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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 mai 2021 26 min

Aides à l'économie sociale et solidaire, Marine Le Pen... Le "8h30 franceinfo" d'Olivia Grégoire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivia Grégoire. Bonjour. C'est le premier long week-end après le déconfinement, c'est un week-end de retrouvailles en famille, c'est un week-end où on souffle après près de deux mois de confinement parfois. Est-ce que vous craignez un relâchement des comportements, des gestes barrières ?

0:15
Olivia Grégoire

Je crois pas. Moi j'ai envie de dire qu'il faut se fonder sur ce qu'on a vu, sur le comportement hyper responsable des Français. Souvenez-vous, c'est pas si longtemps, à Noël, il y avait pas mal d'appréhensions lors des déplacements, des retrouvailles en famille. Et les Français avaient été très responsables, ils avaient augmenté les tests et pour la plupart avaient pris des mesures extrêmement sérieuses, préservation des gestes barrières, attention maximum à l'endroit de nos plus aînés. Moi j'ai confiance en eux, confiance dans leurs responsabilités. Ils ont bien compris qu'on était tous dans le même bateau, soit on était sérieux tous ensemble, soit cet enfer continuerait.

Par conséquent, j'ai confiance en eux. Ce qui compte, je dirais, c'est... Moi ce qui m'importe, c'est plutôt après. C'est lorsqu'à compter du 30 juin, début juillet, ça va commencer à vraiment se réouvrir. Et c'est quand on a plus besoin de faire attention, je dirais qu'il va falloir faire encore plus d'attention. Mais pour ce week-end, je suis plutôt confiante et heureuse qu'ils puissent se retrouver et profiter un peu.

1:10
Locuteur non identifié

Mais là, dès maintenant, il y a un peu plus de 19 millions de personnes qui ont reçu leur première dose. Vous leur demandez d'être prudent ?

1:16
Olivia Grégoire

Je crois qu'il faut continuer à être prudent, déjà tant qu'on n'est que primo-vacciné, qu'on n'a pas sa seconde dose de vaccination, ce qui est le cas de nombre de Français. Vous avez totalement raison, on était hier soir à 18,9 millions de Français vaccinés. Et l'objectif fixé par le Premier ministre de 20 millions sera atteint le 17 mai. Je veux dire que hier, c'est plus d'un tiers des 2200 centres de vaccination qui étaient ouverts. Tous les centres de vaccination sont ouverts pendant ce week-end, nocturnes compris. Et nous en profitons aussi pour mobiliser...

1:46
Locuteur non identifié

Pas tous, il y a la moitié des centres de fermer, selon Doctolib.

1:49
Olivia Grégoire

Alors, ce n'est pas l'information que j'ai. Moi, l'information que j'ai, c'est que ce week-end, on peut se faire vacciner et que c'est aussi ouvert en nocturne. On a mobilisé, pour vous dire, 500 000 vaccinateurs en plus, des aides-soignants, des kinés, des infirmiers, pour pouvoir vacciner. Et on leur donne évidemment une prime pour les encourager à être à nos côtés. Je crois que, moi, c'est les chiffres que j'ai du ministère de la Santé. Il y a un gros effort et le chiffre sera atteint de 20 millions lundi. C'est ça qui compte.

2:12
Présentateur

Oui, donc avec deux jours de retard, mais on est globalement sur l'objectif du gouvernement. Vous dites qu'on continue à vacciner, mais certaines voix s'élèvent pour qu'on adapte cette campagne de vaccination, justement, à ces week-ends prolongés. Écoutez ce qu'en disait hier soir sur France Info, Franck Louvrier, le maire des Républicains de La Baule.

2:30
Locuteur non identifié

Il faut une vaccination saisonnière. Il ne faut pas uniquement penser qu'on va autant vacciner à Paris au mois d'août qu'on va vacciner autant et plus, sans doute, à La Baule au mois d'août. Donc voilà, il y a vraiment un équilibre à retrouver. En termes de moyens, pour l'instant, je ne suis pas à même aujourd'hui de vous dire si nous serons capables de répondre à ce souhait de vouloir se faire vacciner sur son lieu de vacances.

2:51
Présentateur

Comment faire pour adapter cette demande qui va donc forcément être plus forte sur les lieux de villagiature bien sûr que dans les grandes villes ?

2:59
Olivia Grégoire

Franck Louvrier connaît bien le fonctionnement de l'État. Il a été pendant des années au cœur de l'État. Il sait aussi que ce n'est pas une petite gageur que d'assurer la logistique de cette vaccination. Ça n'est pas rien. Ça paraît pour certains, surtout certaines oppositions, ce n'est pas le cas des propos de Franck Louvrier, mais ça peut paraître parfois caricaturellement facile. Ça ne l'est pas. À cette heure, la doctrine qui peut évoluer, je ne suis pas ministre de la Santé, mais à cette heure, on doit se faire vacciner au même endroit la seconde fois que la première. Pourquoi ? Pour des raisons logistiques, de traçabilité, d'accompagnement, ce qui me semble normal.

3:33
Présentateur

Donc on évite de se faire vacciner sur son lieu de vacances ?

3:36
Olivia Grégoire

On peut se faire vacciner avant de prendre son train, on peut se faire vacciner avant de partir. On peut aussi anticiper, et vous le savez, et vous avez cité Docte Libre, que j'en profite pour remercier, ils font un super boulot, et on a quand même des belles entreprises françaises à nos côtés. Vous avez aujourd'hui possibilité, dès que vous avez plus de 18 ans, d'obtenir des créneaux à partir du moment où les rendez-vous ne sont pas pris. Ça veut donc dire que même étant bien en deçà de l'âge de 50 ans, vous pouvez à 30 ans parvenir à obtenir des créneaux.

4:02
Locuteur non identifié

Oui, il y a 20 000 rendez-vous à peu près par jour, et il y a eu 29 millions de recherches en 48 heures sur 8 Madoz.

4:07
Olivia Grégoire

Bien sûr.

4:08
Locuteur non identifié

Donc quand est-ce qu'on ouvre à tout le monde ? On attend le 15 juin ?

4:10
Olivia Grégoire

On attend le 15 juin. Et pourquoi attendre si longtemps ? C'est pas si longtemps, je vais vous dire. Il y a un moment, il y a une progressivité qui a été mise en place, il y a une règle. La règle, c'est priorité aux plus fragiles, priorité aux personnels médico-sociaux, priorité aux cas de comorbidités, aux femmes enceintes, aux comorbidités possibles. Et tout de même, Olivier Grégoire... On va arriver à un cap le 20 mai. Je veux dire, moi, je ne dévierai pas, donc j'ai plaisir à répondre aux questions, mais je ne dévierai pas de la stratégie qui est celle posée par le Président ministre. Elle est progressive, elle est pragmatique, elle est prudente. On ne va pas accélérer.

On fait en sorte que rien ne se perde. Il y a de l'anti-gaspi, de l'ESS dans cette vaccination, parce qu'on ne perd pas les doses. On les propose à ceux qui n'ont pas 50 ans et qui veulent se faire vacciner rapidement. On essaye de s'adapter au mieux, mais il n'est pas question de changer de doctrine à l'aune des semaines,

5:01
Présentateur

sinon ce n'est pas une doctrine. Simplement, ça veut dire qu'il va falloir commencer à sortir le calendrier, parce qu'il y a 12 semaines entre deux doses. Il y a 42 jours même dans le cas d'AstraZeneca, et donc il faut penser à ça, à la seconde dose qui risque de tomber en plein mois de juillet ou mois d'août.

5:16
Olivia Grégoire

Mais on y pense et je pense bien qu'Olivier Véran y travaille. L'enjeu, c'est de voir peut-être comment il peut améliorer, desserrer, à l'aune de ce que vient de dire Franck Louvrier.

5:26
Locuteur non identifié

On peut envoyer des doses dans les zones touristiques, plus de doses ?

5:28
Olivia Grégoire

On peut essayer de réfléchir à ça. Je ne doute pas qu'Olivier Véran soit en train d'y réfléchir au ministère de la Santé. Moi, étant ministre à Bercy, à cette heure, les informations dont je dispose, c'est qu'on doit se faire vacciner la deuxième fois au même lieu que la première. Si on a possibilité, compte tenu des doses et de la masse de faire évoluer la pratique, on le fera. Vous pensez bien qu'on ne joue pas avec ça. Notre objectif, c'est d'arriver le plus vite possible à faire vacciner tout le monde et les 12 semaines, elles sont bien intégrées.

5:53
Locuteur non identifié

Et pour l'été, est-ce qu'il y aura des doses ? Est-ce qu'il y aura suffisamment de bras, surtout ?

5:57
Olivia Grégoire

C'est tout l'objet de ce qu'on fait. Suffisamment de bras, vous voyez, je vous le disais, on en a mobilisé 500 000 de plus et je la remercie pour ce pont de l'ascension. Ce n'est pas le pont de la vaccination, ça vaccine. On travaille, évidemment. Agnès Pannier-Runacher, il travaille jour et nuit aux côtés de Bruno Le Maire pour qu'on ait les doses. On a aujourd'hui les doses nécessaires. Vous savez, il y a un mois, on nous disait vous n'aurez jamais 20 millions le 17 mai. Bon, moi je suis assez pragmatique, assez basic. Il s'avère que le 17 mai, on sera peu ou prou à un jour près à 20 millions. À 7 heures, on tient la cadence.

6:26
Locuteur non identifié

Mais vous allez réquisitionner du personnel pour cet été ?

6:29
Olivia Grégoire

Réquisitionner, c'est un mot un peu frontal. On encourage, on incite, on rémunère ceux qui vont donner de leur temps pendant leur congé, notamment dans le personnel médico-social. C'est ce qu'on a déjà commencé à faire avec des primes, par exemple, je ne veux pas trop parler d'argent de bon matin parce qu'on parle de sanitaire, mais des primes qui sont aussi adoptées par exemple pour les nocturnes, ce qui n'était pas forcément le cas avant. Donc réquisitionner, je ne sais pas, inciter et rémunérer à la hauteur de leur engagement, ça c'est sûr.

6:56
Présentateur

Olivier Grégoire, secrétaire d'État à l'Économie sociale et solidaire, on va parler dans un instant de la relance, de la reprise et notamment dans le secteur de l'Économie sociale et solidaire juste après. Un coup d'œil sur le fil Info à 9h moins 20 avec Diane Ferchit.

7:09
Locuteur non identifié

Un avis de recherche nationale a été lancé, cela fait 4 jours que les gendarmes recherchent Valentin Marcon dans les Cévennes, le jeune homme de 29 ans soupçonné d'un double meurtre dans un message audio. Son père l'a appelé à se rendre aux forces de l'ordre. Nous sommes tous avec toi, lui dit-il. Notre espoir est toujours de l'arrêter vivant, affirme pour sa part sur France Info le procureur de la République de Nîmes. Alors que la Guyane se reconfine pour deux semaines, la métropole se prépare à une nouvelle phase de liberté. L'objectif de 20 millions de vaccinés d'ici la fin de la semaine semblant pas d'être atteints.

Plus de 19 millions de Français ont reçu au moins une dose et le projet de passe sanitaire largement plébiscité par les Français. Ils sont 6 sur 10 à approuver sa mise en place afin de retrouver une vie normale d'après notre sondage au Doxa Backbone Consulting pour France Info. La vie normale, ou presque en tout cas, pour les vaccinés aux Etats-Unis, plus besoin de masques en extérieur mais aussi en intérieur. Un grand jour, selon le président Joe Biden. L'armée israélienne fait marche arrière ce matin après avoir annoncé une incursion terrestre dans la bande de Gaza. Elle dément. Le conflit se poursuit déjà plus d'une centaine de morts, surtout côté palestinien. France Info

8:14
Présentateur

Le 8.30 France Info, Laurin Sénéchal, Marianne Théolère.

8:20
Locuteur non identifié

Avec la secrétaire d'État chargée de l'économie sociale et solidaire, Olivia Grégoire. On parle beaucoup des aides pour les restaurants, les commerces, les entreprises. Est-ce qu'il reste de l'argent pour l'économie sociale et solidaire pour le monde associatif dont vous avez la charge ?

8:31
Olivia Grégoire

Alors déjà, les acteurs économiques de l'ESS, économie sociale, solidaire et responsable, mutuelle, coopérative, entreprises solidaires d'utilité sociale, fondation et association, il y a cinq acteurs économiques dans l'ESS, sont tous éligibles et ont tous eu droit aux mêmes aides que le reste des entreprises. Le prêt garantie d'État, le fonds de solidarité, la suspension des charges sociales, tout ça a été mis en œuvre pour les entreprises de l'économie sociale et solidaire. force est de constater que sur les 206 milliards d'euros à date qui ont été injectés dans l'économie pour aider nos entreprises et les acteurs de l'économie sociale et solidaire, il y a une réalité.

Les associations, notamment, ne vont pas assez chercher, demander ces aides. C'est ce qu'on appelle d'ailleurs... Elles ne les connaissent pas ? Elles ne savent pas ? Il y a plein de raisons. Vous avez bien raison. Ce qu'on appelle le non-recours. Un, elles peuvent ne pas les connaître. D'où l'importance d'en parler sur des médias comme le vôtre de Bon Matin pour leur faire connaître ces aides. Elles ont le droit à ces aides. Deux, aussi, et souvent, comme dans les ménages les plus précaires, on remarque que beaucoup d'associations se disent « je ne vais pas demander parce que je ne vais pas être éligible et je n'aurai pas droit ».

Donc, il y a une forme d'auto-censure et moi, je veux dire avec force ce matin qu'elles ont le droit à toutes les aides. Elles ont le droit en plus à une aide spécifique que j'ai mise en place pour elles, le dispositif Urgence ESS. C'est 30 millions d'euros en plus. C'est de l'urgence pure. On ne parle pas de relance ici. Mais c'est pour qui alors ? Qui est éligible ? C'est pour tous les acteurs de l'économie sociale et solidaire qui ont moins de 10 salariés, associations comprises. Elles peuvent obtenir en 15 jours 5 à 8 000 euros d'aide directe. On n'est pas ici sur un prêt à taux zéro.

C'est une subvention directe pour leur permettre d'aider, d'accompagner un peu leur trésorerie qui est très faible. C'est un des marqueurs de l'économie sociale et solidaire. On a aujourd'hui plus de 10 millions d'euros qui ont déjà été décaissés sur cette aide. Il en reste à peu près entre 15 et 20 millions d'euros. Il faut se connecter sur urgence-ess.fr remplir un petit questionnaire qui est hyper simple. Et vous avez la réponse en 15 jours. Il faut que les associations demandent ces aides. Et je pense notamment aux plus petites. Pour l'instant, on a plutôt réussi. J'ai plutôt réussi à adresser cette aide à celle qui n'avait rien eu.

62% des structures qui sont aidées avec ce fonds d'urgence sont des structures qui n'avaient pas eu le fonds de solidarité. Et on remarque quoi ? On remarque que ce sont principalement les associations culturelles et les associations sportives qui font appel à ces aides. Ça, c'est vraiment du domaine de l'urgence. Je veux juste vous dire qu'il y a aussi 1,3 milliard d'euros dans le plan de relance pour les acteurs de l'ESS, dont 200 millions d'euros déjà directement pour les associations. On est en train de décaisser ces aides pour les associations.

11:05
Locuteur non identifié

Les associations de lutte contre la pauvreté ?

11:07
Olivia Grégoire

Exactement. Et en faveur de l'hébergement d'urgence. Toutes les semaines, je me déplace. J'étais encore mercredi à Saint-Denis pour apporter une aide de plus de 200 000 euros, presque 300 000, à une association qui aide des mamans en difficulté. La semaine d'avance, c'était 396 000 euros pour une association parisienne qui fait de l'aile alimentaire. On est en train de décaisser ces 200 millions d'euros.

11:29
Présentateur

La relance, c'est maintenant. Comment vous faites, Olivier Grégoire, pour les petites entreprises ou les associations qui doivent commencer à rembourser les prêts garantis par l'État dont vous parliez ? Parce que les échéances, elles commencent pour celles qui ont obtenu ces prêts au tout début de la crise. Et parfois, elles n'ont pas les moyens de les rembourser.

11:44
Olivia Grégoire

Déjà, et je peux vous garantir que la Fédération bancaire française est à mes côtés, comme la Banque de France, il y a eu de la bienveillance et de l'indulgence à l'endroit des acteurs associatifs. Par exemple, les associations qui ont eu des découverts dépassés au mois de décembre, au mois de novembre ont eu une bienveillance et n'ont pas été ennuyés par leurs banques. Je n'ai pas eu, pour vous dire, au cabinet, je n'ai pas eu, alors que je l'ai demandé à ce qu'on me le fasse remonter, une seule association qui se soit vue mise en difficulté parce que le découvert autorisé était dépassé. Les acteurs bancaires, on les critique souvent, il faut aussi les remercier quand ils sont à la hauteur.

Aujourd'hui, il y a possibilité toujours et encore de discuter avec son banquier. C'est pareil avec les impôts. C'est pareil avec la dette sociale. La meilleure façon de se confronter au problème, déjà, si on a un problème, c'est d'aller en parler au médiateur du crédit. Si on a un crédit, ils sont disponibles pour les associations d'en parler à sa banque. Et donc, déjà, le dialogue. Et si jamais il y a des difficultés, je le redis, Bruno Le Maire le dit souvent, ça paraît dingue, mais on le fait. On traite au cas par cas à Bercy avec la direction générale des entreprises, les acteurs économiques qui ont des difficultés encore.

Donc, pour les associations qui auraient du mal, tout est possible. On peut étaler le remboursement. Vous voyez, on a annoncé avant-hier que la dette sociale, 12 milliards d'euros, la dette sociale serait étalée sur 3 ans. On aura 3 ans au moins pour rembourser les dettes sociales qui n'auront pas été remboursées à date. Donc, on est indulgent, on laisse le temps, de la progressivité aussi là-dedans. Alors,

13:15
Locuteur non identifié

vous parlez de la relance, la relance c'est maintenant. Dites-vous, est-ce qu'il y aura un deuxième plan de relance, d'investissement ? Est-ce que les aides seront conditionnées à un engagement environnemental ou social ?

13:26
Olivia Grégoire

Alors, moi, c'est votre fonction, donc c'est normal. C'est Emmanuel Macron lui-même qui a un plan d'investissement. Mais Emmanuel Macron est le président de la République, ça n'a échappé à personne. Moi, je suis une modeste secrétaire d'État et à Bercy, avec Bruno Le Maire, on conduit la relance. Donc, aujourd'hui, déjà, vous voyez, on est à un peu plus de 30 milliards d'euros décaissés sur les 100 milliards. On est donc dans les clous de ce qu'on avait fixé, mais ça veut dire qu'il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent en ce moment même qui est en train d'être déployé pour financer des entreprises.

13:55
Présentateur

à Bruxelles parce que la Pologne notamment n'a toujours pas ratifié pour le relance européen. Mais pas que ça,

13:59
Olivia Grégoire

c'est pareil, vers vide, vers plein. Moi, je vous parle de 30 milliards qui sont aujourd'hui décaissés, peu importe que Bruxelles ait voté ou pas à 7 heures. Il y a 40 milliards français, il y en a 30 qui sont décaissés au moment où je vous parle et donc ça veut dire que l'argent, il est injecté dans nos entreprises. Le temps doit être notre allié. Il faut aller vite si on veut que les entreprises soient debout en fin d'année et l'année prochaine. Donc d'abord, on passe 2000% de nos journées à faire en sorte que le décaissement soit effectif et les financements arrivent dans les entreprises et notamment les entreprises de tous les territoires, l'industrie, etc.

Est-ce qu'il y aura à un moment ou à un autre une réflexion nécessaire sur un investissement de plus long terme ? C'est-à-dire, je ne vous parle pas d'un deuxième plan de relance exactement le même, je vous parle de ce qu'a dit Bruno Le Maire, c'est-à-dire peut-être une adaptation et des financements supplémentaires sur le long terme, ça fait partie des sujets sur lesquels nous réfléchissons.

14:45
Locuteur non identifié

Conditionné à un engagement environnemental ou social ? Alors ça,

14:49
Olivia Grégoire

c'est un vrai débat, un grand débat qui s'appelle la conditionnalité des aides publiques. C'est un débat que nous avons eu, j'ai siégé trois ans et demi en tant que vice-présidente à la commission des finances au Parlement, c'est un débat que nous avons eu pendant l'urgence et l'an passé notamment lors des projets de loi de finances. Ça n'a pas été accepté. Pourquoi ? Non pas parce que nous avons un a priori ou que le gouvernement est contre et pas du tout. Il y a du sens dans cette approche.

En revanche, en crise, en période de crise, ce qui était le cas l'an passé, ce qui est encore pour partie le cas quand même au plan économique, le signal majeur pour les entreprises mais aussi pour les marchés, c'est la confiance. La confiance, ça veut dire que si vous conditionnez, si nous avions conditionné les PGE ou le Fonds de solidarité pour des petites entreprises à des engagements environnementaux qui auraient possiblement été définis après, elles ne seraient tout simplement pas aller chercher les aides. Et c'est là qu'est le drame. Donc, à chaud, on n'a pas voulu. Est-ce qu'à froid ou est-ce que de façon plus tiède dans les mois ou années qui viennent, ce sujet se posera ?

Je n'ai aucun doute et nous n'avons aucune frayeur à l'adresser. J'y travaille personnellement sous les radars, comme on dit, mais c'est un vrai sujet. Est-ce qu'à chaud, il fallait le faire ? Je ne crois pas. À froid, à réfléchir.

15:56
Présentateur

La reprise, en tout cas, elle arrive. 5% de croissance, c'est ce qu'attend le gouvernement pour cette année. 5,7. Ça a même été revu à la hausse par Bruxelles, mais pour l'instant, le gouvernement reste sur 5%. En tout cas, ce qui risque d'arriver avec la reprise, c'est quelque chose qu'on n'a pas vu depuis des années, c'est l'inflation. 4,2% d'augmentation des prix prévus aux Etats-Unis du jamais vu depuis 2008. Est-ce qu'en France aussi, il faut craindre une augmentation des prix ?

16:18
Olivia Grégoire

On surveille de très près. À cette heure, on n'est pas du tout sur les mêmes chiffres qu'aux Etats-Unis. Plutôt sur 1% en France, 1,2. Oui, 1,2, exactement. Et sur certains biens et produits spécifiquement, l'essence, le tabac. Ce qui est très important, c'est que ça ne devienne pas structurel et que ça ne contamine pas cette inflation, l'ensemble des biens, notamment de première nécessité. Nous sommes extrêmement attentifs à Bercy. À cette heure, on n'est pas inquiet, mais ça fait partie des fondamentaux qu'on observe de très près. Il ne faudrait pas que la relance, s'accompagne d'une hausse des prix. Il faut aussi considérer que les ménages les plus fragiles sont en difficulté.

Beaucoup d'entre eux ont vu leurs emplois vaciller. Pour partie, certains les ont perdus. L'inflation est un mal que nous surveillons de très près à Bercy. On n'est pas inquiet à cette heure. On est vigilants. Olivier Grégoire,

17:10
Présentateur

secrétaire d'État de l'Économie sociale et solidaire. Vous restez avec nous. On jette juste un coup d'œil sur le fil info à 9h10 avec Diane Ferchit.

17:17
Locuteur non identifié

Un relâchement dans les mesures sanitaires ainsi qu'un variant brésilien plus agressif. qui explique selon le préfet de Guyane la situation dans le territoire français. Il est reconfiné pour deux semaines. Les écoles vont rester ouvertes. Nous sommes tous avec toi. Il n'y aura pas feu si tu te rends maintenant les mots du père de Valentin Marcon, le fugitif des Cévennes. Un message audio diffusé par Haut-Parleur dans la zone où le jeune homme est censé se trouver. Mais il a pu échapper au maillage serré des gendarmes, précise le procureur de la République de Nîmes. Quatre jours que Valentin Marcon est en fuite depuis le double meurtre de son patron et d'un collègue mardi.

La manifestation pro-palestinienne prévue à Paris samedi est interdite. L'expression de la solidarité avec le peuple palestinien est systématiquement réprimée. Dénonce sur France Info l'association France-Palestine Solidarité. Au Proche-Orient, les combats se poursuivent. Ils ont déjà fait plus de 100 morts, dont une trentaine d'enfants. Des victimes principalement palestiniennes. 103 millions de dollars. Le prix de femmes assises près d'une fenêtre. Un Picasso vendu aux enchères à New York hier après 19 minutes de bataille entre collectionneurs. 103 millions de dollars. C'est le double du montant de l'estimation initiale de l'œuvre. France Info

18:24
Présentateur

Le 8.30 France Info Laurin Sénéchal Marianne Théolère Toujours avec Olivia Grégoire, la secrétaire d'État à l'économie sociale et solidaire. Il n'y aura pas de liste en marche au régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur puisque votre collègue du gouvernement Sophie Cluzel a renoncé et apporte son soutien à la liste Les Républicains du président sortant Renaud Musulier mais qui comprend aussi des membres de La République En Marche. Il y a eu des semaines d'altermoiement. Sur France Info Sophie Cluzel la semaine dernière disait qu'elle conduirait une liste jusqu'au bout. Tout ça pour ça finalement. Est-ce que vous n'avez pas peur que les électeurs soient un peu déboussolés ?

C'est un feuilleton oui. Ça nous a tenu en haleine.

19:05
Olivia Grégoire

C'était un très bon film. C'est devenu un feuilleton. Bon. Position de Sophie Cluzel moi je ne suis pas très fan des EDL langue de bois donc je vais vous dire le fond de ma pensée. Les éléments de langage. Oui c'est pas mon truc. J'ai mon propre langage et j'assume mes positions. Position difficile pour Sophie Cluzel délicate en tout cas.

19:25
Présentateur

Vous l'avez eu au téléphone depuis ?

19:26
Olivia Grégoire

Elle sait le soutien que je lui apporte pour ce qu'elle fait déjà depuis 4 ans au gouvernement sur un sujet qui me tient à coeur et c'est une femme engagée. Et je sais et j'imagine que ça a dû être inconfortable. La politique c'est difficile. Qu'est-ce que je remarque ? Très prosaïquement. Je remarque que 22% des candidats de la liste de Renaud Muselier sont des acteurs locaux qui sont La République En Marche. Donc je remarque qu'il y a une forme de cohérence quand même dans la liste de Renaud Muselier. Il avait dit pas de classique, pas de parlementaire, pas de ministre. C'était valable pour les républicains, pour La République En Marche. Pourquoi ?

Pas pour embêter le monde parce qu'il voulait une liste purement régionale avec des compétences. C'est le mot qu'il avait à la bouche sans arrêt. Régionale. En ça, la liste est cohérente. et je trouve donc qu'à la fin du feuilleton ou du match qui n'est pas encore terminé, je vous l'accorde, en tout cas la saison 1 démontre que nous avons une liste où il y a des acteurs locaux engagés de La République En Marche aux côtés d'acteurs locaux engagés de Les Républicains.

20:20
Locuteur non identifié

Elle doit intégrer la liste, Sophie Cluzel ? Ah non. Elle doit démissionner ? De toute façon, c'est pas possible. C'est la condition posée par Renaud Muselier.

20:26
Olivia Grégoire

La condition a été posée. Elle n'intègre pas la liste. Elle n'a pas vocation à démissionner. Et je trouverais dommage d'ailleurs qu'elle le fasse. Encore une fois, compte tenu de son engagement majeur. Moi, ce que j'ai envie de dire ce matin, c'est une chose. C'est que j'ai écouté Eric Wirt, notamment sur les médias il y a quelques jours. J'ai beaucoup écouté aussi des gens assez calmes, assez posés de la droite républicaine et humaniste. Et je dois dire que je suis intimement convaincu et je les connais un peu, intimement convaincu que peu importe ce feuilleton de PACA, la clarification politique chez les Républicains, ce n'était pas une option.

Ça s'est passé sur les régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Je pense que ça se serait passé tout de même, quoi qu'il arrive, même sans l'épisode PACA. Pourquoi ? Parce que quand vous écoutez, comme je l'ai fait pendant trois ans et demi, les Républicains, par exemple au Parlement, et c'est une famille que je respecte au même titre que le Parti Socialiste, ce sont de grands partis d'opposition modérée. Vous-même, vous avez travaillé avec Xavier Bertrand, avec Jean-Pierre Apparal il y a quelques années. pour une personnalité politique d'ailleurs qui a quitté les Républicains. Et moi, je remarque que beaucoup des modérés, des humanistes plutôt, ont quitté les Républicains.

Ça fait quand même quelques années que les Républicains ont un bateau qui tangue. Et encore une fois, je ne m'en réjouis pas, ce n'est pas une très bonne nouvelle pour l'équilibre démocratique. Qu'est-ce que je remarque ? Je remarque aujourd'hui, qu'est-ce qui rassemble un Éric Ciotti et un Renaud Muselier ? Qu'est-ce qui rassemble économiquement, pour sortir un peu de la polémique, un discours économique comme celui de Guillaume Pelletier qui veut augmenter la TVA, qui veut remettre la TVA sociale au milieu du jeu, etc.

22:01
Présentateur

Il veut augmenter les salaires aussi,

22:03
Olivia Grégoire

Guillaume Pelletier. Oui, mais avec des voies et moyens qui sont assez étonnants et qui ne correspondent absolument pas à la matrice des Républicains. Qu'est-ce qu'il y a de commun aujourd'hui entre un Guillaume Pelletier et un Éric Wörth ? Entre une Michelle Tabarro et un Laurent Wauquiez ? Je crois qu'il n'y a plus rien en commun. Et je crois que cette clarification politique, elle aurait eu lieu quoi qu'il advienne et peu importe l'épisode de PACA. Moi, j'ai un objectif dans mon engagement politique. Un, qui s'énonce très clairement. Battre le Rassemblement National ou à défaut, le faire battre.

22:35
Locuteur non identifié

Oui, mais justement, cette alliance, LR-LAREM, elle ne change rien dans les intentions de vote. On l'a vu dans notre sondage cette semaine. Dans tous les cas de figure, le RN est en tête au premier tour.

22:44
Olivia Grégoire

Moi, les sondages, je les lis. Les sondages, je ne les commande pas.

22:48
Locuteur non identifié

Ils sont même plus forts au premier tour avec cette alliance.

22:50
Olivia Grégoire

Les sondages, je ne les commande pas. D'abord, vous avez de multiples sources sondagières sur ce sujet, variables, beaucoup de respect pour eux, mais ce n'est pas avec ça que je conduis ma pensée politique. Je sais que le suspense est incommensurable. Je pense qu'on est assez grand et assez raisonnable dans notre pays pour attendre de voir ce que donneront les résultats le 20 et le 27 juin. Je disais la même chose il y a quelques jours sur la liste de Sophie Cluzel, possible ou pas, le résultat le 17 mai. Vous voyez, on a même eu le résultat avant. Donc laissons un mois et on verra ce que ça donne.

23:21
Présentateur

Vous parlez de clarification politique au sujet des Républicains mais chez vous également. Quelle ligne faut adopter par exemple face au Rassemblement National ? Celle d'Éric Dupond-Moretti qui traite Marine Le Pen de raciste ou celle de son collègue de l'intérieur, Gérald Darmanin qui lui dit que Marine Le Pen est trop molle sur l'insécurité ou l'immigration ?

23:39
Olivia Grégoire

Je vois bien les références que vous faites et mis bout à bout, on peut considérer qu'il y a des divergences. Moi je peux vous dire qu'il n'y a pas l'ombre du début d'un papier de feuille à cigarette entre Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin quant à l'opinion qu'ils ont et que je partage de Marine Le Pen. Nous on est extrêmement clair. Qu'il y ait des divergences dans un parti politique, dans un mouvement politique, c'est pas grave, c'est même plutôt signe de vitalité. Qu'il y ait des oppositions irréconciliables comme je le disais au sein des Républicains il y a quelques minutes, ça c'est plus grave.

Et comme sur la laïcité au sein de La République en Marche on a mis l'épisode avec cette candidate. J'ai aucun problème à en parler mais juste Dupond-Moretti et Darmanin sont parfaitement alignés. L'ennemi raciste à abattre, l'ennemi de la République, c'est Marine Le Pen.

24:22
Présentateur

Je parlais de cette affaire entre guillemets, en tout cas de cette candidate La République en Marche dans l'héros qui porte un voile sur les affiches dans la campagne, elle n'est plus candidate La République en Marche. Stanislas Guérini lui a retiré le patron du parti En Marche de l'investiture et il a été critiqué pour ça par une grande partie de votre parti. Et il a bien fait, donc moi j'assume. Elisabeth Borne, par exemple, à votre place, la ministre du Travail qui elle vient de la gauche disait qu'elle n'était pas forcément d'accord avec cette ligne du parti à titre personnel.

24:48
Olivia Grégoire

C'est très clair au même titre que moi à titre personnel je suis d'accord avec la décision courageuse pour répéter aussi ce qu'a dit Gérald Darmanin la position de Stanislas Guérini. Soyons très clairs ça a été dit et redit mais il faut encore le redire. En droit, cette jeune femme avait parfaitement le droit au nom du droit électoral de porter le voile. Est-ce que nous en termes de mouvement politique nous sommes favorables à ce que ce signe ostentatoire d'appartenance religieuse soit sur les affiches électorales de La République En Marche la réponse est non. Ma position serait absolument la même si ça avait été une kippa ou si ça avait été une croix trop ostentatoire.

Je crois que dans un moment où il y a beaucoup de choses qui nous séparent et quand on brigue une investiture et un mandat de représentation il faut embarquer le plus de monde possible et ne pas mettre en avant des choses qui peuvent se séparer. Parce que l'affiche

25:34
Locuteur non identifié

elle peut faire campagne avec le voile.

25:36
Olivia Grégoire

Ça n'est pas au programme. Ailleurs, dans un autre parti. à cette heure avec tout le respect que j'ai pour elle et ce n'est pas à demi-même mais ça n'est pas dans nos valeurs de La République En Marche et je pense que Stanislas s'il a été peut-être maladroit sur le retweet etc mais dépassant un peu les tweeters et compagnie sur le fond a fondamentalement raison. Merci beaucoup Olivia Grégoire secrétaire d'Etat d'Economie sociale et solidaire. Bonne journée. Merci. Merci. Merci.