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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 30 avril 2025 11 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & famille

Olivier Faure : François Hollande "cherche à alimenter les querelles pour pouvoir mieux revenir"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'extrême droite de votre famille paternelle, c'est la même extrême droite de celle de Marine Le Pen et de Jordan Bardella ?

  • 3:22FerméeRéponse directe

    Votre mère réfugiée vietnamienne ?

  • 4:02OuverteRéponse directe

    Pour vaincre l'extrême droite, vous prenez une gauche unie, et vous y consacrez de nombreuses pages.

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui reste, Olivier Faure ?

  • 4:54FerméeRéponse directe

    Donc la gauche, pour vous, ça va de Ruffin à Glucksmann ?

  • 5:04RelanceRéponse directe

    Non, mais vous les excluez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:34Invité politiqueFait
    « Mais la matrice de Madame Le Pen est la même que celle de mon père. »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Et la réalité, c'est qu'en fait, ces gens n'ont pas changé. »
  • 4:37Invité politiqueChiffre
    « Et ce que je vois, c'est que ce matin, il y a un sondage qui est sorti, et qui fait apparaître le fait que la gauche rassemblée, celle que je prône... »
  • 7:37Invité politiqueFait
    « Et ce que je dis aussi c'est que le 7 juillet, le 7 juillet que nous avons gagné avec le Front populaire, quand nous sommes arrivés en tête, il y avait derrière moi toutes celles et ceux qui me contestent. »
  • 8:33PrésentateurFait
    « Vous dites que la ligne est coupée avec l'ancien président de la République. »
  • 8:36PrésentateurFait
    « Il ne sert qu'un destin personnel, François Hollande ? »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « Il est celui qui, au contraire, aujourd'hui dans le Congrès, est là, en arrière-plan, cherche à alimenter les querelles, les haines, et les désaccords pour pouvoir mieux revenir. »

Temps de parole

  • Olivier Faure64 %
  • Présentateur36 %

10,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 7-10

0:04
Olivier Faure

Il est 7h48, Sonia De Villers, votre invitée, députée de Seine-et-Marne et premier secrétaire du Parti Socialiste.

0:11
Présentateur

A ce poste depuis 7 ans, il est candidat à sa réélection. Le congrès du PS se déroulera du 13 au 15 juin prochain à Nancy. D'ici là, il fend l'armure, c'était l'expression de Lionel Jospin. Bonjour Olivier Faure.

0:23
Olivier Faure

Bonjour Sonia De Villers.

0:24
Présentateur

Je reviens te chercher. C'est le livre que vous publiez chez Robert Laffont. Ce titre, vous l'empruntez à une chanson de Gilbert Bécaud et vous l'adressez à votre père qui est mort il y a très peu de temps. Vous écrivez dans des pages intimes et sincères que vous connaissez l'extrême droite de l'intérieur. On va en reparler, évidemment. Vous allez pouvoir répondre à l'édito de Patrick Cohen. Vous connaissez cette extrême droite de l'intérieur, celle de l'action française à laquelle appartenait votre grand-père, admirateur de Maurras, celle du journal du Front National que lisaient vos tantes.

Celle qu'a quitté votre père, puis le repli et l'abîme de la vieillesse aidant, celle qu'il a fini par rejoindre à la fin de sa vie. Revenir chercher votre père, c'est revenir chercher les Françaises et les Français qui ont en général basculé à l'extrême droite.

1:14
Olivier Faure

C'est ce que j'aimerais. Ce livre, c'est l'histoire d'un fil rompu avec un homme, mon père, avec qui j'ai grandi, qui est d'abord né à l'extrême droite dans une famille maurassienne, dans une famille de la vieille extrême droite française, et qui ensuite a basculé à gauche après avoir été nommé fonctionnaire à la Réunion, puis qui a rebasculé dans les dernières années de sa vie à l'extrême droite, parce que ce monde allait peut-être trop vite pour lui, parce qu'il avait été séduit par la thèse du grand remplacement, et qu'il pensait que la civilisation dans laquelle il avait appartenu était en danger.

Et donc, cette conversation, j'ai voulu la prolonger, post-mortem, difficilement, parce que c'était un déchirement pour moi de voir ce père que j'ai tellement aimé, partir là où il était né.

2:10
Présentateur

Mais vous en faites une ambition programmatique, vous en faites un devoir moral, vous en faites une mission politique. Et ma question, elle est simple, c'est que, est-ce que l'extrême droite de votre famille paternelle, c'est la même extrême droite de celle de Marine Le Pen et de Jordan Bardella ? Est-ce que ceux qui ont voté pour les extrêmes droites de l'époque, votent pour les mêmes raisons aujourd'hui pour Jordan Bardella ou Marine Le Pen ?

2:34
Olivier Faure

Mais la matrice de Madame Le Pen est la même que celle de mon père. C'est la même. Il y a dans ma famille eu aussi un maire qui était encarté au FN à l'époque. Et la réalité, c'est qu'en fait, ces gens n'ont pas changé. Ils ont euphémisé leur discours, ils l'ont modifié, ils ont cherché à se rendre acceptable, à se notabiliser, mais le fond de sauce, elle est restée le même. Et donc, c'est ça que je veux combattre. Et quand je dis que je connais cette extrême droite de l'intérieur, c'est que oui, je la connais. Mais en même temps, je sais aussi qu'il est possible de vaincre ces préjugés.

L'histoire de ma famille, c'est l'histoire d'abord d'un père et d'une mère qui, en l'occurrence, n'auraient jamais dû se rencontrer.

3:22
Présentateur

Votre mère réfugiée vietnamienne ?

3:24
Olivier Faure

Absolument. Et elle-même issue d'une famille nationaliste vietnamienne. Mon grand-père a été ministre, mais vietnamienne. Et donc, on était là, vraiment, si mes deux grands-pères s'étaient un jour rencontrés, je ne sais pas ce qu'ils se seraient racontés, tant la vie, leur conscience, leurs préjugés les avaient conduits loin l'un de l'autre. Et pourtant, mes parents se sont aimés, et pourtant ma mère a été aimée par mon grand-père paternel, par ma grand-mère, par mes oncles et mes tantes. Et donc, c'est la démonstration que, parfois, grâce à l'amour, on peut modifier beaucoup de choses, mais aussi grâce au combat politique.

3:59
Présentateur

Alors, pas seulement grâce au combat politique, et grâce à l'union. Grâce à l'union, grâce au rassemblement, parce que vous le dites et vous le martelez du début à la fin de ce livre, pour vaincre l'extrême droite, vous prenez une gauche unie, et vous y consacrez de nombreuses pages. Mais vous consacrez aussi de nombreuses pages à votre bilan, à la NUPES, au NFP, le nouveau Front populaire. Vous détaillez aussi, par le menu, les heures, les brouilles, les divergences profondes, les scissions auxquelles ça a finalement abouti. Trois années de palabres et de tractations à gauche. Qu'est-ce qui reste, Olivier Faure ?

4:33
Olivier Faure

Qu'est-ce qui reste ? Mais il reste une espérance, j'espère. Et ce que je vois, c'est que ce matin, il y a un sondage qui est sorti, et qui fait apparaître le fait que la gauche rassemblée, celle que je prône...

4:44
Présentateur

Le sondage de la revue Regards ?

4:46
Olivier Faure

Exactement. Qui, de Ruffin à Glucksmann, est en mesure aujourd'hui d'être au second tour, et je l'espère de battre l'extrême droite demain.

4:54
Présentateur

Donc la gauche, pour vous, ça va de Ruffin à Glucksmann ?

4:56
Olivier Faure

La gauche est plus large, bien entendu. Mais celle, le rassemblement que je prône, c'est celui-là.

5:01
Présentateur

D'accord. Donc vous excluez les insoumis ?

5:04
Olivier Faure

Je crois qu'ils se sont exclus d'eux-mêmes, oui.

5:06
Présentateur

Non, mais vous les excluez ? Oui, oui, bien sûr. Donc il n'y aura plus d'accord d'appareil entre les insoumis et cette gauche que vous voulez rassembler, c'est ça que vous dites ?

5:16
Olivier Faure

C'est ce que je dis.

5:17
Présentateur

C'est ça. Par ailleurs, il y a beaucoup de gens qui votent pour les insoumis, pour la France insoumise.

5:22
Olivier Faure

Bien sûr, mais moi je ne rejette pas les électeurs insoumis, qui sont souvent des électrices et des électeurs qui ont voté pour d'autres formations politiques à gauche.

5:30
Présentateur

Et qui ne votent plus pour le Parti Socialiste, précisément.

5:33
Olivier Faure

Mais ce que je dis, c'est que nous avons, nous, un travail à faire pour retrouver ces gens-là, de la même façon que nous avons un travail à faire pour retrouver celles et ceux qui ont pendant très longtemps accompagné la gauche et qui ont basculé à l'extrême droite. Malheureusement, nous étions un grand parti qui a été un parti qui a alterné avec la droite au pouvoir. Et c'est devenu un parti qui a connu, disons le choix, plus qu'un trou d'air, qui a connu en fait une descente aux enfers. Et donc, évidemment, qu'aujourd'hui cela suppose que nous retrouvions les raisons...

6:07
Présentateur

Mais il n'y a pas une forme de contradiction de dire du début à la fin de ce livre qu'il n'y a pas de gauche irréconciliable, que c'est un mythe, qu'on peut concilier les gauches.

6:16
Olivier Faure

Je dis qu'il n'y a pas d'électeur de gauche irréconciliable. Je dis qu'il y a des Françaises et des Français qui ont besoin de la gauche. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de conciliation possible avec Jean-Luc Mélenchon. Dans le monde que nous traversons, avec une France qui est inquiète, qui se cherche, avec un monde qui donne le sentiment d'être en pleine bascule. Et tous les jours, vos chroniques font part de cette bascule de Trump à Poutine, dont pourrait prolonger Xi Jinping, Erdogan et tant d'autres.

Eh bien, si nous voulons à un moment être la réponse, nous devons d'abord être en mesure de rassembler une offre politique commune et puis parler aux Françaises et aux Français de ce qui les touche. Et ce qui les touche, ce n'est pas les débats que nous avons en permanence à votre micro comme à d'autres, de savoir quelles sont les alliances, c'est de savoir comment on arrive à fédérer ce qu'on a appelé autrefois le peuple de gauche et plus largement les Françaises et les Français.

7:05
Présentateur

Vous y consacrez, Olivier Faure, de très nombreuses pages à ces alliances et aux problèmes qu'elles ont posés parce qu'on sent que vous avez besoin de vous justifier, on sent que vous avez besoin de vous expliquer. Non, je n'ai pas besoin de me justifier, pas du tout.

7:17
Olivier Faure

Je ne me justifie de rien du tout, j'explique simplement qu'elle était cette trajectoire. Et si on n'avait pas fait le Front populaire il y a moins d'un an, qui serait au pouvoir aujourd'hui ? Et puisque le combat que je vous dis, vouloir mener c'est celui contre l'extrême droite, je n'ai aucun regret. Et ce que je dis aussi c'est que le 7 juillet, le 7 juillet que nous avons gagné avec le Front populaire, quand nous sommes arrivés en tête, il y avait derrière moi toutes celles et ceux qui me contestent. Et tous voulaient gouverner ce jour-là, tous espéraient pouvoir gouverner. Alors c'est trop facile d'être en permanence en train de dire c'est celui-là, c'est ce...

7:52
Présentateur

Ceux qui vous contestent à l'intérieur du Parti Socialiste ?

7:56
Olivier Faure

Il y a toujours des gens qui cherchent à avoir les mains pures, mais enfin ils n'ont pas de mains. Moi ce que je sais c'est que je suis celui qui a mis souvent les mains dans le cambouis, qui a retroussé ses manches, qui a fait en sorte que ce parti se relève. Et je suis fier de l'avoir fait avec une génération qui aujourd'hui, de trentenaires, de quadragénaires, et bien qui aujourd'hui me donne beaucoup de fierté parce que ce qu'ils ont fait avec moi était vraiment méritoire.

8:20
Présentateur

Qui pour incarner la gauche ? Vous avez aussi des pages assez dures sur François Hollande. Vous dites que la ligne est coupée avec l'ancien président de la République. Vous critiquez publiquement son bilan, il ne le supporte pas, il prépare son retour. L'animal politique, écrivez-vous, regrette d'avoir jeté les gants trop tôt. Il veut sa renvanche, il veut sa course à l'Elysée. Il ne sert qu'un destin personnel, François Hollande ?

8:42
Olivier Faure

Je le crains. Maintenant, c'est à lui de le dire. Je ne suis pas là pour le juger en permanence. Ce que je dis, c'est qu'aujourd'hui, il faut peut-être passer à autre chose. Il aurait pu avoir un rôle de passeur. Il aurait pu être celui qui, par son expérience indiscutable à la tête de l'État, il aurait pu être celui qui dit à la nouvelle génération, « Eh bien écoutez, voilà ce à quoi je me suis heurté, et voilà les erreurs que j'ai commises et que je veux vous éviter. » Il aurait pu être celui-là. Il n'a pas été celui-là.

Il est celui qui, au contraire, aujourd'hui dans le Congrès, est là, en arrière-plan, cherche à alimenter les querelles, les haines, et les désaccords pour pouvoir mieux revenir.

9:19
Présentateur

Raphaël Glucksmann, presque 14% aux Européennes, c'était votre candidat. La ligne est coupée aussi, manifestement.

9:27
Olivier Faure

Non, pas du tout.

9:28
Présentateur

Non, au contraire. Vous dites qu'il pactise et qu'il participe au rassemblement.

9:32
Olivier Faure

Non, je ne dis pas ça.

9:33
Présentateur

Je dis qu'il y a eu des moments où, effectivement, ça a été blessant parce que la politique n'exclut pas l'amitié.

9:42
Olivier Faure

Et que donc, parfois, oui, il y a des moments où on peut être blessé par l'attitude de tel ou tel. Nous nous en sommes expliqués. Et aujourd'hui, nous sommes à nouveau capables de nous parler et d'avancer ensemble, parce que j'espère que nous avancerons ensemble.

9:56
Présentateur

Est-ce qu'il faut censurer le gouvernement Bayrou ?

9:59
Olivier Faure

Mais ce n'est pas une question de principe. C'est une question qui se posera, peut-être aujourd'hui, sur l'affaire Bétarame, peut-être demain, sur la question des retraites, peut-être après-demain, sur la question du budget. Et nous jugerons à chaque fois en fonction de ce que répond François Bayrou. Moi, je ne suis pas, en fait, pavlovien. Je ne suis pas là, pas avec des réflexes conditionnés. Je dis simplement que ce dont nous avons besoin, c'est une gauche qui se revendique de gauche, qui n'est pas là simplement pour, puisqu'on parlait de François Hollande, qui dise, écoutez, jusqu'en 2027, faites ce que vous voulez, on ne vous censurera pas. Ce n'est pas mon point de vue.

Mon point de vue, c'est que nous avons à tenir un discours, qui est celui, un discours offensif, qui permettra de faire revenir les femmes et les hommes de gauche, et peut-être plus largement.

10:41
Présentateur

Olivier Faure, je reviens te chercher chez Robert Laffont. Merci.

10:44
Olivier Faure

Merci à vous. Merci.

10:45
Locuteur

Merci. Merci.