors du monde, et puis surtout oublieuses des intérêts des ouvriers. Aujourd'hui, il se dit, pour que je puisse franchir l'étape du dessus, il faut absolument que j'ai des réserves de voix. Il ne va pas les trouver à droite, bien évidemment.

Il ne va pas les trouver au centre, ni dans la gauche social-libérale. Donc, il est obligé de tendre la main vers ses anciens camarades. Et donc, il baisse d'un ton, il a changé le discours. Enfin, on y reviendra.

8:01
Présentateur

On va y revenir, monsieur. Il y a eu un nouveau Jean-Luc Mélenchon. Et là, il a l'air d'être dans une forme de maturité, en tout cas dans sa manière de faire campagne, Guylaine Nettenheimer, non ?

8:09
Invité

Alors oui, il fait une très bonne campagne. Il s'est un peu changé. C'est toujours ce tribun un peu fou. Vous savez, comme dit Con Bandit, pour être candidat à la présidentielle, il faut être un peu fou, puis de toute façon, tous les candidats, tu rendes fou. Et il a cette espèce d'exaltation qu'il faut, qui est le carburant d'une élection présidentielle. Et en plus, il a fait un très grand usage des réseaux sociaux. Il a sa télévision sur YouTube, 150 000 abonnés. Chacune de ses interventions sont vues autant de fois que sur les chaînes de la TNT et d'Information. On continue, donc il est très content. Il a vendu son livre, 20 000 exemplaires sur Amazon, par les réseaux sociaux.

Il est en deuxième position dans les meilleures ventes d'Amazon. Enfin, voilà, ça fonctionne. Il se prête très bien à ce format. Il a trouvé son public, avec des propositions assez rocambolaises. On y reviendra là aussi. Tous les revenus supérieurs à 400 000 euros taxés à 100%. Une taxe sur les expatriés. Enfin, voilà. Mais moi, je ne suis pas d'accord sur l'idée que c'est Mélenchon qui va faire exploser le Parti Socialiste. Je pense que Mélenchon, la gauche du Parti Socialiste, a toujours existé. Bon, avec le Parti Communiste, le Front de Gauche, ce n'est pas une nouveauté. La nouveauté, c'est un candidat assez présent sur le flanc droit.

Et c'est celui-là qui rogne vraiment le Parti Socialiste et le menace. Lui, on profite à la marge. Mais contrairement à ce qui s'est passé en Grèce, où en Espagne, au Portugal, où les partis d'extrême-gauche ont pu recueillir ce soulèvement populaire. En France, c'est Marine Le Pen qui a recueilli. Pourquoi ? Parce que ces pays ont connu les dictatures de droite. Elles n'ont pas du tout envie de renouer avec cette famille politique. Alors qu'en France, on n'a pas ce même rappel de ce qu'a été une dictature d'extrême-droite. Et donc, Marine Le Pen a occupé ce terrain de la protestation et du langage anti-européen, souverainiste, etc., là où il est occupé, par Podemos ou par Syriza.

Donc, je pense que sa marge de manœuvre est assez faible. Elle existe, mais je trouve qu'elle est assez faible. La vraie question, je trouve, sur l'avenir de la gauche, et personne aujourd'hui ne peut dire ce qui va se passer, c'est est-ce que la candidature Macron va fonctionner ? Il y a beaucoup de monde dans ces meetings, il y a beaucoup de gens qui sont intéressés, mais c'était la même chose avec la candidature de Sarkozy. Il y avait énormément de monde dans ces meetings, il y avait la queue pour acheter son livre, il a fait des best-sellers, et il est arrivé troisième à la primaire.

Donc, ce que je veux dire, et Fillon, il n'y avait personne dans ces meetings, et il a gagné les primaires. Donc, ce que je veux dire, on est dans un système médiatico, réseaux sociaux, images, opportunités, les gens choisissent leur vote au dernier moment, comme on choisit son voyage au dernier moment.

10:54
Présentateur

C'est une salle où on est porté par une dynamique dans l'opinion, c'est ça que vous voulez nous dire, mais on va y revenir parce qu'on va aller voir ces images. Il appelle ça, c'est déboulé, des meetings qui s'appuient sur une actualité précise. Hier, il était à Tourcoing, à la rencontre de la caissière d'Auchan, qui a fait une fausse couche sur son lieu de travail, histoire de faire un discours sur les précaires dans cette France ouvrière. « C'est la vie qui fait du zola », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, comme il lui dit lui-même, alors que la salle de 900 personnes était comble, obligeant à faire une partie de son discours dehors.

La méthode Mélenchon fonctionne, il séduit, vous l'avez dit, sur les réseaux sociaux et les sondages, le mettre systématiquement devant le candidat du Parti socialiste, Marie-Jolie et Thomas Buyer.

11:36
Invité

Il avait réservé le théâtre de Tourcoing, trop petit pour recevoir les 1500 personnes venues l'écouter. Jean-Luc Mélenchon commence donc son discours à l'extérieur. Et s'il s'est déplacé jusqu'ici, c'est pour soutenir une caissière victime d'une fausse couche sur son lieu de travail. C'est un acte, notre rassemblement, un acte de solidarité avec cette jeune femme qui a perdu son enfant uniquement du fait du mépris que ceux qui en avaient la responsabilité ont eu à son égard. Pas un meeting traditionnel, mais un déboulé. C'est par ce terme qu'il désigne ce nouveau rendez-vous ponctuel provoqué par un fait d'actualité. Sa manière à lui de faire de la politique autrement.

Là où il y a un point chaud à un moment donné, on y est très rapidement. Ça pourra prendre des formats très différents. On peut imaginer que ce ne sera pas toujours des réunions publiques. Ça pourrait être par exemple un happening dans la rue, quelque chose comme ça. Mais l'idée, c'est d'être en capacité de réagir rapidement à un fait d'actualité, d'être présent dès lors que celui-ci va dans le sens de notre programme et illustre bien nos propositions. Des propositions défendues hier dans une région marquée par les fermetures d'usines où le taux de chômage dépasse les 12%. Des placements stratégiques donc pour Jean-Luc Mélenchon qui veut convaincre un électorat populaire et ouvrier.

Il dit vouloir défendre les salariés face au patronat. Les puissants veulent toujours avoir le dernier mot. Et c'est avec ça qu'ils impressionnent, qu'ils font peur et que les gens ont peur. Et c'est de cette peur dont nous voulons délivrer le monde du travail. On m'a dit, ce n'est pas la peine de faire du Zola. Je ne fais pas du Zola. C'est la vie qui fait du Zola. C'est vous qui faites du Zola. Après une heure de discours à l'extérieur, Maintenant je rentre. Le candidat de la France insoumise tacle ses principaux concurrents et se présente comme le rempart face à une droite qu'il juge dangereuse. Si vous avez Fillon, il n'y a plus de durée légale du travail. Vous avez bien compris ?

Expliquez-le aux gens. À la sortie, le public est séduit. Je suis gonflée. Gonflée à bloc. Parce que je veux un changement. Il y en a marre de cette vie. Le peuple attend beaucoup. Ce n'est pas comme les autres candidats à la présidentielle qui sont là en train de parler mais qui n'ont jamais vécu dans la vraie vie. Mais lui je pense que c'est quelqu'un de réaliste et complet. Il est au top. C'est le seul qui parle des vrais problèmes qu'on rencontre tous les jours. Après les problèmes de ceux qui ont de l'argent, on ne va pas les plaindre. C'est aussi la personnalité du candidat qui plaît.

Nous avons là quelqu'un, un véritable tribun dans le sens positif du terme qui est capable de porter le programme. Donc non seulement il y a un contenu, un fond extrêmement profond, mais il y a quelqu'un pour annoncer la bonne nouvelle comme on disait dans d'autres temps. Depuis des mois, le candidat à la présidentielle est omniprésent sur les réseaux sociaux. Rien qu'aujourd'hui, lui et son équipe ont tweeté plus de 50 fois. Jean-Luc Mélenchon, c'est près d'un million de followers. Sur sa chaîne internet YouTube, c'est 150 000 abonnés, plus que Donald Trump. Chaque semaine, le leader de la France Insoumise poste des vidéos pour convaincre un public nouveau.

C'est un vecteur assez jeune et que c'est un public qu'on a envie de toucher. C'est aussi un public de gens qui ont délaissé la télévision et donc souvent avec ça, les médias traditionnels et les médias télévisuels. Donc on avait envie de toucher et de montrer à ces gens que même s'ils ne regardent pas la télé, il y a quand même des endroits qu'ils consultent, qu'ils regardent, notamment YouTube, où ils peuvent trouver du contenu politique intéressant. Jean-Luc Mélenchon est le premier à s'être lancé dans la course à la présidentielle il y a un an. D'après les derniers sondages, il est crédité de 14% d'intention de vote.

16:00
Présentateur

Nous allons revenir sur ce qui se passe sur les réseaux sociaux parce que c'est intéressant. C'est à la fois du... Voilà, il y a du mouvement sur les réseaux, mais est-ce que ça se traduit en adhésion et en vote ? C'est une autre histoire. Cette question d'abord, le Mélenchon de 2017 est-il le même que celui de 2012 ? Christophe Barbier ?

16:14
Invité

Non, non, il a changé. Il a changé de stratégie d'abord puisque par rapport à ce paysage de la gauche, il a repositionné son discours. Il y a ajouté notamment une dimension écologique qui est incroyable. On va y venir. Dans le discours de lancement de la France Insoumise le 16 octobre, il commence par nous parler du bois qu'on exporte pour importer des meubles, des algues qu'il faudrait cultiver sur notre littoral pour faire du plastique ou faire des protéines pour les animaux. C'est un nouveau Mélenchon qu'on n'entendait pas du tout sur cette thématique-là il y a cinq ans. Il a changé d'attitude vis-à-vis des médias.

Il avait une attitude, rappelez-vous, il y a cinq ans, extrêmement agressive à l'idée des médias classiques. Il avait perçu que dans le peuple, il y avait une espèce de colère contre le système et le système, c'était aussi les médias. Donc, il répercutait cette colère en insultant, en agressant les médias. Là, il a complètement changé. Il contourne les médias grâce notamment à ces fameux réseaux sociaux, grâce à cette chaîne YouTube. C'est-à-dire qu'il fournit aux médias des éléments de spectacle et hier à Tourcoing, c'était ça, pour nous prendre à notre propre jeu, si j'ose dire. Il était ravi, par exemple, hier, d'avoir vu son meeting retransmis en direct sur une chaîne d'info.

Ça lui faisait de la publicité. Il prend le système à l'envers alors qu'il le prenait de front. Ça, c'est une différence stratégique majeure. Et puis, pour l'instant, il attend. Il fait une guerre de patience, de positionnement. Il est bon, il est rond, il est gentil. Il attend de savoir qui il aura en face de lui. Parce que si c'est Valls ou si c'est Montebourg, ce n'est pas du tout le même discours.

17:27
Présentateur

Jean-Bourgues, je le disais, des clics sur les réseaux sociaux, ce n'est pas forcément du vote. On a vu qu'il y a eu pas mal de jeunes dans son équipe de campagne, y compris d'ailleurs dans la salle, dans le meeting.

17:39
Invité

Alors, ça permet de toucher, comme a été rappelé dans le reportage, des publics, notamment jeunes, qui se sont très fortement dégagés des médias traditionnels, qui s'intéressent peut-être encore à la politique, mais qui ne feuillette plus un magazine, qui ne regarde plus le journal de 20 heures comme le faisaient leurs parents. Et donc, Mélenchon avait senti ça, il est entouré de pas mal de jeunes. Il avait envoyé une proche de son équipe aux Etats-Unis suivre la campagne de Bernie Sanders. Il avait été très impressionné. Alors, certes, Sanders a perdu la primaire.

18:08
Présentateur

C'est mal terminé.

18:09
Invité

Mais, il a donné beaucoup de fil à retordre à Hillary Clinton, alors même qu'il avait un budget de campagne qui était incroyablement plus bas et plus faible que Hillary Clinton. Et tout ça, à coup de clics, les troupes de Sanders avaient collecté de l'argent, mais aussi des adresses mail, etc. Et donc, c'est tout ce travail-là, un peu souterrain, que Jean-Luc Mélenchon a voulu engager. On rappellera aussi qu'il est le premier à être parti en campagne il y a plus d'un an. Donc, un travail de laboureur en profondeur, aussi peut-être pour tordre le bras à ses amis communistes qui n'ont pas eu le choix, un choix autre que de se rallier à lui.

Et puis, à partir du moment où on ne rentre pas entre guillemets dans le jeu classique des médias, il faut faire campagne par d'autres canaux. Ça prend plus de temps, mais il s'y est préparé, il s'y emploie activement avec son équipe.

18:58
Présentateur

Avec ce nouveau concept, le déboulé, Mathieu Croissando, c'est anecdotique ou ça raconte quelque chose aussi ? L'idée de dire je me sers d'une actualité qui a marqué les esprits comme cette jeune femme qui a fait une fausse couche alors qu'elle était à son poste de travail et je déboule puisque c'est le terme et je viens faire un meeting. Voilà, c'est la méthode Mélenchon.

19:17
Invité

Franchement, ça me paraît vieux comme la politique. C'est ça. On a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy d'instrumentaliser les filles vertes, s'inviter dès qu'il y avait une voiture qui brûle quelque part. Ils le font tous rebondir sur l'actualité. Alors, il le fait à sa façon. Là où il a changé pour revenir à ce qu'on disait vote sur le traité constitutionnel européen et il y a toute une gauche qui fait campagne sur le web. Vous vous souvenez sûrement d'un prof qui s'appelait Étienne Chouard qui déconstruisait, qui avait du tout le traité, qui le déconstruisait et qui a fonctionné en cercle concentrique et qui a eu un succès qu'elle n'espérait pas.

Après, les fonctionnalités d'Internet ont changé depuis 10 ans mais à cette époque-là, cette gauche a compris qu'on pouvait faire campagne, qu'on pouvait toucher des gens à partir de ce nouveau média. Ensuite, il s'est quand même lancé en 2012 sur Internet. Là, il le fait de façon beaucoup plus conséquente encore une fois parce que YouTube, on ne pouvait pas faire forcément de chaîne YouTube il y a 5 ans.

20:10
Présentateur

Mais qu'est-ce que ça raconte ?

20:12
Invité

C'est ça qui est compliqué. Encore une fois,

20:14
Présentateur

est-ce que ça suscite ? Est-ce que ça crée du vote ? On n'en sait rien ou est-ce qu'on a de l'expérience ?

20:18
Invité

Jean-Luc Mélenchon, il est persuadé d'avoir été maltraité par le système, par les médias. Alors, il y a une partie qui a une posture et une pose sur les médias qui font partie du système et de l'oligarchie donc il me traite mal. Et puis, directement Jean et il fait sur son blog depuis déjà de nombreuses années des kilos de texte. C'est 20 000, 30 000 signes une fois par semaine où il s'adresse directement à ses électeurs. Et puis ensuite, il a passé la vitesse supérieure avec cette histoire de chaîne YouTube où il reprend les codes des YouTubers. C'est quand même assez malin. Et là, ça lui permet de toucher directement au public. Est-ce que les gens voteront ? Il ne sait pas.

Mais en tout cas, il n'y a plus le filtre des médias qui est avant le chagriné.

20:59
Présentateur

Et il y a les jeunes qui sont au bout des clics parfois et dans les meetings. On l'a vu tout à l'heure, Guylaine Ottenheimer.

21:04
Invité

Oui, il est très sympathique aux jeunes. C'est vrai que quand vous faites un sondage et que vous demandez ce que les jeunes pensent de Mélenchon, il est généreux, il s'occupe des pauvres, il parle des pauvres. On le trouve plutôt sympathique, il a une bonne popularité. Ça ne veut pas dire qu'ils se précipitent tous pour voter pour lui. Alors maintenant, c'est l'histoire de la marée basse. La marée basse, on voit les rochers. Comme Mélenchon n'est pas invité évidemment toutes les semaines et qu'il est tout seul et qu'il n'a pas de porte-parole qui font un peu de buzz sur les grandes chaînes. Donc c'est vrai, on ne voit finalement que son travail souterrain.

Mais tout le monde utilise National Builders, tout le monde fait du Twitter. Il n'y a rien d'original de ça. Ce qui est original, c'est son émission YouTube où il ne prend pas tout à fait les codes de YouTube puisque généralement, YouTube, c'est des petites vidéos très courtes. Là, c'est des émissions qui durent 45 minutes. Il faut se les fader. Ce n'est pas inintéressant au début, mais c'est long. C'est un peu vintage, comme lui d'ailleurs. Mais il assume et finalement, on ne sait pas si les gens les regardent jusqu'au bout, mais il a quand même trouvé son public. Maintenant, le problème de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il est quand même très seul et qu'il a une personnalité très clivante.

Et si le Parti Socialiste était en si mauvais état, mais qu'attendent donc les frondeurs pour le rejoindre ? Alors que c'est vrai, quand on voit le programme d'amont et le programme de Mélenchon...

22:19
Présentateur

Il n'a jamais réussi ça, Guylaine Hathanaïma.

22:20
Invité

Ce n'est pas faute d'avoir tenté quand même la main où c'était... Quand on voit ce qu'il y a dans le programme d'amont et ce qu'il y a dans le programme de Mélenchon, il y a des ponts, il y a des proximités sur le travail de demain, les 32 heures, l'écologie, la transition, le nucléaire. Il y a vraiment beaucoup de choses en commun. L'augmentation du bas salaire, etc. Il y a vraiment beaucoup de choses en commun. Mais ils sont incapables de se mettre d'accord parce que Mélenchon est quand même quelqu'un qui n'attire pas le rassemblement.

Et aujourd'hui, si la gauche d'Épinay est morte, celui qui tirera son épingle du 2, c'est celui qui refera je ne vois pas Mélenchon capable de faire ce rassemblement. Il aura peut-être d'autres occasions de le faire. Je pense qu'il tentera sa chance début février après la primaire, surtout si c'est Valls qu'il a gagné. Il tentera encore sa chance en cours de campagne présidentielle si par exemple Macron continuait à décoller et que le candidat socialiste officiel s'effondre, il dira à Montbourg mais venez chez moi, je suis la solution gagnante.

Et puis il aura un troisième moment, ça sera après la présidentielle, avant les législatives où s'il y a eu un second tour Fillon-Le Pen, la gauche sera tellement explosée que peut-être une recomposition lui permettra de dire à la gauche du PS venez chez moi on refait une vraie gauche et on laisse à Macron et à Valls les miettes de l'ancien PS. Un truc qui a changé quand même chez Jean-Luc Mélenchon c'est qu'il y a une forme de responsabilité, une forme de gravité qui lui est tombée sur les épaules. Parce qu'avant il était celui qui allait faire turbuler le système. Et là il a pris conscience cet hiver qu'il pouvait être en tout cas sinon le deuxième, peut-être même le premier.

23:43
Présentateur

Le nouveau patron à gauche c'est le titre de cette émission ?

23:45
Invité

En tout cas, il en a pris conscience, il s'est dit que ça peut arriver il dit du coup le bruit et la fureur c'est fini je ne suis pas là pour tout péter j'ai une responsabilité qui est peut-être de porter les intérêts de la gauche parce que ce n'est pas un fou furieux Jean-Luc Mélenchon il a des idées qui peuvent paraître extrêmement radicales révolutionnaires heurtantes pour les uns ou pour les autres mais il a une responsabilité un esprit de responsabilité sur son propre camp c'est quelque chose que les autres ne lui ont pas reconnu parce qu'on l'a toujours vu comme un casseur du système mais il a été socialiste et s'il tend la main s'il reprend des coups de fil avec ses anciens camarades ce qu'il ne faisait pas avant c'est aussi à cause de ça

24:15
Présentateur

et rappelons qu'il a été un ministre de Lionel Jospin assez docile assez légitimiste

24:19
Invité

le grand changement en tout cas c'est qu'on sent quelqu'un un peu apaisé il a plus d'expérience de cette élection de son public de ce qu'il peut dire il se lâche il est vraiment lui-même et ça se sent et c'est pour ça qu'il y a du monde aussi parce que les gens je pense qu'une chose qui va être importante dans cette élection c'est la sincérité des idées parce que les gens en ont marre après François Hollande qui leur a quand même vendu un peu un mensonge au Bourget après Nicolas Sarkozy qui a laissé espérer et qui n'a pas fait grand chose les gens veulent au moins de l'un peu de sincérité et c'est vrai que sa qualité première pour moi c'est une forme de sincérité dans sa révolte

24:58
Présentateur

on l'entendait citer Zola tout à l'heure à la tribune alors évidemment ça trouve un écho dans une partie de cette France où il y a beaucoup de chômage etc il capte il veut capter cet électorat ouvrier qui a été délaissé par le Parti Socialiste auquel clairement le Parti Socialiste ne parle plus et est-ce qu'il y arrive ?

25:17
Invité

Alors cet électorat ouvrier mais plus largement les employés tous les gens qui sont avec des contrats précaires également quand il dit c'est la vie qui est Zola c'est-à-dire pour beaucoup de gens c'est très dur et donc on est conscient de ça la jeune étudiante ou militante qui interviewait en disant lui au moins il connaît la vraie vie il n'a pas été ouvrier Mélenchon ou pas longtemps mais il est en phase il est en osmose avec ce monde-là et c'est à lui qui veut s'adresser alors il a toute une partie d'empathie et puis de ce qu'il décrit beaucoup de gens disent il n'y a que lui qui sait de quoi notre quotidien est fait maintenant notamment dans cette ère il s'est essayé déjà à la reconquête de l'électeur ouvrier en 2012 aux législatives en allant défier Marine Le Pen à Hénin-Beaumont aux législatives il avait été très largement battu même s'il avait fait une belle campagne mais qui était en partie à contre-courant parce qu'il y a toute une partie des thématiques qui tarotent une frange importante de l'électorat populaire aujourd'hui sur les frontières sur l'immigration sur l'identité sur lesquelles Jean-Luc Mélenchon n'a pas vraiment avancé même si il y a eu là aussi une évolution assez sensible par rapport à 2012 c'est à dire qu'on est beaucoup moins dans l'internationalisme qu'on l'était à l'époque parce qu'on a compris dans le camp de Mélenchon que c'était un blocage vis-à-vis d'une partie de cet électorat

26:37
Présentateur

c'est pas rien ce que vous dites ça a vraiment correspondu à un changement de stratégie politique pour parler à cet électorat on se souvient d'un discours à Marseille où il disait une ode à la Méditerranée

26:47
Invité

il y a les youyou sur la plage etc et ça ça avait marqué une partie positivement de la population mais beaucoup d'autres avaient dit il est à côté il ne voit pas les réalités il y a toute une partie du problème qui nous échappe

27:00
Présentateur

on se souvient que lors de la dernière présidentielle il y avait une espèce de charge systématique de Jean-Luc Mélenchon contre Marine Le Pen il était le premier reposant à Marine Le Pen est-ce qu'il la joue toujours comme ça vis-à-vis du Front National ?

27:12
Invité

en tout cas il n'y a pas d'autre choix et c'est la partie la plus compliquée de sa stratégie parce que ses réserves de voix ne sont pas du côté de l'électorat de la gauche réformiste en gros sauf contrainte et forcée si jamais il n'y avait plus que Jean-Luc Mélenchon peut-être que les gens de gauche iraient voter pour lui je pense de gauche du gouvernement ou de gauche réformiste ce qu'il faut qu'il aille chercher c'est réserve de voix s'il veut franchir un palier c'est dans l'électorat populaire qui pour le coup a quitté la gauche est-ce que c'est la gauche qui a délaissé ou pas qui n'est plus au parti communiste qui n'est plus au parti socialiste et qui est parti de l'autre côté du guet très loin et pour leur parler c'est un pas qui est beaucoup plus compliqué à accomplir pour Jean-Luc Mélenchon alors il est obligé de se planter dans leur quotidien dans leurs problématiques de faire écho à toutes leurs demandes de protection et ces choses-là mais c'est beaucoup plus difficile pour lui que d'aller draguer l'électorat juste à côté il a lancé ce matin un appel incroyable aux banquiers en leur disant ne faites pas de morale vis-à-vis de la politique financez Marine Le Pen je ne suis pas d'accord avec elle mais elle a le droit c'est injuste vous ne faites pas de morale dans le business ne faites pas de morale dans la politique donc il espère que Fillon va faire baisser Marine Le Pen en lui prenant des électeurs de droite traditionnelle classique et donc qu'elle va être à portée de tir pour perdre sa place au second tour et comme lui se voit évidemment vampiriser la gauche il se dit à un moment donné si les électeurs populaires en colère ceux du Nord viennent abandonnent Le Pen en disant le vrai candidat de la protestation populaire c'est Mélenchon il pense qu'il peut faire un coup

28:27
Présentateur

alors on va parler du fond sortir du nucléaire assumer la planification écologique au service de la relance économique et même encourager le passage aux végétariens Jean-Luc Mélenchon a fait sa mue écologique avant ses camarades du parti socialiste et aujourd'hui il est même salué par Nicolas Hulot le candidat entend bien prendre sous son aide un électorat écolo déboussolé sans oublier les fondamentaux d'une candidature marquée très à gauche la retraite à 60 ans le SMIC à 1700 euros bruts et l'impôt universel Damien Fleurette

28:58
Invité

à l'écouter on croirait presque que Jean-Luc Mélenchon est le candidat écolo de la présidentielle où je dois aller qu'est-ce que je dois regarder en premier en déplacement en Martinique il commence d'ailleurs par visiter un marché bio cette banane elle a été conçue en Martinique avec tous ses produits conçus en Martinique et place l'écologie au centre de son programme politique au fond l'écologie c'est un autre regard mais ça ne change pas ce qu'on a dans la tête moi j'ai les préoccupations sociales rejoignent l'écologie etc c'est un autre regard sur le rapport des êtres humains à la nature mais enfin il faut vraiment s'y mettre ça ne peut pas continuer comme ça déjà en septembre dernier à Paris cette fois depuis sa cuisine le candidat Mélenchon s'affiche végétarien c'est ça la salade quinoa et elle a joué un grand rôle pour moi cet été elle m'a aidé à faire une sorte de régime végétarien dans les meetings cela fait plusieurs mois que Jean-Luc Mélenchon promet une planification écologique sortir du nucléaire développer le bio ou encore consolider l'hydroélectrique français le tout d'après le candidat relancera l'économie pour faire face au défi du changement climatique il faut changer complètement le mode de production le process de production et notre manière de consommer ainsi que la répartition des richesses et pour le faire il faut mobiliser des cohortes immenses de gens parce que c'est un travail gigantesque de faire tout ça donc nous avons besoin de milliers d'emplois salué par Nicolas Hulot un peu moqué par les Verts qui lui reprochent le zèle des nouveaux convertis Jean-Luc Mélenchon parle donc beaucoup d'écologie mais pas seulement sur internet presque une fois par semaine le candidat se filme et profite de l'actualité pour développer ses propositions le 7 novembre dernier alors qu'une association appelle les femmes françaises à faire grève pour protester contre les inégalités salariales Jean-Luc Mélenchon parle de la retraite à 60 ans

31:22
Locuteur non identifié

si les femmes

31:23
Invité

étaient payées comme les hommes au même niveau et bien le supplément de cotisation sociale que cela produirait pour les caisses concernées permettrait la retraite à 60 ans dont je parle dans mon programme l'avenir en commun et dans son programme Jean-Luc Mélenchon annonce également qu'il veut abroger la loi El Khomri faire passer le SMIC à 1700 euros bruts ou encore mettre en place un impôt qu'il appelle universel explication de texte toujours sur internet où que vous soyez vous payez l'impôt que vous devez aux gens qui vous accueillent le pays dans lequel vous êtes mais la déclaration vous l'envoyez aussi au fisc français et le fisc français il compare entre ce que vous avez donné à l'étranger et ce que vous auriez donné si vous étiez en France et la différence vous la payez au fisc français Jean-Luc Mélenchon veut aussi rétablir les 35 heures et légaliser la production la vente et la consommation de cannabis à 5 mois du premier tour de la présidentielle le candidat distille meeting par meeting ses idées dans ce qu'il appelle une campagne instructive

32:32
Présentateur

une campagne instructive très bien et je n'avais pas entendu passer cette expression de la part de Jean-Luc Mélenchon ça fait référence à quelque chose

32:40
Invité

oui mais c'est pas récent on a parlé tout à l'heure de 2005 c'est une vieille tradition dans cette gauche là de faire de la pédagogie c'est les universités populaires c'est-à-dire il faut politiser le peuple c'est son grand mot en disant c'est quand on arrive à toucher les masses il explique allez le dire à vos amis allez dire à ceux-là reprenez le bulletin de vote il est en empathie mais il explique aussi la situation il donne les clés les grilles de lecture donc c'est très important et c'est aussi avec la sincérité un des éléments d'attrait d'un candidat comme Mélenchon pour une partie de l'électorat qui est toujours intéressée à la politique mais qui ne se reconnaît plus dans la langue de bois ou dans des formules très éthérées lui il essaie d'être dans la pédagogie et c'est pour ça que les nouveaux outils internet à disposition lui permettent de faire cette pédagogie militante et instructive il vient aussi d'une école de l'argumentaire oui c'est ça quand même la France insoumise

33:35
Présentateur

n'est-ce pas un nom qui fait un peu peur même à ses électeurs potentiels

33:39
Invité

ah non je crois pas je crois que c'est un nom qui est bien choisi on parlait de l'adversité avec Marine Le Pen tout à l'heure elle elle a mis la France apaisée comme slogan pour sa première partie de campagne et donc il essaye lui de récupérer la révolte la colère vous avez entendu tout à l'heure la dame à la sortie du meeting de Tourcoing on n'en peut plus on veut que ça change il faut que ça bouge donc il y a une forme de colère sourde dans le pays une partie vers Marine Le Pen si elle est trop sur la France apaisée sur le côté mère de famille ça peut profiter à Jean-Luc Mélenchon c'est quand même un homme et un parti de décence révolutionnaire Guylaine Thalémeur oui mais je trouve que son problème c'est qu'il se disperse on ne sait pas très bien quelle est sa cible on voit qu'il veut prendre des écologistes qui sont un peu perdus parce que les écologistes se sont un peu ramollis dans leur alliance avec le parti socialiste il essaye d'avoir des ouvriers qui sont quand même en large partie ou dans l'abstention ou chez Marine Le Pen il essaye d'avoir des jeunes un peu branchés avec le cannabis il essaye d'avoir des bobos on ne sait plus et alors finalement son programme c'est un programme d'investissement il promet 3 millions et demi d'emplois donc c'est la vieille tradition productiviste du parti communiste il y a un peu de tout il y a à boire à manger mais on ne comprend pas la logique et dans un pays où quand même dans tous les sondages le truc qui fait un malheur il faut qu'on cesse d'augmenter les dépenses il faut même baisser les dépenses c'est des taux de 80% de français qui décident qu'il faut baisser la défense publique parce que tout le monde se rend compte bien que c'est un peu plus d'impôts un peu moins de prestations un peu moins de déremboursements à force donc même tous les français voudraient bien que la dépense publique et lui il propose mais ça n'arrête pas c'est toutes les 5 minutes qu'il y a un chèque en plus c'est pas parce qu'il va taxer les riches encore un peu plus que ça va aller mieux c'est un argument qui porte malgré tout

35:23
Présentateur

dans une campagne quand on veut cibler

35:24
Invité

cet électorat là de dire allez on va taxer les riches mais moi on a bien vu les gens la pédagogie était faite les gens ont bien vu que les riches étaient partis que c'est pas parce que tous les riches s'en vont qu'on aura plus de production en France il fait plutôt campagne en renversant la table donc il dit aujourd'hui peut-être c'est pas possible mais parce que le système ne le permet pas avec mon système ça sera possible et du coup il part ce qui sous-tend tout le projet de Jean-Luc Mélenchon c'est quand même une nouvelle république une sixième république donc il fait une constituante en arrivant ça parle pas beaucoup aux gens ça fait cours de droit public qui emmèrent tout le monde pardonnez-moi mais c'est la clé c'est la cheville la clé de voûte pardon voilà du système Mélenchon parce que s'il y a une nouvelle république que l'état peut faire des choses qu'il ne pouvait pas avant s'il y a des nouvelles obligations des nouveaux droits tout devient possible voilà ce qui lui permet après d'une certaine façon de raser gratis parce qu'il dit bah oui dans mon système on pourra faire ci faire ça faire le grand plan le grand plan économique sur la mer par exemple parce que c'est une autre chose qui sous-tend le programme de Jean-Luc Mélenchon qui n'est pas tout à fait nouvelle souvenez-vous quand même en 2012 il commence déjà à parler de la mer il commence déjà à parler de l'écologie ça fait longtemps qu'il a fait ça et il se frotte d'ailleurs aux communistes qui sont dans la logique productiviste que vient de décrire Guylaine tout à l'heure parce que les communistes qu'ils soutiennent c'est à peu près les seuls qu'ils soutiennent à l'époque n'ont pas envie de faire ce virage cette conversion écologique aujourd'hui les communistes courent derrière Jean-Luc Mélenchon opère cette conversion écologique parce que sans doute avec une arrière-pensée électoraliste parce qu'il sait que c'est une tribu une famille qui est en déshérence mais aussi parce que je pense qu'il est profondément convaincu qu'il faut changer de paradigme et donc il change des paradigmes institutionnels avec la constituante écologique avec ce qu'il propose et puis après économique oui parce qu'économique c'est quand même à l'arrivée ça fait même un pas de choix la dette on n'est pas obligé de rembourser ce qui était intéressant à l'arrivée ça fait un pas de choix qui est difficilement lisible ça fait en tout cas on tire le tapis puis on reconstruit autre chose

37:11
Présentateur

dans cette question qui nous était posée par une téléspectatrice ou un téléspectateur de Cédan Lercé il fait peur il y a toujours eu je ne sais plus ce qu'il disait tout à l'heure en commençant l'émission il y a toujours eu quand même une espèce de petite inquiétude sur le personnage il a fait des efforts vous l'avez dit il a gommé certaines aspérités il en joue aussi et sur le projet là pour le coup ça demeure dans l'opinion il y a quand même encore une petite inquiétude sur ce qu'il propose

37:37
Invité

alors c'est pas forcément une inquiétude ça peut être une incrédulité en disant voilà ça peut être dans l'idéal ce serait magnifique mais c'est pas possible d'où tous les efforts de pédagogie en disant regardez on va vous expliquer comment ça marche il a rappelé encore à Tourcoing que tous les mois la banque centrale européenne prêtait 80 milliards aux banques pour injecter des liquidités en disant mais ça ça tombe pas du ciel on pourrait très bien faire autrement et injecter une partie de ces sommes dans la transition écologique il est dans tous les salons nautiques où il va discuter avec des ingénieurs là il a rappelé tout à l'heure en disant il y aura besoin de milliers de personnes très bien formées pour fabriquer les éoliennes il y a un côté un peu jules Verne 20 milieux sous la mer quand on l'écoute parce qu'il veut proposer aussi c'est cette gauche qui est quand même très progressiste qui croyait dans la notion de progrès et donc il dit voilà c'est la nouvelle frontière c'est le nouvel horizon il faut renverser les règles et tout tout injecter là dedans ça peut nous permettre de recréer une croissance vertueuse et une nouvelle redistribution maintenant sur le côté ce qui fait peur dans son combat pour reprendre à Marine Le Pen la colère et bien il faut qu'il son objectif c'est de changer de cible c'est plus l'immigré c'est plus l'islam c'est le grand capital et c'est les patrons et c'est pas nouveau en 2012 en meeting il cite un certain nombre de grandes familles françaises qui sont parties qui en Belgique qui en Suisse avec les milliards qui sont partis dans les valises ou dans les comptes en banque en disant et c'est en partie à cause de ça que François Hollande dégaine la taxe à 75% ce qu'on voit que Jean-Luc Mélenchon est en train de monter donc il y a une vieille tradition révolutionnaire de gauche en France vu le nombre de chômeurs qu'il y a les inégalités sociales Mélenchon pense qu'elle est toujours prête à être réactivée et c'est son combat de le faire et de dire ne vous trompez pas de colère c'est pas les immigrés qui vous mettent dans la misère c'est les exploiteurs qui vous affament

39:30
Présentateur

avec cette proposition de l'impôt universel

39:33
Invité

ces raisonnements économiques tiennent pas trop la route se casse le nez assez vite c'est le cas pour l'impôt universel vous êtes français vous allez travailler à l'étranger vous payez vos impôts dans le pays où vous gagnez votre vie on calcule ce que vous auriez payé en France si vous avez payé moins dans le pays où vous travaillez vous payez la différence à la France votre pays d'origine je suis pas sûr que ça soit vraiment praticable il y a un pays où ça marche c'est les Etats-Unis avec des tas de systèmes c'est le pays le plus fort du monde et qu'il impose sa convention fiscale à tous les autres mais il y a un pays ça marche mais nous ne sommes pas le pays le plus fort du monde il nous a décrit un autre raisonnement économique dans le sujet c'est de dire si on paye les femmes comme les hommes à compétence égale et tout le monde le souhaite évidemment ça engendre des cotisations supplémentaires donc on peut faire partir les gens à 60 ans et c'est financé sauf que c'est vrai au moment où nous parlons parce que les femmes qui sont à la retraite et qui seront payées elles elles ont des petites retraites parce qu'elles ont eu des petits salaires pendant leur carrière le jour où les femmes bien payées arrivent à la retraite ça explose en vol et au passage si d'un seul coup on dit les femmes sont payées comme les hommes tout le monde va applaudir mais les entreprises vont avoir beaucoup de mal à encaisser ce surcoût de main d'oeuvre donc les raisonnements de Jean-Luc Mélenchon sont souvent assez jolis assez utopistes et finalement participent à une amélioration de l'humanité ils ne tiennent pas la route quand on veut les appliquer

40:46
Présentateur

utopistes mais alors par exemple sur le revenu universel il dit c'est une mystification le revenu universel proposé par Benoît bien sûr

40:51
Invité

parce qu'il dit la somme que verse Valls ou Hamon s'ils enlèvent des allocations sociales et bien c'est un marché de dupes pour les pauvres

40:58
Présentateur

il y a un sujet sur lequel on ne l'entend pas ou alors peut-être que je ne l'ai pas entendu corrigez-moi si c'est le cas c'est la sécurité on sait que naturellement c'est une préoccupation vous n'êtes pas la principale mais c'est une préoccupation pour les français c'est un sujet pourquoi il ne s'empare pas de ce sujet là Jean-Luc Mélenchon à votre avis Guylaine Atenheimer

41:15
Invité

je pense qu'il est très mal à la malaise sur son sujet c'est pas là-dessus il ne peut pas avoir une offre meilleure que celle de François Fillon ou de Marine Le Pen il n'a aucun intérêt à se mettre sur ce terrain là son terrain c'est le social c'est la misère c'est le pouvoir d'achat des français c'est les terres du nord désertées par l'industrie c'est ça son sujet alors maintenant il a un côté c'est vrai pour reprendre ce que disait Christophe Abbé il a un côté professeur tournesol le savant coussinus c'est-à-dire qu'il y a toujours un petit peu de vrai c'est vrai ce champignon il devrait pousser là ça devrait être formidable on devrait pouvoir envoyer des fusées voilà il bricolent des trucs qui sont quand même pas complètement stupides qui ont l'air voilà mais l'objet n'est jamais fini l'objet et c'est pour ça que quand vous disiez il ne fait pas peur au sens il n'a pas le couteau entre les dents il va mettre les gens dans un colcos il ne fait pas peur au sens où on disait que le parti communiste faisait peur ou marchait faisait peur peut-être à une certaine époque et puis il y a ce côté maintenant un peu plus sympathique ouvert etc et compatissant mais il fait peur au sens où on se dit non mais on ne peut pas lui confier on ne peut pas lui confier le volant imaginez même celui de la gauche dire même le volant de la gauche en général c'est ça qui est son problème c'est que personne ne lui fera confiance pour tenir le volant de la gauche je ne le crois pas

42:34
Présentateur

c'est un esprit brillant Jean-Luc Mélenchon pourquoi il ne joue pas ce jeu là puisqu'il a maintenant cranté comme on dit une popularité il est identifié il est crédible sur certaines thématiques sociales comme vous l'avez expliqué pourquoi il ne tente pas à un moment donné d'arrondir les angles avec une partie de la gauche pour devenir ce nouveau patron

42:56
Invité

parce qu'il ne partage pas les mêmes intérêts la même philosophie que cette partie de la gauche que l'autre partie de la gauche il est l'incarnation d'une famille d'une tradition de gauche française qui existe depuis plus de 100 ans la tradition guédiste on dit la tradition radicale pas au sens partie radicale mais au sens radicalité qui s'est déjà dit voilà lui il vient du trotskisme qui était déjà une des franges du communisme et il pense pour répondre à votre question tout à l'heure que la première insécurité est sociale donc c'est dans l'argumentation de cette gauche là la première des insécurités c'est le social et donc si on résout la question sociale on résoudra de facto la question de l'insécurité il ne va pas arrondir les angles parce que sinon son programme ses promesses ne tiennent plus lui il propose autre chose donc il n'est pas à se dire comment ça pourrait se faire après certaines de ses propositions là où elle frappe c'est qu'elle paraît frapper justement au coin du bon sens payer les hommes autant que les femmes qui dans cette salle peut se lever pour dire le contraire personne alors on peut expliquer après que ça sera compliqué pour les entreprises parce qu'elles ont du mal à assumer oui sauf qu'il met le doigt sur un truc absolument un scandale qui heurte énormément de gens en France donc cette rhétorique frapper au coin du bon sens vous avez du mal à la démonter en disant c'est inapplicable parce que parfois il y a des bonnes idées chez Jean-Luc Mélenchon et parfois il y a des choses complètement saugrenues ou qui ne peuvent pas être appliquées mais il arrondira pas ses angles pour dire je vais faire un programme de gauche du gouvernement c'est pas son affaire il n'est pas dans cette logique là

44:13
Présentateur

alors il est celui qui pourrait peut-être gêner Jean-Luc Mélenchon celui qui attire presque autant de monde dans ses meetings c'est Benoît Hamon en progression constante dans les sondages il veut incarner lui aussi la gauche de la gauche on va le dire comme ça avec des accents écolo assumé et son revenu universel qui interroge ses rivaux de la primaire ce week-end en meeting à Nancy devant 800 personnes il savourait sa popularité naissante Myriam Zeyer Renan Goyen

44:38
Invité

celui que personne n'a vu venir reconnu immédiatement sur le quai de la gare je suis à Mont

44:48
Locuteur

écoutez je suis là

44:50
Auditeur

pour le voir et je voudrais vous dire que je voyage depuis 24 heures avec mon fils qui est handicapé et je compte vraiment sur vous

44:58
Invité

Nancy vendredi soir une nouvelle étape de campagne que Benoît Hamon découvre dans le froid accompagné d'un conseiller régional et d'une députée de Meurthe-et-Moselle ses soutiens locaux venus l'accueillir sur le quai à peine arrivé direction Science Po Nancy où il doit donner un meeting dans une salle prêtée pour l'occasion pendant que les premiers sympathisants arrivent en coulisses Benoît Hamon se prête au jeu des questions de la presse locale sacrifié 60 ans de construction mal faite un candidat disponible qui comme Jean-Luc Mélenchon a fait de l'écologie l'un des axes centraux de sa campagne Je sens qu'il y a une adhésion d'une partie des français je vois beaucoup de jeunes actifs en tout cas sensibles à des questions qui sont des questions liées à l'écologie ou au revenu universel et je pense qu'ils ont raison L'écologie est un argument de campagne avec lequel il compte bien appâter les électeurs traditionnels des verts même si leur candidat est déjà désigné Si des écologistes en tout cas des sympathisants des électeurs viennent à la primaire de gauche évidemment ils sont bienvenus mais Europe Écologie des verts dans sa propre primaire choisit son candidat Ce candidat c'est Yannick Jadot avec lequel Benoît Hamon ne cache pas sa proximité Dans un entretien donné à un quotidien écologiste il déclare Je le dis et je le répète pour que tout le monde comprenne bien je ne serai plus socialiste sans être écologiste je ne négocierai pas le bout de mon programme écolo Benoît Hamon le plus écolo des socialos qui veut entre autres sortir du diesel à l'horizon 2025 atteindre les 50% d'énergie renouvelable la même année ou encore faire de la lutte contre les pesticides et les perturbateurs endocriniens sa priorité Ce soir-là à Nancy pendant plus d'une heure et presque sans note il va égréner ses propositions devant une salle comble Ce qui me préoccupe fondamentalement c'est de savoir quel est l'air qu'elles respireront et quel est l'air que mes filles et que respireront les filles de mes filles et il me semble aujourd'hui que les choix doivent être faits maintenant il ne faut plus tarder A ses côtés des figures médiatiques du syndicalisme Edouard Martin des Hauts-Fourneaux de Florange ou encore Olivier Lebrasse de l'entreprise GAD Deux prises de guerre qui se succèdent à la tribune pour vanter ses mérites notamment sur une autre proposition phare du débat à gauche Edouard Martin Le revenu universel Bonsoir à tous Alors j'ai 5 minutes pour vous expliquer que Benoît Hamon c'est de la dynamite Il met sur la table des idées peut-être pas nouvelles mais en tout cas c'est la première fois qu'un homme politique ose dire le travail, le plein emploi ça n'existera plus il faut réinventer notre modèle social et pour ça moi je vous propose le revenu universel Des idées qui séduisent également les nombreux sympathisants présents ce soir-là

47:57
Locuteur non identifié

Il a l'air honnête

47:58
Invité

C'est le candidat de la jeunesse à gauche mais moi j'attends vraiment dans la confrontation et les rapports avec les autres candidats qu'est-ce que ça va donner Benoît Hamon sait toutefois cette nouvelle popularité fragile même si ce soir il ne boude pas son plaisir Il y a un truc qui ne trahit pas si ça murmure c'est que c'est mort si c'est silencieux c'est que c'est bon plutôt silencieux non ? Jeudi aura lieu le premier débat de la primaire à gauche l'occasion pour Benoît Hamon de déjouer les scénarios attendus de cette primaire et peut-être ce qu'il espère convaincre au-delà

48:38
Présentateur

Et nous reprenons notre discussion avec cette question Benoît Hamon n'est-il pas plus rassurant que Jean-Luc Mélenchon avec un programme assez similaire ?

48:47
Invité

Rassurant, il a aussi ses carences c'est quelqu'un qui n'a pas une énorme expérience il a fait un passage au ministère de l'éducation éclair quelques mois il n'a même pas eu le temps de faire la rentrée il a un côté Castor Junior et il a un côté Benoît Brisfère lequel va l'emporter des deux et les débats télé vont être très importants pour cela on a vu la maîtrise du tribun Mélenchon dans l'exercice du candidat qui prend de la hauteur est-ce que Hamon dans les débats télé va pouvoir sortir de celui qui explique bien ses fiches et il sait bien le faire pour prendre une dimension présidentielle parce qu'il s'agit quand même de cela c'est de désigner un présidentiable Il a été très bon à l'émission politique et il a eu un retour investissement auprès du public sympathisant de gauche qui était extrêmement élevé en tout cas comparé à Bax Est-ce que tout ce petit monde

49:31
Présentateur

il y a des passerelles sur le fond entre les uns et les autres quand même peut se retrouver après la primaire de la gauche

49:37
Invité

Ils ont tous déjà tous été ensemble Bien sûr Il faut le rappeler Benoît Hamon Vincent Pignon Arnaud Montebourg avaient fait un courant commun

49:46
Présentateur

Je pense à Jean-Luc Mélenchon aussi

49:48
Invité

Jean-Luc Mélenchon a fait partie d'un courant Le Parti Socialiste

49:50
Présentateur

Il a été ministre

49:51
Invité

Avec Julien Drey Marie-Noëlle Linnemann Et le nom en 2005 Il a été ministre Le nom a rassemblé tous ces gens-là Vincent Pignon Arnaud Montebourg Benoît Jean-Luc Mélenchon Même Manuel Valls fut un bon moment pour le nom puis pour le oui Donc tout ce monde-là a fait campagne ensemble tout ce monde-là a été ensemble donc ce sont des gens qui peuvent se parler après je pense qu'ils ne partagent pas d'orientation commune sur plusieurs sujets qui sont quand même importants Vous prenez la laïcité la laïcité elle fracture toute cette génération-là et toute cette position Le rapport à l'économie de marché aussi Donc la grande clarification dont on parlait au début c'est vrai qu'elle se fait à l'extérieur de la primaire avec Macron d'un côté et Mélenchon de l'autre et que les socialistes sont un petit peu perdus parce que Benoît Hamon c'est pas Jean-Luc Mélenchon en fade C'est autre chose C'est une autre approche C'est plus socialiste et moins radical Après le problème de Benoît Hamon c'est qu'il va devoir ce que disait Jérôme incarner la fonction et que quand on s'est taillé en pleine rentrée scolaire quand on est ministre de l'éducation ça fait pas forcément extrêmement sérieux

50:54
Présentateur

C'est un scénario qui serait quand même plus compliqué à gérer pour un Jean-Luc Mélenchon hors de la primaire un Benoît Hamon qui sortirait avec une légitimité de 2 millions de votants Oui mais Benoît Hamon

51:04
Invité

devrait se recentrer parce qu'il sait que le cœur de l'électorat de gauche Jérôme en parlerait mieux que moi il y a aussi une gauche réformiste la gauche qui vote socialiste Hamon va pas aller faire concurrence à Mélenchon sur le terrain de la gauche radicale il sait qu'il a tout à perdre donc il va forcément se recentrer et aller chercher un électorat S'il gagne A l'inverse Si Benoît Hamon gagne c'est éventuellement au deuxième tour face à Manuel Valls et donc comme quand tout vainqueur à la primaire il faut qu'il fasse un peu la synthèse Après le grand pari de Mélenchon aujourd'hui c'est de se dire voilà la recomposition est en marche mais elle se fera entre moi et Macron et on va centrifuger Qui sont alliés objectifs en ce moment On va centrifuger le PS On va centrifuger le PS On va se partager les bouts et chacun reviendra avec moi Constat qui est fait à l'envers par Hamon et Montebourg qui disent par rapport à Valls théoricien des deux gauches irréconciliables il n'y a que moi chacun plaidant pour sa paroisse qui peut parler à Jadot des écologistes et à Mélenchon il n'y a qu'autour de moi que la famille peut se rassembler et donc c'est toujours pareil chacun est pour le rassemblement mais autour de soi

52:04
Présentateur

C'est ça

52:04
Invité

A l'inverse si Hamon perd la primaire je ne le vois pas soutenir Mélenchon il va attendre que la présidentielle se passe et essayer de récupérer le parti socialiste après l'échec possible ou probable de mal Mais vous demandiez si tous ces gens pouvaient se retrouver ensemble D'abord c'est un mythe que la gauche est unie La gauche a toujours été traversée par des courants il y a beaucoup d'intellectuels il y a beaucoup d'histoires ça a toujours été des conflits

52:32
Présentateur

Je vous pose cette question pour que les téléspectateurs nous comprennent parce qu'on entend Arnaud Montebourg par exemple tout le week-end dire si je sors victorieux de cette primaire naturellement je suis capable de rassembler la grande famille de la gauche et Jean-Luc Mélenchon

52:47
Invité

C'est un mythe c'est plein de familles avec des histoires très compliquées qui remontent à la création de la gauche et il faut simplement elles se rassemblent quand il y a des hommes qui sont capables de le rassembler c'est des Léon Blum c'est des François Mitterrand et on peut dire que François Hollande était la fin de l'ère Mitterrand la fin de l'ère Épinay où patiemment pendant 15 ans François Mitterrand a réuni des toutes petites choses qui s'appelaient les cercles républicains les clubs jacobins les ceci les gauches chrétiens c'était plein de petites choses et il les a rassemblées et ensuite il a fait l'union avec le parti communiste c'était un travail de titan il s'est fait toutes les toutes les fêtes de la rose du parti socialiste pendant 10 ans il était capable de prôner un programme commun Guylaine oui parce que le parti socialiste n'était pas capable de prôner une fois qu'il avait réuni le PS il pouvait s'allier avec le parti communiste et il a étranglé le parti communiste aujourd'hui je ne vois pas sûrement enfin j'ai peut-être pas mais j'ai pas de révélation est-ce que c'est Montebourg qui est capable de se faire de ces rangs mais ça va pas se faire en 10 jours après cette élection il n'y a pas de programme commun possible aujourd'hui ce n'est pas possible mais ça prendra du temps je ne pense pas que c'est au lendemain voilà je ne pense pas que ça puisse se faire là entre le premier et le deuxième tour ou entre les primaires et le premier tour de la présidentielle

53:56
Présentateur

et nous passons maintenant à vos questions avec une première question intéressante quel candidat à la primaire du parti socialiste Jean-Luc Mélenchon aimerait-il voir gagner

54:09
Invité

d'abord s'il avait lui-même été candidat à la primaire il aurait peut-être fait un tabac il aurait peut-être accroché un second tour alors que Macron à mon avis aurait été écrabouillé dans une primaire sinon je pense qu'évidemment pour lui c'est Valls l'idéal Valls sortant de la primaire obligé d'aller un peu vers sa gauche donc se dévalsifiant un petit peu comme il fait depuis quelques temps et puis confronter à la rivalité avec Macron donc pendant ce temps-là l'espace à gauche peut s'ouvrir ça serait bon pour Mélenchon voilà plus Valls qui serait celui qui devrait assumer l'héritage et le bilan du quinquennat donc là parce que

54:40
Présentateur

avec une partie des socialistes qui partirait chez Mélenchon parce qu'ils n'ont pas fait les frondeurs les uns les autres

54:45
Invité

non ? Les socialistes peut-être mais les électeurs sûrement dans le discours fondateur de la France insoumise donc on est en octobre Mélenchon tape sur Macron pourquoi ? parce qu'il veut absolument que Hollande soit sauvée des eaux et puisse se présenter pour pouvoir lui et Mélenchon affronter le responsable principal du quinquennat pas de chance

55:02
Présentateur

ça n'a pas marché allez que propose Mélenchon pour renforcer la sécurité dans notre pays ?

55:07
Invité

sur l'armée par exemple il a des propos assez flous il veut faire un service militaire il veut repenser notre diplomatie pour qu'on sorte de l'OTAN et qu'on récupère des moyens mais on sent bien que sur le régalien autant sur la constitution il pense une citoyenne république sur le régalien justice, police, armée il n'est quand même pas très fort

55:23
Présentateur

ce n'est pas son sujet ce que disait tout à l'heure Guylaine

55:25
Invité

c'est ce que vous disiez tout à l'heure pour lui la sécurité c'est la sécurité de l'emploi du pouvoir d'achat

55:30
Présentateur

la direction du PC est-elle vraiment satisfaite de soutien Mélenchon ?

55:34
Invité

bien sûr c'est une blague évidemment parce qu'on sait qu'ils n'en ont pas voulu ils ont tout fait pour que ce ne soit pas lui Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon ne peuvent plus se voir en peinture le parti communiste c'est l'histoire du loup et de la bergerie ils ont laissé rentrer Mélenchon en espérant que ça leur redonnerait des couleurs et puis la maison a pris feu et le loup est parti et Mélenchon est un loup solitaire il est un loup solitaire par ailleurs il ne chasse pas en meute et puis parce qu'il y a une tradition du parti communiste chez certains élus qui est pour le dialogue qui est pour le débat qui est pourtant la main aux socialistes parce qu'ils savent que derrière il faut quand même des transcriptions il faut quand même des alliances municipales pour remporter les élections et les positions sectaires que pouvait avoir Jean-Luc Mélenchon il y a encore peu de temps avec les anathèmes et lui jamais et tout ça les effraient eux pour le coup parce qu'ils se disent on est en train de vider la maison

56:20
Présentateur

on sait que c'était très utile pour Jean-Luc Mélenchon d'avoir les communistes mais il les a ses signatures presque il dit qu'il lui en manquait 4

56:25
Invité

mais qu'il en voulait 600 il les aura il y a 750 mères communistes les militants ont tranché il aura ce soutien par ailleurs un bon score de Mélenchon ça permettra peut-être aux communistes de négocier pour leur circonscription en force avec le PS et d'avoir un reste d'élan populaire si la France s'est donnée à Fillon pour sauver des élus Mélenchon président mais avec quelle équipe pour gouverner ?

on en est très loin mais c'est ce que je dis c'est un des sujets c'est que c'est quelqu'un qui est compliqué à vivre qui est difficile qui fait tout tout seul qui est chef voilà il n'a pas laissé beaucoup de place aux équipes du PC il est entouré d'aucune grande figure on ne connaît pas aucun de ses porte-parole alors il a quelques économistes qui travaillent autour de lui il y a des gens intelligents mais je veux dire il n'a pas créé d'équipe il n'a pas d'élus autour de lui c'est une question qu'on pourrait retourner à Emmanuel Macron ?

il a un petit peu plus il a un staff un peu plus étoffé notamment venant du privé il a quand même un certain nombre d'élus mais c'est un des problèmes de Macron aussi mais il a moins d'existence politique que n'en a Mélenchon on se dit que depuis le temps qu'il est candidat il aurait pu créer quand même une équipe un chat de cabinet voilà

57:35
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon parle-t-il d'immigration dans son programme ?

57:39
Invité

il a été échaudé par la mésaventure du discours de Marseille quand même donc ce qu'il a dit pour l'instant de l'immigration et plutôt des migrants c'était des propos extrêmement durs extrêmement sévères il veut protéger son électorat de couches populaires et comme toujours les couches populaires sont rétives à une immigration parce que ça fait une sorte de concurrence à la baisse pour les conditions de travail

57:56
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon contre Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle qui serait le vainqueur ? dis donc bon courage Jean-Pourquet

58:02
Invité

ok voilà on ne va pas se lancer dans les pronostics maintenant il faut déjà gagner la primaire de la gauche la vraie primaire des gauches qui sera le premier tour de la présidentielle pour Jean-Luc Mélenchon c'est-à-dire coiffer au poteau c'est ça son sujet c'est ça son sujet et au passage complètement centrifugé le PS

58:18
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon a-t-il la stature d'un homme d'état ? as-tu croissé en dehors ?

58:24
Invité

si on veut dire par là est-ce qu'il a exercé des responsabilités telles qu'il ne serait pas surpris en arrivant ?

non il a été dans un conseil général en Essonne il a été député, sénateur secrétaire d'état de l'enseignement technique il n'a pas plus, pas moins que ses concurrents si on met de côté Emmanuel Valls ou François Fillon qui ont été premier ministre François Hollande est quand même arrivé à la tête de l'état sans avoir jamais été dans un gouvernement dans un gouvernement de gauche très élargi il récupérerait un ministère régalien je ne suis pas certain qu'il l'occuperait très mal pour être à la défense ou à la justice il l'occuperait plutôt bien en stature la république pour lui c'est quelque chose de très important alors c'est peu probable qu'il y ait une sorte de gauche réunie qui arrive au pouvoir avec un Mélenchon qui maintenant est vieillissant ça va être le candidat le plus âgé de la présidentielle à part peut-être Cheminade il est plus âgé, il est né en 51 mais s'il y était je pense qu'il pourrait occuper homme d'état dans le sens où c'est quelqu'un de responsable et d'honnête et je pense qu'avec la sincérité c'est quelque chose qu'on peut reconnaître à Jean-Luc Mélenchon et en même temps son discours est ambigu il faut le dire comme ça c'est ambigu et il joue de ses ambiguïtés alors il dit vous me faites dire ce que j'ai pas dit il a quand même soutenu l'action il dit il remerciait la Russie et l'action de la Russie pour son action en Syrie justement ça c'était en février dernier il est quand même beaucoup plus tourné vers les soviétiques une fascination pour les leaders et Chavez et Castro il a une fascination pour les leaders d'extraction populaire avec du vote mais un peu populiste il aime ça il y a un autre registre, un autre ressort c'est l'acrimonie vis-à-vis de ce qu'il appelle les nord-américains c'est-à-dire les nord-américains c'est les latinos qui parlent le nord-américain et donc voilà en disant si Poutine en est là aujourd'hui c'est parce que les américains et tous leurs alliés l'ont cornerisé et donc il faut reprendre dialogue avec ce grand pays

1:00:17
Présentateur

Bon une question très ouverte quelles sont les principales qualités

1:00:20
Invité

de Jean-Luc Mélenchon ? La sincérité une foi républicaine et laïque mais insoupçonnable, incontestable alors qu'il y a tant de leaders qui composent avec en se disant il y a telle ou telle communauté qu'il ne faut pas fâcher de ce côté-là il est vraiment intransigeant et puis cette ferveur parce qu'il faut quand même mener ce combat depuis des années et des années il faut y aller avec parfois des bons succès d'estrade et puis parfois des moments où ça ne se passe pas bien quelque part il est dans le paysage politique un produit très français une grande intégration C'est-à-dire ?

C'est-à-dire que ça sent la Troisième République ça sent le révolutionnaire c'est quelque chose de très authentique le trotskisme qui a fait partie de notre histoire et je pense que ce patrimoine-là ce capital-là il est touchant d'abord et il a une certaine valeur il est très vintage c'est assez amusant parce qu'on voit que le parti socialiste à sa droite il y a Emmanuel Macron qui est très new age très nouvelle technologie le nouveau monde nouveau travail nouveau monde et puis l'autre on sent la convention la république on se croirait presque au XVIIIe siècle les grands débats Zola quand il parle de Zola on est crédible il y a un côté il y a une grande intelligence il faut connaître ça une grande culture et une forme de constance

1:01:24
Présentateur

Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ne sont-ils pas bien plus proches de Jean-Luc Mélenchon que de Manuel Valls Jérôme Fourquet

1:01:30
Invité

alors c'est à chacun de faire son opinion en tout cas par exemple sur le programme de Hamon il y a toute une série de thématiques sur lesquelles ils sont ils sont très proches programmatiquement en parlant et c'est encore une fois le pari de Mélenchon de la victoire du camp réformiste au sein du PS et que tout cet électoral vienne à lui

1:01:49
Présentateur

sur l'abrogation de la loi travail il est proche de ce que dit Hamon sur la nationalisation

1:01:54
Invité

ils sont très proches mais Hamon Montebourg préféreront ne pas aider Mélenchon le laisser terminer son aventure et rester au PS pour prendre le PS après l'échec qu'ils souhaiteront de Manuel Valls

1:02:03
Présentateur

une alliance entre Mélenchon et le vainqueur de la primaire de la gauche est-elle envisageable ?

1:02:07
Invité

deuxième tour face à Le Pen oui peut-être

1:02:09
Présentateur

oui ça sera sans doute trop tard merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h20 on se retrouve demain 17h50 pour à nouveau c'est dans l'air tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5