Iftar des ambassadeurs en présence du ministre Jean-Noël Barrot.
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- 5:04Invité politiqueFait
« à tous ces musulmans, quelle que soit leur origine, s'ils évoquent le nom de la France et demandent son aide spirituelle ou son hospitalité, Paris offrira l'ombre pieuse de sa grande mosquée et la joie d'un foyer libre. »
- 8:40Invité politiqueFait
« Ce projet a été réalisé par les imames de la Grande Mosquée de Paris mais par d'autres imames à travers le monde et surtout validé par l'université d'Alazhar et par la Zitouna. »
- 15:26Invité politiqueFait
« la laïcité n'a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens. »
- 17:39Invité politiqueFait
« la laïcité, telle que la République française l'a conçue, est un trésor toujours plus précieux que nous, citoyens français, avons profondément intérêt à défendre. »
- 18:22Invité politiqueFait
« le sujet de la fin de l'imama détaché occupe aujourd'hui une place centrale dans l'Islam de France. »
- 19:50Invité politiqueFait
« La France est attachée à sa relation avec l'Algérie avec laquelle nous sommes unis par des liens complexes mais d'une densité sans équivalent et des intérêts partagés. »
Temps de parole
- Jean-Noël Barrot99 %
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Salam alkoum warahmatullah wa barakatuh. Monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, cher Jean- Noël Barreau, mesdames et messieurs les ambassadrices et ambassadeurs d'Arabie Saoudite, d'Azerbaïdjan, du Bangladesh, de Dibouti, d'Égypte, de Gambie. d'Iran, de Jordanie, de Mauritanie, de la mission de Palestine, d'Oman du Soudan, de Tunisie, de Turquie, du Yémen, de la Ligue islamique mondiale et de la Ligue arabe en France. Monsieur le chargé d'affaires de l'ambassade d'Algérie en France. Messieurs les représentants des ambassades du Bangladesh, d'Indonésie, du Liban, de la Libye, du Pakistan et du Tadikistan. Madame la députée Sabrina Sba.
Messieurs les sénateurs Melloui, Rachid Temal et Adel Zan. Monsieur le préfet Baptiste Rolland, directeur de cabinet de monsieur le préfet de la région Île-de-France et de Paris. Monsieur le sous-préfet Yve Bossuier, représentant monsieur le préfet de police de Paris, monsieur Bernard Biger, recteur de l'Académie de Paris.
Mesdames et messieurs les élus, madame la conseillère de monsieur le président de la République, messieurs les conseillers de monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, madame la chef du bureau central des cultes, monsieur Christian Kriguer, cher Christian, président de la Fédération protestante de France, frère Jean-François Bourg, directeur du service national pour les relations avec les musulmans de la conférence des évêques de France, madame Valérie Régier, présidente de San Gidio France messieurs les représentants des Fédérations musulmanes de France Madame Nagette Benali, présidente de la CAP et rectrice de la mosquée du 15e arrondissement de Paris, monsieur Lomonier en chef des armées pour le culte musulman, cher Nadir Midi, messieurs les imames et membres de la Fédération de la Grande Mosquée de Paris.
Mesdames, messieurs, chers amis, c'est avec un véritable plaisir que je vous souhaite aujourd'hui à la Grande Mosquée de Paris la bienvenue à l'occasion de notre if I iftar des ambassadeurs. Depuis sa première édition en 2022, ce qu'on appelle désormais l'ARD des ambassadeurs est devenu une tradition bien ancrée. Je remercie leurs excellences de répondre à chaque fois si favorablement à cette invitation fraternelle. Cette année, nous sommes honorés de recevoir monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères et je lui en suis très reconnaissant, cher Jean Noël
[Applaudissements] [Musique] [Applaudissements]
Barreau. Monsieur le ministre, la grande mosquée de Paris. fut bâti par la volonté de la République après le cataclysme de la Première Guerre mondiale et le sacrifice de dizaines de milliers de musulmans morts pour la France. La grande mosquée de Paris porte ainsi une histoire que certains veulent maintenir dans l'ombre. Elle est le récit de nos concitoyens musulmans dans notre pays de leur contribution à sa sauvegarde et à sa prospérité depuis 100 ans et plus anciennement encore.
La Grande mosquée de Paris est en même temps la marque de de l'amitié de la fraternité entre la France et les terres d'Islam d'un bout à l'autre du globe dans leur diversité dans les richesses qu'elles apportent au monde. Votre présence aujourd'hui, monsieur le ministre, honore ces liens qui par-delà les blessures du passé et certaines crispation actuelle peuvent être entendues et entretenu. Ces liens précieux nécessaires sont renouvelés en ces lieux où les musulmans venus de tous les horizons trouvent le repos de l'âme, le partage sincère et l'évation spirituelle vers le créateur.
En 1920, le rapport présentant le projet de la Grande Mosquée de Paris à l'Assemblée nationale disait, je cite, à tous ces musulmans, quelle que soit leur origine, s'ils évoquent le nom de la France et demandent son aide spirituelle ou son hospitalité, Paris offrira l'ombre pieuse de sa grande mosquée et la joie d'un foyer libre. Fin de citation. Cet édifice maison de Dieu demeure ouvert aux différences et tourné vers l'universel conformément aux enseignements tolérants de l'Islam. Tout au long de l'année, j'ai l'honneur d'échanger, d'imaginer de nouvelles collaborations avec les ambassadeurs de nombreux pays musulmans.
En 2024, nous avons créé des journées qui mettent en lumière le patrimoine religieux et culturel des villes du monde musulman. Nous avons commencé par Alger, Istanbul et Béjaya. Et je vous invite excellence qui êtes présent ce soir à construire ensemble d'autres éditions sur d'autres villes et d'autres héritages. Chers amis, nous nous retrouvons pour un iftar alors que s'annonce la dernière décade de Ramadan, ce mois béni de jeûne, de prière et de perfectionnement de soi.
Ces jours particuliers où s'exprime la sincérité et la générosité nous offre un moment privilégié pour cultiver le dialogue et comprendre ce qui nous rapproche par-delà les frontières, les valeurs de l'islam et les valeurs humanistes les unes s'accordement aux autres. Cette cette harmonie malheureusement est aujourd'hui contestée en France, en Europe, en Occident. L'islam est réduit à des images déformées et contraires à son essence. La montée des extrémismes n'est plus une menace loin mais une réalité brutale.
La présence des musulmans dans ce pays, comme ailleurs en Europe, est devenue un sujet de débat, de polémique et d'adversité face aux thèses qui opposent les identités nationales et les appartenances religieuses. Nous travaillons à un contredours solide. Il faut construire ce contrediscours solide. La grande mosquée de Paris défend la voix de l'islam qui, fidèle à ces principes, invite nos concitoyens à vivre sereinement et pleinement dans les sociétés plurielles et multiconfessionnelles. C'est dans cette optique que j'ai initié en 2023 le groupe de réflexion sur l'adaptation du discours musulman en France et dans les sociétés sécularisées.
Ces premiers travaux seront publiés cette année et ces recommandations seront synthétisées dans ce que nous avons appelé la charte de Paris qui aura pour ambition d'être adopté par les autorités musulmanes à travers l'Europe et le monde et vous intéressera, j'en suis certain. Ce projet a été réalisé par les imames de la Grande Mosquée de Paris mais par d'autres imames à travers le monde et surtout validé par l'université d'Alazhar et par la Zitouna. Il y a quelques semaines, j'ai pu échanger à ce sujet avec monsieur Mohammed Alissa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale.
Puis avec Ahmed Tayb, grand imam d'Alazar, que j'avais rencontré pour la première fois à Bahrain en septembre 2023 lors de la visite du pape François dans ce pays. Avec le Conseil de coordination européen AML que j'ai créé fin 2023 et qui rassemble des représentants musulmans de plus de 20 pays européens, nous travaillons également pour une meilleure organisation du culte musulman sur le continent européen et pour l'engagement citoyen des musulmans. Nous avançons aussi grâce aux apports des autres cultes.
Le 10 février dernier, au côté des membres du Conseil de coordination européen AMEL, j'ai été reçu par sainteté le pape François et je lui ai soumis l'idée d'une rencontre annuelle pour la fraternité des chrétiens et des musulmans d'Europe, pour la fraternité religieuse et humaine à Paris en 2025 sous le nom de Saint-Augustin. Le Saint-Père a reçu très favorablement cette proposition et nous avons commencé à y travailler. Et dans l'épreuve qu'il affronte à cette heure le Saint-Père, nous prions nous musulmans pour son rétablissement et pour que sa parole de paix continue d'éclairer les hommes. Ainsi, la grande mosquée de Paris est à l'ouvrage.
Ces efforts contrarient les disciples de la division qui se penche aujourd'hui sur les rapports de la Grande Mosquée de Paris avec l'Algérie. Oui, la Grande Mosquée de Paris a une histoire singulière avec l'Algérie et cette histoire lui a permis de soutenir la pratique harmonieuse de l'islam en France, d'accompagner la citoyenneté des musulmans et de lutter contre l'extrémisme. Dans ce climat de grave tension que nous connaissons, la Grande Mosquée de Paris garde toute sa sérénité et entend continuer sur le chemin de l'apaisement et de l'espoir d'une relation vertueuse entre la France et l'Algérie. Libre. La Grande Mosquée de Paris est consciente de ce qu'elle fut et de ce qu'elle doit être.
On a dit que la Grande Mosquée de Paris est une ambassade. Oui, la Grande Mosquée de Paris, je l'affirme avec force, est une ambassade. Elle est l'ambassade de tous les musulmans qui depuis la capitale française avec foi et raison s'unissent aux autres croyants, à tous leurs frères et sœurs en humanité derrière le désir d'un avenir fondé avec dans le respect, la cohésion et l'union. Monsieur le ministre, mesdames et messieurs les ambassadeurs, chers amis, notre rencontre de ce soir est à l'image du monde que nous voudrions connaître.
La paix, la paix règne en ce lieu, que nous voudrions aujourd'hui du fait du Ramadan, du mois béni de Ramadan, mais son absence est une souffrance en d'autres endroits de la planète. Malheureusement, la paix ne régue pas dans ce bas monde et nous en sommes tristes ce soir. En ces temps où la paix avance comme un esquif fragile, vogant entre les abîmes, nous continuerons à agir autant qu'il est en notre pouvoir à la Grande Mosquée de Paris pour préserver la fraternité, qu'elle soit interreligieuse ou simplement humaine. Que ma gratitude vous accompagne et que la paix du Tout-Puissant soit sur vous. Je vous souhaite une agréable soirée. Merci beaucoup.
Monsieur le recteur, mesdames et messieurs les ambassadrices et les ambassadeurs, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le préfet, monsieur le sous-préfet, monsieur le recteur, mesdames et messieurs les représentants des cultes, mesdames et messieurs et chers amis, permettez-moi de vous dire d'abord combien je suis heureux d'être avec vous. pour partager ce soir l'FTAR des ambassadeurs à la Grande Mosquée de Paris.
C'est une marque comme les IFTAR que certains de mes prédécesseurs ont organisé au Quédis de la place du monde musulman dans notre action diplomatique structuré par les liens étroits que l'histoire et le voisinage nous ont permis de tisser avec tant de pays en Afrique et au Moyen-Orient où cette religion est majoritaire. Je sais combien le mois de Ramadan compte dans la vie des musulmans par les efforts de prière de jeûes et d'omune qu'il demande. C'est un moment de fraternité entre musulmans mais aussi entre ces derniers et leurs frères d'autres confessions ou n'appartenant à aucune confession.
Et je relève que les musulmans célèbrent cette année le mois de Ramadan au moment où les chrétiens cheminent par le jeûne du carême vers Pâqu. qu'ils fêteront tous cette année catholiques, protestants et orthodoxes à la même date, le 20 avril qui sera aussi la fin de la célébration de la Pâque juive. Devant le monde déchiré qui est le nôtre, je vois dans cette concomitance des célébrations des diverses confessions un signe d'espérance. Celle qui nous dit qu'en dépit de tout, une humanité réconciliée, fraternelle est possible et que nous avons raison d'y croire. C'est cela le rêve de notre République qui a inscrit l'espérance de fraternité dans sa devise.
C'est donc un très grand plaisir pour moi d'être avec vous ce soir pour ce moment d'échange et de partage et je tiens à vous remercier chaleureusement, monsieur le recteur pour votre invitation. Certains seront peut-être surpris que le représentant d'un état laïque participe à un tel événement. Mais comme l'a rappelé le président de la République dans son discours fondateur des Bernardins, la laïcité n'a certainement pas pour fonction de nier le spirituel au nom du temporel, ni de déraciner de nos sociétés la part sacrée qui nourrit tant de nos concitoyens. Non.
Si la laïcité, ce patrimoine vivant de la France dont parle le premier ministre pose le principe de la séparation du politique et du religieux. Elle ne signifie ni ignorance du fait religieux, ni indifférence à l'égard des croyants, encore moins hostilité. La laïcité, il faut le redire, est avant tout un principe de liberté. Liberté de croire ou de ne pas croire. Et si l'on croit de pratiquer librement et dignement sa religion. Amen. En quelques mots, laïcité est le principe politique et juridique qui met en œuvre les valeurs républicaines de liberté, d'égalité et de fraternité dans le domaine des religions et des convictions.
Là où si souvent les croyances sont importés de l'intolérance, elle garantit la capacité de tous à vivre dans l'harmonie selon un principe simple. En République française, comme le disait mon lointain prédécesseur Aristite Brillant, père de la loi de séparation de l'Église et de l'État de 1905, la loi doit protéger la foi aussi longtemps que la foi ne prétendra pas dire la loi. Et ces belles valeurs qui sont les nôtres valent naturellement pour l'islam comme pour toutes les autres religions. Dans un monde où la nuance, la modération et le respect des différences cèdent de plus en plus souvent la place à la facilité et aux expressions binaires.
Je crois que la laïcité, telle que la République française l'a conçue, est un trésor toujours plus précieux que nous, citoyens français, avons profondément intérêt à défendre. Lorsque cette grande mosquée fut construite il y a un siècle, la France ne comptait guère de musulmans que dans ses colonies. Aujourd'hui, l'islam est la deuxième religion de France par le nombre de ces fidèles qui ont toute leur place dans notre pays. Les relations entre l'État et les musulmans sont riches et intenses et je souhaite qu'elles se renforce encore afin que nous puissions relever ensemble les défis communs, notamment celui de la lutte contre le poison de la radicalisation, de la violence, de la haine.
Les sujets de concret de coopération ne manquent pas. Parmi eux, je n'ignore pas que le sujet de la fin de l'imama détaché occupe aujourd'hui une place centrale dans l'Islam de France. C'est un sujet complexe mais qui va dans le sens d'une intégration toujours plus grande de l'islam au cadre républicain. Et je suis confiant dans notre capacité à parvenir à une solution satisfaisante pour tous sur ce sujet. La grande mosquée de Paris est née de la volonté de la République. Il y a plus d'un siècle déjà, la France ouvrait la voie à sa construction avec la volonté d'honorer ces dizaines de milliers de soldats musulmans qui avaient donné leur vie pendant la Grande Guerre pour que vive notre pays.
Cette place de l'islam dans notre passé et notre présent dessine un lien historique et humain avec les pays du monde musulman. Avec eux, mesdames et messieurs, les ambassadrices et les ambassadeurs, la diplomatie française entant favoriser une meilleure compréhension mutuelle, contré ensemble les discours extrémistes qui défigurent l'islam et offensent notre commune humanité, les uns en se réclamant de l'islam, les autres en le caricaturant. développer les échanges économiques, culturels et humains et promouvoir une fructueuse coopération pour effondre au défis de la paix, du développement et de la protection de notre planète, notre maison commune.
Ainsi, en ce lieu marqué par l'histoire, permettez-moi ce soir d'évoquer plus particulièrement, comme vous l'avez fait monsieur le recteur, l'Algérie avec laquelle la Grande Mosquée de Paris, vous l'avez rappelé, entretient une relation particulière. La France est attachée à sa relation avec l'Algérie avec laquelle nous sommes unis par des liens complexes mais d'une densité sans équivalent et des intérêts partagés. J'ai réaffirmé à plusieurs reprises bonattachement à son renforcement et à la mise en œuvre de la feuille de route signée en 2022 par nos deux présidents.
Les tensions actuelles dont nous ne sommes pas à l'origine et qui ont connu hier un nouveau développement problématique ne sont dans l'intérêt de personne, ni de la France ni de l'Algérie. Nous voulons les résoudre avec respect bien sûr, mais avec exigence, franchise et sans faiblesse, sans rien céder sur les intérêts des Français qui sont notre boussole. Et il va de soi que les millions de nos concitoyens liés d'une manière ou d'une autre à l'Algérie n'ont rien à voir avec les difficultés que nous rencontrons aujourd'hui avec les autorités algériennes. Ils ont le droit à la tranquillité.
Au-delà des tensions bullatérales avec l'Algérie, le monde musulman traverse aujourd'hui de nombreuses crises sur lesquelles, sous l'autorité du président de la République et du Premier ministre, notre diplomatie travaille activement au côté de nos partenaires, notamment européens pourrer à des solutions politiques durables. Permettez-moi d'en évoquer brièvement certaines. Tout d'abord, Gaza au cœur de nos préoccupations. Nous devons tout faire pour y préserver le cess le feu hélas remise en cause il y a quelques heures et aboutir à une paix durable dont les conditions sont la mise en œuvre de la solution à deux États.
Nous devons nous coordonner à cette fin dans la perspective de la conférence dédiée que la France coprésidera en juin 2025 à New York avec l'Arabie Saoudite. Encore très récemment, lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G7 au Canada il y a quelques jours, nous avons demandé la libération de tous les otage et la restitution des corps détenus par le Haramas à Gaza à leurs proches. Nous avons réaffirmé notre soutien à la reprise de l'aide humanitaire sans entrave et à un cesser le feu permanent.
Nous avons souligné la nécessité d'offrir un horizon politique au peuple palestinien au moyen d'une solution négociée au conflits israélo-palestinien qui répondent aux besoins et aux aspirations légitimes des deux peuples et fassent progresser la paix, la stabilité, la prospérité et la sécurité dans l'ensemble du Moyen-Orient. Ce Moyen-Orient martyrisé, c'est aussi bien sûr la Syrie et le Liban qui sont au cœur de nos priorités. La France se tient au côté des populations syriennes et libanaises dans leur quête d'un avenir politique pacifique et stable. Nous défendons sans équivoque la souveraineté et l'intégrité territoriale de ces deux pays.
Nous avons appelé de manière constante au rejet du terrorisme en Syrie et nous condamnons fermement les graves violences récentes et les exactions qui ont visé plus d'un millier de civils, notamment issus de la communauté à la. Nous devons faire preuve de licité dans notre dialogue avec les autorités de transition sur ces événements. Notre engagement auprès d'elles demeure conditionné à la représentation de toutes les communautés dans le processus politique en cours.
Au Liban, au bord de l'abîme il y a quelques mois, nous avons réussi à négocier avec nos partenaires américains un cessé le feu qui a restauré la sécurité et la stabilité du pays et faciliter la fin de 2 ans et demi de vacances institutionnelles. Avec ces nouveaux dirigeants, réformateurs et souverainistes, une phase d'espoir inédite s'est ouverte pour ce pays si cher à la France. Nous avons été au côté des Libanais dans l'épreuve et continuerons de les accompagner sur le schéma de la reconstruction, du redressement économique et de la restauration d'un état souverain.
Monsieur le recteur, mesdames et messieurs, ce qui nous unit ce soir, c'est notre volonté commune de dialogue et de respect mutuel pour la recherche de la paix. C'est fondamentalement le rôle des diplomates à qui la Grande Mosquée de Paris offre cette iftar ce soir. C'est aussi bien sûr le rôle et le devoir des responsables religieux. Vous le savez bien, vous qui êtes allé rencontrer sa sainteté, le pape François à Rome. Ce dialogue et ce respect, ils sont dû à tous, croyant et non croyant. Et la France n'a de cesse de promouvoir partout dans le monde et dans les instintes internationales la liberté de religion ou de conviction.
Elle le fait aux Nations- Unies, elle le fait également avec ses partenaires de l'Union européenne car il convient de le répéter sans relâche. Les discours de haine et les actes antimusulmans comme ceux qui sont dirigés envers les croyants d'autres confessions et je pense en particulier à nos compatriotes de confessions juives ne peuvent trouver leur place dans nos dans nos sociétés multiconfessionnelles. Il en va de notre capacité à vivre ensemble. Je vous remercie donc de votre attention. Je vous souhaite un excellent mois de Ramadan et je forme le vœu qu'il soit celui de l'amitié et de la confiance entre la France et l'Islam pour que vive la République et pour que vive la France.
[Musique]
Jean-Noël Barrot