Antoine Léaument dans Dimanche en politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
En quoi ces chiffres sont inquiétants Antoine Auman ?
- 4:00OuverteRéponse directe
On peut vraiment parler de tsunami blanc aujourd'hui ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce que quand il y a une crise, les gens ont plus tendance à se tourner vers les drogues ?
- 8:00OuverteRéponse directe
La lutte passe-t-elle par le haut du spectre ou aussi par les petits dealers ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Expliquez-nous la méthode Saint-Toin et si elle est si miraculeuse.
- 12:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la consommation de craque est-elle un problème social ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Antoine AumanFait
« ils sont inquiétants parce qu'ils signalent d'abord euh une présence massive de la cocaïne sur le territoire national qui vient euh notamment euh de pays d'Amérique latine et une incapacité à juguler le problème avec les moyens qu'on utilise à l'heure actuelle. »
- 3:00Antoine AumanFait
« On n'arrive pas d'abord à faire diminuer la production. On pourrait pourtant mettre en place des politiques internationales pour le faire. »
- 4:00Rudolphe GranierChiffre
« En 2023, il y a quand même plus de 1 million de Français qui a au moins consommé une fois de la de la cocaïne. »
- 5:00Éric PointessauFait
« la consommation de drogue aujourd'hui euh et le parent pauvre de la prévention sur tous les risques qui sont aujourd'hui accompagnés. »
- 6:00Éric PointessauFait
« la toxicomanie aujourd'hui est dans tous les pans de la société dans toutes les dans tous les métiers où il y a un peu de stress. »
- 7:00Éric PointessauFait
« il ne peut pas y avoir de trafic sans consommateur et ensuite on doit amener des réponses de deux ordres sanitaires et et évidemment sécuritaire. »
- 8:00Rudolphe GranierFait
« il faut quand même rappeler que acheter de la drogue n'est pas un acte neutre. On fait partie d'une chaîne de criminalité »
- 9:00Rudolphe GranierChiffre
« 95 % d'addiction, c'est-à-dire de de de besoin d'en reprendre après la première prise. »
- 10:00Reda BellageFait
« À partir du moment où les élus nous si mettent en place une vidéo protection, vidéos surveillance pardon, vidéo protection, ça nous permet à nous d'avoir un outil supplémentaire pour prendre les individus en flagrant délit. »
- 11:00Reda BellageChiffre
« on a réussi. Je crois que c'était autour de 12 points stup sur Saint-Toin qui était très connu au niveau sur le plan national et aujourd'hui il y en a plus qu'un. »
- 12:00Rudolphe GranierFait
« le craque c'est sans doute une des plus dures des plus des plus dangereuses parce que d'abord elle crée une addiction qui est extrêmement forte, elle provoque une désocialisation. »
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans dimanche en politique ici sur France 3 Paris, Île-de-Fance. Cannabis, cocaïne, Extasie, jamais les consommateurs de drogues n'ont été aussi nombreux en Île-de-Fance. Le trafic prospère et ne se cantonne plus au quartier défavorisé.
Avec l'ubérisation, les points de d'alissent peu à peu la place à la livraison à domicile via des commandes en ligne. Cette évolution complique le travail des forces de l'ordre et banalise l'acte d'achat pour les consommateurs qui n'oublieraient presque que c'est illégal. D'ailleurs, ces derniers sont-ils complices des trafiquants comme l'a déclaré Emmanuel Macron il y a quelques semaines ?
Où sont-ils victimes de leur addiction ? Comment lutter contre le trafic de stupéfiant et la violence qu'il génère ? On va en débattre avec mes invités.
Bonjour Antoine Auman. Bonjour. Vous êtes député LFI de Laessonne et en février dernier, vous avez coécrit euh un rapport d'information sur l'efficacité de la politique de lutte contre le trafic de stupéfiant.
Depuis une loi contre le narcotrafic a été adoptée. On en parlera dans un instant. Bonjour Rudolphe Granier.
Bonjour. Vous êtes conseiller de Paris les Républicains élu du 18e arrondissement et vous avez plusieurs fois pris position contre le trafic de drogue et les usagers de craque notamment un dérivé de la cocaïne très présent dans le nord-est de la capitale. On y reviendra avec nous également Ra Bellage.
Bonjour. Vous êtes porte-parole l'Île-de-France du syndicat de police unité. Pour vous la France est en retard face aux narcotrafiquants qui ont eux un temps d'avance.
Vous réclamez plus de moyens et une vision à plus long terme que les opérations Placennet. que vous nous expliquerez. Et à vos côtés Éric Pointessau bonjour.
Bonjour. Vous êtes le secrétaire général de l'UNSADE, Union Nationale pour le sevrage et la sortie des addictions aux drogues. Une association créée en juin dernier à l'initiative de citoyens, d'anciens toxicoman, de professionnel de santé et de riverin de salles de consommation.
Et vous remettez justement en question l'efficacité de ces salles comme celles du 10e arrondissement de Paris. Merci à tous les quatre d'être là aujourd'hui avec nous sur ce plateau et on va commencer avec ce chiffre. La consommation de cocaïne a triplé en 15 ans en France même si elle reste bien en desso de celle du cannabis mais en terme de chiffre d'affaires, la cocaïne vient de détrôner le cannabis 3,1 milliards d'euros contre 2,7 milliards.
En quoi ces chiffres sont inquiétants Antoine Aoman ? Ben, ils sont inquiétants parce qu'ils signalent d'abord euh une présence massive de la cocaïne sur le territoire national qui vient euh notamment euh de pays d'Amérique latine et une incapacité à juguler le problème avec les moyens qu'on utilise à l'heure actuelle. Euh, on n'arrive pas d'abord à faire diminuer la production.
On pourrait pourtant mettre en place des politiques internationales pour le faire. On narrive pas à empêcher l'entrée sur le territoire national. Il y a la question des douanes, la question des moyens des douanes notamment des scanners, la question de la corruption aussi qui est une question à prendre en côte particulièrement dans les points d'entrée, les ports, les aéroports et puis on narrive pas surtout et c'est sans doute le point qui sera un peu au centre de nos débats, mais à démanteler les réseaux de manière puissante, efficace, à faire tomber les têtes de réseau, à lutter contre le blanchiment et enfin il y a un grand absent qui est la question pourtant centrale, toutes les personnes que j'ai auditionné m'ont dit la même chose, c'est la question de la consommation parce que tant que la consommation continue à augmenter Tant qu'il y a une offre qui est aussi disponible et une demande qui ne cesse d'augmenter, alors on arrivera pas à juguler le trafic si on ne lutte pas à la fois contre l'offre et contre la demande.
Faut faut réussir à à agir sur les deux bouts. Redabellage, on peut vraiment parler de tsunami blanc aujourd'hui ? Oui, tsunami, on le voit déjà par les tarifs, hein.
Les les tarifs ont même baissé en une en 20 ans ou se sont régulés selon les quartiers. Mais on a on a ce phénomène en fait où où les consommateurs veulent aller plus loin dans la consommation. On a aussi d'autres profils de consommateur.
Euh je sais pas si on peut dire à cravat hein, c'est pas pour vous, mais en tout cas voilà, chemise blanche, cravat, peu importe. En tout cas, il y a plus les les les profils sont de plus en plus diverses. C'est des gens, il y a des gens qui sont qui ont des profils différents.
Il y a bien sûr les gens qui viennent acheter dans les quartiers. Il y a aussi on en parlera peut-être les ce qu'on appelle les Uber sheet où des gens dans le cadre de leur travail parce qu'ils arrivent plus à tenir le coup, ben ils consomment des produits stupéfiants, des drogues dures. Voilà.
Donc oui, ça a évolué et puis euh dans le mauvais sens si je puis dire parce que en 2023, il y a quand même plus de 1 million de Français qui a au moins consommé une fois de la de la cocaïne. Le prix à lui seul ne peut pas expliquer en fait cette hausse de la consommation. E Pointsau, oui, vous avez raison, c'est pas seulement une question de prix, c'est aussi une question de d'entrer dans les murs.
C'est-à-dire que la consommation de drogue aujourd'hui euh et le parent pauvre de la prévention sur tous les risques qui sont aujourd'hui accompagnés. Alors, je parle pas de réduction des risques parce qu'on fait beaucoup de choses aujourd'hui et c'est justement un des sujets dont on parle avec l'UNSAD, c'est que il faudrait rééquilibrer entre la réduction des risques par rapport vous savez à tout ce qui est risque infectieux sur les injections de drogues ou les les fumeurs de craque qui peuvent avoir des overdoses assez facilement et redonner un petit peu remettre un peu de soin dans la sortie d'addiction. Ça c'est aussi effectivement un enjeu.
Mais malgré tout le le risque à la base c'est que quelqu'un devienne consommateur de de stupéfiant. Et ce risque c'est quelque chose qu'il faut prendre en charge très très tôt avec des campagnes de prévention dès dès la petite enfance et tout au long en fait de la vie parce que la la toxicomanie aujourd'hui est dans tous les pans de la société dans toutes les dans tous les métiers où il y a un peu de stress. par exemple, on va prendre des amphétamines ou de la cocaïne.
Euh et ça c'est quelque chose effectivement qui aujourd'hui a changé par rapport à à il y a une dizaine ou une vingtaine d'années. Et est-ce qu'on dit aussi que quand il y a une crise en fait, les gens aussi ont plus tendance à se tourner vers les drogues ? Peut-être que l'état actuel de notre société favorise la la la consommation et la prise de drogue.
Mais le le point de départ, c'est que il ne peut pas y avoir de trafic sans consommateur et ensuite on doit amener des réponses de deux ordres sanitaires et et évidemment sécuritaire. Sur ce champ-là très large, les consommateurs augmentent, il y a des effets de marché hein. Le finalement les stupéfiants répondent à des logiques de marché tout à fait traditionnel. le prix baisse, le nombre de consommateurs augmente, la qualité aussi des la qualité, si je puis dire, des des stup qui sont de plus en plus forts, on le voit au niveau du cannabis, au niveau de la au niveau de la cocaïne qui est de plus en plus pur et donc il va créer des addictions de plus en plus rapides.
On voit aussi une évolution de toutes les formes de toxicomanie avec un éventail de plus en plus large et il faut se préparer à à des à des nouveautés comme celles qu'on voit Atlantique sur les géoplacés, les dérivés et cetera et tout ceci. Moi, j'ai un petit peu peur parce que j'ai l'impression qu'on n'est pas tellement préparé, qu'on est on amène des réponses un peu anciennes avec des nouveaux modes de consommation, des nouveaux modes d'achat. Vous l'avez dit en parlant de pééralisation de du marché de du marché de la drogue.
Il faut quand même rappeler que acheter de la drogue n'est pas un acte neutre. On fait partie d'une chaîne de criminalité et c'est très important. Il y a des consommateurs qu'il faut évaluer à différents niveaux.
On a de la vraie dépendance, on a de la vraie toxicomanie, on a de la toxicomanie dit récréative. Et euh aujourd'hui quand mon collègue parlait de grandes mesures de judiciaire ou à l'international pour stopper ces trafics, je je pense que Hégar a l'étendu de le volume auquel on on fait face aujourd'hui et la priorité à la judiciarisation qui a été donnée avant. Je pense qu'il faut qu'on revienne un petit peu plus de voie publique.
On le voit dans le nord-est de Paris où le petit achat de craque ou de gramme de cocaïne ou ou de ou de cannabis. En réalité il va falloir commencer à stopper ça aussi. On va plus pouvoir se permettre de vouloir chercher des têtes de réseau, de démanteler du grand trafic égard encore une fois au volume, la façon dont ça s'est disséminé dans toute la société et sur une géographie française très large aussi jusque dans nos campagnes en réalité.
Justement la lutte effectivement passe par le haut du spectre, les gros trafiquants et les petits dealers et les petits dealers. Mais c'était pour ça je voulais on a beaucoup entendu parler, vous avez peut-être entendu parler de cette méthode Saint-toin d'après le maire de la cette ville de cette Saint-Ni 90 % des points de ont été démantelés. Reda Bellage, expliquez-nous en quoi consiste cette méthode et si elle est si miraculeuse.
Certains n'aiment pas le mot mais c'est déjà travailler à minimaus. C'est voilà c'est de la vidéos surveillance. À partir du moment où les élus nous si mettent en place une vidéo protection, vidéos surveillance pardon, vidéo protection, ça nous permet à nous d'avoir un outil supplémentaire pour prendre les individus en flagrant délit.
Une une fois que c'est fait, on on envoie ce qu'on appelle les brigades territoriales de contact ou les brigades anticrimes qui vont procéder à des interpellations. Et c'est la technique qu'on a utilisé sur Saint-Toin où euh on faisait en moyenne cinq interpellations par jour, ce qui est énorme euh sur un point stupe et à force d'arceler harceler harceler euh ceux qui font du mal à nos enfants et qui font du mal au consommateurs, on a réussi. Je crois que c'était autour de 12 points stup sur Saint-Toin qui était très connu au niveau sur le plan national et aujourd'hui il y en a plus qu'un.
Voilà. Et donc pour nous, c'est une réussite. Je pense que on doit se servir de ça comme euh comme d'une expérience.
Faire ça dans chaque ville peut-être ou dans milieu urbain, euro, peu importe. Mais en tout cas, il faut utiliser ce modèle là pour avancer. Mais est-ce que c'est possible de dupliquer cette méthode ?
Moi, je pense pas que ça soit la méthode la plus efficace, c'est-à-dire elle va avoir un un impact. Le problème du point de c'est qu'il pose un problème de voie publique, de vie collective dans certains endroits parce que c'est des nuisances particulières, parce que c'est du danger qui va être posé. Mais ça ne veut pas dire que la consommation de stupéfiants a pour autant diminué.
Euh c'est ce qu'on disait, les points deal sont remplacés par euh des livraisons qui se font à domicile ou qui se font dans d'autres endroits. Donc ça enlève la nuisance localement. Mais si c'est pour que ça soit remplacé par euh de la livraison et de la consommation de stupéfiant, ça veut dire qu'on a'a pas réglé le problème.
Moi, je continue à considérer que la consommation de stupéfiant, c'est une question d'abord de santé publique et c'est justement le grand absent de toutes les politiques qu'on met en œuvre parce que il y a une forme d'hypocrisie dans notre pays. Il y a un psychotrope parfaitement légal qui est consommé en population générale par énormément de monde qui s'appelle l'alcool. Et on arrive avec des politiques de prévention, de réduction des risques à faire diminuer la consommation d'alcool.
Par ailleurs, il y a un je sais que il est il est souvent mal vu de parler des influenceurs, mais figurez-vous que les influenceurs sport par exemple parce qu'il prône un modèle de vie qui est un modèle de vie saine et cetera et cetera, ils arrivent à faire baisser eux avec des politiques de prévention finalement d'une certaine manière la consommation d'alcool, de tabac et d'un certain nombre de stupéfiants chez les plus jeunes. Donc c'est ça qui qui sont des modèles intéressants à regarder. Et pourquoi c'est important de réussir à faire baisser cette consommation ?
D'abord parce que si on fait baisser la consommation, on fait baisser les profits des trafiquants. Donc on réussit à diminuer leurs bénéfices. Mais aussi parce que tout simplement, c'est une question de santé publique sur le long terme.
Les gens sont pas toujours, y compris bien au courant des risques qui sont posés. Par exemple, consommer du cannabis avant 25 ans, ça peut provoquer, ça peut aggraver l'apparition de troubles psychologiques comme la schizophrénie. Et ben ça si le savoir, rien que le savoir, c'est des éléments qui peuvent être efficaces.
J'en termine d'un point sur la question de la cocaïne notamment. La consommation croisée de cocaïne et d'alcool, c'est extrêmement dangereux sur le long terme pour la santé. Ça c'est des choses que les gens ne savent pas nécessairement.
Et puis enfin, vous parliez tout à l'heure de l'arrivée de de pratique qui pourraient venir d'outreatlantique. Il y a l'arrivée du Fanil aux États-Unis. Ça fait 100000 morts par an. 100000 morts à cause de la consommation d'une drogue détournée en fait d'un d'un eau piacé.
Et en France, on en parle pas, c'est pas un sujet, il y a pas de formation sur le sujet. Ça veut dire qu'elle existe pas. Cette consommation n'existe pas en France.
Ça veut dire qu'elle est sachez quand même qu'elle est elle est elle est déjà arrivée en France par le bout de il y a eu en tout cas des cas à Strasbourg où il y a eu ça qui a été constaté ça ça a été d'ailleurs dans des salles de de consommation qui l'ont vu arriver et qu'ils ont pu prévenir l'arrivée de cette consommation. Donc je pense qu'on aura peut-être des points de désaccord sur ce sur ce sujet-là. Mais en tout cas dire aux gens que prendre un rail de cocaïne c'est potentiellement pouvoir se tuer.
Est-ce que ça va être mélangé avec d'autres choses ? Je trouve que c'est efficace comme en terme de prévention, plus efficace que de juste dire que les consommateurs sont des complices des trafiquants parce que ça les gens ils sont à peu près au courant du fait que quand ils achètent de la drogue, ils l'ont pas acheté au supermarché sauf s'ils ont acheté de l'alcool puisque là ça s'achète au supermarché en l'occurrence. Alors je voudrais quand même vous faire écouter cet habitant de Rosa Parks dans le 19e arrondissement de Paris.
Ce quartier est devenu le repère des usagers de craque et des dealers depuis 2022. L'insécurité règne et les habitants sont à bout. Écoutez, il y a un passage permanent et continu dès le matin de depuis 7h.
Ils viennent s'approvisionner ici tous les matins. Et moi, j'ai une problématique qui est particulière, c'est que j'ai mon petit garçon qui est en situation d'handicap et en fait, il y a un chauffeur qui vient le récupérer tous les matins et je suis obligée de faire la sécurité pour ce monsieur parce qu'en fait ils viennent, ils peuvent voler dans le véhicule, ils l'ont déjà agressé donc c'est un peu compliqué. C'est pas une vie en fait.
Alors, c'est pas une vie he beaucoup des habitants des points de ville ont ce sentiment comme ça d'abandon. Comment on rétablit la sécurité et comment on ne les oublie pas ? En fait, ce que proposait monsieur tout à l'heure, c'est que il y a déjà un dispositif sécuritaire qui doit être absolument infaillible.
On harcèle au niveau de la rue et on arrête d'agréger des problèmes à des problèmes. Rosa Park concentre des populations qui sont très vulnérables et en général ce sont vers les plus vulnérables que ces situations se développent. Ce qui est un drame en réalité.
Handicap handicap mais en tout cas ce sont des personnes qui sont déjà euh dans des situations de fragilité parfois sociale parfois humaine qui vit dram et ensuite on va rajouter des problèmes là-dessus Rosap je vous rappelle que euh c'est l'endroit où euh à prximité la BNP sent pas il il se part directement il y a Laurent Berlin qui ferme et cetera parce que ça devient proprement intenable Rosa Park c'est Staline Grade qui est juste en dessous c'est jardin à côté mais c'est un problème non si vous voulez il il a été fixé il a pas été déplacé il a été fixé justement dans le nord-est parisien, ce qui est une immense erreur puisque sur le craque précisément, même si vous avez été abscident pendant 20 ans, vous revenez sur un point où vous avez acheté ou consommé 20 ans après, vous pouvez rechuter ne serait-ce que par la géographie, par le caractère spatial. Donc, et c'est la porte de la Chapelle où madame Hidalgo avait souhaité fixer un camp de craqueu à côté d'un camp de de migrants, un cocktail totalement euh euh explosif et ça devient toujours un point euh euh un enquisté euh du nord-est parisien avec toujours de la consommation, toujours du deal, toujours du trafic. On va rajouter un peu de prostitution et on va pas chercher à tirer ce quartier ou ces quartiers vers le haut.
Calingrade, c'est historique sur sur le CRAC. Ça n'a jamais pu être réglé parce que j'ai l'impression que euh c'est une problématique qui n'a pas été vraiment prise à bras le corps par les pouvoirs publics notamment par la mairie de Paris. Il y a des respons il y a une chaîne de responsabilité sur ce qu'on évoque aujourd'hui sur le sur le narcotrafic et ça part des élus qui légifèrent.
Ça va aux forces de l'ordre, ça va aux élus locaux et ça va aussi aux consommateurs. Mais ça va aussi sur un environnement que vous allez être capable de créer sur des dynamiques économiques, des dynamiques sociales qui vont être fondamentales pour éradiquer ces problèmes. Aujourd'hui dans des coins comme Roser Park, on n' jamais cherché réellement à se préoccuper de la consommation de craque.
On l'a déplacé petit à petit. On a même voulu le déplacer dans le 12e arrondissement et tout le monde a dit "Mais attendez, vous allez pas non plus faire tache d'huile dans tout Paris avec ça. On a déjà des problématiques énormes au nord-est de Paris, les le jardin des Hol aujourd'hui il y a un quartier du un coin du jardin des Hol qui dévolu à la consommation d'alile de craque et et il y a des rivrins à Paris.
Pardon le niveau pardon juste un dernier point le niveau de densité à Paris n'autorise pas ce genre de chos que sont les salles de shoot ou ou autres. Donc il faut déplacer tous ces problèmes en dehors des des là où il y a des habitants en pleine campagne. Alors moi je moi je en pleine campagne peut-être pas.
Il y a il y a en fait il y a un problème avec la la consommation de craque, c'est vraiment en fait chaque drogue a une spécificité. Le craque c'est sans doute une des plus dures des plus des plus dangereuses parce que d'abord elle crée une addiction qui est extrêmement forte, elle provoque une désocialisation. Puis c'est quand on parle d'addiction, c'est-à-dire que les gens vont être prêts à vendre tout ce qu'ils ont euh à y compris parfois entrer dans des mécanismes, vous en avez parlé des mécanisme de prostitution parfois juste pour pouvoir acheter la dose qui va permettre non pas même de vivre mais de survivre quoi.
Et c'est ça le problème fondamental. Le crack euh le l'autre nom du craque, c'est la drogue du pauvre parce que c'est une drogue qui coûte peu cher euh et qui provoque une espèce de sensation de je sais pas quoi de planage ou en tout cas on on arrive à mettre le l'intégralité du monde à distance. Donc la question première qui est posée derrière la consommation du crac, c'est une question sociale.
C'est-à-dire c'est des gens qui se désocialisent, qui perdent leur emploi parfois, qui sont parfois très insérés mais qui finissent par perdre leur emploi par entrer dans un mécanisme de consommation. Et on n'arrivera pas à régler ce problème-là juste en harcelant des gens. qui sont en fait dans des situations de de précarité de précarité sanitaire, de précarité économique.
En fait, il faut prendre le problème à la racine, faut régler le problème de la précarité économique si on veut faire en sorte que les gens puissent sortir du craque. Si vous permettez un dernier point sur le sur le crac, 95 % d'addiction, c'est-à-dire de de de besoin d'en reprendre après la première prise. Et c'est une des rares drogues pour le pour laquelle aucun produit de substitution n'existe en terme de prévention, c'est des choses qu'il faut évoquer aussi.
C'est-à-dire que vous prenez du craque une première fois, vous avez plus de 9 chances sur 10 d'en reprendre. D'ailleurs, dans l'heure qui suit, il n'y a il n'existe aucun produit de substitution sur euh euh sur le crac et ce qui rend euh ben la désintoxication, le sevrage très complexe. Et des solutions existent, hein, pourtant on en parlera je pense.
Justement, je voulais qu'on enne à la aux solutions et au consommateur puisque on l'a dit, hein, tout à l'heure, s'il y a de l'offre, c'est qu'il y a de la demande. Euh et parfois les et on l'a dit aussi, les usagers de ces substances illicites sont souvent dépendants. Aujourd'hui, il y a une des solutions qui est proposée notamment par vous qui est soutenu, c'est la dépénalisation et la légalisation.
Euh alors Antoine Léomin et après je vais faire réagir Reda. C'est c'est les deux sont pas la même chose. La dépénalisation ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que quand vous êtes pris avec une petite quantité de stupéfiants plutôt que je précise que c'est pas une proposition de la France insoumise mais que c'est une proposition qu'on a fait en commun dans le rapport avec un député Macroniste. Donc c'est à l'issue de ce travail là. Pourquoi on propose ça ?
Et qu'est-ce que c'est la dépénalisation ? C'est si vous êtes pris avec une petite quantité de stupéfiant plutôt que de vous mettre soit une amende, soit vous envoyer devant un tribunal, ce qui a zéro effet en terme de consommation, on vous envoie devant des structures de prévention, on saisit la marchandise et elle est détruite. Ça veut pas dire que c'est légal, ça veut dire que on punit pas le consommateur et on le dirige vers des structures de soins.
La légalisation, c'est encore autre chose. On ne la propose que pour la question du cannabis. En considérant que là aussi c'est plus efficace à notre sens en terme de prévention de d'être encadré dans la vente de cannabis notamment pour faire de la prévention auprès des plus jeunes parce que aussi c'est de l'argent qui sort des mains des trafiquants même si ça empêche pas le marché noir mais en tout cas on arrive à prendre une partie de l'argent des mains des trafiquants.
Et enfin, parce que sur cette drogue là, qui est une des drogues les plus consommées, le cannabis, c'est 50 % de la population qui a déjà consommé 10 % de de consommateurs usuel, on va dire. Et ben vous libérez des forces de police et de justice pour faire autre chose que attraper des des consommateurs de cannabis. Vous les redirigez vers la question des trafics et là vous pouvez concentrer les moyens de police et de justice sur quelque chose qui nous semble plus efficace.
Éric point des vous partagez vous cet avis ? Ça règlerait le problème ? Non, pas vraiment non.
Euh c'est-à-dire que alors je partage beaucoup de choses qui ont été dites effectivement sur le fait queil faut insister sur le soin. Aujourd'hui, c'est le parent pauvre hein de la politique de lutte contre la drogue. Euh et clairement euh tout à l'heure j'ai dit un mot sur la réduction des risques.
Euh monsieur Léum a parlé de la réduction des risques euh au sur le même plan que euh que la prévention. Je tiens à insister sur le fait que ce n'est pas la même chose. C'estàd qu'aujourd'hui la prévention, on est en déficit de prévention et aujourd'hui euh toutes les initiatives, tout le financement qui existe dans le dans le euh comment dire dans la politique de santé publique en matière de traitement de la toxiquomaganie et des addictions est concentré sur quasiment quasiment entièrement sur la réduction des risques et c'est-à-dire sur la réduction du risque infectieux et du risque.
En clair, c'est encadrer les les toxicomanes à s'injecter sans risque le la drogue. C'est ça. Voilà. par exemple et c'est-à-dire donner du matériel stérile, des seringues, des craques, accompagner, donner des conseils et cetera.
Alors, c'est quelque chose qui est utile, qui a sauvé beaucoup de vies dans les années 80 notamment quand il y avait la crise du sida. Ça continue aujourd' encore beaucoup de dog qui sont de drogues qui sont injectées. Est-ce que ça c'est pas dépou de drog qui sont inestés qui sont injectés par un film ?
Mais c'estàdire si vous voulez c'estd que le problème c'est que quand on fait ça euh on ne soigne pas l'addiction, on entretient cette addiction, on permet à la personne de ne pas éventuellement faire une overdose. Euh et il y a des des des produits aujourd'hui qui existent comme l'anolaxon pour euh éviter les les overdoses opiacées. par rapport au au sida enfin au VIH et et aux hépatites, on a aussi beaucoup progressé sur des des soins curatifs qui font que aujourd'hui on est moins dans cette nécessité de faire de la réussion des risques, même si elle reste très importante, mais nous en tant qu'un sadade, on appelle à à recentrer si vous voulez la politique de de santé publique en matière d'addiction autour de la véritable guérison qui consiste à sortir les gens de l'addiction.
Parce qu'aujourd'hui, si vous regardez la halte soin addiction parisienne, donc la la salle de shoot de la riboisière en 2023, elle a orienter 5 % de ses usagers vers la sortie de l'addiction, c'estàd vers un sevrage. Mais alors les chiffres derrière, on les connaît pas et on sait très bien que le vrai problème aujourd'hui, c'est que on a un stock de consommateur ou ou d'usagers de drogue qui est dans une situation de de d'effet boules de neige parce que effectivement il y a des des facilités à accéder la marchandise, il y a l'ubérisation et cetera mais si on réduit pas le stock, il ne fait qu'augmenter mécaniquement. Donc ça aujourd'hui c'est le vrai problème, c'est de replacer la sortie d'addiction.
Et je vais bien finir là-dessus. On a aussi au niveau de la 1000 des cas un plan pluriannuel qui est décidé prochain jusqu'à en 2027. Figurez-vous que ça fait depuis 2007 qu'il n'y a pas eu d'appel à projet sur des structures de sortie d'addiction.
C'estàd que tout l'argent est investi dans la réduction des risques. Sachant qu'il y a enfin il y a Ouais. très très rapidement, je veux pas vous vous voler la parole mais il y a deux il y a trois choses à prendre en compte.
La prévention c'est d'abord un éviter l'entrée dans la consommation. En fait, c'est ça le premier point, c'est savoir dire non et ça c'est des a peur de Ouais. parce que quand il y a plein de gens dans une soirée qui prennent de la cocaïne ou je sais pas quoi et qu'il y a qu'une seule personne qui dit non, en fait, je pense que nos compatriotes ont déjà vécu ça avec la question de l'alcool.
Ils l'ont tous déjà vécu avec la question de l'alcool ou du tabac à un moment donné, il faut savoir dire non. Petit un petit, il y a des gens qui sont des consommateurs mais qui sont pas dépendants, qui sont pas nécessairement dans des logiques de dépendance et sur lesquelles pas forcément besoin de soin. C'est bah en tout cas, on peut faire baisser la consommation, on peut faire baisser la consommation, essayer de faire sortir de la consommation.
Et enfin, il y a les les les cas pires qui sont des cas donc de dépendance où là, il faut du soin et il faut des traitements, soit des traitements alternatifs, soit être accompagné quoi. Oui, Redabella, je voulais juste savoir si vous vous pensez qu'effectivement en dépénalisant, ça libérera du temps aux policiers pour vraiment chasser les trafic. Moi, je suis contre, complètement contre.
Pourquoi ? Après, c'est que le policier, l'ancien policier de terrain. Pour le coup, je suis plus sur le terrain, mais euh à chaque fois que je viens dans une émission, j'aime bien mettre à jour mon réseau et j'ai appelé tous les collègues que j'ai appelé qui pour le coup qui dirigent des antennes stupéfiants euh m'ont dit déjà la première chose, ils sont rentrés dans les brigades de stupe pour aider les consommateurs.
Les gens ont pas cette image là mais je vous assure que 99 % de mes collègues qui sont dans une unité qu'ell soit sûreté territoriale, police judiciaire, police au niveau local aussi parce que comme en Saint Sand par exemple, c'est tellement de consommateurs et tellement de quantité de drogue que même en local vous avez des unités stupes. En fait, ils ont fait ce métier là pour les consommateurs. Ça c'est le premier point.
Ce qu'ils m'ont dit, c'est que si jamais pour eux de notre expertise en tout cas à nous, si on on légalise le cannabis derrière, ils vont vouloir braver l'interdit et ils vont se tourner vers les drogues dures, vers les drogues de synthèse. On le voit de plus en plus. C'est un phénomène qu'on voyait pas avant.
Maintenant, c'est l'expertise policière qui vous dit ça. Mais il constate aussi qu'en terme de prévention et de suivi, il y a absolument rien pour les consommateurs. C'est-à-dire que le gars, on va l'interpeller avec du craque ça.
Vous parlez d'un consommateur qui est interpellé. Oui, là qui est interpellé. En fait, on va appeler Non, non, j'appelle de je parle de celui qu'on va inter Alors celui qui a une amende, il y aura vraiment rien du tout pour le coup. celui qu'on a emmené avant plus souvent au commissariat qui était en garde à vue ou non parce que c'est pas systématique euh on appelait le parquet et le parquet il disait "OK euh injonction thérapeutique mais injonction thérapeutique il va faire son injonction thérapeutique s'il va la faire et derrière il y a absolument rien et c'est un vrai problème en France c'est le suivi en fait le suivi pour pour aider les gens dans le long terme à sortir de la droy et on manque de plus de centre de désintoxication mais sur la pardon pardon manque de plus de centre de désintoxication c'est Alors effectivement, on manque de lit et puis surtout on manque de dans de de suivi immédiat.
C'estàd que il y a plusieurs étapes pour une enf pour sortir vraiment d'une addiction. La première étape, ça va être la cure qui va durer une semaine où on va vraiment se désintoxiquer et puis derrière va y avoir la postcure où on va essayer de faire un traitement psychiatrique également pour détecter les comorbidités qui peuvent exister pour essayer de de faire un traitement de fond. Et finalement, une fois que que que ces étapes sont franchies, on va pouvoir aller éventuellement vers euh des communautés thérapeutiques, euh vers euh des centres qui d'accompagnement pour euh recréer du lien social et cetera.
Et finalement tous ces maillons de la chaîne aujourd'hui euh sont mal financés ou très ou pas financés. Euh et du coup bah le temps d'attente entre chaque étape est énorme et à chaque fois ce sont des rechutes considérables. Je suis désolé la l'émission touche déjà à sa fin.
Le le temps est passé très vite. On sait que c'est un sujet malheureusement inépuisable. On en reparlera sûrement.
Merci en tous les cas à tous les quatre d'être venu sur ce plateau.
Antoine Léaument