LCI & vous - Interview de Sylvain Maillard (26.04.2017)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Comment on bâtit une coalition ? Comment on gouverne aux coalitions ?
- 0:54OuverteRéponse directe
Quelle est la problématique principale pour Emmanuel Macron s'il est élu ?
- 3:27ComplaisanteRéponse directe
Pour En Marche, la campagne est-elle focalisée uniquement sur la présidentielle ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Il faut donner des gages aux électeurs de Fillon ou Mélenchon pour les législatives ?
- 4:51OuverteRéponse directe
Comment recevez-vous la déclaration de Bruno Le Maire sur sa disponibilité à gouverner avec Macron ?
- 6:03OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron peut-il obtenir la majorité absolue aux législatives ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:11InvitéPromesse
« Emmanuel Macron l'a rappelé hier encore. Nous avons un projet. Il porte un projet. Il porte un programme qui est clair et qui ne variera pas dans l'entre-deux-tours. »
- 11:11InvitéPromesse
« Nous allons présenter un candidat, une candidate, puisque nous présenterons des candidats dans une parité absolue, dans les 577 circonscriptions. »
- 15:00InvitéChiffre
« On avait plus de 14 000 candidatures. Les choix qui seront retenus, c'est des hommes et des femmes qui sont très implantés sur leur territoire. »
- 21:20InvitéFait
« Si Emmanuel Macron est élu, on voit bien ce que vous êtes à l'heure. Dans les deux partis de gouvernement, il y aura une clarification sur la ligne politique. »
- 21:58InvitéFait
« Les grandes orientations, elles sont très claires. C'est ce qu'Emmanuel Macron a appelé le contrat avec la nation, avec six grands chantiers. »
- 33:58InvitéFait
« On nous demande du pragmatisme, du succès, de la réussite, d'enfin avoir des résultats. »
Temps de parole
- Invité33 %
- Invité 227 %
- Présentateur18 %
- Locuteur 812 %
- ?4 %
- Locuteur 12 %
≈ 28,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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LCI et vous, vous êtes bien sur LCI. Merci de nous rejoindre. Le souci principal d'Emmanuel Macron s'il était élu à l'Elysée dans une dizaine de jours, ce sera de savoir comment il gouvernera. Une coalition s'était assumée. Il en a parlé souvent. Mais comment on bâtit une coalition ? Comment on gouverne aux coalitions ? Et comment on évite une cohabitation ? On va se poser toutes ces questions avec mes invités. A commencer par Sylvain Maillard. Bonjour à vous. Vous êtes porte-parole d'Emmanuel Macron et membre du comité politique d'En Marche. À vos côtés, Erwann Lestrowan. Bonjour. Directeur d'études à l'Institut BVA Opinion. Et puis Arlette Chabot, qui a son tabouret dans cette émission.
Merci. C'est gentil. Un
tabouret avec dossier, d
'ailleurs. Oui, oui. C
'est formidable.
D
'ailleurs, Arlette, Emmanuel Macron, il est le président d'un parti qui est tout jeune, qui n
'est
pas... Mouvement, qui n
'est
pas encore un
parti.
Qui n
'est
pas encore un parti, c'est vrai.
Je ne voudrais
pas vexer tout de suite
pour
lâcher
notre
interlocuteur.
Je vais donner
la parole
à
vous. C'est vrai,
c'est vrai. Vous avez tout à fait raison.
Quelle est la problématique, pour bien poser le débat, à laquelle il va devoir faire face, Emmanuel Macron
? Moi, je
pense qu'il y a deux temps, en fait. Bien sûr, tout le monde parle déjà des législatives. On voit bien les deux partis de gouvernement.
C
'est tous aux abris, sauver les meubles, essayons de ne pas perdre les élections à venir, les législatives, d'avoir des députés. Et après,
on
réfléchira à ce qu'on fait ensemble. On se sépare ou
on
se quitte. C'est vrai pour les Républicains et c'est vrai aussi chez les socialistes.
Ça,
effectivement, législative. Et on va en parler.
Des
candidats en marche partout, si j'ose dire, dans toutes les circonscriptions, désignés avec des gens qui viendront
du
monde politique, si j'ai bien compris, 50% d'entre eux, et autant de gens qui viendront de la société civile, ou en tout cas des gens qui ne sont pas
engagés,
effectivement, en politique.
Ça,
c'est législative. Mais
je
pense qu'il
y a
un moment qui sera très important avant les législatives. C'est le choix du gouvernement, le choix du Premier ministre, le choix des ministres, qui devront... Ces choix devront nous donner
une
idée de la démarche globale d'Emmanuel Macron. C
'est
-à-dire... Correspondre déjà à ses engagements, c'est-à-dire des visages nouveaux, des visages qui incarnent l'expérience, une ouverture à droite, la présence de centristes, la présence de gens qui viendront, effectivement, donc, gauche, droite, centre,
et
une incarnation. Après, évidemment, ce gouvernement, il peut être, par définition, c'est toujours le cas, provisoire. C'est-à-dire c'est celui qui conduit aussi la campagne et qui aide le président à gagner les élections législatives. Donc ça sera le moment important. Celui qui incarnera la nouvelle période qui s'ouvre, celui qui sera choisi pour Matignon, même, encore une fois, si c'est peut-être pour un mois, un mois et demi, en tout cas, ce sera très important. Ça donnera l'orientation. Oui.
Et ce gouvernement devra quand même être celui qui incarne, encore une fois, le nouveau pouvoir d'Emmanuel Macron et l'aider à gagner les législatives et donc à avoir une majorité, à nous donner une idée de ce que sera sa majorité de demain. Sylvain Maillard, ça fait
partie des problèmes prioritaires. Bien sûr, il faut gagner la présidentielle d'abord.
Écoutez, vous
me mettez les
mots de la
boue.
Je trouve que c'est une analyse très fine d'Arlette Chabot. C'est
pour
ça qu'elle vient,
en
fait.
Non, mais c'est vrai. Parfois, des analyses me plaisent moins, je le dis. Je pense que c'est une analyse très fine. C'est vrai que pour nous, En Marche, autour d'Emmanuel Macron, nous sommes focalisés sur la campagne. Il nous reste quelques jours pour convaincre, pour aller chercher aussi les abstentionnistes, les indécis, ceux qui ont voté pour d'autres candidats et leur faire comprendre, leur proposer notre chemin, le chemin dans lequel nous nous croyons. Donc c'est vrai qu'on fait bataille après bataille.
Et la
première, c'est la
présidentielle. Mais les deux
batailles sont liées. C'est-à-dire que si vous voulez aller chercher, effectivement,
les électeurs de François Fillon
ou
les électeurs de
Jean-Luc Mélenchon, il faut leur donner un peu des gages et leur dire si vous allez pencher plutôt à droite, plutôt à gauche. Vous savez qu'on a le nom de François Baroin qui tourne un petit peu en disant est-ce que François Baroin pourrait arriver à Matignon. C'est-à-dire que les électeurs ne réagiront pas de la même manière suivant le choix que vous allez faire. Donc ils ne
vont
pas vous signer un chèque en blanc, quoi. Donc il faut bien leur donner des...
C
'est certain. Emmanuel Macron l'a rappelé hier encore. Nous avons un projet. Il porte un projet. Il porte un programme qui est clair et qui ne variera pas dans l'entre-deux-tours. Donc ce projet, nous le développons, nous le présentons depuis des mois aux Français. Il n'y aura pas de modification, ne serait-ce qu'à la marge, pour faire plaisir à un tel ou un tel. C'est ce projet-là que nous portons au premier tour et que nous portons au deuxième tour. Donc la discussion qu'Emmanuel Macron aura ensuite, si les Français lui font confiance, sur la tonalité du gouvernement, ça nous le verrons après. Mais c'est vrai que l'analyse d'Arlette Chabot est tout à fait vraie.
Comment vous recevez, par exemple, ce qu'a dit Bruno Le Maire hier à la télévision, quand il a dit... Alors entre les lignes... On va voir la phrase exactement. Entre les lignes, il a donc dit... On lui a posé la question « Est-ce que vous seriez prêt à gouverner avec Emmanuel Macron ? »
Un
autre de cette interview dit «
S
'il faut rentrer au gouvernement, je rentrerai au gouvernement.
»
J'ai écouté... Alors cette interview, je ne la connais pas, mais j'ai écouté Bruno Le Maire hier matin, qui a été sur les ondes d
'un
de vos confrères, qui a été très clair. J'ai apprécié la tonalité et la détermination à combattre le Front national, pour ce qu'il est.
Pour
ce qu'il n'est pas uniquement un adversaire politique, pour ce qu'il est, pour nous, la négation de ce qu'est la France. Donc ensuite, les choses se feront ou ne se feront pas. C'est autre chose. Je pense qu'il est important. C'est un homme politique engagé et qui dit qu'il est à la disposition de son pays. Je trouve que c'est plutôt tout à son honneur.
Erwann Lestron, parce que depuis tout à l'heure, on parle de coalition, on se demande qui rentrerait au gouvernement, etc. Mais on oublie d'office la majorité, ou pas, pour Emmanuel Macron
?
Le fait qu
'il
puisse détenir
la
majorité absolue des sièges à l'élection législative. Pour l'instant, ça reste une possibilité. Si on regarde les résultats de l'élection présidentielle projetée sur les circonscriptions françaises, les scores d'Emmanuel Macron sont plutôt positifs. C'est vrai que les choses sont quadripolarisées. On a finalement une force qui est le Front national, En Marche. On a François Fillon autour de 20%, je
vois
que Mélenchon également. Donc il
y a
une quadripolarisation et un contexte soit de triangulaire, soit de quadrangulaire, qui pourrait bénéficier aux candidats d'En Marche, à ceci près que si les triangulaires, les cadrangulaires profitaient plutôt aux candidats des grands partis
préalablement.
Aujourd'hui, on ne sait pas finalement si le Front républicain n
'est
pas moribond, ce qu'on va voir au deuxième tour d'élection présidentielle. Et l'UFN est beaucoup plus enraciné localement qu'il ne l'était dans le passé. Donc il y a quand même toutes ces hypothèses qu'on doit laisser en suspens.
Il
y
a
un clin d'œil d'ailleurs qu'on a ressorti, c'est Marine Le Pen hier soir, puisqu'on posait la question de la majorité, bien entendu, elle était, vous le savez, sur TF1 et LCI. Elle a répondu pour elle, mais aussi pour Emmanuel Macron. Écoutez.
Lorsqu'une élection législative suit une présidentielle, il y
a
une cohérence. Le peuple français est un peuple très politique, donc il donnera une majorité parlementaire à celui à qui il aura confié les clés de l'Élysée. Ça me paraît être une évidence.
Vous n
'avez
aucun doute vous concernant ?
Je n'ai
absolument aucun doute, mais j'ai aucun doute non plus, je vous le dis, vous voyez, je suis sincère et franche pour M. Macron. Donc je pense que les calculs qui sont faits par certains dans les États-majors,
des
Républicains, consistant à dire que leur candidat n'a pas atteint un second tour, mais qu'ils vont se venger, ils vont avoir une majorité, tout cela, à mon avis, ils vendent à leurs électeurs un espoir qui sera à nouveau trahi et déçu. Enfin, vous me direz, ce sont des briseurs de rêve en réalité. Alors, on va revenir techniquement là-dessus,
Arlette, simplement votre réaction, vous êtes Marine Le Pen, est d
'accord avec vous ? Écoutez,
pour une fois, je suis d'accord avec Marine Le Pen, tout
simplement.
Arlette Chabot, c'est plus compliqué que ça, c'est
-à
-dire que ce n'est pas parce que la France aura voté majoritairement pour la présidentielle pour Emmanuel Macron qu'il gagnera la législative, et la même chose pour Marine Le Pen, déjà parce qu'il
y a
un seuil de qualification qui est beaucoup plus bas, et puis comme le disait Erwan Estran tout à l'heure, il y
a
quatre forces en présence, pour le coup.
Oui, et il faut 12,5% des inscrits pour se maintenir au second tour de l'élection législative. Donc ça veut dire que, notamment à gauche, ça peut être une bérésina, notamment pour les socialistes, évidemment, voire pour les candidats de Jean-Luc Mélenchon, ou l'inverse,
ce
sera bon pour les candidats de Jean-Luc Mélenchon. Mais s'il
y
a à la fois des candidats d'En marche qui viennent du Parti socialiste, un candidat socialiste, un candidat
qui
vient de la France insoumise, face à un candidat républicain
et
candidat du Front national, ça fait beaucoup de monde.
Et
encore une fois, la place au second tour sera effectivement difficile à obtenir une qualification. Nos
confrères du
monde, juste, je vous coupe deux secondes, nos confrères du monde ont fait une projection. Donc pendant que vous parlez, on va voir cette carte, pour bien comprendre. Donc oui, allez-y, pardon, je vous ai coupé.
Alors,
voilà, donc, effectivement, Marine Le Pen dit une chose qui est vraie, c'est que, bon, chaque fois qu'un président a été élu, il y a eu une majorité. On se souvient, en 1981, la droite avait dit, bon,
c
'est une erreur, François Mitterrand a été élu, mais derrière, vengeance, revanche,
la
droite sera majoritaire. Bon, ben, non, la droite n'a pas été majoritaire,
il n'y a
pas eu de revanche.
Il
y a eu, effectivement, une majorité de gouvernement. Parce qu'au fond, évidemment, le président appelle les Français à confirmer leur choix, bien évidemment. Mais on va être à nouveau, encore une fois, dans une situation totalement différente. Jusqu'à présent, c'était droite-gauche,
c
'était binaire, c'était la droite, la gauche. Là, avec, effectivement, Emmanuel Macron, c'est une recomposition qui est à l'œuvre. Donc, au fond, il y aura les candidats d'En Marche,
il
y aura des candidats qui seront élus sous l'étiquette des Républicains. dont une partie d'entre eux, et on a bien entendu, effectivement, hier, Bruno Le Maire, pourraient rejoindre, par exemple, mais comme d'autres,
l
'expérience politique, l'ouverture politique. Il y aura des centristes aussi,
qui,
même s'ils ont un groupe autonome, seront tentés aussi de participer à l'aventure de la recomposition. Et même chose, au fond, évidemment, chez les socialistes, là aussi, Emmanuel Valls se dit prêt, non pas à être ministre, mais en tout cas à soutenir un gouvernement. Donc, on est dans une situation différente parce qu'on est en recomposition. Et la cohabitation, voudrait dire, ce dont rêvent, encore une fois, les Républicains, ce serait qu'ils aient, eux, qui n'ont pas la majorité
absolue, mais enfin le
plus grand groupe politique à l'Assemblée, ça n'est pas évident. Si c'est évident, on verra. En tout cas, il y a ceux qui seront tentés, de toute manière, de participer à la recomposition, à ce que propose Emmanuel Macron, c'est-à-dire se mettre d'accord et soutenir 3-4 réformes. Voilà,
voilà.
Soit en participant au gouvernement, soit en se disant prêt, cette fois, à le soutenir et à défendre et à voter ces réformes.
Alors, Sylvain Maillard, pour savoir d'un peu de quoi on parle, est-ce que vous allez présenter un candidat dans les 577 circonscriptions, comme l'avait annoncé Emmanuel Macron il y a quelques mois
? Nous
allons présenter un candidat, une candidate, puisque nous présenterons des candidats dans une parité absolue, dans les 577 circonscriptions. Et je voudrais juste rebondir dessus, pour tordre le coup à cette, vous avez raison,
ce
genre de troisième tour où la droite républicaine pense avoir une revanche, dire quand on regarde la carte, on n'avait pas précisément sur votre carte, mais sur 566 circonscriptions, si on n
'avait
pas les Français de l'étranger, 566 circonscriptions, la droite républicaine, donc les LR ou LR, UDI, n'est en tête que dans 53 circonscriptions. Donc voilà, je pense qu'on est dans une chimère où il pense à un troisième tour. Non,
évidemment, le peuple français
donnera la majorité à celui qu'il aura choisi ou choisi.
Alors justement, comment on
fait, par exemple,
avec
Emmanuel Valls qui va vouloir y aller, qui a donc l'étiquette du PS, a priori une investiture PS, comment est-ce qu'on fait ? On s'efface, on lui laisse la place, on lui dit « Ok, mais tu prends l'étiquette En Marche et tu y vas pour nous sous nos couleurs ». Les tractations, elles ont commencé forcément.
Il n
'y
a pas de tractation. Vraiment, je vais vous le dire, parce qu'on a changé de monde. Et on essaye de l'expliquer depuis des mois qu'on est dans une recomposition totale de la vie politique. Notre démarche, la démarche d'En Marche est une recomposition politique. Il n
'y
a pas de démarche, de discussion politique de groupé. Il y a des discussions individuelles, mais l'ensemble de nos candidats doivent avoir l'étiquette En Marche et s'engager à être ensuite députés, des députés En Marche.
Ce
ne
seront
pas des députés PS,
ce
ne
seront
pas des députés républicains, ce seront des députés En Marche. Donc ça, nous avons été très clairs dessus.
Ça veut dire
que vous leur demandez d'oublier...
Je comprends que ça modifie beaucoup le
paysage, mais
c'est ainsi.
Vous
leur demandez d'oublier l'étiquette du parti, donc les Républicains ou PS.
Vous
leur demandez de sortir du parti aussi ?
Les Français ont envoyé un mandat très clair. Ils veulent une recomposition du monde politique, une recomposition du personnel politique. Donc c'est à eux de se positionner. C'est à eux d'être en face de leur responsabilité et pour certains d'entre
eux,
en face de leur conscience.
Alors Jacques Attali était ce matin l'invité de LCI.
Il
l'a redit. Jacques Attali soutient Emmanuel Macron, bien entendu. Il va falloir faire une majorité et il a l'air d'y croire. En tout cas, c'est la responsabilité du candidat. C'est ce qu'il a dit ce matin.
Il est évident qu'un président de la République doit avoir une majorité. Et qu'un président de la République doit avoir une majorité avec des gens qu'il soutienne. Alors il appartiendra, je pense, à Emmanuel Macron, une fois élu, de créer les conditions, de faire en sorte de rassembler toutes les bonnes volontés, compétences qui approuvent son programme. Parce qu'hors de question, je trouve que ce serait une folie, alors là je parle très librement,
de
se mettre à négocier un programme. Je n'aimerais pas qu'on rentre dans une période
où,
après les élections présidentielles, on arrive à des marchandages
où
on aurait une majorité
à
géométrie variable,
où
chaque loi serait soumise à des négociations infinies entre des partis qui auraient des arrières-pensées de toute nature.
Est
-ce qu'il ne vaudrait pas mieux, Sylvain Maillard, éviter de ne pas mettre 577 candidats et lâcher sans doute quelques circonscriptions d'office pour pouvoir concentrer ses forces sur les circonscriptions les plus importantes ? Vous
voyez
ce que je veux dire
?
François Barouin, hier, il a dit qu'il y aura forcément une cohabitation. Les députés en marche, pour ceux dont on connaît le casting, sont hors sol. Il parle des députés
en termes. C
'est François Barouin qui nous expliquait aussi que Nicolas Sarkozy allait gagner la primaire, que François Fillon allait évidemment devenir président de la République. C'est ce même François Barouin-là. Non,
mais l'ancrage local, il
est important pour le coup pour la...
Nous sommes...
Alors, c'est vrai que pour les législatives, c'était important, mais en même temps, il faut reconnaître que c'est moins essentiel que pour des élections locales. En attendant,
c'est vrai que ça peut faire la différence.
Mais nos candidats ne sont pas des candidats qui n'ont pas d'ancrage. Au contraire, on a fait un choix très large. On avait plus de 14 000 candidatures. Les choix qui seront retenus, c'est des hommes et des femmes qui sont très implantés sur leur territoire.
C
'est des hommes et des femmes qui ne seront pas les barons locaux habituels, le maire de telle ville ou l'ami du président qui a été parachuté.
Ce n'est pas comme
ça. Ce seront au contraire des gens qui seront implantés, des présidents d'associations, des agriculteurs, de toutes les professions, parce que nous voulons amener de l'expertise à l'Assemblée nationale. Ce qui manque,
ce
qu'il a manqué lors de ces deux derniers mandats, c'est de l'expertise à l'Assemblée nationale.
Combien sont investis pour le moment ? Vous en avez combien ?
Pour
le moment, on a eu 14 investis de façon officielle qui ont
été
mis en avant. Et puis, le reste des investitures va arriver dans les quelques jours, quelques... Parce
qu
'on en revient au problème du Premier ministre de tout à l'heure. Les Français, ils ont aussi besoin de savoir ce qui va suivre d'après pour la législative, avant de savoir s'ils veulent voter pour Emmanuel Macron ou pas. C'est
-à
-dire
que c'est ce trois dossiers qu'il faut mener en parallèle.
Je suis assez d'accord avec vous. En même temps, on est dans un calendrier. Et la première élection, c'est de gagner l'élection présidentielle. C'est l'élection clé dans la Ve République. D'abord, on gagne cette élection. D'abord, on convainc les Français. Ensuite, bataille après bataille.
Erwann Nesrohan, si on reparle donc des législatives, on disait tout à l'heure avec Arlette, attention, la photo de la présidentielle n'égale pas la photo de la législative, bien entendu.
On
parlait du seuil de qualification, mais il
y a
l'abstention aussi. Pour le coup, on sait que
c
'est des élections pour lesquelles il y
a
quand même beaucoup d'abstention.
Absolument. Et c'est ça qui est intéressant.
C
'est que déjà, les législatives vont être une nouvelle élection. Et il
y
a un point important à avoir en tête qu'on n
'a
pas évoqué. C'est que les listes, les Républicains, seront portées par des personnalités quand même moins clivantes que François Fillon ne l'a été pour l'électorat de droite et du centre. Donc il y a quand même ce point-là. Il pourrait y avoir une prime quand même à la droite qu'on n'a pas eue dans l'élection présidentielle. Donc c'est difficile de faire des projections. C
'est pour ça
qu'ils vont axer la campagne sur le fait que, en gros, c'est de la faute de François Fillon. Et ne nous oubliez pas.
Non, mais
c'est vraiment une nouvelle élection qui commence.
Il y a une grande change.
Vous avez
bien remarqué quand même qu'à la fois,
il n'y a plus de candidats. Et la dernière partie de la campagne chez les Républicains a été votée pour le projet et oublié François Fillon. Et là, ils viennent effectivement, et c'est la charge d'Éric Wehr, de modifier le programme. C'est-à-dire qu'en gros, on va revenir à ce que proposait Nicolas Sarkozy et notamment beaucoup moins de suppression de postes de fonctionnaires, ce qui doit rendre le programme plus acceptable. Pardon de vous avoir interrompu.
Non, mais c'est vrai
que du coup, effectivement, tous ces électeurs frustrés de ne
pas
avoir eu leur candidat au deuxième tour, effectivement, pourraient se...
Voilà. Et donc on se rapproche d
'un climat un peu proche des municipales de 2014, où là, les listes LR-UDI, enfin UMP à l'époque, étaient arrivées à un niveau très élevé et nettement devant la gauche. En ce qui concerne la participation, il y
a
un point particulier à l'égard d'Emmanuel Macron, mais qu'on aura une donnée au deuxième tour de l'élection présidentielle, c'est que finalement, c'est un candidat qui a des bons reports de vote. Quand on regarde les reports de vote pour élection présidentielle au second tour, à part l'électorat de Nicolas Dupont-Aignan, qui est une réserve plutôt limitée pour Marine Le Pen, tous les électorats se portent majoritairement vers Emmanuel Macron plutôt que vers Marine Le Pen.
En revanche, il y a 3 à 4 personnes sur 10 de ces électorats des candidats défaits qui pourraient faire défection, qui pourraient ne pas être présents au deuxième tour de l'élection présidentielle, ce qui finalement serait un
peu
une victoire à la pyrusse pour Emmanuel Macron, et à contrario de ce qui s'est passé pour Jacques Chirac en 2002. En 2002, il y a un mouvement de participation pour Jacques Chirac, on passe de 72% au premier tour à 80% au deuxième.
Là, finalement, on aurait un mouvement inverse, qui priverait un peu Emmanuel Macron de la symbolique d'une large victoire, d'un blanc-seing populaire réellement tamponné, et d'une rampe de lancement pour les législatives dont il aura besoin, et il aura besoin quand même d'un certain état de grâce, qui se constituera autour du casting gouvernemental, mais aussi en diffusant dans l'opinion qu'on s'est réunis autour d'un projet, plus que par pragmatisme et par élimination des autres candidats.
Ça, ça va être forcément compliqué. Arlette Chabot, l'idée selon laquelle la droite devrait choisir entre la coalition et l'opposition, elle est toujours problématique, cette idée-là ? On se posait la question la semaine dernière, vous disiez, je ne suis même pas sûre qu'il y
ait
de la place dans l'opposition, il y
a
tellement de monde.
Il
y aura beaucoup de monde dans l'opposition,
il
y aura des élus du Front National, bien évidemment, on parlait tout à l'heure de la gauche, qui, combien de députés pour les Insoumis, ça sera aussi, on verra bien, ça peut être aussi un groupe parlementaire, il y aura des Républicains qui, de toute façon, s'ils sont en grand nombre, en admettant que ce soit le nombre le plus important de la future Assemblée, encore une fois, ils sont sûrement divisés dans l'attitude. Le problème des Républicains, c'est de ne pas laisser, effectivement, le leadership de l'opposition à Marine Le Pen
après
le second tour. C'est d'une manière ou d'une autre, tout dépend du résultat, bien sûr, du second tour et de l'écart entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, mais ils ne veulent pas que demain, le leadership de l'opposition, évidemment, aille au Front National. Donc il faut le récupérer.
D
'où les difficultés à dire, on vote pour Emmanuel Macron, pour dire, demain, on le combat. Encore une fois, la position
sera
évidemment... L'attitude, le lendemain, ils seront partagés les uns et
les
autres. Donc, cohabitation, ça voudrait dire quand même qu'il
y a
la majorité absolue chez les Républicains, on a du mal à y croire. En revanche... — J
'ai
une autre question dans la question. Est-ce qu'ils vont venir jusque-là ? — Non, mais après, s'ils sont le groupe le plus important, bon, ben voilà, Emmanuel Macron pourra composer quand même sans doute avec d'autres. C'est un rapport de force qui est difficile à imaginer. Encore une fois,
c
'est la recomposition qui est en marche, si j'ose dire. Donc c'est une recomposition qui doit se faire. Donc on n'est pas dans des négo. Moi,
je
trouve que la comparaison avec la 4e République a des limites.
Oui,
il y avait un groupe, des alliances avec des petits partis, avec un président du Conseil qui essayait de ramer, et un président aussi qui choisissait en fonction des combinaisons possibles. Si c'est ça, ça n'ira pas loin, effectivement, avec Emmanuel Macron. Et je pense qu'on n
'est
pas là.
On
est dans une autre, s'il réussit, dans une autre phase de la 5e République. Donc il doit pouvoir attirer à lui, dans un gouvernement large, avec des accords précis sur un certain nombre de réformes, il doit effectivement attirer des gens et ensuite pouvoir faire voter ses propositions à l'Assemblée.
— Donner le coup de pied dans la fourmilière
et reconstruire une autre fourmilière. —
C'est ça. Si les Français choisissent Emmanuel Macron,
on renvoie les deux
partis de gouvernement, franchement, très loin derrière, ou en tout cas pas présents aux longs tours, c'est qu'il s'est passé quelque chose. Ça veut dire qu'il y a quand même un mouvement très fort dans la société. L'électorat choisit Emmanuel Macron, qui n'était pas encore une fois inconnu, inexpérimenté, très jeune. Si on dit « on est prêt », s'il gagne vraiment, ça veut dire qu
'il
y a un mouvement de fonds dans la société.
— C'est
un vote de choix dans ce cas-là, effectivement. —
Donc
après,
il faut qu
'il montre, effectivement, que cette recomposition n'est pas juste une promesse sur le papier, qu'elle va se traduire au gouvernement. Et donc ce gouvernement pourra s'appuyer et être composé de gens qui s'appuieront sur aussi des groupes parlementaires, des groupes qui seront d'accord très importants sur les grandes orientations proposées par Emmanuel Macron dans sa campagne. — C'est-à
-dire
Maïa. — Les grandes orientations, elles sont très claires. C'est ce qu'Emmanuel Macron a appelé le contrat avec la nation, avec six grands chantiers sur lesquels il doit y avoir pleinement accord pour faire partie de cette majorité. Ça, c'est très clair. Je vais aller même plus loin. Je pense que les vieux partis... On se rappelle vieux partis, d'ailleurs, c'est un peu dénigrant, mais c'est un peu ça. Le Parti socialiste comme les Républicains, de toute façon, ont en eux cette fronde qu'on a connue chez les socialistes, que l'on aurait connue de toute façon chez les Républicains, parce qu'ils ne sont pas au clair.
C
'est très simple. Le schéma a changé. Il faut savoir si on est du côté des progressistes ou si on est du côté des conservateurs. Et la lecture, la grille de lecture que l'on dénonce depuis des mois
a
bien montré ses limites. C'est terminé. On a changé le monde. Ce seront ceux qui veulent un progrès, un progrès libéré plus pour protéger mieux. C'est notre slogan, notre état d'esprit. Et puis après, ceux qui, de l'autre côté, souhaitent un conservatisme, une France idéalisée du passé où on serait mieux.
Mais alors, les Français sont indécrottables, puisqu'on a chez Gov, notre partenaire, vous connaissez, c'est une plateforme Gov, dans laquelle les internautes posent eux-mêmes les questions et y répondent. Et alors, la question que j'ai pour vous, pour former une coalition après les législatives, En Marche doit s'allier avec le PS ou avec les LR. C'est assez partagé, d'ailleurs, chez les votants. Mais donc, il y a toujours ce clivage droite-gauche.
Alors, moi-même, qui suis chef d'entreprise et dans les nouvelles technologies, j'ai suivi cette Gov, que je trouve une application intéressante. Mais son président me certifiait, il y a encore trois semaines, qu'il était certain que François Fillon allait être au deuxième tour, parce que les internautes posaient beaucoup plus de questions dessus. Donc, on
voit la limite du
système. —
Non, mais sur la formulation de la question plus que sur le résultat,
d
'ailleurs, à la limite,
c
'est la formulation de la question qui est intéressante, parce
que
vous disiez qu'il va falloir choisir entre une France progressiste et une France non... Mais en fait, on est vraiment sur un clivage droite-gauche, là, dans la formulation.
—
Non, je crois que cette formulation n'est pas la bonne. On a un choix à faire de société. On est dans le XXIe siècle, avec une révolution numérique qui va être très forte, qu'il faut accompagner,
et
dans laquelle la France doit prendre des positions fortes pour être leader. C'est ça, en fait. On est en train de changer de monde. Les citoyens, nos concitoyens le sentent bien. On a changé
de monde. Et la classe
politique résonne encore, comme au XXe siècle, avec des schémas de pensée qui sont datés.
— Mais justement, vous allez avoir besoin quand même un petit peu de la classe politique, ne serait-ce que pour former
un gouvernement. Il ne va pas faire un gouvernement qu'avec des gens que personne ne connaît. — La France, ce qu'elle a besoin,
c'est de talent. Elle a besoin des talents où qu'ils soient, d'où qu'ils viennent. Ils sont à l'Assemblée. Il y
a
des gens très bien chez les Républicains.
Il
y
a
des gens très bien au Parti Socialiste. Il y
a
des gens très bien ailleurs.
— Donc on peut imaginer un gouvernement avec une Valérie Técresse, un
Jean-Yves Le Drian, un Dominique
de Ville. — On peut imaginer
en tout cas le gouvernement que ce dont nous rêvons, nous en marche, c'est où on met les meilleurs à chaque place, quelle que soit l'origine, quelle que soit d'avoir les talents au gouvernement, à l'Assemblée, parce que c'est ça dont on a besoin. La France politique
est
en train de mourir, est morte le 23, en tout cas une grande partie d'entre elles, est morte le 23 avril. Elle est morte de cette consanguinité, de cette soumission les uns aux autres, de cette organisation clanique. C'est ça qui a explosé. Donc ne repartons pas là-dedans. C'est passé. Maintenant, on a un deuxième tour à gagner. Et ensuite, on a bien compris le message. C
'est
le message, une grande partie de ce message, c'est ce qu'on porte. On va profondément l'incarner. —
C
'est ce message
-là.
— Si Emmanuel Macron est élu, on voit bien ce que vous êtes à l'heure. Dans les deux partis de gouvernement,
il
y aura une clarification sur la ligne politique.
Aujourd
'hui, on voit bien Benoît Hamon appelle à voter, évidemment, en faveur d'Emmanuel Macron. Mais ce n'est pas un homme de gauche. Il l'a toujours dit. Il dit qu'il n
'est
pas de gauche. Bon. Donc il y aura une clarification au Parti socialiste où Manuel Valls, à l'inverse, se dit prêt à gouverner demain, effectivement, et à soutenir Emmanuel Macron.
À
droite, même chose. Il y en
a
qui appellent à voter en faveur d'Emmanuel Macron, mais qui disent évidemment qu'il est de gauche et pas de droite. Et on sent bien que du côté, par exemple, de la tendance des amis d'Alain Juppé ou même Bruno Le Maire, ils se disent qu'il n
'est
pas de droite, mais on peut, sur certains points, gouverner et faire des réformes avec lui. Donc le rêve d'Emmanuel Macron,
on
voit bien, c'est que
cette
clarification, de toute façon, elle est indispensable. Sinon, ces partis du gouvernement vont vraiment mourir. Là, ils existent encore, mais il faut qu
'ils
clarifient leur position. Et les centristes aussi, ils viendront soutenir. Donc au fond, le rêve, c'est ça. C'est que ce ne sera plus ni droite ni gauche, effectivement. Et de droite et de gauche, il y a des progressistes, il y
a
des gens qui veulent des réformes. Le bon exemple, c'est ce qu'on a appelé la loi Macron, où il y avait des gens de droite qui disaient, effectivement, et ça a beaucoup servi, sûrement beaucoup instruit Emmanuel Macron, on est assez d'accord avec vous, mais on ne peut pas voter parce que je suis de droite. Bon, et il y avait des gens qui disaient, je ne peux pas soutenir
non plus.
Donc c'est ça qu'il faut dépasser. S'il y arrive, il a gagné.
Alors vous parliez d'Alain Juppé,
on va écouter ce qu'a dit Alain Juppé, puis ensuite, on écoutera ce qu'on en pense au PS, notamment avec Malek Bouti et Jean-Christophe Cambadélis. D'abord, Alain Juppé.
Vous
êtes fermement
à voter M.
Macron
? Oui, sans hésitation, parce qu'à force de financer, de laisser entendre qu'on peut voter blanc, etc., on va finir par faire la courte échelle à Marine Le Pen. Ça serait une catastrophe pour la France. Donc il faut être clair. Quand on veut éviter qu'un candidat soit élu, on vote pour celui qui est en face de lui.
Donc pour la position d'Alain Juppé, ça continue à discuter pendant ce temps-là. On va écouter maintenant Malek Bouti et Jean-Christophe Cambadélis, et on revient là-dessus en plateau.
Il
faut être clairement dans la majorité présidentielle. Je pense que jouer la politique du pire pour n'importe quelle heure, pour nous, ça n'a pas de sens. Je veux dire, on peut penser beaucoup de choses à Emmanuel Macron, c'est normal, mais il était membre du gouvernement, ministre de l'économie, conseiller de France et Hollande, et tout d'un coup, le mec deviendrait de droite.
Bien
sûr qu
'il
veut tuer le Parti Socialiste, mais ce n
'est
pas comme ça qu'on fait une majorité de gauche. Il veut que chacun soit, que les socialistes soient les bourgeois de Calais. Ça ne se passe pas comme ça. Et moi, je crois
que
le score de Jean-Luc Mélenchon, même le score de Benoît Hamon, une partie des hommes et de femmes de gauche qui ont été vis-à-vis d'Emmanuel Macron, tout cela fait une majorité dans le pays. Et il faut la rassembler.
La majorité de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron.
Alors, je voulais juste intervenir, si vous permettez, sur le propos d'Arlette Chabot. Je vais aller plus loin sur ce que vous avez dit, parce que vous étiez politiquement correct sur la fin
de
votre propos en disant que les gens de droite n'avaient pas voté la loi Macron parce qu'au fond, il n'était pas de droite. C'est même
plus...
J'étais dans les discussions dessus, puisque je suis issu de l'UDI.
C
'est pas ça. On va même plus loin. C'est qu'on s'est dit, si on vote cette loi, on va probablement perdre les régionales. C'est comme ça que c'est organisé. C'est comme ça que le monde politique est organisé. Il faut que les gens le sachent. Donc il
y
a un moment... Petit calcul entre amis,
entre ennemis. Calcul,
parce qu'il y a des postes. C'est ainsi. C'est dur à entendre, mais c'est ainsi. Est
-ce que c'est pas de l'optimisme B.A. ? Moi, c'est
ça ma limite.
Moi,
maman, on
dit
on ne
peut
pas continuer comme ça.
Est-ce que c'est pas de l'optimisme B.A. que de se dire, on va tout casser ? L'image du coup de pied dans la fourmilière était vraiment celle-là tout à l'heure. De se dire, on va tout casser. Les Français vont nous suivre. On va réussir. Et finalement, c'est à la classe politique de s'adapter à Emmanuel Macron. Parce qu'en fait, il a cassé les codes, de fait. Et puis, il est qualifié pour le deuxième tour. C
'est
les concitoyens qui ont décidé de tout casser. C'est les concitoyens qui ont mis Emmanuel Macron en tête. Parce qu'on ne le dit pas assez, Emmanuel Macron était en tête. C'était notre objectif. Quand on en a parlé il
y
a deux mois, j'étais sur ce même plateau. Je disais, notre objectif, ce n
'est
pas d'être qualifié pour le deuxième tour.
C
'est d'être en tête devant Marine Le Pen ou François Fillon. D'être en tête.
Nous
avons réalisé ça. Les Français nous ont donné un premier mandat, un premier signal très fort. Il faut une recomposition totale de la vie politique. Mais ce n
'est
pas juste une recomposition de... Vraiment, je veux le redire. Pas de parti de... Non, on change. On veut changer le personnel politique. On veut une oxygénation du monde politique. Je crois que ce dont on a besoin, c'est de compétence et d'oxygénation.
C'est là-dessus qu
'on
votait pour Emmanuel Macron, les Français, ou Anne Néstorand. Ils ont voté pour la recomposition du système politique. C
'est de ça qui faisait sa force. Oui, dans une grande partie.
Le vrai élément différenciant d'Emmanuel Macron dans l'esprit des Français et dans l'esprit de ses électeurs, c'est qu'il incarne le renouveau en politique. Une chose qu'on retrouvait à un degré moindre pour Jean-Luc Mélenchon, pour le renouveau des idées, pour le renouveau en termes de programme, de dynamique, de candidats. C'est vraiment la force d'Emmanuel Macron et une volonté de décloisonner les choses sur le plan de l'emploi notamment. Ce sont les choses qui sont portées à son crédit. Par contre, il y a quand même des choses qui restent structurantes du cadre politique français, de l'espace politique français.
7 à 8 Français sur 10 se reconnaissent encore sur l'axe gauche-droite, savent donner leur position sur l
'axe
gauche-droite, donc ça reste quelque chose de structurant. Et on parlait de compétences tout à
l
'heure, mais il y
a
aussi la notion d'expérience qui reste valorisée dans les positions politiques des Français. Et donc il y a une volonté de compétence, certes, d'aller vers un décloisonnement, de rupture avec la classe politique traditionnelle qui est assez décriée dans les études d'opinion. Pour autant, et on l'a vu au moment de l'attentat terroriste la semaine dernière, il y a quand même un besoin d'expérience et de solidité de la classe politique. Donc il y a cette volonté de renouveau, mais qui reste quand même traversée par une volonté de maintenir des personnes qui ont de l'expérience et qui sont des hommes d'État. Donc c'est des hommes ou des femmes d'État.
Enfin, ça c'est compliqué, mais il y a cette équation pas évidente à réunir entre compétences et expériences.
Donc cohabitation ou coalition. Arlette Chabot, quand on dit cohabitation ou coalition, on a l'impression que c
'est
la peste ou le choléra et que de toute façon, ce sera compliqué de gouverner. C'est forcément mauvais d'avoir une coalition ? Ça peut très très bien se passer ?
Coalition, beaucoup ont réclamé ces dernières années, effectivement, en regardant ce qui s'était passé. Par exemple, en Allemagne, où là, c'était vraiment les deux parties, les deux oppositions entre le SPD et la CDU. On se met d'accord, ça dure deux mois. On fait la liste
des
points d'accord, du programme du gouvernement qu'on respecte scrupuleusement. Ça,
c
'est la manière allemande. Il y a d'autres pays aussi en Europe qui ont donné cette image de coalition. Il n
'y a
qu'en France où on était jusqu'à présent dans un système où c'était droite, gauche, majorité, opposition. Donc la France peut s'engager sur un autre chemin où il y a une coalition. Le problème des Français... Mais ça fait au moins 10 ans d'échec. Et puis si on peut rajouter, effectivement, sur le chômage, ça fait beaucoup plus longtemps que ça. Donc au fond,
il y
a le côté, et c'est là-dessus que surfe Marine Le Pen, c'était on a tout essayé, sauf le FN. Donc pourquoi pas prendre le risque de sauter le bas, de s'affranchir et d'aller vraiment vers le FN. Il y a une autre version avec Emmanuel Macron.
C
'est qu'on a au fond tout essayé, peut-être, pour reprendre cette expression, sauf un gouvernement de coalition avec une alliance qui, si elle fonctionne, après on peut être d'accord ou pas, il faut qu
'il
y
ait
des résultats. Et donc il peut y avoir des hommes de droite, de gauche, du centre, des femmes aussi, deux femmes de gauche et du centre qui travaillent ensemble pour essayer d'apporter des solutions. Le vrai problème, le véritable objectif et le seul pour Emmanuel Macron, s'il est élu demain, c'est d'abord être élu, bien élu, et ensuite composer un gouvernement et s'appuyer sur un programme qui donnera des résultats. C'est ça la chose fondamentale. C'est enfin des résultats. Pas des promesses, pas des positionnements, pas des postures, mais des résultats pour que les Français voient que ça change vraiment. —
Mot de la fin, Sylvain Maillard, puisqu'il vous reste à peu près 30 secondes. Vous réveillez
de quelle coalition ? Une coalition qui irait de Jean
-Luc Mélenchon à François Fillon, comme le dit Jean-Christophe Cambadélis
? —
Il n'y a pas de... On nous a dit au moment aussi,
c
'est un de Robert-U à Alain Madeleine. Enfin voilà. Non. Je crois, je reprendrai la conclusion que vient de faire Arlette Chabot. On nous demande du pragmatisme, du succès, de la réussite, d'enfin avoir des résultats. Et moi, les discussions que j'ai avec Emmanuel Macron depuis quelques mois, à chaque fois, vraiment, c'est empreint de pragmatisme. On n'a pas de dogme. L'essentiel, c'est que ça marche, que ça fonctionne. Et je crois que les Français l'ont compris.
— Bien. Merci beaucoup, en tout cas, d'être venu nous parler de tout ça sur le plateau de LCI.
C
'était passionnant. On en reparlera bien évidemment, deuxième tour, dans 10 jours. La suite sur LCI.
C
'est un nouveau journal dans quelques minutes. Merci.
Merci. Merci. Merci.