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interviewLCI (sur YouTube)· 23 novembre 2025 16 min

Leon Panetta : "Nous n'accepterons pas d'autre agression"|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Ravi d'être avec vous Margot. Léon Panetta, de quel œil regardez-vous le second mandat de Donald Trump ? Je pense qu'il y a des différences significatives entre son premier mandat et le second.

Lors de son premier mandat, il y avait des gardes fous. Il y avait des personnes compétentes nommées dans des ministères clés. Il y avait des contrepouvoirs plus efficaces capable d'exercer un contrôle sur ses prises de décision.

John Kelly par exemple comme chef de cabinet, il y avait de la discipline. Son secrétaire à la défense était aussi très bon et très discipliné et d'autres aussi. Mais c'est devenu clair que lors de son deuxième mandat, il ne souhaitait plus ces gardes-pous.

Il a dit que ce qui avait le plus d'importance pour lui était la loyauté, plus que la compétence. C'est ce qui comptait le plus pour faire partie de son entourage. Résultat, très peu de personnes peuvent donner de bons conseils ou des avis éclairés au président. et donc il opère de manière assez solitaire.

Conséquence, les prises de décision sont plus chaotiques, plus disruptives. Sa volonté d'imposer des tarifs toignés, par exemple é contesté devant les tribunaux et c'est une décision de la Cour suprême qui tranchera finalement. Il s'est opposé à la publication du dossier Epstein.

Il s'est fermement opposé. puis a réalisé que les parlementaires allaient voter pour parce que non seulement les démocrates étaient favorables mais un nombre important de républicains aussi. Je pense qu'il y a beaucoup de doutes aujourd'hui concernant sa capacité à imposer ou pas ses choix politiques avec un soutien important de sa base maga ou un soutien important d'un congrès républicain.

Il y a beaucoup d'interrogations sur les choix que va devoir faire le président. Vous avez certainement vu le plan de Donald Trump pour l'Ukraine. Est-ce que il va céder face à la Russie selon vous ?

Bien, il y a beaucoup d'inquiétude au sujet de son positionnement sur la guerre en Ukraine. Je pense que c'est important que les États-Unis et nos alliés européens et en particulier les membres de l'OTAN restent unis en soutien à l'Ukraine. Je pense que Poutine comme le tyran qui est envahi une démocratie souveraine et nous avons une responsabilité de faire en sorte que Poutine ne gagne pas.

Quand il est revenu au pouvoir, Donald Trump croyait que parce qu'il avait une sorte de relation avec Poutine, il allait pouvoir négocier avec lui et trouver une forme de paix en Ukraine. Ça n'a jamais marché. Quel que soit les demandes formulées par le président Trump à Poutine, Poutine a continué sa guerre.

Le président lui a demandé un cesser le feu. Il l'a rencontré en Alaska. Il a tenté plusieurs méthodes.

Il l'a eu au téléphone un bon nombre de fois pour essayer de convaincre Poutine de négocier une paix. Mais le problème c'est qu'il a été ambivalent dans sa volonté de forcer Poutine à négocier. Quand Poutine a rejeté un cessé le feu, le président Trump n'a pas réagi.

Il n'y a pas eu de sanction. Il n'a pas fourni il n'a pas fourni des armes en plus à l'Ukraine pour qu'elle puisse s'opposer à Poutine. Et la conséquence, c'est que Poutine a senti la faiblesse de la part de Trump et à cause de cela, Poutine va continuer cette guerre et il l'a fait.

Et je regrette que jusqu'à ce que le président Trump comprenne seul moyen de faire avec Poutine, ce n'est pas avec des mots mais avec la force et qu'il augmente les sanctions, qu'il augmente aussi son aide militaire à l'Ukraine, nous ne forcerons pas Poutine à s'asseoir à la table des négociations. Pensez-vous qu'il est capable de se retirer de l'OTAN ? Vous savez, lors de son premier mandat, il a évoqué l'OTAN et la possibilité de se retirer de nos alliance.

Et cette approche consistant à dire l'Amérique d'abord qui est en fait une approche isolationniste n'a pas marché à l'époque et ça ne marchera pas maintenant. Mais je crois que le président comprend que l'OTAN est une organisation importante et qu'il doit rester en contact avec les pays représentés à l'OTAN. Et il l'a fait.

D'un côté quand il parle à Poutine, il reprend son narratif. Puis quand il parle au leader européen, il reprend une approche très différente et et donc au moins il accepte d'écouter nos alliés et c'est important. Franchement, je ne pense pas qu'il soit dans une position de se retirer de l'OTAN parce que je ne pense pas que les Républicains le soutiendraient.

Les démocrates ne le soutiendraient certainement pas et je pense que le pays ne le soutiendrait pas non plus s'il faisait ça. Notre chef d'étatmajor des armées a été vivement critiqué cette semaine pour avoir dit que la Russie pourrait être tentée de mener la guerre sur notre continent et que si la France flange, c'est parce qu'elle n'est pas prête à perdre ses enfants. Pensez-vous que ces termes, aussi effrayants soit-il, soient réaliste et juste ?

Est-ce que concrètement la Russie pourrait attaquer un pays de l'OTAN ou un pays européen dans les mois à venir ? Et bien, je ne suis pas très convaincu de ces inquiétudes mises en avant sur la potentialité d'une attaque immédiate sur l'Europe. Je pense que Poutine est est trop intelligent pour faire cela maintenant.

Poutine est une menace, aucun doute là-dessus. C'est un adversaire et on doit s'inquiéter de ce que sont ses ambitions. Et c'est pour cette raison qu'il faut être fort face à lui concernant la guerre en Ukraine.

Parce que le message que nous envoyons à Poutine sur l'Ukraine doit être un message important pour qu'il comprenne qu'il n'arrivera pas à ses fins vis-à-vis d'autres pays qu'il considère comme faisant partie de l'ancienne Union soviétique et qui devrait faire partie de la Russie maintenant. Écoutez, il n'y a aucun doute que Poutine a été agressif. Il a envahi l'Ukraine, il prend des libertés avec des pays comme la Pologne et d'autres pays européens.

Il inquiète avec ce que sont les intentions réelles de la Russie. Et franchement, c'est pour cette raison que les États-Unis et l'Europe et l'OTAN doivent envoyer un message clair à Poutine que nous n'accepterons pas d'autres agressions en Europe. Point final.

C'est le message que Poutine doit entendre. Beaucoup de leaders européens s'inspirent de Donald Trump. Il y a une certaine fascination des autocrates qui est de retour sur la scène internationale aussi un retour du rapport de force.

Est-ce que vous pensez que c'est passager ou que c'est un mode de fonctionnement qui peut s'intégrer dans nos sociétés sur le long terme ? Écoutez, aucun doute qu'aujourd'hui le monde divisé entre autocratie et démocratie et nous savons qui sont ces autocraties. Russie, Chine, Corée du Nord, Iran.

D'ailleurs, ces autocraties travaillent les unes avec les autres pour essayer de survivre. La Russie utilise des soldats nord-coréens. Elle a aussi des drones iraniens.

Donc donc nous savons que les autocraties travaillent les unes avec les autres pour essayer d'affaiblir les démocraties. Et les démocraties comme nous le savons tous ne sont pas faciles à gouverner. C'est pas facile.

C'est vrai ici aux États-Unis et c'est le cas aussi en Europe. L'important c'est de comprendre ce qu'est une démocratie. La possibilité d'être libre, de s'exprimer librement, de pouvoir s'autogouverner. le respect pour d'autres individus, le respect des opinions diverses et variées.

C'est ça une démocratie et parfois c'est difficile à diriger ici aux États-Unis, en France et dans d'autres démocraties. C'est un défi. Et donc les gens regardent parfois les autocraties en se disant "Ah, c'est une façon simple de faire les choses.

Tout ce dont vous avez besoin, c'est d'un chef qui prend toutes les décisions, mais le prix à payer pour ça, c'est notre liberté. notre capacité à nous gouverner nous-mêmes et ce n'est pas un prix que nous devrions être prêts à payer. Et c'est pour cela que je pense que les pays européens et les démocraties du monde doivent comprendre que si nous voulons gagner, nous ne pouvons pas accepter que les autocrates fassent ce qu'ils veulent.

Point final. Vous avez évoqué une rupture entre Donald Trump et plusieurs haut responsables militaires. Quel impact cela peut-il avoir sur la société américaine et sur la sécurité nationale ?

Écoutez, c'est très important avec mon expérience de secrétaire à la défense, avec mon passé dans l'armée 2 ans sous les drapeaux, c'est très important. que l'armée respecte son rôle premier, c'est-à-dire de défendre ce pays contre ses ennemis extérieurs. C'est ça le rôle de l'armée.

Et nos chefs militaires sont expérimentés, ils sont dévoués, ils sont concentrés sur la protection de notre pays. Ils ne doivent pas être utilisés comme des armes politiques et parfois on a l'impression que le président veut utiliser l'armée comme si c'était la sienne. Ce n'est pas le cas.

Notre armée appartient à notre démocratie et au peuple américain. Et le rôle de notre armée n'est pas de faire la police ou d'être utilisé par le président sans sans s'inquiéter de ce que dit la loi ou la Constitution. Et donc l'armée reste une institution très importante de notre démocratie et j'espère que le président comprend que l'armée doit être utilisée pour défendre notre pays.

Pas comme une force de police, pas comme une armée qui doit utiliser des méthodes policières, mais comme une armée qui doit nous protéger. contre nos adversaires comme la Russie, la Chine, la Corée du Nord ou l'Iran ou d'autres menaces qui existent. C'est ça la fonction de l'armée.

Est-ce que vous pensez que Donald Trump va vouloir faire un troisème mandat et un retour à la présidentielle américaine ? Vous savez, Trump spécule beaucoup avec ça. Il utilise cela pour générer des unes de presse.

Il dit que d'une manière ou d'une autre, il pourrait essayer de faire un troisème mandat, mais il sait très bien que la Constitution l'empêche très clairement de faire cela et il l'a admis. Donc, je pense qu'il sait que c'est son dernier mandat à la tête de l'État. Et bien sûr, ce qu'il va essayer de faire, c'est de pousser des gens comme V. et les gens qui soutiennent ces idées à se présenter en 2028 et je pense qu'il tentera d'influencer la direction du parti républicain.

Mais je pense aussi que si le parti républicain est malin, il va devoir réaliser qu'il faut revenir aux fondamentaux de ce parti. Nous devrons être forts avec notre défense. Il faut construire nos nos alliances et peut-être le plus important, nous devons nous opposer au tyran.

J'espère que c'est ce type de parti républicain qui sera impliqué dans l'élection de 2028. crucial interview and for being on LCI.