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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 9 mars 2023 5 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & international

La Commission européenne commet une faute grave en excluant le nucléaire

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Chapitres

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  • 0:44Invité politiqueFait
    « la Commission a, de manière complètement scandaleuse, modifié sa proposition, et exclu le nucléaire de ce domaine des énergies qui doivent pouvoir être incluses dans une Europe qui se décarbone. »
  • 1:27Invité politiqueFait
    « C'est une faute contre l'environnement, parce que si nous voulons rompre avec la pollution, avec tout ce qui abîme le climat, nous devons évidemment pouvoir faire avec les outils de la décarbonation, et le nucléaire, évidemment, en fait partie. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Le Commissaire socialiste en charge de l'Environnement, Frans Timmermans, est résolument hostile à la filière nucléaire, et il se comporte comme un véritable lobbyiste »
  • 2:54Invité politiqueChiffre
    « le chancelier Schulz a annoncé que l'Allemagne va doubler ses capacités de production d'électricité fait avec du gaz »
  • 3:37Invité politiqueFait
    « En construisant une stratégie qu'elle dissimule derrière l'idée d'une transition vers l'hydrogène, qui n'a, en réalité, aucun sens industriel »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous, Très heureux de vous retrouver, depuis le Parlement européen. Je voudrais partager avec vous une mauvaise nouvelle - parfois il le faut bien. Nous avons appris hier que la Commission européenne avait, une fois de plus, reculé sur la stratégie, pourtant nécessaire, de décarbonation de notre production d'énergie. Elle avait publié, en effet, un document qui concernait l'avenir d'une industrie pour le "Net Zero", pour le "Net Zero Age", l'ère du zéro émission.

Et de fait, nous devons effectivement décarboner notre production industrielle, et pour décarboner notre production industrielle, la Commission européenne avait évoqué la nécessité d'inclure toutes les modalités d'une production énergétique neutre en carbone ; je pense en particulier à l'énergie nucléaire, qui a été incluse dans les sources d'énergie qu'il fallait utiliser, et sur lesquelles il fallait, il allait être nécessaire de compter. Et pourtant, aujourd'hui, nous apprenons que la Commission a, de manière complètement scandaleuse, modifié sa proposition, et exclu le nucléaire de ce domaine des énergies qui doivent pouvoir être incluses dans une Europe qui se décarbone.

Je crois qu'il y a là quelque chose comme une faute très grave, une faute contre la raison, contre la science. Parce qu'encore une fois, nous n'avons pas le droit à cette espèce de partialité, à cette habitude que nous avons prise des biais scandaleux qui faussent nos débats publics sur des sujets aussi importants. C'est une faute contre l'environnement, parce que si nous voulons rompre avec la pollution, avec tout ce qui abîme le climat, nous devons évidemment pouvoir faire avec les outils de la décarbonation, et le nucléaire, évidemment, en fait partie.

Ce n'est pas, ce n'est pas moi qui le dit, c'est le GIEC, qui rappelle que nous n'arriverons pas à décarboner la planète si nous ne faisons pas avec l'industrie nucléaire, avec l'outil nucléaire. Et puis évidemment, c'est une faute politique majeure qui vient, nous le savons très bien, de luttes d'influence à l'intérieur de la Commission européenne. Le Commissaire socialiste en charge de l'Environnement, Frans Timmermans, est résolument hostile à la filière nucléaire, et il se comporte comme un véritable lobbyiste, dans un moment où, au contraire, nous avons besoin de ce sens de l'intérêt commun, du bien commun.

Nous avons besoin de faire avec le respect, pour commencer, des mix énergétique des Etats membres. Ce sont les Etats membres en Europe qui ont le droit et le devoir de définir souverainement leur propre mix énergétique. Et il est absolument scandaleux que la Commission sorte de sa responsabilité, pour s'en prendre à une filière qui, pourtant, contribue de manière évidente à l'alimentation en énergie du continent européen.

J'ajoute que tout cela se déroule dans un moment d'une particulière gravité, puisque nous avons appris également hier, et à cela, on voit que l'Europe marche sur la tête, que le chancelier Schulz a annoncé que l'Allemagne va doubler ses capacités de production d'électricité fait avec du gaz, doubler la production de ses centrales à gaz, Ce qui est évidemment une manière, d'une part, de mettre l'Europe dans une situation de dépendance maintenue et aggravée à l'égard des tiers qui nous vendent cette énergie fossile que nous ne produisons pas nous-mêmes. C'est donc le sacrifice de nos souverainetés démocratiques, de nos souverainetés nationales.

D'autre part, c'est évidemment une faute contre, encore une fois, la prudence indispensable à l'égard de l'environnement, parce que le gaz émet bien sûr du carbone, c'est une énergie fossile, c'est une énergie qui n'est pas durable, qui ne durera pas indéfiniment. En construisant une stratégie qu'elle dissimule derrière l'idée d'une transition vers l'hydrogène, qui n'a, en réalité, aucun sens industriel - et tout le monde le reconnaît, l'Allemagne est en train, évidemment, de commettre une faute très grave contre, cette fois-ci, l'intérêt européen tout entier, contre l'intérêt de nos pays.

Et c'est sur ce point que la Commission européenne devrait se concentrer si elle défendait vraiment l'intérêt européen, et si elle défendait vraiment une préoccupation sincère pour les enjeux climatiques. Nous aurons la semaine prochaine à Strasbourg une session plénière, et j'aurai l'occasion d'interpeller avec vigueur, comptez sur moi, la Commission européenne sur ce sujet, et sur cette nouvelle trahison. Je crois qu'il est temps, enfin, de taper du poing sur la table. Et j'espère que la France sera au rendez-vous pour le faire.

Malheureusement, je ne suis pas sûr que le gouvernement français, avec toutes les ambiguïtés qui caractérisent sa stratégie actuelle sur le nucléaire - j'y reviendrai - soit en mesure aujourd'hui de faire ce travail-là. Comptez sur nous, en tous les cas, pour relever le défi. Merci beaucoup, et à très bientôt.