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interviewyoutube.com· 17 février 2020 21 min

Juan Branco face à Apolline de Malherbe en direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Juan Branco, merci d'être avec nous. On va essayer de comprendre ce qu'il s'est passé autour de ces révélations de vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux. Quel est votre rôle aussi ? D'abord avocat ou pas avocat, militant, écrivain, vous êtes écrivain à succès, vous avez publié notamment Crépuscule au Diable Vauvert qui s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires et plus récemment Assange, l'anti-souverain. Vous êtes également gilet jaune, vous vous êtes engagé dans ce combat des gilets jaunes. Mais d'abord, comprendre, vous avez dit être l'avocat de Piotr Pawlenski.

Piotr Pawlenski, c'est celui qui a signé le site internet sur lequel ont été révélées les vidéos de Benjamin Griveaux. Alors avocat ou non de Piotr Pawlenski, il a été mis en garde à vue, il l'est en ce moment même, s'accompagne également, ce sont quoi qu'il arrive vos amis. Et hier, Juan Branco, vous avez affirmé que le parquet, je vous cite, en une violation exceptionnelle des droits de la défense, a décidé de s'opposer à ma désignation par Piotr Pawlenski dans l'affaire Griveaux. Je ne comprends pas, je ne comprends pas comment vous pouvez dire cela alors que ça n'existe pas en droit, mais surtout, est-ce que vous étiez véritablement l'avocat de Piotr Pawlenski ?

1:14
Juan Branco

Moi non plus, je ne comprends pas, et c'est ça qui est fascinant dans cette histoire, c'est qu'on est face à une configuration historique. Je vois le bâtonnier de Paris à 11h pour essayer de comprendre comment est-ce que le parquet a pris une telle décision, c'est-à-dire que le parquet s'est opposé à ma désignation, ce qui est quelque chose d'extrêmement rare et qui n'intervient en général que quand vous êtes mis en cause dans une affaire, ou que votre participation à cette affaire pourrait nuire aux intérêts du mis en cause.

1:40
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas le cas ?

1:41
Juan Branco

Pas du tout, et c'est là où justement le parquet eux-mêmes, par le biais du commissaire qui s'occupe de cette affaire me l'a signifié, vous n'êtes pas mis en cause, vous êtes cité au dossier. Alors évidemment que je suis cité au dossier, je suis avocat, et j'ai été consulté par Piotr Pawlenski comme avocat en amont de la publication de ces informations pour décider ce qu'il devait faire et quel risque il en courait.

2:00
Présentateur

Piotr Pawlenski vous a véritablement désigné comme étant son avocat. Son avocate historique, celle qu'il a défendue dans ses précédents procès, a été, dit-elle, appelée et désignée par lui ?

2:11
Juan Branco

Non, alors il y a eu deux avocates, donc il y a Dominique Minkoff qui a été son avocate historique, et là il y a Maître Canu Bernard, auquel j'avais recommandé Piotr Pawlenski, moi parce que je ne voulais pas le défendre dans l'affaire du 31 décembre. Vous savez, cette rixe qu'il y a eu, pour laquelle il a été arrêté de façon artificielle... Mais bien sûr, c'est moi qui le fais à travers Maître Raphaël Kemp, pour une seule raison, je ne pouvais pas assister Piotr Pawlenski sur cette affaire, parce que j'étais témoin.

2:37
Présentateur

Parce qu'il faut juste le rappeler, Piotr Pawlenski a d'abord été arrêté samedi pour des faits d'agression qui auraient eu lieu dans la nuit du réveillon. Donc il faut être très précis sur ces affaires. Et cette affaire, elle a eu lieu à un réveillon à votre initiative, puisque vous étiez l'organisateur de ce réveillon avec votre compagne.

2:53
Juan Branco

J'y participais, et à partir de ce moment-là...

2:55
Présentateur

Vous y participez ? Ce n'est pas vous qui avez invité Piotr Pawlenski ?

2:57
Juan Branco

Non, j'ai invité Piotr Pawlenski, mais j'ai le droit d'inviter les personnes avec qui j'ai passé le nouvel an.

2:59
Présentateur

Bien sûr, mais vous n'étiez pas juste un participant, vous étiez organisateur.

3:01
Juan Branco

Je suis venu avec Piotr Pawlenski à ce réveillon. Et qu'on ait sorti cette affaire à travers des petits factotums du pouvoir, Marc Leplongeon et Aziz et Moury, dont le seul travail consiste à chaque fois à relayer des sources du ministère d'Intérieur. Non, mais moi, je ne rentre pas dans ces détails-là.

3:12
Présentateur

Simplement, il y a eu une affaire, il y a eu visiblement une agression.

3:15
Juan Branco

Oui, mais pardonnez-moi, j'ai le droit à moi de... S'il y a eu une agression, il y a eu une affaire. Il a été agressé par dix personnes et il a essayé de se défendre. C'était vos amis qui étaient là à cette soirée ? Non, ce n'était pas vos amis, c'est des personnes que je ne connaissais pas, pour le coup. C'est des personnes qui se sont incrustées à la soirée et qui ont décidé de... Cette affaire ressurgit de façon très opportune, très opportune, à un moment où Piotr Pawlenski s'attaque au principal pilier de la Macronie. Et 24 heures après, on ressort une affaire de Rix banale d'un 31 décembre pour faire arrêter Piotr Pawlenski. Première étrangeté de la procédure.

Ensuite, on se retrouve dans un cas exceptionnel où on ne laisse pas, à un mis en cause, choisir sa défense. Maître Canu-Bernard a refusé le dossier. C'est normal, pour des raisons que je comprends absolument. Parce que cette personne n'était pas en position de défendre Piotr Pawlenski et elle était dans cette condition à mesure de me laisser le dossier que j'avais préparé avec Piotr Pawlenski.

4:17
Présentateur

Ça veut dire quoi ? Elle n'était pas en mesure de mener sa défense ?

4:19
Juan Branco

Piotr Pawlenski m'a consulté sur l'affaire Benjamin Griveaux parce qu'il savait qu'il allait commettre un acte qui pouvait avoir des conséquences pour lui.

4:27
Présentateur

Mais ça c'est normal de demander à un avocat avant de passer à l'acte ?

4:29
Juan Branco

Est-ce que c'est normal de demander à un avocat ? Quel risque juridique vous encourrez ? Est-ce qu'il n'y a pas aujourd'hui, tous les jours en France, des personnes qui viennent voir leur avocat pour leur demander si quelque chose est légal ou non ? Mais vous rendez compte le danger de ce genre de raisonnement ? Vous empêchez des avocats de prêter conseil à leurs clients afin de s'assurer de leur côté s'ils commettent une violation du droit ou non ?

On est dans une situation qui est insupportable, à commencer par les journalistes qui relaient cette parole qui est une parole de pouvoir, pour s'assurer que Piotr Pawlenski n'ait pas le droit à une défense et que le parquet aujourd'hui utilise ces arguments, utilise ces arguments pour empêcher Piotr Pawlenski. Non, non, mais je veux finir cette phrase. Ce matin, vous êtes là en direct, et donc il n'y a effectivement aucun contrôle, rien du tout. Moi, je vous interroge en direct, vous pouvez répondre.

Que Piotr Pawlenski ne puisse pas choisir son avocat aujourd'hui et qu'il y ait derrière des journalistes qui justifient, je ne parle pas de vous, qui justifient le fait qu'aujourd'hui un homme ne puisse pas choisir sa défense parce qu'il s'est attaqué à l'un des principaux piliers du régime politique actuel est un scandale. Et si je vois le bâtonnier aujourd'hui, c'est justement pour discuter de cette situation et comprendre comment cela se fait que le parquet a demandé à ce que je ne sois pas saisi, à ce que ma désignation ne soit pas validée. Le bâtonnat est extrêmement surpris. Ça arrive dimanche après-midi.

Aujourd'hui, ça fait 36 heures que cette personne qui a annoncé d'autres révélations sur la Macronie est emprisonnée sans avoir accès à un avocat. Je vous demande si c'est normal.

5:47
Présentateur

Annoncer d'autres révélations sur la Macronie, ça veut dire quoi ?

5:49
Juan Branco

Vous l'avez entendu, Piotr Pawlenski. Il a bien annoncé juste avant de se faire arrêter. Moi, je n'ai pas entendu lui, mais je vous ai entendu vous en parler. Moi, j'ai entendu Piotr Pawlenski en parler. J'étais à ses côtés, à mon cabinet, et il a parlé d'autres vidéos. Et il a dit qu'il avait d'autres révélations à faire. Quelques heures plus tard, sur une affaire prétexte, il était arrêté. Donc, je commence à m'interroger sur la nature de cette procédure. Et ce qui fait que 36 heures après, cette personne, encore une fois, n'a pas pu voir un avocat.

6:11
Présentateur

Maintenant, je voudrais comprendre pourquoi Piotr Pawlenski s'en prend à Benjamin Griveaux. Benjamin Griveaux. Vous, Juan Branco, vous avez ciblé Benjamin Griveaux. Moi, je ne suis pas là pour décider qui est charmant ou qui ne l'est pas. Et j'estime que c'est justement tout le problème. Vous, Juan Branco, vous avez ciblé Benjamin Griveaux depuis longtemps et de manière systématique. D'abord, Gabriel Attal, avec qui vous étiez en classe, d'ailleurs, depuis l'âge de 14 ans. Et puis, celui qui a mis le pied à l'étrier de Gabriel Attal, Benjamin Griveaux. Vous avez consacré des pages de blog à Benjamin Griveaux. Je vous cite.

Benjamin Griveaux, aux poches bien remplies, est devenu, lui et Gabriel Attal, respectivement, le plus jeune ministre de la Ve République. Et croit-il, vous l'écriviez en décembre 2018, croit-il le futur maire de Paris ? Le tout sans avoir, c'est ce que vous dites, rien démontré ni rien fait dans leur vie. Ensuite, vous y consacrez un chapitre dans votre livre, Crépuscule, c'est le chapitre 13. Et puis, ce moment où la porte du ministère de Benjamin Griveaux est défoncée par un engin de chantier, une transpalette. Et bien tiens, vous êtes là, avec les gilets jaunes, et vous vous en réjouissez. Vous avez une haine quasi obsessionnelle à l'endroit de Benjamin Griveaux, à Juan Branco.

7:19
Juan Branco

Non, j'ai un grand plaisir à décrypter les mécanismes d'accession au pouvoir, ce que j'ai fait dans Crépuscule, mais bien sûr, la corruption, le pantouflage, l'utilisation des réseaux de l'État pour être recruté par Unibail et gagner des dizaines de milliers d'euros alors que l'on n'a jamais exercé de fonction dans le privé jusqu'alors. Unibail, qui est le principal accès en foncier du pays, qui a permis à Emmanuel Macron de faire des meetings pour de Versailles qu'ils détiennent pour des tarifs bien inférieurs à ceux que les législations de la campagne établissent.

C'est Benjamin Griveaux qui travaille à Unibail en ce moment tout en faisant la campagne d'Emmanuel Macron et qui permet à Emmanuel Macron de faire une campagne à un moment où il manque de fonds. Grâce à l'aide illégale, et je pèse mes mots, d'Unibail à ce moment-là. Donc oui, je trouve un grand plaisir à sortir des informations qui ne sont pas sorties dans l'espace public. C'est extrêmement important.

8:06
Présentateur

Vous le savez, d'ailleurs vous les avez sorties, personne ne vous a empêché de le faire. Vous l'avez écrit, mais Piotr Pawlenski, lui, quel intérêt il a à aller chercher Benjamin Griveaux ? Vous, vous avez enquêté sur lui, mais lui...

8:17
Juan Branco

Donc vous voyez que quelqu'un a réussi à enquêter sur un dispositif de pouvoir qui n'a pas eu peur, qu'il a sorti des informations qui n'avaient pas été sorties, qu'il a été poursuivi par la Macronie parce que, je vous rappelle que la porte-parole d'En Marche, Aurore Berger, a voulu me mettre en prison parce que, et je la cite, j'avais armé les esprits avec répuscule extraordinaire. Vous n'êtes pas en prison si je ne m'abuse. Vous n'avez pas dû trembler beaucoup ? Oui, pourquoi ? Parce que, Aurore Berger, je n'ai pas crédible. Je suis absolument d'accord avec vous. Non, parce que, visiblement, la menace dans ce pays n'était pas absolue.

Et donc, à partir de là, si, si, j'ai été signalé au procureur de la République. Et donc, quand il y a une figure, comme celle que j'incarnais à ce moment-là, qui défend gilets jeunes, etc., qui apparaît comme une opposition féroce à la Macronie, vous imaginez bien que quelqu'un qui cherche une défense juridique, quelqu'un qui ne le trahira pas, qui l'accompagnera quoi qu'il arrive, y compris dans des dossiers de pression, qui ont été refusés, comme par exemple Maître Cahier-Bernard, qui n'a pas eu le courage de prendre ce dossier. C'est une question de courage ?

Vous imaginez ce que c'est d'être présenté sur l'égilité de TF1, de France 2, dans l'Obs, du Parisien, comme étant quasiment un criminel, parce que l'on défend quelqu'un.

9:15
Présentateur

Elle dit qu'elle a des raisons couvertes par le secret professionnel qui lui empêchent de le défendre.

9:20
Juan Branco

Mais c'est pas Maître Cahier-Bernard, est-ce que quelqu'un d'autre a pris le dossier jusqu'ici ? Mais non, c'est bien plus puissant que ça. Donc quand vous êtes face à un appareil de pouvoir si puissant, évidemment vous cherchez un conseil qui ne tremble pas. Et c'est ce que Piotr Pavelski a fait. On va essayer de comprendre.

9:33
Présentateur

Donc pour vous, il s'en prend à Benjamin Griveaux, lui russe, qui parle mal français, qui arrive en France en 2017, de toute la classe politique. Il choisit un homme. Non, non, c'est très factuel.

9:44
Juan Branco

Il est russe, et donc quoi ? Et donc, il n'a pas le droit de s'impliquer politiquement dans le pays qui lui a donné l'asile politique ?

9:50
Présentateur

Il a parfaitement le droit, ce n'est absolument pas ce que je dis, pourquoi est-ce qu'il va cibler Benjamin Griveaux, alors qu'il n'a pas, comme vous, fait cette enquête incroyable derrière ?

10:00
Juan Branco

Attendez, attendez. Monsieur Pavlensky, quand il arrive en France, quelques mois après, qu'est-ce qu'il fait ? Vous savez, en Russie, c'était l'un des principaux opposants à Poutine. Ça me permet quand même de faire une très courte digression sur les paroles complotistes et paranoïaques d'un président de la République qui, à l'étranger, parle d'influence russe. C'est quand même extraordinaire, c'est-à-dire que c'était pas directement sur la paire Guillaume,

10:20
Présentateur

enfin, on le comprenait en tout titre.

10:21
Juan Branco

Est-ce que cette personne, le président de la République, qui se veut tout-puissant, soit déstabilisé par un jeune couple anarchiste, fauché, qui à un moment ou un autre décide de révéler des informations qui sont par ailleurs vraies, excusez-moi, et qui commence à rentrer dans un délire... C'est l'objectif ? Attendez, mais c'est quand même significatif de la fragilité de la Macronie, mais passons. Ok, donc pas de complot. Non, mais oui, attendez, ça c'est très important aussi, parce qu'à quel moment est-ce qu'on peut diffuser dans l'espace public des informations ? Est-ce que Piotr Pavlensky a agi seul ?

Mais évidemment qu'il agit, non, enfin, il agit avec la personne qui lui a transmis ses informations, évidemment.

10:51
Présentateur

Donc c'est les deux et c'est tout ?

10:52
Juan Branco

Bah oui, pour l'instant, à ma connaissance, en tant que conseil, ce que m'a dit mon client...

10:57
Présentateur

Vous qui avez vu des complots partout, il y en a truffés dans tout votre livre, vous achetez ça ?

11:00
Juan Branco

Vous achetez ça pour vous, il agit tout seul ? Oui, parce que je m'appuie sur des faits, contrairement à Emmanuel Macron. Moi, je ne parle pas dans l'espace public sans avoir des faits. Vous avez raison, il ne parle pas bien français, vous l'avez vu vous-même,

11:10
Présentateur

puisque c'était dans votre bio, il écrit un texte dans un français remarquable, qui accompagne les vidéos, il ne faut pas l'avoir écrit tout seul.

11:16
Juan Branco

Évidemment qu'il s'est fait corriger le texte, mais évidemment. Et donc quoi ? Vous pensez que c'est un agent du KGB, du FSB, pardon, qui l'a écrit ? C'est vous qui avez corrigé le texte ? Absolument pas. Moi, je n'ai pas parti, parce que je savais très bien que dès le moment où je participais à cette action, d'une façon ou d'une autre, je n'étais plus en mesure de le défendre. Justement pour éviter ce qui est en train de se passer, que le parquet est en train d'essayer de pousser, avec l'aide d'un certain nombre de journalistes, encore une fois, qui se nourrissent à la source du parquet, ils essayent de tirer sur la ligne de défense de M. Pabensky.

11:39
Présentateur

Vous n'avez participé en rien, je voudrais simplement vous écouter. C'était samedi soir, vous vous êtes exprimé sur VQ, Le Média, vous parliez de la diffusion des vidéos sexuelles de Benjamin Griveaux.

11:47
Juan Branco

Merci de leur faire la pub.

11:49
Locuteur non identifié

Ce que l'on a fait, on l'a fait sans haine, sans quoi que ce soit, on a juste montré un désaccord entre des actes et des paroles. On l'a fait de façon, évidemment, sauvage, c'est-à-dire que Pabensky y est allé comme une brute, parce que c'est la seule façon de faire sortir ce genre d'affaire aujourd'hui.

12:05
Présentateur

Ce qu'on a fait.

12:06
Juan Branco

Mais oui, j'ai accompagné Piotr Pabensky en tant que conseil, en tant qu'avocat, et je continue à le faire. Non, non, non, fais, fais, action. Oui, oui, je l'ai accompagné en tant qu'avocat. C'est ce que je dis depuis le début. Et là, il faut quand même que vous notiez une chose très particulière. Moi, toutes mes défenses, que ce soit avec Julian Assange, auparavant avec Jean-Luc Mélenchon, avec les Gilets jaunes, consiste en une chose très simple.

12:25
Présentateur

Julien Assange et Jean-Luc Mélenchon, qui vous ont dédié de vos fonctions ?

12:28
Juan Branco

Non, non, non, j'ai quitté la défense de Julian Assange, notamment pour ne pas créer de confusion avec Julian Assange. Oui, c'est la vôtre, vous avez des sources.

12:36
Présentateur

Vous avez souvent des doutes sur ce qui est dit, je m'autorise d'en avoir.

12:38
Juan Branco

Très bien, et Jean-Luc Mélenchon, de la même façon, au moment des perquisitions, on décide que la ligne de défense qui pouvait être adoptée ne convenait pas à celle que moi je défendais, notamment sur la question de la vie privée. Ce qui se met en cohérence. Et donc, à partir de là, moi j'ai travaillé six ans avec Julian Assange, donc j'aimerais bien que vous ne mettiez pas en question mon éthique professionnelle sans avoir d'éléments pour le faire. On s'arrête là sur Assange. Soyons très précis sur ce que vous avez dit. Et c'est quelque chose qui se passe dans l'espace médiatique en ce moment. On cherche des cabales et à détruire des individus.

Ce n'est pas le rôle de journaliste sans éléments factuels. Rien n'est anodin.

13:08
Présentateur

Et le factuel, ce sont vos mots. Ce qu'on a fait, on l'a fait sans haine. On l'a fait de façon.

13:15
Juan Branco

Avec la détermination qui est la mienne à chaque fois que je défends un client, c'est-à-dire je l'accompagne et j'épouse son action de façon à détourner le feu, de façon à devenir, en effet, moi aussi, un objet de la polémique, c'est ce qu'on appelle une défense de rupture, de façon à lui permettre de pouvoir se défendre sans être la poire d'accablement, notamment médiatique. Je reviens à la question de Piotr Pavlensky. Vous dites, oui, mais attendez, il a choisi Benjamin Gris. Piotr Pavlensky qui attaque en Russie le régime de Poutine, qui brûle la porte du FSB, qui fait de la prison, pour s'attaquer au régime le plus autoritaire au monde. Vient en France.

La première action qu'il fait, c'est s'attaquer. Vous le savez, vous vous en souvenez ? La Banque de France. La Banque de France, mais pourquoi il le fait ? Et il le décrit dans un texte qu'il écrit. Il l'attaque parce qu'il considère que c'est une insulte, que la Banque de France ait une dépendance face à la place de la Bastille, alors que la Banque de France a appuyé le régime de Versailles contre la Commune en 1871. Combien de Français sont au courant de cette histoire ? Très peu. Pourquoi est-ce que Piotr Pavlensky y est ? De nombreux désormais.

Parce qu'il fait partie d'un courant anarchiste russe, dans la grande tradition de l'anarchisme russe du XIXe siècle, qui a une romantisation de l'histoire et qui a une culture extraordinaire. Et donc quand il vient en France, il voit que Benjamin Griveaux, en effet, est l'un des piliers de ce mouvement.

14:25
Présentateur

Donc il en veut à Poutine et il fait la même chose que Poutine. Il utilise les mêmes méthodes que Poutine. Poutine, ancien chef du FSB, l'ancien KGB, qui avait utilisé ce procédé pour écarter, en 1998,

14:35
Juan Branco

le procureur... Piotr Pavlensky a piégé quelqu'un ?

14:39
Présentateur

Moi je parle de la diffusion. Non, non, non.

14:42
Juan Branco

De la diffusion. Poutine, ce qu'il fait, c'est qu'il piège les gens. Et il les diffuse. Et il les diffuse sur la télévision russe. Mais ça change tout. Il les piège. Benjamin Griveaux envoie volontairement une vidéo, mais absolument pas. Il envoie une vidéo à une personne, que je ne veux pas identifier aujourd'hui, en pleine conscience des risques qu'il prend. Qui, d'après les enquêteurs, pourrait être de la compagne de Piotr Pavlensky en ce moment même en garde à l'hure. Alors qu'il les porte-parole du gouvernement, qu'il ait trouvé de l'excitation au fait de faire ça, et de prendre les risques qu'il prenait à ce moment-là, c'est son problème.

Mais à un moment donné, il en a payé les conséquences. Moi, je n'ai pas à juger de s'il fallait le faire ou pas. Je suis ici en tant qu'avocat par rapport à Piotr Pavlensky. Mais que ce soit très clair, à un moment, il y a une responsabilité. Si, j'étais désigné par lui, que le parquet s'y oppose, c'est un autre problème.

15:21
Présentateur

Vous ne l'êtes plus.

15:22
Juan Branco

Non, non, c'est faux. Non, non, j'étais désigné par lui, et je vois le bâtonnier à 11h, et aucun autre avocat n'a été désigné justement pour déterminer quelle est la ligne de défense qu'on a adoptée avec Piotr Pavlensky. Vous espérez donc redevenir son avocat ? Non, non, je n'ai pas à espérer. Avec qui, je n'ai pas pu même m'entretenir. Il n'a pas pu avoir d'entretien avec son avocat. Ça fait 36 heures qu'il est au cachot sans que personne n'ait accès à lui. Je tiens quand même à répéter cette information. C'est extrêmement grave. Prévenu a, dès la première heure, droit à une assistance juridique en France.

15:48
Présentateur

Au cachot. Donc, vous estimez en tout cas que c'est un combat mutuel au minimum. Je vous cite, « Nous, ce que l'on fait, moi avec Crépuscule, c'est votre livre, Piotr avec ses vidéos, c'est de dire, il y a ce que l'on vous dit. » Benjamin Griveaux qui clame son amour fou, sa fidélité dans Gala et Closer.

16:02
Juan Branco

Ça, c'est un autre élément extrêmement important. Benjamin Griveaux a mis en scène son intimité et il a menti. Et il a menti.

16:07
Présentateur

Et alors ?

16:08
Juan Branco

Et alors ? Mais qui n'utilise pas son intimité. Mais alors, ce n'est pas à vous de juger si c'est important ou pas. Est-ce que c'est à vous ? C'est aux électeurs ? Non, c'est aux électeurs. Votre rôle en tant que journaliste, ça devrait être de donner aux électeurs la possibilité de savoir si un homme politique ment ou pas. Donc s'il prétend qu'il défend les vies, enfin s'il essaie d'obtenir des suffrages en défendant les valeurs de fidélité, de famille, etc., il est normal pour un électeur de jauger, de jauger si en effet, cette personne lui ment ou pas. C'est aussi simple que ça, le rôle du journaliste. La méthode, c'est une autre question.

Est-ce qu'il fallait diffuser cette vidéo de telle façon ou pas ? Vous avez revendiqué à de nombreuses reprises

16:38
Présentateur

la nécessité de vivre sous une forme de transparence ou en tout cas de tout dire pour que les Français puissent ensuite juger. Vous voudriez remettre une police des mœurs ? Des bonnes mœurs ?

16:49
Juan Branco

Non, mais c'est ça qui est le plus intéressant. C'est que même Piotr Pavlensky lui-même est un antipuritain. Par contre, qui fait office de puritanisme. Mais vous savez bien

16:56
Présentateur

que qui veut faire l'ange fait la bête à force de parler de vertu, on en devient le diable.

17:00
Juan Branco

Pourquoi est-ce que Benjamin Griveaux parlait de vertu alors ? Ce n'est pas Piotr Pavlensky qui a parlé de vertu. À aucun moment, Piotr Pavlensky n'a parlé de vertu. Et à aucun moment, Piotr Pavlensky a reproché à Benjamin Griveaux d'être infidèle ou quoi que ce soit. Il ne s'est pas placé sur ce terrain-là. C'est Benjamin Griveaux lui-même qui l'a fait. Et c'est pour ça qu'il est difficile aujourd'hui d'être dans une forme de pitié ou de larmoiement comme le font l'ensemble de la classe politique à son égard.

17:19
Présentateur

Je ne nous demande en aucun cas d'être dans ce registre-là. Ce que je voudrais comprendre, ce sont les faits. Vous estimez donc, je le rappelle, que c'est une forme de combat mutuel puisque vous dites « Moi, je le fais avec Crépuscule. » Lui, il le fait avec ses vidéos. Quel est votre but ?

17:33
Juan Branco

Défendre cet individu et sa liberté.

17:35
Présentateur

Je ne parle pas de ça. Je vous parle de... Quand vous dites « Nous, ce qu'on fait, moi, avec Crépuscule, lui, avec ses vidéos. » C'est quoi le but de Crépuscule ? C'est quoi le but de ses vidéos ?

17:42
Juan Branco

Il défend quelqu'un qui lui-même s'est engagé, selon lui, au service d'une cause, c'est-à-dire la défense des intérêts de la population sous toutes ses formes. C'est quelqu'un qui a soutenu Julian Assange, qui a soutenu les gilets jaunes comme je l'ai fait et qui aujourd'hui est en prison de ce fait.

17:58
Présentateur

Vous avez évoqué d'autres vidéos sexuelles.

18:00
Juan Branco

Il risque d'être en prison dans quelques heures.

18:01
Présentateur

Vous avez évoqué d'autres vidéos sexuelles de politique. C'est ce que Piotr Pavlensky a dit. Il l'a dit, mais vous l'avez redit, vous, hier. Mais oui, moi, je... Pardon, je reprends les paroles de mon client. Vous avez dit qu'il y a effectivement d'autres vidéos sexuelles qui vont sortir. Est-ce que vous savez donc de quoi il s'agit ?

18:15
Juan Branco

Moi, j'ai eu accès aux éléments que m'a présenté Piotr Pavlensky afin d'assurer sa défense. Il m'a dit et j'ai notamment recherché à m'assurer qu'il n'était pas manipulé. À m'assurer que les éléments qu'il voulait divulguer étaient véritables et qu'il était, et c'est le dernier point le plus important, conscient des risques juridiques qu'il prenait et du fait notamment de la qualification juridique qui peut être appliquée à son action. C'est extrêmement important quand vous avez quelqu'un de ne pas laisser foncer dans le mur et de faire son possible pour éviter qu'il faut... Vous l'avez quand même laissé foncer dans le mur et pas seulement lui. Vous avez laissé

18:45
Présentateur

Benjamin Griveaux se retrouver dans cette situation.

18:47
Juan Branco

Non, mais attendez, mais c'est quand même incroyable. Vous voulez mettre une police derrière chaque avocat. Moi, j'ai été le plus conservateur possible avec Piotr Pawlenski en lui expliquant de faire très attention dans la mesure du possible de se rendre compte qu'il prenait un risque important en le faisant et d'être sûr qu'il le faisait en conscience. Et je lui dis si vous voulez continuer, sachez qu'en tant qu'avocat, je suis prêt à prendre votre défense, mais sachez que ce n'est pas pour autant que je partage le fondement de votre geste par ailleurs.

19:12
Présentateur

Vous avez parlé de ces vidéos, je voudrais quand même qu'on y revienne. Vous dites, il dit et vous dites qu'il y a d'autres vidéos. Est-ce que c'est sur d'autres hommes politiques ?

19:19
Juan Branco

Je n'ai pas à parler en amont de mon client. Vous comprenez ?

19:22
Présentateur

Comme vous en avez parlé. Oui, en aval. Une fois qu'il en a parlé. Vous créez une forme

19:26
Juan Branco

presque de menace. C'est ce que Piotr Pawlenski a décidé de faire. C'est le chantage. Je suis son avocat. Du chantage, à propos de quoi ? Le chantage, pour l'instant, je vois un gouvernement qui met cette personne en prison, encore une fois, à partir d'une affaire prétexte. Attention, je vous arrête tout de suite qu'il n'est pas en prison, il est en garde à vue. Il va être en prison dans quelques heures. Vous le savez, vous ? Évidemment, vous pensez que la procédure va dans quel sens que vous empêchiez quelqu'un de voir un avocat ? Il y a déjà été en prison. Quand vous utilisez... Oui, justement, parce qu'il a... Alors que vous l'aviez visiblement prévenu du risque qu'il en pourrait.

Mais justement, ça, c'est un client intéressant. C'est quelqu'un qui dit « Moi, j'assumerai... » Il m'a dit « J'assumerai les conséquences de mes actes. » Et c'était quelque chose d'extrêmement important pour moi à l'idée de défendre ou non un avocat, un client. Vous dites « Ils vont le mettre

20:03
Présentateur

en prison, c'est affreux. » Enfin, il l'a fait en connaissance de cause. Mais qui a dit « C'est affreux ? » Moi, je suis là pour éviter

20:09
Juan Branco

que cette personne aille en prison. Il lui a dit qu'il assumerait les conséquences. Moi, mon rôle, c'est d'éviter que cette personne... Et que je sois dans un espace médiatique présenté comme l'incarnation du diable parce que... Parce que j'essaye d'éviter que quelqu'un aille en prison. C'est assez significatif. Parce que ces mêmes personnes qui essayent de mener une cabale contre moi sont celles qui revendiquent le fait qu'il y aurait un état de droit sauvé en s'attaquant à des personnes comme Piotr Pavlensky.

20:36
Présentateur

Est-ce qu'il existe des vidéos et est-ce qu'elles vont sortir et est-ce qu'il s'agit de Benjamin Grimaud ?

20:41
Juan Branco

Piotr Pavlensky, s'il en a la possibilité, vous répondra. Mais pour l'instant, on lui a empêché d'avoir cette possibilité.

20:47
Présentateur

Plus on vous entend et plus on se demande si Piotr Pavlensky n'est pas que l'exécutant et vous, le manipulateur. Merci d'avoir été quand même notre invité en direct sur BFM TV et RMC. Il est 7h54. Un grand hommage.