Arrêts-maladie : la ministre de l'Education favorable à l'alignement du délai de carence avec le privé
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France Inter Ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info, la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Les tensions sociales sont en train de monter partout, les colères se multiplient. Finiront-elles par se rencontrer, par converger ? Ça, c'est pour l'instant une autre histoire. En attendant, les agriculteurs ont à partir de demain décidé de bloquer.
Les cheminots lancent un premier coup de pression cette semaine, jeudi, avant une grève qui pourrait durer, sans oublier les fonctionnaires, agacés par toutes les dernières annonces du gouvernement, postes supprimés, points d'indices gelés et de nouveaux jours de carence qui leur seront bientôt imposés. Quel automne est-il en train de se préparer ? Comment calmer le jeu ? On en parle avec notre invitée, la ministre de l'Éducation nationale, Anne Genetet, dans Questions politiques, en direct et jusqu'à 13h. Questions politiques, Karine Bécard sur France Inter. Bonjour, Anne Genetet. Bonjour. Et merci d'avoir accepté notre invitation.
À mes côtés, pour vous interviewer, Françoise Fresseuse du journal Le Monde. Bonjour, Françoise. Bonjour à toutes. C'est tout. Et bonjour, David Inbert de France Télévisions.
Bonjour à tous.
On commence avec vos images de la semaine. Vous allez nous raconter ce que vous avez repéré dans l'actualité. Quelles sont les images qui ont retenu éventuellement votre attention ? Je commence avec vous, Anne Genetet. Dites-nous ce qui vous a frappé en particulier cette semaine.
Alors ? J'ai été très frappée cette semaine. Merci de votre invitation. Très frappée vraiment lorsque Donald Trump a annoncé cette semaine qu'il envisageait de supprimer le ministère de l'Éducation nationale. Il l'avait dit pendant sa campagne. Oui. Donc, il le confirme cette semaine. Et là, j'avoue que je suis absolument sidérée. Et ça veut donc dire que pour ce premier pays au monde, l'éducation n'est plus une priorité nationale. Les bras m'en tombent. Nous, en France, et c'est le projet que je porte, l'éducation, c'est évidemment une priorité nationale. Et qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
C'est que les élèves qui sont à Aubusson, où je suis allée récemment, à Creil, ou à Saint-Laurent-du-Maroni, où j'espère aller, ils ont tous le même programme. Ils ont tous les mêmes profs. Ils ont tous les mêmes chances de réussite. C'est ça la promesse républicaine. C'est ça l'éducation nationale. Et pas toujours tenue, ceci dit. On pourra en reparler. Mais néanmoins, il faut pouvoir se donner cette ambition. C'est l'ambition que je porte. Et quand on voit qu'en France, on a des soutiens de M. Trump, je suis quand même extrêmement inquiète.
C'est quand même, derrière tout ça, des déclinistes de salon, des populistes de comptoir, des complotistes en tout genre, qui, quelque part, veulent une école qui est exclue, qui est exclue au nom de l'origine, au nom du handicap, d'ailleurs, au nom de la confession. Et ça, ça veut dire que pour eux, la réussite, c'est le privilège de quelques-uns. Moi, je suis totalement opposée à ça.
Elle est forcément mauvaise, l'école, selon Elon Musk, parce qu'il a créé des écoles. Il y en a une qui a commencé à être en fonction à partir de cet été. Lui, il dit, voilà, on a besoin de 100 millions de la rentrée en première année, en toute petite classe pour les élèves, jusqu'à l'entrée en université. Ça peut fonctionner, non ? Ces écoles indépendantes ?
Mais moi, ce que je veux, c'est qu'il y ait un cadre qui permette, quand on dit ça, ça veut dire qu'au nom de l'argent, certains ont accès à la réussite et pas d'autres. Moi, je ne l'accepte pas. Et c'est ça, la promesse républicaine. Je veux que tout élève en France ait accès à ce même cadre, ce même programme aussi, que tous, oui, apprennent les choses de la même manière. Et c'est ça qui permet derrière de former les citoyens dont nous avons besoin. N'oublions pas que demain, nous sommes aussi France, un pays qui a besoin de nous préparer à l'avenir, avec, notamment dans les domaines scientifiques, on a un paquet de compétences à former.
Et c'est le rôle de l'école de le promettre et de le proposer à tous.
Alors, cette suppression du ministère de l'Éducation nationale aux États-Unis, au nom de l'efficacité gouvernementale, ça, ça sera le ministère d'Elon Musk, dont j'ai commencé à parler, qui a été chaudement félicité par le ministre français, Guillaume Casbarian, cette semaine aussi, en charge donc de la fonction publique. Je vous lis quand même le tweet qu'il a adressé à Elon Musk. J'ai hâte de partager avec vous les meilleures pratiques pour lutter contre l'excès de bureaucratie, réduire la paperasse et repenser les organisations publiques pour améliorer l'efficacité des agents publics.
Vous aussi, Anne Jeunetais, vous avez hâte de partager les solutions d'Elon Musk sur les services publics pour qu'ils fonctionnent mieux ?
Moi, je n'ai pas d'homologue. J'ai compris que je n'aurais pas d'homologue dans le gouvernement américain. Et pour moi, il n'y a ni convergence, ni inspiration avec le gouvernement américain. C'est une faute qu'il a commise, votre collègue ? La priorité, elle est clairement chez nous. L'éducation, c'est une priorité nationale. Et c'est ça qui nous distingue profondément.
Qu'est-ce que vous répondez à Guillaume Casbarian, quand même ? Qu'est-ce que vous répondez à Guillaume Casbarian ? Parce que lui, il a estimé qu'il avait le droit de se lire.
Je ne vais pas répondre à Guillaume Casbarian. Moi, j'ai à répondre de ce que l'école peut proposer à tous nos élèves sur le territoire national. Est-ce qu'il reflète sa pensée, Mme Jeunetais, ou celle du gouvernement, lorsqu'il se tweet ? Vous lui demanderez. Moi, je ne suis pas dans la tête. Et vous ne l'auriez pas fait ? Je n'ai pas d'homologue. Je ne suis pas sur les mêmes sujets. Moi, je suis sur un sujet école. Moi, je porte l'école et l'ambition pour l'école. C'est ça sur quoi je travaille. C'est déjà assez de travail. Mais les enseignants, ce sont des fonctionnaires ? Oui, bien sûr. Mais pour le moment... L'efficacité gouvernementale...
Moi, je suis pour justement travailler sur l'efficacité de l'école. Et assurez-vous, soyez certaine que nous avons beaucoup de moyens d'assurer l'efficacité de l'école. Et nous devons d'ailleurs en donner plus. Pour faire plus et mieux constamment.
Mais vous êtes gênée ? Vous êtes choquée par ce qu'il a écrit Guillaume Casbarian ou pas ?
Moi, je regarde mon périmètre. Mon périmètre, il est sur l'école. C'est ça sur quoi je travaille. Vous savez, si chacun commence à s'occuper de ce que fait le voisin, on ne va pas s'en sortir. Donc, moi, je m'occupe de mon périmètre qui est l'école, l'ambition que je porte pour l'école et la réussite de l'école. Mais il y a une solidarité gouvernementale quand même. Mais ça, c'est autre chose sur d'autres sujets. Et nous avons le Premier ministre pour nous le rappeler. Mais je vous assure qu'il y a toute forme de solidarité. Moi, je travaille très bien avec mes collègues sur les sujets transversaux qui me concernent à l'éducation.
Si vous prenez le sujet de la sécurité sur le chemin de l'école, c'est avec Bruno Retailleau que je discute et que je travaille. Si vous prenez le sujet de vers quoi j'emmène mes élèves au-delà du bac, par exemple, ou de la formation professionnelle, c'est avec d'un côté Catherine Vautrin, Astrid Panossian pour le travail ou avec Patrick Hetzel pour l'enseignement supérieur.
Allez, autre image avec vous, Françoise Fresseau, celle de la patronne du Rassemblement national.
Oui, c'est l'offensive de Marine Le Pen après les réquisitions du parquet mercredi. Vous savez, dans le procès des assistants des eurodéputés du Front national, devenu Rassemblement national plus tard, parmi les peines requises contre la chef du groupe parlementaire, eh bien, il y a l'inégibilité avec exécution provisoire, autrement dit, l'hypothèse qu'elle puisse ne pas se présenter à la prochaine présidentielle. Et depuis, c'est un battage politique, médiatique, juridique, pour dire, au fond, les juges veulent m'empêcher, veulent empêcher les Français de voter.
Alors, moi, je trouve ça très choquant, d'abord parce que l'offensive, elle n'intervient pas après le jugement, mais entre les réquisitions et le jugement qui est attendu en début d'année. Donc, c'est une pression immédiate sur la justice pour un parti qui, par ailleurs, se plaint d'une justice qui n'est jamais assez ferme envers les délinquants, qui n'applique pas immédiatement les peines, qui devrait être beaucoup plus efficace.
Et quand, en fait, on a suivi le procès pendant un mois, on s'est aperçu que tous ces prévenus avaient beaucoup de mal, au fond, à prouver ou à plaider qu'il n'y a pas eu détournement de fonds publics, et le détournement de fonds publics, eh bien, il est puni de l'inligibilité. Donc, c'est un combat particulièrement, à mon avis, pervers, parce que ça s'inscrit aussi dans un climat de contestation de l'État de droit. Au fond, il y aurait l'État de droit, les juges, qui priveraient le peuple de son expression populaire, ce qui, en l'occurrence, n'est pas vrai non plus, parce que si elle ne peut pas se présenter, eh bien, il y aura Jordan Bardella au nom du RN.
Donc, tout ça me paraît très dangereux, et tout ça est quand même une attaque contre l'indépendance de la justice, qui est le fondement de la démocratie et qui doit être absolument respectée.
Je me tourne vers vous, Anne Jeannetet, votre réaction à ces réquisitions. Est-ce que vous y voyez un procès politique, comme le dit Marine Le Pen ?
En France, et Française Fréceau vient de le dire, la justice est la même pour tous. La loi est la même pour tous. Si la justice s'établit, qu'il y a eu des tournements de fonds publics, qu'il y a eu un enregistrement personnel, que ça a été fait sur le dos du contribuable, et que tout ça, ça a été fait au bénéfice d'un parti politique, en l'occurrence le Front National de l'époque devenu Rassemblement National maintenant, je suis désolée, la loi doit s'appliquer pour tous et pour eux également. Donc ? Et donc, la justice doit être dite.
On est dans un état de droit, c'est un des fondements de notre République, et j'attends de la justice, et d'ailleurs c'est ce que chaque Français, je crois, attend aujourd'hui, qu'elle soit dite, et qu'elle soit dite pour tout le monde. Je suis désolée, mais ça n'est pas que je sache le fait que Mme Le Pen soit populaire dans un sondage, qu'il doit décider de si on a le droit ou pas de violer la loi.
La loi est la même pour tous en France. Donc vous n'y voyez pas de mort politique ? Parce que Gérald Darmanin, lui, l'ancien ministre de l'Intérieur, vous appartenez à la même majorité, a estimé que c'était choquant qu'elle ne puisse pas se présenter en 2027.
La loi doit être la même pour tous. La loi doit être la même pour tous, y compris pour les personnes issues du Rassemblement National. La loi, heureusement, elle est la même pour tous en France, et j'attends qu'elle soit la même pour tous en France, comme chaque Français l'attend, et elle le sera.
Est-ce que vous voyez, comme Françoise Fresseau, ce danger vis-à-vis de l'état de droit français malmené ?
Il faut protéger notre état de droit, et heureusement, il fonctionne très bien. Nous avons des pouvoirs, des contre-pouvoirs. Un triptyque, justice, gouvernement et parlement qui sont indépendants les uns des autres, c'est fondamental. Nous avons des procès qui sont conduits avec du contradictoire, c'est nécessaire et indispensable également. Heureusement, moi, je sais suffisamment ce que peut être un pays sans état de droit pour considérer que l'état de droit qui existe en France, qui fonctionne en France, doit être absolument soutenu, ne peut pas être contesté, remis en question.
Alors, à propos de ce procès, les plaidoiries de la Défense, ce sera la semaine prochaine, et puis le jugement, pas avant le début de l'année 2025, le début de l'année prochaine. On termine les images de la semaine avec la vôtre, Javith Herbert. Dites-nous tout.
Oui, moi, c'est cette image du Stade de France, que vous avez sans doute tous vu pratiquement vide, avec au premier plan des policiers en uniforme, qui m'a marqué ce match France-Israël qu'on avait tant redouté après les violences d'Amsterdam, et qui finalement s'est déroulé quasiment sans incidence. C'est peut-être d'ailleurs la première chose à retenir. C'est facile à dire après coup, avec un tel dispositif, il n'y avait aucun risque.
Il n'empêche, quand même les autorités israéliennes déconseillent à leurs ressortissants de s'y rendre, il faut savoir souligner, quand c'est le cas, une certaine idée du maintien de l'ordre, de la même façon que cet été, le zéro faute des Jeux olympiques avait fait taire tous ceux, il y en avait même parmi eux de grands experts, qui prédisaient une apocalypse sécuritaire, notamment pendant la série d'ouverture. La deuxième image qui me reste à travers celle-ci, c'est celle de ces tribunes officielles bien garnies, le président Macron, les deux prédécesseurs, le Premier ministre. Est-ce que c'était trop ?
Est-ce que c'était, comme l'a affirmé le député mélenchoniste Éric Coquerel, je cite, une façon de dire à Benjamin Netanyahou, vous pouvez continuer le génocide, fin de citation. Évidemment non, c'est un raccourci très discutable, puisque ces mêmes responsables de LFI ne supportent pas qu'on les qualifie d'antisémites quand ils attaquent, par exemple, des personnalités françaises, comme Yaël Braun-Pivé, pour leur prétendue allégeance à Israël, ou alors, ou encore, qu'ils acceptent dans leur manifestation des personnes comme Elias Dimzalen, cet activiste qui appelle à une intifada à Paris.
Il n'est plus respectable que Bruno Rotaillot, a dit Éric Coquerel, qui l'a accueilli lors d'une manifestation jeudi. Voilà où on en est aujourd'hui, un fossé toujours plus grand, toujours plus de raccourcis et toujours moins d'apaisement au fil du temps.
Aujourd'hui, dans la fonction publique, nous sommes à 14,5 jours d'absence, en moyenne, par agent, alors que dans le privé, nous sommes à 11,6. Le coût de l'absentéisme, monsieur le député, est aujourd'hui de 15 milliards. Nous devons regarder la réalité des chiffres en face, monsieur le député, et au nom du gouvernement, nous ne mettrons pas le sujet sous le tapis.
Alors, on en parlait à l'instant, à l'occasion de votre image, Anne Jeunetet. Voici le ministre de la fonction publique, Guillaume Casbarian, qui répondait le 29 octobre dernier à une question au gouvernement, une QAG à l'Assemblée. Les fonctionnaires sont trop absents, voilà ce que dit Guillaume Casbarian. Ils le seraient plus que les salariés du privé. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Est-ce qu'il y a trop d'enseignants absents ? Je vous pose la question, est-ce qu'il faut donc porter à trois jours le temps de carence dans la fonction publique et à l'éducation nationale ?
S'agissant de l'éducation nationale et du ministère que je dirige aujourd'hui, je veux dire les choses très clairement. Si on s'occupe uniquement, si on regarde l'absence de nos professeurs pour raison de maladie, ils sont la fonction publique la moins absente par rapport aux deux autres hospitalières et territoriales, et ils ne sont pas plus ni moins absents que les salariés du privé. Vous avez déchiré ? Et je voudrais, on est à peu près aussi sur 11 et quelques jours, un peu moins de 12 jours d'absence.
Donc je voudrais souligner par là l'engagement de nos professeurs alors même, et je veux le souligner, que leurs conditions d'exercice sont difficiles et que nous avons des questions très importantes sur les conditions d'exercice du métier. Car finalement, derrière ces absences pour maladies éventuelles, qui encore une fois ne sont vraiment pas le sujet aujourd'hui, je crois, dans l'éducation nationale, derrière, il faut se poser la question des conditions de travail.
C'est pour ça d'ailleurs que moi j'avais reçu leurs représentants syndicaux un par un en arrivant au ministère, je les ai reçus tous ensemble pour préparer la rentrée 2025, et nous avons un chantier à ouvrir sur les conditions d'attractivité du métier, les conditions d'exercice du métier. Alors que leur autorité est contestée aujourd'hui,
ça rend été très difficile. Mais ma question c'était les jours de carence, qui crispent quand même les enseignants, qui ont compris que leur délai de carence allait passer à trois jours, ça va être le cas ou pas ?
Ils sont fonctionnaires comme les autres fonctions publiques, donc ils sont concernés par ces décisions, ces mesures, mais derrière, encore une fois, c'est moins ça qui est le sujet principal dans l'enseignement aujourd'hui que les difficultés d'exercice du métier et l'attractivité du métier. C'est quand même l'absentéisme, enfin pas l'absentéisme, c'est l'absence de certains professeurs, énervent, soit parce qu'ils sont en formation, soit parce que voilà, alors où on en est par rapport à ce dossier ? Qu'est-ce que vous comptez faire ? En effet, et je me mets à la place pour un parent, quand il voit que le professeur n'est pas présent pendant le cours de son enfant...
Il n'est pas forcément remplacé. Il n'est pas forcément remplacé. Ça, c'était une véritable difficulté que nous rencontrons. Néanmoins, dire déjà, si je prends juste la rentrée scolaire, et je viendrai au reste après, nous avions à la rentrée scolaire un taux très important de postes pourvus. Il est très important en école primaire, c'est 99,9% et 99,5% de postes pourvus dans le secondaire. Mais attention, le 0,1% et le 0,5%, c'est quand même plusieurs centaines de professeurs. C'est pour ça que nous lançons des grandes campagnes de recrutement. Et d'ailleurs, j'en appelle aujourd'hui à ceux qui, nous avons un certain nombre de profils, qui envisagent une reconversion.
Les rassurer, leur dire que nous pouvons les accompagner, nous pouvons les former, nous ne les mettrons pas directement devant une classe. J'en ai encore rencontré un en reconversion vendredi dernier au Salon de l'Orientation qui m'a expliqué comment il avait été accompagné. Donc là, nous sommes vraiment sur comment remplacer vraiment les enseignants qui manquent fondamentalement. Et quand un parent me dit « Je n'ai pas de professeur de mathématiques devant mon enfant en classe de cinquième aujourd'hui », je lui dis « Nous sommes toujours » et continuons, à dire, toute l'année en phase de recrutement pour aller chercher ses bons profils. Ça, c'est de ce côté-là.
Maintenant, vous avez soulevé le cas de la formation. Là, il y a aussi des modifications très importantes qui ont été faites l'année dernière. Mais qui ont été retardées parce qu'il y a eu la dissolution. Non, déjà l'année dernière, pour prendre par exemple, en effet, nous avons du temps de formation qui avait lieu pendant le temps face élève et qui, du coup, faisait que les élèves, au lieu d'avoir leur professeur devant eux, n'avaient personne. Donc ça, il y a eu un travail qui a été fait pour basculer ce temps de formation sur du temps hors face élève. Et là, on est passé à un taux de 70% de formation hors face élève avec un objectif de passer à 100%.
Donc déjà, ces absences de professeurs parce qu'ils sont en formation tentent à s'éteindre. C'est une bonne chose. Maintenant, nous avons d'autres absences. Nous le savons parce que près tout là, on arrive, nous sommes bientôt au mois de décembre. Nous savons que ce qui nous guette, c'est la grippe. Et nous le savons, là, je mets ma casquette de médecin quelques instants, que les enfants sont la première communauté qui véhicule la grippe. Donc les professeurs sont les premiers exposés. Donc il y aura des professeurs absents pour grippe. Comment faire pour les remplacer ? Nous sommes là sur des remplacements dits de courte durée.
Et là, le taux de remplacement de courte durée, déjà l'année dernière, a été doublé. On a deux fois plus de courte durée remplacée maintenant qu'auparavant. Et nous espérons encore doubler ce taux de remplacement de courte durée. Donc vous voyez, on progresse, mais c'est un combat permanent et éternellement recommencé.
C'est intéressant. Vous nous dites que finalement, du fait qu'ils se retrouvent face à des élèves, ils se retrouvent plus facilement à être malades, à être contaminés. Absolument. Mais en même temps, vous ne dites rien sur le délai de carence. Vous êtes d'accord avec les trois jours ? Le délai de carence,
l'idée, c'est d'aligner, c'est ce qui a été proposé que ce soit aligné sur les salariés du privé, qu'il n'y ait pas de différence. Moi, je ne vois pas la raison pour laquelle on s'opposerait à ce qu'il y ait une égalité de traitement entre tous les gens qui travaillent, qui sont les forces de production du pays. C'est tout à fait normal. Mais derrière, bien dire qu'il y a un accompagnement et que l'absence des professeurs, que ce soit pour maladie ou pour des difficultés d'exercice du métier, est un sujet que nous prenons en bras le corps. L'absence pour maladie, par exemple, ça soulève la question de la médecine du travail.
Quel métier du travail nous avons aujourd'hui pour nos professeurs ? Je vais le dire très franchement, je vais être très simple. Pratiquement rien. Pratiquement rien. C'est une véritable difficulté. C'est aussi un chantier qu'il faut ouvrir. On ne peut pas continuer comme ça.
En tout cas, sur les jours de carence, parce que je maintiens sur ça, il y a une grève qui est annoncée le 5 décembre dans la fonction publique. Les professeurs ont l'air d'être très remontés contre cette mesure et quelques autres. Vous vous attendez à une mobilisation importante dans l'éducation nationale ou pas ? Vous savez, le droit de grève,
heureusement, est un droit constitutionnel en France. Et donc, j'entends qu'il y ait cette perspective. Mais derrière, posons-nous les bonnes questions de savoir pourquoi nous avons des professeurs absents, pourquoi nous avons des professeurs qui manquent, comment nous pouvons remplacer les heures de courtes durées d'absence ? Jeff, vite un peu. Vous l'avez dit entre les lignes, s'il y a parfois des problèmes de remplacement, c'est qu'il y a des problèmes de recrutement des professeurs. Comment vous expliquez la baisse d'attractivité, notamment dans les concours du CAPES, les recrutements aussi de professeurs des écoles ? Est-ce qu'il n'y a pas un problème sur la rémunération ?
Est-ce que vous êtes satisfaites qu'un professeur français soit payé à expérience et diplôme égale deux fois moins qu'un enseignant allemand ? Qu'est-ce que vous comptez faire là-dessus pour changer cette attractivité ? Vous soulevez en effet la question de l'attractivité du métier au sens large, que ce soit pour l'école primaire ou pour les disciplines partir du secondaire. C'est une question d'argent ou pas ? Ou c'est plus compliqué que ça ? Il y a trois choses.
Il y a les conditions de rémunération, bien évidemment, pour lesquelles je veux quand même souligner que nous avons fait, parce que nous savions, notamment les professeurs débutants, comment c'est un niveau de salaire qui était vraiment tout à fait encore et beaucoup trop bas. Donc nous les avons remontés, nous avons remonté de 2,260 euros par mois de plus net dans la poche des débutants qui démarrent maintenant à un peu plus de 2,100 euros net par mois. Et une rémunération qui peut d'ailleurs augmenter selon leur lieu d'affectation et différentes options. C'est un élément de rémunération. Derrière, vous soulevez, il faudra nous enlouer à l'agenda social.
Nous avons mis à l'agenda social la réflexion et le dialogue sur les milieux de carrière, c'est important.
C'est-à-dire ceux qui exercent depuis une quinzaine d'années. Exactement.
Et nous avons également fait un effort significatif sur les fins de carrière, ça c'était aussi important, qui conditionne le départ en retraite et les conditions de pension de retraite, donc c'est important.
Donc il y aura des enveloppes possibles pour les milieux de carrière.
En tout cas, il y a un dialogue qui sous est inscrit à l'agenda social. Nous verrons comment nous pouvons avancer. Il ne vous aura pas échappé que nous avons aussi des contraintes budgétaires et nous ne pouvons pas non plus être inconscients. En fait, c'est la question qu'on se pose. C'est qu'au fond, tout ce qui a été lancé avant, l'idée de la revalorisation des enseignants et du métier, est-ce que ce n'est pas complètement cassé maintenant parce que tout le monde découvre qu'il n'y a plus d'argent ? Je voudrais finir parce qu'il y a la rémunération mais il y a d'autres éléments qui sont très importants. Notamment, je n'en ai parlé, les conditions d'exercice du métier.
Et puis également, les affectations. Les règles d'affectation, on voit bien, sont parfois, je vais le dire avec des mots très simples, profondément inhumaines. C'est un jeune professeur qui est originaire de Bretagne et qui va se retrouver souvent, par exemple, dans une académie qui est en tension, qui a un manque de professeurs, par exemple l'Académie de traite. Ça, c'est le rectorat qui le demande. Moi, je demande qu'on ait... Je demande. Vous allez échanger les règles. Vous allez essayer de les changer, c'est ça ? J'aimerais bien. En tout cas, vous savez, c'est un ministère qui est profondément humain. Et je voudrais qu'on...
Oui, parfois, qu'on remette beaucoup plus d'humains parce que nos professeurs, tous les jours, ils sont avec des élèves. Mais concrètement, qu'est-ce que... Voilà, un professeur qui voudrait changer... Donc, il faut... Je n'ai pas la réponse parce que ce n'est pas moi toute seule, c'est dans le dialogue avec les... Non, mais ça veut dire que vous avez une idée. C'est-à-dire qu'à l'idée, vous aimeriez voir ? J'ai compris, j'ai entendu, j'ai parfaitement compris que ces règles d'affectation posent problème. Elles sont vraiment... Elles sont un frein à l'attractivité du métier. Donc, les affectations, mais également les conditions d'exercice.
Et notamment, j'ai été frappée par le fait qu'aujourd'hui, nous le savons tous, mais lorsqu'un professeur vous le dit, vous savez... D'ailleurs, je crois que c'est sur France Culture, une radio de votre maison, qui a un très bon podcast la semaine dernière sur les conditions d'exercice du métier de professeur. Il y a ce témoignage bouleversant. Vraiment, je l'ai écouté, mais il est bouleversant de cette professeure d'éducation physique et sportive qui est très engagée, qui décrit tous ses projets et qui, à un moment, est profondément émue. Ça s'entend à la radio combien elle est émue parce qu'elle est contestée dans son enseignement par notamment des parents d'élèves.
Donc, ce sujet de la contestation de l'autorité statutaire de l'enseignant, moi, c'est un chantier que je veux mettre sur la table. Je veux pouvoir travailler avec eux, avec les organisations syndicales, à voir comment nous pouvons travailler pour restaurer l'autorité statutaire. Et il y a des chercheurs qui se sont penchés sur le sujet. Il y a des initiatives locales dans des établissements qui ont été mises en oeuvre. Donc, il y a certainement des solutions. Mais attendez, un parent qui conteste, parce qu'il y en a de plus en plus, qui vient voir un enseignant en disant qu'est-ce que peut faire l'éducation nationale pour ce parent ?
Aujourd'hui, très concrètement, quand un professeur est menacé, que ce soit par un élève, par un parent, peu importe, il est menacé verbalement, moralement, physiquement, déjà immédiatement, il est mis en place une protection fonctionnelle. Si les menaces sont de nature beaucoup plus importante, il peut même être mis en place une protection policière. Car oui, aujourd'hui, cela peut arriver, menaces d'élèves ou de parents d'élèves. Ensuite, nous avons, par rectorat, des personnels qui sont dédiés, notamment, je pense, par exemple, ça peut être sur le sujet du harcèlement ou sur le sujet des valeurs de la République.
À chaque fois, pour chacun des sujets, nous avons des équipes dédiées qui peuvent, à tout moment, venir dans l'établissement. c'est-à-dire que notre enseignant ou notre personnel de direction, n'oublions pas les chefs d'établissement qui, eux aussi, subissent des menaces, eux aussi, subissent des contestations. Donc, chef d'établissement, professeur, je veux qu'il sache qu'il n'y a plus de question, il n'y a pas de patte vague. Patte vague, c'est terminé. Il faut que chacun puisse parler, s'ouvrir, dire, là, j'ai fait l'objet de tels propos, est-ce que c'est une menace ? À quel moment faut-il que je demande la protection fonctionnelle ? Elle lui sera donnée automatiquement.
Mais il faut qu'il se sente libre de pouvoir parler sans être jugé. Ça, c'est extrêmement important. Voir d'aller jusqu'à porter plainte ou pas ? Mais bien entendu. Et d'ailleurs, sur le dépôt de plainte qui existe aujourd'hui, il y a même un élément de loi qui manque sur lequel je travaille avec mon homologue à la fonction publique car il manque la possibilité pour l'institution scolaire elle-même de pouvoir porter plainte pour son enseignant, pour son personnel. Et ça, c'est un sujet, je veux qu'on puisse avancer qu'en 2025, on puisse enfin permettre à l'institution de déposer plainte.
Voyez-vous, ce travail sur les conditions d'exercice du métier, il est fondamental, absolument fondamental. Je veux que nos professeurs se sentent soutenus, se sentent libres de parler à leur hiérarchie, à leurs collègues, libres de mettre en œuvre les dispositifs qui leur permettent de se sentir avoir l'autorité qui est nécessaire, qui est requise et à laquelle j'appelle d'ailleurs l'ensemble de la société de respecter tous nos enseignants. Moi, je les aurai toujours en soutien. Ils auront toujours mon soutien mais le mien, c'est bien.
Mais au-delà de ça, pas un soutien de douleur manqué, pas un soutien dans la société française, nous doit manquer à nos enseignants et personnels de direction. Jeff, une question ? Pour faire respecter tout cela et notamment la discipline dans les établissements scolaires, il faut aussi des personnels et donc des moyens. Vous avez annoncé le recrutement de 150 conseillers principaux d'éducation, de 600 assistants d'éducation. Ce sont des moyens supplémentaires. Donc, vous avez chiffré à 10 millions d'euros et c'est donc pour combler un manque et en tout cas pour aller vers la politique que vous souhaitez. Pour compléter ce qui existe.
Mais comment, excusez-moi, dans le même temps, justifier des suppressions d'emplois ? 4000, je le rappelle, dans le nombre d'enseignants ou en tout cas de personnels de l'éducation nationale. Il y en a trop d'un côté, pas assez de l'autre. C'est vrai que, vu de l'extérieur, on ne comprend pas. Alors, d'abord, sur le climat scolaire, il est très clair qu'il y a un certain nombre d'établissements dans lesquels, aujourd'hui, le climat scolaire ne permet pas de travailler sereinement et dans ces établissements-là, oui, ça doit commencer par le rétablissement de l'ordre. D'où les mesures que j'ai annoncées, mais le budget, justement, c'est un budget que j'ai préservé.
Aujourd'hui, pour la loi de finances qui est en train d'être discutée, ce sont 834 millions de plus que j'ai eus par rapport à l'année dernière, ce qui me permet non seulement de maintenir des projets, mais d'en déployer d'autres. Donc là, vous voyez que les 10 millions... Et aussi de supprimer des emplois, vous l'assumez, ça. Alors, ensuite, il y a la question du schéma d'emploi, en effet, mais là, il y a aussi une vérité qu'il faut dire aux Français. Il faut quand même leur dire qu'il y a deux réalités. Une réalité démographique qui se porte d'ailleurs essentiellement sur l'école primaire. C'est là qu'on a la plus grosse baisse d'effectifs. On a perdu 100 000 élèves à cette rentrée.
On a probablement une perspective d'en perdre encore 100 000 à la rentrée prochaine, mais 200 000 en deux ans, nous devons tenir compte. Et puis, une réalité territoriale qui fait qu'aujourd'hui, il faut le dire, il y a des territoires, si je prends toujours l'école primaire, où il y a trop d'enseignants disponibles, certains n'ayant pas d'affectation, et d'autres territoires ou en revanche, il manque d'envente. Est-ce qu'il n'y a pas
également une réalité économique qui a été posée judicieusement par Nicolas Sarkozy il y a une dizaine de jours qui nous a dit que l'État français n'a plus les moyens d'avoir un million d'enseignants aujourd'hui en France ? Alors, on n'est plus à un million, on est plutôt à 850 000, mais est-ce qu'effectivement on a les moyens de nos ambitions ? Est-ce qu'on a trop d'enseignants aujourd'hui en France ? Aujourd'hui, mon objectif, il est que nous ayons
une école juste, une école efficace, qu'on puisse faire toujours plus, toujours mieux avec, nous avons des, encore une fois, ces deux réalités que j'ai décrites et démographiques et territoriales auxquelles nous devons répondre, que nous devons également anticiper, gouverner c'est aussi anticiper. Voilà, vous dites qu'il faut mieux, on va essayer de mieux répartir les enseignants,
mais est-ce qu'il y en a trop ? C'est ça la question de Nicolas Sarkozy, elle est intéressante.
Trop d'enseignants ou pas ? Trop d'enseignants ? Écoutez, en tout cas, aujourd'hui, on a à peu près 850 000 enseignants et c'est ça moi ce que je veux c'est cette école et c'est l'ensemble des mesures que j'ai annoncées qui puissent permettre d'apporter cet accompagnement sur mesure dans un cadre qui est bien défini avec des programmes qui sont bien définis avec un territoire qui doit avoir accès à la médication. On se souvient tous de la première mesure Blanquer qui était le dédoublement des classes en CP dans les zones d'éducation prioritaire. Ça donne des bons résultats dans les évaluations. Absolument, les résultats sont très encourageants.
Et donc on se dit pourquoi au moment où le nombre d'élèves diminue notamment dans le primaire et bien on ne garde pas, on ne fait pas un encadrement renforcé. Ce n'est pas la solution ça soit de faire des classes plus petites soit de renforcer la présence des enseignants et l'encadrement pour avoir une école d'excellence. Ça ce n'est pas possible.
Alors en effet les classes aujourd'hui nous avons tous nos élèves qui sont au réseau d'éducation prioritaire qui bénéficient de groupes à 12 élèves à peu près en moyenne qui a donné donc c'est en grande section c'est en CP et c'est en CE1 et derrière on voit bien les évaluations nationales qui viennent d'être publiées montrent des résultats vraiment encourageants sur le premier degré.
Maintenant attention moi je dis les choses telles qu'elles sont il y a aussi pour le moment quand on regarde les résultats du collège là en revanche c'est insuffisant et là ce que vous dites le travail en plus petits effectifs oui c'est justement l'objectif de ces groupes dits de besoin que je suis allé voir concrètement sur le terrain où là vous allez avoir une classe de 6ème qui en mathématiques et bien va travailler à 15 élèves au lieu de travailler à 24 ou 25 c'est ça qui est efficace vous avez raison c'est ça que nous avons mis en place pour cette rentrée en 6ème en 5ème sur nos deux fondamentaux qui sont les français et les maths et quand on voit 4ème, 3ème boum tout s'arrête et bien c'est bien pour ça que j'ai justement en me disant vous avez raison on ne peut pas se dire on a travaillé nous travaillons sur les fondamentaux en français en mathématiques avec l'idée que c'est bien gentil après mais si on veut que nos élèves fassent tous de l'histoire des sciences de la biologie que sais-je il faut bien que derrière il sache lire, écrire, compter de manière fluide et ça c'est tout le travail de ces fondamentaux en 6ème, 5ème mais derrière si ça s'arrête en 5ème c'est profondément injuste donc il faut pouvoir continuer en 4ème, 3ème et c'est là justement tout ce que j'ai annoncé qui permet d'avoir à nouveau des groupes de besoin donc c'est-à-dire encore une fois une classe de 4ème qui là où les équipes le jugeront là où ça sera nécessaire avec les élèves les plus en difficulté ces élèves-là pourront avoir accès comme je l'ai vu en 6ème comme je l'ai vu en 5ème à un groupe à 15 élèves avec des horaires réduits pris sur le temps normal enfin on a l'impression que c'est un dispositif pour rabais par rapport à ce qui avait été engagé je vais être très claire d'abord le programme scolaire et les horaires de cours sont les mêmes en 4ème, en 3ème les élèves ont tout le même volume d'heures de maths de français d'histoire, de sport c'est exactement pareil après en plus de cela il faut que certains de nos élèves puissent avoir accès notamment à ce qu'on appelle les devoirs faits c'est ce grand service public de l'aide aux devoirs qui sera mis en place c'est pour certains d'autres n'auront pas forcément besoin de ça mais auront besoin de revenir à l'école un peu plus tôt c'est les stages de réussite en septembre et tout ceci va être accessible à deux fois plus d'élèves qu'aujourd'hui c'est 800 000 élèves c'est à peu près la moitié d'une génération en 4ème et en 3ème qui auront accès à ça c'est ça qui nous permet d'avoir cette approche vraiment au cas par cas et qui permet derrière que tous aient accès au programme et que les plus faibles se rapprochent les plus allés on tire tout le monde
vers le haut avec les moyens que nous y mettons Alors dans le choc des savoirs parce qu'il y a plein d'aspects différents il faut absolument qu'on avance pour essayer d'aborder un maximum de points je voudrais qu'on parle aussi du brevet vous avez repris l'idée de Gabriel Attal avec un brevet des collèges obligatoire les élèves ne pourront plus entrer au lycée sans avoir réussi ce que l'on appelait à l'époque en tout cas la mienne le BEPC est-ce que ça veut dire que le niveau du brevet risque éventuellement de baisser pour permettre aux 15% qui échouent chaque année de pouvoir passer malgré tout en seconde Alors
ce brevet obligatoire c'est pour une entrée directe au lycée je peux y revenir Non non justement c'est qu'au contraire il y en a beaucoup plus qui réussissent pourquoi ?
Parce qu'aujourd'hui justement tout ce que je viens d'expliquer les mesures de soutien très individualisées que nous mettons en place de la 6ème jusqu'à la 3ème moi ce que je veux c'est que ce diplôme qui est le premier diplôme sur la scolarité c'est vraiment la première grande expérience alors que d'autres l'auront après je veux que ce soit motivant donc déjà je veux être très claire ce qu'on appelait le correctif académique qui gonflait les notes artificiellement dans certains endroits ça s'est terminé depuis juin dernier et ça je le maintiens il est hors de question que le brevet ne soit pas national il doit être le même pour tous donc avec la même exigence pour tous derrière je veux le rendre motivant je veux donner aux envies aux élèves de le réussir donc derrière j'ai bien l'ambition qu'il y ait beaucoup moins de 100 000 élèves qui soient en échec mais derrière ceux qui sont en échec je ne les mets pas dehors Alors il y en a 15% vous en faites quoi ?
Au contraire j'espère qu'il y en aura ou bien parce qu'aujourd'hui il faut bien savoir que ces élèves là ils n'ont aucun choix rien ne leur est proposé certes ils vont directement au lycée et au bout du compte que trouvent-ils au lycée les chèques ils se trouvent face à un mur parce qu'ils ont s'ils ont raté leur brevet c'est bien qu'il y avait des raisons fondamentales derrière donc on les met en situation d'échec pour 3 ans moi ce que je trouve Donc c'est quoi ? C'est CAP ? C'est apprentissage ?
Un côté une voie professionnelle avec les CAP ou bien ce que nous appelons les classes prépa seconde qui sont en expérimentation cette année qui sont une unité dans laquelle il y a à peu près 20 élèves il y a 7 heures de cours qui travaillent sur les fondamentaux l'idée c'est de les raccrocher de leur redonner confiance en eux de leur donner envie à nouveau de s'engager de se dépasser pour réussir et pour que eux puissent rentrer en seconde après Mais ça veut dire qu'ils devront le repasser le brevet à la fin de l'année ?
Non ils n'ont pas le brevet repassé justement eux ils rentreront au lycée sans avoir être passés par la casse brevet mais avec beaucoup plus de chances de réussite et moi ce que je veux je leur propose un parcours de réussite en 4 ans là aujourd'hui c'était l'échec assuré en 3 Jeff Mais est-ce que c'est juste pour une précision par rapport à ce que vous venez de dire c'est une sorte de redoublement de la 3ème ça se passera au collège ou ça se passera au lycée ? Je voudrais vous poser après juste une question C'est une très bonne question la classe prépa seconde elle est intégrée au lycée l'idée c'est vraiment de les raccrocher de leur donner envie
de se projeter Dans tous les lycées
il y en a une classe prépa seconde par académie et l'idée c'est de voir comment nous pouvons les déployer l'idée c'est de savoir
Donc on n'a pas plus d'enseignants mais on rajoute encore une classe
Oui mais attention vous voyez bien que là aujourd'hui attendez ce sont des élèves qui de toute façon allaient au lycée donc ils avaient des heures de cours ils avaient des profs devant eux donc simplement on décale Oui mais c'est des classes supplémentaires qui font juste
une vingtaine d'élèves
Nous verrons quand le dispositif montera en puissance mais dans l'immédiat je n'ai pas besoin de moyens supplémentaires pour déployer des classes Ce sont surtout des classes composées uniquement avec beaucoup de guillemets de mauvais élèves ou en tout cas d'élèves en situation d'échec vous admettez que c'est inédit c'est des classes de cette nature Oui mais attendez avec l'objectif qu'on les fasse réussir enfin vous trouvez que c'est mieux Donc il y a des professeurs qui seront affectés Vous trouvez que c'est mieux comme tous les professeurs ils peuvent avoir plusieurs classes à la fois et pas seulement celle-ci Vous trouvez que c'est mieux de les mettre dans une classe dans laquelle ils vont être en échec pour l'estime de soi pour la confiance en soi ça c'est extrêmement douloureux et le portons toute leur vie après Mais ce brevet obligatoire qu'est-ce que vous répondez pour entrer au lycée au syndicat et notamment celui des inspecteurs de l'éducation nationale qui voient quand même une sorte de couperet social puisque ce sont majoritairement des enfants issus des familles pauvres qui échouent au brevet et ceux-là s'ils ne font pas la prépa seconde que vous venez d'évoquer ils sont quand même expulsés du système scolaire C'est ce que disent notamment les inspecteurs de l'éducation Mais je reviens à la situation d'aujourd'hui Qu'est-ce qu'on a à leur offrir aujourd'hui ces élèves-là ?
Certains d'ailleurs font déjà vers une voie professionnelle qu'ils peuvent choisir aujourd'hui et d'autres se retrouvent en situation d'échec au lycée Donc moi je trouve que c'est toute la noblesse de notre institution de se dire nous ne laissons personne sur le bord de la route Personne ne doit être en échec Et c'est mon travail mon travail éducation nationale ministre de l'éducation nationale que de dire à chacun de ses élèves toi j'ai confiance en toi tu peux réussir et je vais te donner les moyens je vais mettre devant toi les professeurs qui tu vas voir vont te donner les moyens
de réussir Alors là vous parlez de l'orientation des collégiens Est-ce que vous allez essayer de clarifier les procédures pour l'orientation des lycéens parce que c'est pas clair non plus Est-ce que vous allez les aider justement à rendre les choses un peu plus claires dans la perspective de Parcoursup où tout le monde est quand même Qui reste là
l'une des angoisses fondamentales des parents et des grands-parents peut-être aussi Avant d'aller je peux en parler après vers la plateforme Parcoursup des choix de nos élèves avant se pose la question de comment je m'oriente comment je m'y retrouve comment je développe mes compétences à savoir ce que j'aime faire ce que je sais faire ce que j'ai envie de faire ça c'est tout le sujet de l'orientation donc d'abord dire que depuis la loi de 2018 sur l'orientation nous avons mis en place notamment la découverte des métiers on s'était aperçu qu'au collège les élèves connaissaient à peu près 10 métiers c'est quand même très peu dans le foisonnement de métiers qui existe donc aujourd'hui il y a un objectif qu'ils aient une perspective sur plus d'une cinquantaine de métiers donc c'est vraiment déjà découvert des métiers c'est le stage d'observation en entreprise en troisième ce sont les deux semaines de stage maintenant que nous avons rajouté en seconde qui permettent à chaque fois de voir ce qu'on n'aime pas parfois ils peuvent faire un stage dans un endroit en se disant finalement je n'aime pas ça du tout
donc vous maintenez le fameux stage en seconde qui dure deux semaines et qui casse la tête aux entreprises et aux parents
alors il ne casse pas tant la tête aux entreprises je veux saluer ce que les entreprises ont fait pour se mobiliser je rencontrerai lundi et demain le président du MEDEF Patrick Martin pour justement lancer cette semaine qui va lancer la plateforme de choix des stages pour les élèves deux secondes et je veux saluer l'engagement des entreprises pour mettre à disposition des stages de nos élèves et c'est ça qui leur permet de se projeter maintenant j'ai confié à mon ministre délégué la mission d'aller observer comment précisément quels sont les outils disponibles comment ça s'organise parce que nous avons aujourd'hui soyons très clairs d'un côté les régions qui doivent apporter de l'information sur les métiers et de l'autre côté ce que nous faisons qui est fondamental je veux saluer le travail d'ailleurs de nos ce qu'on nous appelle maintenant j'aime pas les abréviations mais on appelle ça psy-EN c'est vraiment les psychologues mais concrètement il va se passer quoi donc donc une grande consultation qui permet d'interroger les acteurs de terrain les acteurs régionaux ce que font nos élèves également ce qu'ils attendent pour mettre de l'ordre pour pouvoir ajuster ce qui existe et faire quelque chose qui soit le plus fidèle et puis je voudrais saluer j'en profite au passage une grande plateforme numérique qui s'appelle Avenir avec un S qui est lancée par l'éducation nationale qui va accompagner nos élèves depuis la 6ème sur un parcours qu'ils vont garder ils auront leur comptable
vous répondez à la question de Françoise Fresseau sur Parcoursup enfin je veux dire ça va avec qui vous me parlez il y avait deux parties je vous dis que j'allais y revenir
au fond c'est au petit bonheur de la chance c'est on dépend voilà et donc il y a une angoisse fondamentale quand même alors je voudrais rappeler d'où venons pourquoi nous avons Parcoursup aujourd'hui moi je suis une génération il n'y avait rien il n'y avait rien il fallait faire la queue devant les universités c'est-à-dire que si vous n'habitiez pas à côté de l'université c'était terminé parfois la queue depuis 5h du matin donc c'était vraiment au celui qui était élevé le plus tôt ensuite il y a une autre une autre plateforme qui était APB qui elle aussi ne donnait pas les mêmes chances à tout le monde donc ça c'est profondément inégalitaire il faut et c'est ce que Parcoursup apporte et non seulement l'égalité de choix mais elle apporte du choix et elle aussi apporte l'information en disant sur les bases de ton dossier scolaire voilà ce que tu peux avoir de possible et c'est ça aussi d'ailleurs en complément que Avenir la plateforme Avenir va les préparer aussi à ça à comprendre ce qu'ils sont capables de faire ce qu'ils peuvent faire et en même temps moi je dis une chose très importante ne coupons pas les ailes à nos jeunes ceux qui ont des rêves il faut les laisser rêver et les laisser aller et chercher l'information sur l'orientation dont ils rêvent et puis après les ramener également ensuite à la réalité de ce qu'il est possible de faire mais cette plateforme Parcoursup non je veux dire que c'est une plateforme qui ramène de la justice là où c'était profondément inégalitaire et qui permet d'informer bien en amont nos élèves elle s'ouvrira en janvier ils émettront leurs vœux ils auront leur retour de vœux en juin et moi je tiens à ce qu'on regarde cette plateforme qui apporte de la justice à où il n'y avait rien auparavant il ne faut pas l'oublier Jeff Est-ce que vous avez un faible pour les examens par rapport au contrôle continu je vous pose cette question parce que dans le nouveau brevet vous voulez que l'examen le contrôle terminal comme vous dites compte pour 60% de la note contre 50% aujourd'hui et qu'une épreuve de mathématiques va maintenant apparaître une épreuve anticipée à l'issue de la première est-ce que vous estimez qu'il n'y a pas assez d'examens en France et qu'on a fait un peu trop confiance au contrôle continu Non, ce n'est pas une question d'examen il y a une différente manière d'évaluer nous l'objectif vous savez ce n'est pas d'avoir une note sanction c'est d'avoir une note qui permet d'évaluer le niveau de compétence le niveau de connaissance de nos élèves et leur permet de s'orienter d'aller vers ce qu'ils ont envie de choisir et de faire et dire à un élève qui aujourd'hui je me rappelle vous savez j'avais rencontré un jeune qui voulait absolument être pilote de rafale c'était son rêve seulement à l'époque il était au collège ces résultats n'étaient pas là donc il a fallu lui faire comprendre que si vous voulez être pilote de rafale il fallait quand même qu'il mette un coup de collier et il a compris on l'a initié on lui a montré quels étaient les parcours des exigences pour cette formation et au bout du compte aujourd'hui il est pilote de rafale donc voyez-vous dès le plus jeune âge leur montrer et c'est moins l'examen ou le contrôle continu c'est le fait de leur donner envie de leur faire comprendre que l'ambition qu'ils portent elle nécessite une forme d'effort et de dépassement de soi
Anne Genetet qu'est-ce que vous répondez à notre grand médaillé olympique Léon Marchand qui s'est moqué avec un émoji clown de cette décision du gouvernement de finalement ne plus faire ces deux heures de sport supplémentaires dans le secondaire qu'est-ce qui s'est passé qu'est-ce qui coince pourquoi ça n'a plus
je vais tout de suite clarifier donc le volume pour rappeler le volume horaire de sport en sixième quatre heures par semaine cinquième quatrième troisième trois heures de sport par semaine ça il n'y a rien de changé tous nos élèves le président avait dit
deux heures supplémentaires
maintenant les deux heures supplémentaires l'année dernière ce sont 35 000 élèves qui ont eu deux heures de sport supplémentaires vous savez c'est du sport en dehors du temps scolaire à travers notamment l'union nationale scolaire sportive les associations c'est tout ce qui peut se faire en dehors du temps scolaire et donc pourquoi ça ne marche plus mais ça marche très bien simplement nous l'avons centré sur toutes les zones où là effectivement le sport est moins présent notamment tous les réseaux d'éducation prioritaire et là ce sont c'est un volume c'est un ensemble de 500 000 jeunes qui vont bénéficier de ces deux heures d'enseignement sportif supplémentaire donc non non on passe de 35 000 à 500 000
alors je voudrais qu'on parle également et pour finir un instant en tout cas du procès de l'assassinat de Samuel Paty qui se déroule en ce moment devant la cour d'assises spéciale et qui doit durer jusqu'au 20 décembre prochain depuis le 16 octobre 2020 date de l'assassinat de Samuel Paty depuis maintenant 4 ans donc est-ce que les choses ont vraiment changé dans les établissements scolaires est-ce que les profs sont vraiment mieux protégés ?
D'abord quand ce procès sous moi je vais avoir un mot une pensée très émue pour notre professeur Samuel Paty qui il faut le rappeler a été assassiné par le terrorisme islamiste au nom parce que simplement Samuel Paty voulait expliquer à ses élèves ce qu'est la laïcité à la française expliquer à ses élèves ce qu'est la liberté d'expression il a été assassiné Mais vous ne trouvez pas que ce que renvoie le procès c'est-à-dire quand même le sentiment d'abandon d'isolement de ce professeur donc la justice fera son travail et dira la vérité et s'agit-il en toute indépendance je ne vais pas émettre de jugement mais je veux vraiment apporter un soutien à sa famille qui attend la vérité à nos personnels éducatifs qui attendent aussi la vérité que justice soit dite que justice passe au-delà de nos enseignants également la nation toute entière je pense l'attend mais dire qu'effectivement il y a eu un avant il y a eu un après Samuel Paty il n'y a aucun doute et notamment nous avons maintenant aujourd'hui nos professeurs savent d'abord ils sont formés ils sont formés à ce que c'est que la laïcité et ce que sont les valeurs de la République l'objectif c'est qu'ils soient tous formés tous ne sont pas encore complètement formés moi j'ai demandé par exemple s'agissant de nos personnels qui sont embauchés en cours d'année ces personnes qui accompagnent les élèves en situation de handicap ou bien les assistants d'éducation les surveillants eux ils peuvent être embauchés un peu tout au long de l'année mais est-ce qu'ils sont mieux formés ou est-ce qu'ils vont plus
s'auto-censurer et ne plus oser aborder certains je ne veux pas qu'ils s'auto-censurent
et je veux justement qu'ils puissent parler je ne veux pas qu'ils puissent se censurer et ça veut dire qu'il faut les rassurer leur dire vous pouvez parler vous devez parler c'est le message que j'envoie et comment peuvent-ils le faire nous avons aujourd'hui notamment ce que nous appelons dans chaque académie les équipes valeurs de la République qui sont de tout profil ça peut être des inspecteurs des professeurs des personnels de direction qui sont dédiés à ça et qui vont pouvoir à tout moment d'abord venir les former dans les établissements scolaires venir dans un établissement scolaire leur parler si un établissement exprime en disant là j'ai été menacé là j'ai fait l'objet d'une contestation de mon enseignement qu'à ce moment-là sans attendre l'enseignant puisse le dire et puisse faire appel à ses équipes pour l'aider et renforcer dans la défense de son enseignement Madame Genetet est-ce que vous êtes favorable à ce qu'on continue de montrer des caricatures dans les écoles par exemple Valérie Pécresse la présidente de la région Île-de-France elle a annoncé un programme réalisé par la région qui vise à montrer la tradition de la caricature dire qu'on peut s'exprimer rire des religions mais il n'y aura pas a-t-elle dit de caricature de Mahomet est-ce que vous comprenez cette exception est-ce qu'il faut continuer à faire ce que faisait Samuel Paty finalement je reste sur la laïcité à la française et ce que Samuel Paty faisait il avait raison de le faire donc ça continue d'être autorisé dans les cours de classe si le professeur veut l'intégrer il doit pouvoir il doit pouvoir le faire c'est la laïcité à la française il doit pouvoir le faire et moi ma mission de ministre de l'éducation nationale c'est de lui donner les moyens de le faire de le rassurer de le défendre à chaque fois qu'il est contesté dans son enseignement de lui donner les moyens de porter plainte s'il était menacé c'est ça que je dois faire c'est ça que je ferai à chaque fois
ils me trouveront toujours à leur côté merci Anne Jeunetet vous restez avec nous bien sûr il est temps d'accueillir notre seconde invitée pour le livre de la semaine installez-vous tranquillement c'est toujours un petit peu compliqué ce moment monter sur cette chaise de hôte l'installer à peu près se mettre à la bonne hauteur du micro bonjour Anne-Charlene Bézina bonjour on est ravis de vous recevoir sur le plateau de questions politiques vous enseignez le droit public à l'université de Rouen et à Sciences Po Paris et vous venez de sortir un livre que je conseille sincèrement absolument à tout le monde cette constitution qui nous protège aux éditions XO nous sommes tous devenus ces derniers mois qu'on le veuille ou non des spécialistes de la Vème République article 12 article 49.3 article 47.1 et bien là vous disséquez les 89 articles de la constitution et vous nous expliquez ce qu'ils signifient à quelle occasion ils peuvent être utilisés c'est tout à fait accessible c'est vraiment c'est vraiment passionnant et c'est assez facile à lire alors cette constitution on a un peu eu l'impression qu'elle était malmenée ces derniers temps quand on observe ce qui s'est passé notamment ces six derniers mois la dissolution dont j'en parlais le fameux article 12 un gouvernement intérimaire qui a duré près de trois mois la nomination d'un premier ministre issu d'une famille politique parmi les moins bien représentés à l'assemblée donc expliquez-nous est-ce que le président Macron a fait une lecture suffisamment scrupuleuse de notre constitution alors en réalité ce que je pense la constitution nous propose c'est un cadre de lecture c'est-à-dire notamment un rappel des valeurs de ce que c'est que la république et des limites de chacun des pouvoirs néanmoins quand on avait auparavant depuis les années 50 des cours de droit constitutionnel et institutions politiques moi je regrette un petit peu qu'on nous les ait retirés parfois ces institutions politiques parce qu'en réalité le pouvoir politique va interpréter la constitution alors cet article 12 c'est un pouvoir complètement propre alors c'est-à-dire que le président de la république doit sentir le moment où il a envie de convoquer la nation mais quand même attendez je le lis cet article 12 le président de la république peut après consultation du premier ministre et des présidents des assemblées prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale il a vraiment consulté tout le monde là ou pas ?
alors en réalité la consultation c'est une formalité il faut être honnête c'est-à-dire que même en 97 le président du Sénat est plus ou moins prévenu par un appel téléphonique alors que la décision est déjà prise c'est quelque chose de complètement dans l'ADN d'ailleurs de beaucoup de régimes parlementaires de considérer que c'est un moment solitaire et là on l'a vraiment vécu comme une dissolution un peu hyper prédicidentialisée c'est-à-dire que c'est lui qui a décidé et qu'il avait le droit de le faire comme ça et qu'il l'a fait et bon la constitution ne s'y oppose pas néanmoins après la question de l'interprétation de l'Assemblée nationale elle est plus que jamais inédite sous la Ve République on n'a jamais eu trois blocs qui s'affrontent comme ça qui n'arrivent pas à consolider des majorités on l'a vu pour la gauche on l'a vu pour le centre on l'a vu pour la droite la seule potentialité qui était celle de ce fameux socle commun faisait quand même la part belle à beaucoup de visages vaincus donc il y avait une forme d'illégitimité qui se créait aussi et donc on a vécu un été complètement inédit c'est-à-dire qu'il fallait arriver à trouver du consensus à trouver un peu ce que les régimes parlementaires proches de nous Allemagne, Italie, Belgique font c'est-à-dire une forme de culture de la coalition et de la proposition gouvernementale donc c'est là-dessus qu'en réalité à mon sens le plus gros travail reste encore à faire Alors été inédit je vais donner à l'instant la parole à Javith Inver mais été inédit aussi parce qu'on a un gouvernement intérimaire ça ça n'existe nulle part en France et certainement pas dans la constitution Alors ça n'existe alors ça n'existe pas pas dans la constitution c'est ça qui est assez fabuleux c'est qu'en 62 on a déjà eu un précédent c'est-à-dire qu'on avait une dissolution dont plus de premier ministre et le général Legault a été obligé de garder son premier ministre intérimaire en réalité en Autriche par exemple il y a quelques mois quand il y a eu des élections partielles et bien il y a eu un premier ministre intérimaire l'idée c'était de toute façon de consolider tout simplement les affaires courantes c'est-à-dire l'exigence constitutionnelle de continuité de la nation donc tant qu'on avait des députés qui étaient ministres des ministres qui étaient députés ça c'est autre chose c'est une question d'incompatibilité et c'est vrai que cette incompatibilité à mon sens on n'a pas eu de juges qui ont pu se prononcer sur cette question et ça ça me semble être vraiment
la première d'entre elles en 1981 elle avait bien résisté aux cohabitations ça marchait et là on a quand même l'impression qu'elle ne sait pas faire dans ce régime qui n'est pas parlementaire avec comme vous l'avez souligné les trois blocs qu'est-ce qu'il faudrait pour que finalement les rouages de cette constitution fonctionnent est-ce qu'il faudrait par exemple comme cela avait été le cas dans les années 80 réintroduire le scrutin proportionnel est-ce que c'est compatible avec la cinquième république qui est un régime hybride entre présidentielle et parlementaire
alors d'abord pour en revenir à l'ADN c'est un régime parlementaire moi je n'aime pas quand on nous dit justement on n'a pas de culture parlementaire on n'est pas dans un régime qui me fait la part belle au parlement en réalité c'est un régime parlementaire rationalisé c'est-à-dire qui va donner du pouvoir au gouvernement dans les moments de crise et disons-le quand on voit dans la discussion budgétaire comment les choses se déroulent parfois des armes un peu autoritaires doivent être sorties chez les allemands chez les espagnols on n'est pas les seuls il y a le 49-3 ailleurs il y a le 49-3 alors pas tout à fait cette mouture-là mais il y a en effet d'autres votes bloqués etc.
qui existent la question de savoir si la dose de proportionnel pourrait être intéressante moi je crois qu'à partir du moment où c'est une attente citoyenne l'idée de proposer notamment d'introduire alors moi je suis je ne crois pas que c'est la solution parce que pour avoir de la proportionnelle intégrale en tout cas comme on l'a eu en 86 il faut avoir un système partisan et il faut avoir un système parlementaire fort c'est-à-dire un parlement qui sait jouer du consensus et en réalité ça a été un échec sous la quatrième ça a presque été un échec aussi sous la troisième mais c'était un peu différent et je crois qu'on n'a pas encore complètement les outils pour faire ça alors introduire une dose moi c'est ce que je propose notamment parce que je me dis que si c'est une attente citoyenne il faut arriver à peut-être proposer quelque chose mais qui ne déstabilise pas la solidité de l'édifice alors une question de Françoise et puis on va donner la parole à Anne-Marie
si on ne se focalise pas trop sur les institutions est-ce qu'on n'oublie pas ce qui se passe aussi en Allemagne c'est-à-dire que vous avez à la fois une difficulté à bâtir des compromis mais dans le cadre d'une politique qui s'extrémise c'est-à-dire en Allemagne vous avez l'extrême droite l'extrême gauche qui devient puissant et on voit que la notion même de recherche de compromis devient de plus en plus difficile donc c'est même pas la question du régime parlementaire c'est est-ce qu'on est encore capable de tous s'écouter et de faire des compromis dans un système qui se radicalise beaucoup là on va au-delà de la constitution
on va au-delà de la constitution mais à la fois je pense que c'est la question du siècle en effet c'est-à-dire que les institutions qu'on les bâtit sur un système solide d'ailleurs la France et l'Allemagne ont des parentés institutionnelles et ce qui se passe en Allemagne nous prouve bien que la culture de la coalition ne suffit plus aujourd'hui donc il y a en effet à mon sens c'est pour ça que je trouvais important de rétablir la constitution dans ce qu'elle a de plus fondateur et d'essayer de la faire connaître au plus grand nombre parce que à partir du moment où on retrouve ce besoin d'unité ce besoin d'être ensemble peut-être qu'on peut arriver à travailler mais comme vous le dites il faut arriver à ce que les parlements arrivent à parlementer et qu'on ne soit plus dans une culture de l'opposition par la contestation et que l'existence voilà par exemple l'article 68 avec la destitution dans la constitution c'était recollé mais normalement le vocaculaire
parce qu'une partie de la population ne se retrouve peut-être plus dans le consensus ou dans les institutions
et c'est peut-être ça qui est le plus inquiétant alors peut-être faut-il leur donner de nouveaux moyens d'expression et moi je ne crois pas que c'est parce qu'on aime la Ve République qu'il faut l'enfermer vous savez comme la constitution 1793 dans un arche en bois au contraire faisons-la évoluer et peut-être que des mécanismes d'initiative et de contrôle je pense notamment à la responsabilité pénale des ministres pensées dans le système de la CJR d'aujourd'hui il y a des éléments pour lesquels je pense qu'on peut attendre enfin entendre les attentes des français avec plus de clarté CJR, cours de justice de la République en note de bas de page je reviens vers vous Anne Jonté vous avez entendu beaucoup de choses ce livre revenons au livre vraiment à la constitution vous avez vécu je vais lire n'hésitez surtout pas vous avez vécu tout ça très près cette dissolution ce gouvernement intérimaire la manière dont on utilise en ce moment la constitution comment est-ce que vous avez vécu tout ça ?
d'abord dire que la constitution
c'est vraiment la clé de voûte de notre cinquième république et que j'y tiens plus que tout et quand j'entends je voudrais juste revient un tout petit peu en arrière quand vous savez chaque fois qu'une loi est votée et qu'elle est soumise ensuite au regard de près du conseil constitutionnel quand j'entends des partis politiques comme le rassemblement national critiquer des décisions du conseil constitutionnel c'est profondément grave et c'est extrêmement inquiétant donc la constitution elle est peut-être perfectible on peut peut-être la faire évoluer évidemment on peut y réfléchir mais en tout cas elle est notre clé de voûte qui protège nos institutions
on en revient à l'état de droit qui est bousculé en permanence
en ce moment absolument et qu'il faut absolument défendre dire aussi que comme ministre de l'éducation nationale nous avons un travail très intéressant vous parlez des institutions faire connaître le conseil constitutionnel aux jeunes vendredi sur le salon de l'orientation nous avons des jeunes justement qui travaillent en conseil constitutionnel en ce moment même sur notamment le sujet des valeurs de la république voilà le travail que nous faisons à l'éducation nationale avec nos élèves sur cette institution également sur le parlement nous avons ce qu'ils appellent le parlement des enfants qui permet à des enfants de classe primaire de travailler ils créent sur un thème qu'on leur donne chaque année un certain nombre de classes avec leurs professeurs leurs instituteurs travaillent sur une loi qu'ils créent eux-mêmes avec quelques articles on les familiarise avec ce que c'est que la fabrique de la loi donc voilà comment il faut faire connaître absolument et c'est mon rôle de ministre de l'éducation nationale de le faire connaître à tous nos élèves pour que tous collectivement je reviens à cette essence même de l'école juste et efficace que chaque petit élève de notre école puisse comprendre
nos institutions à commencer par le conseil constitutionnel très rapidement pour finir Anne-Charlène Bézina le Sénat va devenir finalement la place l'institution clé plus que l'Assemblée c'est la nouvelle chambre de la majorité c'est pas constitutionnel non plus ça bouscule encore une fois le Sénat est une deuxième chambre de législation donc si c'est tout à fait conforme à l'esprit de la constitution le Sénat a parfois été mais de Gaulle l'avait vraiment imaginé comme une seconde chambre il n'a pas complètement réussi en 69 je crois que les français étaient finalement plus attachés à leur régénat et puis l'Assemblée nationale garde le dernier mot mais ce Sénat aura vraiment un rôle à jouer en décembre et je pense que ça serait intéressant pour eux de savoir comment faire avec cette nouvelle majorité merci à toutes les deux merci beaucoup merci Anne-Charlène Bézina je rappelle le titre de votre livre passionnant cette constitution qui nous protège aux éditions Ixo merci Anne Genetet d'être venue dans Question politique merci évidemment aussi à toute l'équipe et un dernier grand merci encore à vous cette fois-ci toujours très nombreux et toujours très fidèles à Question politique merci infiniment je vous dis à la semaine prochaine
Anne Genetet