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interviewRMC· 30 septembre 2022 6 min

Jadot : "Je ne sais pas de quoi est accusé Julien Bayou"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Yannick Jadot

Il y aurait les gentils d'un côté qui renoncent à manger de la viande, qui ne sont pas les hommes à côté du barbecue, si je résume un peu la pensée, notamment exprimée par Sandrine Rousseau, qui est quand même une des voix aujourd'hui d'Europe Écologie-Les Verts, et puis il y aurait les gentils de l'autre. Mais il n'y a pas que des polémiques, pardon, j'y reviens quand même Yannick Jadot, il y a quand même un homme qui aujourd'hui se dit à terre, a été obligé de se mettre en retrait de ses fonctions de président du parti, enfin secrétaire général d'Europe Écologie-Les Verts, qui ne parle plus que par la voix de son avocat, et qui fait dire par la voix de son avocate qu'il est anéanti.

Qu'est-ce qui s'est passé ? D'abord, il est accusé de quoi, pardon, mais il est accusé de quoi, Julien Bayou ?

0:42
Invité

Je ne sais pas. C'est pour ça qu'il faut laisser les structures que nous avons mises en place. On a une cellule d'écoute, on a été le premier parti.

0:52
Présentateur

Enfin d'écoute, mais qui n'écoute pas, puisque visiblement, il dit qu'il a demandé à être entendu, et qu'on le lui a refusé.

0:57
Invité

– Dans le principe des cellules d'écoute…

0:59
Présentateur

– Ça ne porte pas bien son nom.

1:00
Invité

– Attendez, dans le principe des cellules d'écoute sur les violences sexistes et sexuelles, la personne potentiellement incriminée est la dernière qui est écoutée. On entend d'abord les victimes, avant d'écouter la personne incriminée, qui évidemment, c'est la logique du contradictoire, doit pouvoir se défendre. Là où vous avez raison, c'est qu'on voit bien qu'à la fois, la justice pénale, et là, de ce point de vue-là, le ministre de la Justice, Dupond-Moretti, a tort de se satisfaire de la justice pénale.

Quand vous avez, dans notre pays, on estime, 95 000 viols et tentatives de viols par an, par an, 95 000, et que vous avez 800 condamnations, on ne peut pas satisfaire du fonctionnement actuel de la justice. Quand deux tiers des victimes des féminicides étaient des personnes, des femmes, qui avaient eu recours à la police ou à la justice, on ne peut pas se satisfaire de notre système de justice. Donc l'objectif impérieux, c'est de toujours centrer le débat sur la protection des femmes, le combat contre les violences sexuelles et sexistes. Les partis politiques ont une responsabilité particulière, et il faut de la déontologie. Là encore, le ministre de la Justice a tort.

Tout le monde est content quand le Conseil de l'Ordre des médecins s'intéresse aux pratiques de Didier Raoult, pour dire qu'il est en infraction, en violation de la déontologie.

2:27
Yannick Jadot

Pour vous, votre cellule d'écoute, c'est une forme d'ordre de conseil de l'ordre ?

2:31
Invité

C'est-à-dire que ça doit être plus fort que la justice. Regardez quand il y a eu l'affaire Cahuzac, en 2012. Un an après, on avait mis en place le parquet national financier. On avait mis en place un office central contre la corruption et la haute autorité pour la transparence de la vie publique. Eh bien, c'est la même révolution qu'on doit opérer autour des violences faites aux femmes. Et là, vous avez raison. C'est qu'à partir du moment où on met en place une cellule d'écoute, on doit attendre le travail qui a été fait, qui est forcément long. Ça ne peut pas se faire en une semaine. Ce n'est pas vrai. Sinon, ce serait un travail bâclé. Donc, ça prend du temps.

Et il faut attendre les recommandations de cette cellule avant de prendre des décisions qui peuvent relever de la justice, très bien, et qui peuvent relever aussi parfois de sanctions politiques.

3:32
Yannick Jadot

Donc, Yannick Jadot, je vous demande de quoi est-ce qu'il est accusé ou de quoi il est coupé.

3:36
Invité

C'est pour ça que je dis qu'il faut laisser travailler la cellule.

3:39
Yannick Jadot

Mais vous dites aussi qu'il doit se mettre en retrait. Donc, vous ne savez pas pourquoi, mais il doit se mettre en retrait ?

3:44
Invité

Non, c'est qu'à un moment donné, à partir du moment où il a été mis en retrait du groupe écologiste à l'Assemblée nationale. Mais devait-il le faire ? Il y a eu une forme de sanction, c'est-à-dire qu'on a, la décision a été faite pour donner de la sérénité à la cellule d'écoute, mais ça apparaît comme une sanction. Et là, vous avez raison, cette sanction-là, elle n'est pas normale. À partir du moment où la cellule n'a pas rendu son travail, on n'a pas à sanctionner quand il n'y a pas de dépôt de plainte, quand on ne sait pas de quoi la personne, au fond, est soupçonnée ou accusée, et que cette personne n'a pas pu se défendre.

4:21
Yannick Jadot

Donc, il n'aurait jamais dû être mis en retrait ?

4:23
Invité

Il ne devrait pas être sanctionné. Il peut y avoir, à un moment donné, encore une fois, pour la sérénité des débats, une sorte de mise en retrait qui n'est pas une sanction, qui n'est pas une démission, qui n'est pas une exclusion. Mais là, on voit dans le jeu médiatique, ça a été une sanction. Mais pardon, ce n'est pas du tout un jeu médiatique ? Et cette sanction-là, elle n'est pas juste.

4:42
Yannick Jadot

Maintenant, si on pouvait parler... Non, mais attendez, vous n'en parlez, mais ce n'est pas un jeu médiatique, c'est un jeu politique. C'est-à-dire que la parole, elle n'a pas été médiatique, la parole, elle a été politique. C'est par la voix de Sandrine Rousseau.

4:52
Invité

Non, non, mais attendez, je ne veux pas faire l'ensemble de la matinale là-dessus, si vous le voulez bien. Je l'ai dit. Moi, je veux bien, c'est quand même le patron de votre parti qui se retrouve aujourd'hui exclu à terre. Mais j'ai répondu, j'ai répondu. J'aimerais bien qu'on parle du pouvoir d'achat des Français, de la crise énergétique, de ce qui se passe en éthane, de ce qui se passe en éthane. Non, mais vous êtes un peu culotté. Non, mais vous ne pouvez pas me dire, madame, vous ne pouvez pas me dire non plus, votre parti ne parle pas aujourd'hui alors que les Françaises et les Français sont convaincus de l'action qu'on va voir. J'ai répondu à vos questions.

Moi-même, comme journaliste, mais vous tous, comme politique, on n'a jamais autant parlé d'écologie.

5:26
Yannick Jadot

Mais là, on a quand même une situation humaine qui, vous le reconnaîtrez, est quand même aiguë, cruciale.

5:29
Invité

Je l'ai dit, j'ai répondu. Moi, bien sûr, il y a cette situation humaine que vous évoquez, mais je ne veux pas, je refuse qu'on perde de vue la situation humaine que vivent des centaines de milliers de femmes chaque année, victimes de viols ou de tentatives de viol, de violences conjugales ou de harcèlement, quel que soit leur lieu, que ce soit dans la rue ou au travail. Donc pensons et agissons pour ces femmes. Maintenant, si on pouvait parler...

5:59
Yannick Jadot

S'il est innocenté, il pourra revenir. Pour vous, si on va jusqu'au bout de la logique, il faut qu'il se...

6:03
Invité

C'est évident, c'est évident.