Sécurité sanitaire dans les trains, tarifs des grandes lignes, TER des Hauts-de-France... le "8h30 franceinfo" de Jean-Pierre Farandou
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Bonjour Jean-Pierre Farandou, merci d'être avec nous sur France Info. D'abord une question que beaucoup de monde se pose en arrivant dans une gare. Quel est aujourd'hui le risque d'attraper le Covid quand on monte à bord de l'un de vos trains ?
Quand on prend le train à la CNCF, il n'y a pas de risque d'attraper le Covid parce qu'on a fait les choses comme il fallait, en respectant strictement les consignes du gouvernement. Je rappelle sur quoi est fondée la sécurité sanitaire dans le ferroviaire. D'abord le port du masque, dès qu'on rentre dans une gare et on ne quitte plus son masque pendant tout son voyage, deuxièmement bien sûr nous désinfectons complètement tous les matériels au moins une fois complètement par jour, plus des compléments de produits virucides et bien sûr le respect des gestes barrières au maximum.
Et puis l'aération dans les trains, nous aérons les trains comme si on ouvrait les fenêtres chez vous, toutes les 6 minutes dans les trains régionaux, toutes les 9 minutes dans les TGV. Quand vous combinez toutes ces actions et nous le faisons très régulièrement, on rajoute le pass sanitaire aussi, nous ne l'oublions pas. En plus il y a le pass sanitaire qui s'est rajouté, 99% de nos voyageurs ont le pass sanitaire et le petit pourcent qui manque, on arrive à leur faire passer un sieste antigénique dans les pharmacies, dans les gares avec lesquels nous avons des accords de partenariat, nous assurons complètement la sécurité sanitaire dans les trains.
Pourtant l'Institut Pasteur dans sa toute dernière étude parue il y a quelques jours seulement, estime que prendre le train augmente de 30% le risque de contamination. Ça veut dire quoi ? Vous contestez ces chiffres ou qu'il y a des trous dans la raquette aujourd'hui dans le dispositif que vous venez de décrire ?
Non, non, je ne conteste pas les chiffres de l'Institut Pasteur, on connaît le sérieux de l'Institut Pasteur. Non, surtout moi je me base sur les données empiriques. Ça fait presque deux ans qu'on est dans la crise Covid, on n'a pas de cluster, on n'a pas constaté de cluster depuis deux ans.
C'est difficile de constater un cluster dans un train, une fois que les gens sont arrivés, par définition, ils se dispersent un peu partout.
Il n'y a pas de trajet qui dure trois jours, on espère. Oui, on a quand même une donnée épidémiologique, si on peut dire, ce sont nos agents à nous qui sont dans les trains, les contrôleurs sont dans les trains depuis deux ans, et on n'a pas constaté d'absentéisme particulier sur les contrôleurs de train. Pourtant, eux, ils passent leur vie dans les trains. Voilà, les données empiriques ne nous montrent pas de difficultés particulières, mais nous respectons bien sûr les chiffres de l'Institut Pasteur.
Vous avez parlé du renouvellement de l'air dans les wagons, est-ce qu'il est vraiment suffisant ? Parce qu'en juin dernier, un rapport de l'inspection du travail du Rhône a pointé un renouvellement d'air insuffisant, c'était la conclusion du rapport. Qu'est-ce que vous leur dites ? Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Là-dessus, c'est toujours la même construction. Nous respectons les normes. Il y a des normes françaises et européennes en matière de contrôle des particules dans les trains. Elles sont fixées à 5000 particules. On est aux alentours de 1000 dans les TGV, donc on respecte complètement les normes. Donc voilà, on est en ligne avec les normes. Alors quant au sujet que vous évoquez, nous avons contesté devant le tribunal cet avis. Nous avons d'ailleurs gagné en première instance. Il y a un appel, on verra ce que ça donne. Donc pour le moment, j'allais dire, on est dans le respect des normes. Si les normes évoluaient, bien évidemment, on reconsidérerait peut-être la situation.
Pour le moment, on est dans le respect des normes. Et là encore, pas de cluster apparent, ni chez nos voyageurs, ni chez nos personnels dans les trains.
Il y a vraiment des contrôles aujourd'hui sur le port du masque ? Sur le port du masque ? Pardon ? Il y a vraiment des contrôles sur le port des masques dans les trains aujourd'hui ?
Ah oui, bien sûr. Nos contrôleurs, d'abord dans les gares, dès que vous rentrez dans les gares, vous pouvez avoir un rappel par les personnels, si vous n'avez pas le masque. Et dans les trains, bien sûr, nos contrôleurs font des rappels fréquents. Qui donnent lieu parfois à des contraventions ou pas ? Oui, alors au début de l'installation du port du masque, c'était moins facile. Il y avait vraiment des résistants. Là, on est allé même jusqu'à arrêter des trains pour débarquer des passagers qui, visiblement, ostensiblement, ne voulaient pas porter un masque. Bon, on l'a fait pour marquer les esprits. On ne rigole pas avec ça. Le port du masque est obligatoire.
La situation qu'on rencontre aujourd'hui, c'est un petit laxisme. C'est les gens qui ont le masque sur la bouche et pas sur le nez. Ou qui grignotent pendant une heure et demie. Qui grignotent pendant une heure et demie. Généralement, d'ailleurs, une régulation sociale. Les autres passagers commencent à regarder la personne avec le regard un peu noir, font appel au contrôleur s'il le faut. Et dans la plupart des cas, le rappel à l'ordre, le rappel à la règle par le contrôleur est largement suffisant. Oui, bien sûr, les contrôleurs font leur travail de chef de bord, de régulation, à la fois dans des situations commerciales et de temps en temps aussi dans des situations sanitaires.
Marc parlait de l'astuce de certains de continuer.
Je ne sais pas si c'est une astuce, mais en tout cas, tous ceux qui ont pris le train l'ont vu.
Voilà, pour ne pas porter le masque le long du trajet, c'était donc de grignoter. Est-ce que les vagues en bar, par exemple, avec la cinquième vague qui prend de l'ampleur, est-ce que les vagues en bar ont vocation à rester ouverts ? Ou alors, à l'approche des fêtes, vous allez dire, à un moment, on va les fermer ?
Alors, pour le moment, parce qu'on voit bien que la situation sanitaire est très évolutive. Donc, dans les règles sanitaires actuelles, on a pris une mesure de précaution supplémentaire, dont le bar est toujours ouvert. Donc, on peut acheter de la nourriture à bord du train. Par contre, on va demander aux passagers de ne pas consommer dans le bar, pour ne pas qu'il y ait justement agglomération de personnes enlevant le masque et mangeant les uns à côté des autres. On va demander aux gens de revenir à leur place et de consommer ce qu'ils ont acheté au bar à leur place, ce qui réduit considérablement les risques.
On sait bien que ce qui est risqué, c'est un groupe de personnes qui n'ont pas de masque, comme ça peut se trouver dans d'autres situations de la vie quotidienne.
Donc, pas de consommation dans la voiture-bar, mais on peut continuer à consommer, j'allais dire avec modération, enfin en tout cas avec intelligence, dans les wagons assis à sa place. Les vacances de Noël approchent. Jean-Pierre Farandou, c'est dans deux semaines, ça n'aurait échappé à aucun enfant de ce pays. Est-ce que les Français réservent en masse leurs billets aujourd'hui ?
Oui, oui, il y a une forte poussée pour les réservations. On sent que les Français ont vraiment envie de partir en vacances, rejoindre leur famille, rejoindre leurs amis, peut-être aller aux stations de sport d'hiver. Il y a une grosse frustration des Français. Il y a un appétit de voyages très fort. On a vendu plus de 3 millions de billets de train pour les vacances de Noël. C'est plus que 2020, bien sûr, il y avait un peu le Covid. De 2019, il y avait la grève. Mais c'est même plus que 2018, qui est un peu notre dernière année de référence.
On a retrouvé un niveau supérieur à l'avant-Covid et l'avant-grève.
Oui, là effectivement, pour les départs de Noël, très fort engouement des Français, à la fois pour partir et pour partir en train. Donc on est absolument ravis et on croise les doigts. On espère que ça pourra se faire.
Quelle destination en particulier ? Vous notez un changement de comportement pour Noël ? Ou c'est les régions traditionnelles les plus touristiques ?
Oui, c'est vraiment les régions les plus touristiques. C'est toute la façade atlantique et de la façade méditerranée. Et les Alpes, bien sûr, qui se rajoutent. Mais c'est aussi l'Alsace et d'autres endroits. Parce qu'il y a l'aspect des familles. Les familles, elles sont dans le Nord-Pas-de-Calais, elles sont dans l'Alsace, elles sont dans l'Est de la France. Donc tout le monde se déplace, tout le monde a envie de retrouver sa famille. Bon, c'est une très bonne chose. Parce que vous savez, moi je suis très content quand les gens prennent le train. Quand ils prennent le train, ils ne sont pas dans leur voiture. Et donc ils réconcilient la protection de la planète avec la mobilité durable.
Donc je suis ravi que les gens prennent le train.
Sauf qu'une nouvelle fois, on ne sait pas de quoi seront faits les prochains jours. Est-ce que vous avez prévu, comme les fois précédentes, comme les dernières vagues, des conditions de remboursement ou d'échange plus souple ? Là, on est à une possibilité d'échanger ou d'annuler trois jours avant.
Oui. Ça a été à un moment une heure et demie avant le départ du train. Oui. Vous pourriez remettre cette disposition-là ?
D'abord, il faut rappeler que le fait de rendre tous les billets échangeables et remboursables jusqu'à trois jours avant le départ du train est une grande avancée commerciale. Avant le Covid, vous avez tous les petits prix qui étaient non échangeables, non remboursables. Vous les achetez trois mois avant le départ pour bénéficier d'un prix modéré. Vous ne pouvez plus échanger, vous ne pouvez plus rembourser. Donc en fait, la mesure actuelle est un vrai progrès commercial.
Mais aujourd'hui, il y a le Covid. On peut se faire, malheureusement, on peut l'attraper deux jours avant de monter dans un train. On ne peut plus y aller forcément. La famille, parfois, reste aussi. Et là, on ne peut plus se faire rembourser non plus.
Pour le moment, non. Aujourd'hui, on se parle, non. Donc on s'est calé sur trois jours. Alors pourquoi ? Il faut dire pourquoi. Pas pour embêter les gens. C'est qu'on s'est rendu compte, malheureusement, quand la situation sanitaire a été quand même très, très compliquée. C'est là où on a donné une souplesse maximale pour tous les billets.
Plus d'heures trente avant le voyage.
Et on a bien fait de le faire. On n'a aucun regret de l'avoir fait. Le problème, c'est que c'est toujours pareil. Vous avez un tout petit pourcentage de gens qui ont peut-être moins des prix civiques que les autres et qui nous bloquaient plusieurs places. Ils n'en prenaient qu'une. Ils faisaient rembourser toutes les autres. Et on a des Français qui restaient à quai, du coup. Parce que le train était réputé complet. On voyait partir le train. Et en fait, il y avait de la place dedans parce que les places avaient été réservées. Et les gens s'étaient fait rembourser au dernier moment sur les places qu'ils n'avaient pas utilisées.
D'ailleurs, en entente avec les fédérations des usagers, on a discuté de ce sujet. On est arrivé à cette règle des trois jours qui paraît aujourd'hui raisonnable. On verra s'il faut la faire évoluer en fonction, là encore, de l'évolution de la situation sanitaire.
8h41, le fil info, Jean-Pierre Farandou. On vous retrouve dans un instant. Voici tout d'abord Mélanie Delaunay.
Ces propositions ne vont pas aider les élèves d'un point de vue pédagogique, réagit sur France Info le SNES-FSU, le premier syndicat du secondaire. Face aux propositions de la Cour des comptes, pour pallier aux absences des enseignants, 10% des heures de classe perdues au collège et au lycée, par an le plus souvent, pour des raisons professionnelles, la Cour des comptes suggère que les profs se remplacent mutuellement ou enregistrent leurs cours en vidéo. Il y a un embouteillage normal pour le rappel du vaccin contre le Covid, mais pas d'inquiétude, assure Olivier Véran, le ministre de la Santé, alors que 500 000 injections ont été réalisées en l'espace d'une journée.
C'est juste après 14 heures qu'on connaîtra le nom des deux finalistes dans la course à l'investiture pour la présidentielle. Chez les Républicains, les deux tiers des adhérents du parti ont déjà voté. La Chine dénonce une politisation du sport après la suspension annoncée de tous les tournois tennis féminins. Dans le pays, la WTA qui organise les compétitions s'inquiète du sort de la joueuse Peng Chouaï après ses accusations d'agression sexuelle. France Info
Toujours avec Jean-Pierre Farando, le PDG de la SNCF.
Pour rester attractif, vous avez lancé en juin dernier une nouvelle carte de réduction à 49 euros, une carte unique qui promet des réductions et qui permet d'obtenir un prix plafond. sauf que de nombreux utilisateurs se plaignent de ne pas trouver suffisamment de trajet, de place dans les trains. Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin ?
Cette carte, d'abord, elle porte bien son nom. C'est un avantage formidable pour ceux qui l'achètent. C'est 49 euros, mais pour 5 personnes, jusqu'à 5 personnes. Père, mère, en tout cas parents et 3 enfants. Donc c'est quand même une carte très avantageuse pour un an. Et le gros avantage de cette carte, elle vous offre tout de suite des réductions. 30% pour les adultes, jusqu'à 60% pour les enfants. A condition de trouver des places dans les trains. Ah oui, mais ça c'est vrai pour tous ceux qui voyagent. Cette carte, je termine sa présentation.
Et surtout, le gros avantage, parce qu'elle vient traiter un reproche qu'on nous faisait, et je pense qu'on a traité, les gens qui achetaient leur billet au dernier moment disaient « Mais au dernier moment, j'ai des prix super élevés, c'est vraiment très très cher de prendre le train. » Quand vous avez cette carte-là, le prix maximum, il est plafonné. 39 euros.
Sauf que les gens disent qu'ils ne trouvent pas de place à ces prix-là.
Ah non, non, mais s'ils ne trouvent pas de place, le train est plein. On vient d'en parler, il y a beaucoup de monde qui prenne le train. C'est-à-dire que dans un train, il n'y a aucun fil sur ces tarifs.
Il n'y a pas un taux de place qui est réservé à ces cartes-là.
Non, pas du tout. Ces gens-là ont accès à la même priorité que les pleins tarifs.
D'accord.
Il y a un accès total des prix. Par contre, si le train est plein, forcément, ils vont se rendre compte qu'ils n'ont pas de place. Mais ça sera vrai pour tous ceux qui voudront voyager sur ce train.
Il y a un autre reproche qui est fait à système, Jean-Pierre Farandou, c'est qu'il faut parfois voyager avec un enfant ou alors voyager en partie sur un week-end pour bénéficier de ses promotions. C'est exact. Ça veut dire que quelqu'un qui part du lundi au mercredi n'a pas les promos.
Alors, ça, c'est vrai que le week-end fait partie des conditions. Pourquoi ? Parce qu'on assume qu'on n'a pas voulu offrir ces avantages-là à la clientèle business.
Mais du coup, vous en privez aussi certains utilisateurs qui devraient y avoir le droit parce qu'après tout, on ne choisit pas toujours les dates de ses congés ou de ses déplacements.
Peut-être qu'on en prive. Moi, je remarque qu'on a vendu plus de 1,5 million de cartes. Donc, c'est un vrai succès commercial. Donc, c'est une carte qui rencontre son public, qui rencontre sa clientèle, dont la cible est traitée. Voilà. Donc, oui, nous admettons qu'on a voulu exclure de ces avantages-là la clientèle affaire. Et c'est bien normal parce qu'on ne peut pas non plus vendre tous les billets de train à prix réduit. On a aussi besoin d'avoir une clientèle affaire qui accepte de payer un peu plus cher. C'est ça, la logique d'une gamme tarifaire. Pour consentir des prix bas, vous devez aussi être en capacité de vendre des prix plus élevés.
C'est cet équilibre-là qui permet aussi à la SNCF d'avoir une activité rentable parce que le TGV, ce n'est pas un service public, il faut le rappeler. Le TGV, c'est censé gagner de l'argent et on a besoin de cet argent pour financer les autres activités. Voilà. Donc, c'est tous ces équilibres-là qu'il faut trouver. Je pense que la carte avantage a réussi à trouver son équilibre.
Est-ce que les prix des billets vont augmenter l'an prochain ?
Alors, ça, c'est une bonne nouvelle pour tous les clients de la SNCF. La SNCF, voyageurs, viennent le décider il y a quelques jours. Les prix ne vont pas augmenter l'année prochaine.
Aucun, ni les grandes lignes, ni les TGV. Je ne parle pas des TER parce qu'ils sont gérés par les régions.
Non, les prix ne vont pas augmenter. Ça fait plusieurs années de suite que les prix n'augmentent pas. Et ça illustre complètement la politique de volume que nous voulons traiter. Moi, je veux que le TGV reste ou redevienne un moyen de transport populaire. Je veux que tout le monde puisse accéder au TGV. C'est très important. Et c'est logique avec ma stratégie fondamentale. Puisque vous savez, moi, je veux augmenter le volume de gens qui prennent le train. Je veux même le doubler d'ici une dizaine d'années. Donc, il faut être cohérent avec soi-même. Une politique de volume, elle passe par une politique de prix accessible. Voilà, c'est vraiment ça sur le fond qu'on veut faire.
Et on tiendra dans la durée cette politique.
Vous parliez à l'instant de la clientèle à faire. Est-ce que le télétravail vous a fait perdre beaucoup d'usagers ?
Alors, le télétravail, bien sûr, il a des effets sur le trafic domicile-travail, bien évidemment. Donc, c'est plutôt sur les trains de la vie quotidienne, dont les trains transiliens en Ile-de-France, les RER, ou les trains régionaux, les TER en province. Oui, là, il y a une baisse de trafic de 20-25% qui est directement liée au télétravail. Par contre, il y a une contrepartie.
Sur tous les jours de la semaine ?
Alors, ça peut varier, parce qu'on voit qu'effectivement, selon les habitudes, le mardi semblait rester un jour très fort.
En gros, on télétravail le lundi et le vendredi pour coller ça au week-end, non ? C'est peut-être ça. C'est ça qui est l'explication.
C'est une explication possible, mais vous avez raison. En fait, on arrive à des jours assez différenciés selon les jours de la semaine. Et le mardi semble être le jour où les gens ont décidé de tous se retrouver au travail, parce que de temps en temps, le collectif de travail doit se retrouver. Mais l'aspect positif du télétravail pour les trains, c'est que certaines personnes font le choix d'aller habiter plus loin, de quitter Paris ou la région parisienne, d'habiter en province un peu plus loin. Et ils reviennent une à deux fois par semaine sur Paris, sur les trajets plus longs. Donc en fait, en termes de volume d'activité...
Donc vous n'y perdez pas forcément ?
Voilà. Je pense qu'on n'y perdra pas, voire même qu'on pourrait y gagner sur certains axes TGV.
Jean-Pierre Ferrandou, le Conseil régional des Hauts-de-France, dirigé par Xavier Bertrand, a décidé d'arrêter de vous payer, de payer la SNCF dès aujourd'hui, en raison des retards et annulations à répétition des lignes TER de la région. La région dit qu'elle vous a prévenu en octobre et qu'elle attendait des efforts de votre part. Pourquoi vous n'avez rien fait ?
Bon d'abord, on parle d'un des plus gros systèmes de trains régionaux de France. Le T-EUR France, c'est l'ancien Nord-Pas-de-Calais et puis la Picardie. Donc c'est énorme. C'est 1250 trains par jour, c'est 200 000 passagers par jour. Et celui qui concentre également le plus de retard de toute la France. En ce moment, c'est difficile. Je le reconnais. Et d'ailleurs, j'ai forcément une pensée pour les clients, pour les voyageurs. Ils ont la vie compliquée. Aussi bien pour rentrer sur Paris quand on arrive de la Picardie, aussi bien pour tourner autour de l'île, autour des autres grandes villes, de l'ancien Nord-Pas-de-Calais, c'est compliqué.
Alors les causes, parce qu'il faut être lucide sur les causes. On n'a pas anticipé un certain nombre de difficultés. C'est là où il faut faire un peu mea culpa. La SNCF n'a pas vu arriver des phénomènes. On aurait toujours pu dire qu'on aurait pu les voir. On a, vous savez, tous les ans, on a une difficulté. Alors c'est vieux comme le chemin de fer. À l'automne, les feuilles tombent. Ça, on le sait. On ne le découvre pas. Ça, normalement, ça ne bouge pas. On ne le découvre pas. Covid, pas Covid. Non, non, mais je sais bien. Mais ce qu'on sait aussi, c'est que ces feuilles sont écrasées par les trains. Il y a une pellicule grasse qui se met sur les rails.
Et les rails, quand ils freinent, ils patinent. Vous voyez, ils patinent. Les roues tournent et ça abîme les roues. Quand les roues sont abîmées, on est obligé de faire passer les engins à l'atelier pour reprofiler les roues. Bon, ça, c'est classique. Ce qu'on a eu cette année, c'est qu'il semblerait, alors là, certains experts le disent, que la végétation a été particulièrement luxuriante cette année. Les chaleurs de l'été, la longueur de l'été. Donc, il y a eu beaucoup plus de feuilles. Et les feuilles sont tombées beaucoup plus massivement.
Mais alors, pardonnez-moi d'être très pratique. Les retards, ils remontent à l'été dernier, au mois de septembre, au mois d'octobre, où, si je ne dis pas de pétite, les feuilles des arbres ne tombent pas.
Si, non, mais en octobre, aussi, ça commence. Non, voilà, il y a ce phénomène qui est quand même beaucoup plus fort. Deuxièmement, on a, là aussi, des phénomènes qu'on devrait mieux anticiper. Mais on a ce qu'on appelle des chocs. On a beaucoup de gibiers, en ce moment. Vous savez que les gibiers, ils prolifèrent, les sangliers, les chevreuils. Quand un train tape un gibier, ça abîme le train. Donc, voilà un facteur. Le facteur du Covid, là aussi, qu'on pourrait anticiper, mais qui n'est pas toujours simple à caler, c'est un absentéisme qui repart. En ce moment, avec la cinquième vague, on a plus de gens malades dans les ateliers.
Quand vous cumulez tous ces sujets, vous avez un problème de parc.
Mais pourquoi plus dans le nord qu'ailleurs ? Les feuilles, les sangliers et l'absentéisme.
Parce que je vous dis, parce que c'est un énorme TER, c'est un TER très important. Donc, le parc est déjà en moyenne très sollicité. Le volume d'enjeux à moteur est très sollicité. Donc, il y a plus de fragilité quand il y a des alers comme ça. On rajoute un autre phénomène. Là, celui-là est lié au Covid. C'est qu'on a une tension. Une tension, c'est le terme poli pour dire qu'on manque un peu de conducteurs. Pourquoi on manque de conducteurs ? C'est difficile parfois pour conduire les trains. Parce qu'un conducteur, c'est un an pour le former. Il y a un an, on était en pleine crise Covid. Les écoles de conduite, de formation des conducteurs n'ont pas fonctionné.
Donc, mécaniquement, un an plus tard, on se retrouve avec un retard sur les conducteurs. Alors, qu'on est en train de rattraper, on met le paquet là-dessus. On n'est pas là en train de rien faire.
Mais ça veut dire que vous acceptez la décision du conseil régional et que vous dites, oui, on a fauté, on accepte de ne plus être payé.
Non, non. Alors, c'est autre chose. Je vous explique pourquoi je suis en train de vous dire, oui, c'est vrai, quand les usagers se plaignent, ils sont légitimes à se plaindre.
Et maintenant, qu'est-ce qu'il faut faire ?
Deuxièmement, un plan d'action. On parlera après du point financier que vous évoquez. Il y a un plan d'action solide sur l'ensemble de ces facteurs qui commence d'ailleurs à porter ses fruits techniques. Peut-être que les usagers ne le voient pas encore, mais moi, je vois bien que les choses s'améliorent. Il y a de plus en plus de parcs, les écoles de conduite à lesquelles je faisais référence, avec des jeunes conducteurs, des nouveaux conducteurs qui arrivent. Je suis confiant que dans les semaines qui viennent, ça va progressivement s'arranger. Voilà, donc les choses vont s'arranger.
Après, sur la décision du président de région, moi, je comprends son humeur, mais vous savez, nous, les cheminots, on les paye tous les mois. La maintenance, on va la faire. Les trains, on va les faire, quoi qu'il arrive. Voilà, bon, ça, c'est des choses qu'on discutera avec lui. On a un contrat. Normalement, vous savez, il y a un contrat entre nous. Ce contrat, il ne prévoit pas qu'on n'ait pas payé. Il peut y avoir des pénalités. On a, voilà, il est peut-être normal... Vous allez lui demander des pénalités. Il se trouve que le président... Nous, il est normal que dans le contrat, on soit pénalisé. Il y a des systèmes de pénalités dans le contrat.
Il se trouve que le président de la région, Jean-Pierre Farandou, est aussi, par ailleurs, candidat à l'élection présidentielle, qui sera d'ailleurs fixé sur son sort aujourd'hui, puisque c'est le premier tour de la primaire chez les Républicains. C'est Xavier Bertrand. Est-ce qu'il vous semble que, dans ce bras de fer qu'il engage avec vous, il fait un petit peu de la politique aussi ?
Non, non, je ne me permettrai pas d'aller sur ce thème-là. Je pense qu'il pense défendre l'intérêt des habitants des Hauts-de-France. Et voilà, on peut comprendre son objectif. Après, la modalité pourrait être plus discutée, parce qu'en fait, pénaliser la SNCF, c'est un peu pénaliser une entreprise publique. Une entreprise publique, elle appartient aux Français.
Donc vous lui demandez de revenir sur sa décision ?
Je voudrais qu'on puisse en discuter dans le cadre, justement, du contrat qu'on a, qu'on trouve les voies et moyens de marquer le coup. Et je trouverais normal que la région de France marque le coup et nous pénalise financièrement. Je trouverais ça normal, puisqu'on n'est pas à la hauteur des attentes. La modalité, la dernière modalité qui a été énoncée, n'est peut-être pas la plus adaptée à la situation.
Le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, invité de France Info, le fil Info à 8h51 avec Mélanie Delaunay.
Près de 50 000 cas positifs en une journée, 10 000 malades à l'hôpital. Cette poussée de l'épidémie de Covid force des hôpitaux à activer le plan blanc, comme Havane, Annecy ou Mulhouse, des opérations déprogrammées. Nous ne sommes pas au pic des hospitalisations, prévient ce matin le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy. Mais Noël n'est pas en danger si nous faisons tous attention. Ils veulent que leur pension soit revue à la hausse. Mobilisation nationale des retraités aujourd'hui appelée à manifester en début d'après-midi à Paris. Pas de concurrents chez LR, que des clones lance Marine Le Pen dans le Parisien.
La candidate du Rassemblement national tacle aussi le nouveau candidat d'extrême droite, Éric Zemmour. La morbidité, dit-elle, ne fait pas un projet. La bonne opération de Marseille en Ligue 1 de football qui devient dauphin du Paris Saint-Germain. Grâce à sa victoire 1-0 à Nantes, les Parisiens, eux, ont calé au Parc des Princes. Zéro partout contre Nice. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brakia. Marc Fauvel.
Toujours avec le PDG de la SNCF, Jean-Pierre Farandou. La SNCF qui a perdu quasiment 800 millions d'euros au premier semestre de cette année. Est-ce que ça va mieux ? Ou est-ce que vous allez finir l'année dans le rouge ?
Alors, c'est vrai qu'on a perdu 800 millions d'euros au premier semestre parce qu'on n'avait pas anticipé le troisième ou le quatrième confinement du printemps. Celui-là, il n'était pas prévu quand on avait fait les budgets l'année dernière. Là, depuis la rentrée, ça va mieux. On a retrouvé des rythmes assez proches, voire proches de ce 2019.
C'est-à-dire que vous gagnez de l'argent aujourd'hui
sur une journée normale ? Oui, là, sur une journée normale, je pense qu'on est revenu à une situation correcte, équilibrée, pas tout à fait au niveau peut-être de 2019, mais très proche, donc pourvu que ça dure. Et sur l'ensemble de l'année 2021, ça va donner quoi ? Là, sur 2021, je pense qu'on sera encore en perte, malheureusement, moins que l'année dernière. On n'a pas encore clôturé les comptes, mais je crains qu'on soit encore en négatif parce qu'on a eu quand même encore une actualité compliquée, notamment le premier semestre. On verra ce que ça donne. Après, sur le long terme, moi, j'ai confiance.
D'abord, l'année prochaine, à ce stade, là encore, on va voir comment les choses évoluent. À ce stade, on est en capacité de tenir l'objectif qui nous est donné d'être à l'équilibre global pour le groupe SNCF en 2022. C'est sur ces bases-là que le budget 2022 est construit. Et sur le moyen terme, moi, j'ai confiance dans le ferroviaire. Vous savez, j'ai une grande ambition. Je veux doubler le volume de voyageurs dans les trains, de marchandises dans les trains plutôt que dans les camions. Et bien sûr, dans ce contexte-là, on va dégager des cash flows positifs. Et le cercle vertueux cash flow positif, investissement, amélioration, innovation, il va s'enclencher.
Donc moi, j'ai vraiment une grande confiance parce que je le rappelle, le train est le mode de transport qui permet de faire des déplacements durables, de protéger la planète. Il produit beaucoup moins de CO2 que les autres modes. dont j'ai confiance dans l'avenir du train.
C'est-à-dire qu'il n'est pas question aujourd'hui de demander une nouvelle aide à l'État ?
À ce cas-là, si les comptes ne sont pas perturbés par une évolution sanitaire qui, à nouveau, nous remettrait dans une situation très compliquée, je n'ai pas besoin d'une nouvelle aide de l'État.
Il y a un projet aujourd'hui, une future ligne à grande vitesse qui suscite un peu de crispation du côté de Bordeaux, Salia Bracliard.
Effectivement, le projet de ligne grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse qui crée beaucoup de tensions. Pierre Urmic, le maire écologiste de Bordeaux, il est farouchement opposé. On écoute pourquoi. On a déjà englouti des milliards d'euros dans les LGV. On a vu que ça a asséché nos territoires, que la clientèle des TGV, c'est 10% de la clientèle SNCF. On est en train de sacrifier 90% des usagers quotidiens du train. Tous ces gens qui habitent dans la périphérie de nos villes, qui ont besoin du train pour venir travailler, qui, ces dernières années, ont subi une dégradation importante du service ferroviaire, au motif que l'idéologie, le dogme, était auto-TGV.
Je dis qu'il faut changer peut-être maintenant de logiciel. Il faut changer de logiciel, dit le maire écologiste de Bordeaux. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Si on a changé de logiciel, c'est qu'il ne faut plus opposer les trains à grande vitesse et les trains de la vie quotidienne. Il faut faire les deux. Et ce projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, avec son antenne sur Dax, il a les deux. Bien sûr qu'il a un projet, il porte bien son nom, de construction d'une nouvelle ligne pour que la grande vitesse bénéficie au-delà de Bordeaux. En gros, elle s'arrête à Bordeaux, aujourd'hui, la grande vitesse. Et pourquoi le Grand Sud-Ouest ne bénéficierait pas aussi de l'effet grande vitesse ? Voilà, c'est le premier sujet. En termes de développement économique, c'est important. Mais aussi pour offrir une alternative à l'avion.
Il faut être crédible. Sinon, il n'y a pas d'alternative. Deuxièmement, bien sûr que ce projet, il intègre comment on améliore l'accès au sud de Bordeaux. C'est ce que dit M. le maire de Bordeaux. Comment, effectivement, il faut créer de la capacité, mais on le fera au moins au moins que la LGB. Et pareil au nord de Toulouse. Il y a le pendant côté toulousain. dans le sud de Bordeaux, nord de Toulouse.
Donc quand il parle de dégradation du réseau ferroviaire pour ceux qui habitent en périphérie des grandes villes comme Toulouse ou Bordeaux, vous dites, il n'y aura pas de problème. On va justement améliorer ça aussi ?
Oui, parce qu'il n'y a pas de dégradation. Il y a manque de capacité. Voilà, le sujet, c'est qu'il faut créer des voies nouvelles. Et quand on fait ce nouveau tuyau, quelque part, qui est une grande vitesse, bien évidemment, il faut rajouter de la capacité sud de Bordeaux, nord de Toulouse. Mais du coup, ça va se faire ou pas ? Ça va se faire ou pas ? Ah ben ça, ça va se faire. Ça, ça dépend du financement. Ça ne dépend pas du président de la SNCF. L'État...
Le financement, c'est en partie la région. Elle a déjà dit oui. Alors il y a la région Occitanie. C'est l'État qui a déjà dit oui.
Jean Castex l'avait annoncé il y a quelques mois. Il manque qui ? Il faut que les tours de table se fassent. C'est-à-dire que l'État a indiqué la part qu'il mettait sur la table. En plus, il a donné finalement aux deux ensembles, région Occitanie et les collectivités d'Occitanie, d'un côté, région Nouvelle-Aquitaine et les collectivités Nouvelle-Aquitaine de l'autre, des objectifs de bouclage, d'enveloppes. Si on additionne les trois enveloppes, ça doit faire le financement du projet. C'est ça qui est en train d'être discuté aujourd'hui.
Et un maire ne peut pas mettre son veto à un projet comme celui-ci ?
En termes de veto, non. Là, on n'en est pas... On a donné à trouver la capacité financière de financer le projet. Je le redis, pour moi, c'est un projet intéressant. Même en stratégie globale, en stratégie nationale voire internationale, c'est comment on développe cette bande sud du pays. On a de très belles villes. Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Nice. Comment on arrive à relier de manière performante au plan ferroviaire ces grandes villes pour donner un essor à la bande sud de notre pays ?
Au mieux, le premier TGV entre Toulouse et Bordeaux, c'est pour quand ? Ah, là, là, au mieux.
Ils l'attendent depuis... Une bonne dizaine d'années. Si on est arrivé à boucler les financements. Oui, il faut 10 ans à peu près pour construire des lignes nouvelles. Il y a les temps des enquêtes. Il y a tout un tas de procédures, vous savez, qu'il faut faire. Et c'est normal, l'étude d'impact, etc. à partir du financement que les premiers trains circulent sur cette nouvelle ligne.
Merci beaucoup, Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, invité ce matin de France Info. Bonne journée à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr.
Jean-Pierre Farandou