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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 26 octobre 2026 36 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Quelle France veut Marine Le Pen ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 28 %Attaque 47 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:55OuverteRéponse directe

    Après une rentrée difficile, est-ce que le RN a réussi son congrès ?

  • 12:12OuverteRéponse directe

    Marine Le Pen a réussi son lancement de campagne ?

  • 14:31OuverteRéponse directe

    C'est la première fois qu'un candidat à six mois de la présidentielle se retrouve dans une telle configuration ?

  • 19:56OuverteRéponse directe

    Comment ça s'est passé sur place, vous qui y étiez ?

  • 22:47RelanceRéponse directe

    La dédiabolisation a fonctionné, mais est-ce que ça a été une déradicalisation de l'électorat ?

  • 26:30OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce choix des réseaux sociaux dans le discours ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:52PrésentateurFait
    « Marine Le Pen veut supprimer les intercommunalités. »
  • 7:32InvitéFait
    « Cette proposition n'a aucun sens et elle ne s'explique à mon sens que parce que le RN n'est présent dans quasiment aucune de ces intercommunalités. »
  • 8:45PrésentateurFait
    « Le Rassemblement National veut mettre fin à ce qu'il qualifie de millefeuille administratif. »
  • 10:06InvitéChiffre
    « Vous aviez, selon les organisateurs, 8 500 personnes hier pour la deuxième partie. »
  • 10:17InvitéChiffre
    « Il a eu presque 99 %, sans surprise. »
  • 11:24InvitéFait
    « Jordan Bardella, qui était sur quelque chose de beaucoup plus opérationnel, très Premier ministre, il a été beaucoup sur la sécurité, sur le réarmement moral, judiciaire et matériel de la police. »
  • 11:32InvitéFait
    « Il a été aussi sur la question de l'éducation, donc la revalorisation du serre des professeurs. »
  • 12:48InvitéFait
    « une candidate à l'élection présidentielle très lourdement condamnée par la justice de notre pays début juillet »
  • 13:35InvitéFait
    « on n'a jamais vu un parti aborder une élection présidentielle avec un tel niveau et une telle avance sur tous ses concurrents »
  • 14:00InvitéChiffre
    « Elle est, elle, 10 points au-dessus de cela. »
  • 15:17InvitéChiffre
    « Si l'on fait la totalisation des voix, appelons ça la droite radicale aujourd'hui, on n'est pas à 30, 32, 33%, on est quasiment à 40%. »
  • 16:11InvitéFait
    « 2002, la jeunesse dans la rue pour manifester contre la présence de Jean-Marie Le Pen. »
  • 16:15InvitéChiffre
    « Vous avez de 20 à 25% des jeunes de moins de 25 ans qui comptent voter pour Marine Le Pen à l'élection présidentielle. »
  • 16:27InvitéFait
    « elle est majoritaire chez les retraités. »
  • 35:24InvitéFait
    « Mélanie, elle n'est pas présidente de la République, elle est présidente du Conseil. »
  • 35:36InvitéFait
    « Et pardon pour l'Italie, mais il se trouve que l'Italie n'est pas au Conseil de sécurité de l'ONU ou que l'Italie n'a pas exactement le même rôle historique dans la construction européenne que la France. »
  • 35:45InvitéFait
    « si l'extrême droite est au pouvoir en France, ça ne concerne pas que la France, c'est pour partie l'histoire de l'Europe et même l'histoire du monde potentiellement qui sont changées. »

Temps de parole

  • Présentateur25 %
  • Invité22 %
  • Invité 220 %
  • Invité 318 %
  • Invité 48 %

≈ 8,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.

0:07
Locuteur

Public

0:08
Présentateur

Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Quentin,

0:24
Locuteur

on

0:24
Présentateur

commence avec les titres du groupe Évras, les journaux de l'Est de la France qui reviennent aujourd'hui sur le choc après l'attentat raciste de Trappes.

0:31
Invité

Effectivement, les habitants rassemblés hier pour une marche blanche étaient encore sous le choc, racontent les différents journaux de l'Est de la France. L'onde de choc, ce sont les mots à la une du Républicain Lorrain, le journal de Metz. Dans les pages intérieures des dernières nouvelles d'Alsace, on peut lire les messages sur les pancartes des manifestants. Le racisme tue, l'extrême droite tue. C'est tout le débat public qui doit être interrogé selon les manifestants oriennes, notamment sur les chaînes info. Quand on entend du matin au soir que le problème de la France, ce sont les Noirs et les Arabes, on en arrive là, via un manifestant cité dans le journal.

1:04
Locuteur

Les

1:04
Présentateur

journaux de la presse quotidienne régionale qui reviennent également ce matin sur les mobilisations de samedi.

1:07
Invité

Oui, les mobilisations contre la vie chère. Effectivement, la Charente libre raconte ainsi la manifestation à Angoulême. Moins de casse, autant de colère. Même constat avec la Marseillaise qui titre avec le mot déterminé. Enfin, le Dauphiné libéré au centre, qui raconte à Grenoble le désarroi des commerçants pillés. Samedi dernier, plus d'une dizaine de commerces ont été dégradés, explique ainsi le titre. Malgré la mise en sécurité d'une partie de leurs marchandises, leurs gérants confient ce matin leurs détresses et leurs interrogations.

1:40
Présentateur

Oui, une journée de mobilisation qui a quand même été plus calme que celle de samedi dernier, notamment à Marseille où on va aller, Marseille où la mairie a été envahie la semaine dernière dans la cité fosséenne. On retrouve Maude de Bourguenet. Merci beaucoup d'être avec nous. Journaliste RCF Notre-Dame à Marseille. Maude, rien à voir du coup entre samedi dernier et ce qui s'est passé ce samedi-là.

2:03
Locuteur

Oui,

2:03
Présentateur

c'est-à-dire qu'il y a eu des débordements, mais clairement pas au même niveau. Pas d'invasion de mairie, vous le disiez, pas de poste de police municipale saccagé. Des commerces ont quand même été pillés. La préfecture de police en dénombre pour le moment 7 dans tout le département des Bouches-du-Rhône. C'était plus de 300 la semaine dernière. Ce samedi, les débordements sont arrivés seulement en fin de journée, après la manifestation à Marseille, qui, elle, s'est déroulée non seulement dans le calme, mais dans une ambiance assez festive avec fanfare, déguisement et battle d'orat même.

C'est à la fin du parcours, quand certains manifestants ont voulu continuer en dehors du tracé autorisé par la préfecture de police, que la situation s'est tendue. Les forces de l'ordre ont lancé des grenades lacrymogènes pour les disperser. Ensuite, quelques groupes se sont déplacés dans la ville. Il y a eu des incendies de poubelles et des affrontements avec les forces de l'ordre. En tout, la police a interpellé 71 personnes dans tout le département, y compris pour stopper des tentatives de pillage. Quelles mesures de sécurité mode avaient été prises justement à Marseille pour éviter de réitérer ce qui s'est passé samedi dernier

3:05
Locuteur

?

3:06
Présentateur

C'était toute la question de la semaine dernière et avec une série d'annonces et parfois de retour en arrière. Pour le 24 octobre, les transports en commun, par exemple, devaient être arrêtés dans toutes les zones à risque. La mesure n'est finalement pas passée à Marseille. Les manifestations, elles, avaient d'abord été interdites dans toutes les villes de plus de 10 000 habitants dans les Bouches-du-Rhône. Finalement, le préfet a autorisé une manifestation à Marseille organisée par les syndicats et avec un tracé alternatif.

Le tribunal administratif, lui, saisi par des organisations au nom de la liberté de manifester, a finalement autorisé les manifestations dans cinq communes de plus de 10 000 habitants où aucune émeute n'avait été constatée le 17 octobre. Gardanne, Istres, Martigues, Miramas et Tarascon. A noter qu'avec son Provence, en revanche, la deuxième ville du département, la ville n'échappait pas à

3:52
Locuteur

l

3:52
Présentateur

'interdiction. Ça n'aura pas empêché 300 manifestants pacifistes de défiler ce 24 octobre sans incident. Pareil à Salon-de-Provence. Autre mesure, l'extension du couvre-feu au majeur ce week-end. C'était dans le centre-ville de Marseille, à Aubagne et à Plante-Campagne. Et enfin, ce samedi, il était interdit de porter du matériel de protection type casque ou masque,

4:13
Locuteur

de

4:14
Présentateur

transporter du carburant ou des objets pouvant servir d'armes. À Marseille, les forces de l'ordre ont fouillé les sacs avant la manifestation. Un petit mot rapidement, Maud, sur ce qui s'est passé à Nice.

4:22
Locuteur

Ça

4:22
Présentateur

a été plus compliqué.

4:24
Locuteur

Oui,

4:24
Présentateur

parce qu'autant c'était un samedi plus calme à Marseille, mais en revanche, à plusieurs kilomètres de là, donc dans notre région à Nice, des manifestants ont été attaqués et blessés par des militants d'ultra-droite. Onze de ces militants ont été placés en garde à vue et une enquête est ouverte.

4:39
Locuteur

Merci

4:39
Présentateur

beaucoup, merci Maud de Bourguenet d'avoir été avec nous. Journaliste RCF Notre-Dame à Marseille. Quand on poursuit la revue de presse, on continue avec une solution contre l'essence chère.

4:51
Invité

Oui, c'est-à-dire dans le courrier Picard, des solutions face à des prix à la pompe qui restent largement au-dessus des 2 euros le litre. Le journal qui reparle de ces Français qui, par exemple, convertissent leur moteur à l'éthanol. Un garagiste est ainsi interrogé dans le journal. Il raconte avoir posé une vingtaine de boîtiers qui permettent la conversion au bioéthanol depuis le mois de mai. C'était 10 par an, ces dernières années. La France qui ne produit pas de pétrole, mais qui produit, oriane, les betteraves, qui deviennent ainsi ensuite ce bioéthanol. C'est donc à lire dans le courrier Picard.

5:24
Locuteur

Je crois que

5:24
Présentateur

vous allez me dire qu'on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.

5:26
Locuteur

Oui, c'est

5:27
Invité

la preuve.

5:27
Présentateur

Vous êtes heureux de le faire. On termine avec Corse Matin et le projet d'autonomie examiné cet après-midi par les sénateurs.

5:33
Invité

Oui, voilà, le projet d'autonomie de la Corse.

5:37
Locuteur

C

5:37
Invité

'est l'étape la plus périlleuse du parcours législatif de ce projet de loi qui se joue au Sénat en raison des réticences de la droite, ici à la Chambre haute. L'aboutissement du processus avant la présidentielle est ainsi plus qu'incertain. L'article de Corse Matin qui fait le récit des dernières négociations avant l'examen du texte en séance cet après-midi à partir de 16h30. Une image qui fait jaser ces derniers jours raconte le titre Corse. C'est celle de la présidente LR de la commission des lois Muriel Jourdat qui a été vue avec Jean-Michel Blanquer et le constitutionniste Benjamin Morel, tous deux opposés au texte.

Les trois qui ont ainsi dîné ensemble, ce qui est interprété comme un signal par le titre. Nous verrons en tout cas ce que le Sénat va voter. Gilles Simeoni, le conseiller exécutif en charge de l'autonomie, parle dans le journal de la fin d'un cycle de 60 ans de combat de 11 ans de mandature nationaliste, rien de moins, 4 ans de négociations avec Paris. Donc c'est le signe de l'importance de ce qui va se jouer au Sénat dans les toutes prochaines heures.

6:38
Présentateur

On suivra ça à partir de 16h30. Merci Compton, on se retrouve demain ?

6:41
Locuteur

Oui,

6:42
Invité

à demain.

6:42
Présentateur

Allez, bonne journée. Place dans quelques instants, notre débat d'éditorialiste sur le congrès du RN. Et parmi les propositions du parti, la réorganisation du millefeuille territorial. Marine Le Pen veut supprimer les intercommunalités. Un choix qui fait bondir les premiers concernés. Aliénor Pastré s'est rendu au congrès des intercôts. C'était il y a quelques jours à

7:02
Locuteur

Dunkerque. C

7:03
Présentateur

'est le sujet qui est au cœur des discussions des intercommunalités 2026. Le RN prévoit la suppression totale de ces groupements de communes. Chez les principaux concernés, la mesure n'a pas manqué de faire réagir.

7:15
Invité

Cette proposition n'a aucun sens et elle ne s'explique à mon sens que parce que le RN n'est présent dans quasiment aucune de ces intercommunalités. Je crois qu'il

7:26
Locuteur

y

7:26
Invité

a là effectivement une espèce de petite vengeance politique. C'est assez mesquin parce qu'au bout du compte,

7:32
Locuteur

ce

7:32
Invité

sont nos concitoyens qui ont besoin des services que nous rendons.

7:34
Présentateur

Avant les municipales de 2026, le RN n'avait jamais été à la tête d'une intercommunalité. Il en pilote désormais six sur les 1252 que compte le pays. Mais aujourd'hui, aucun de ces élus n'est venu.

7:46
Invité

Le Rassemblement National, de toute façon, n'a en service à personne, à aucune collectivité, parce que je ne sais pas comment ils font. Et vraiment, je les invite à faire des classes d'apprentissage de la réalité, de la vérité et des faits.

7:59
Locuteur

Ces

7:59
Présentateur

dernières années, les compétences des intercommunalités se sont étendues à de nombreux domaines. Alors, derrière cette éventuelle suppression, c'est toute la gestion des territoires qui serait remise en question.

8:10
Invité

Comment demain on va traiter les millions de déchets ménagers, les quantités d'eau potable, d'eau assainie, enfin toutes ces grandes politiques, je dirais, du quotidien des habitants,

8:24
Locuteur

doivent

8:25
Invité

se traiter au niveau intercommunal, voire départemental.

8:28
Locuteur

Mais

8:28
Présentateur

l'enjeu est aussi financier. Certains économistes redoutent un déséquilibre budgétaire entre les communes.

8:34
Invité

La suppression des intercommunalités aurait un effet notoire de retransfert vers les communes. Et des communes ne sont pas armées.

8:45
Présentateur

Le Rassemblement National veut mettre fin à ce qu'il qualifie de millefeuille administratif. Il souhaite ainsi redonner toute la gestion des communes aux maires. Allez, place justement à notre débat d'éditorialiste sur le congrès du RN. Quelle France veut Marine Le Pen

8:59
Locuteur

? Et

9:07
Présentateur

après sa difficile rentrée, le Rassemblement National qui était donc réuni ce week-end en congrès à Orléans, Jordan Bardella, seul candidat, a été donc très largement réélu à la présidence du parti. Marine Le Pen a lancé sa campagne présidentielle Renaissance sans rupture brutale. Tel était le mot d'ordre de son discours.

9:26
Locuteur

On

9:26
Présentateur

va revenir et analyser ce congrès avec nos invités. Bonjour Mathieu Soukher. Merci beaucoup d'être avec nous, essayiste et auteur de ce livre « Casser la vague et si l'on s'y prenait autrement pour faire reculer l'extrême droite ». C'est aux éditions de l'Aube. Lou Frittel, bonjour. Merci également d'être avec nous, journaliste politique à Paris Match en charge du suivi des droites. Vous étiez donc à Orléans ce week-end. Et Stéphane Zumstek, bonjour. Merci d'être là, directeur du département politique et opinion à l'Institut de sondage Ipsos BVA. Lou, on va commencer par vous.

Après une rentrée difficile, je le disais pour le RN, émaillée de polémiques, est-ce que le parti a réussi son congrès ?

10:02
Locuteur

Vous

10:02
Présentateur

l'étiez sur place.

10:03
Invité

Oui, oui, objectivement, c'était un congrès réussi. Vous aviez, selon les organisateurs, 8 500 personnes hier pour la deuxième partie. La première partie,

10:12
Locuteur

c

10:12
Invité

'était le renouvellement des instances, la réélection de Jean-Marc Bardella, qui était seul en lice. Il a eu presque 99 %, sans surprise. À côté de ça, vous avez eu quelques happenings, mais on est habitués, il y a souvent l'UEJF qui vient pour dire que le RN

10:32
Locuteur

n

10:34
Invité

'est pas du côté des Juifs. Mais ce n

10:35
Locuteur

'est

10:35
Invité

pas la première fois,

10:35
Locuteur

c

10:35
Invité

'est la deuxième ou troisième fois. En tout cas, ce n

10:38
Locuteur

'était

10:38
Invité

pas nouveau. À côté de ça, c'était une ambiance très festive, naturellement. Il y avait beaucoup de monde, donc c'est vrai que c'était assez impressionnant. Une ambiance assez sarco 2007, vous aviez une scénographie qui n'était pas non plus la scénographie qu'on pouvait voir au moment d'Éric Zemmour, ou quelque chose qui était trop bling-bling. Et en même temps, c'était quand même écran géant, en cube, scène en T. Vous avez Éric Ciotti qui est venu au début pour inaugurer ce meeting, enfin ce meeting en expliquant que, en gros, ici était la nouvelle droite des gaullistes, et pour faire demander à ses anciens amis de LR de le rejoindre.

Donc c'est vrai que rien que ça, ça donnait un ton assez droite. Ensuite, Jordan Bardella, qui était sur quelque chose de beaucoup plus opérationnel, très Premier ministre, il a été beaucoup sur la sécurité, sur le réarmement moral, judiciaire et matériel de la police. Il a été aussi sur la question de l'éducation, donc la revalorisation du serre des professeurs. Et ensuite, Marine Le Pen, qui était dans un discours très présidentiel.

Moi, j'ai trouvé un peu brouillon, quand même, mine de rien, avec trois axes qui n'étaient pas idiots sur le principe, mais elle a voulu prendre de la hauteur, elle a quand même parlé de choses plus terre-à-terre, ce qui était dommage dans la mesure où elle essayait justement de rentrer dans des thèmes nouveaux, donc le beau en politique, la question de la façon de gouverner, remis une couche sur le référendum.

12:03
Locuteur

Mais

12:03
Invité

globalement…

12:04
Locuteur

– La question

12:04
Présentateur

des réseaux sociaux,

12:05
Locuteur

on

12:05
Présentateur

va y revenir, thème qu'on entend moins dans la bouche de Marine

12:09
Locuteur

Le Pen,

12:09
Présentateur

notamment. On va évidemment revenir sur ce discours. Mathieu, est-ce que pour vous, Marine Le Pen a réussi son lancement de campagne ? C'est vrai qu'il y avait un vocabulaire qui se voulait peut-être assez positif, optimiste, qu'on a peut-être moins l'habitude d'entendre de la bouche de Marine Le Pen. –

12:25
Invité

Oui, il y a un bouger sur lequel on reviendra un peu, un bouger sémantique, qui fait écho d'ailleurs à celui de Sarah Knafo au moment des municipales, une espèce de campagne très optimiste, on n'est plus du tout sur le constat, sur la tonalité sombre, etc.

Moi, ce qui me frappe quand même, c'est le contraste entre la séquence dans laquelle le RN est pris depuis plusieurs mois, c'est-à-dire qu'une candidate à l'élection présidentielle très lourdement condamnée par la justice de notre pays début juillet, une rentrée assez calamiteuse avec des polémiques ou des dissensions internes sur le port du voile dans l'espace public, sur l'Ukraine, sur le budget qui a quand même été considéré par tout le monde comme pas sérieux, la rentrée de Marine Le Pen devant la REF, devant le MEDEF. Donc quand même, un été et une rentrée qui ont été émaillées de difficultés.

Évidemment, le point d'orgue, c'était les révélations de Mediapart sur le passé antisémite de Jordan Bardella, dont peu de gens doutent en réalité, y compris dans les enquêtes d'opinion, et la réalité de la force du Rassemblement national à quelques mois de l'élection présidentielle. Et tout ce que je dis, je le dis sous le contrôle de Stéphane, mais on n'a jamais vu un parti aborder une élection présidentielle avec un tel niveau et une telle avance sur tous ses concurrents, et ça ne bouge pas d'un pouce, quelles que soient les polémiques ou les problématiques que rencontre le RN. Je regardais juste, en fait, les sondages à six mois de toutes les élections présidentielles depuis 1981.

Quand il y a un favori, alors le favori ne va pas nécessairement au bout, le favori n'est même pas toujours candidat, on le sait avec Juppé, on le sait avec D.S. Caïsa, le favori est donc rarement le président de la République qui suit, mais je regardais, à chaque fois, le favori est quelque part entre 25 et 30%, en réalité entre 25 et 28. Elle est, elle, 10 points au-dessus de cela. Et par ailleurs, désormais, en fait, sa cote d'avance dans les sondages pour l'élection présidentielle, s'accompagne d'une cote de popularité également très élevée. Et j'ajouterais presque une substituabilité avec Jordan Bardella. Dans tous les partis, il y

14:19
Locuteur

a

14:19
Invité

des rivalités et on a des candidats qui ne sont pas immédiatement ou totalement substituables. En plus, au RN, il y a un plan B qui vaut le plan A. Et donc ça, pour le coup, il me semble que c'est relativement inédit à six mois d'une élection présidentielle.

14:31
Locuteur

Et

14:31
Présentateur

on va demander à Stéphane, c'est la première fois qu'un candidat, à six mois de la présidentielle, se retrouve dans une telle configuration ? Il y a des sondages qui la donnent à 38%, Marine

14:40
Locuteur

Le

14:40
Invité

Pen. Alors ça peut monter très haut, effectivement, jusqu'à 38%, aussi dans les hypothèses les moins, enfin les plus favorables, c'est-à-dire Gabriel Attal représentant le Bloc central,

14:48
Locuteur

et

14:48
Invité

pas Édouard Philippe, par exemple. Oui, mais c'est vrai que ça monte très haut, mais Mathieu a tout dit. Il y

14:52
Locuteur

a

14:52
Invité

une stabilité remarquable depuis plusieurs mois maintenant, qu'il s'agisse de Jordan Bardella, le candidat par intérim, à un moment donné, où Marine Le Pen, avant sa condamnation et après sa condamnation, et il y a un autre élément, c'est que très longtemps, le Rassemblement national a été un parti totalement seul, totalement isolé. Mais il

15:07
Locuteur

y

15:07
Invité

a d'autres candidats, il y a Éric Zemmour, il y aura Nicolas Dupont-Aignan, ces gens-là, comment ? Les électeurs, ces candidats-là, se comporteront-ils au second tour ? Probablement en apportant les voix à Marine Le Pen. Donc si l'on fait la totalisation des voix, appelons ça la droite radicale aujourd'hui, on n'est pas à 30, 32, 33%, on est quasiment à 40%. Et quand on rentre dans le détail, et c'est ça, je trouve aussi, ce qui a profondément changé et qui est le signe de la

15:29
Locuteur

formidable

15:30
Invité

victoire de Marine Le Pen ces dix dernières années, c'est qu'il y a encore quelques années, vous étiez un jeune, vous étiez un cadre, vous étiez un retraité, ce n'est pas que vous ne votiez pas au Rassemblement national, c'est juste que vous manifestiez votre hostilité, votre rejet, votre rejet absolu des idées véhiculées par le Front national, puis par le Rassemblement national. Aujourd'hui, le parti dominant dans la quasi-totalité, pas dans tous, mais dans la quasi-totalité des segments de la population, c'est le Rassemblement national.

Quand vous êtes à 30, 35% des intentions de vote pour une élection présidentielle, soit près du double de vos éventuels challengers, des seconds, qu'ils soient Édouard Philippe ou Jean-Luc Mélenchon, vous êtes en tête presque, je dis bien presque partout, mais vous êtes presque en tête chez les jeunes, alors que,

16:06
Locuteur

rappelez

16:07
Invité

-vous, 2002, la jeunesse dans la rue pour manifester contre la présence de Jean-Marie Le Pen. Aujourd'hui, vous avez de 20 à 25% des jeunes de moins de 25 ans qui comptent voter pour Marine Le Pen à l'élection

16:18
Locuteur

présidentielle. – Et les

16:18
Présentateur

retraités aussi, votre clé,

16:19
Locuteur

c'est un

16:19
Présentateur

tournant, parce qu'elle n'avait pas les retraités lors des deux précédentes élections. Là, elle est majoritaire chez les retraités. Ça, ça peut marquer un

16:26
Locuteur

retournant ? – Bien sûr, elle est

16:27
Invité

notamment majoritaire, voire ultra-majoritaire chez les retraités modestes. Les retraités plus aisés, eux, restent un peu fidèles à ce qu

16:34
Locuteur

'est

16:34
Invité

leur ADN, c'est-à

16:34
Locuteur

-dire

16:34
Invité

le vote loyaliste pour le centre, le centre droit, ou pour la droite, mais aussi parce que les retraités d'aujourd'hui, ce ne sont pas des retraités d'il y

16:40
Locuteur

a

16:40
Invité

30 ans,

16:41
Locuteur

ce

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Invité

ne

16:41
Locuteur

sont

16:41
Invité

pas des retraités qui étaient, à l'époque, sensibles aux arguments sur l'Algérie française, sur la période de la collaboration et donc de l'entourage de Jean-Marie Le Pen. Ces gens-là ne sont plus là. Évidemment, les retraités d'aujourd'hui, c'est des gens qui avaient 50 ou 40 ans au moment de l'accession, voire moins au moment de l'accession, dans l'espace médiatique du Rassemblement National. Donc oui, le RN est puissant partout, est dominant maintenant presque partout. Et c'est ça vraiment ce qui change, ce qui fait que, évidemment, que plein de choses peuvent encore se passer. Oui, il

17:07
Locuteur

y

17:07
Invité

a six mois avant l'élection, François Fillon était assuré, assuré d'être président de la République. Il n'était pas au second tour pour les raisons que l'on connaît. Mais aujourd'hui, même si plein de choses peuvent encore se passer, elle est très clairement, je parle bien du premier tour, la grande favorite du premier tour. Je parle bien du premier tour parce qu'au soir du 18 avril prochain, c'est une autre campagne qui commencera. Lou

17:24
Locuteur

? En

17:25
Invité

l'occurrence, il y a quand même un élément qui explique aussi cette extrême stabilité, c'est la situation actuelle de politique intérieure. Il y a dix jours, vous n'avez eu, même pas une semaine, vous avez eu des pillages d'ampleur avec des agressions. Les images, elles ont tourné en boucle. Vous avez eu, effectivement, vous avez un budget qui... Effectivement, oui, la projection budgétaire qui a été présentée a pu être critiquée, mais en fait, elle a été critiquée par qui ?

Elle a été critiquée par des gens qui sont des experts, des gens qui font partie du système, des gens qui sont considérés par les électeurs du Rassemblement national, mais pas seulement, par une bonne partie des Français en réalité, comme ceux qui ont envoyé la France dans le mur. Et aujourd'hui, vous avez un parti qui est, en fait, le plus vieux parti de France avec une structure encore importante, parce que je suis désolée, mais le PS et LR, c'est plus ce que c'était. Donc vous avez ce parti-là qui, finalement, est un parti de rupture et en même temps un parti qui ancre énormément dans le passé, auquel les Français se sont habitués et qui n'a jamais été en fonction.

Donc c'est vrai que de dire, en plus, oui, ils n'ont pas la capacité pour gouverner, mais aujourd'hui, ceux qui pensent voter Rassemblement national, même pas ceux, forcément, qui sont convaincus, vous disent « Mais vous êtes qui pour dire ça ? » Parce qu'en soi, on a tout tenté et on est allé dans le mur. Et alors, vous rajoutez la situation intérieure et la situation sécuritaire, effectivement, ils n'ont pas besoin de faire campagne en réalité. Quand vous allez sur les accusations d'antisémitisme de Jordan Bardella, les gens vont vous dire « Oui,

18:52
Locuteur

mais

18:52
Invité

alors, peut-être que c'est vrai, et sans doute que c'est vrai, mais il avait 15 ans, et aujourd'hui,

18:55
Locuteur

il

18:55
Invité

y

18:56
Locuteur

a

18:56
Invité

un parti qui passe quand même pour très antisémite, c'est la France insoumise, qui, en l'occurrence, fait peur quand même majoritairement aux juifs.

19:04
Présentateur

»

19:04
Locuteur

Mais

19:04
Présentateur

avant de vous entendre, on va revivre cette séquence. Hier, Jordan Bardella, qui a donc été reconduit, qui a fait son discours hier devant les militants du Rassemblement national, discours perturbé par l'Union des étudiants juifs de France. On va regarder cette séquence.

19:18
Locuteur

« La

19:36
Invité

sécurité passe leur travail, je vous propose de chanter la Marseillaise.

19:40
Locuteur

»

19:53
Présentateur

Louc, comment ça s'est passé sur place, vous qui y étiez ?

19:56
Invité

Honnêtement, ça s'est passé comme ça se passe à chaque fois. C'est-à-dire que, vous ne savez pas que c'était l'UEJF, mais un groupe de trois personnes a sorti une banderole pour manifester son hostilité au Rassemblement national. Le service des

20:10
Locuteur

partenaires de protection… Oui, il était écrit,

20:11
Présentateur

visiblement, vous me confirmerez,

20:12
Locuteur

«

20:12
Présentateur

Bardella réélu, le racisme et l'antisémitisme, ça ne dérange pas le…

20:15
Locuteur

» Alors,

20:15
Invité

je ne

20:15
Locuteur

l

20:15
Invité

'ai pas vu, parce que moi, j'étais sur le côté à leur droite, donc je les ai vus se faire embarquer, mais je ne pouvais pas voir la banderole. Donc, je ne sais pas, pour le coup. Mais c'était trois personnes, il me semble. Il y

20:26
Locuteur

a

20:26
Invité

eu aussi un journaliste de politice qui a commencé à filmer la scène et qui s'est fait sortir Manu Militari. Une erreur, selon le parti, qu'il a fait re-rentrer ensuite. Il y avait eu le même genre de cas de figure, la veille avec Mediapart qui avait été huée par la foule et ça avait commencé à chauffer. Le DPS, donc Service Département et Protection et Sécurité, les avait sortis Manu Militari. Et elles sont assez violemment, mais je reconnais quand même que pour avoir fait d'autres meetings d'URN et vécu d'autres périodes, c'est la première fois que je vois des journalistes réintégrer ensuite. Bon, au moins, ça, ce n

21:00
Locuteur

'est

21:00
Invité

pas une erreur. Parce qu'effectivement, si vous regardez aujourd'hui la situation des journalistes dans les différents partis politiques, on n'est pas la profession la plus appréciée. Et donc, d'avoir un parti qui est censé justement ne pas nous apprécier non plus et qui fait ce genre de choses, c'est politiquement très intelligent.

21:13
Présentateur

Mais ça veut dire que les polémiques qui concernent Jandar Bardella, en interne, elles ne prennent pas. Absolument pas. Absolument pas. Il a réussi à passer au-dessus de ça

21:22
Locuteur

? Cette question

21:24
Invité

de l'antisémitisme et de

21:25
Locuteur

l

21:25
Invité

'illustration chimiquement pure de cette affaire de stratégie de dédiabolisation et du succès qu'elle a opéré. Il y a dans l'ADN de ce parti un son antisémite que tout le monde connaît. Et je ne parle pas seulement des dérapages multiples qui ont valu condamnation à Jean-Marie Le Pen, on le sait. Et encore une fois, je parle sous le contrôle de Stéphane pour ce qui est des enquêtes d'opinion, l'antisémitisme de Jandar Bardella est quelque chose d'archi-crédible. D'archi-crédible, pas seulement parce que Mediapart est un média crédible. Je veux dire, il y a un fond antisémite dans ce parti dont Marine Le Pen stratégiquement a réussi à progressivement se débarrasser comme sparadrap.

Et il se trouve que par ailleurs, dans le débat public, Jean-Luc Mélenchon, pour des raisons qu'on peine parfois à expliquer quand même, a repris ce sparadrap de l'antisémitisme au moment des municipales. On peut d'ailleurs noter que dans les sorties que Jean-Luc Mélenchon fait à caractère antisémite au moment des municipales, électoralement, ça ne se paye pas non plus pour lui. Et je dirais que depuis, objectivement, Jean-Luc Mélenchon est aussi en dynamique. Alors attention quand même, pour ceux que ça affole, une Marine Le Pen à 33 ou 35, ça vaut deux Jean-Luc Mélenchon au mieux 17. Donc on n'est pas du tout quand même dans les mêmes épures.

Et je termine d'un mot, si la dédiabolisation a fonctionné parfaitement, parfaitement, il ne faut pas se tromper. La dédiabolisation du parti n'a en aucun cas été une déradicalisation de l'électorat. Et je parle aussi là de l'enquête électorale d'Ipsos. En réalité, ce qu'on observe, c'est que la demande de radicalité dans notre pays est désormais forte, très forte, forte comme jamais. Un Français sur deux, ou à peu près en fait, est en demande de radicalité. Et ne nous trompons pas, on associe souvent Jean-Luc Mélenchon par sa posture, par son style, etc., à l'incarnation même de cette radicalité.

Non, l'électorat en demande de la plus grande radicalité, ça reste celui de l'extrême droite, ça reste celui de Marine Le Pen. L'électorat qui veut de la radicalité, qui veut de la rupture, qui veut de la transformation profonde et de la rupture avec le système, c'est celui de Marine Le Pen, en dépit encore une fois du discours très édulcoré qu'elle tient désormais.

23:25
Locuteur

– Oui,

23:26
Invité

c'est totalement en jeu, c'est aussi l'électorat le plus en colère avec l'électorat insoumis. Et vous parliez à l'instant de radicalité, ce qui est intéressant dans ce que fait Marine Le Pen, c'est quoi la priorité des priorités pour Marine Le Pen dans le cadre de cette campagne, surtout dans la perspective du second tour.

23:39
Locuteur

C

23:39
Invité

'est rassurer, rassurer le plus de Français possible, que ce ne sera pas le chaos s'il arrive au pouvoir et que ce ne sera pas un programme économique…

23:47
Locuteur

– Parce qu'il y a encore des Français inquiets,

23:49
Présentateur

Stéphane

23:49
Locuteur

? C'est-à-dire qu'il y a des Français qui sont inquiets de l'arrivée de Marine Le

23:51
Présentateur

Pen ?

23:52
Locuteur

– Parmi les gros

23:53
Invité

doutes qui planent sur la capacité, sur la crédibilité ou sur la légitimité du RN à accéder au pouvoir à Marine Le Pen, il y a les brebis galeuses d'une part, alors les brebis galeuses la plupart du temps ce sont des seconds voire des troisièmes couteaux, là avec l'affaire Bardella c'était autre chose, on parlait du président, même si les faits n'ont pas du parti, même si les faits ne sont pas avérés, il y a effectivement une suspicion.

Et il y avait donc les brebis galeuses, on l'a vu dans l'entre-deux-tours des élections législatives, c'est quand même ce qui coûte en partie la victoire, non pas la majorité absolue, mais en tout cas une majorité relative, puissante à l'Assemblée nationale, que le Rassemblement national n'a pas obtenu. Et il y a un programme économique, une supposée incapacité totale du RN à développer et à faire dérouler un programme économique, ça, ça perdure encore, donc elle est là pour rassurer, mais on parlait de radicalité, ce que je voulais dire c'est que Marine Le Pen, elle envoie aussi des cartes postales parfois et des clins d'œil à son électorat historique.

Quand elle reprend il y a quelques semaines

24:44
Locuteur

le

24:44
Invité

principe de préférence nationale, en l'appelant priorité nationale, notamment pour le... Elle l'appelle comme ça depuis longtemps, mais

24:49
Locuteur

c'est

24:50
Invité

vrai qu'elle a complètement accès à ce sujet. Elle se rappelle quand même aussi au bon souvenir des gens qui votent FN et ou puis RN depuis des décennies,

24:58
Locuteur

c

24:58
Invité

'est-à

24:58
Locuteur

-dire

24:58
Invité

des gens souvent qu'on a trouvés dans l'Est de la France ou dans le Sud-Est, les gens qui ont fait le succès de la formation de Jean-Marie Le Pen. Donc elle est sur deux jambes, mais qui sont complémentaires, qui ne s'opposent pas longtemps. On a dit que la ligne Bardella s'opposait à la ligne Le Pen, elles sont complémentaires, mais elle, elle a changé les choses. Il y a l'électorat historique à qui il faut rassurer. Donc non, le RN n'a pas changé et non, l'immigration reste une priorité. En l'occurrence, la lutte contre l'immigration sous toutes ses facettes reste une priorité.

Et d'autre part, les primo-votants, ceux qui sont prêts à basculer, eux, il faut les rassurer avec soit un discours social quand ils viennent de la gauche ou de l'abstention, soit avec un discours un peu pro-business, c'était le job de Bardella. On en entend moins parler aujourd'hui, mais je pense qu'on en entendra parler davantage dans notre tour si Marine Le Pen se qualifie pour le second tour, ce qui n'est pas une hypothèse totalement irréaliste.

25:40
Présentateur

Alors, il y a les thèmes historiques et puis il

25:42
Locuteur

y

25:42
Présentateur

a des thèmes nouveaux qu'on n'avait pas beaucoup l'habitude d'entendre dans des discours de Marine Le Pen, comme la question des réseaux sociaux. On va l'écouter.

25:49
Locuteur

Aujourd

25:49
Présentateur

'hui, l'équivalent de l'imprimerie, ce sont les réseaux sociaux.

25:53
Locuteur

Ils

25:53
Présentateur

ont permis de contourner le prêt-à-penser de gauche, l'invisibilisation des réalités qui gênent, les pensées slogans des européistes

26:02
Locuteur

et

26:02
Présentateur

les interdits d'un système douillettement installé dans ses certitudes et ses insuffisances.

26:08
Locuteur

La

26:09
Présentateur

liberté de diffuser des idées a fait émerger une nouvelle manière de penser le monde, la vie et même l'homme. Cette vague de renouveau qui monte, nous n'allons pas la laisser passer en France. C'est des thèmes qu'on n'avait pas l'habitude d'entendre. Pourquoi ce choix, Lou ?

26:32
Locuteur

Alors, je

26:32
Invité

pense que c'est paradoxal, parce que nous, vous avez beaucoup brifié aussi sur les thèmes qui seraient mis en exergue. Les réseaux sociaux,

26:38
Locuteur

ce

26:38
Invité

n'était pas du tout quelque chose qui avait été mis en avant spécialement. Je vous avoue même que nous, entre collègues, ce n'est pas forcément ce qui nous avait sauté à l'esprit. Mais il est vrai que Marine Le Pen, en tout cas, je pense aussi sous l'influence des jeunes, parce qu

26:51
Locuteur

'il

26:51
Invité

y a beaucoup de jeunes au Rassemblement national. Jordan Bardella, il a 31 ans. Les gens autour de lui ont une trentaine d'années. Je pense qu'effectivement, il y a eu une sorte de renouveau du logiciel, au moins dans les méthodes. Et puis, elle n'oublie pas quelque chose quand même. C'est que tous les populistes qui ont gagné ces dernières années, les réseaux sociaux ont joué une importance, ont été déterminants. Donc, j'imagine aussi qu'elle compte bien investir ces canaux-là. Pour l'instant, c'est vrai que moi, j'avais surtout observé Éric Zemmour durant la dernière présidentielle très actif.

Il avait une équipe très fine sur le sujet qui mettait même en place des campagnes de boat et qui l'assumait pour faire monter le phénomène Zemmour sur les réseaux sociaux. Mais finalement, ça s'était un peu retourné contre eux parce qu'ils avaient surestimé le poids d'Éric Zemmour quand Marine Le Pen avait fait une campagne très classique, très à la papa, qui était d'aller sur le terrain, de faire des petites réunions publiques et surtout le calme des vieilles troupes. Donc, ce n

27:50
Locuteur

'est

27:50
Invité

pas une anti-moderne, Marine Le Pen. Après, elle a l'expérience politique pour ne pas se laisser avoir sur le genre de chemin.

27:54
Locuteur

–

27:55
Présentateur

Alors, Marine Le Pen qui s'est projetée dans la composition d'un futur gouvernement dont elle dit qu'il sera dirigé par Jean-Dart Mardella, elle a réaffirmé gouvernement d'Union nationale, gouvernement pluraliste et un peu plus tôt, son allié Éric Sautier avait tendu la main aux Républicains. On écoute.

28:12
Locuteur

– J

28:13
Invité

'appelle solennellement aujourd'hui, dans ce moment si grave pour notre nation,

28:20
Locuteur

mes

28:20
Invité

anciens amis et collègues des Républicains qui aujourd'hui se querellent

28:26
Locuteur

pour

28:27
Invité

être les

28:27
Locuteur

figurants

28:28
Invité

d'une défaite annoncée à nous rejoindre.

28:31
Locuteur

– La

28:32
Invité

maison, c'est lui qui l'a quittée d'abord. La maison, nous, on la tient aujourd'hui et je pense que cette maison-là, la maison de la droite républicaine, c'est celle qui en réalité peut sauver le pays de cet affrontement stérile entre l'extrême gauche et l'extrême droite qui ne mène, encore une fois, à aucune solution concrète.

28:48
Locuteur

–

28:49
Présentateur

Voilà, les Républicains qui ferment la porte ce matin par la voix de leur secrétaire général, Haute-Mann Nassrou, ça peut marcher ce gouvernement d'Union Nationale ? Mathieu, selon vous

28:59
Invité

? – Alors, pourquoi ça peut marcher ? D'abord parce que la porosité entre les deux électorats est désormais totalement acquise sur un certain nombre de sujets quand même. L'électorat des LR, des Républicains, pardon, est aussi radical que l'électorat de l'extrême droite. Deuxième dimension quand même, les transfuges, les transferts sont anciens. Là, évidemment, on parle d'Éric Ciotti, Sébastien Chenu et d'autres, en fait, viennent de la droite. Donc la porosité, elle est acquise.

29:26
Locuteur

Et évidemment,

29:26
Invité

Marine

29:27
Locuteur

Le Pen

29:27
Invité

a besoin pour passer de 33 ou 35 % à 51, elle a besoin d'afficher une capacité d'union assez large. L'union des droites, elle est désormais, en fait, dans le paysage depuis longtemps. Et paradoxalement, lors de la dernière présidentielle, la présence d'Éric Zemmour, c'est-à

29:41
Locuteur

-dire

29:41
Invité

la radicalité de l'extrême droite, on l'a retrouvée chez Éric Zemmour, mais le passé d'Éric Zemmour, d'essayiste et d'éditorialiste du Figaro, a quand même permis de transformer, même quand on n

29:52
Locuteur

'est

29:52
Invité

pas bon en géométrie dans l'espace, on peut le comprendre tout en s'en étonnant, il a quand même permis de transformer une partie de ce lectorat du Figaro en un électorat potentiel pour l'extrême droite, y compris la sienne, Éric Zemmour, une extrême droite, encore une fois, totalement décomplexée et radicalisée, mais désormais, c'est quand même un sas ou un rabatteur pour Marine Le Pen. Donc on voit qu'on en est là.

Et encore une fois, ce qui frappe, c'est et les sondages de premier tour et les sondages de second tour, même si tout le monde a raison de dire qu'à six mois d'une élection présidentielle, les projections de second tour ont quelque chose d'un peu aléatoire ou même d'un peu absurde. Ce qui frappe, c'est ça, que le noyau dur de l'extrême droite soit désormais à 33% avec une solidité très forte, c'est une chose acquise qu'aujourd'hui, en fait, Marine Le Pen, quand même, continue à être la gagnante ou quasiment, quelles que soient les configurations du deuxième tour, c'est-à

30:41
Locuteur

-dire

30:41
Invité

une capacité à rallier des gens qui, jusqu'à présent, la trouvaient infréquentable ou pas du tout crédible, en particulier sur le plan économique, ça,

30:47
Locuteur

ça

30:47
Invité

frappe quand même. Les nouvelles recrues du RN, c'est

30:49
Locuteur

-à

30:49
Invité

-dire les cadres et les retraités, qui ont toujours été très attentifs à la crédibilité du programme économique, on a vu que le programme économique, quand même, était jugé peu crédible par tous ceux qui sont experts de ces sujets. Et ça ne bouge pas, y compris dans ces nouvelles catégories. On en est là, quand même, aujourd'hui. On en est là. Et pardon, et je termine d'un mot, Bruno Rotaio, c'est quand même une droite dure. David Lissnard, qui pourrait être son challenger, il ouvre d'une certaine façon la porte à l'union des droites. Quand il dit, quand il parle depuis des mois d'une primaire qui serait ouverte à toute la droite jusqu'à

31:17
Locuteur

sa ratte d'info,

31:19
Invité

Laurent Wauquiez, je veux dire, le boulevard, il a quand même déjà été creusé, ouvert par d'autres.

31:24
Présentateur

Stéphane, on entend Antman Nassrou qui ferme la porte, mais la porte, elle est déjà entre-ouverte, plus qu'entre-ouverte

31:30
Locuteur

?

31:30
Invité

Oui, elle

31:30
Locuteur

est

31:30
Invité

plus qu'entre-ouverte parce que là encore, qu'est-ce qui va se passer à un moment donné parce qu'il

31:33
Locuteur

y a

31:33
Invité

une élection présidentielle, alors on fait de la politique fiction. Si Marine Le Pen était du président de

31:37
Locuteur

la

31:37
Invité

République, il

31:38
Locuteur

y

31:38
Invité

a une dissolution. Il y a des élections législatives qui sont organisées entre 20 et 40 jours après cette décision de dissolution. La majorité, ce ne sont pas des partis politiques, ce sont des députés. Et quand vous regardez aujourd'hui un petit peu le profil des circonscriptions, de la cinquantaine de circonscriptions qui ont été gardées par les candidats de droite classiques, par les républicains ou par des diverses droites qui viennent de ce parti, ce sont des circonscriptions où le danger pour eux, pour les sortants de droite,

32:01
Locuteur

le

32:01
Invité

danger RN est extrêmement élevé. Donc ce sont ces gens-là qui décideront presque individuellement et ce ne seront pas forcément les appareils politiques qui décideront si oui ou non il convient d'offrir à Marine Le Pen soit une majorité absolue, soit de se rapprocher, enfin d'avoir une majorité relative un peu puissante, un peu comme la Macronie a pu disposer en 2022. Là encore, on fait de la politique fiction mais c'est bien sûr, mais vous parliez d'Éric Ciotti tout à l'heure, ce qui

32:24
Locuteur

est

32:25
Invité

un autre élément de danger pour les LR, c'est qu'aujourd'hui, un député LR qui ne passerait pas au RN, ce ne

32:32
Locuteur

serait

32:32
Invité

pas une sorte de reniement, ce ne serait pas pris comme un

32:34
Locuteur

reniement parce

32:35
Invité

qu'il y a un SAS, il y

32:36
Locuteur

a

32:36
Invité

un SAS de décompression ou d'absorption qui s'appelle l'UDR comme il

32:39
Locuteur

y a

32:39
Invité

un SAS en ralliant horizon si on veut se centriser quelque part et participer à la prochaine majorité présidentielle, quel qu'elle soit.

Il est là le principal danger, c'est que vous avez des SAS, vous avez des opportunités pour ces députés sortants qui ont eu chaud la dernière fois, des députés LR face à leurs opposants RN, il y a une possibilité finalement de négocier une candidature unique et elle existe réellement, j'insiste, là on fait des suppositions mais le principal problème viendra selon moi à droite, le principal danger d'une évaporation, d'une disparition du parti de droite classique, les LR, ex-UMP, ex-RPR, viendra plus de sa base d'élus, en l'occurrence des députés, que des choix d'appareil.

33:15
Présentateur

Lou, vous pouvez suivre les droites, est-ce qu'il y a des LR, des élus LR qui sont prêts à basculer ?

33:21
Invité

Alors ça complètement, j'en connais beaucoup, la seule chose, je vais quand même ajouter une nuance à ce qui vient à être dit, le fait que ce soit Marine Le Pen et non pas Jordan Marnella, ça a un peu rebattu les cartes. Certaines personnes qui ont pu passer, certains militants notamment qui ont pu passer à l'UDR et au Rassemblement National ces deux dernières années, disons, ont pu éprouver un peu de regrets et commencer à retoquer un peu vers l'autre côté. Est-ce qu'ils sont allés jusqu'au bout ? J'en suis pas certaine.

En revanche, c'est vrai que ça a été une déception pour ces gens-là et ça a aussi convaincu une bonne partie des cadres LR et des sympathisants LR, y compris les jeunes, que c'était pas du côté de Marine Le Pen qui voulait regarder parce qu'elle l'a redit pendant son discours d'ailleurs, elle c'est un oiseau, elle a une aile droite et une aile gauche. Donc effectivement, et elle tacle d'ailleurs la droite et la gauche, durement. En l'occurrence, ça, ça peut pas passer dans un paysage politique qui est devenu hyper identitaire aussi sur l'appartenance politique.

Moi je suis frappée de voir les gens qui se revendiquent de droite ou de gauche comme si leur vie en défendait, sans même mettre tant de contenu derrière. Autre chose, sur les circonscriptions des députés LR, effectivement, ils sont durement concurrencés par le Rassemblement National, mais il est quand même considéré en interne au RN et en interne chez LR que les duels face au RN, la droite traditionnelle les gagne bien plus facilement. parce qu'en l'occurrence, effectivement, il y a un paradoxe qui est complètement souligné sur le RN et qui le dessert.

En tout cas, pour l'instant, je ne sais pas ce qu'il en sera lors des prochaines élections, mais c'est vrai que je pense qu'il faut raison garder.

35:05
Présentateur

Pour conclure, Mathieu, Marine Le Pen, qui dans son discours a également parlé de l'impact de sa potentielle élection sur le reste de l'Europe. Est-ce que la vague dont vous parlez, si Marine Le Pen est élue, c'est une vague qui pourrait déferler sur nos pays voisins ?

35:18
Invité

Ce qui est sûr, c'est que la France, ce n

35:20
Locuteur

'est

35:20
Invité

pas l'Italie. Marine Le Pen, ce n

35:22
Locuteur

'est

35:22
Invité

pas Mélanie, donc pour le coup, ça change tout. Encore une fois, Mélanie, elle n'est pas présidente de la République, elle est présidente du Conseil. Il y a au-dessus d'elle un président de la République qui est le garant de l'état de droit en Italie. Alors, ça ne

35:32
Locuteur

veut

35:32
Invité

pas dire qu'elle n'a pas essayé de l'attaquer, mais les dégâts ont malgré tout était limité. Et pardon pour l'Italie, mais il se trouve que l'Italie n'est pas au Conseil de sécurité de l'ONU ou que l'Italie n'a pas exactement le même rôle historique dans la construction européenne que

35:43
Locuteur

la France.

35:43
Invité

Donc,

35:43
Locuteur

ça va faire tâche d'huile. Et

35:44
Invité

donc, précisément, si l'extrême droite est au pouvoir en France, ça ne concerne pas que la France, c'est pour partie l'histoire de l'Europe et même l'histoire du monde potentiellement qui sont changées.

35:52
Présentateur

Et on aura évidemment l'occasion d'en reparler. Mathieu, je remonte votre livre « Casser la vague et s'y prenez autrement pour faire reculer l'extrême droite de cette édition de l'Aube. »

36:01
Locuteur

Merci

36:01
Présentateur

Mathieu, merci Lou, merci Stéphane d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve demain. Très bonne journée.