Éric Zemmour face à Marc-Olivier Fogiel sur RTL | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Avant de parler du livre, de votre inquiétude, un mot sur l'actualité.
- 0:49RelanceRéponse partielle
Vous qui aimez bien l'ordre, il n'y a pas du désordre ce matin ?
- 1:26OuverteRéponse directe
Le livre, vous racontez dans votre livre avoir été élevé dans la tradition juive.
- 2:54OuverteRéponse directe
Le christianisme a fait la France. La France, sous le christianisme, n'est plus la France. Qu'est-ce qui vous fait dire ça aujourd'hui ?
- 3:49RelanceRéponse partielle
Racontez-moi.
- 5:20RelanceRéponse directe
Sauf que les baptêmes, les chiffres sont à la hausse, vous avez bien vu. Est-ce que ça ne vient pas un peu à l'encontre de ce que vous redoutez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35PrésentateurFait
« Un des plus hauts magistrats français, Rémi Hetz, dit que ça pourrait atteindre à l'indépendance des magistrats, puisqu'il va être rejugé. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Les magistrats sont des citoyens comme les autres. »
- 4:01Invité politiqueFait
« Il y a un mouvement de déchristianisation de la France depuis le 18e siècle. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Il y a de moins en moins de baptêmes, de moins en moins de gens dans les églises. »
- 7:31Invité politiqueFait
« Sinon ce pays va être islamisé, c'est le fait de la démographie. »
- 7:53Invité politiqueFait
« Il faut lutter contre l'islamisation du pays par une application très stricte de la laïcité. »
- 8:13PrésentateurChiffre
« Apparemment vous avez vendu 1 500 000 livres en tout. »
- 8:56Invité politiqueFait
« Lénine disait, faites-leur manger le mot, vous leur ferez avaler la chose. »
Temps de parole
- Éric Zemmour66 %
- Présentateur19 %
- ?10 %
- Présentateur 25 %
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Grâce à les sucrés. RTL Matin, Thomas Soto.
Il
est 8h17, face à Fogiel, votre invité a été candidat à la présidentielle, Marc-Olivier. Il s'est assis résolument très à droite de l'échiquier politique. Et il sort demain un livre qui s'appelle La messe n'est pas dite pour un sursaut judéo-chrétien chez Fayard, dans lequel il s'inquiète du déclin religieux en France. C'est donc Éric Zemmour, le président du parti Reconquête. Bonjour Éric Zemmour. Bonjour Marc-Olivier Fogiel. Avant de parler du livre, de votre inquiétude, un mot sur l'actualité. Nicolas Sarkozy, qui a été reçu à l'Elysée vendredi, avant son incarcération de tout à l'heure. Gérald Darmanin va aller le voir.
Vous avez entendu Olivier Forch et Thomas parler de pression sur la justice. Un des plus hauts magistrats français, Rémi Hetz, dit que ça pourrait atteindre à l'indépendance des magistrats, puisqu'il va être rejugé. Vous qui aimez bien l'ordre, il n'y
a
pas du désordre ce matin ? Écoutez, je ne
vois
nul
désordre. Je vois une émotion légitime. D'abord des gens qu'il aime, ses enfants, je trouve la moindre des choses. C'est que ses enfants...
Mais on parle du président de la
République et du garde des Sceaux. Le président de la République et du garde des Sceaux. Le garde des Sceaux est un ami de Nicolas Sarkozy.
C
'est connu. Et donc c'est normal qu'il montre son affection. Il n
'y
a pas de pression sur les magistrats. Vous savez, on a le droit de critiquer une décision de justice. On a le droit de critiquer les magistrats. Les magistrats sont des citoyens comme les autres. Quand on est garde des Sceaux, pour le coup, on
est garant, évidemment,
de la
justice.
Non,
pas vous, mais je parle de Gérald Darmanin. Le livre, vous racontez dans votre livre avoir été élevé dans la tradition juive. Votre enfance a été rythmée par Shabbat, les autres fêtes juives. Ce que vous racontez déjà, dès le début, c'est que ce judaïsme discret était menacé dans votre enfance en Algérie. En fait, depuis toujours, vous vous vivez comme assiégé, Eric
Gémeaux
?
Alors là, vous faites une extrapolation complètement délirante. Délirante ? Délirante, oui, vraiment délirante. D'abord, je raconte ça à ces deux pages du livre. Oui, c'est bien, oui. Même s'il n
'y
a que 130, mais... Donc vous n
'êtes
pas senti assiégé... Peut
-être que vous n'êtes
pas allé au-delà, remarqué. Mais non, je ne me suis jamais senti assiégé, voyez-vous. Au contraire, moi, j'ai vécu dans ce qu'on appelait comme un israélite français, c'est-à-dire qu'on faisait les traditions juives à la maison et que dans la rue, on était d'une discrétion absolue parce qu'on respectait les règles de la laïcité, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
Vous les faites toujours, c
'est les traditions juives. Aujourd'hui, vous êtes papa d'un petit garçon, par exemple.
Je vous l'avais élevé dans la religion juive. Je vous l'avais élevé dans la religion juive. Je vous l'avais élevé de plusieurs enfants.
Et je les ai élevés dans la religion juive, exactement comme j'ai été élevé. C'est-à-dire qu'on respecte la tradition juive à la maison et dehors, on ne donne aucun signe comme quoi on est juif. C'est la tradition républicaine française. Et je le répète, je regrette beaucoup que beaucoup de gens, certains parmi les juifs d'ailleurs, et aussi parmi les musulmans, ne respectent plus ce devoir de distrétion dont parlait Jean-Pierre Chauvelman. C
'est l
'objet du livre. Le chrétianisme a fait la France. La France, sous le chrétianisme, n'est plus la France. Qu'est-ce qui vous fait dire ça aujourd'hui, Eric Zemont ? C'est très simple.
Le chrétianisme a fait la France, c'est un tronc d'histoire. Bien sûr. On peut dire qu'en gros, pour résumer, que l'église a fait les rois, et que les rois ont fait la nation, et que la nation a fait la république. Et c'est pour ça que je considère que sans le chrétianisme, la France n'est plus la France. Et moi, comme beaucoup de Français, je veux continuer à vivre en France. Deuxièmement, ce qui me fait dire, c'est que c'est un mouvement
qui
vient de très loin, de déchristianisation de la France. J'ai vu dans votre tweet, je crois, que vous dites que je déplore cette déchristianisation, et que j'en rends responsable l'islam et le wokisme. C'est un peu ce qui ressort du livre, ça. Pas du tout. Encore une fois, je pense que vous ne l'avez pas lu. Mal lu,
peut-être ? Ah oui. C'était pas long, c'était 130 pages. 130 pages. Vous en avez plus concentré, vous savez. C'est de bonne guerre, mais sur le fond. Non, non,
sur le fond, vous n'avez rien compris au livre. Ah ben alors
racontez-moi.
Pardonnez-moi, mais c
'est très simple. Je vous pardonne, je vous pardonne tout.
J'explique une chose très simple. Très simple.
Il
y a un mouvement de déchristianisation de la France depuis le 18e siècle de Marc-Olivier Vauchel. Vous voyez, il n'y avait pas un musulman en France et le wokisme n'existait pas.
Ce
mouvement vient des Lumières, vient de la Révolution française, etc. Et il a eu encore un coup d'accélérateur dans les années 60-70 après Vatican. C'est bien ce que j'ai compris. Vous
voyez,
cette déchristianisation vient de loin.
Et
cette déchristianisation arrive à son apogée aujourd'hui. Il y a de moins en moins de baptêmes, de moins en moins de gens dans les églises.
Et
vient
renforcer
cette déchristianisation, ou plutôt vient compenser cette déchristianisation, par deux phénomènes qui sont d'ailleurs l'un et l'autre religieux, mais pas de
la façon.
C'est l'islam. Et la faute à qui, cette déchristianisation
?
La déchristianisation, ça vient des Lumières, ça vient de la Révolution. Ça vient de la République qui a,
je
dirais, porté son combat
contre
le christianisme pendant un siècle. La République, Marc-Olivier Vauchel. Et aujourd'hui, le résultat, c'est qu'il y a une islamisation massive, par l'arrivée de millions
de musulmans. Pas en
compensation. Simplement, vous savez, les musulmans, ils sont arrivés avec leur bagage. Et eux, contrairement au christianisme, ils ont une religion qui s'affiche ostensiblement.
Sauf que les baptêmes, les chiffres sont à la hausse, vous avez bien vu. Il
y a
aussi ce film, aujourd'hui, cette docu-fiction, Sacré-Cœur à la gloire du Christ, qui est un carton. Est-ce que ça ne vient pas un peu à l'encontre de ce que vous redoutez, dénoncez, ou votre inquiétude
?
C'est terrible, parce que vous voulez
faire croire... Je ne comprends rien, je sais ça, vous l'avez dit déjà, mais si on le croit... Vous
voulez faire croire que je m'inquiète. Je constate un phénomène historique qu'il
y
a deux siècles. Je ne me réveille pas comme les carabiniers, pas comme vous. Et maintenant, je dis simplement qu'il y a un phénomène de réveil du christianisme parmi la jeunesse.
La
jeunesse,
je
vous l'ai dit, rencontre une autre jeunesse musulmane qui affiche ostensiblement sa religion, et même de façon parfois violente. Face à cela, les jeunes français de culture chrétienne ont justement plus de culture chrétienne. Parce que leurs parents ne leur ont rien transmis. Et donc, ils se posent des questions
qu
'on ne se posait plus. C'est-à-dire,
qui suis-je, où vais
-je, en quel Dieu je
crois. C'est une forme de
sursaut identitaire. Et ça commence par l'identité, c'est ce que je veux dire. Le christianisme est une foi,
et
d'ailleurs, il est en cela très spécifique. C'est la première religion de l'histoire qui se fonde sur la foi, alors que les autres religions se fondent sur la pratique et un code juridique. Mais il est aussi une identité.
Et
donc, je dis à tous les chrétiens, parce que la foi, c'est personnel, donc on ne peut pas l'inoculer, ça vient ou ça ne vient pas. En revanche, ce qu'on peut défendre, c'est l'identité chrétienne. Et cette identité chrétienne doit être défendue. Et c'est moi qui ne suis pas chrétien qui le dis. C
'est
ce
que vous appelez un
réarmement spirituel ?
C
'est ce à
quoi
vous appelez un réarmement spirituel ?
Non, d
'abord,
je
n
'ai
pas employé cette expression-là, vous voyez une fois de plus. En revanche,
j
'appelle au contraire à une défense de l'identité chrétienne, parce que, sinon quoi ? C'est très simple, l'identité chrétienne se manifeste par toute la culture chrétienne, c'est-à-dire les monuments, la
musique. Si jamais il
n
'y
a pas cette identité chrétienne qui revient fortement, si vous appelez à l'identité chrétienne, sinon quoi ? C'est quoi le danger ?
Mais le danger, l'identité chrétienne, c'est évidemment qu'il faut la défendre pour ressourcer ce pays dans ce qu'il est, sinon ce pays va disparaître. Sinon ce pays va être islamisé, c'est le fait de la démographie, et on va vers un pays qui ne sera plus la France, c'est ce que j'explique. Donc c'est pour cela que je me bats, pour re-christianiser ce pays, dans le sens d'une identité. Il faut défendre l'identité française, et il faut lutter contre l'islamisation du pays par une application très stricte de la laïcité, celle dont vous m'avez fait évoquer
au
début de notre conversation.
Que vous m'avez fait évoquer, pardon. Absolument. Cette façon de vous battre, aujourd'hui vous le faites dans un livre, c'est là d'ailleurs où vous avez le plus de succès. Apparemment vous avez vendu 1 500 000 livres en tout.
Dans toute ma carrière, j'ai vendu... Ça fait 30 ans que j
'écris des livres. 1,5
million.
Est-ce qu'aujourd'hui votre efficacité n'est pas plutôt là que sur le champ politique ? Et finalement sur le champ politique, Sarah Knafo, votre compagne,
il
faudrait lui laisser la
place, Eric Zemmour. Écoutez, c'est formidable. Je remarque qu'il
y
a un an, elle n'était connue que des initiés, et aujourd'hui on la
met déjà à la présentielle. Dans ce livre que j'ai mal lu et auquel j'ai rien
compris, mais est-ce que c'est pas plus là aujourd'hui
votre efficacité
? Vous savez, ce combat culturel, métapolitique,
est
le combat politique par essence.
Parce
que, vous savez, Lénine disait, faites-leur manger le mot, vous leur ferez avaler la chose. La gauche ne fait que mener ce combat culturel-là. Ce qui est regrettable, c'est que je sois le seul à droite à le mener, et que des gens comme vous venez me dire que ce n'est pas un combat politique. Est-ce que
je vous ai dit ça ? Je vous ai dit
simplement, est-ce que vous n'êtes pas plus efficace à le porter par écrit que sur le
champ politique ? Est-ce que vous croyez
que j'ai abandonné ce combat-là
?
Je ne l'ai jamais abandonné. Le combat politique n'est que la conséquence de mon combat métapolitique et historique. Moi, je suis comme cela. Je considère d'abord, j'observe d'abord l'histoire, puis j'en tire des conclusions et donc des conséquences sur le plan politique. Je remarque qu'à droite, personne ne fait ça. Et à droite, personne ne défend mon projet. Vous avez vu, le Rassemblement National ne parle pas du tout d'identité chrétienne. Même elle la rejette et elle s'en moque. Le LR non plus n'en parle pas, à part quelques individualités. Donc je pense qu'à droite, je suis le seul à porter ce combat qui
est un combat éminemment politique. Et que vous
porteriez ce combat-là politique pour 2027 ? Je le porterai tant que je serai dans le
combat
spécifiquement politique. En attendant, le livre, Thomas, vous l'avez lu pendant l'interview ? Non, pas
encore. Il fait
130 pages.
Non, ça va
vite.
Même pour un journaliste, ce
n
'est
pas trop long. C'est vrai ? Journaliste
que
vous êtes toujours. Je
suis écrivain,
mais je ne suis plus journaliste.
Et
vous êtes candidat ? Parce que moi, je comprends encore moins les choses que Marc-Olivier. Vous êtes
candidat pour 2027 ? Depuis que je
suis
parti,
c'est une catastrophe.
C'est fou,
cette maison des faits.
Vous êtes
candidat, oui ou non, en 2020
? Il a dit
oui,
là. La candidature ne se déclare pas comme cela, un micro. Voilà, je m'y prépare et j'observe.
Merci beaucoup. Vous ne le citez pas le livre, Thomas, finalement ? Je
n
'ai pas cité si...
Éric Zemmour