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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 3 juin 2015 13 minAutoproduitFond programmatiqueCulture, médias & sportInstitutions & élections

Lancement du Collectif Culture-Libertés : Intervention de Marine Le Pen

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Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:26PrésentateurFait
    « La culture n'est certainement pas un domaine que je laisserai à nos détracteurs. »
  • 3:55PrésentateurPromesse
    « Liberté est le contraire du politiquement correct. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Mes chers amis, bonjour. Je tiens d'avoir remercié les intervenants de cette conférence de lancement du collectif Culture, Liberté et Création, pour des journalistes qui croyaient que c'était Clio, ce n'est pas Clio, c'est Cuc. Je pense qu'on a la preuve vivante de l'élargissement toujours croissant de notre mouvement, la preuve que le Front National et le Rassemblement Bleu Marine gagnent dorénavant des soutiens dans tous les points de la société civile. On a aussi que c'est au Front National qu'on a envie de venir penser et qu'on a envie de venir agir. Alors leurs divers talents nous sont précieux et leurs analyses, bien entendu, nourriront notre réflexion.

Quand nous avons décidé il y a bientôt deux ans de créer notre premier collectif, je dois avouer que nous n'avions pas beaucoup de certitude. Nous entreprenions une nouvelle aventure, nous proposions un nouveau format, nous nous adressions à des composantes de la société français, qui étaient peut-être encore rétifs d'ailleurs à notre message. Aujourd'hui, il y a au moins une certitude que j'ai acquise, c'est que ce choix des collectifs était le bon et qu'il apportait ses fruits au-delà de nos espérances. En octobre 2013, nous lançions le collectif Racine à destination des enseignants.

Depuis, sont venus le collectif Marianne pour nous adresser aux étudiants, le collectif Audace pour soutenir les jeunes actifs et enfin le collectif Nouvelle Écologie pour planifier la nécessaire transition énergétique. Autant de nouveaux outils, autant de nouvelles intelligences, les succès sont au rendez-vous et tous les jours nous recevons le témoignage de nouvelles sympathies, l'envie de nouvelles personnes de s'investir au travers de ces collectifs. Ces collectifs effectuent un travail de fonds remarquable, ils affinent nos propositions et ils se saisissent de l'actualité pour en formuler de nouvelles.

Dernier exemple en date et non des moindres, la réforme du Collège où le collectif Racine a fourni un travail d'analyse des deux propositions de grande qualité qui nous a permis de dénoncer avec force la catastrophique réforme effectuée par Mme Najat-Valobat-Cassel. Aujourd'hui je viens saluer de petits frères, derniers nés de la famille, des collectifs patriotes, comme pour le monde enseignant, comme pour l'écologie, on a souvent dit que le Front National était étranger aux problématiques culturelles. Nous faisons une fois encore mentir les mauvaises langues.

J'attache une attention toute particulière à ce qu'aucun sujet ne soit laissé de côté par notre mouvement et la culture n'est certainement pas un domaine que je laisserai à nos détracteurs. Nous y avons un rôle à jouer comme ailleurs, peut-être même plus que les autres. Car nous avons avec nous un certain bagage que d'autres ont abandonné en chemin, au fond d'un train en partance pour Bruxelles. Ce bagage s'appelle la France et il est plein de richesses. La France, maire des arts, des armes et des lois, comme l'appelait du Belay, ces trois mots résonnent amèrement aujourd'hui, puisque nous les avons tous trois perdus.

Nos lois sont écrites par d'autres, nos arts ne sont émoussés, nos arts flétrices. Si nous voulons reprendre notre destin en main, revivifier notre culture est une tâche tout aussi importante que de retrouver notre souveraineté. L'esprit de soumission a aussi ses relais dans le monde des arts. À l'heure où nous abandonnons notre langue pour un anglais global sans âme, à l'heure où des normes figées et stériles régissent nos productions culturelles, à l'heure où la création française perd les traits de son génie multiséculaire, il serait grand temps de faire entrer dans le monde de la culture une nouvelle vision fondée sur l'indépendance et l'amour de la France.

Si ce nouveau collectif a eu à cœur de reprendre le mot « liberté » dans son nom, ce n'est pas par hasard. C'est parce que la France est aujourd'hui corsetée à tous les niveaux qu'elle est dans l'incapacité de faire valoir sa propre culture. Liberté est le contraire du politiquement correct. Lorsque l'on entend des jeunes auteurs venir dire à cette table qu'il y a des endroits en France, il y a des formations en France, il y a des universités en France, où il faut que l'on cache ce que l'on pense et que l'on dise comme les autres, eh bien on se dit que la culture gagnera beaucoup à retrouver précisément la voie de la liberté.

Pour enfermer la nation de France, il a fallu rejeter sa langue, son histoire, ses génie littéraires, ses peintres ou encore ses musiciens, les rejeter ou les oublier. Il a fallu troquer la civilisation française contre une culture urbaine abstraite et un relativisme B.A. et par un curieux renversement de l'histoire, ceux qui hier dénonçaient l'art officiel et la culture au service de la propagande sont aujourd'hui les mêmes qui font un usage autoritaire de leur politique culturelle. Il faut marcher au pas de l'uniformisation forcée.

Ceux qui n'ont pas l'air de faire aux politiques sont alors traités de pseudo-intellectuels et on a même entendu dernièrement le président de la République venir demander aux Français de ne pas lire un livre. Donc le paradoxe. Quand il s'agit de la culture, la France est confrontée à deux menaces. D'un côté le mondialisme, de l'autre le multiculturalisme, le relativisme. Deux menaces qui sont en réalité les deux faces d'une même pièce. En effet, c'est par ce cheval de Troyes qu'est le multiculturalisme qu'a pu s'imposer le mondialisme.

C'est parce qu'il a fallu accepter le morcellement culturel en communauté sans reconnaître un creuset national commun et supérieur qu'a pu s'effectuer la soumission intellectuelle à un modèle global dépassant le modèle français. Dans un pays fracturé, la logique de l'américanisation de notre société est aujourd'hui la plus importante qu'elle ne pouvait l'être à l'époque de la glorieuse American Way of Life. Elle est plus insidieuse aussi. J'en veux pour preuve que dorénavant, elle touche même les noms des partis politiques. Le français comme langue est bafoué, il n'est plus enseigné correctement, il n'est même plus utilisé par bon nombre de nos chanteurs.

Les stations de radio privées disent dorénavant ne plus pouvoir respecter les quotas de chansons en français imposés par la loi tout bon pour la simple et bonne raison que les français ne chantent plus en français. Signe des temps qui courent, les pays francophones sont plus attachés que nous à défendre nos couleurs et en particulier le Québec qui aurait beaucoup de leçons à nous donner en matière de défense de la culture nationale. La culture française fascine le monde. La culture française fascine les pays étrangers. Et on se dit que la France, on a le sentiment que la France est ce pays dans lequel on est plus facile. C'est aussi ça le travail qui va être le nôtre. Je rentre d'Egypte.

Où la demande de coopération culturelle entre cette grande civilisation qu'est l'Egypte et la grande civilisation qui est la nôtre est forte et claire. Il faut y répondre. Une autre épée de Damoclès parle sur la culture, le traité transatlantique. La logique mondialiste du traité transatlantique va s'étendre bien plus loin qu'on ne pourrait l'imaginer au premier abord. Et ça c'est notre travail de politique. Même si Mme Fleur Pellerin veut nous assurer que l'exception culturelle française sera préservée dans les négociations du traité, elle le met soigneusement de répondre aux questions concernant le monde de l'édition.

Le TTIP ne permettra certainement pas à la France de conserver sa législation en matière de promotion et de protection des librairies indépendantes, dans la mesure où le prix unique du livre sera considéré comme une entrave à la fameuse concurrence libre et non faussée. Les tribunaux d'arbitrage pourront de toute façon donner à Google ou Amazon les moyens de poursuivre la France pour lui faire changer ses lois. Là encore, tout est question de liberté perdue. Les conséquences de ces assauts répétés contre notre culture se font douloureusement sentir. Et ils se feront sentir encore de plus en plus une même culture partagée et le ciment d'une communauté de destin.

En dissolvant le socle culturel commun à tous les Français, quel que soit leur origine, on empêche toute reconnaissance et toute inserction d'individus dans un même roman national. On veut faire un citoyen européen avec une culture européenne, on peut même faire un citoyen du monde, alors que la planète pour nation, on nage dans l'abstraction la plus complète, mais je ne connais aucun homme qui puisse vivre d'abstraction. à force d'assauts contre la civilisation française, on risque fort de morceler la France elle-même. La première tâche qui s'impose alors à nous, c'est d'affirmer que la France n'est pas une table rase.

Je crois et nous croyons en la France et sa culture comme expression du passé du présent et de l'avenir, comme l'a rappelé tout à l'heure notre amie Chine Bertollard, mais aussi Sébastien Chenu. Et la France a un passé glorieux dans lequel elle peut puiser, sans risque d'éciter. Je l'ai cité il y a quelques minutes du Belay, la semaine du Belay avait à la Renaissance développé une conception riche et grande du rapport au passé, ce que l'on a appelé l'illutrition. Pour lui, le renouvellement de la poésie française nécessitait de redécouvrir les sources latines et grecques de la poésie en assimilant les grands auteurs venus avant lui pour ensuite essayer de les égaler ou même de les surpasser.

Je pense que cette conception peut être élargie à toute notre culture. Il faut nous nourrir de cette civilisation que nous avons reçue en héritage, non pas pour nous contenter de limiter sérieusement, mais pour nous en servir comme d'un socle sur lequel nous allons pouvoir bâtir solidement notre futur. C'est justement en se coupant de tout patrimoine culturel qu'on court le plus grand risque de la stérilité. On répète infiniment les mêmes schémas puisqu'on n'a rien appris du passé, on croit être original et en réalité, on sonne creux. Une double exigence s'impose alors, comme l'ont rappelé nos intervenants, il nous faut à la fois protéger ce patrimoine et le valoriser.

Le protéger contre ceux qui veulent le brader en le laissant filer entre les mains de collectionneurs étrangers et de grandes fortunes sous forme de placement. Cette forme d'égoïsme consiste à s'acheter des œuvres d'art pour soi-même quand précisément le rôle de l'œuvre d'art c'est d'être partagé avec tous. Le protéger contre ceux qui l'abandonnent au moment même où nos grands classiques disparaissent des manuels scolaires. La valorisation de notre patrimoine doit passer par un encouragement des jeunes générations à redécouvrir ce qui a fait le génie de la France. Elle doit passer par une politique de l'exception culturelle française, bientôt menacée elle aussi par le traité transatlantique.

Elle doit aussi viser l'excellence sur le nivellement. Protéger et valoriser notre patrimoine national voilà qui continue un premier étage de toute politique culturelle véritable mais cela ne suffit pas. Il faut à la transmission ajouter une autre dimension celle de la liberté retrouvée la liberté de création. Et je suis heureuse de la présence de cette création dans votre nom. Alors que de nos jours le gouvernement s'initent dans les débats des intellectuels et je l'ai dit se permet de clouer au pilori certains philosophes ou écrivains ou pensons qu'il est content d'en finir avec le mélange des genres. L'idéologie ne doit pas avoir sa place dans la production culturelle.

L'État a parfaitement le droit de favoriser des créations qui jugent de qualité. C'est même un devoir pour lui que participer au rayonnement des productions françaises il ne doit pas multiplier les anathèmes. La liberté de création est assurée quand l'État donne aux Français les moyens de l'épanouissement de leurs talents. Ce qui ne signifie pas que c'est à l'État de définir le bon arbre ou le bonheur. La liberté de création c'est aussi de pouvoir tout rebalancer les monopoles privés de production culturelle en s'assurant que le régime de la rentabilité ne soit pas le maître mot du service public.

Si la culture est la meilleure arme contre le consumérisme sans limite il est nécessaire de préserver certains de ces canaux d'expression de toute influence extérieure dans la grande quête de liberté qui va mettre et qui irrigue tous les combats du Front National et du Rassemblement Le Marais. Le collectif culture liberté et création est donc absolument nécessaire. Il a déjà commencé à presser des constats et à émettre des propositions il va aller à la rencontre des acteurs du monde culturel soit publiquement soit secrètement puisqu'il y a encore des intellectuels dans notre pays qui ne peuvent pas discuter librement de ce type de sujet. C'est un constat amer.

Il va aussi évidemment débattre des meilleurs choix à prendre. Il va participer comme tous les autres collectifs à l'élaboration d'un grand projet patriote que nous présenterons aux Français dans toute sa cohérence et dans toute son étendue lors de la prochaine élection présidentielle. Alors je souhaite au collectif culture liberté et création tout le succès et toute la reconnaissance qu'il mérite pour œuvrer en ce sens. Vive le collectif culture vive la culture française vivante, vive la République et vive la France.