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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 8 avril 2024 11 min

Violences autour des écoles... Prisca Thévenot est l'invitée des 4V du 8 avril 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Prisca Thevenot

Bonjour et bienvenue dans les 4V, Prisca Thévenaud. On ne dort plus, on n'arrive plus à tenir debout. Shem Céline était joyeux, plein de vie, bon vivant. Notre rayon de soleil, c'était un bonbon. Notre famille est détruite. Ces mots sont ceux de la tante de ce jeune homme de 15 ans, frappé à mort à la sortie de son collège de Viry-Châtillon. On pourrait aussi parler de Samara, lynchée à la sortie de son collège à Montpellier, de Shannon, collégienne de 13 ans, violée et finalement tuée. Cette adolescente de 14 ans, tabassée par cinq jeunes femmes à Tours et de tant d'autres encore.

Prisca Thévenaud, jusqu'à quand va-t-on accepter d'enterrer nos morts, d'essayer de réparer les survivants et d'enrober tout ça de belles phrases, sans doute sincèrement compatissantes mais qui ne changent rien ?

0:39
Présentateur

J'irais même plus loin que vous d'enterrer nos jeunes parce qu'il s'agit de très très jeunes. L'enjeu, mon premier point déjà, sera déjà d'adresser mes messages de soutien et de solidarité à l'endroit bien évidemment de la famille de Shem Cédine mais également de ses amis et de tout le personnel éducatif de son établissement scolaire. Une fois dit cela, bien évidemment, l'enjeu est à être une réponse et à de l'action.

1:03
Prisca Thevenot

Mais quelle réponse et quelle action ?

1:04
Présentateur

C'est-à-dire déjà accepter que nous devons pouvoir agir avant que cela ne dégénère. Nous avons effectivement une classe d'âge qui tourne autour du collège. 15 ans, 13 ans, etc. C'est la perte du collège. Soyons très clairs, si on arrive à de tels actes de barbarie, notamment à l'endroit de Shem Cédine, qui s'est fait lâchement, enfin avec des actes barbares. Il faut regarder ce qui se passe avant. Et ce qui se passe avant, c'est souvent au niveau du primaire. Il y a toujours des petits faits, des petits faits qui, mis bout à bout, on se dit que ce n'est pas très grave, ce sont des enfantillages, mais en fait ils doivent être sanctionnés directement.

1:37
Prisca Thevenot

C'est la responsabilité des profs, des instituteurs ?

1:39
Présentateur

C'est la responsabilité de tous les parents. C'est une responsabilité collective. Attention, quand je dis responsabilité, je ne suis pas en train de pointer du doigt. Je suis en train de dire qu'en tant qu'adulte, en tant que société, nous devons tous avoir une responsabilité à l'endroit de nos jeunes. Je ne vous le dis pas simplement en tant que porte-parole du gouvernement, je vous le dis aussi en tant que mère de famille. Nous devons avoir cette attention.

1:57
Prisca Thevenot

Oui, parce que Shem Cédine, ça pourrait être votre fille, notre fils, ça peut être chacun de nos enfants aujourd'hui. Comment on fait pour lutter contre cette ultra-violence qui gangrène l'école aujourd'hui, qui fait que l'école est devenue une zone à risque ?

2:07
Présentateur

Agir. La violence est partout. Et bien évidemment, l'école n'est pas éthique. Nous devons agir dès les premiers signes. Et donc dès le primaire, par exemple, avec la mise en place de conseils disciplinaires très tôt. Parce qu'un conseil disciplinaire, ce n'est pas simplement mettre une sanction. Bien sûr, ça met une sanction. Mais c'est aussi responsabiliser à un moment tous les adultes autour de l'enfant et se rendre compte qu'il y a quelque chose qui ne va pas. C'est-à-dire, par exemple, un manque à l'autorité, une phrase trop forte, un mot qui ne devrait pas être prononcé ou un comportement qui commence peut-être à être violent.

2:36
Prisca Thevenot

Il faut que l'école soit plus sévère dès le primaire, c'est ça ce que vous dites ?

2:38
Présentateur

Vous savez, l'autorité doit se rappeler tout le temps. L'autorité doit se rappeler en permanence. Et il ne faut pas attendre qu'il soit trop tard pour pouvoir agir. Et force est de constater, on le dit aujourd'hui, on le disait déjà hier, que la violence est de plus en plus jeune. Et donc, avant le collège, nous devons agir dès les premiers. Vous savez, quand on est parent, on n'attend pas que ça dégénère avant d'agir. On le fait tout de suite, parce que c'est notre responsabilité et parce que c'est du bon sens. Et bien ce bon sens, on doit le retrouver partout.

3:03
Prisca Thevenot

C'est-à-dire que l'école a besoin de plus de moyens. Est-ce que c'est raisonnable de faire des économies sur le budget de l'éducation nationale dès cette année ? 700 millions en moins ?

3:10
Présentateur

L'école reste le premier budget de l'État. Et quand je dis reste le premier budget de l'État, c'est le premier budget de l'État depuis 2017. Et ça, je pense qu'il est important de le rappeler. Maintenant, ce qu'on continue à dire, c'est qu'on continue à investir au sein de l'éducation nationale, notamment, et bien évidemment, pour les personnels, celles et ceux qui s'occupent de nos enfants au quotidien. 700 millions de mois pour cette année,

3:30
Prisca Thevenot

c'est 700 millions de mois pour le personnel, pour aider à mettre en place ce que vous disiez, pour mieux contrôler les enfants dès le primaire.

3:35
Présentateur

Vous savez, c'est un budget global. Et dans un budget global, on doit effectivement faire des économies là où on peut, mais investir là où on doit. Et on continue à investir massivement dans l'éducation nationale. Je vous parlais bien évidemment du sujet de la sécurité, avec des établissements qui sont plus sécurisés que d'autres, dans des endroits où on en avait beaucoup plus besoin, mais également sur le choc des savoirs annoncés et lancés par le Premier ministre de l'Éducation nationale, notamment avec les groupes de niveau qui vont être mis en place dès la rentrée prochaine.

4:00
Prisca Thevenot

On sait que les réseaux sociaux sont des catalyseurs de harcèlement et souvent des déclencheurs de violences. Faut-il interdire les portables à l'entrée des collègues ? Êtes-vous favorable ?

4:08
Présentateur

Déjà, regardons les choses telles qu'elles existent. Et je pense que ça a été rappelé très justement par la ministre de l'Éducation nationale, Nicole Belloubet, ce week-end. C'est que l'utilisation des téléphones portables ou autres tablettes, parce qu'il n'y a pas que les téléphones portables, est interdite à l'endroit dans les établissements scolaires. Ça, c'est le principe. Et donc, dans la réalité, il y a aussi des manquements. Il faut le voir. Et d'ailleurs, on voit des photos, etc., qui peuvent être prises de temps en temps. Je pense que nous, on doit pouvoir regarder ce sujet sans totem ni tabou et se dire comment on doit faire.

4:36
Prisca Thevenot

Donc, on doit se poser la question de l'interdiction des portables à l'entrée du collège ?

4:40
Présentateur

Légitimement, on peut se poser la question. Et il y a déjà des établissements qui testent ce genre de dispositifs. Et ça va tout juste dans ce que le président de la République avait lancé, c'est-à-dire un travail plus global sur l'utilisation et la gestion de nos écrans. Il en avait parlé il y a maintenant de cela deux mois. Les travaux vont bientôt aboutir et les conclusions vont être apportées. Je me souviens qu'à l'époque, on avait regardé ça avec un peu de sourire. On est précisément dans ça.

5:01
Prisca Thevenot

On va parler d'économie. Alors que les partenaires sociaux, patronaux et syndicats vont se revoir ce lundi pour essayer de trouver un accord sur l'emploi des seniors, allez-vous réduire la durée d'indemnisation des chômeurs ? Va-t-elle passer de 18 à 12 mois ? Est-ce que c'est une option ?

5:11
Présentateur

Est-ce que nous voulons continuer à réduire le chômage ? Oui, encore oui. On le fait depuis 2017 et on va continuer à le faire.

5:16
Prisca Thevenot

Est-ce que réduire la durée d'indemnisation de 18 à 12 mois est une option ?

5:19
Présentateur

Ça peut être une option. En fait, il y a trois possibilités d'action pour continuer à avancer sur notre lutte contre le chômage. La première, c'est réduire le temps d'indemnisation. La deuxième, c'est de réduire, c'est de jouer sur le temps de cotisation. Et l'autre, effectivement, c'est la variable sur l'indemnité elle-même. Sur la troisième point, le Premier ministre lui-même s'est dit peu favorable à ce sujet.

5:41
Prisca Thevenot

Indemniser, on n'y touchera pas.

5:42
Présentateur

Maintenant, il s'est dit peu favorable à ce point-là. Il l'a dit lors d'une interview télévisée. Maintenant, sur les deux autres sujets, nous devons pouvoir regarder. Les organisations syndicales vont rendre leur conclusion aujourd'hui. Mais nous devons fondamentalement aller sur cette lutte contre le chômage, inlassablement, mais pas simplement parce que...

5:58
Prisca Thevenot

Pardon, mais pour être très concret, pour le chômage des seniors, aujourd'hui, il n'est plus de 55 ans, ils ont 27 mois d'indemnisation. Ils pourraient passer à 12 ? C'est une option aussi ? Tout est sur la table ?

6:05
Présentateur

Encore une fois, tout est sur la table, mais je ne suis pas en train de dire qu'il s'agit simplement de réduire le chômage. Le point que vous soulignez, en fait, derrière tout ça, c'est bien évidemment réduire le chômage. Réduire le chômage, mais pour pouvoir avoir un bon emploi. Et quand on dit un bon emploi, c'est un emploi qui paye bien et qui ne met pas sa danger. Vous avez déjà été au chômage, Pesca Tévenot, ou pas ? Tout à fait. J'ai déjà été au chômage, monsieur. Et je peux vous le dire que ce n'est pas facile.

6:27
Prisca Thevenot

Est-ce que vous connaissez beaucoup de chômeurs de plus de 50 ans qui disent « Tiens, je vais me la couler douce avec mes allocs. » Sincèrement, sincèrement.

6:32
Présentateur

Écoutez, je vais vous dire les choses telles qu'elles sont. Déjà d'une, je n'ai pas plus de 50 ans. Mais oui, j'ai été au chômage, notamment pour un sujet dont vous venez de parler juste avant. Je ne parlais pas de vous, je dis que vous avez connu. J'ai été mère de famille et donc sur là. Et ensuite, je peux vous dire que oui, j'ai connu quelqu'un qui a été malheureusement en situation de chômage, un chômage subi. C'était mon père. Il avait plus de 50 ans. Donc oui, je sais ce que c'est. Je sais ce que c'est que d'aller faire les pôles emploi. Je sais ce que c'est que de vouloir pouvoir travailler pour pouvoir subvenir. Et de ne pas y arriver. Et de ne pas avoir de réponse.

Et il y a aussi un sujet de ne pas de réponse. Mais il y a un sujet aussi de pouvoir se reformer. Et c'est aussi ça que nous devons aujourd'hui regarder droit dans les yeux. Parce qu'il ne s'agit pas simplement de dire, de regarder des chiffres du chômage pour se dire « il baisse et c'est super » et de faire de super slogans. Ce n'est pas ça. Derrière une situation de chômage, et vous le savez sûrement, c'est des vies empêchées. C'est des familles qui sont fragilisées. Et donc nous devons pouvoir y répondre de façon très claire. Donc oui, continuer à lutter contre le chômage comme nous le faisons depuis 2017 et permettre aussi un bon emploi, un travail qui paye bien.

Et c'est pour ça que la ministre du Travail, Catherine Vautrin, a lancé le haut-commissaire à la rémunération pour pouvoir continuer à travailler sur les enjeux d'égalité femmes-hommes que vous venez de discuter à l'instant. Il y a du boulot. Mais oui, mais qui doivent nous intéresser. Mais également sur certaines branches professionnelles où il y a encore des minimas sous le SMIC.

7:42
Prisca Thevenot

On a encore peu de temps et beaucoup de questions. Rapidement, la taxe lapin annoncée par le Premier ministre Gabriel Attal. 5 euros perçus par le médecin quand on n'honore pas un rendez-vous. Ça va être à la tête du client ou c'est le médecin qui décidera si mon médecin est sympa et qu'il n'a pas besoin d'argent, il dira bon allez, ça passe pour cette fois. Et sinon, ça sera à la caisse messieurs-dames. C'est ça le principe ou pas ?

7:58
Présentateur

Ouh là, le principe n'est pas celui-là. L'objet, il est très simple. C'est de libérer du temps médical. Donc libérer du temps médical, il faut aussi regarder les choses telles qu'elles sont. C'est le médecin qui décidera

8:15
Prisca Thevenot

s'il fait payer la pénalité.

8:16
Présentateur

Sur les modalités, vous avez raison, nous devons nous interroger, mais ça devra passer par la loi et donc dans le cadre d'un débat parlementaire.

8:21
Prisca Thevenot

Et ça veut dire que concrètement, si on prend un rendez-vous sur Doctolib, parce que font des millions de personnes, il faudra laisser ses coordonnées bancaires sur Doctolib ?

8:27
Présentateur

Sur les modalités, encore une fois, il faut que le débat parlementaire puisse avoir lieu.

8:30
Prisca Thevenot

Mais c'est pas exclu.

8:32
Présentateur

Il faut regarder les sujets tels qu'ils sont. On ne peut pas par défaut demander un débat parlementaire et commencer à dire que tel ou tel sujet ne devrait pas avoir lieu dans le débat. Ça n'existe pas.

8:39
Prisca Thevenot

Prisca Thévenot, je voudrais qu'on clarifie la menace terroriste en France. La semaine dernière, vous avez dit à l'issue du Conseil des ministres qu'il y avait eu une tentative de passage à l'acte qui avait été évitée pendant le week-end de Pâques. Et puis après, vous avez expliqué quand vous n'avez pas très bien compris qu'est-ce qui s'est vraiment passé pendant le week-end de Pâques en France ? Est-ce qu'il y a eu une menace d'attentat terroriste ? Ce qui s'est vraiment passé

8:55
Présentateur

pendant le week-end de Pâques en France, c'est que nous avons eu plus de 13 000 hommes et femmes, des agents qui ont été mobilisés pour protéger les lieux de culte de notre pays qui sont à de l'ordre de 4 000. Est-ce qu'il y a eu une tentative d'attentat ou pas ? Il n'y en a pas eu. Il n'y en a pas eu. Il n'y en a pas eu. En revanche, ce que je peux vous dire, et merci de me poser cette question parce que ça permet aussi d'avoir un mot de reconnaissance et de soutien à l'endroit de ces femmes et de ces hommes qui sont dans l'ombre et qui agissent au quotidien pour notre sécurité et qui ont permis depuis 2017 de déjouer 45 attentats. Ça, c'est une réalité auxquelles il ne faut pas oublier.

9:23
Prisca Thevenot

Combien d'attaques déjouées depuis le début de l'année ?

9:25
Présentateur

Je ne me souviens plus, mais ça, vous devez l'avoir, je pense.

9:27
Prisca Thevenot

D'accord. En tout cas, il n'y a pas récemment d'événements particuliers liés à la menace terroriste.

9:31
Présentateur

Il y a eu des tentatives de passage à l'ac en début du mois de mars. Le ministre de l'Intérieur l'avait dit. Mais ce que je dois dire aussi, c'est que n'oublions pas, c'est que oui, nous avons une menace. Nous avons une menace terroriste et c'est pour ça que le plan Vigipirate a été élevé. Il a été rehaussé. Mais face à cela, nous avons aussi une capacité d'action et de protection grâce à des hommes et des femmes qui s'engagent au quotidien.

9:48
Prisca Thevenot

Toute dernière question. Dans son édition d'hier, la Tribune dimanche croyait savoir que le gouvernement réfléchissait à relancer l'opération de voitures électriques à 100 euros pour les moins favorisés dès cette année. Est-ce que c'est d'actualité ? Est-ce qu'il y aura de nouvelles commandes possibles de voitures à 100 euros cette année en 2024 ?

10:01
Présentateur

Déjà, merci de souligner un succès, un succès fort qui tient d'un engagement de campagne et d'une promesse

10:05
Prisca Thevenot

de 50 000 demandes

10:06
Présentateur

par le président de la République de mettre en place un leasing social pour faire en sorte qu'effectivement la planification écologique rentre dans le quotidien des Français en ayant accès à une voiture électrique. Il y avait entre 20 et 25 000 personnes qui pouvaient l'avoir. Ça a explosé. 90 000 demandes. 50 000 ont finalement été honorées. Nous devons pouvoir remettre ce succès sur la table à l'horizon de l'année prochaine. Maintenant, il ne faut pas oublier quelque chose. C'est facile de dire nous devons faire et nous pouvons faire. Il faut aussi que nos filières suivent.

10:32
Prisca Thevenot

En tout cas, ce sera pour 2025. Ce n'est pas pour 2024.

10:34
Présentateur

A priori, ce sera pour 2025. Pourquoi ? Parce qu'il faut regarder les choses et dire les choses telles qu'elles sont. Il faut que nous puissions construire ces véhicules en France. Sinon, il n'y a aucun intérêt d'être dans une planification écologique si nous importons des voitures à l'autre bout du monde.

10:46
Prisca Thevenot

Merci, Président. Merci à vous. Merci à vous.

Violences autour des écoles... Prisca Thévenot est l'invitée des 4V du 8 avril 2024 — Prisca Thevenot · Pourquijevote