"Sur le plan militaire, les États-Unis ne peuvent pas être vaincus par l'Iran", Frédéric Encel|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir Frédéric Encel. Je suis ravi de vous accueillir sur ce plateau. Est-ce que l'échec des négociations signe forcément un retour de la guerre ?
Non, d'ailleurs, il y a rien de mécanique entre un échec de négociation, un échec qui en général est assez provisoire d'ailleurs et le retour la guerre. La longue histoire diplomatique et militaire nous indique que des rounds de négociation en général, il y en a plusieurs avant soit une reprise des hostilités, soit un véritable accord de paix. Est-ce que vous arrivez à comprendre la logique israélienne ce soir ?
Est-ce que vous pensez qu'il pourrait retourner à des frappes en Iran sans les Américains ? Non, sans les Américains, je ne crois pas. Trump l'a l'a dit, l'a rappelé.
Alors, il dit beaucoup de choses et leur contraire, enfin quand même, quand il rappelle que lui c'est le grand frère et que les Israéliens sont le petit frère, sur le plan militaire et politique, c'est exact. Donc, Netania, d'ailleurs vous aura pas échappé que il a cessé les frappes en Iran à partir du moment, mais à la minute même où Donald Trump il y a quelques jours a signifié qu'on arrêtait. Bon, alors le Liban en revanche est un cas tout à fait à part aux yeux des Israéliens.
Euh et d'ailleurs Trump a toujours laissé le feu vert aux Israéliens au Liban. Il y a pas de pétrole au Liban donc ça n'intéresse pas monsieur Trump. En revanche sur l'Iran, non, je ne crois absolument pas à des frappescifes.
En revanche, on peut très bien imaginer que si le le cis c'est le feu était rompu sans nécessairement qu'on retourne du côté américain un vrai tapissage de bombe comme ça a été le cas des premiers jours, il est tout à fait possible que les Israéliens reprennent la politique qui avait été la leure pendant pratiquement 20 ans. C'est-à-dire des frappes ciblées soit sur des personnels, soit sur des matériels, mais toujours dans le domaine du nucléaire. Parce que Benjamin Netaniaou persiste et signe pour lui ce n'est pas fini que ce soit du côté de l'Iran ou pour les proxis.
Écoutez, le régime iranien voulait nous étouffer mais c'est nous qui sommes en train de l'étouffer. Il nous a menacé de destruction et aujourd'hui il se bat pour survivre. Nous lui avons porté un coup dur mais il reste encore beaucoup à faire.
Ce n'est pas fini. Vous avez fait une une réflexion très pertinente Frédéric Ancel, c'est que ça inclut la carte d'Israël inclut. Ah oui, ben c'est le grand Israël hein.
Bah en même temps, c'est Nathanagou donc c'est un ministre ultranationaliste. Donc il était évident que qu'il allait inclure évidemment les territoires palestiniens dans cette dans cette carte. Mais mais sur le fond de ce qu'il dit quant au régime islamique d'Iran, c'est assez juste.
C'est-à-dire que il y a encore 2 ans et demi de cela avant le pogrome du 7 octobre, il y avait ce que les Iraniens appelaient le cercle de feu autour de d'Israël. Donc ça allait du Ramas à l'Iran par définition en passant par la Syrie de Bachar Alassad hein euh qui aujourd'hui est un est un voisin de monsieur Poutine à à Moscou mais son régime est tombé il y a un an et demi mais enfin il était encore là il était pro Rizboll le Rizbola bien sûr et les outils du Yémen. Écoutez Assad n'est plus là la capacité balistique et sans aucun doute nucléaire iranienne est extrêmement affaiblie.
Le Risboll prend des coups très durs et c'est le cas depuis 2024. Euh quant aux milices iraquiennes, elles peuvent malheureusement toucher des bases françaises. On l'a encore vu il y a quelques et des soldats français il y a encore quelques quelques semaines puisqu'on a perdu euh un homme sur place euh et les outils du Yém sont vraiment très faibles.
Donc de ce point de vue-là sur le fond, Netano n'a pas tort. En tout cas en terme de rapport de force, les buts de guerre entre l'armée américaine et l'armée israélienne ont l'air assez différent. Les Israéliens parlent de cibler le régime depuis le début.
Il faut faire tomber ce régime. Les Américains n'en parlent pas. Oui oui, c'est vrai.
Je pour pas le citer, d'ailleurs, je l'ai écris dans dans le monde il y a quelques jours. Euh les buts de guerre sont différents. Les stratégies où la stratégie a été la même, une stratégie de nature militaire mais les buts de guerre sont relativement divergents.
Alors attendez, divergents en fonction de ce qu'on veut bien entendre chez monsieur Trump puisque encore une fois il dit parfois d'une heure à l'autre tout est son contraire. Mais ce qui est sûr, c'est que du côté israélien, la menace iranienne, elle est perçue. Le le terme est à la mode, mais en l'occurrence, il est opératif et il est cette menace est perçue comme tout à fait existentielle.
Bon et par conséquent, Netaniaahu cherche à affaiblir le régime à tel point qu'il pourrait chuter. Pour Trump, l'intérêt c'est surtout à long terme, c'était réellement de pacifier une région euh au sens où la toxicité géopolitique du régime iranien serait amoindrie. Elle sera peut-être d'ailleurs amoindrie, c'est ce que je crois.
Mais lui, dans sa vision mercantiliste absolue des choses euh qui est son seul nord de de sa boussole en quelque sorte depuis toujours, il s'agissait de permettre à cette région donc relativement pacifiée de créer des dizaines ou des centaines de consortiums euh en général américain évidemment et de pouvoir favoriser la création de pôle d'investissement aux États-Unis. Et là, il comptait évidemment sur ces euh non pas des alliés parce que monsieur Trump n'a pas d'alliés, il a des clients et des fournisseurs, ce qui est substantiellement différent, mais notamment sur l'Arabie Saoudite, les Émirats, le Kit et cetera, de d'acheter encore plus avec euh les États-Unis. Et là euh aujourd'hui, évidemment pour enfin pour l'instant ce ce but de guerre paraît extrêmement éloigné.
Vous voyez le le la le que le régime soit en place ou non, au fond, c'est pas tellement le problème de monsieur Trump. Est-ce qu'Israël peut se permettre une continuité de la guerre ? qu'il y a un manque de réserviste et Alzamir, le chef d'état-major de l'armée, l'a dit ouvertement, ce qui était assez surprenant pour beaucoup d'entre nous.
Et puis le coût de la guerre avec une guerre qui coûte plus de 11 milliards de dollars. Est-ce que Israël peut se le permettre sur le long terme ? Alors, tout dépend de ce que vous appelez le long terme.
Euh, je pense que oui pour deux raisons. D'abord parce que euh la guerre de euh à Gaza, elle est euh elle est terminée. En tout cas, la phase offensive est terminée.
Il y a un cess le feu euh qui prévaut depuis plusieurs mois, il vaut ce qu' vaut. Enfin, les les soldats israéliens qui se trouvent euh sur le terrain ne sont plus en campagne militaire. Donc, il en faut moins que ce qui se passait auparavant.
Ça c'est le premier point. Et j'ajoute d'ailleurs que la capacité de de nuisance du du Ramas, enfin sa capacité à projeter de la violence sur Israël aujourd'hui est inexistante. Mais on envoie encore des soldats euh côté de Gaza.
Oui, ben évidemment non seulement à côté mais dans Gaza au niveau de de cette fameuse ligne jaune qui coupe Gaza en deux. Euh ensuite au Sud Liban, oui, mais on n'assiste pas à une invasion façon 1982 et peut-être même pas façon 2006. Autrement dit, aujourd'hui l'aviation, les renseignements font davantage encore que que les fantasins qui y vont de manière moins massive.
Alors ça ne veut pas dire que les Israëls n'ont pas besoin de de soldats mais moins que dans les décennies précédentes. Enfin, l'Iran est un cas complètement à part. Les Israéliens n'ont pas besoin de soldats au sol pour aller frapper l'Iran.
Tout se passe évidemment via euh dans une certaine mesure les renseignements mais surtout via l'arme aérienne. Le vice-président américain a claqué la porte des négociations après une seule journée de discussion à Islamabad. Le vice-président américain a mis fin au pour parler avec l'Iran faute d'accord sur le nucléaire.
On va regarder ça avec vous Chloé. Cet après-midi. Donald Trump a annoncé le début du blocus du D3 d'ormous.
C'était sur Fox News. En effet, le président américain a détaillé sur la chaîne américaine et par téléphone le plan qu'il a en tête pour le D3 d'Ormous. Il appelle ça le tout ou rien.
Écoutez, on appelle ça tout ou rien. Il viendra un moment où nous les ferons tous entrer et tous sortir. Mais ce ne sera pas une question de pourcentage.
Ça ne sera pas un de vos amis comme un pays qui est votre allié ou un pays qui est votre ami. Donald Trump s'oriente donc vers un blocus total, c'est-à-dire que chaque pays aurait soit un accès total à la voie navgable, soit aucun accès du tout. Il compare ce plan à ce qui avait été mis en place au mois de janvier au Venezuela.
Vous avez vu ce que nous avons fait avec le Venezuela ? Ça sera quelque chose de très similaire à cela mais à un niveau supérieur. Un peu plus tôt sur son réseau social, Donald Trump a annoncé avoir commencé les actions de déminage dans le D3 avec l'envoi hier de deux bateaux.
Il dit "Nous avons envoyé deux destroyés flambants neuf, magnifiques et ultra sophistiqué en plein milieu du D3 et personne ne nous a rien dit. Il affirme aussi que d'autres pays vont se joindre à ces actions de déminage comme le Royaume-Uni. Merci Chloé pour toutes ces précisions.
Frédéric Ancelle, est-ce que vous arrivez à comprendre en quoi consiste ce blocus du D3 d'Ormous ce soir ? Alors d'abord ce qui a été dit est très fondamental et ça rappelle quelque chose que je ne cesse de dire et des fermers y compris sur votre plateau, c'est que sur le plan militaire, les États-Unis ne peuvent pas être vaincus par l'Iran. Non seulement cela, mais l'Iran ne peut pas n'a pas la capacité de fermer, contrairement à ce que beaucoup d'observateurs disent de manière beaucoup trop rapide, le D3 d'ormous.
Ils peuvent menacer chaque bateau via des drones ou des missiles. Alors évidemment les armur résistant tout de même. Alors alors justement alors les armateurs, les assureurs évidemment les équipages ont beau jeu de dire mais non mais le le risque il est trop important donc nous n'y allons pas.
Donc c'est une façon d'entraver la libre circulation maritime. Mais sur le plan matériel, sur le plan, j'allais dire technique militaire, seuls les Américains le peuvent et d'ailleurs ils sont en train de le montrer. C'estàd que autant Trump est foutra euh à mains égards et sur différents niveaux, autant sur le plan militaire ce qu'il est en train de dire ou d'annoncer est tout à fait possible.
C'est faisable, c'est réalisable. Pourquoi ? Parce que la marine de guerre iranienne n'existe plus.
La la flotte aérienne de combat iranienne n'existe plus. Autrement dit, encore une fois, sur le plan militaire, seule la flotte américaine, d'ailleurs seule au monde, la flotte américaine est capable d'entraver ou au contraire d'ouvrir le ce ce D3 d'Ormous. Vous croyez en cette coalition dont il parle, une coalition de nombreux pays pour débloquer ou sécuriser les voies maritimes ?
Alors alors voilà, oui, si c'est pour sécuriser cette voie maritime. Pourquoi ? parce qu'en 82 une convention a été signée.
C'est la convention de Monteégob et depuis elle régit l'intégralité en réalité du du droit et des usages maritimes. C'est vrai en sur le plan civil, c'est vrai sur le plan militaire. Et les Iraniens ont très clairement il y a quelques semaines de ça menacé de euh rendre cette voie publique, de la rendre privée en quelque sorte avec un droit de payage.
Et donc il contrôlerait intégralement en tant que euh état euh cette ce raille maritime. Or, c'est juste totalement illégal en droit international et c'est pas que de la casustique juridique. Non seulement c'est illégal, mais aucun pays au monde ne veut avoir enfin supporter l'épée de Damocles de l'Iran au-dessus de son coup.
Donc oui, cette coalition, elle peut se faire pourquoi ? parce qu'elle ne sera pas offensive contre l'Iran. Là, vous aurez noté que aucun pays de l'OTAN n'a voulu suivre les États-Unis, mais elle sera défensive du droit international.
Alors, évidemment, comme d'habitude, les Britanniques, oui, bah ils vont suivre sans doute les Américains, mais il n'est pas du tout impossible que des pays comme la France participent à ce qui sera perçu non pas comme une agression face à l'Iran, mais simplement comme le maintien du droit international maritime. C'est ce que confirme le gouvernement britannique ce soir, que la France se joindra certainement à cela. La France ne confirme pas pour l'instant par la voix du du qu d'ors qu'ils se joindront à ces opérations.
Mais on peut se poser la question ce soir très clairement. Est-ce que le droit international suffit dans cette situation là ? Alors d'abord encore une fois tout dépend des interprétations qu'on fait du droit international mais là il ne s'agit pas seulement de défendre le droit parce que je vais vous dire franchement je ne suis pas naïf.
Trump se fiche bien du droit international, mais aujourd'hui très objectivement, il peut se prévaloir ou se targuer de réunir une coalition qui défendra le la liberté de de navigation en vertu notamment de cette convention de de Monteégobet. Quant à la France, alors je je ne suis bien évidemment pas au courant de ce que fera le président de la République parce que là évidemment la décision lui appartient. Je suis de ceux qui considèrent que la France ne rejoindra pas nécessairement une coalition qu'il serait montée, qui serait bâtie sous euh commandement euh américain.
En revanche, il est tout à fait possible comme ça s'est fait à plusieurs reprises en Mer Rouge d'ailleurs euh euh par exemple contre les face aux outils ou face au à la piraterie maritime que la France euh seule en quelque sorte décide de défendre avec un certain nombre de de matériel et de navires ce ce détroit. J'ajoute que la France est le seul état au monde euh outre les Américains bien évidemment, mais le seul État et bien évidemment le seul État européen à disposer de bases militaire dans le golf, c'est-à-dire aux Émirats arabinés. Israël sur plusieurs fronts puisque ils opèrent également du côté du Liban.
Les frappes se poursuivent encore aujourd'hui. Israël cible les infrastructures du Esbola dans le sud du pays. Alors même qu'une rencontre diplomatique est prévue à Washington ce mardi.
Regardez ces images de frappe aujourd'hui du côté de Nabatillé et puis Benjamin Netaniaou qui était du côté du sud-liban ce soir. Regardez, je suis ici avec le ministre de la défense, le chef d'état-major, le commandant de la division, le chef de la brigade et nos soldats de réserve. Il y a ici un esprit formidable, des capacités de combat et ils se battent bien.
La guerre se poursuit, y compris à l'intérieur de la zone de sécurité au Liban. Nous avons accompli un travail colossal, des exploits immenses. Il reste encore des choses à faire et nous les faisons.
L'une des choses que nous constatons ici, c'est que nous avons changé le visage du Moyen-Orient. Nos ennemis, l'Iran et l'axe du mal sont venus pour nous anéantir et maintenant ils se battent simplement pour leur survie. C'est de la provocation Frédéric Hancel ?
Non, le risball là se bat vraiment pour sa survie. On peut on peut on rapprochera 1000 choses et et j'en suis bien évidemment de de ceux qui lui reprochent 1 choses à Netaniaou mais ce qu'il dit sur le Rizboll là est vrai. Non pas parce que l'armée israélienne est encore plus puissante que ce qu'a que que ce qu'elle était Nager ou que le Rizbola est encore plus faible.
Ça c'est vrai sur le plan militaire mais le grand stratège prussien au début 19e disait bien qu'en fait une guerre se gagnait ou se perdait à la fin sur le plan politique. Et regardez à quel point le Risbolla est seul. Non seulement il est seul par rapport à il y a 2 ans 2 ans et demi disons, je reprends toujours le le début de cette de ce grand épisode de guerre monoriental qui a été le pogroupe du Ramas le 7 octobre.
Et le à l'époque le Risbolla dispose d'un continuum terrestre et aérien avec la Syrie, l'Irak et jusqu'à donc l'Iran, son son créateur en 82. Aujourd'hui, encore une fois Assad n'est plus là et la Syrie est hostile au Rizbola. Et à l'intérieur du Liban, on a ces dernières semaines, pour la première fois depuis les accords de TF de 1989 euh qui euh visaient à la démilitarisation des milice, ce qui a été fait sauf pour le Risboll pour la première fois donc depuis plusieurs décennies. l'intégralité, vous m'entendez bien, l'intégralité de la classe politique libanaise jusqu et y compris à un parti proche du Rizbollit libanais à demander au Rizboll de se désarmer et de cesser de faire la guerre au profit euh de l'Iran, euh y compris face à Israël.
Et de ce point de vue-là, cette très grande solitude avec des menaces très clairement établies de la part de du du gouvernement et du président de la République libanaise face au Chrisboll le rend seul. C'est pour ça qu'il était encore plus fragile aujourd'hui face à Israël. Seul, mais certains disent que c'est disproportionné ce qu'il se passe dans le sud d'Israël, de sud du Liban.
Ah, il est bien évident que les les frappes israéliennes, lorsqu'elles provoquent des des des victimes civiles sont considérées à juste titre d'ailleurs. Alors là, pour le coup, on revient au droit international comme disproportionné. Le problème est le suivant. euh qui euh lorsque euh au au début de de la guerre, donc le 28 février hein de de la guerre en Iran euh qui a propulsé des euh missiles sur euh sur Israël, c'est le Rizbollah euh qui lui en a donné euh l'ordre.
C'est errant, c'est pas Beou. Autrement dit, on a un état dans l'état, un état milice, un parti milice qui revient systématiquement sur tout ce que décide le le Liban et les Libanais aujourd'hui ne l'acceptent plus et ils considèrent que le Risboll est responsable de ce qui est en train de se passer aujourd'hui. Merci Frériel.
Benjamin Haddad