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Discours / meetingMarine Le Pen (sur YouTube)· 16 juin 2026 10 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Pour une Corse autonome au sein de la République : le discours en intégralité de Marine Le Pen

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 20 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Marine Le PenFait
    « L'affaire Colona, l'assassinat d'un homme dont l'État avait la garde, n'aurait jamais dû arriver. »
  • 5:00Marine Le PenFait
    « L'autonomie ne peut s'exercer qu'au sein de la République et non contre elle. »
  • 6:00Marine Le PenPromesse
    « Nous défendons par exemple l'instauration de la préférence locale sur l'île pour les logements HLM. »

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Marine Le Pen

Madame la présidente, madame la ministre, monsieur le rapporteur, chers collègues, il est des moments dans la vie des familles comme dans celles des nations où le cœur et la raison commande de faire terire les brouilles pour ouvrir la voie de la réconciliation. Cela impose de quitter des postures bien peu utiles, des rissements aujourd'hui anachroniques et des surenchères toujours absurdes. Cette période d'apaisement dans laquelle nous voulons tous entrer est nécessaire pour la France. Elle est vitale pour la Corse.

La réconciliation ne s'édifie ni sur l'amnésie ou le ressentiment, mais sur le courage et la vérité, ni sur les calculs ou les faux semblants, mais sur l'humanisme et l'amour de l'avenir. Elle exige d'aller vers le pardon mutuel des fautes sans se renier ni s'accabler en recherchant avec lucidité la voix la plus nécessaire pour nos enfants. Et ça dire qu'il n'y a pas eu de faute. Certes non. D'un côté, ceux qui en Corse ont fait le choix de l'intimidation de la violence jusqu'à l'assassinat d'un grand commis de l'État, le préfet Irignac.

Et de l'autre, en ne prenant pas suffisamment en compte l'âme de la Corse, l'État et non la France a vraisemblablement dans l'esprit de certains manqué au pacte multiséculaires de fraternité qui unit l'île à la communauté nationale. Des faiblesses, des erreurs de jugement, des manquements, une procrastination et parfois des dérives ont pu malheureusement contribuer à rompre dans l'esprit de trop nombreux corses la confiance mutuelle. Je me désole qu'elle ait pu descendre chez certains de manière injuste les liens affectifs indéfectibles qui les unissent tous à la nation française. L'affaire Colona, l'assassinat d'un homme dont l'État avait la garde, n'aurait jamais dû arriver.

Cet état dont je souhaite qu'il soit dirigé de manière différente a été très largement laissé à lui-même du fait d'une classe dirigeante sans repère, sans courage et sans vision. Une classe politique qui tout au long de ces années porte une grande part de responsabilité dans ses ambiguités. tragique dans ces dérives inadmissibles et finalement dans cette immense gâchi. Le gouvernement met un projet sur la table, un projet qui ne serait qu'une occasion raté supplémentaire s'il s'agissait pour un gouvernement finissant de donner à un exécutif au pouvoir en Corse depuis 10 ans une satisfaction symbolique.

Rien ne serait plus décevant à l'égard des Corse que de dresser avec le mot fétiche autonomie une sorte de totem en bois vermoulu autour duquel tout le monde serait appelé à danser à défaut d'agir. On ne légifère pas pour satisfaire des factions. On ne légifère pas pour masquer l'indigence d'un bilan. Rien ne serait plus malhonnête que de légiférer pour créer une illusion de solution. Le mot autonomie ne nous fait pas peur.

Il correspond non seulement à une demande démocratique, mais aussi à la nécessité technique et politique de prendre en compte la singularité insulaire, les problèmes spécifiques, mais aussi l'âme corse que des siècles d'histoire, l'attachement à la terre des valeurs et une identité propre ont façonné. qui mieux que moi, attaché à mon à mon identité française et bretonne peut comprendre la volonté des corsees d'être eux-mêmes, de cultiver leur identité tout en étant pleinement des acteurs du destin national au sein d'une communauté française qui face au défi du temps doit se retrouver.

Pour autant, nous le disons tout net, si l'autonomie c'est au nom d'un nationalisme tiermondiste des années 70, le sésame pour ouvrir la Corse à la submersion extraeuropéenne, c'est non. Si c'est pour abandonner nos compatriotes Corse à des logiques féodales ou mafieuses, c'est non. Si c'est un cadeau d'adieu d'un régime aux abois à la division antinationale, ce sera encore non. L'autonomie ne peut s'exercer qu'au sein de la République et non contre elle. L'autonomie doit s'envisager comme un acte de confiance mutuelle dans une logique de responsabilité partagée.

L'autonomie ne doit pas non plus être un slogan, c'est-à-dire du vent, pas plus qu'un état artificiel pour soutenir des forces déclinantes. Un nouveau statut doit être un levier pour traiter vraiment les problèmes de la Corse et des Corses. Les traiter au bon échelon, c'est-à-dire conformément au principes de subsidiarité. Le logement, l'emploi, le pouvoir d'achat, la vie chère. les ententes, la continuité territoriale, l'abandon rural, mais aussi des questions comme la démographie, la culture, la langue. Concrètement, l'autonomie doit être le moyen de permettre aux Corse de pouvoir vivre, étudier, se loger et travailler en Corse.

Elle doit être le moyen d'être eux-mêmes dans une République qui retrouve sa cohésion. Il est logique que les Cor aspirent à être respecté chez eux et c'est pour cela que nous défendons par exemple l'instauration de la préférence locale sur l'île pour les logements HLM. Cette autonomie que nous entendons défendre n'a de sens que si nous l'amenons à bien, c'est-à-dire si elle réussit, si elle échoue, elle ne suscitera que le sarcasme et les regrets d'avoir fait perdre un temps précieux à tous. Pour réussir, c'est-à-dire être durable et efficace, le statut doit être consensuel et réaliste. Selon nous, l'autonomie doit satisfaire à quatre conditions.

Elle doit être positive, c'est-à-dire ne pas s'inscrire dans une démarche de sécession avec la communauté nationale, une aventure extrémiste dont personne de sérieux ne veut. C'est pourquoi dans notre esprit l'affirmation constitutionnelle d'une communauté corse me semble un terrain marécageux vers lequel il nous faut éviter d'aller. La République ne reconnaît qu'une seule communauté, la communauté nationale. Dans les corps, ce sont les enfants, des enfants qui ont tant participé à son histoire et ont vocation à en construire l'avenir. [applaudissements] Pour autant, pour autant, nous voulons ardemment que l'âme corse puisse être reconnue et défendu.

L'État doit être le garant de cette protection de l'identité corse comme il doit être le garant de l'identité nationale. L'autonomie doit être raisonnable. Si les capacités d'adaptation législative nous semblent pertinentes et même nécessaires, elles ne peuvent pas ouvrir une compétence législative générale qui serait en pratique à la fois absurde et impraticable. 3è point, l'autonomie doit être respectueuse du droit des Corses. Elle ne doit pas être un moins mais un plus. Elle ne peut intervenir que s'ils sont garanties de manière absolue les droits et libertés des Corses.

La Corse ne peut être une terre de non droit abandonné à des féodalités politiques dont on peut craindre qu'elle puisse être confrontée elle-même un jour à des pressions ou intimidations de nature mafieuse. C'est pourquoi l'autonomie ne peut s'exonérer du contrôle de légalité. des procédures d'un état de droit, une exigence démocratique et constitutionnelle que Pascal Pauli n'aurait pas désavoué. L'autonomie doit en fait enfin, pardon, être équilibrée, c'est-à-dire instaurement des contrepouvoirs et notamment une représentation qui tiennent compte des spécificités internes à Lille, que ce soit l'identité propre de Bastia ou d'Ajacio, celle des zones littorales et de montagne.

Qui peut se satisfaire du statut actuel qui a confié tous les pouvoirs politiques ? et disons-le économique à une même entité centrale et univoque. C'est le sens de la proposition que nous faisons avec notre allié Mossapa Latina de Nicolas Bâini d'instaurer deux conseils de pièv dans le nord et dans le sud de l'île afin de rétablir la tradition millénaire des corses basées sur l'entente des communautés villageoises de l'intérieur et la prise en compte des volontés populaires dans les quartiers précaires comme dans la ruralité profonde foyer et sanctuaire de l'âme corse délaissé et bafoué par 10 années de centralisme aja. Ce sont ces quatre conditions qui ont présidé à notre contreprojet.

Permettez-moi d'ailleurs de noter que notre groupe est le seul à présenter une réforme constitutionnelle globale alternative. Je tiens à saluer ici la démarche du président Siméoni. De venir auprès de tous les groupes de l'Assemblée nationale échanger directement sur ce projet. C'est d'autant plus admirable que face aux inévitables surenchères des ultras, la route de l'apaisement est toujours une voie difficile. Cette volonté de dialogue serein, tant avec les forces insulaires qu'avec le gouvernement sur l'avenir de la Corse, nous la partageons. Nous voulons croire que le gouvernement comme le Bloc Central sont aussi prêts à écouter et je l'espère surtout à entendre.

Il ne tient donc à eux de rechercher les compromis qui permettront de dégager une majorité parlementaire. Ils doivent pour cela tenir compte des lignes rouges que nous posons et analyser sans a priori les contrepropositions que nous faisons. Si l'intransigence ou les calculs devaient faire éjouer cette occasion de trouver une voie pour la Corse, nous remettrons l'ouvrage sur le métier après l'élection présidentielle. Nous aurions perdu du temps, un temps précieux alors même que les Corses attendent impatiemment qu'on règle leurs problèmes. Je le dis ici avec une certaine gravité. Comme le reste de la France et de l'Europe, la Corse est à un tournant de son histoire.

La démographie, l'immigration de masse, l'effondrement économique, l'absence de décision, mais surtout la faiblesse de vue, d'âme et de tempérament de nos dirigeants font peser sur nos sociétés Corse françaises et européennes une menace existentielle. C'est à nous, c'est à notre génération qu'il appartient de trouver des solutions et vite. C'est tout l'objet de ce débat parlementaire dans lequel le Rassemblement national s'engage avec esprit d'ouverture.