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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 4 mars 2025 8 minComplaisantFond programmatiqueSantéEnvironnement & énergie

Obésité : "Agir sur le mode de vie au sens large est au cœur de la prise en charge", selon la professeure Karine Clément

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:58OuverteRéponse directe

    Quelle différence faites-vous entre surpoids et obésité ?

  • 3:11OuverteRéponse directe

    En France, on est à combien de personnes obèses ?

  • 3:44OuverteRéponse directe

    Pourquoi les chiffres augmentent-ils à ce point dans le monde ?

  • 5:38OuverteRéponse partielle

    Ces nouveaux médicaments vont-ils vraiment solutionner le problème ?

  • 6:30RelanceRéponse directe

    Le risque n'est-il pas de se dire qu'avec un traitement, on n'a plus besoin d'agir sur les causes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14InvitéChiffre
    « 6 sur 10 précisément. Cette maladie ne cesse de gagner du terrain. »
  • 0:17InvitéChiffre
    « Un tiers des enfants pourraient être concernés en 2050. »
  • 3:13PrésentateurChiffre
    « En France aujourd'hui, on estime qu'on est à 8 millions de personnes, donc c'est 17% en moyenne de la population française en situation d'obésité. »
  • 7:25PrésentateurFait
    « Agir sur les comportements, l'alimentation, l'activité physique, le mode de vie au sens large est au cœur de la prise en charge pour les patients en situation d'obésité. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité24 %

≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Il est 6h21. Dans 25 ans, plus de la moitié des adultes dans le monde risquent d'être obèses ou en surpoids. 6 sur 10 précisément. Cette maladie ne cesse de gagner du terrain. Un tiers des enfants pourraient être concernés en 2050. Des chiffres issus d'une étude internationale publiée ce matin dans la revue scientifique britannique The Lancet. Et je reçois l'une des plus grandes spécialistes du sujet. Bonjour Karine Clément. Bonjour. Vous êtes médecin, professeur de nutrition à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Vous dirigez aussi une étude de recherche sur l'obésité à l'Inserm et Sorbonne Université. C'est le laboratoire Nutriomics.

Alors c'est d'autant plus intéressant de vous avoir qu'hier vous avez participé aux premiers états généraux de l'obésité organisés au ministère de la Santé. Donc à en croire cette étude, rien n'y fait. Après année après année, il y a toujours plus d'obèses dans le monde.

0:56
Présentateur

Oui en effet et on constate également que des prédictions sont faites. Et chaque fois qu'on fait de nouvelles prédictions, et c'est ce que montre cette étude, on dépasse les prédictions initiales. Et donc on voit bien, alors ce qui est original dans cette étude, c'est à la fois, ils ont séparé à la fois des données chez l'adulte, également chez de jeunes enfants de 5 à 14 ans, et puis ensuite chez des adolescents, alors au sens anglo-saxon du terme, de 14 à 25 ans.

Et on voit inexorablement l'augmentation, avec des prédictions jusqu'à 2050, qui montrent qu'à la fois le surpoids et l'obésité pourraient toucher chez l'adulte près de 4 milliards de personnes dans le monde, et donc avec une répartition par région. Et en fait cette tendance se voit également chez les enfants et les adolescents, avec des chiffres aussi qui progressent de façon assez impressionnante dans certaines régions du monde.

1:51
Invité

Alors dans cette étude, on voit que chez les moins de 18 ans, le surpoids va se stabiliser, en revanche le nombre d'enfants obèses va fortement augmenter. Justement, il est important de rappeler, quelle différence vous faites entre surpoids et obésité ?

2:02
Présentateur

Alors on est toujours sur des chiffres liés à l'index de masse corporelle, qui est le poids divisé par la taille en mètres au carré, donc avec des chiffres entre 25 et 30 pour le surpoids, et supérieur à 30 pour l'obésité, sachant que dans les pays d'Asie, puisqu'il y a beaucoup de discussions dans cet article aussi sur la progression dans les pays d'Asie, là il y a un index de masse corporelle qui définit l'obésité, qui est plus bas, qui est supérieur à 27.

2:30
Invité

Puisque vous parliez d'Asie, ce qui est intéressant, c'est que l'obésité a souvent été présentée comme la maladie du siècle dans le monde occidental, mais dans cette étude, on voit bien que ça va bien au-delà. Les progressions les plus fortes justement sont en Asie, en Chine et en Inde, et visiblement il y a une explosion des cas aussi en Afrique subsaharienne.

2:47
Présentateur

Absolument, et également dans les pays du Moyen-Orient également, et donc on voit effectivement cette tendance, on la voyait déjà, ce n'est pas réellement une surprise, et en fait c'est aussi rapporté au nombre, à la population globale, ce qui donne des chiffres assez impressionnants en fait dans les pays d'Asie. Effectivement, comme vous venez de le dire, la Chine et l'Inde sont les pays de tête.

3:11
Invité

Et en France, on est à combien ?

3:13
Présentateur

Alors en France aujourd'hui, on estime qu'on est à 8 millions de personnes, donc c'est 17% en moyenne de la population française en situation d'obésité, avec un gradient, nord-sud, des disparités régionales assez importantes, en particulier dans le nord et l'est de la France, et donc on peut atteindre des chiffres de près de 20%, et puis également dans les dom-toms, avec des chiffres de plus de 20% effectivement, et puis en Occitanie, des chiffres plus bas. Et pourquoi alors les chiffres augmentent à ce point-là dans le monde, Karine Clément ? On estime, alors si on en connaissait toutes les causes, peut-être qu'on pourrait essayer de régler effectivement les différents aspects.

C'est une maladie très complexe, alors on a l'habitude de parler bien évidemment des changements, des modes de vie, de l'alimentation, de la sédentarité, de moins d'activités physiques, et puis des éléments qu'on appréhende moins, qui sont les conditions de vie liées aux polluants. Par exemple, il y a de plus en plus de travaux scientifiques sur l'exposition aux polluants.

On a parlé de l'Inde, ça fait partie des pays dans lesquels il y a une forte exposition, avec des données biologiques, le stress, et puis on a une prédisposition en tant qu'humain, une prédisposition également biologique génétique à stocker du tissu graisseux en situation qui favorise, alors on appelle ça obésogène, c'est-à-dire qui favorise l'obésité.

4:40
Invité

Et il faut rappeler que l'obésité tue et rend malade aussi. Il y a de nombreuses conséquences qui sont liées à ce surpoids.

4:46
Présentateur

Absolument, alors il faut rappeler également, on a souvent tendance à parler de l'obésité comme un facteur de risque d'énormément de pathologies, donc cardiovasculaires, diabète, également les risques de cancer, c'est associé à 13 formes de cancer. Mais aussi, il faut rappeler que c'est une pathologie en tant que telle, une augmentation du tissu graisseux qui a des conséquences, certes sur la santé, mais qui va affecter nos organes, nos tissus et la façon dont ils fonctionnent, et les dialogues entre les organes qui vont être perturbés. C'est-à-dire que le tissu graisseux, par exemple, parle avec le cerveau, parle avec l'intestin, avec le foie, et tous ces dialogues vont être perturbés.

Il y a eu de la connaissance scientifique très importante, en fait, dans ce domaine. On comprend mieux quand même les phénomènes biologiques.

5:32
Invité

Et c'est pour ça aussi qu'il y a de nouveaux médicaments aujourd'hui, dont on ne cesse de parler, qui sont présentés comme révolutionnaires. Ça va vraiment solutionner le problème ?

5:41
Présentateur

Alors, on est passé d'un stade où on n'avait rien pour l'approche pharmacologique. Aujourd'hui, on a des outils et on a besoin d'outils pour soigner des patients. Et donc, on ne peut pas dire que ça va changer l'ensemble des éléments, mais au moins, on a des outils pour travailler. Et donc, ça rend service à un certain nombre de patients. Ça pose des questions aussi. Il faut considérer ces traitements. Là, on est en phase de nouveautés, avec des choses qui avancent. Et donc, les enjeux, c'est quel patient, à quel moment de son histoire et à bon escient. Et donc, tout ça se travaille actuellement. Et à quel prix aussi, j'imagine ? Alors, bien évidemment, il y a des enjeux de coût et d'accès.

D'ailleurs, quand on voit les chiffres mondiaux, on se pose la question d'accès aussi dans les pays.

6:30
Invité

Et le risque, est-ce que ce n'est pas de se dire aussi « si on a un traitement, il n'y a plus besoin d'agir sur les causes » ?

6:36
Présentateur

Alors, en fait, bien sûr, ça représente un risque, mais c'est l'inverse. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des molécules efficaces. Et on peut aussi dire qu'au contraire, parce que c'est extrêmement complexe, notre biologie nous pousse à prendre du poids. Aujourd'hui, on peut être aidé. Et donc, il faut justement continuer sans cesse à agir sur les causes. Quand on parle d'obésité, on parle de société et de modèle de société. Et donc, c'est ce qui a été d'ailleurs beaucoup discuté hier aux états généraux de l'obésité au ministère de la Santé. C'est les différents facteurs qui viennent de l'environnement et des comportements et bien sûr, les enjeux ensuite de prise en charge des personnes.

Et encore une fois, la prise en charge globale, agir sur les comportements, l'alimentation, l'activité physique, le mode de vie au sens large est au cœur de la prise en charge pour les patients en situation d'obésité.

7:31
Invité

Merci beaucoup, Karine Clément. Je rappelle que vous êtes professeure de nutrition à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Vous étiez l'invité du 5-7.