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interviewLe Média (sur YouTube)· 5 décembre 2025 11 min

ISLAMISME : DE MÉLENCHON À LÉNA SITUATIONS, L’ACCUSATION QUI TUE LE DÉBAT

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Benzema, Médine, Lena Situation et Jean-Luc Mélenchon. En 2024, voilà, elle était en décolleté et puis aujourd'hui au festival de Cann et que maintenant elle est habillée un peu à la mode à la mode des frères musulmans si vous permettez l'expression. Nous avons fermé 1100 établissements islamistes et depuis euh quelques semaines, je m'intéresse particulièrement, monsieur Benzema est en lien, on le sait tous, notoire avec les frères musulmans, nous attaquons à une hydre qui sont les frères musulmans parce qu'il donnent un djihadisme d'atmosphère comme le disait Gill Kppel.

Quand à l'ENS, l'école normale supérieure, vous avez par exemple ce rappeur islamiste médine qui est invité. Vous savez celui qui disait qu'il fallait tuer les laïcars par exemple dans notre pays, ils seraient tous en lien avec l'islamisme politique. C'est en tout cas ce que veut faire croire la commission Voquier qui auditionne le fondateur de la France insoumise.

Mais c'est quoi l'islamisme politique ? Êtes-vous un islamiste sans le savoir ? Et pourquoi ce mot revient tout le temps dans le débat public français ?

La commission d'enquête sur les liens entre ell et l'islamisme, j'avais promis de vous tenir au courant. Je vous dis là où on en est. On a fait toute une série d'auditions qui ont apporté des preuves accablantes sur la façon dont les frères musulmans utilisent lesfill pour pousser leur entrisme politique sur la complicité de Lfi.

L'islamisme politique désigne un ensemble de mouvements qui cherchent à organiser la société et ou l'État selon une interprétation politique de l'islam. D'abord, la première chose qu'il faut déconstruire, c'est que l'islamisme politique n'est pas homogène. Il va de partis institutionnels participant aux élections à des groupes révolutionnaires violents.

Et il existe même des entre deux. Tous les mouvements islamistes ne sont ni terroristes. C'est avant tout une idéologie politique comme le sionisme, le socialisme ou le hindutva le sont dans d'autres contextes.

Il existe des partis islamistes réformistes intégrés au jeux démocratique comme Enarda en Tunisie, la KP à ses débuts en Turquie avant la dérive autoritaire ou le PSD au Maroc. Ces parties se structurent sur une volonté de plus de religieux dans la loi mais sans un projet théocratique complet comme c'est le cas en Arabie Saoudite ou en Iran. Et surtout ces parties rejettent le mode d'action violent. et où qu'il frappe qu'il frappe des musulmans ou des non-musulmans.

Nous sommes contre le terrorisme et sans réserve. Nous avons condamné les attentats du 11 septembre de Charlie Heb de Londres et tous les attentats et les crimes terroristes. Nous sommes opposés au terrorisme et nous en sommes les premières victimes.

Des groupes révolutionnaires islamistes utilisent eux la violence comme outil politique mais pas forcément pour un projet théocratique dans le but premier. Le Hammas est un exemple récent, mais plusieurs groupes islamistes se sont structurés dans la lutte contre la colonisation ou contre l'impérialisme. Le politologue et spécialiste de l'islam politique François Burge rappelle que l'islamisme est d'abord un langage politique d'autoaffirmation dans des sociétés post-coloniales.

En bref, il existe énormément de courants différents au sein de l'islamisme politique et des courants qui sont en concurrence entre eux. Mais dans les sociétés occidentales, la griille de lecture unique est de réduire ses organisations aux groupes djihadistes comme Al-Qaïda et Daesh qui n'ont rien à voir avec l'immense majorité des organisations islamistes qui partagent toutes un projet conservateur aux origines religieuses mais avec des degrés de rigorisme différents. Les travaux de l'historienne Sylvie Tenu et de l'anthropologue Emmanuel Blanchard montrent que durant la colonisation française en Algérie, au Maroc et en Tunisie, le pouvoir colonial construit un régime juridique fondé sur l'idée que le musulman est un sujet collectif potentiellement subversif et un corps religieux à surveiller et surtout à discipliner.

C'est la construction d'un indigène non assimilable porteur d'un fanatisme supposé. Les administrations coloniales britanniques, françaises et américaines ont créé une distinction stratégique entre les bons musulmans, les dociles, les loyaux, les invisibles et les mauvais musulmans, ceux qui sont politiques, revendicatifs et visibles. Ainsi, lorsque la France contemporaine parle d'islamisme, elle active inconsciemment une vieille grammaire coloniale, la hiérarchisation entre musulmans acceptable et musulmans menaçant.

L'islamophobie française qui structure le monde médiatique et politique depuis des années maintenant est hérité de cette culture coloniale. Et le mot valise d'islamisme est un outil qui permet de jeter le soupçon et de disqualifier un musulman, un arabe ou simplement des militants antiracistes. Et ça fonctionne.

Notre peine s'est transformée en colère et notre colère en détermination. Que nous livrions nos ennemis à la justice ou que nous fassions justice nous-mêmes, justice sera faite. Depuis 2001, le monde a changé pour les musulmans partout dans le monde.

La guerre contre la terreur a permis de réduire les droits et d'opprimer des millions de musulmans partout sur la planète. C'est une immense porte ouverte des États-Unis à des amalgames entre terroristes djihadistes et partisans pacifiques d'une pratique de l'Islam. Le patriote acte, la surveillance de masse, l'invasion de l'Irak, la torture à Guantanamo s'appuie sur un imaginaire du musulman dangereux produit par l'État lui-même.

Louis Senar documente ce passage brutal des Arabes et musulmans américains dans statut de minorité neutre à celui de menace civilisationnelle. Et la France aussi connaît sa période d'abus. La France est en guerre.

Les actes commis vendredi soir à Paris et près du Stade de France sont des actes de guerre. François Hollande, Manuel Vals, Claude Bartolone et Gérard Larcher rassemblaient à Versailles pour un congrès exceptionnel. Lundi en fin d'après-midi, le chef de l'État s'est adressé au Parlement au complet.

Les travaux du sociologue Didier Fassin montrent que la France a progressivement glissé après les attentats de 2015 vers un régime sécuritaire où l'exception est devenue la norme. L'état d'urgence, d'abord temporaire a été intégré dans le droit commun, ouvrant la voie à un arsenal de mesures administratifs, d'assignation à résidence, de fermeture de lieu de culte, de contrôle facilité. mise en œuvre sans intervention systématique du juge.

Cette évolution s'est accompagnée d'une utilisation sélective et disproportionnée de ces outils contre des associations musulmanes, des mosquées et des acteurs perçus comme racisés. Phénomène documenté par Human Rights Watch et Amnesty International. Le flou conceptuel autour de la radicalisation a permis d'englober dans la suspicion des comportements sans lien avec la violence une tenue, une pratique religieuse, un discours politique faisant de la subjectivité administrative un instrument de sanction.

Dans ce contexte, la loi séparatisme de 2021 a constitué un tournant majeur, officiellement neutre. Elle a été appliquée de manière presque exclusive vers le secteur associatif musulman, consolidant l'idée d'un traitement d'exception. Cette politique d'exclusion ciblée, hérité d'une longue tradition coloniale de surveillance des populations musulmanes construit un problème islamique qui préfère la matraque et la police à l'analyse sociale du rigorisme, de l'islamisation et de la radicalisation.

Est-ce que ça marche ? On pourrait se dire "D'accord, les amalgames sont injustes, mais peut-être qu'ils permettent au moins de lutter contre le terrorisme et la radicalisation." En réalité, l'histoire récente montre exactement l'inverse.

Les chercheurs en sciences politiques de Kintan, Victorovic à François Burg en passant par Olivier Rois s'accorde sur un point. La répression aveugle des mouvements islamistes non violents ne réduit pas la violence, elle l'alimente. Les prisons dans les pays arabes ont été des incubateurs idéologiques des lieux où des militants islamistes, souvent initialement engagés dans des démarches réformistes ou sociales, se sont retrouvés au contact de groupes plus radicaux.

En Égypte, la répression massive orchestrée par Nasser dans les années 50 et 60 a transformé les prisons en véritable laboratoire idéologique du djihadisme moderne. C'est dans cet univers carcéral que des penseurs comme Saotob formulé les doctrines qui influenceront plus tard Al-Qaïda. De même, en Tunisie sous Bénali, la torture et la clandestinéité ont produit un effet de consolidation interne.

Les militants modérés ont été poussés dans la radicalité simplement parce que toute expression politique islamiste, même non violente, était criminalisée. Mon fils a été emmené au ministère de l'intérieur. Ils l'ont torturé.

Ils lui ont brûlé les mains. Pourtant, c'était un étudiant. Il faisait simplement la prière.

Il ne faisait rien. Il faisait parce que je vais à la musqué, il me prend, il me met à la prison. C'est pas logique.

E il faut qu'il dégage et qu'il se dégage de de ces camps là, il faut qu'il se dégage. Il nous laisse libre. On va on va savoir comment vivre.

Ces jeunes là n'ont rien fait. Ils sont condamnés pour leur aider parce que ils sont pratiquants et religieux et parce qu'ils pensent différemment à des autres. Ces répressions ont eu un autre effet politique majeur.

Elles ont fabriqué des martyres en Égypte. Comme en Tunisie, les leaders islamistes emprisonnés, torturés ou forcés à l'exil, qu'il s'agisse des cadres des naha ou des frères musulmans, ont été perçus comme des symboles d'injustice et de résistance. Leur silence forcé a accru leur influence et plutôt que de protéger du terrorisme, la répression généralisée a donc contribué à durcir les idéologie, à structurer des réseaux clandestins et à renforcer les factions les plus intransigentes.

Et le vieux dans tout ça, bah il paye sa volonté de ne pas tout confondre. On lui reproche concrètement de ne pas s'opposer à la visibilité des musulmans en France. Je suis excédé de voir comment sont traités les musulmans dans notre pays sur toutes les tribunes.

Voyez-vous, les musulmans de France, les musulmans d'une manière générale n'ont jamais manqué à la France, ni à Montecassino, ni au débarquement de Provence. Jamais ils n'ont manqué à la France alors que bon nombre de ceux qui leur font des leçons eux ont manqué à la France dans d'autres générations. Par conséquent, je vais vous dire une chose madame qui concerne vos enfants comme les miens.

Il va falloir qu'on vive tous ensemble quelle que soit notre religion et ça ne sert à rien de montrer de faire sortir une pâte qui ne reviendra plus jamais dans le tube si on la laisse sortir. Cette pâte ça s'appelle la haine. Et la simple pratique religieuse suffit à être considérée comme un islamiste et comme on l'a démontré infiné comme un terroriste.

La France insoumise subit une hausse de ses attaques depuis sa prise de position proalestinienne des deux dernières années. Rima Hassan a été particulièrement ciblé et se retrouve à répondre à des accusations d'apologie du terrorisme régulièrement. Cette convocation, elle s'intradre qui est extrêmement inquiétant actuellement dans le climat en France, mais je pense même plus largement dans le climat européen parce qu'on on peut aussi faire un parallèle avec ce qui se passe par exemple en Allemagne.

Il y a une volonté, mon sens, de censurer les voies qui se positionnent sur la question palestinienne et qui se positionne de manière, disons critique à l'endroit du régime israélien qui continue d'être protégé d'une certaine manière, qui bénéficie encore d'une impunité et c'est aussi tout le sens de mon engagement politique, c'est vraiment d'en finir avec cette impunité en se référant au droit international. À la gauche de la FI, ce procédé a été utilisé pour disqualifier et intimider quiconque rappelait la légitimité de la lutte armée dans un contexte colonial. La lutte contre l'islamisme est un combat politique qui est mené par des générations entières de militants de gauche dans le monde arabe.

Une lutte qui est bien trop sérieuse pour la droite islamophobe de l'Assemblée nationale qui a fait de ces fantasmes une commission parlementaire. Ah.