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interviewEurope 1· 6 juillet 2026 4 min

Edouard Philippe, un projet politique encore flou

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

7h 9h Europ les [musique] politique tous les jours à 8h-10 sur Europaro. Bonjour Carl Meus. Bonjour Alexandre.

Bonjour à tous. Vous avez suivi attentivement Carl le meeting d'Edouard Philippe hier à l'Adidas Arena de de Paris. Alors pour vous le maire du Havre a réussi son pari de la mobilisation, de la détermination mais il lui reste encore, dites-vous, beaucoup de chemins à parcourir pour réussir le paris de l'Union et de l'action pour convaincre les Français.

Oui, la saison des meetings printanier estivaux s'est terminé hier par le rendez-vous fixé par Edard Philippe à ses soutiens. Elle avait été ouverte par Jean-Luc Mélenchon, suivi par Gabriel Atal, Raphaël Gluxman et Bruno Rotaillot. Le maire du Havre avait une pression sur les épaules à la fois médiatique et politique.

L'injonction médiatique était forte. Édor Philippe ne pouvait pas avoir moins de monde que ses rivaux. Il devait rassurer ceux qui s'inquiétaient de le voir reporter à chaque fois ce rendez-vous.

Et il devait aussi se dévoiler un peu ce que les médias appellent fendre l'armure. L'attente politique ne l'était pas moins. Les Français l'ont connu premier ministre, ont vu ce qu'il avait fait à Matignon, mais ils ne connaissent ni son projet ni ce qu'il ferait de différent d'Emmanuel Macron à l'Élysée.

Alors, est-ce qu'Edouard Philippe a a répondu à ces injonctions médiatiques politiques ? Aux premières oui mais pas vraiment aux secondes. Avec quelques 5000 personnes hier, Edor Philippe a montré qu'il savait mobiliser ses troupes euh comme avant lui Gabriel Atal et Bruno Rota.

De ce point de vue, aucun n'a fait de miracle mais personne n'a raté son meeting en cette période de Coupe du monde de football. On peut dire que c'est un partout. On remet la balle au centre.

Le maire du Hav s'est dévoilé un peu, à parler de lui, de son histoire, de sa femme, de ses enfants, mais n'attendez pas de lui des photos posées en famille. Ce n'est pas le genre de la maison. En revanche, ceux qui craignaient de voir en lui un nouvel Édouard Baladur ou un prolongement d'Alain Jupé ont pu être rassuré.

Il sait galvaniser ses troupe qui le lui rendre bien et s'est fixé un cap clair à droite toute. Il ne perd pas de vue qu'avant le second tour, il faut s'imposer au premier. Il a donc insisté sur les efforts qu'il demandera au français.

Pas du sang et des larmes a-t-il dit, mais de la sueur. [grognement] Mais c'est peut-être là qu'il n'a pas totalement répondu aux attentes. Ah oui, que voulez-vous dire ?

Ah, écoutez, il est un peu trop tôt par rapport à l'échéance d'avril. Les vacances d'été ont commencé et tous les candidats ne sont pas encore connus. Et malgré tout, quand Édard Philippe explique hier que l'objectif d'une campagne, c'est je cite, dire où on veut emmener les Français, on attend toujours ses propositions précises.

Or, il est resté très vague sur ce qu'il veut faire, se contentant de dire qu'il voulait remettre de l'ordre dans la rue ou remettre la France sur la bonne voie. C'est bien le moins et on se demande comment va-t-il faire sur l'immigration par exemple, il veut contrôler les flux et s'inspirer de ce qu'ont fait certains de nos voisins européens soulignant qu'ils n'ont pas eu besoin eux de réformer leur constitution ou de sortir des traités européens. Mais c'est peut-être aussi parce qu'ils n'ont pas de conseil constitutionnel qui censure par exemple un article de la loi immigration de Bruno Rotaillot en 2024 qui prolonit jusqu'à 210 jours la durée maximum de rétention administrative pour des étrangers condamnés pour des faits graves.

Ils n'ont pas non plus un Conseil d'État qui élargit l'accès aux soins gratuits des réfugiés. S'il veut séduire l'électorat de droite fixé pour le moment par Bruno Rotaillot, Édouard Philippe va peut-être devoir aller plus loin sur ses propositions et surtout être beaucoup plus précis sur la façon d'appliquer son projet. Alors Édouard Philippe mise sans doute sur les ralliments en préparation à la rentrée pour montrer qu'il est le rassembleur de la droite et du centre.

Carl oui, vous avez raison Alexandre. La suite de la campagne va devoir montrer un Édouard Philippe rassembleur. Mais c'est aussi à double tranchant.

Dans un moment où les Français veulent une rupture, voire de la radicalité, quels effets peuvent avoir les ralliments de ministres ou d'anciens ministres d'Emmanuel Macron ? Est-ce le meilleur moyen pour incarner cette rupture que d'avoir autour de soi des ministres comme Ellisabeth Borne, Gérald Armanin voire Sébastien Lecnu qui ont été membres de quasiment tous les gouvernements depuis 10 ans ? L'étiquette Macronis ne risque-elle pas de plomber ses efforts pour s'en détacher ?

Il n'a pas cité une seule fois le nom d'Emmanuel Macron hier. Édouard Philippe a cosigné le scénario de la série Dans l'ombre. Je sais pas si vous l'avez vu diffusé récemment sur France 2.

Son héros candidat à l'élection présidentielle à cette phrase lucide : "Dans une campagne, ce qui fait le plus mal, ce ne sont pas les coups de poignard mais les sparadra qu'on vous colle." Merci Carlus. La une du Figaro ce matin.

Violence et prostitution.