Macron : il veut les "emmerder"… #cdanslair Archives 2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:40OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est une faute ? Est-ce qu'il a fait une faute, Emmanuel Macron ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Peut-être que c'est intéressant et important de préciser comment ça se passe, une interview face aux lecteurs ?
- 8:01RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est une faute ?
- 11:35OuverteRéponse directe
Je voudrais qu'on voie ce qui s'est passé à l'Assemblée, parce que la polémique a embrasé l'Assemblée dès hier soir.
- 21:57OuverteRéponse directe
Est-ce que ce qui s'est passé ces deux derniers jours peut gêner l'entrée en application du pass vaccinal à la mi-janvier ?
- 39:24OuverteÉludée
Au Canada, on a franchi le pas en disant on va clairement emmerder les non-vaccinés, à tel point qu'on leur retire certaines allocations. Le débat politique en France va-t-il dans ce sens ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurFait
« Dans une interview au journal Le Parisien ce matin, le président explique qu'il veut emmerder les non-vaccinés et même qu'ils sont irresponsables et donc pas vraiment citoyens. »
- 12:53Invité politiqueFait
« Là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça la stratégie. »
- 13:09Invité politiqueFait
« Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen. »
- 25:47InvitéChiffre
« Il y avait 61% des Français qui se déclaraient hostiles à la vaccination. »
- 26:15InvitéChiffre
« Dans ces 28%, c'était 43% de gens du RN et 32% de gens de la France insoumise. »
- 36:34PrésentateurFait
« À Singapour, le gouvernement ne prend plus en charge leurs frais médicaux. »
- 36:42PrésentateurFait
« Le Canada prévoit de supprimer les allocations aux chômeurs sans aucune dose, les priver de revenus, pour inciter à la piqûre. »
- 39:28PrésentateurFait
« Au Canada, on a franchi le pas en disant on va clairement, alors là, pour le coup, emmerder les non-vaccinés, à tel point qu'on leur retire certaines allocations. »
- 39:41PrésentateurFait
« On priorise aujourd'hui ceux qui sont malades du Covid parce qu'il y a une urgence absolue sur des malades du cancer qui ne peuvent pas être soignés correctement. »
- 40:05PrésentateurChiffre
« Il est 90% concentré sur 10% de la population. »
- 40:11PrésentateurFait
« Il est complètement mis au service des non-vaccinés. »
- 40:17InvitéFait
« Il faut faire payer les non-vaccinés. »
- 40:23InvitéFait
« Il y a un amendement qui a été présenté à Noël mais qui a été rejeté. »
- 40:37PrésentateurFait
« On ne peut pas obliger si on ne sait pas quelles sanctions on ferait. »
- 40:48PrésentateurFait
« Oui, en même temps, ça existe déjà l'obligation vaccinale sur certains vaccins en France. »
- 41:06PrésentateurFait
« Edouard Philippe ce matin qui ne franchit pas et qui dit peut-être qu'à force de tourner autour du pot, faisons les choses peut-être plus simplement. Et il se dit favorable à l'obligation vaccinale. »
- 41:53PrésentateurFait
« Si on met des amendes trop élevées, les gens qui n'ont pas les moyens ne pourront pas les payer et je ne vais pas mettre un policier derrière. »
- 42:06PrésentateurFait
« La contrainte, je ne peux pas aller travailler, donc je vais devoir le faire. »
- 42:43PrésentateurFait
« Le nombre de non-vaccinés qui ont des faux passes et qui décèdent alors qu'ils auraient pu être encore en vie s'ils avaient dit la vérité. »
- 43:37InvitéChiffre
« Aujourd'hui, il y a 8 ou 9 milliards de personnes à travers le monde qui ont eu le vaccin. »
- 44:21InvitéChiffre
« Il y a 335 000 cas aujourd'hui diagnostiqués. »
- 44:30InvitéChiffre
« Il y a quand même 46 000 personnes qui se sont fait injecter pour la première fois. »
- 45:19InvitéFait
« Le pass vaccinal, il sert à ça. »
- 45:28PrésentateurChiffre
« 66 000 primo-vaccinés. »
- 46:32InvitéChiffre
« 16 euros pour les 20 masques. »
- 47:14PrésentateurFait
« L'Autriche impose le port du masque FFP2 dans tous les lieux clos. »
- 48:32PrésentateurChiffre
« 800 000 pièces en une semaine. »
- 49:32InvitéChiffre
« Une capacité de 40 millions de masques par semaine. »
- 1:00:37PrésentateurFait
« J'ai après aimé les Français tous les Français. »
- 1:00:50PrésentateurFait
« Le meilleur moyen d'emmerder les récalcitrants à la vaccination ne serait-il pas de la rendre obligatoire ? »
- 1:01:38InvitéFait
« Il faudrait tomber à 100% de vaccinés. »
Temps de parole
- Présentateur74 %
- Invité16 %
- ?3 %
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Et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. C'est une phrase qui marquera, à n'en pas douter, cette crise sanitaire et même certainement la campagne présidentielle. Dans une interview au journal Le Parisien ce matin, le président explique qu'il veut emmerder les non-vaccinés et même qu'ils sont irresponsables et donc pas vraiment citoyens. Une sortie sans filtre qui a mis le feu à un débat sur le pass vaccinal déjà éruptif en pleine campagne présidentielle.
Les oppositions dénoncent de concert depuis ce matin une outrance de trop et la Macronie fait bloc et assume le fond et la forme s'adressant à une majorité de Français vaccinés. Alors est-ce une sortie de route ou une stratégie de rupture ? La fracture est-elle en train de se creuser entre les Français vaccinés et les autres ? Est-ce que cette polémique peut bloquer durablement l'installation, l'instauration, le vote du pass vaccinal ? Macron, il veut les emmerder, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Karl Meus, vous êtes rédacteur en chef au Figaro Magazine. Cécile Cornudet, vous êtes éditorialiste politique aux Echos.
A retrouver dans l'édition du jour l'interview de Gabriel Attal qui réaffirme la mise en vigueur du pass vaccinal autour de la mi-janvier. Comme prévu, nous y reviendrons ce soir. Ève Roger, vous êtes directrice adjointe de la rédaction du Parisien Aujourd'hui en France. À lire aujourd'hui donc cette rencontre exclusive du président de la République avec vos lecteurs qui s'intitulent les quatre vérités d'Emmanuel Macron. Et nous attendons à cette place là, Jérôme Fourquet qui va nous rejoindre dans un instant. Bonsoir à tous les trois. Merci de participer à cette émission en direct. Je vais commencer avec une question toute simple, Karl Meus. Est-ce que c'est une faute ?
Est-ce qu'il a fait une faute, Emmanuel Macron ? Je ne dirais pas qu'il a fait une faute. Je pense qu'il a fait une erreur, plus exactement. Parce qu'il y a deux distorsions entre le mot employé et ce que les gens perçoivent. Première distorsion, c'est que, on l'a vu dans les réactions, beaucoup de gens disent un président ne devrait pas dire ça. On l'accepterait plus d'un candidat. Le problème, si on lit bien l'interview, c'est qu'il ne dit pas qu'il est candidat. Il dit qu'il a envie mais que
ce
n
'est
pas le moment. Donc il parle en tant que président. Ce terme-là, en tant que président, ça choque. La deuxième distorsion, c'est qu'il y a quelques jours, il avait dit qu'il voulait apaiser. Il était plutôt dans l'idée de rassembler tous les Français. Et là, on a une terminologie qui est très... qui divise. Comme vous l'avez rappelé, j'ai envie de les emmerder. Ce ne sont pas des citoyens. Donc on est plutôt dans la division. Et l'autre élément pour lequel c'est une erreur, c'est que ça réveille les doutes sur Emmanuel Macron. Vous savez, quand les opposants disaient, mais Emmanuel Macron, c'est quelqu'un qui méprise les gens. Et on a de nouveau cette accusation-là qui ressort.
Et
de la même façon, il donne du grain à maudre aux opposants en disant, mais attendez, alors vous parlez de déchéance de citoyenneté, mais vous ne disiez pas la déchéance de nationalité pour les islamistes. Et on voit bien là que les oppositions ont trouvé des angles d'attaque qu'ils n'avaient plus avant. Je me tourne vers vous, Ève Roger. D'ailleurs, je salue Jérôme Fourquet qui arrive. Je rappelle que vous êtes directeur, on vous pardonne, du directeur du département opinion à l'Institut de sondage IFOP. On est en train d'essayer de savoir si Emmanuel Macron a fait une faute avec cette interview qu'il a accordée à des lecteurs du Parisien.
Peut-être que c'est intéressant et important, Ève Roger, de préciser qu'on aurait pu entendre parler de dérapage. C'est une interview qui est encadrée, qui est relue. Est-ce qu'on peut juste expliquer peut-être comment ça se passe ?
Si vous voulez, c'est le must du Parisien, le face aux lecteurs, qui est très demandé par les politiques, parce qu'ils veulent une relation directe et spontanée avec des gens normaux. Et donc, dans ce face aux lecteurs, il y a cette spontanéité qui existe, et ces gens normaux sont castés, mais on essaie d'être assez large dans nos choix. Il y avait une étudiante, un agriculteur, une institutrice, des soignantes, ça viendra d'elle cette phrase-là. Et l'idée, c'est que ce n'est pas filmé. Donc, la spontanéité est d'autant plus forte que ce n'est pas filmé. C'est juste enregistré avec des dictaphones de journalistes. Donc, il y a cette spontanéité-là. Et
si
vous lisez bien l'interview, cette phrase, elle arrive au bout d'une heure vingt d'interview. Donc, vous savez, depuis une heure vingt, c'est un jeu de ping-pong, on parle de l'Europe, on parle du pouvoir d'achat. Et là, vous voyez, la lectrice, notre lectrice, elle le pousse un peu. Elle lui dit, mais quand est-ce que vous allez mettre l'obligation vaccinale ? Alors, lui, il explique que non. Et puis, mais quand même, il
y
a 85% de non-vaccinés qui sont dans les réanimations. Donc, elle le pousse.
Et
dans cette espèce de conversation spontanée, lui, il répond sur le même ton, dans une forme d'empathie au niveau de la lectrice, en disant, j'ai bien envie d'emmerder les non-vaccinés. Donc, ça, c'est le premier élan. Et c'est vrai qu'ensuite, l'interview est relue. Non pas pour modifier des termes. Donc, il n'avait pas les moyens d'édulcorer, mais elle est quand même relue pour qu'il n
'y ait
pas de malentendus ou d'incompréhension. Et à la relecture, la relecture n'a posé aucun problème. Ils ne nous ont pas demandé de changer le terme. Donc, on en conclut que, pour revenir à votre question, que s'il l'assume,
c
'est qu
'il
considère que ce n
'est
pas une faute, ni même une erreur. Lui, il ne considère que ce n
'est
pas une faute.
C'est la réaction qu'on a un petit peu entendue de la part, et on va les entendre dans un instant, de la Macronie, comme on dit, les ministres, les porte-paroles, qui ont assumé le fond et la forme. Après, les communicants disent beaucoup, cette interview du Parisien qui est connue face aux lecteurs, on ne peut pas modifier les mots, parce qu'il y avait dix témoins. Ils se font dix, c'est ça, dix. Donc, si vous aviez corrigé en disant embêté dans l'interview, il n
'y en
aurait un qui aurait fait une autre interview dans une autre presse en disant, mais non, en vrai, il avait dit emmerdé.
Tu aurais peut
-être fait moins d'écho, une correction sur un mot, que ce qui s'est passé depuis ce matin. En tout cas, moi, ce que je sens, c'est qu'autant ils assument complètement sur la stratégie, qui est de cliver, qui est de cibler les non-vaccinés, de se faire le porte-voix des 90% de gens vaccinés en France qui n'en peuvent plus, des soignants qui n'en peuvent plus, parce qu
'ils
doivent déprogrammer des gens qui sont malades pour faire de la place à des malades du Covid qui ne sont pas vaccinés. Donc, il y
a
une sorte de ras-le-bol. Il assume de vouloir être le porte-parole de ces gens-là, de parler clairement quand LR, le PS, quand tout le monde est assez ambigu autour du pass vaccinal et de ce qu'il faut faire sur la vaccination. Donc, politiquement, c'est une transgression qui est complètement assumée. Après, on sent très nettement qu'il y
a
un malaise sur le mot. Sur le
mot, oui. Sur le
mot lui-même emmerdé, pour
plein
de raisons, parce que ça écrase tout. Ça écrase même l'interview elle-même. Oui,
on n'a plus rien retenu. Il dit qu
'il est contre la culture du clash. Il fait du clash. Il dit qu'il veut de la solidarité. Effectivement, il avait fait des mea culpa sur ses petites phrases. Et donc, ça réveille tout ça. Et puis, ça crée peut-être un risque social. On va reparler du risque social dans un instant, puisqu'on va beaucoup s'arrêter sur savoir qui sont ces non-vaccinés et si ça peut réveiller des colères. Est-ce que ça lui ressemble, au fond, de parler comme ça ? On voit bien toutes les petites phrases qu
'il
y a eues. C'est l'homme de la transgression, de la disruption. Il l'avait théorisé en 2017. Sans doute que là, cette fois, sur le fond, il a moins d'éléments pour présenter un programme vraiment de rupture. Il n'y a plus l'effondrement des autres parties. Ils sont déjà morts. Donc, il ne peut plus faire la différence sur ces sujets. Donc, on voit bien qu'il cherche d'autres façons d'exister dans le débat, qu'il a pris acte du fait qu'Éric Zemmour, par exemple, pourquoi il a tellement bien marché à l'automne ? C'est parce qu'il parlait différemment. Il parlait complètement cash. Donc, il veut mettre dans le débat, il veut que les gens réécoutent la politique sur lui.
Et de fait, il écrase tout. Et on sent arriver du coup un peu le président, le candidat
derrière le président.
Il l'assume complètement. Ça fait partie du côté, je parle clair dans cette interview, il dit en gros, j'en ai envie, je vais le faire, j'attends le moment parce que là,
il
y a trop de Covid pour le faire. Alors, l'un des arguments du camp Macron,
c
'était de dire, mais il y avait un autre président qui avait parlé comme ça. En tout cas,
c
'était un autre politique qui avait parlé comme ça.
C
'était Pompidou. Est-ce qu'un président peut parler sur ce ton ? Est-ce que ça peut heurter les Français, à votre avis, Jérôme Fourquet ? Est
-ce
que c'est une faute ?
C
'était la question que nous posions avant votre arrivée. Oui, ça peut, ça choque une partie de la population, que le registre de langage ne soit pas forcément très châtié. On se réfère à la fameuse formule de Pompidou, il faut arrêter d'emmerder
les
Français. Il disait l'inverse. C'était
l'inverse. Il le dit
aussi, ça. Et il
y
a le début de la phrase,
c
'est j'ai très envie. C'est ça le problème. J'ai très envie d'emmerder les non-vaccinés. Qu'est-ce que ça veut dire, ça ? Ça veut dire que ça va être sans retenue, que c'est complètement avoué,
et
qu'on veut aller là-dessus. Donc, moi, je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit. Je pense que ce qui est aussi recherché,
c
'est de faire sortir du bois, ce qui n'a pas manqué, les adversaires que lui-même s'est choisi,
à
savoir Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, qui ont été les premiers à réagir
pour
installer, on choisit son terrain, pour installer la confrontation entre le camp de la raison,
les
bons élèves, ceux qui sont vaccinés, et le camp qui ne sont pas clairs sur la vaccination, les antivax, les populistes, etc. C'est exactement ça qu'il avait fait
en
2017, c'est ce qu'il a refait au moment des élections européennes. Vous savez, c'était les progressistes contre les nationalistes. On a eu cette même polémique
au
moment du débat sur la présence du drapeau européen sur l'Arc de Triomphe. Et dans le contexte sanitaire, maintenant, c'est le camp de la raison
contre
les autres. Et ce faisant, il a regardé les sondages qui montrent que l'écrasante majorité de son électorat, le soutien à cette France silencieuse qui commence à s'exaspérer des mauvais élèves qui ne veulent pas se faire vacciner, est hyper représenté dans son électorat. C'est aussi son électorat qui trouvait que ça commençait à bien faire la tolérance qu'on avait manifestée vis-à-vis des gilets jaunes. Et bénéfice ou objectif subsidiaire, essayer de corneriser Valérie Pécresse et les Républicains en disant
«
C'est moi
contre
les populistes, contre les extrêmes. » Et Valérie Pécresse a réagi plus tardivement, les positions sont moins tranchées dans son camp, puisque certains disent « On est forcément pour le pass vaccinal, mais en même temps, on ne
veut
pas concéder le point à Macron. » Et donc, il pousse son avantage sur le… Mais sur la forme, Jérôme Fourquet, est-ce que ça peut heurter ? On a entendu l'ensemble de la classe politique vraiment s'indigner très rapidement, dès ce matin, très brutalement aussi, sur la façon dont il s'est adressé à ces 5 millions de Français. Est-ce qu'on attend la même chose d'un candidat, vous parliez d'Éric Zemmour tout à l'heure, ou du chef de l'État ? Ou est-ce qu'on a changé d'air ? Est-ce qu'un président qui parle comme ça, au fond, ça ne choque plus personne, à votre avis ? Alors, ce n
'est
pas uniquement le terme, c'est ce qu
'il
y
a
derrière. C'est la volonté
de
cibler une population minoritaire. Donc c'est ça, plus que
les
pudeurs de gazelle, serait-ce qu'on dit le terme « emmerder », bon, on peut discuter. Non, j'ai très envie d'emmerder les non-vaccinés. Donc c'est ce que ça veut dire derrière. Plus le reste de la suite de la phrase, en disant « quand on ne fait pas preuve de responsabilité, on n'est plus un citoyen.
»
Alors ça, on va y revenir, parce qu'elle est importante.
On est citoyen de
seconde zone. Donc ce
n
'est pas que les termes « est-ce que ça heurte mon oreille ? »
A remettre dans le
contexte d'une réponse à des soignants, en disant « je suis le porte-voix de l'exaspération de cette France silencieuse
qui
en a marre
».
Nous allons poursuivre notre discussion. Je voudrais qu
'on
voit ce qui s'est passé à l'Assemblée, parce que la polémique a embrasé l'Assemblée dès hier soir. Prenant connaissance des propos du président, les oppositions ont provoqué une nouvelle interruption de séance en plein débat, naturellement, sur le pass vaccinal. Ce matin, les snipers d'Emmanuel Macron ont été envoyés au front pour assumer le fond et la forme. L
'ambiance
feutrée du Sénat cet après-midi
cache
en réalité une situation hautement inflammable.
Jean
Castex sommet de s'expliquer après les propos du président de la République qui veut, je cite, « emmerder les non-vaccinés ». Aucune urgence sanitaire ne justifie
des
propos d'une telle brutalité, d'une telle indignité. « Con vous, je me rends très régulièrement
dans
les services de soins critiques.
Ce
qu'a dit le président de la République,
je
l'entends partout.
Mais
oui, bien sûr que oui, et vous le savez.
Vous
le savez.
» Le Premier ministre assure le service après-vente, car la polémique ne faiblit pas.
Elle
a commencé hier soir, après la publication d'une interview, dans laquelle le président de la République évoque ceux qui refusent le vaccin.
«
Là, les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout. C'est ça la stratégie.
»
Plus loin, Emmanuel Macron poursuit.
«
Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je
deviens un irresponsable. Un irresponsable n'est plus un citoyen.
»
Deux phrases qui ont suscité la colère hier soir à l'Assemblée nationale, en plein débat sur le projet de loi sur le pass vaccinal. « Un président de la République ne peut pas tenir les propos qui ont été tenus.
C
'est-à-dire d'avoir pour seul objectif d'emmerder les
Français. » « Plus de la crise politique déclenchée par l'interview du président de la République, pardon,
du
monarque présidentiel, qui
se permet d'insulter une partie des Français en les traitant
de non-citoyens et d'irresponsables. » L'hémicycle en ébullition. À deux heures du matin, la séance est interrompue.
«
Pour la
santé publique,
chacun conviendra que les conditions d'un travail serein ne sont pas réunies. La séance est levée.
»
Pour la deuxième fois en deux soirées, l'Assemblée nationale a donc suspendu l'examen du projet de loi sur le pass vaccinal.
Ce
matin, les troupes de la majorité présidentielle assument, en ordre de bataille derrière Emmanuel Macron, le porte-parole du gouvernement en chef de file.
« On
va se parler franchement.
Qui
emmerde la vie de qui aujourd'hui
? Qui
gâche la vie de nos soignants qui, depuis deux ans, sont mobilisés sous l'eau dans nos services de réanimation pour sauver des patients qui, aujourd'hui, sont essentiellement non-vaccinés
? Ce
sont ceux qui s'opposent aux vaccins.
»
Édouard Philippe, ancien Premier ministre, est un peu plus mesuré sur les termes employés par Emmanuel Macron.
«
Parfois le président de la République s'exprime de façon soutenue, parfois c'est de façon familière. Là, il s'est exprimé de façon familière. Je pense que tout le monde a compris ce qu
'il
voulait entendre.
»
Les candidats à
l
'élection présidentielle saisissent l'opportunité et tirent à boulet rouge sur le président de la République accusé de diviser le pays.
«
Ce n'est pas de la franchise,
c
'est de la violence. Or, le président est le garant de la cohésion nationale. Aujourd'hui, il est le promoteur de la division
nationale. »
«
Ce n'est pas au président de la République de trier entre les bons et les mauvais Français. Il faut les accepter tels qu'ils sont. Il faut les diriger, les rassembler sans les insulter.
»
Dans la course pour l'Elysée,
Yannick
Jadot, lui, fustige la stratégie électoraliste d'Emmanuel Macron.
« C
'est-à-dire qu'il fait de la vaccination un référendum pour ou contre Macron.
Il
en fait un plébiscite. Ça, c'est une faute politique. Vous
pensez qu'en les insultant, il va les convaincre de se faire vacciner ? » Cette polémique met un frein au projet de loi sur le pass vaccinal, alors que l'exécutif visait une adoption définitive en fin de semaine, avant une entrée en vigueur le 15 janvier.
Nous
allons revenir dans un instant sur ce qui peut se passer avec ce texte-là. Car il y a eu cette question de Philippe dans le Nord. Le président doit-il se cantonner au politiquement correct ? Ou peut-il déclarer tout haut ce que beaucoup pensent, tout bas ? On s'est habitué et on préfère que le président utilise un langage châtié. Vous vous souvenez quand Nicolas Sarkozy, au
sein
de l'agriculture, avait rétorqué à quelqu'un qui lui avait dit « touche-moi pas, tu me salis ». Il lui avait dit « casse-toi, pauvre con ». Ça avait fait un gros scandale aussi et Nicolas Sarkozy avait
fait un mea-coupa.
–
Voilà,
évidemment, parce qu'un président ne peut pas s'exprimer comme ça. Et c'est là où on voit le problème, c'est qu'on sent bien qu'Emmanuel Macron, il est déjà dans ses habits de campagne, mais il ne peut pas le dire.
Et
donc,
si
on lit cette interview,
il
a déjà pointé les non-vaccinés dans les réponses qu'il a faites. Il a déjà dit « l'idée, c'est de mettre beaucoup de contraintes sur les non-vaccinés ». Ça suffisait, il n
'y a
pas besoin d'aller plus loin. Mais évidemment, il est relancé par la soignante, et là, il rajoute « ah oui, mais alors, on va leur mettre la pression ». Et même encore, il dit « on va leur mettre la pression en limitant pour eux l'accès aux activités de la vie sociale ». Ça pouvait suffire. Non, il faut qu'il rajoute « je vais les emmerder ». Pourquoi ? Parce qu'en 2017,
il
a gagné parce qu'il était aussi disruptif, parce qu'il a perturbé le système. Et il sait que si, lui, candidat, président sortant, il reste dans les clous d'un président
soft, il
ne va pas s'en sortir. Parce qu'on dira « ouais, d'accord, mais enfin, pourquoi on va le réélire lui ? ». Finalement, il est devenu le système. Il était hors système, mais en étant à l'Élysée, en ayant tous les pouvoirs, c'est lui aujourd'hui le système. Donc, il est obligé de casser les codes. Comment il peut le faire ? Il a essayé, en faisant ses mea culpa à l'émission TF1, ça n
'a
pas duré très longtemps, on n'en a pas gardé un grand souvenir. Il a essayé, en développant un peu des idées, un programme, un projet, ce n'est pas non plus ça qui est disruptif. Et donc, il y va sur les mots. Alors, il y va sur les mots. Est-ce qu'il ne va pas aussi un peu sur le fond ? Lorsqu'il part, c'est la deuxième partie de la phrase qui est assez violente, lorsqu'il dit « ce sont des gens irresponsables, donc ils ne sont plus vraiment des citoyens
».
Il avait dit lors de ses derniers voeux, « les devoirs valent avant les droits ». Est-ce que ce n
'est
pas là aussi où il joue la transgression ? Ça voudrait dire, au fond, qu'on n'a pas tous les droits si on n'est pas un bon citoyen. En partie. Et encore une fois, je pense qu'il a l'oreille
de
toute une partie de ses soutiens
qui
ont joué le jeu de la vaccination, qui ont fait des efforts. Et donc, on joue là la partition de cette France silencieuse qui serait exaspérée face à des comportements irresponsables, entre guillemets, un peu d'enfants gâtés, de gens qui ne voudraient pas se faire vacciner. Donc, il y va, il y va franco, avec encore une fois la volonté aussi de faire sortir
du
bois ses principaux adversaires. Et en les désignant comme le camp des gens qui sont tentés d'être en connivence avec les antivax. Je me rappelle d'une interview au Monde de Clément Beaune
qui
disait, nous sommes le parti de la raison, des gens rationnels, des gens raisonnables. Et donc, ceux qui ne sont pas raisonnables, c'est ceux qui n'en font qu'à leur tête, c
'est
ceux qui ne respectent pas les règles. Et que peut-être un jour, la République est peut-être un peu trop bonne mère avec ses enfants un peu turbulents, un peu capricieux, qu'il va falloir remettre le monde dans le rang. Et où se positionne Valérie Pécresse dans ce jeu-là ? Est-ce que c'est un piège ? Vous l'avez évoqué rapidement tout à l'heure.
D
'abord, c'était la semaine où Valérie Pécresse devait se lancer vraiment sa campagne, a présenté son organigramme, son projet dans les grandes lignes hier. Donc, c'est fait vraiment à dessein pour l'empêcher d'exister. À ce titre-là, c'est réussi ? À
ce
titre-là, c'est très réussi. Et en plus, on sait que LR est divisée sur la question. Elle,
elle
est pour le pass sanitaire, vaccinal. Et il y a une trentaine de députés, les Républicains, qui sont contre ou qui ont déposé des amendements. Donc, elle n
'est
pas suivie. Et donc, c'est ça qui pointe aussi. Il faut sortir de l'hypocrisie de tous ces gens, y compris, certes les extrêmes, mais y compris les parties du centre qui sont, oui, mais peut-être pas, qui sont pour le vaccin, mais qui ne
veulent
pas fâcher les antivax. Il dit, lui, moi au moins, je suis clair, je suis droit, je choisis mon camp. Et comme il y a beaucoup de Français qui, effectivement, en ont marre de cette situation, de devoir avoir des nouvelles restrictions pour les non-vaccinés, eh bien, il se fait leur porte-voix. Qu'est-ce que peut récupérer dans cette affaire-là, Valérie Pécresse ? On a entendu Brune Retailleau qui, cet après-midi, disait, ce n'est pas un dérapage de plus, c'est un outrage de trop. Il divise le pays. Elle peut jouer la candidate du rassemblement. Bien
sûr, c'est ce qu'elle dit. Elle dit, décidément,
il était le candidat du mépris et de l'arrogance. Mais là, on voit bien que dans le débat parlementaire, ils ont été traversés. Est-ce qu'on casse complètement la discussion sur le pass sanitaire ou est-ce que, finalement, on se range ? Et manifestement, ces dernières heures, ils ont décidé de poursuivre le débat pour ne
pas
porter non plus la responsabilité d'un échec sur ce système.
Ève Roger ? Oui, il faut dire, c'est calculé, l'interview,
elle
est calée depuis bien avant les vacances de Noël, y compris la date. Donc, il y a quand même aussi une forme de coïncidence. Hier soir, les journalistes qui faisaient l'interview à l'Élysée disaient, évidemment, quand il a dit cette phrase, on s'est tous regardés,
on
s'est dit, oh là là, quelle drôle de phrase. Mais, si vous voulez, ce qui a mis le feu au poudre, c'est parce que, justement, à l'Assemblée, il y avait ce débat sur le pass vaccinal et que tous les députés qui étaient sur le pont ont reçu tous le push à 20h46, le push, c'est-à-dire l
'alerte.
Oui, l
'information
qui arrive sur
tous les téléphones
portables, la personne était au courant. Et là, il y avait 40 journalistes à l'Assemblée, c'était tribune ouverte. Donc, d'une certaine façon, c'est les circonstances qui ont fait que cette phrase apprend aujourd'hui la proportion qu'on voit aujourd
'hui. Et c'est effectivement, vous avez raison de le préciser, parce qu'on est en pleine discussion sur le pass vaccinal. On a entendu cet après-midi Jean Castex qui disant, nous avons besoin de ce texte. Est-ce que ce qui s'est passé ces deux derniers jours, Cécile Cornudet, peut gêner l'entrée en application de ce texte à la mi-janvier, comme c'était prévu ? Alors, déjà, c'était mal parti parce qu'il y a eu déjà un nombre au gliaux il y a deux jours. Donc,
c
'est vrai que c'est très compliqué que les députés En Marche ont passé toute la journée d'hier à essayer d'apaiser les choses, à essayer de faire voter un amendement sur les jeunes pour le pass vaccinal, pour mettre tout le monde d'accord. Alors, finalement, LR avait l'air OK pour poursuivre le débat. Ça avait duré toute la nuit et ça devait être adopté ce matin. Et là, patatras, ça a tout mis par terre. Personne n'était averti au sein du gouvernement. Olivier Véran l'a appris sur Twitter, comme nous tous. Donc, ça a tout mis par terre. On
a entendu parler du 49-3.
Oui, l'état d'esprit des parlementaires, aujourd'hui, ils avaient le moral dans les chaussettes parce qu
'ils
ne comprennent pas. D'abord, il faut voir que les parlementaires En Marche, en ce moment, ils sont extrêmement ciblés par les antivax. Depuis qu'il y a ce texte en discussion, tous les jours, tous les jours, et c'est même bien plus fort qu'au moment des Gilets jaunes, nous,
on
disait déjà qu'ils étaient attaqués, les parlementaires. Là, tous les jours, il y a des permanences, ils ont des mails injurieux. Ça ne va pas aider. Etc. Donc, ils sont déjà dans un souci d'apaiser tout ça parce qu'ils ont peur, en vrai. Là, je déjeunais avec une parlementaire En Marche qui disait « J'ai peur de rentrer chez moi le soir ». Donc, quand ils voient le président mettre de l'huile sur le feu, ils se disent « Mais comment ça peut tourner, cette histoire-là ? » Donc, effectivement, au début de la journée, LR avait l'air tellement remonté contre les propos du président que personne ne voyait comment on pourrait atteindre l'issue de ce vote sans passer par le 49-3.
Et puis, finalement, Jean Castex est venu pour essayer de réunir tout le monde et de leur dire « Il faut qu
'on
avance et qu
'on
le fasse voter ». Et ça a l'air d'être ce qui va se passer. Donc, a priori, 149. Il est envoyé au front, Jean Castex. On ne l'avait pas beaucoup vu ces derniers temps. Et là, c'est lui qui est chargé
d'éteindre. Il est encore
demain sur une télévision. Oui, il a été au front toute la journée. Et Karl Meus
? Oui,
il fallait éteindre l'incendie parce que, malgré tout, ça commençait à prendre des proportions un peu… Mais sur ce que dit, à l'instant, Cécile Cornudet, on parlait des arguments portés par une partie des LR qui disent « Attention, le rôle du chef de l'État, c'est aussi de rassembler ». Édouard Philippe, ce matin, expliquait « On me reproche trop souvent d'avoir une expression publique trop nuancée ». Eh bien, moi, je la revendique, cette expression nuancée. C'est vrai que ça intervient dans un moment de crispation, pour le moins, cette phrase-là, cette expression. Et ce qu'il
y a
derrière aussi, sur cette volonté de dire à 5 millions de Français, il va falloir changer de comportement. Oui, parce que Cécile Cornudet l'a très bien dit. C'est-à-dire qu'il y
a
des gens qui reçoivent des menaces de mort. Alors, on sait, enfin, on sait, s'il
y
a des menaces, ce
n'est
pas forcément passé à l'exécution, mais ce n
'est
jamais très agréable. Il y a des permanences qui peuvent être saccagées, il y a physiquement des gens qui manifestent
devant le Palais Bourbon. Un garage qui a été
brûlé,
là, dans le médecin. Un garage qui a été brûlé. Donc,
il y a vraiment des menaces physiques, des pressions physiques. Et là-dessus, Emmanuel Macron, lui, j'allais dire, il ne pense qu'à lui, parce qu'il sait qu'une campagne présidentielle repose uniquement sur lui. Il l'a vu en 2017, c'est quand même lui et lui seul qui a mené la campagne. Il va faire pareil pour celle-ci. Donc,
il
s'intéresse assez peu aux états d'âme des députés. Mais surtout, il a bien vu, je parle sous le contrôle de Jérôme Fourquet, c'est que les antivax, c'est qui
?
Pour la grande majorité, c'est des gens qui ne voteront pas ou des gens qui sont plutôt séduits par les extrêmes, que ce soit la France insoumise ou le Rassemblement national. Donc, ce sont des gens qui ne vont pas voter pour lui et qui ne vont pas convaincre. On disait tout à
l
'heure, s'il avait voulu les convaincre, il s'y serait pris autrement. Il a bien compris que là, le socle de 5 millions, ces gens-là, il n'arrivera pas à les convaincre. Et au fond, on a ces chiffres. J'ai repris un sondage de l'IFOP de décembre 2020. On a déjà ces chiffres-là. Il y avait 61% des Français qui se déclaraient hostiles à la vaccination. Et tout le monde était parti sur les 61 en disant la majorité des Français est hostile. Non, parce que dans les 61, vous aviez 33% qui disaient je ne vais probablement pas me faire vacciner. C'est les gens qui disent non mais allez-y vous en premier, puis on voit les résultats. Bon,
finalement,
s'il n
'y a
pas trop de dégâts, j'y vais. Mais il y avait 28%,
donc
ce noyau-là qui disait sûrement pas. Et dans ces 28%, c'était 43% de gens du RN et 32% de gens de la France insoumise. Et bien ce noyau-là, je pense qu'il n'a pas bougé. Il est toujours là puisque j'ai regardé selon ce Covid tracker, les chiffres aujourd'hui,
il
reste 21% des Français à peu près à vacciner. Vous les avez. Jean-Bourca voulait dire non. Oui, sur le fait d'avoir tenu ces propos, je pense que ça peut favoriser la montée aux extrêmes
d
'une partie de la population anti-vax. Et donc toute cette population est loin d'être homogène, vous l'avez rappelé. Il y
a
idéologiquement les diverses, on pourra ajouter aussi certaines tendances écologistes, de naturopathes, etc. Mais on a vu 200 000 personnes se rassembler dans des manifestations au cœur de l'été contre le pass sanitaire.
Je
n
'ai
jamais vu des manifestations d'ampleur en France. On a eu ces attaques contre des permanences. On a vu également le Mont-Valérien qui a été tagué avec des insignes SS. Et donc une partie de cette population se vit comme en résistance
face
à un pouvoir surpuissant. C'est une population qui se sent bunkerisée, qui se sent stigmatisée. Donc il va y avoir des appels aux manifestations. Et on peut avoir dans ces cortèges quelques individus qui passent à l'acte. Et là où c'est en doute assez dangereux de la part du président de
la
République, qui joue sa propre partition, tout ça me rappelle un peu l'attitude qu'il avait eue devant ses propres parlementaires pendant l'été au moment de l'affaire Benalla en disant « il y
a
un
responsable, c'est moi, je viens de me chercher
». Qu'est-ce qu'on entend quelques mois plus tard au moment de la crise des Gilets jaunes ? Manu, on arrive.
On vient le chercher. Et
donc rappelez-vous l'incendie de la préfecture du Puy-de-Polet où on attaque la voiture présidentielle quand il se rend sur place le lendemain. Et puis la fameuse gifle qui lui a été… Donc toute la population n'est pas à couteau tiré, bien évidemment. Mais il
y a
des minorités qui sont fortes. Il
peut réveiller ces colères-là ?
Elles sont là et si au plus haut sommet de l'État, on parle comme ça, on dit « j'ai très envie d'emmerder les Français », eh bien une partie de ceux qui disent « c'est vrai, il a raison », et puis d'autres vont dire « mais s'il nous déclare la guerre, il va l'avoir ». Dans l'enquête qu'on publie pour le Figaro demain, 63% des Français sont favorables au pass vaccinal, donc c'est beaucoup. Mais ce qui était très intéressant, c'est qu'un tiers sont très favorables
et
un quart très opposés. Donc on a des noyaux très volumineux de gens qui sont radicalisés et le président de la République, là, quelque part, met de l'huile sur le feu. Et donc ça peut être dans des manifestations, mais ça peut être aussi dans des services d'urgence, dans des discussions. On se souvient au moment du pass vaccinal que des officines
de
pharmacie avaient été dégradées, etc. Des gens peuvent en venir aux mains, entre pro et anti, avec aussi l'idée derrière de qui porte la responsabilité de la situation de l'hôpital. Est-ce que ce sont les mauvais élèves dont vaccinés ? On va en parler dans un instant.
Est-ce que le
gouvernement n'a pas mis assez de moyens ? Vous nous disiez en début d'émission qu'il y avait quand même derrière aussi ces propos-là une stratégie de radicalisation, d'affrontement avec le camp qui n
'est
pas celui de la science et de la raison.
La raison.
Et que du coup, peut-être que son objectif, c'est de se retrouver au second tour face à Marine Le
Pen.
Face
à ces
gens-là.
Face à ces gens-là. Ou à Éric Zemmour,
qui sont les premiers à avoir réagi à ces propos.
Ève Roger. Oui, ce qui est important de dire,
c
'est peut-être qu'il a fait une erreur. Pour moi, l'erreur qu'il a faite, c
'est
de mettre dans un même sac tous les non-vaccinés. C'est-à
-dire qu'il y a
5 millions de personnes. Et les radicaux, les antivax radicaux dont vous parlez, ça représente, les chercheurs disent, entre 3 et 5% des Français. C'est-à-dire quand même un petit noyau dur. Mais à côté de ce petit noyau d'antivax violent qui risque de se réveiller et de lui faire la guerre, il y
a
quand même des millions de
gens
qui sont... Il y a plusieurs catégories de non-vaccinés, mais il y a ceux qui sont loin de tout. C'est-à-dire qu'il y
a
encore 500 000 personnes de plus de 80 ans qui sont non-vaccinées. Et ce n
'est
pas eux qui vont aller dans les rues. Eux,
ils
vivent chez eux, ils considèrent qu
'ils
sont loin du soin. Il y
a
toutes les personnes précaires qui aussi sont loin du soin.
Et
puis il y a aussi toutes... Des gens qui ont peur, juste. Des gens qui ont peur, qui considèrent que... On en a parlé ici. Il y
a
80 ans, je ne vois personne, pourquoi voulez-vous que je me vaccine ? Et puis il y
a
des gens qui ont peur parce qu'ils ont peur du vaccin. Et puis ce qu'on appelle un peu les irréductibles. Et puis il y
a
des gens qui peuvent changer d'avis. Et c'est pour cela que... Alors qu'Emmanuel Macron et puis avant lui, Olivier Véran, ça s'agite. Et il y a les 30-50 ans, c'est dans la catégorie d'âge qu'ils sont les moins vaccinés. Là où il
y
a le moins de vaccinés. Et c'est des gens qui sont en avis actifs, qui considèrent qu'ils sont en bonne santé, que ça ne les concerne pas. C'est ce que Véran les a appelés les indifférents. Et c'est ceux-là qui vont avoir la vie dure. C'est ceux-là qui vont être emmerdés, si je puis dire. Et c'est ceux-là qui sont visés. Et en faisant d'un amalgame les 5 millions de vaccinés, moi j'en ai parlé avec une ce matin. Et elle était loin de tout ça. Qu'est-ce qu'elle vous disait ? Elle était plutôt dans les naturopathes. Et elle était désespérée. Elle était désespérée parce qu'elle dit... Et c'était horrible ce qu'il a dit le président.
Mais je vais être obligée d'y aller parce que sinon je ne peux plus travailler. Je ne
peux
plus prendre le train pour aller en formation à Paris. Je ne peux plus aller dans la maison de santé où je travaille. Mais elle était désespérée parce qu'elle disait c'est contraire à mes convictions intimes. Je lui disais mais est-ce que tu sais, est
-ce
que tu risques, la réanimation ? Les gens qui occupent les places, elle dit oui, oui, je le sais. Mais j'essaie de faire attention. Oui, ce n
'est
pas des gens qui sont forcément des rebelles. Et d'ailleurs l'un des
arguments des oppositions c'était de dire il va falloir savoir pour quoi on vote. Est-ce que c'est un pass vaccinal pour emmerder les Français ? Est-ce qu'ils remettraient, remettraient un petit peu les cartes sur peut-être les sondages que vous publiez demain sur les 63% de Français qui sont favorables à cette méthode qui consiste à réduire les libertés de ceux qui ne
sont
pas vaccinés ?
Alors
on commence à avoir l'habitude et les Français voient clair dans les tenants et aboutissants de ce type de mesures. Ils savent très bien, c'est même avoué carte
-coute-tape.
Donc on ne
va
pas tourner autour du... Maintenant, ce type de propos, regardez quels effets ça peut avoir aux Antilles.
Vous
voyez les scènes de violence qu'on a eu, en gros, j'ai très envie... Vous insistez beaucoup depuis le début de l'émission.
J'ai rencontré
sur la première partie de l'émission. C'est le « j'ai très envie » qui vous choque le plus. Moi c'est ça, oui. Plus qu'emmerdé,
c
'est
«
j'ai très envie ». Parce que quoi
? On va y
aller avec les crampons. On ne va pas se retenir. Je vais me faire plaisir. En partie, voilà ma pensée profonde. Et pour une partie de la population qui, pour tout un tas de raisons, ne veut pas se faire vacciner, quelque part,
c
'est un casus belli. Donc il faut voir dans quel contexte tout ça s
'inscrit aujourd'hui. Et comment
il va pouvoir faire campagne
? Parce
que là, on a compris qu'il avait envie d'être candidat. Dès qu'il aura sur le terrain, ça va être compliqué. Les préfets commencent à s'inquiéter.
En
tout cas, la fracture entre vaccinés et non vaccinés se creuse. L'exaspération est aussi portée par certains membres du corps médical. Elle s'exprime parfois à bas bruit dans les services, mais aussi dans la presse de la part de médecins qui veulent que ceux qui refusent l'injection refusent aussi les soins. Mathieu Lignot, Juliette Vallon et Éric Chevalier. Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Ici, une personne sur trois n'est pas vaccinée. Alors ces médiatrices sont en mission.
On se cache pas. Ça va ? Ça va, je vous remercie. Il
faut convaincre ceux qui n'ont pas reçu d'injection.
Les hôpitaux de Marseille, la réanimation, elle est pleine. Il y a beaucoup de transferts
dans
les autres hôpitaux. Après, est-ce qu'à la maison, vous avez des personnes à risque
? Ce
jeune homme de 25 ans est plutôt réticent. Mais Karim Adjelat a réussi à le motiver à revenir la semaine prochaine et discuter avec un médecin pour se rassurer.
On
sait pas ce qu'il y
a
dedans. Tu peux te faire vacciner.
Imagine que tu as une malade à cause du vaccin. Moi, j'ai peur un peu. Je viendrai le dire, si on verra. Après, si je suis encore plus
convaincu,
là, je me ferai. Depuis quelques jours, le taux de première injection augmente. Mais certains ne veulent absolument pas se laisser convaincre. Le vaccin serait un poison.
Je
suis contre la phase vaccinale.
Je
suis contre le vaccin.
L
'épidémie, quelle épidémie ? Moi, je suis pas au courant de cette histoire d'épidémie. Tout va bien, tout le monde va bien. Le meilleur des moments,
si
c'est mon air, c'est mon air. Si je dois mourir, il
va
mourir. Des maladies,
il
y
en
a 150 millions. Le Covid, c'est juste une parmi tant d'autres. Les Français non vaccinés sont en minorité. Près de 80% de la population a reçu au moins une dose. À Paris, file d'attente interminable devant ce centre de tests et de vaccination. Certains commencent à trouver le temps long. Et ils auraient trouvé des responsables à cette pandémie qui n'en finit plus.
Je
pense que si à un moment donné, on veut pouvoir avancer, un jour enlever nos masques, peut-être que ça serait bien que tout le monde pense un peu aux autres et se fasse vacciner
prochainement. Je
pense que le problème, il est plus large que juste les non vaccinés.
Mais oui, c'est clair qu'il y a le fait qu'on en a tous marre au bout de plusieurs années maintenant de Covid et qu'on est en 2022 et qu'on ne nous annonce pas que ce sera fini l'année prochaine.
Une lassitude partagée aussi par des médecins. Ils soignent tout le monde, y compris les non vaccinés, largement majoritaires en réanimation. Mais dans une tribune dimanche dernier, le professeur Grimaldi pose une question. Les non vaccinés devraient-ils dire s'ils souhaitent être réanimés
?
C'est votre choix. Vous dites,
c
'est ma liberté, je ne
veux
pas être vacciné. Très bien. Mais alors, qu'est-ce qui se passe si vous allez en réanimation, si vous avez une forme grave ? Là, absolument, je veux l'égalité. Donc là, vous dites, mais il y
a
quand même une contradiction
dans le refus d'un côté et de l'autre. Mais pour être intubé, pour tout ça, vous êtes pour.
Donc
vous dites, face à une réflexion qui est une contradiction, qui est, je veux et je ne veux pas, je veux tout, mais je ne
veux
pas ça. Bon, alors c'est ça le seul problème. Débat chez les médecins, mais il ne s'agit pas de faire le tri.
Pour
le gouvernement, c'est hors de question.
Nous n'envisageons évidemment pas d'empêcher l'accès aux soins des personnes non vaccinées, même si de plus en plus de Français s'interrogent sur ce que la collectivité doit consentir au bénéfice de celles et ceux qui refusent le vaccin.
À
l'étranger, des pays ont
pris des mesures drastiques contre les non vaccinés.
À
Singapour, le gouvernement ne prend plus en charge leurs frais médicaux.
Le
Canada prévoit de supprimer les allocations aux chômeurs sans aucune dose, les priver de revenus, pour inciter à la piqûre. Le
principe fondamental du chômage, c'est que les bénéficiaires perdent leur emploi quand ils n'ont pas commis de faute. Mais là, c'est considéré comme un choix.
Le
gouvernement grec, lui, entend carrément faire payer les non vaccinés.
100
euros d'amende par mois
pour
les plus de 60 ans sans injection. Alors, Jérôme Fourcade, dans cette interview, le président de la République, il évoque cette idée qui est en train de monter, y compris portée par des membres du corps médical.
Oui,
oui, cette idée que les gens qui ont fait le choix de ne pas être vaccinés ne seront pas prioritaires dans les systèmes de soins. Mais il l'évoque pour le regretter, en disant que
c
'est la responsabilité des antivax de nous avoir amenés à ce qu'on évoque de telles éventualités. Et donc là, on se dit qu'en fait, il veut rassembler, etc. Mais c'est pour mieux, entre guillemets, ensuite les charger encore davantage.
Mais
on voit bien que la société a couteau tiré sur ces sujets. On voit aussi monter des témoignages sur les réseaux sociaux de personnes proches de malades qui sont déprogrammées, comme on dit aujourd'hui. Et donc tout ça... La fracture se creuse
entre les vaccinés et les non vaccinés. Et l
'État, ce qu
'on
parle peut-être à peu de manière plus apaisée.
Il faut quand même dire qu'aujourd'hui, il n'est aucunement question de la priorisation des vaccinés par rapport aux non vaccinés. Ça, c'est hors de question. Et ça, ça a été balayé. Mais le simple fait de se poser la question est inédit. C'est la première fois que des soignants se posent eux-mêmes la question en disant pourquoi je favorise un Covid non vacciné qui a besoin d'oxygène par rapport à quelqu'un qui est vacciné et qui a besoin soit d'une chimiothérapie.
Aujourd'hui, on a publié un article dans le journal où il y avait un monsieur de 80 ans vacciné qui est resté 10 heures dans le couloir sur un brancard avec une hémorragie digestive de gravité moyenne, tandis que dans le box, il y avait le Covid-19 non vacciné qui avait besoin d'oxygène. Et la question se pose là, effectivement, les soignants, vous regardez sur Twitter, tous les soignants se disent je suis obligé de le faire, mais je souffre de le faire. Mais aucun aujourd'hui, pour l'instant, n'a dit qu'il allait prioriser. Et donc, dans les espaces éthiques, il y a cette question qui est là, au bout de lassitude et de fatigue, est-ce qu'il n
'y
aura pas un jour un passage à l'acte ? Eux expriment désormais assez clairement une colère. Des états d'âme et une
colère. Ils le font parfois sur ce plateau.
Mais la question, c'est le passage à l'acte.
C
'est-à-dire, il faut prévenir le passage à l'acte où un jour, un soignant tout seul au service des urgences dira, ok, je prends celui-là plutôt que
celui-là.
Regardons ce qu'était dans ce reportage.
Au Canada, on a franchi le pas en disant on va clairement, alors là, pour le coup, emmerder les non-vaccinés, à tel point qu'on leur retire certaines allocations. Le débat politique, dans le débat politique en ce moment, il y a des propositions qui sont faites pour aller dans ce sens-là. Ou pour obliger à la vaccination parce qu'en réalité, le tri, d'une certaine façon, il existe. On priorise aujourd'hui ceux qui sont malades du Covid parce qu'il y
a
une urgence absolue sur des malades du cancer qui ne peuvent pas être soignés correctement. Donc, c'est vrai qu'il y a l'idée qui se diffuse chez certains que tout notre système de santé auquel on est si attaché, qui nous coûte si cher, aujourd'hui,
il
est 90% concentré sur 10% de la population. Il est complètement mis au service des non-vaccinés. Donc, il y
a
les vaccinés qui commencent effectivement à dire... Avec certains qui disent qu
'il
faut les faire
payer. Il
faut faire payer les non-vaccinés. Il
y a
un amendement qui a été présenté à Noël mais qui a été rejeté. Mais c'est aussi une question de constitutionnalité, c'est-à-dire au nom de l'égalité de chacun. Donc, ce n'était pas possible. Mais un amendement a été déposé à l'Assemblée.
Et puis, il
y
a l'idée d'obliger au vaccin. Alors là, pour le coup, le président l'écarte complètement... L
'obligation.
L'obligation vaccinale en disant qu'on ne peut pas obliger si on ne sait pas quelles sanctions on ferait. On ne peut pas mettre une amende de 1 000 euros à quelqu'un qui n'a pas les moyens et on ne peut pas mettre en prison quelqu'un et aller le... Oui, en même temps, ça existe déjà l'obligation vaccinale sur certains vaccins en France. Oui, mais il n
'y
a pas de... Et on ne
met
pas d'amende non plus. Non, mais il
y
a une façon de contrôler. Non, mais c'est important peut-être de s'arrêter
là-dessus. On a entendu Edouard
Philippe ce matin qui ne franchit pas et qui dit peut-être qu'à force de tourner autour du pot, faisons les choses peut-être plus simplement. Et il se dit favorable à l'obligation vaccinale. On rappelle qu'il
y a
d'autres vaccins qui sont, merci,
obligatoires. 11 vaccins obligatoires, mais c'est les bébés et c'est une condition sine qua non pour rentrer à la crache ou à l'école.
Donc
là,
on a
un
système
de contrôle. Si vous voulez, l'inscription à la crache et à l'école qui est obligatoire, il faut arriver avec ces vaccins. Donc là, c'est facile de contrôler. Mais là, quelqu'un dans la rue, vous allez l'arrêter et dire est-ce que tu es vacciné ? C'est impossible.
Ce n
'est
pas uniquement que le contrôle,
c
'est la sanction. Oui, aussi.
C'est-à-dire que là,
vous pouvez ne pas vacciner vos enfants, mais dans ce cas-là, vous faites l'école à la maison. Oui. Et que là, si c'est pour des adultes, qu'est-ce qu'on fait, ce que dit le président dans votre journal, qu'est-ce qu'on fait d'une personne qui refuse ? Quelles sanctions
on
applique ? Il dit «
je ne vais pas l
'emprisonner ».
C
'est là où c'est intéressant.
C
'est qu'Emmanuel Macron, dans l'interview, refuse l'obligation vaccinale justement parce qu'il dit qu'on n'arrivera pas à sanctionner. Ne serait-ce que parce que si on met des amendes trop élevées, les gens qui n'ont pas les moyens ne pourront pas les payer et je ne
vais
pas mettre un policier derrière. Donc finalement, on se rend compte que, contrairement peut-être à ce que dit Edor Philippe, le plus simple, ce n
'est
peut-être pas l'obligation vaccinale, mais peut-être le pass. Parce que là, la contrainte, je ne peux pas aller travailler, donc je vais devoir le faire. Ce que je trouve intéressant aussi,
c
'est qu'Emmanuel Macron prend ce qu'il a déjà fait, mais on lui reprochait de ne pas en faire assez, le parti des médecins et des aides-soignantes et des infirmières. Il leur explique « oui, on a augmenté un peu avec le Ségur, la rémunération et tout ça, mais là,
en
disant « je cible les non-vaccinés, je me mets de votre côté, je suis en compassion avec vous ». Et ça, c'est important aussi. Parce qu'ils tentaient monter la colère aussi du côté des soignants. Eh bien, bien sûr. Vous le disiez, les soignants, qu'est-ce qu'ils voient dans leur service, ce sont des non-vaccinés qui leur
mentent.
Le nombre de non-vaccinés qui ont des faux passes
et
qui décèdent alors qu'ils auraient pu être encore en vie s'ils avaient dit la vérité. Mais le fait est que, voilà, c'est compliqué de déceler le non-vacciné du vacciné. Et c'est dans le débat public, mais aussi dans les familles, cette question de Dan dans le Réloir, comment s'adresser à ses amis anti-vax et qu'ils campent sur leur position
? On
l'a tous vécu.
On l'a tous vécu ?
Vous savez, on parle de
soi
-disant effet dinde de Noël avant les élections
présidentielles.
Je pense que cette année, on a plus parlé du Covid autour de la dinde que des élections présidentielles. Et donc, au plus haut sommet de l'État,
on
tient ce type de propos. Encore une fois, on antagonise, je pense, des positions qui sont déjà assez fortement chauffées à blanc dans les différents entourages que vous pouvez côtoyer.
Après, c
'est vrai qu'en anti-vax, on ne
peut
pas le convertir. Mais encore une fois, il n
'y a
pas que des anti-vax radicaux. Il y
a
des gens qui disent qu'ils ont peur. Aujourd'hui,
il
y a 8 ou 9 milliards de personnes à travers le monde qui ont eu le vaccin. Donc, c'est quand même sur le recul, il y
a
quand même des arguments. C'est l'argument et
la question que
je
voulais vous poser dans les arguments qu'on entend dans l'Assemblée, dans les couloirs de l'Assemblée. C'est de dire qu'on ne peut pas faire porter la responsabilité de ce qui nous arrive à 5 millions d'anti-vax
en disant qu'effectivement, il n
'y
a pas de mesures restrictives. Il n'y a pas eu de confinement. Il n
'y a
pas eu de couvre-feu.
Vous
voyez ce que je veux dire ? Les mesures ne sont pas si drastiques que ça aujourd'hui. Mais c'est vrai que ce pass vaccinal est capital, que la vaccination aujourd'hui est capitale pour passer la vague au micro parce que c'est la première fois qu'on prononce au micro. C'est quand même la catastrophe. C'est tellement présent qu'on n
'a
même plus besoin de verser son nom.
Il y a
335 000 cas aujourd'hui diagnostiqués. Donc, il faut passer cette vague-là. Ça changera quoi, le pass vaccinal ? Ça veut dire que plus il y aura... Aujourd'hui, il y a quand même 46 000 personnes qui se sont fait injecter pour la première fois. 80 000 depuis le début janvier, 700 000 en décembre. Ça veut dire que malgré tout, on était passé, je ne
sais
pas si vous vous souvenez, les émissions disaient qu
'il
y
a
7 millions non vaccinés, 6 millions, maintenant on est à 5 millions. Donc, petit à petit, il faut aller les chercher avec les dents. Le pass vaccinal, il sert à ça.
Pardon, mais les médecins et les infirmiers vous disent bien dans chaque service et notamment à Marseille pour le reportage qu'en réa, c'est 80 % de non vaccinés qui occupent les lits. Donc, à contrario, si ces gens avaient été vaccinés, ils auraient peut-être eu le Covid, mais comme certains l'ont eu ici,
c
'est-à-dire 2-3 jours, mal à la tête, fièvre et tout ça, mais ne seraient pas allés en rire. Et donc, on ne déprogrammerait pas. Enfin, vous voyez, en cascade quand même,
c
'est quand même tout le service de soins en France qui s'en porterait quand même mieux. Mais il y
aura
un effet du pass vaccinal sur
le
nombre de vaccinations, on le sait. On le voit bien jour après jour. C'est petit, mais ça fait un flamme avec des petits ruisseaux. Je ne connais plus l'expression. Dernier chiffre aujourd'hui,
vous
voyez, 66 000
primo-vaccinés. Oui,
voilà. C'est plus encore qu'hier. C'est exactement
ce que vous nous
disiez. 5 000
de plus qu'hier. 20 000 de plus qu'hier,
c
'est peut-être pas l'effet de la phrase d'Emmanuel Macron. Pas encore. Pas encore ? Allez. En tout cas, c'est devenu un nouvel élément du débat politique. Faut-il passer au FFP2, le masque bec de canard comme moyen de se protéger du variant Omicron si contagieux ? Le Conseil scientifique le recommande pour les personnes vulnérables et non vaccinées ? Forcément, dans les pharmacies, on a du mal à faire face. Victor Dolan, Diane Cacciarella et Barbara Steck. Jamais il n'y aura eu autant de files d'attente devant les pharmacies. Test, autotest, masque, cette officine ne désemplit pas.
Et face à l'explosion des contaminations, depuis quelques
jours,
les
Français se ruent sur les FFP2.
S
'il faut porter un masque, c
'est
un inconvénient, alors autant porter celui qui protège le plus si on s'embête. Les contaminations vont à nouveau baisser. Je vais passer au masque chirurgical à nouveau, mais en ce moment,
je
pense que c'est plus sûr de porter un masque à FFP2. 16 euros pour les 20 masques.
16
euros la boîte
de vin.
Ce
masque en bec de canard se vend 5 à 6 fois plus cher que les chirurgicaux.
Merci à vous.
Là, vous avez des masques chirurgicaux classiques, là, des FFP2. Les deux masques sont absolument parfaits pour éviter à chacun de projeter du virus sur les autres. Par contre, pour ceux qui le portent, le FFP2 est plus filtrant, plus protecteur que le chirurgical. Donc, si on veut mieux se protéger, il vaut mieux un FFP2. C'est clair que depuis 3 jours, on en voit à peu près 50% de plus. Et les gens nous interrogent plus sur le prix, sur les volumes disponibles, sur la quantité disponible.
Pour
se protéger du variant Omicron,
l'Autriche impose le port du masque FFP2 dans tous les lieux clos.
L
'Italie l'a rendu obligatoire dans les transports en commun, tout comme certaines régions en Allemagne. Chaque nouvelle mesure nous protège un peu plus. Tout le monde
devrait
tirer dans le même sens. Je pense que les autres masques
suffisaient et puis celui-là reste cher.
En
France, Olivier Véran écarte pour l'heure la généralisation du FFP2, mais le Conseil
scientifique le recommande pour les personnes
vulnérables et non vaccinées.
Alors
que le Covid bouscule la campagne présidentielle,
le communiste Fabien Roussel et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon promettent, eux, d'en distribuer lors de leurs meetings.
Un masque FFP2, c'est ce que j'ai actuellement sur le nez. Ça diminue en une heure de présence si vous étiez malade, Madame Salamé, que vous n'ayez pas de masque. Eh bien, ça diminue et ça, le risque de contagion et ça l'amène en dessous de 1%.
La demande est forte et l'enjeu principal, la production. Dans cette
usine de masques près de Montpellier, les machines tournent à plein régime.
On a eu un fou fou fou à l'instant même sur une vitesse un peu trop rapide. On a réduit un petit peu la cadence et ça
se passe bien.
Ici, 120 masques sortent toutes les minutes, 800 000 pièces en une semaine. Les patrons ont dû écourter leurs vacances pour honorer les nouvelles commandes.
On
devait être fermés la semaine dernière, mais M. Krinker et moi-même, on est déjà venus ici pour préparer un certain nombre de livraisons et donc là, on a déjà une partie des chauves qui vont partir et on a quand même beaucoup de commandes mais on va se débrouiller. Et là, on est en train de faire tourner les machines pour monter en charge. Les effectuels actuel, c'est 12 personnes. Je ne compte pas ceux qui sont arrivés ce matin et on va passer, je pense, à 25 personnes rapidement.
Et
la demande n'est
pas
que française.
Les commandes de l'étranger affluent.
On a un énorme contrat qui
est
en cours qu'on va, j'espère, finaliser cette semaine de 20 millions de masques FFP2. Dans ce cas-là, ça va nous obliger à passer en 3-8. Mais là, j'ai reçu aussi en fin d'année dernière une demande d'un autre pays européen où il y a quand même beaucoup de volume à faire et donc effectivement, on va regarder si on va pouvoir
fournir ou pas fournir.
En
France, une petite vingtaine de fabricants produit des masques FFP2 pour une
capacité
de 40 millions de masques par semaine. Pas de quoi fournir tous les Français si à l'avenir le FFP2 devait être obligatoire.
Alors
la question, c'est est
-ce
qu'il va falloir tous passer au FFP2, cette question. On nous avait d'abord dit que les masques ne servaient à rien. Maintenant, on nous dit que les FFP2 ne se justifient pas. Où va-t-on
? C
'est le retour de la polémique sur les masques ? Oui, et donc ça permet aussi d'expliquer le fait qu'il y ait 5 millions de personnes qui ne soient pas vaccinées.
On
a parlé des dom-toms tout à l'heure avec les Antilles avec le color décon. On avait en métropole la Dépakine, le Mediator, etc. Et dans cette crise du Covid, il y a eu ce pataquès sur les masques au début avec une porte-parole du gouvernement qui était
venue
expliquer que ça ne servait à rien et que c'était même contre-productif d'en avoir. Et donc il y
a
un doute qui était instillé dans toute une partie de la population. Donc il y
a
beaucoup de Français qui sont passés outre
et
qui ont dit bon voilà, on écoute, on se range à la vie des sachants, donc on va se faire vacciner. Mais il y
a
une partie qui était déjà assez structurellement méfiante et qui se dit on ne me la fera pas et donc moi je ne me vaccine pas. Et donc c'est tout à fait intéressant que la question revienne maintenant sur la FFP2 en disant qui est-ce qu'il faut croire c'est un nouveau produit et puis dans quelques temps on nous dira que là il
y
a quelques jours on nous a dit qu'il fallait remettre des masques en extérieur alors qu'on nous avait dit que ça en fait ça ne servait à rien. Donc ces espèces de changements de pied permanents contribuent fortement à perturber les français et à nourrir aussi la défiance.
Et
sur le FFP2 pour l'instant le gouvernement n'a pas donné de recommandations à part ce que je disais sur le conseil scientifique qui le conseille
plutôt pour les personnes à risque de vacciner. Pourquoi le FFP2 revient dans l'actualité là ? C'est à cause de la contagiosité d'Omicron c'est-à-dire que ça ne tombe pas du ciel c'est-à-dire qu
'on
sait que le masque chirurgical celui qu'on a traditionnellement protège du postillon de la personne en face mais pas des aérosols le FFP2 protège des deux donc c'est vrai qu'il est plus protecteur donc c'est pas cette contagiosité suprême je peux dire enfin suprême je considère qu'Omicron il n'y
aura
pas pire qu'Omicron mais enfin disons que cette contagiosité justifie le FFP2 dans les transports peut-être dans
le cinéma Il
n'y a pas de message très clair de la part du gouvernement
sur l'usage du FFP2 et pour qui par exemple on a entendu je crois c'est Jean-Luc Mélenchon qui disait il faudrait que les professeurs que les enseignants qui sont très exposés puissent porter un FFP2
alors c'est pas très agréable Le gouvernement dit c'est une difficulté d'usage c'est-à-dire que c'est plus resserré on respire plus difficilement donc c'est peut-être plus compliqué à porter mais que effectivement les personnes vulnérables sont peut-être plus amenées à les porter Mais c'est devenu une revendication et une
proposition portée je disais de Jean-Luc Mélenchon Eric Ciotti aussi Eric Ciotti aussi Pourquoi ? Parce qu'on a des pays voisins qui eux ont décidé de l'imposer l'Italie dans les transports beaucoup dans les avions ailleurs donc du coup ressurgit la question est-ce qu'on nous dirait ça parce qu'il y
a
une pénurie et
de
fait il n
'y a
pas de pénurie Non Je ne
sais
pas moi j'ai eu pas mal Vous avez essayé d
'en
acheter vous n'avez pas
trouvé Moi non
mais des chefs d'entreprise qui disent que c'est compliqué de se fournir qui voulaient en donner à leurs salariés disent que
c
'est compliqué de se fournir auprès des fournisseurs aujourd'hui parce
qu
'il y
a
une tension en tout cas sur le marché
Ce qui est étonnant
c'est que chaque fois il
y
a une polémique mais on occulte le fait que le variant enfin il y a des variants
c
'est-à
-dire
qu'on raisonne avec le premier virus mais on a changé vous l'avez dit maintenant on est à Omicron et Omicron n'a pas les mêmes caractéristiques que Delta et donc on est obligé forcément de s'adapter au virus et je pense que le FFP2 vient de là mais ce que vous avez dit est très juste ce qui explique d'ailleurs une partie de l'hystérie de l'opposition à l'Assemblée nationale c'est un peu le comportement d'Olivier Véran il agace tout le monde ça ne doit pas être facile sa position on le sait bien mais il n
'est
peut-être pas obligé d'avoir un peu un air de mépris vis-à-vis de l'opposition et c'est ça qui lui est reproché et du coup l'opposition a décidé de ne pas lui faire de cadeaux ce qui s
'est
passé à l'Assemblée lundi soir en est un exemple l'opposition et les parlementaires en marche parce qu'il est très rétif à avoir des nouveaux amendements il n'est pas très ouvert et c'est vrai pas très souple et c'est peut-être pour ça qu'ils sont un peu restés le fameux soir Jérôme Fourquet comment est-ce que les français jugent globalement la gestion de cette crise sanitaire là aujourd'hui
alors
là on n'a pas de mesures immédiates les dernières dataient juste avant les fêtes oui c
'est
pas si loin oui mais alors ça c'est l'épidémie se déploie vite et donc je pense que beaucoup de France il y avait un jugement qui était plutôt positif mais la société française était assez clivée
ensuite
les français sont en fait très perplexes
parce
qu'on entend tout et son contraire sur les plateaux alors pas ici bien
sûr
moins maintenant
mais sur Omicron en disant est-ce que en fait c'est le tsunami ou est-ce que c'est en fait quelque chose qui va s'apparenter à une grosse grippe c'est-à-dire qu'il y a des centaines de milliers de cas mais qui ne sont pas laitaux et qui ne se traduisent pas en augmentation très forte et donc en fonction de tout ça c'est important ce que vous dites ça veut dire en gros on remet les niveaux à zéro avec la gestion de la crise Omicron en partie parce que comme Karl Mayus l'a rappelé le paradigme a un petit peu changé c'est-à
-dire
qu'on a des volumes qui sont très très importants
vous
voyez certaines personnes vous disent mais bon bah là on parle de 300 000 cas par jour mais si on se mettait à tester
hors
période de Covid à l'automne ou à l'hiver sur les gastros ou sur les grippes on aurait combien de cas par jour en France quand il
y
a une épidémie ça flambe énormément et donc les français voilà sont perplexés et je pense que Emmanuel Macron avant toutes ces polémiques là essayait de trouver le chemin de crête en disant il ne faut pas qu'on soit en retard si jamais c'est grave il ne faut pas non plus qu'on serre trop si finalement Omicron n'est pas aussi grave que ça ce
que
je veux dire c'est que la moindre j'ai déjà utilisé cette expression plusieurs fois mais ça dit bien ce que ça veut dire la moindre faute de cas sur la gestion de cette crise là peut l'être fatale c'est à dire que tout ce qui s'est passé depuis 18 mois ne lui sera pas crédité il y
a
eu du bon et du moins bon on a parlé de la polémique sur les masques du retard à l'allumage ensuite il y
a
eu la prise de risque d'Emmanuel Macron de ne pas reconfiner finalement ça s
'est
bien passé on parlait du début très poussif de la vaccination maintenant le gouvernement s'enorgueillit que la France soit dans les têtes de classement donc les français font un pas à la part des choses et ils regardent aussi grâce à vos reportages ce qui se passe à l'étranger et ils constatent qu'aucun pays et aucun gouvernement n'a traversé sans encombre et sans aucune faute de quart cette crise et donc même s'ils ont la dent dure ils font une majorité d'entre eux fait la part des choses et se disent bon ils se débrouillent comme ils peuvent tout n
'est
pas parfait mais il n
'y
a pas de science infuse il n
'y a
pas de modèle infaillible et l'opposition n'a pas trouvé le point de passage pour être entendue sur la gestion de cette crise même avec cette polémique autour du pass vaccinal oui aucune des oppositions même là avec cette polémique vous prenez c'est difficile parce que Valérie Pécresse c'est ce qu
'on
a
dit
de la rappeler et elle est très claire sur le pass vaccinal mais au sein des LR il y en a qui ne sont pas aussi clairs il y a eu certains qui étaient prêts à voter contre finalement ils vont être dans l'abstention on voit bien qu'il
y a
des divisions là je pensais aussi à ce qu'on disait tout à
l
'heure sur E-Xioti c'est-à
-dire
qu
'on
voit bien sur les FFP2 que chacun essaie on est dans une campagne présidentielle à moins de 100 jours d'un scrutin et on est à essayer de faire des propositions sur les purificateurs d'air dans les classes ou sur le port du masque FFP2 oui c'est ça la grande difficulté qu'ils ont c'est que si les gens sont hostiles à Emmanuel Macron ou l'ont critiqué il y a quand même deux moments clés l'année dernière où et d'ailleurs on a vu que la popularité d'Emmanuel Macron avait progressé à ce moment-là c'est le 28 janvier quand il refuse un reconfinement alors que l'Angleterre referme toutes ses portes et que là tout le monde a peur en se disant vous vous souvenez la pression insensée des médecins d'Elfraissy disant il faut tout refermer et Emmanuel Macron arrive non vous savez quoi non on ne
va
pas refermer et même on va un peu alléger et tout le monde se dit mais vous êtes fou bon sauf que il a quand même eu raison d'un certain point de vue puisque l'économie psychologiquement tout ça et le 12 juillet quand il impose ce pass vaccinal et
derrière
sanitaire pardon et vous avez 15 millions de français qui se vaccinent
et
donc alors que là à ce moment-là le débat c'était il faut imposer l'obligation vaccinale donc ça va être dur quand même d'aller le chercher là-dessus sur l'école sur l'école oui Valérie Pécresse a dit il faudrait rentrer à l'école une semaine après pour Emmanuel Macron c'est un mantra il ne fermera plus l'école on est en campagne présidentielle on l'a compris et du coup c'est vrai que c'est là en ce moment que peut-être il y
a
un risque plus énorme plus le quoi qu'il en coûte quoi qu'il
en coûte il en
a reparlé dans l'interview ce matin il
est
porté aussi quand même à son crédit parce que là vous voyez il y
a
des nouveaux secteurs qui sont pénalisés mais tout le monde a bien compris que la puissance étatique serait au secours et au chevet de ces secteurs donc ça les français l'ont entendu aussi et nous revenons maintenant à vos questions une question d'Alice dans l'Aude le président n'a-t-il pas dit ce que beaucoup de français pensent déjà depuis des semaines oui mais est-ce qu'un président doit dire ce que pensent les français est-ce qu'il ne doit pas utiliser d'autres termes quitte à véhiculer cette pensée de plus qu'on l'a dit dans l'interview
il
disait déjà ces choses-là avant d'utiliser ce terme Macron croit-il vraiment ne choquer que les non-vaccinés je suis triplement vacciné et il me choque profondément
ça
c'est pour la forme alors c'est pour la forme et peut-être aussi ce qu'on disait tout à l'heure que vous avez une partie des vaccinés
qui
le sont contre
leur gain
oui c'est
ça
voilà
et de nouveau il remet la pression à ceux qui avaient résisté donc c'est pas 90% contre 10% de la population il y a à la fois sur la forme mais aussi sur son statut vaccinal
que
les choses peuvent jouer est-ce le président de la république ou celui qui a envie d'être candidat qui a parlé une question de Robin dans l'Inde je crois pas à la division entre les deux non ben non il est président mais quand il sera candidat c'est pour être à nouveau président c'est
un
petit peu artificiel donc non je pense c'est vraiment Emmanuel Macron c'est vraiment Emmanuel Macron et la question de la personne d'avant s'il est choqué c'est aussi pour parce qu'il ne dit pas ses mots sur une page blanche c'est 5 ans de quinquennat avec des petites phrases qui viennent réactiver ce pourquoi beaucoup de gens n'aiment pas Emmanuel Macron et donc c'est ça qui se joue en ce moment et c'est pour ça aussi qu'il
y
a quand même une inquiétude autour des proches du président sur l'impact que va avoir l'utilisation ils appellent ça le problème de l'équation personnelle autour du chef de l'État c'est une manière élégante de dire qu'il a peut-être cristallisé une forme de colère de français sur son style c'est pas affectif il y a des gens qui sont prêts à voter pour lui qui disent il a fait le job c'est un bon gestionnaire mais l'aimer
c
'est une autre possibilité mais
d'ailleurs
pour répondre à une question précédente de comment convaincre un anti-vax de se faire vacciner n'utilisez jamais le mot d'Emmanuel Macron parce qu'il
y a
des gens qui ne veulent pas y aller parce que c'est Emmanuel Macron ou le gouvernement qui impose ça et je veux dire non faites abstraction d'Emmanuel Macron maintenant raisonnez en termes scientifiques ou de santé et peut-être ça ira mieux
on
peut revenir sur cette phrase aussi qu'il avait dite j'ai après aimé les français tous les français ben voilà il y a la distorsion qu'on évoquait au début d'émission allez une question de Gérard en Haute-Garonne le meilleur moyen d'emmerder les récalcitrants à la vaccination ne serait-il pas de la rendre obligatoire on va revenir je pense dans
les semaines qui viennent sur ce débat
elle l'est
elle l'est parce qu'aujourd'hui vous ne pouvez pas aller prendre le train vous ne pouvez pas aller dans un bar dans un restaurant prendre un train interrégional c'est quand même assez courant d'aller d'une région à une autre vous ne pourrez pas aller alors peut-être qu
'il
va continuer pour l'instant pour aller dans les établissements de santé c'est exclu quand vous avez un motif impérieux pour prendre le train justement vous pouvez avoir une dérogation mais peut-être en serrant un tout petit peu plus la vis peut-être qu'on va arriver c'est une quasi-obligation vaccinale et si vous voulez on a déjà parlé tout à l'heure de la raison pour laquelle on n'y arrivera au-delà des chiffres et de l'objectif
est-ce qu'il y a en termes de lutte contre l'épidémie un objectif en nombre de vaccinés qui pourrait nous permettre de se sentir mieux et de lutter contre l'épidémie il faudrait tomber à
100
% de vaccinés ? disons qu'il
y a
cette question des enfants aujourd'hui on voit que le problème il est dans les écoles et qu'il faut effectivement aujourd'hui vacciner les enfants de 5-11 ans c'est comme on vaccinait les personnes âgées il y a un an exactement avec Morissette vous vous souvenez ?
donc le problème il est le même là aujourd'hui parce qu'on a du mal à avoir les doses on a du mal à avoir des rendez-vous les parents ont compris il y a quelque chose il y a un peu un changement il y a moins de réticence parce qu'on a vu Omicron parce qu'on a vu les écoles le bazar que ça fait de faire des tests une fois tous les deux jours donc je crois que ça a peut-être un peu basculé de ce point de vue là la question maintenant c'est la mise en oeuvre la logistique on se retrouve un peu dans la même situation qu'il y a un
an
on est d'accord que dans les 5 millions de non vaccinés il y a aussi les enfants qui sont comptabilisés
?
alors non ils ne
sont
pas comptabilisés parce que ce n
'est
pas obligatoire les 5-11 ans c'est sur la base du volontariat donc dans les 5 millions on commence à partir de 12 ans pourquoi Macron n'explique-t-il pas plus tôt que les
non vaccinés sont dangereux et coûtent cher
? ça
fait un an quand même que le gouvernement travaille beaucoup à essayer de convaincre donc là c'est vrai qu'il arrive un moment où il les cible plutôt que les convaincre mais il y a eu tout un dispositif pour aller sur le terrain débusquer ceux qui étaient complètement dans des endroits reculés pour les convaincre de vacciner bon on peut considérer que ça ça a été fait quand même
la
France Insoumise et le Rassemblement National réagissent-ils si violemment parce que les antivax sont une partie de leur électorat ? Jérôme Fourquet alors
on
l'a dit ils ne sont plus représentés dans cet électorat-là mais beaucoup la majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen sont vaccinés quand on a 90% de la population qui est vaccinée il n
'y a
aucun électorat qui est à part de tout cela mais c'est un peu plus fréquent dans l'enquête que je citais sur la question du pass vaccinal
on
voit qu'on a
à
peu près 40% de ces deux électorats qui sont opposés au pass vaccinal alors c'est pas opposé à la vaccination mais opposé au pass vaccinal et on voit bien que donc c'est chez eux que les opposants sont plus nombreux même s'ils ne
sont
pas majoritaires Le Parisien a-t-il fait exprès de publier l'interview pendant l'examen du projet de loi
?
Alors le Parisien ?
Je
crois que je vous ai répondu je crois que la demande elle date d
'il
y
a
un an comme beaucoup de médias aujourd'hui la demande elle est quasiment permanente et moi j'ai commencé en entendre parler au mois de décembre vous voyez donc et la date a été fixée avant les vacances de Noël donc on n
'a
pas fait tout à fait exprès sauf si c'est eux qui l'ont fait exprès puisqu'ils ont accéléré
Le Parisien peut-être
pas fait exprès mais l'Elysée oui c
'est ça que vous voulez dire ? Je
sais que pendant les vacances il y a eu une accélération normalement pour vous dire toute la vérité on avait plutôt des intentions sur le conseil de défense sanitaire qu'il y avait aujourd'hui donc notre préoccupation avant cette polémique c'était de savoir est
-ce
qu'il allait nous dire ce qu'il y aurait dans le conseil de défense sanitaire
Enfin
une prise d'opposition de Macron cette façon de s'exprimer ne va-t-elle pas lui apporter des voix ? C'est le pari c'est le pari qu'au moins lui il dit franchement les choses et que les gens lui seront redevables de ça Quand les députés vont-ils se décider à voter ce texte sur le pass vaccinal au lieu de faire du théâtre ? Alors ça c'est une question qu'on a beaucoup eu hier aussi qui a le même eu c'est-à
-dire
le spectacle entre guillemets que cela donne alors qu'on a eu combien de cas aujourd'hui ? 337 000 337 000 Oui c'est là où LR jouait sur la crête sur le fil du rasoir parce que ils disent partout qu'ils sont en faveur du pass vaccinal mais ils ont
fait
des incidents de
procédure qui a retardé l'examen du projet de loi à la fin ça sera voté ça va prendre 2-3 jours de retard peut-être mais de toute façon le pass vaccinal sera voté
Croyez
-vous à une désescalade de la violence de cette campagne Jérôme Fourquet ? Mais ce n
'est
pas parti pour en tout cas ce n
'est
pas parti pour avec ce type de déclaration et on verra samedi apparemment il y
a
des manifestations mais encore une fois on a des parties de la population qui sont à cran Merci à vous tous c
'est
la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 23h40 une émission que vous pouvez retrouver quand vous voulez en replay et en podcast et
c'est l'heure de retrouver Anne-Élisabeth Lemoyne pour cet avou au programme ce soir Au programme on prolonge votre conversation chère Caroline sur la phrase la plus commentée de ce début d'année dans quel contexte a-t-elle été prononcée avec quelles réactions quels effets les coulisses de l'entretien choc du président avec deux des cinq journalistes qui ont mené l'entretien pour le Parisien
On
en avait une ce soir aussi Belle émission à vous Anne-Élisabeth On se retrouve demain
17h50
Sous
-titrage
Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada
Emmanuel Macron