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InterviewLCP — La Politique et moi (sur Podcast)· 3 mars 2025 12 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Ersilia Soudais, transformer sa colère en politique

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut faire de la politique en se laissant porter ou en se laissant emporter par ces émotions ?

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce jour-là, est-ce que ça allait trop loin pour vous ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

  • 2:22RelanceRéponse directe

    Quand on entend ces mots que vous employez, ça donne l'impression qu'il y a le camp du bien d'un côté qui est le vôtre, et le camp du mal qui est celui de vos adversaires. Est-ce qu'on peut débattre dans ces conditions-là ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    On va remonter un peu le fil de vos engagements. Votre tout premier engagement, il était syndical. À l'époque, vous étiez enseignante dans un collège à Shell, je crois, prof de français, et vous êtes mobilisée contre la réforme des zones d'éducation prioritaire.

  • 3:47OuverteRéponse directe

    C'est votre rejet du bilan de François Hollande qui vous a politisé, qui vous a amené à vous engager ?

  • 4:41OuverteRéponse directe

    Vous avez dit que vous êtes politisée avant. Il faut dire que vous avez grandi dans un environnement assez politisé avec votre père, qui est journaliste, mais journaliste engagée à gauche, Michel Soudé.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38Invité politiqueFait
    « Chers collègues, êtes-vous orgueilleux ou êtes-vous des monstres ? »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « Votre modèle du travailleur idéal, c'est Stakhanov. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « Stakhanov est mort comme un chien. »
  • 3:52Invité politiqueFait
    « politisé, je ne dirais pas cela parce que je suis politisée depuis mon plus jeune âge »
  • 4:10Invité politiqueFait
    « il y a pas mal de lois sous le quinquennat Hollande qui m'ont choquée, qui m'ont mise en colère »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Il y a eu effectivement la réforme des collèges. »
  • 4:23Invité politiqueFait
    « Il y a eu aussi la déchéance de nationalité. »
  • 4:24Invité politiqueFait
    « Il y a eu la loi travail. »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « Complètement, complètement. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « j'avais vraiment une peur bleue de cette extrême droite. »
  • 5:32Invité politiqueFait
    « ce qui est resté au cœur de mon engagement, c'est vraiment la lutte contre l'extrême droite. »
  • 6:39Invité politiqueFait
    « Alors, dans mon message, ce n'est pas que je condamne ou que je ne condamne pas. »
  • 7:06Invité politiqueFait
    « Ce n'était pas une justification, vraiment. »
  • 8:36Invité politiqueFait
    « Alors, en fait, il y a, moi, des connaissances que j'ai de Ahed Tamini, en fait, il n'y a rien qui prouve qu'elle ait réellement tenu ses propos. »
  • 9:15Invité politiqueFait
    « Alors, je pense que c'est extrêmement dangereux. »

Temps de parole

  • Ersilia Soudais61 %
  • Présentateur38 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est une députée qui ne laisse pas indifférent. Ses prises de position ont tendance à cliver, que ce soit pour défendre la cause palestinienne ou pour combattre l'extrême droite. Elle siège au sein du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Bonjour, Ercidia Soudet. Bonjour. Le débat sur la réforme des retraites qui a eu lieu début 2023 a un peu enflammé l'hémicycle. Il y a eu des échanges très tendus. On va revoir un extrait d'une de vos prises de parole à cette occasion.

0:38
Ersilia Soudais

Chers collègues, êtes-vous orgueilleux ou êtes-vous des monstres ? Votre modèle du travailleur idéal, c'est Stakhanov. Cette allégorie du sacrifice personnel et de l'émulation entre travailleurs. Relisez la ferme des animaux. Stakhanov est mort comme un chien. Bref, la vie ne se résume pas au travail sous prétexte qu'il faut travailler pour vivre, alors que le plus important...

1:02
Invité

Dans cet hémicycle, il y a des parlementaires qui ont été élus par les Français. Il n'y a pas de monstres.

1:13
Présentateur

Ce qui m'a marqué dans cet extrait, c'est d'abord la dernière image de vous hors micro. On vous sent presque submergé par vos émotions. Est-ce qu'on peut faire de la politique en se laissant porter ou en se laissant emporter par ces émotions ?

1:28
Ersilia Soudais

Je pense qu'il est important de garder ces émotions quand on fait de la politique. Sinon, on ne peut pas faire de la politique de façon sincère. Après, bien entendu, il faut faire quelque chose de ces émotions. On ne peut pas juste être porté par la colère. Il faut transformer cette colère. Et je pense que c'est ce que j'ai appris à faire progressivement.

1:51
Présentateur

Est-ce que ce jour-là, est-ce que ça allait trop loin pour vous ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

1:55
Ersilia Soudais

Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y avait certes la violence du débat en lui-même, déjà. Et il y avait la violence aussi des députés qui m'entouraient pendant ma prise de parole. Ça veut dire qu'en fait, pendant que je parlais, et je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ma voix progressivement, je suis même obligée de changer de ton. Ça veut dire que je descends d'un coup d'un octave. J'avais ma voix qui était complètement couverte par le brouhaha des députés de droite et d'extrême droite.

2:22
Présentateur

Parce que sur le fond, vous employez des mots, vous vous placez dans le camp de la justice et de la vertu, ce sont les mots que vous employez, face à ce que vous qualifiez de société immonde de vos adversaires, et vous vous interrogez donc sur leur monstruosité. Quand on entend ces mots que vous employez, ça donne un peu l'impression qu'il y a le camp du bien d'un côté qui est le vôtre, et le camp du mal qui est celui de vos adversaires. Est-ce qu'on peut débattre dans ces conditions-là ?

2:45
Ersilia Soudais

Je pense qu'on peut débattre, mais je pense que cela dit que l'hémicycle n'est pas le lieu le plus propice au débat. Cette violence, je l'ai ressentie dès ma première prise de parole, parce que là, vous en montrez une pendant les retraites, mais dès ma première prise de parole, j'ai ressenti beaucoup de violence. C'est-à-dire que j'ai senti qu'on estimait que je n'étais pas là à ma place, que moi, du fait que j'étais une femme, que j'étais de gauche, que j'avais une voix aiguë, etc., enfin, j'étais perçue comme quelqu'un qui n'avait pas à être là, qui n'avait pas à prendre la parole.

Et je tiens vraiment à souligner ça, c'est vraiment une extrême violence que de prendre la parole dans l'hémicycle quand on est une femme comme moi, en fait.

3:27
Présentateur

On va remonter un peu le fil de vos engagements. Votre tout premier engagement, il était syndical. À l'époque, vous étiez enseignante dans un collège à Shell, je crois, prof de français, et vous êtes mobilisée contre la réforme des zones d'éducation prioritaire. Vous avez d'ailleurs été prise en photo par une journaliste de franceinfo.fr à l'époque. C'est votre rejet du bilan de François Hollande qui vous a politisé, qui vous a amené à vous engager ?

3:52
Ersilia Soudais

Alors, politisé, je ne dirais pas cela parce que je suis politisée depuis mon plus jeune âge, mais par contre, effectivement, c'est ce qui m'a fait franchir le pas de l'engagement. C'est-à-dire, quoi que, à l'origine, mon métier de professeur, je l'ai choisi aussi par engagement. Mais je me suis rendue compte que ça ne suffisait pas. Et en fait, il y a pas mal de lois sous le quinquennat Hollande qui m'ont choquée, qui m'ont mise en colère. Donc, il y a eu effectivement la réforme des collèges. Il y a eu aussi la déchéance de nationalité. Il y a eu la loi travail. Et en fait, je me suis dit que, certes, je n'attendais pas grand-chose de François Hollande.

Mais je ne pensais pas que ce serait aussi terrible. Et en fait, je me suis dit que la gauche, il faut absolument qu'elle retrouve des couleurs. Et c'est pour cela que je me suis engagée.

4:38
Présentateur

Et que vous êtes tournée vers Jean-Luc Mélenchon, vers la France insoumise. Vous avez dit que vous êtes politisée avant. Il faut dire que vous avez grandi dans un environnement assez politisé avec votre père, qui est journaliste, mais journaliste engagée à gauche, Michel Soudé. Et votre première rencontre, si on peut dire, avec la politique, c'est un mauvais souvenir. C'est même un traumatisme, on peut dire, puisque votre père a été agressé par des militants d'extrême droite, alors qu'il couvrait ce qu'on appelait à l'époque la fête bleu-blanc-rouge. C'était la fête du Front National. C'est quelque chose qui a joué dans votre construction politique ?

5:09
Ersilia Soudais

Complètement, complètement. En fait, c'est vrai que comme j'étais très jeune...

5:13
Présentateur

Là, on voit votre père sur un plateau télé.

5:15
Ersilia Soudais

Voilà. Comme j'étais très jeune, c'est vrai que j'avais un souvenir un peu flou, mais je me souvenais très bien que c'était l'extrême droite qui s'en était prêt à mon père, qu'il avait fini à l'hôpital, etc. Et donc, en fait, j'avais vraiment une peur bleue de cette extrême droite. Et je pense que c'est ce qui a vraiment cimenté mon engagement. Parce que ce qui est resté au cœur de mon engagement, c'est vraiment la lutte contre l'extrême droite. Alors, je ne voulais pas que mon engagement se limite à être contre quelque chose, bien entendu. C'est pour ça qu'il m'a semblé indispensable au fur et à mesure de ma construction de défendre un contre-projet.

Et c'est pour ça, en fait, finalement, que pour pouvoir lutter contre l'extrême droite, il m'a semblé indispensable de lutter contre le racisme. Ça, c'était assez net. Et d'ailleurs, même mon engagement en tant que professeur, c'était un engagement, entre autres, contre le racisme et contre le déterminisme social. Au fur et à mesure de ma construction, je me suis rendu compte qu'il fallait que l'antiracisme soit vraiment une proposition en soi et que ce ne soit pas juste une réaction à l'extrême droite.

6:12
Présentateur

Alors, il y a un autre combat qui compte beaucoup pour vous. C'est la défense de la cause palestinienne, combat pour la création d'un État palestinien. Le 7 octobre 2023, vous avez réagi à l'attaque terroriste du Hamas contre Israël en postant un message sur Twitter. Et il y a une phrase de ce message qui a choqué beaucoup de gens. Vous avez écrit « La haine attire la haine ». 1 200 Israéliens venaient d'être assassinés, des civils, pour l'essentiel, des femmes, des enfants. Et vous n'avez pas condamné cette attaque. Pourquoi ?

6:39
Ersilia Soudais

Alors, dans mon message, ce n'est pas que je condamne ou que je ne condamne pas. En fait, là, ce que j'ai voulu surtout condamner, c'était l'aveuglement des gens et l'aveuglement notamment de mon propre pays.

6:53
Présentateur

Mais alors que tout le monde était dans l'émotion du moment, vous étiez avec cette phrase, vous avez pu donner le sentiment de comprendre cette attaque, voire de la justifier. Quand vous dites « La haine attire la haine ».

7:05
Ersilia Soudais

Ce n'était pas une justification, vraiment. En fait, mais par contre, ce que je voulais, c'est que les gens comprennent. Et j'étais moi-même dans l'émotion quand même quelque part, c'est que j'étais dans la colère. J'étais dans la colère parce que moi, ça faisait longtemps que j'étais engagée sur la cause israélo-palestinienne. Ça faisait longtemps que j'alertais. Et d'un coup, j'ai eu le sentiment que les gens découvraient brusquement que quelque chose n'allait pas. Et quand ça fait longtemps qu'on alerte...

7:28
Présentateur

Est-ce que c'était le temps pour dire cela ? Est-ce que c'était le moment pour le dire ? Parce que là, il n'y a pas de mot de compassion pour les victimes, en fait, dans votre message. Donc, ça choque.

7:39
Ersilia Soudais

Quand tu dis que les gens semblent découvrir que les civils sont toujours les premières victimes de la guerre, en fait, alors peut-être que les gens n'ont pas compris qu'il y avait de la compassion pour les victimes, mais moi, si, en fait, dans cette phrase, pour moi, il y a de la compassion. Mais il y a de la compassion, non pas seulement, comment dire, vis-à-vis de ce que leur ont fait subir le Hamas, mais vis-à-vis, en fait, de ce qu'ils ont subi du fait de l'aveuglement, en fait, de l'ensemble de la scène internationale.

8:10
Présentateur

Votre défense de la cause palestinienne vous a amené à soutenir aussi la militante palestinienne Ahed Tamini. Après son arrestation en Israël, arrêtée pour incitation au terrorisme, arrêtée pour avoir expliqué qu'elle comptait, je cite, massacrer les colons israéliens, boire leur sang et manger leur crâne. Là aussi, ça a choqué de votre part que vous souteniez quelqu'un qui tient de tels propos, alors que vous êtes aussi vice-président du groupe d'études sur l'antisémitisme à l'Assemblée.

8:36
Ersilia Soudais

Alors, en fait, il y a, moi, des connaissances que j'ai de Ahed Tamini, en fait, il n'y a rien qui prouve qu'elle ait réellement tenu ses propos. C'est en tout cas ce que défend clairement sa famille. Donc, voilà. Après, moi, ce que j'observe, quand je défends Ahed Tamini, ce n'est pas Ahed Tamini en soi que je défends, c'est simplement tous ceux qui subissent l'autoritarisme israélien qui, en fait, met en prison un nombre considérable de prisonniers politiques. Et donc, c'était dans ce sens-là, en fait, que je défendais Ahed Tamini.

9:04
Présentateur

Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous accusent de dissimuler une forme d'antisémitisme derrière votre combat contre la politique de l'État israélien, la politique du gouvernement Netanyahou, en tout cas, aujourd'hui ?

9:15
Ersilia Soudais

Alors, je pense que c'est extrêmement dangereux. Je pense que c'est extrêmement dangereux parce que, en fait, je pense qu'il y a confusion entre le fait de rejeter une politique colonialiste et l'antisémitisme. Et en fait, je pense qu'à force de mettre des anathèmes, d'accuser tout le monde d'antisémitisme, on finit par affaiblir la lutte contre l'antisémitisme parce qu'on transforme une forme de racisme, enfin, comment dire, l'antisémitisme, à ce moment-là, n'est plus une forme de racisme, mais une sorte d'opinion politique. C'est-à-dire que, finalement, on perd le sens de ce qu'est l'antisémitisme initialement.

Dans ces conditions-là, finalement, la lutte contre l'antisémitisme perd de son sens, alors que c'est un combat extrêmement important. Et c'est d'ailleurs ce que défendent des organisations comme l'Union juive française pour la paix, qui sont vent debout contre cette instrumentalisation de l'antisémitisme parce qu'ils disent que les juifs sont les premiers à pâtir de cette confusion.

10:18
Présentateur

On arrive au terme de cette émission. On va la conclure avec notre quiz traditionnel. L'idée, c'est que vous allez devoir compléter des phrases que je vais vous proposer. Chaque menace ou chaque insulte que je reçois... Me rend plus forte. Vous en recevez beaucoup ?

10:33
Ersilia Soudais

Oui, beaucoup. Depuis le début de mon mandat, mais c'est parti crescendo. Et ça arrivait jusqu'au point où j'ai des menaces de mort. Mais voilà, j'ai décidé d'en faire ma force.

10:47
Présentateur

Quand j'étais petite, Jean-Luc Mélenchon, c'était pour moi ?

10:52
Ersilia Soudais

En fait, petite, ça dépend à quel âge on en entend. Parce que quand j'étais vraiment petite, pour moi, c'était personne. Je ne le connaissais pas.

10:58
Présentateur

Après, votre père a écrit un livre avec lui.

11:01
Ersilia Soudais

Oui, c'est vrai. Mais j'étais plus si petite que ça. À ce moment-là, je faisais mes études. Et à ce moment-là, c'était celui qui m'empêchait de passer des vacances avec mon père.

11:13
Présentateur

Enfin, entre la K-pop et la J-pop, c'est comme ça qu'on dit ? J-pop. J-pop. Je choisis ? Ah, c'est difficile. K-pop, c'est la pop coréenne et J-pop, c'est japonaise.

11:25
Ersilia Soudais

Oui.

11:25
Présentateur

Et vous êtes passionnée des deux ?

11:27
Ersilia Soudais

Oui, oui, oui. En fait, j'aime beaucoup les musiques joyeuses parce que ça permet justement de contrecarrer un peu l'atmosphère un peu étouffante de notre quotidien. Et ça permet d'être justement plus fort après pour mener des combats.

11:37
Présentateur

Donc, vous ne choisissez pas ?

11:38
Ersilia Soudais

Je ne choisis pas.

11:39
Présentateur

Merci à vous, Ercilia Soudet, d'être venue dans La Politique et moi.

11:42
Ersilia Soudais

Merci.

11:43
Locuteur

Merci.