Premier meeting de campagne pour le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon
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France Culture. 18 heures précisément sur France Culture, le journal Estelle Caméraire. Bonsoir Estelle. Bonsoir Frédéric, bonsoir à toutes et à tous. La primaire est finie, Jean-Luc Mélenchon donne le ton. Le candidat insoumis a déroulé son programme cet après-midi devant plusieurs milliers de personnes réunies pour son premier meeting de campagne à Saint-Denis. 6000 personnes ont rendu hommage à Liana, 11 ans, retrouvée morte jeudi lors d'une marche blanche à Florence, dans le Gers, sur fond de dysfonctionnements judiciaires. Puis nous irons au sud de Beyrouth, alors bombardés par Israël.
L'État hébreu assure répondre aux frappes du Hezbollah et continue de frapper quotidiennement le Liban. L'équipe de football iranienne vient d'atterrir au Mexique, en amont de la Coupe du Monde. C'est la première fois qu'un pays participant au tournoi est en guerre avec un pays hôte. 26 000 personnes se sont réunies sur la place de la Basilique de Saint-Denis, selon la France Insoumise. La foule est venue assister au premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Bonsoir Adrien Toffolet. Bonsoir. Vous êtes sur place pour France Culture, après les prises de parole de Bali Bagayoko, le maire de la ville de Saint-Denis, et l'écrivaine Annie Ernaud.
Jean-Luc Mélenchon a déroulé son programme.
Oui, une démonstration de force pour Jean-Luc Mélenchon devant des milliers de fans, militants galvanisés, à qui il se présente comme l'alternance après deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
La France est un champ de ruines sociales depuis Macron. Le macronisme restera la régression sociale et la misère pour le plus grand nombre par l'accumulation des richesses dans quelques mains.
Le leader insoumis promet donc de réparer le pays et ses fractures. SMIC à 1700 euros, abrogation de la réforme des retraites, retour à l'âge de départ à 60 ans, loi globale contre la pédocriminalité et les féminicides, le tout dilué dans le grand projet défendu par Jean-Luc Mélenchon.
Quelques-uns des sujets que je viens de citer concernent la Nouvelle-France.
Une France plurielle et rien d'autre pour le candidat à la présidentielle qui dénonce les névroses communautaires de ses adversaires, ou plutôt son adversaire, le seul dont il a donné le nom.
L'insoumis fait du patron du RN son seul adversaire comme si le premier tour était déjà passé
et lui déjà qualifié face à l'extrême droite. Alors il lance un avertissement à tous ceux dans le paysage politique, à gauche notamment, qu'il annonce perdant.
Le deuxième tour. Ceux qui n'ont aucune chance d'y accéder devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner.
Jean-Luc Mélenchon honnête qui sait également qu'une telle occasion ne se représentera pas forcément.
Vous devez savoir que ce type de train de l'histoire ne passe pas deux fois. Vous savez que pour une fois, les étoiles sont alignées. Que pour une fois, sans contestation possible, la première force politique de la gauche est du changement.
C'est un pari qu'on cède les insoumis, celui du vote républicain contre l'extrême droite. La République qu'il a voulu incarner à Saint-Denis en se tenant devant la basilique, la nécropole des rois.
Merci Adrien Toffolet en direct de Saint-Denis avec les moyens techniques de Sandrine Malon. Les insoumis, dont la chef de file Mathilde Panot, a appelé ce matin à la démission de Gérald Darmanin. Le ministre de la Justice prend actuellement la parole au sujet des dysfonctionnements judiciaires ayant entraîné la mort de Liana. La collégienne de 11 ans a été retrouvée morte jeudi et plus de 6000 personnes ont participé à la marche blanche en son hommage. Cet après-midi, à Florence dans le Gers, des milliers de personnes pour accompagner les parents de Liana.
Derrière une grande banderole où l'on pouvait lire « Plus jamais ça », une marche blanche très émouvante, mais où la colère se faisait aussi ressentir Erwann Chassin.
En tête de ce long cortège dont on peinait d'avoir la faim, les parents de Liana très dignes, entourés par les mères des environs. Parmi la foule immense, Nadine ne retient pas ses larmes.
On n'est pas habitués ici. C'est terrible pour nous. Pour tout le département du Gers, c'est terrible. Pour tous, c'est simple.
Alain a fait imprimer la photo de Liana sur son t-shirt. Il porte aussi une rose blanche, comme tant d'autres ici.
Parce qu'à l'âge qu'elle avait, la pauvre, il ne fallait pas qu'elle meure. Ils auraient dû faire le nécessaire, malheureusement. Mais là, c'est vrai que là, voir tout ce monde pour elle, c'est vrai que c'est malheureux.
Mais passer la peine, c'est la colère qui domine, implacable même chez Chantal.
Ça ne peut pas continuer. Autant d'enfants agressés, violentés, tués. On est dans quel monde, dans quel pays, mais quelle honte.
D'ailleurs, c'était aussi tout le sens du discours très fort du maire de Florence, Grégory Bobateau, pour clôturer cette marche blanche.
On veut nous faire croire que cette tragédie qui frappe la famille de Liana n'est qu'un dysfonctionnement au milieu d'un système qui, lui, marcherait bien. Liana est le dernier acte d'une tragédie qui se joue depuis bien trop longtemps. Celle de nier la parole des enfants. Nous sommes tous ici, Estelle Mouzin, Maëlys, Liana.
Et la mort d'une enfant dans ces conditions doit être la dernière, espère élu et habitant.
En France, il y a quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. Il y a deux fois moins de juges, a rappelé la présidente de l'association Face à l'inceste, Sophie Potvin-Fabre, sur France Info. Elle appelle à donner des moyens à la justice et à voter la loi intégrale contre la violence sexuelle qui a été déposée le 24 novembre 2025 et qui est portée par 109 députés, dit-elle. Et demain, plus de 140 rassemblements sont organisés dans le pays par des associations féministes et des associations de protection de l'enfance. Six personnes placées en garde à vue, dont deux pour violences sur des élus.
Hier, le groupe catholique intégriste Civitas, pourtant dissous par le gouvernement fin 2023, a cherché à empêcher l'ouverture au public de l'église Saint-Laurent dans le dixième arrondissement de Paris, dont la maire dit avoir reçu des coups. La mairie de Paris remet en cause des militants intégristes d'extrême droite. Cinq morts au-dessus de la bande de Gaza, après une frappe israélienne sur un poste de police. Le rapport des secours et des sources médicales dans le territoire palestinien. Israël qui bombarde aussi la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. L'État hébreu dit frapper en réponse à des tirs du mouvement pro-iranien en direction de son territoire.
Malgré un cessez-le-feu théorique, nos envoyés spéciaux Timouros-Turc, Benjamin Thuot et Cherbel El-Sherif se sont rendus aujourd'hui à Sasakiye, au sud de la ville côtière de Saïda, où des frappes israéliennes ont tué deux personnes hier.
Une odeur de brûlée flotte encore dans l'air. Une maison à la façade éventrée s'est écroulée. On aperçoit une couverture, un fauteuil sous les gravats. Hossein, policier municipal, est arrivé parmi les premiers après le bombardement.
Quand j'ai entendu la frappe, j'ai couru pour voir d'où ça venait. Une camionnette et des voitures étaient en feu. Tout le quartier était détruit, c'était un choc. Nous avons appelé les secours.
Quand les pompiers sont arrivés, on a réalisé qu'une famille était sous les dégâts. Le souffle de l'explosion a ravagé le bâtiment de l'autre côté de la route. Un voisin filme les dégâts avec son téléphone.
La maison est détruite. Nous avons évacué quand ils ont frappé la veille.
Mais hier, il n'y avait pas d'ordre d'évacuation. Malgré la présence de banderoles et d'affiches du parti Amal, alliés au Hezbollah, cet habitant assure que son quartier n'abrite pas de combattants. Notre village ne représente aucune menace pour Israël. C'est une zone civile.
Il n'y a pas de militants ici.
Quelques heures après notre départ, un immeuble à Saksakye a de nouveau été bombardé par l'armée israélienne.
Les électeurs et électrices arméniennes ont commencé à voter pour des législatives à valeur de test sur le soutien de la population à la réorientation géopolitique initiée par le Premier ministre Nikol Pachinyan qui se tourne aujourd'hui vers les Occidentaux et tourne le dos à la Russie, notamment après la reprise par la force par l'Azerbaïdjan de l'enclave du Haut-Karabakh que n'a pas empêché Moscou. Ils sont arrivés ce matin à Tijuana, au Mexique. L'équipe iranienne de football a atterri sur une piste à la frontière avec les Etats-Unis, en amont de la Coupe du Monde. Le camp de base de la sélection se trouvait normalement à Tucson, en Arizona.
Mais le contexte géopolitique l'a poussé à s'installer au Mexique, le temps de la compétition. Loïc Piala.
Six heures du matin, le jour est à peine levé sur Tijuana. La garde nationale prend place sur le boulevard qui longe l'hôtel Marriott pour couper la circulation. Le car bleu et blanc qui transporte la sélection iranienne arrive, accompagné d'une dizaine de pick-up des forces de l'ordre, avec à l'arrière des hommes lourdement armés. Une vingtaine de caméras et photographes s'agglutinent derrière le grillage pour filmer les joueurs sortant du car. À côté d'eux, un adolescent agite un petit drapeau de la République islamique. Ali, maillot de l'Iran sur le dos, a fait le voyage avec sa famille depuis Los Angeles. La cité des anges abrite une large diaspora iranienne.
Je sais que cette sélection a été critiquée par la diaspora,
alors je voulais leur montrer que j'étais là pour eux. Je pense que c'est mieux qu'ils restent à Tijuana. C'est bien moins dangereux qu'à Los Angeles. Là-bas, il y a beaucoup de personnes opposées au régime actuel, et ce ne sont pas des gens bien.
À 6h30, la garde nationale rouvre la circulation. La plupart des forces de l'ordre quittent les lieux, mais des militaires installent des barrières pour filtrer l'accès à l'hôtel. Pendant le tournoi, l'équipe va s'entraîner tout près, au stade Caliente des Cholos, le club local. Aucune séance ne devrait être ouverte au public pour des raisons de sécurité. Les joueurs se rendront aux Etats-Unis les jours de match, mais n'auront pas le droit de rester sur place. Ils retourneront dormir à Tijuana le soir mai.
Le temps reste doux ce soir, avec quelques éclaircies. Côté température, elles iront de 14 à 24 degrés. C'est la fin de ce journal, réalisé par Nina Malray. Grégory Wallon à La Technique.
Jean-Luc Mélenchon