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Débatyoutube.com· 29 septembre 2016 34 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Alexandre Loubet invité du débat de "On va plus loin" sur Public Sénat.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous partagez ce sentiment les uns et les autres ? Ou peut-être une inquiétude, Jessica Girondal, pour vous, plus personnellement ?

  • 3:17RelanceRéponse directe

    Lorsque vous entendez les discours de vos parties respectives, est-ce que vous dites parfois que c'est déconnecté de la réalité ?

  • 4:24OuverteRéponse directe

    Même question personnelle avant d'aborder le débat plus politique. Alexandre Loubet ?

  • 6:15RelanceRéponse directe

    Lorsque vous entendez les discours de vos parties respectives, Alexandre Loubet et puis Antonin Grellet, et de vos aînés dans ces parties, est-ce que vous dites parfois que c'est déconnecté de la réalité ?

  • 11:49OuverteRéponse directe

    Jessica Géronald, qu'est-ce que vous pensez de cette analyse ? Parce que Martin Aichry vous dit, voilà, le SMIC jeune, il a été rejeté, abandonné.

  • 12:46OuverteRéponse directe

    Antonin Grellet, Alexandre Loubet, sur ce sujet particulier, quel est votre avis ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:30InvitéChiffre
    « Les jeunes étaient la priorité de ce quinquennat. Mais cinq ans après, ils sont toujours près d'un quart à pointer à Pôle emploi. »
  • 1:47InvitéFait
    « Comme la création de nombreux contrats aidés, notamment les emplois d'avenir, réservés aux 16-25 ans, pas ou peu diplômés, ou les contrats starter qui prévoient une aide à l'embauche des jeunes de moins de 30 ans. »
  • 2:01InvitéChiffre
    « 15 000 jeunes ont pu bénéficier de l'aide à la recherche du premier emploi. 73 000 ont eu accès à la garantie jeune. »
  • 2:15InvitéFait
    « Outre Rhin, le système laisse une place prépondérante à l'apprentissage en alternance. Au pays d'Angela Merkel, on compte trois fois plus d'apprentis chez les jeunes pour un taux de chômage trois fois plus faible qu'en France. »
  • 3:24InvitéChiffre
    « Je sais qu'avec la formation que j'ai eu la chance de suivre, j'ai moins de 3% de chance de tomber dans le chômage. »
  • 4:54Invité politiqueFait
    « Il y a véritablement une jeunesse qui a été complètement abandonnée à cause de politiques globales pour se donner bonne conscience. »
  • 5:04Invité politiqueFait
    « L'exemple de l'Allemagne a été donné et on va pouvoir en discuter. »
  • 5:38Invité politiqueFait
    « Malheureusement, aujourd'hui, mis à part certaines filières qui sont extrêmement productrices d'emploi, il y a énormément de jeunes qui sortent avec après 3, 5, 7 ans d'études et qui n'arrivent pas à trouver du travail. »
  • 6:15Invité politiqueFait
    « C'est dû à des raisons fiscales. »
  • 8:51Invité politiqueFait
    « Dans les faits c'est quand même François Bayrou qui a permis l'élection de François Hollande alors qu'on savait pertinemment que François Hollande continuerait une politique totalement social-libéral. »
  • 9:34Invité politiqueFait
    « On est confronté pour une jeunesse à beaucoup de contraintes principalement je dirais réglementaires, administratives qui empêchent de pouvoir créer nos entreprises, qui nous empêchent de pouvoir être embauchées tout simplement non pas parce que les entreprises ne veulent pas mais parce qu'il y a de plus en plus d'impositions de fiscalité, de taxation qui pèsent sur les PME notamment. »
  • 15:42Invité politiqueChiffre
    « On assiste à une véritable fraude fiscale, une fraude à la TVA qui s'élève à près de 20 milliards d'euros chaque année, qu'on voit qu'Amazon ne paie pas quasiment la TVA en France, qu'on voit des grands groupes comme Total, alors que l'État détient une grande partie du capital de Total qui ne paie pas l'impôt dans notre pays. »
  • 21:06Invité politiqueChiffre
    « Il y a eu 10% d'apprentis en moins en France depuis 2012. »
  • 27:36Invité politiqueFait
    « À quoi servirait de développer l'apprentissage si on abandonne toute notre industrie ? On le voit aujourd'hui avec Alstom, par exemple. »
  • 28:10Invité politiqueFait
    « Les États-Unis sont incontestablement libéraux. Incontestablement. »

Temps de parole

  • Présentateur24 %
  • Alexandre Loubet20 %
  • Alexandre Loubet 217 %
  • Invité17 %
  • Invité 211 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %
  • Invité 52 %
  • Invité 62 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et comme tous les jeudis, on va plus loin ce soir avec des jeunes responsables politiques et associatifs. Ces paroles de jeunes, Public Sénat, vous le savez, donnent la parole à celles et ceux qui seront peut-être demain les dirigeants politiques à différents niveaux dans notre pays. C'est l'occasion pour vous de les découvrir. Et au menu ce soir, on va évoquer trois thèmes qui ont rythmé la semaine. D'abord le chômage et en particulier celui des jeunes. Les chiffres publiés cette semaine sont particulièrement inquiétants. Certaines régions en France sont devenues les championnes du chômage des moins de 25 ans.

Et puis, face à ce constat, faut-il changer totalement de politique économique et d'approche sur ce problème ? Nous verrons ce qu'en pensent nos invités. Enfin, un sujet de politique pure avec la primaire de la droite et la très mauvaise semaine pour Nicolas Sarkozy. Tout s'enchaîne pour lui et sur tous ces sujets. Je reçois ce soir Jessica Gérondal. Bonsoir. Et bienvenue secrétaire nationale aux Fédérations auprès des jeunes socialistes. Face à vous, Alexandre Loubet, bonsoir. Bonsoir. Président des Jeunes de Doubou la France. A vos côtés, Clément Forestier, bienvenue et bonsoir. Bonsoir. Délégué national des Jeunes des Républicains. Et Antonin Grellet, bonsoir. Bonsoir.

Et bienvenue, président des Jeunes du MoDem, des Jeunes démocrates. Alors, madame, messieurs, une douche glacée, un coup de massue. Voilà comment les chiffres du chômage du mois d'août publié cette semaine ont été qualifiés. Et l'un des points noirs, c'est le chômage des jeunes sans aucune activité. On va en parler dans quelques instants. Mais d'abord, les détails sur cette situation avec Stéphane Amalian.

1:27
Invité

Les jeunes étaient la priorité de ce quinquennat. Mais cinq ans après, ils sont toujours près d'un quart à pointer à Pôle emploi. 23,7% au deuxième trimestre de cette année. Un chiffre très élevé. Les 15-24 ans représentent la tranche d'âge la plus touchée en France. Pourtant, en cinq ans, beaucoup de mesures ont été prises pour favoriser l'emploi des jeunes. Comme la création de nombreux contrats aidés, notamment les emplois d'avenir, réservés aux 16-25 ans, pas ou peu diplômés, ou les contrats starter qui prévoient une aide à l'embauche des jeunes de moins de 30 ans. Le ministère du Travail a également pris des mesures pour favoriser la recherche d'emplois.

15 000 jeunes ont pu bénéficier de l'aide à la recherche du premier emploi. 73 000 ont eu accès à la garantie jeune. L'emploi des jeunes reste toutefois un casse-tête pour le gouvernement. A titre de comparaison, l'Allemagne fait figure de bon élève. Outre Rhin, le système laisse une place prépondérante à l'apprentissage en alternance. Au pays d'Angela Merkel, on compte trois fois plus d'apprentis chez les jeunes pour un taux de chômage trois fois plus faible qu'en France.

2:25
Présentateur

Voilà, et encore une fois, ce sont les plus jeunes et les moins diplômés qui sont durement touchés. Avant d'entrer dans les détails de notre débat, je voulais vous demander, plus personnellement, parce que vous êtes dans cette tranche d'âge, si vous avez connu, Antonin Grellet, cette situation, si vous la craignez dans votre parcours qui ne sera pas forcément linéaire.

2:43
Invité

Moi, j'ai la chance d'avoir eu la possibilité de faire des études longues. J'ai fait cinq ans d'études. Ce qu'il faut avoir en tête, c'est que la quasi-totalité des personnes qui sont au chômage et surtout au chômage de longue durée, c'est les personnes qui n'ont pas de formation, qui sont arrêtées avant le bac, qui n'ont pas le baccalauréat. Ce qui est clair, c'est que la première méthode de lutte contre le chômage, c'est l'éducation et c'est la formation professionnelle. Ce ne sont pas du tout les terrains sur lesquels ont joué les socialistes pendant cinq ans. Au contraire...

3:10
Présentateur

On va en parler, vous m'emmenez tout de suite sur le terrain politique. Donc, personnellement, j'ai bien compris que vous avez un parcours d'études assez long, mais vous ne craignez pas cette situation malgré ce parcours et cette solidité que vous avez ?

3:22
Invité

Je ne la crains pas parce que je connais les statistiques. Je sais qu'avec la formation que j'ai eu la chance de suivre, j'ai moins de 3% de chance de tomber dans le chômage. Et c'est relativement facile pour moi de trouver un emploi. D'autant plus qu'aujourd'hui, il est de plus en plus facile de créer des entreprises également. Je n'ai pas d'inquiétude pour moi-même, mais je connais des jeunes qui n'ont pas de formation et qui sont dans des situations beaucoup plus difficiles. Et la clé, c'est vraiment clairement l'éducation et la formation.

3:48
Présentateur

Est-ce que vous partagez ce sentiment les uns et les autres ? Ou peut-être une inquiétude, Jessica Girondal, pour vous, plus personnellement ?

3:54
Invité

Alors, oui, moi, je suis un petit peu plus inquiète que toi pour le coup parce que comme des milliers de jeunes, je suis étudiante en université, en fac de droit. Et je sais que c'est vraiment très difficile à la sortie d'une licence ou d'un master d'obtenir un emploi stable. On est souvent baladé entre les stages, les CDD et les emplois vraiment qui sont faits pour les jeunes. Et nous, on attend vraiment qu'on nous fasse confiance et que les entreprises fassent aussi un effort, notamment celles qui sont aidées par le CICE, dont on pourra discuter ensuite.

4:24
Présentateur

Bien sûr. Même question personnelle avant d'aborder le débat plus politique. Alexandre Loubet ?

4:28
Alexandre Loubet

Oui, je crois que comme tout jeune, je suis aussi exposé au danger du chômage, de la précarité. Malgré un parcours universitaire. Oui, mais j'ai la chance quand même d'étudier. Bon, j'étudie à Sciences Po. J'estime que je fais partie de ceux qui ont la chance pour le coup d'être très certainement moins exposés. Très certainement, oui. A priori. Mais ça révèle justement le vrai problème. C'est qu'il y a véritablement une jeunesse qui a été complètement abandonnée à cause de politiques globales pour se donner bonne conscience. d'une priorité qui a été donnée exclusivement, quasiment je dirais, à l'université. Et on a complètement dévalorisé finalement l'apprentissage.

L'exemple de l'Allemagne a été donné et on va pouvoir en discuter.

5:06
Présentateur

On va parler de ce point exactement. On clôt ce premier tour de table. Clément Forestier.

5:09
Alexandre Loubet

Oui, oui, mais moi l'inquiétude, je l'ai connue à titre personnel et j'ai connu les recherches d'emploi longues et compliquées. Je n'ai d'ailleurs pu y remédié qu'en créant mon propre emploi parce que je fais aussi partie de ces générations qui ont envie de prendre sa vie en main et donc de créer une société. Mais ce n'est pas plus reposant d'ailleurs. Mais bien sûr, je voudrais revenir sur ce que tu as dit tout à l'heure parce que dire que quand on a fait 5 ans d'études globalement, alors je ne sais pas quelles études tu as faites, ce serait d'ailleurs intéressant que tu le dises parce que c'est un vrai message à envoyer à tous les jeunes s'il y a moins de 3% de chômage.

Mais malheureusement, ça ne se limite pas à ceux qui n'ont pas le bac ou qui ont fait des études courts. Malheureusement, aujourd'hui, mis à part certaines filières qui sont extrêmement productrices d'emploi, il y a énormément de jeunes qui sortent avec après 3, 5, 7 ans d'études et qui n'arrivent pas à trouver du travail. Si le problème, ce n'était que celui du niveau d'études, à la limite, la réponse serait dans la question. Le souci, c'est que ça n'est plus une question de niveau d'études. C'est une question de système. C'est le système en entier qui rejette finalement ce premier pas dans l'emploi. C'est dû à des raisons fiscales.

6:16
Présentateur

Mais alors, lorsque vous entendez les discours de vos parties respectives, Alexandre Loubet et puis Antonin Grellet, et de vos aînés dans ces parties, est-ce que vous dites parfois que c'est déconnecté de la réalité ?

6:26
Invité

Non, je ne pense pas.

6:27
Présentateur

Et de votre réalité ?

6:28
Invité

Moi, ce qui me semble, c'est qu'il y a deux principaux axes de travail pour aller se battre contre le chômage. Pas saupoudrer des mesurettes, mais vraiment se battre contre le chômage dans une action à long terme. Le premier chantier, c'est l'éducation et la formation. Le deuxième chantier, c'est le soutien au PME qui correspond à 70% de l'emploi en France. Et c'est exactement ce que défend mon parti. C'est ce que défend François Bayrou depuis assez longtemps.

6:53
Présentateur

Reconnaissez que c'est un petit peu transparti ce que vous dites. Ce n'est pas seulement spécifique au modem.

6:57
Invité

Si c'est transparti, pourquoi est-ce qu'on ne le fait pas ? Pourquoi est-ce que les socialistes actuellement au pouvoir ont le sentiment que l'emploi, ça s'achète ? Que c'est en payant des contrats aidés, que c'est en finançant de l'aide aux entreprises qu'on va créer de l'emploi ? Ça ne fonctionne pas comme ça, l'économie, c'est facile. Et on a déjà les solutions. Il suffit de regarder autour de nous. La France est isolée dans son combat contre le chômage parce que nos voisins ont déjà trouvé la solution. Il suffit d'aller chercher l'éducation, la formation, l'excellence.

7:25
Présentateur

On va parler de ces trois piliers. La réponse de Jessica et Gérondal, parce qu'évidemment vous êtes directement visée. Jessica, c'est un constat d'échec douloureux pour votre partie et accablant pour la gauche au pouvoir. Ce sont des chiffres cette semaine qui sont très parlants. Je voudrais que vous regardiez cette image. C'est François Hollande aujourd'hui qui a été reçu de manière un peu houleuse. Il était en visite au campus à Jussieu. Regardez un petit peu ce qui s'est passé. C'est vrai que quand on a en tête la promesse de réenchanter la jeunesse, le constat est d'autant plus dur aujourd'hui.

7:57
Invité

Tout à fait. Non mais vraiment on a fait la même erreur que pas mal de pays européens. C'est pour ça que moi je n'accepte pas trop qu'on nous compare à l'Allemagne ou à tout autre pays. C'est-à-dire maquiller un système en faillite. Pour nous il faut vraiment changer de modèle et c'est ce qu'on porte aux jeunes socialistes. Et c'est aussi pour ça qu'on soutenait François Hollande en 2012 lorsque son projet était vraiment marqué à gauche et marqué sur la transformation sociale et la transition énergétique et écologique. Parce que c'est vraiment ça l'avenir. C'est trouver de nouvelles filières pour créer de l'emploi, créer de nouvelles entreprises, travailler sur les nouvelles énergies.

Par exemple on peut aussi créer des filières dans l'éducation sur le nucléaire pour démanteler les centrales. Ça prendra des dizaines d'années et c'est vraiment un secteur d'avenir. Et c'est selon vous ça, enfin une partie de ça qui va résoudre le problème structurel du chômage qu'on connaît aujourd'hui.

8:42
Présentateur

La transformation énergétique et écologique tout à fait oui. Allez-y Clément Forestier, Alexandre Loubet.

8:47
Alexandre Loubet

Oui pour le coup si je peux me permettre.

8:49
Présentateur

Mais permettez-vous, c'est le principe de ce débat, allez-y.

8:51
Alexandre Loubet

Très bien, quelques réconstats de la part du Modem de voir l'échec du Parti Socialiste quand on sait justement que François Bayrou a appelé à voter pour François Hollande en 2012. Ça c'est le coup de griffe politique-politicien mais sur le fond. Non absolument pas parce que dans les faits c'est quand même François Bayrou qui a permis l'élection de François Hollande alors qu'on savait pertinemment que François Hollande continuerait une politique totalement social-libéral. Vous ne vous inquiétez pas. Ah ben j'espère bien. Pour revenir sur le fond.

Moi je tiens vraiment à revenir sur cette fameuse jeunesse abandonnée parce que c'est vrai effectivement on est confronté pour une jeunesse à beaucoup de contraintes principalement je dirais réglementaires, administratives qui empêchent de pouvoir créer nos entreprises, qui nous empêchent de pouvoir être embauchées tout simplement non pas parce que les entreprises ne veulent pas mais parce qu'il y a de plus en plus d'impositions de fiscalité, de taxation qui pèsent sur les PME notamment.

9:46
Invité

C'est ça. Depuis 30 ans les politiques libérales fonctionneraient et les jeunes auraient de l'emploi.

9:50
Alexandre Loubet

Mais le problème c'est qu'on ne les a pas mises en place et c'est un peu toujours la même histoire. C'est-à-dire qu'on stigmatise le chômage des jeunes au milieu du problème général du chômage et je pense que c'est une vraie erreur. Je pense que si on veut enfin lutter contre le chômage des jeunes qu'on lutte enfin contre le chômage de manière générale, qu'on dérèglemente tous ces secteurs réglementés, qu'on supprime toute cette administration autour de l'entreprise et de l'économie.

Et surtout qu'on réduise la fiscalité sur les entreprises, qu'on permette enfin à nos entreprises, vous savez les entreprises en France, les grandes comme les petites, elles ne veulent qu'une seule chose, c'est se développer, grandir, évoluer, innover, etc. Et pour ça, il n'y a pas mieux qu'un jeune. Dans une entreprise, il vaut mieux embaucher quelqu'un de 30 ans que quelqu'un de 5 ans.

10:31
Présentateur

Alors vous nous direz pourquoi ça bloque encore sur l'apprentissage, ça c'est un élément important. Mais on va se souvenir d'une réforme avortée. Et souvenez-vous, Martin Hirsch, l'actuel directeur général des hôpitaux de Paris, il a de la mémoire. Il nous parle de ce fameux SMIC jeune qui avait enflammé les jeunes. Il nous parle aussi de l'abandon, de la réforme. On l'écoute.

10:49
Invité

J'ai fait un raisonnement en me rappelant ce qui s'était passé au moment où a été discuté le SMIC jeune en 1994. Qu'est-ce qui s'est passé ? Un million de personnes dans la rue, rejet du SMIC jeune, et tous les responsables politiques ont juré que jamais il ne ferait le SMIC jeune. Parfait. Qu'est-ce qui s'est passé entre-temps ? On a vu... Donc le SMIC jeune, c'était payer les jeunes à 70% du SMIC. Dans les années qui ont suivi, on a vu fleurir les stages, qui sont montés à plusieurs millions, payer 30% du SMIC. Donc en ne traitant pas un problème, on a créé un problème. Moi, je suis partisan d'abaisser le coût du travail des jeunes en subventionnant le travail des jeunes.

11:39
Présentateur

Alors, Jessica Géronald, qu'est-ce que vous pensez de cette analyse ? Parce que Martin Aichry vous dit, voilà, le SMIC jeune, il a été rejeté, abandonné. Du coup, on a eu une explosion des stages. Donc finalement, on a créé un autre problème.

11:49
Invité

Le lien qui fait, c'est surtout, encore une fois, la promotion du fait que les jeunes seraient une sous-catégorie de la population. Voilà, créer un SMIC jeune, c'est extrêmement dégradant et condescendant envers la jeunesse, tout comme le CPE qui avait été proposé à une autre époque. C'est vraiment tout sauf une solution.

12:04
Alexandre Loubet

Et 25% de chômage, ce n'est pas dégradant et condescendant pour la jeunesse ?

12:06
Invité

Bien sûr, mais il y a juste d'autres solutions. Ce n'est pas ce que je dis. C'est juste que créer une sous-catégorie de population, ce n'est pas la solution.

12:12
Alexandre Loubet

Je vais te rejoindre là-dessus. Je ne suis pas loin d'être d'accord avec toi. Je pense que la question SMIC jeune est sans doute une fausse bonne idée, dans la mesure où c'est une bonne idée économique qui, sur le plan politique, peut avoir des conséquences très néfastes. Parce qu'effectivement, ça singularise, ça catégorise la jeunesse dans une espèce de catégorie à part de la société. En revanche, Martin Aichry a parfaitement raison quand il le dit. On a refusé le SMIC à 70%. Aujourd'hui, le SMIC jeune, c'est 400 et quelques euros, c'est les indemnités de stage.

Il n'y a plus un jeune, aussi bien en école qu'à l'université ailleurs, qui trouve un emploi avant d'avoir passé 2, 3, 4, 5 heures.

12:46
Présentateur

Antonin Grellet, Alexandre Loubet, sur ce sujet particulier, quel est votre avis ?

12:49
Invité

Le chiffre n'est pas le bon. Aujourd'hui, le SMIC, le stage est rémunéré à à peu près la moitié du SMIC, parce qu'il n'y a pas de charge. Je crois que l'essentiel du problème du SMIC, à l'époque, où Martin Hirsch a essayé de mettre ça en place, c'était qu'il était élevé et que ça empêchait ça.

13:07
Présentateur

À chaque fois, il y a des problèmes. À chaque fois, il y a un obstacle, finalement.

13:11
Invité

Vous savez, moi, je ne suis pas à ce point de vue pessimiste. Depuis, les deux gouvernements qui se sont suivis ont travaillé pour réduire les charges sur les SMIC, sur les personnes qui gagnent moins de 2 000 euros, en gros, ce qui fait une grande partie de la population. Donc, il ne faut pas être pessimiste à ce point-là. Il ne faut pas avoir un débat idéologiste sur la question. Le problème du chômage, c'est un problème qui n'est pas du tout mystique ou mystérieux. Il y a des solutions qui sont très simples et qu'il suffit d'aller chercher chez nos voisins.

13:37
Présentateur

La formation, pour vous, c'est une des solutions. Alors, justement, pour endiguer le chômage des jeunes, je voudrais vous faire réagir. Nombreux sont ceux qui réclament encore et toujours une amélioration de leur formation afin d'accéder plus facilement. C'est la logique au marché du travail. Pourtant, est-ce que vous êtes d'accord ? Les Français restent parmi les plus diplômés d'Europe. Est-ce que, selon vous, vraiment, c'est la formation qui est la solution ? Alexandre Loubet.

13:56
Alexandre Loubet

La formation, oui, tout à fait. Il faut quand même prendre en compte...

13:59
Présentateur

Former encore plus des gens qui sont très formés.

14:00
Alexandre Loubet

Exactement, mais j'ajouterais même que ça ne concerne pas que les jeunes. Pourquoi ? Parce qu'on est quand même au XXIe siècle. On voit qu'il y a beaucoup de nouveaux modèles, finalement, de sociétés qui sont en train d'envahir le marché européen, le marché français. On peut prendre l'exemple d'Uber, à aujourd'hui, qui ne sont absolument pas réglementés, tout simplement pour la bonne et simple raison qu'on ne s'attendait pas à voir de tels modèles arriver dans notre pays. Et ça marche. Donc, quand on ne réglemente pas, ça fonctionne. C'est quand même un miracle.

14:25
Invité

Je ne sais pas pourquoi ton discours, parce que ça incite totalement la suite de la société.

14:30
Alexandre Loubet

Je préfère un jeune de 20 ans chauffeur Uber qu'un jeune chômeur.

14:34
Invité

J'ai dit que j'espérais qu'il ne souhaitait pas que tous les jeunes de France deviennent chauffeurs d'Uber, parce que ça veut dire travailler pour un salaire de misère, ça veut dire travailler pour un salaire de misère par mois, et ne pas être protégé en cas d'accident de voiture.

14:46
Alexandre Loubet

Exactement, je suis complètement d'accord avec toi. Le danger d'Uber est la totale déconstruction de notre modèle social, qui doit être préservé en France, sans bien évidemment basculer dans l'assistanat effréné. Mais pour revenir justement sur la question d'Uber, ça a en tout cas montré une véritable chose. C'est qu'on dit sans arrêt que les jeunes de banlieue sont des feignants, ne veulent pas travailler, etc. C'est faux. Pour la simple et bonne raison que la plupart des personnes embauchées par Uber sont des jeunes de banlieue. Ils cherchent désespérément le moyen de travailler. Et qu'est-ce que ça démontre véritablement ?

C'est le meilleur exemple qui témoigne, en fait, que les entreprises, tout simplement, ne peuvent pas embaucher, et non pas parce que les jeunes sont trop feignants, parce qu'elles sont asphyxiées, elles sont matraquées fiscalement.

Moi, quand je vois personnellement que, que ce soit la droite comme la gauche, une fois au pouvoir, ont cessé de faire peser un maximum d'imposition de fiscalité sur les TPE, sur les PME, alors qu'on assiste à une véritable fraude fiscale, une fraude à la TVA qui s'élève à près de 20 milliards d'euros chaque année, qu'on voit qu'Amazon ne paie pas quasiment la TVA en France, qu'on voit des grands groupes comme Total, alors que l'État détient une grande partie du capital de Total qui ne paie pas l'impôt dans notre pays. Et moi, en fait, je constate tout simplement qu'il s'agit d'un manque de volontarisme politique. Et le manque de volontarisme politique, il est dû à quoi ?

Aux personnalités et aux partis qui gouvernent.

16:07
Présentateur

Alors, puisque vous parlez de volontarisme politique, en dépit des mauvais chiffres du chômage, le gouvernement veut garder son optimisme sur la décrue à venir du chômage, comme par exemple Myriam El Khomri, la ministre du Travail, c'était cet après-midi. Lors des questions d'actualité au Sénat, on l'écoute.

16:20
Invité

Oui, les chiffres du mois d'août sont en effet mauvais. Les chiffres du mois d'août montrent une hausse de demandeurs d'emploi en catégorie A de près de 50 200. Mais il faut être aussi lucide. Et ces chiffres ne remettent pas en cause la trajectoire. Cette trajectoire, permettez-moi d'ici de le rappeler. Nous le savons tous. Qu'il soit bon ou mauvais, je le dis à chaque fois. Tous les mois, il faut regarder les choses sur au moins trois mois. C'est ce qu'apprend également l'ensemble des services statistiques. Que dit l'INSEE ? Le chiffre du BIT que bien souvent vous nous envoyez quand on parle des comparaisons internationales. Que le chômage a baissé en France en un an de 10,5% à 9,9%.

Voilà la réalité. Et en même temps, nous avons lancé le plan d'urgence pour l'emploi en janvier dernier. Pour nous donner toutes les chances pour combattre justement ce fléau qu'est le chômage. Pour donner toutes les chances aux demandeurs d'emploi. Notamment les moins qualifiés. Alors non, il ne s'agit pas de trucage de statistiques. Que de lancer un plan de formation avec les présidents de région.

17:28
Présentateur

Alors je vous voyais soit, et je mets de côté Jessica Girondal, amusée, consternée. Je ne sais pas quel qualificatif il faut utiliser. Antonin Grellet, quand la ministre parle de trajectoire, il faut attendre la trajectoire. Est-ce que ça vous parle ?

17:40
Invité

Oui, en fait on a vu la trajectoire. Et la trajectoire c'est aller dans le mur directement le plus vite possible. C'est vraiment incroyable. Elle parle de regarder sur une durée plus longue. Mais vous pouvez regarder sur trois mois ou sur la totalité du mandat. On est sur une catastrophe. Et c'est très facile. Pourquoi on est sur une catastrophe ? Parce qu'il n'y a pas eu de réforme de fonds. On n'a fait qu'essayer d'acheter de l'emploi en saupoudrant par-ci par-là. Et aujourd'hui c'est ce que font les socialistes en essayant de lancer.

18:04
Présentateur

Acheter de l'emploi, vous voulez dire subventionner des emplois ? Vous parlez de cela ?

18:08
Invité

C'est ça. L'économie ne fonctionne pas en saupoudrant de l'argent qu'on crée l'emploi. C'est en encourageant les entreprises à se développer.

18:15
Présentateur

Jessica Gernard, je voudrais vraiment avoir votre réaction. Parce qu'il y a deux visions. Et là vous êtes un petit peu seule contre deux. Vous représentez aujourd'hui le pouvoir qui est à gauche. Il y a la vision qui est celle d'aider les entreprises. Parce que ce sont les entreprises qui créent l'emploi. Il y a ce qui a été mis en place par le gouvernement. Même s'il a quand même tendu la main aux entreprises, le gouvernement a beaucoup subventionné certains emplois. Quelle est votre conviction ? Est-ce qu'il n'a pas assez fait pour les entreprises ? Ou trop fait en subventionnage des emplois ?

18:42
Invité

Je ne mettrai pas toutes les entreprises dans le même panier. Parce qu'il y a des entreprises dont le but est de faire du profit. C'est même toutes d'ailleurs, généralement. Je pense qu'il y a l'économie sociale et solidaire qui est vraiment à aider. Et ce modèle est à généraliser. L'un n'empêche pas l'autre. Mais le problème c'est que les aides qu'on fait aujourd'hui aux entreprises sont pour les entreprises du CAC 40. Ce qui n'ont pas énormément de but ni d'objets sociaux. Et n'embauchent plus. et n'embauchent pas, même après ces aides-là. Donc il y a ça. Et aussi pour moi le fait qu'il faut redistribuer le travail et donc réduire le temps de travail.

Les jeunes socialistes sont pour les 32 heures. C'est un gâteau qu'on partage aussi facilement. C'est vraiment une question pragmatique. Je voulais juste finir là-dessus. Je suis désolée. C'est prouvé comme étant scientifiquement complètement. Non, non, c'est pas prouvé. On n'a jamais pu. Je te propose un raisonnement par l'absurde. Le temps de travail. Si demain je tue 5% de la population, est-ce que subitement il y a 5% de la population ?

19:33
Présentateur

Heureusement que c'est un raisonnement par l'absurde.

19:35
Invité

C'est un raisonnement par l'absurde. Ce n'est pas parce que vous supprimez du travail que subitement il y en a plus pour tout le monde. Ça ne marche pas. On a essayé, ça ne marche pas. Premièrement, le but de l'économie, ce n'est pas de créer de l'emploi, c'est de créer des richesses. Aujourd'hui, on le fait très bien. On crée énormément de richesses. La France est riche, l'Europe est riche. Maintenant, il faut redistribuer ce travail. Qu'est-ce qu'on a parlé par la France est riche ? La France est riche, la France produit des richesses.

19:55
Alexandre Loubet

La France perd ses richesses. Pour le coup, la France perd ses richesses. C'est juste une question pragmatique.

19:59
Invité

Aujourd'hui, avec la numérisation de l'emploi, il faut partager l'emploi.

20:01
Alexandre Loubet

Chaque année, on a entre 60 et 80 000 jeunes qui partent travailler à l'étranger. Si on regarde, ne serait-ce que l'industrie du jeu vidéo, j'ai vu ce chiffre, ça m'a consterné. Est-ce que vous savez qu'il y a autant, quasiment, si ce n'est plus, de salariés français dans le secteur du jeu vidéo au Canada qu'en France ? C'est quand même aberrant. C'est une aberration pour vous ? Exactement. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en fait, notre enseignement supérieur à aujourd'hui, l'État, est en train finalement d'accompagner, de promouvoir des cerveaux pour servir des économies autres que la nôtre. Il y a des étudiants étrangers qui viennent travailler en France.

Il y a des étudiants étrangers qui viennent prendre des mesures à partir d'un modèle bisou. Il y a cet accompagnement.

20:43
Présentateur

Je voudrais quand même qu'on parle de l'apprentissage, c'est très important, parce que ce gouvernement comptait beaucoup sur cette question. Plus d'apprentis, c'était aussi moins, normalement, de chômeurs en catégorie A, ça n'a pas encore fonctionné. Est-ce que l'exemple pour vous, c'est vraiment l'Allemagne ? Parce que l'Allemagne, sur ce sujet, oui, vous voulez réagir ?

20:58
Alexandre Loubet

Oui, tout à fait. Parce que si la priorité du gouvernement était d'avoir plus d'apprentis, pour le coup, quand on regarde les chiffres...

21:03
Présentateur

Il y avait un plan d'urgence qui était en tout cas destiné pour cela.

21:06
Alexandre Loubet

Il y a eu 10% d'apprentis en moins en France depuis 2012. Donc on voit véritablement que finalement, la politique du gouvernement a été opposée au développement de l'apprentissage. Et pour prendre justement l'exemple de l'Allemagne, je ne les admire pas.

21:18
Présentateur

3 fois plus d'apprentis formés qu'en France pour 3 fois moins cher, avec pour résultat 3 fois moins de chômeurs dans la jeunesse.

21:23
Alexandre Loubet

Si on avait utilisé tous les fonds publics qu'on a utilisés pour les emplois d'avenir qui n'ont servi à rien, et quand on voit les degrés de qualification qu'ils ont offerts à des anciens étudiants peu diplômés, etc., il y a des exemples qui sont presque indécents. Si on avait pris tout cet argent et qu'on l'avait mis sur l'apprentissage, qu'on l'avait mis sur la professionnalisation, et sur l'éducation...

21:50
Présentateur

Je sens que Jessica Gernal brûle d'impatience de vous dire, mais que n'avez-vous pas fait ? Vous le venez quand même. Non mais ce n'est pas juste ça, c'est surtout que le chemin est toujours structurel. Que n'avez-vous pas fait ?

21:59
Alexandre Loubet

Mais c'est tout à fait. Et surtout des milliers de jeunes. Vous ne m'avez pas entendu envoyer de pique politique à mes débattants, je ne le ferai pas.

22:07
Invité

Et qui ont réussi à vivre grâce à ça, donc c'est un petit peu facile de dire que les emplois d'avenir n'ont servi à rien. Ça a servi à des milliers de jeunes.

22:13
Alexandre Loubet

Jessica, le problème n'est pas là. Le problème, c'est toujours la même histoire de, si tu veux aider quelqu'un, c'est cette vieille histoire d'enfant où on dit, il y a quelqu'un qui meurt de faim, donnez-lui un poisson, il vivra pour une journée, apprenez-lui à pêcher, il vivra toute sa vie. C'est toujours cette même histoire. Et c'est l'idéologie socialiste que vous représentez, mais qui est honorable, vous avez le droit, ce n'est pas la mienne, qui consiste à dire qu'il vaut mieux donner à quelqu'un les moyens de s'en sortir seul, plutôt que de lui donner un minimum.

22:48
Présentateur

Écoutez-moi, ce débat s'appelle parole de jeunes. Si vous ôtez à un moment vos réflexes, partisans, ce qui est tout à fait aussi légitime, si vous enlevez toute cette idéologie, qu'est-ce qui reste ? Qu'est-ce que vous ressentez, j'allais dire, dans vos tripes vous-même ? Quelle mesure serait, après tout ce temps, la plus nécessaire, urgente pour les jeunes aujourd'hui ? Que vous représentez ? Vous avez, j'imagine, dans votre entourage, des gens qui sont dans cette situation.

23:13
Alexandre Loubet

Bien sûr. 50% de baisse de charge.

23:15
Présentateur

Directement, voilà, une mesure. La réduction du temps de travail.

23:19
Invité

On est sur acheter de l'emploi, ou faire quelque chose qu'on sait que ça ne marche pas. On sait que ça ne marche pas, personne ne l'a jamais essayé, c'est un petit peu facile de dire ça. Je voudrais répondre à votre question, mais bien sûr qu'on l'a déjà fait. Moi, je n'achète pas de l'emploi, en tout cas de la croissance. Je veux juste revenir sur une question que vous avez posée tout à l'heure. Est-ce que l'Allemagne, c'est le modèle ? Je ne crois pas qu'il faut qu'on ait un modèle à copier précisément et exactement. Ça n'a aucun intérêt. Ce qu'il faut qu'on fasse, c'est très simple, c'est aller regarder dans tous les pays autour de nous qu'est-ce qu'on peut appliquer de manière efficace.

Et on peut aller en Finlande et prendre l'excellent système d'éducation qui a complètement remis en question tous ses fondements il y a une vingtaine d'années et qui aujourd'hui est le meilleur du monde. Ça, c'est incroyable. C'est juste à côté de chez nous.

23:59
Présentateur

Prenez-moi l'exemple de l'apprentissage, par exemple. Est-ce que pour vous, le modèle allemand est un modèle à suivre ? Pourquoi est-ce qu'en Allemagne, il y a même une différence de culture ? Pourquoi est-ce qu'on n'a pas honte de dire qu'on est apprenti ? Pourquoi est-ce que les familles mettent en avant les apprentis et qu'en France, vous le savez mieux que moi, etc. C'est encore un peu un sujet tabou. Pourquoi ?

24:15
Invité

D'abord parce que dès le lycée, on dit aux élèves si tu es bon, tu iras en général. Si tu es mauvais, tu iras en technologique ou en technique.

24:25
Présentateur

Donc ça vient de l'éducation, de l'école ?

24:27
Invité

Il faut que les bons étudiants puissent aussi accéder. Il faut sortir cette idée-là des jeunes et c'est simple.

24:34
Présentateur

C'est à vous de le faire, c'est à vous de le porter.

24:36
Alexandre Loubet

Ça fait 20 ans qu'on a notre classe politique, qu'elle soit de gauche comme de droite, qui ne cesse de dévaloriser justement les filières d'apprentissage.

24:45
Présentateur

J'aime bien quand vous dites une classe politique parce que vous faites partie d'un parti.

24:48
Alexandre Loubet

Oui, c'est un parti d'envoyer tout le jour. Tout le monde est dans le 25. Moi, personnellement, je suis une personnalité politique qui n'a pas exercé des fonctions de pouvoir à l'échelon national.

24:57
Présentateur

Ça va venir, c'est un peu jeune, mais ça va venir. Ça n'attend pas le nombre des années, c'est vrai.

25:00
Alexandre Loubet

Non, mais pour le coup, Nicolas Dupont-Aignan avait quitté l'UMP à l'époque, justement lorsque la droite arrivait au pouvoir, parce qu'il était en total désaccord avec la ligne qui allait être suivie. Et qui voulait être candidat avec son présidentiel ? Non, absolument pas. La ligne, il n'a pas été candidat en 2007.

25:14
Présentateur

Voilà, pour Nicolas Dupont-Aignan, je vous ramène quand même au cœur de notre débat. Non, mais juste l'effet que tu m'acquilles,

25:20
Alexandre Loubet

comme visiblement Madame El Khomri tout à l'heure sur les chiffres du chômage, et c'est aberrant. Quoi qu'il en soit, le vrai problème qu'il y a eu, c'est tout simplement qu'on a complètement abandonné cette jeunesse-là dont je parlais, qui est confrontée aujourd'hui au chômage. Tout simplement. Et cette jeunesse-là, elle a besoin de sentir, justement, de sentir valorisé, de sentir que le métier manuel n'est absolument pas dévalorisant, d'être accompagné dans les réglementations.

25:42
Présentateur

Ce n'est pas suffisamment dans les discours de vos partis et des responsables que vous soutenez. Pourquoi vous ne leur dites pas directement vous qui portez les rêves ?

25:49
Alexandre Loubet

Mais pour le coup, si je suis dans ce parti-là, de boule à France, si je suis Nicolas Dupont-Aignan, c'est parce qu'il tient cette position-là. Je n'ai absolument pas à avoir honte du bilan du président de mon parti, qui est candidat à l'élection présidentielle. À son niveau, que ce soit dans sa ville, où il a complètement désendetté sa ville, ou alors en tant que député, on peut dire qu'il a été absolument exemplaire. Elle a réglé d'ailleurs à 80% au fond des tours.

26:12
Invité

C'est normal, quand on est populiste, on n'a jamais honte de rien.

26:15
Alexandre Loubet

Quand on est populiste, on n'a jamais... Visiblement, Mme El Khomri était bien plus populiste que tout ce que vous pouvez imaginer. Moi, je n'avais visiblement pas honte de présenter les chiffres. Non, non, mais je n'ai pas l'impression, en tout cas, moi, dans ce que j'entends aussi bien dans le milieu politique qu'ailleurs, qu'on dévalorise l'apprentissage. Je pense qu'il y a une culture française, de l'élitisme intellectuel à la française.

26:34
Présentateur

Je ne dis pas qu'il n'est pas suffisamment mis en valeur pour aller contre cette culture française.

26:38
Alexandre Loubet

Moi, je crois que, pour le coup, les discours politiques, je parle des discours, vont assez dans ce sens-là. Et globalement, moi, qui accompagne Bruno Le Maire dans cette primaire, j'entends beaucoup Bruno Le Maire en parle beaucoup, et dans son contrat de mandat, il y a une grande partie qui est liée à l'apprentissage. Et je crois que beaucoup, beaucoup de responsables politiques, quel que soit leur mouvement, contribuent à valoriser la filière d'apprentissage. Maintenant, le problème, c'est qu'il ne suffit pas de le dire, il faut aussi le faire. Et un changement de mentalité, ça prend beaucoup de temps. Je crois aussi qu'on est une génération.

Je veux dire, quand dans notre génération, celle dont on fait partie ici autour du plateau, on verra tous nos amis qui ont fait de l'apprentissage en informatique, avoir des jobs à vie extrêmement bien payés, et que les philosophes des filières littéraires auront beaucoup de mal, nous aussi, on changera nos habitudes. Ça prendra du temps, il faut reconnaître. Ça prendra du temps. Par contre, il faut que les pouvoirs publics mettent les moyens pour que quand le changement sera opéré dans notre génération, ça puisse être effectif. Et pour le coup, il n'y a pas qu'à mettre les moyens ou changer la mentalité. On le voit aujourd'hui.

À quoi servirait de développer l'apprentissage si on abandonne toute notre industrie ? On le voit aujourd'hui avec Alstom, par exemple. Pour le coup, je suis désolé, mais l'État a été complètement passif, inactif, complice de ce qui s'est déroulé. On a laissé racheter un fleuron national par les Américains. On savait pertinemment l'issue de ce qui allait se produire. On savait pertinemment qu'Alstom serait progressivement détricoté. Et donc, qu'est-ce qu'on fait ?

27:59
Présentateur

On devient plus protectionniste que protectionniste ? On se referme sur nous-mêmes ?

28:03
Alexandre Loubet

C'est absolument pas se refermer sur nous-mêmes. Justement, prenons l'exemple d'Alstom. Pour le coup, c'est une réussite américaine au détriment des Français. Tout simplement parce que...

28:12
Présentateur

C'est vrai, Alstom, à l'international, sourit.

28:14
Alexandre Loubet

Les États-Unis sont incontestablement libéraux. Incontestablement. Est-ce qu'on peut dire qu'ils sont repliés sur un même pardon ? Il y a beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux.

28:28
Présentateur

Attendez. Et à l'instant, celle-ci, cette jeunesse-là, elle a besoin qu'on lui fasse aussi, tout simplement, confiance. Qu'on lui donne sa chance. On ne l'a pas entendu tout à l'heure, parce qu'on parle des chiffres, on parle des réformes. C'est peut-être un peu plus, un peu moins, plus abstrait. Mais la confiance, c'est pas rien ?

28:41
Invité

Justement, par rapport à ça, je pense qu'il ne faut pas prendre les jeunes pour des imbéciles et les laisser prendre leurs propres décisions. Et on n'a pas d'outils, aujourd'hui, pour aider les jeunes à prendre leurs décisions. Vous savez que le système d'éducation supérieure est extrêmement complexe, qu'il y a des formations qui mènent très facilement à l'emploi et d'autres beaucoup moins. L'informatique, par exemple, c'était la question que tu me posais tout à l'heure. Je fais de l'informatique, donc c'est pour ça que je ne me sens pas du tout attaqué par le chômage. Je pense que je n'aurais pas de problème pour trouver du travail.

Moi, j'ai une proposition très simple, gratuite, et qui pourrait à la fois aider les étudiants à choisir plus facilement leurs études. C'est très simple. Alors, vous demandez à tous les organismes qui dispensent des formations, que ce soit des universités, des grandes écoles ou tout autre type d'organisme, de formaliser très précisément quel est le taux d'embauche à la sortie de la formation, quel est le taux d'embauche à la sortie de la formation dans des métiers qui sont en lien avec la formation. parce que si vous avez fait un master de bio et que vous êtes chez McDo, ça ne compte pas. Oui, c'est logique. Ça existe. Juste donner... Non, non. Il n'y a pas d'information standardisée.

29:46
Présentateur

Il définit sa proposition concrète.

29:47
Invité

Il n'y a pas d'information standardisée en open data accessible à tout le monde pour que les étudiants puissent simplement savoir à quoi mène directement leur formation. Ça n'existe pas. Je vous assure...

29:59
Présentateur

Voilà pour cette proposition concrète.

29:59
Alexandre Loubet

Je vous assure que si vous dites... Informer, c'est bien, mais ça ne doit pas non plus donner le prétexte de ne pas agir. Non, mais voilà.

30:05
Présentateur

C'est gratuit, c'est instantané.

30:07
Invité

Si vous dites à un jeune que sa formation mène à 50% de chômage, il n'ira pas.

30:11
Présentateur

On a entendu votre proposition. C'est un sujet à présent de politique pure, j'allais dire. C'est la primaire qui attire l'attention. La primaire de la droite et du centre. Les livraisons de sondages se multiplient et les problèmes également pour Nicolas Sarkozy. C'est vraiment une semaine noire. Et il cogne désormais sur les plateaux de télévision comme dans son livre « À charge contre l'ancien président ». L'ex-conseiller controversé de Nicolas Sarkozy, hier dans le 20h de France 2, n'a ménagé ni l'actuel président ni l'ancien. On l'écoute.

30:38
Invité

La comédie du pouvoir est devenue le symptôme de la tragédie française. J'ai en tête les mots de François Mitterrand. Je serai le dernier des grands présidents. Eh bien, chacun à leur manière, Sarkozy et Hollande ont validé cette prophétie. Ce sont deux frères jumeaux, deux présidents selfies, absorbés par la jouissance du pouvoir au point de transformer l'exercice de leur mandat en exercice de développement personnel.

Et voyez, ce qui est très intéressant, l'impopularité qui les frappe aujourd'hui, tous les deux, eh bien, ce n'est que l'expression par les Français de la nostalgie profonde qu'ils ont pour ces hommes d'État qui faisaient passer le service du bien commun et l'amour de la France avant leur propre personne.

31:24
Présentateur

Alors, un tour de table et j'ai deux questions auxquelles je voudrais que vous répondiez. D'abord, Clément Forestier, il y a le fond dont on va parler, la taxe, je vais vous laisser réagir, et la forme. C'est important parce qu'il faut rappeler que ce livre, il est né après des enregistrements pirates, qui ont donc donné ce livre. Je voudrais que vous réagissiez sur la méthode et sur, j'allais dire aussi, le tremplin qu'on offre à cet ancien conseiller.

31:48
Alexandre Loubet

– Bon, d'abord, ce monsieur qui se pavane sur les plateaux de télévision n'avait pas l'air d'avoir trop de problèmes avec la manière dont Nicolas Sarkozy jouissait du pouvoir quand il s'agissait pour lui-même personnellement de toucher un salaire, des bureaux et tout un tas de moyens aux frais de la République et donc du contribuable. Donc, peut-être, au lieu de lancer des leçons de moralité aujourd'hui, aurait-il dû se les appliquer à lui-même, à l'époque où lui-même en bénéficiait. Ça, c'est la première chose.

C'est un abject individu qui, en plus, a vendu manifestement à Nicolas Sarkozy pendant des années une ligne politique excessivement réactionnaire et très à droite et très virulente qui n'en aurait pas…

32:32
Présentateur

– Oui, qui a été appliquée au moment où celui que vous soutenez était au sein du gouvernement.

32:37
Alexandre Loubet

– Oui, oui, oui.

32:39
Présentateur

– Vous n'étiez pas déconnecté de cela.

32:42
Alexandre Loubet

– Non, non, mais oui, alors c'est vrai que sur l'agriculture, ça a eu moins d'impact. Il faut le reconnaître.

32:47
Présentateur

– Certes, mais enfin, on est solidaires d'un gouvernement, n'est-ce pas ?

32:50
Alexandre Loubet

– Je n'étais pas au gouvernement.

32:51
Présentateur

– Et d'une ligne. Non, mais vous soutenez quelqu'un qui l'était.

32:53
Alexandre Loubet

– Mais bien sûr, et il l'est, et il est aussi solidaire de Nicolas Sarkozy quand il s'agit de défendre Nicolas Sarkozy des attaques ridicules que ce monsieur préfère aujourd'hui. Maintenant, ça n'enlève rien au désaccord de fond que je peux avoir avec Nicolas Sarkozy sur un certain nombre de sujets, mais aussi bien sur le fond que sur la forme, je pense que cet individu qui parle beaucoup de décence devrait avoir la décence de Ster lui-même.

33:14
Présentateur

– Allez, on va conclure rapidement. Alexandre Loubet ?

33:15
Alexandre Loubet

– J'ai envie de dire tout simplement qu'elle bat cesse dans la méthode, mais ça démontre bien d'une part le cynisme de Nicolas Sarkozy, celui de François Hollande également puisqu'il en a parlé, et aussi de la manière qu'a Nicolas Sarkozy de s'entourer qui est finalement assez pitoyable. Et finalement, ça reste à l'image de la primaire de la droite

33:33
Invité

qui reste une bataille d'égo.

33:34
Présentateur

– Grêlé et Jessica Gérondal ?

33:36
Invité

– Je ne sais pas, j'ai l'impression avec Nicolas Sarkozy que j'ai des capacités intellectuelles limitées, parce que j'ai beau encaisser des nouveaux scandales, des nouvelles choses qui me mettent hors de moi, je ne suis plus en capacité de l'étonner.

33:48
Présentateur

– Et pourtant, vous participez à la primaire de la droite et du centre, parce qu'il ne faut pas oublier que c'est celle du centre aussi.

33:52
Invité

– Parce qu'il y a beaucoup de centristes et candidats, mais moi, Nicolas Sarkozy, il y a juste un seul mot qu'il qualifie pour moi, c'est l'incompétence. Nicolas Sarkozy, c'est doublement de la dette en 5 ans. – C'est votre avis. Jessica Gérondal pour conclure. – S'il n'y a rien d'étonnant dans cette nouvelle affaire, ça nous montre encore une fois qui est réellement Nicolas Sarkozy et pour quoi il se bat, c'est-à-dire pour lui-même. – On a entendu qu'il y avait une charge tout aussi sévère envers François Hollande. – Oui, mais après, on ne parle pas des mêmes affaires et on ne parle pas des mêmes problématiques. – Merci en tous les cas pour ce débat et cette analyse.

34:23
Présentateur

Parole de Jeune, c'est fini ce soir.

34:24
Invité

Merci à vous, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine. – Sous-titrage ST' 501