Mélenchon a-t-il "plié" la primaire à gauche ?
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Et Quentin, ce matin, la une de la presse régionale, c'est le drame de la mort de la petite Liana, la presse qui évoque l'hommage qui lui a été rendu hier à Florence.
Oui, on lit ces mots à la une du Dauphiné libéré. Plus jamais ça, les mots de la banderole derrière laquelle 6000 personnes ont défilé avec les parents et le frère de Liana. La dépêche du midi à Toulouse parle d'un émouvant adieu quand les DNA, les dernières nouvelles d'Alsace, évoquent l'émotion et la colère car il s'agissait de défiler aussi pour placer l'institution judiciaire devant ses responsabilités. C'est ce qu'on lit dans la PQR ce matin. Le journal qui raconte même que la commune de Florence, située à 80 km de Toulouse, est l'épicentre d'une colère nationale avec cette question dans l'esprit de tous.
Comment Jérôme Barrella, ce père de famille de 41 ans vivant dans la commune voisine, comment est-ce qu'il a pu être laissé libre alors qu'il était visé depuis plusieurs années par plusieurs plaintes et signalements pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.
Et on va aller justement dans le Gers tout de suite. Bonjour Alain Scudelaro, merci d'être avec nous. Vous êtes président de la communauté de communes de la Lomagne-Gersoise. Vous avez participé hier à cette marche blanche qui, on le disait, a réuni des milliers de personnes venues de communes voisines, même de départements voisins. Quel était le sentiment au cœur de cette marche ? Au-delà, bien évidemment, de l'émotion, l'incompréhension, la colère ?
Il y avait effectivement un petit peu de tout ça. Bonjour, ce que j'ai ressenti, moi, hier, c'était encore toujours difficile à exprimer avec des mots. Il y a d'abord toute l'horreur face à ce drame qui a coûté la vie à la petite Liana, une immense tristesse, une pensée permanente pour sa famille, ses proches, ses camarades, tout ce qu'il aimait, en fait. Et cette marche blanche a été un moment particulièrement fort puisque plus de 6 000 personnes, comme vous venez de le dire, se sont rassemblées dans un même esprit de communion, de recueillement, de solidarité. Malgré la douleur, l'incompréhension, moi, j'ai vu quand même beaucoup de dignité, beaucoup de respect et une profonde humanité.
Mais effectivement, il y a aussi la question de la colère. Cette colère, effectivement, elle est légitime. Aujourd'hui, elle est née de l'idée que ce drame n'aurait jamais dû arriver et que des alertes, des informations, des situations de vulnérabilité ont existé avant l'irréparable.
Comment elle s'est exprimée, cette colère, hier ? On entendait le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, s'inquiéter des conséquences qu'elle pouvait avoir sur la société, sur des gens qui pourraient vouloir se faire justice eux-mêmes. Est-ce que c'est ce que vous avez ressenti au cœur de cette marche ?
Non, une fois de plus, il y avait quand même aussi beaucoup de dignité. Alors après, effectivement, la colère, elle y était, elle était présente. Et comme l'ensemble de mes concitoyens, j'attends que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce drame et sur tous les dysfonctionnements qui auraient pu éviter cette tragédie. Et si l'appareil judiciaire a fauté, à ce moment-là, il faut en tirer les conséquences qui vont avec.
La famille n'a souhaité aucune présence politique à l'exception des élus locaux, qu'elle a d'ailleurs remerciés pour leur aide, pour leur soutien. Est-ce que c'est le signe d'une rupture, d'un sentiment d'être abandonné aujourd'hui par les pouvoirs publics ?
Oui, cette tragédie, elle met aussi en lumière une réalité, c'est que les élus ruraux dont nous sommes dénoncent depuis de nombreuses années un affaiblissement progressif des moyens publics dans nos territoires. Et la ruralité ne peut pas être la variable d'ajustement des politiques publiques. Chaque année, nous devons composer avec moins de services, moins de présence humaine, moins de moyens pour accompagner nos concitoyens dans leurs difficultés quotidiennes. Et aujourd'hui, on se rend compte que tous nos services de proximité, la protection de nos enfants, la sécurité, la justice, l'éducation ou encore l'accès aux soins, tout ça est en perte de vitesse.
Et ça relève d'abord de la responsabilité de la nation. Donc il est temps de nous redonner et de redonner à la ruralité aussi les moyens qu'elle mérite. Il nous faut davantage de gendarmes, davantage de magistrats, davantage de professionnels de santé, dont des psychologues, des infirmières scolaires, plus de travailleurs sociaux, d'enseignants. On a besoin aussi de tous ces professionnels pour travailler tout ce qui est aussi la prévention.
Merci beaucoup. Merci Alain Scudelaro d'avoir été avec nous depuis le Gers pour nous parler de cette marche blanche. En hommage à la petite Liana. Autre titre à la une de la presse régionale ce matin, la journée mondiale des océans.
Oui, elle est célébrée chaque année le 8 juin depuis les années 90. L'occasion de prendre le pouls de nos mers et océans. Presse aussi en titre sur la mer, notre futur. La Provence à Marseille parle d'urgence d'agir. Dans les pages intérieures du journal, on évoque de nouvelles et graves menaces. Les pressions de l'homme et leurs conséquences négatives se multiplient malgré les bonnes volontés, lit-on dans le journal. Par exemple, le blocage du détroit d'Harmouz, cela mène les transporteurs à développer de nouvelles routes qui rallongent les parcours polluants.
On parle des prochaines élections, pas les présidentielles, mais les sénatoriales. Ce sera fin septembre.
Exactement, on y pense beaucoup à public, il faut le dire aussi. Le Sénat en ligne de mire, lit-on à la une aujourd'hui du populaire du centre qui raconte ce matin comment les partis se préparent à cette élection après les municipales. Cette année, on renouvelle 178 sièges puisque la Chambre haute, je vous le rappelle, elle se renouvelle par moitié. Cela concerne donc 63 départements, dont la Haute-Vienne, le département du populaire du centre. Journal qui se demande si tout ne s'est pas joué vendredi dernier dans le cadre feutré du conseil municipal de Limoges, je cite, où étaient désignés les grands électeurs.
Et justement, on va voir ce reportage sur la désignation des grands électeurs puisque vous ne serez pas tous, évidemment, appelés aux urnes pour les sénatoriales. Sur les grands électeurs, les élus locaux élisent les sénateurs. Et vous le disiez, vendredi dernier, une étape de la campagne a été franchie avec la désignation dans les communes de plus de 30 000 habitants de délégués supplémentaires qui prendront part au vote. Alors, qui sont-ils ? Comment sont-ils nommés ? Les explications à Rouen avec Audrey Vuittas et Aliénor Pastré. C'est une élection que peu de gens connaissent. Tout se passe à la mairie de Rouen.
Le conseil municipal se réunit exceptionnellement pour élire ses grands électeurs, celles et ceux qui voteront pour les sénatoriales.
Vous avez donc deux choses à faire, voter et signifier.
À Rouen, les 55 membres du conseil municipal sont automatiquement grands électeurs. Mais dans les villes de plus de 30 000 habitants, des délégués supplémentaires doivent aussi être désignés. Une façon de représenter au mieux les villes les plus peuplées.
La désignation des délégués supplémentaires se fait par rapport au nombre d'habitants.
Avec près de 118 000 habitants, Rouen compte 109 délégués supplémentaires et eux sont de simples citoyens.
L'élection sénatoriale, c'est une élection au suffrage indirect. Donc déjà, elle est moins connue par les citoyens. Mais pour autant, il y a des citoyens qui sont nommés grands électeurs et qui peuvent participer
à ce suffrage. Donc c'est important en effet. Pour désigner ces grands électeurs, les six groupes politiques du conseil municipal ont chacun déposé une liste. Les élus votent à bulletin secret et doivent choisir une liste entière sans pouvoir rayer de nom.
Ce sont soit des personnes qui étaient présentes sur la liste, les élections municipales étaient relativement proches en réalité, des personnes qui étaient sur la liste, soit évidemment des soutiens, des militants socialistes et puis aussi des sympathisants. Sauf grosse surprise, le résultat correspond
au poids de chaque groupe politique. Ici, c'est donc la majorité socialiste qui obtient le plus de délégués.
La liste fière de Rouen, 27 suffrages, ce qui veut dire 54 délégués supplémentaires.
Ilan Laudrel sera lui grand électeur pour la France insoumise.
Moi, il y a 20 ans, je considère que c'est bien qu'il y ait des jeunes de 20 ans qui puissent voter pour les élections sénatorielles.
Maintenant qu'il est nommé, il devra forcément voter le 27 septembre prochain sous peine d'une amende de 100 euros. En Seine-Maritime, 6 sénateurs sont renouvelables. Et on termine par le décès de Bernadette Chirac à la une encore ce matin de la presse régionale.
Vive émotion en Corrèze où Bernadette Chirac a été élu pendant plus d'un demi-siècle, c'est-à-dire dans la montagne. On lit ses témoignages. Une femme exemplaire toujours prête à rendre des services aux gens qu'il a sollicité. Très abordable, dit une personne interrogée dans le journal. Dans les pages intérieures, on voit les registres qui ont été installés à la fois au musée du Président à Saran mais aussi à l'hôtel du département à Tulle pour signer et mettre un mot.
Merci Quentin. Merci beaucoup pour cette revue de presse. Allez place au débat de nos éditorialistes. Mélenchon a-t-il plié la primaire à gauche ? Mélenchon qui a donc lancé hier sa quatrième campagne présidentielle. Le candidat de la France Insoumise s'est posé en leader de la gauche décretant que la primaire c'est fini. Il se veut l'incarnation du barrage au Rassemblement National. Alors peut-il encore être le vote utile à gauche ? Est-il en capacité de battre le RN pour en parler ? Nous sommes avec Yves Trier. Bonjour Yves. Merci beaucoup d'être avec nous. Bonjour à tous. Directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Rachel Garra-Valcarcel, bonjour.
Merci également d'être avec nos journalistes politiques. et puis Laure Salvin, bonjour. Merci d'être là, directrice générale de Véry en France. Et avant de vous entendre, on va regarder ce sujet pour lancer sa campagne. Jean-Luc Mélenchon a donc choisi la plus grande ville dirigée par LFI Saint-Denis. Selon les organisateurs, 26 000 personnes étaient rassemblées pour suivre son meeting. L'occasion pour lui de défendre son programme et de vanter sa nouvelle France. C'est Lynn Schmitt. 26 000 sympathisants de la France Insoumise étaient réunis dimanche au pied de la Basilique Saint-Denis et juste à côté de la mairie remportée par l'insoumise Bali-Bagayoko.
Un lieu historique et hautement symbolique où Jean-Luc Mélenchon a présenté son concept de nouvelle France.
La France est nouvelle comparée à celle de 1958 quand a été créée la Vème République. Depuis, tout a changé. Nous ne sommes plus les mêmes. Nous vivons, aimons, pensons tellement autrement.
Dans la foule, des drapeaux tricolores et une formule. On est chez nous. Des mots qui étonnent car associés habituellement au Rassemblement national. Ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a détourné cette formule pour illustrer une France métissée, héritière de vagues successives d'immigration.
Nous ne renierons pas, mesdames, messieurs, les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici et dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir. On est chez nous.
Du côté des militants, on s'approprie déjà ce concept de nouvelle France comme un pied de nez au grand remplacement de l'extrême droite.
Le français, la culture, la langue, la politique, l'histoire, elle est faite de migration. C'est ce pays-là qu'on veut. Ce n'est pas ceux des réacs et des grincheux.
En près d'une heure trente de discours, Jean-Luc Mélenchon a identifié un seul adversaire, l'extrême droite. Une façon de plier le match à gauche alors que ses adversaires en sont toujours à spéculer autour de l'organisation d'une primaire. À tous les quelques grincheux qui se disent « Vous savez, Jean-Luc Mélenchon n'est pas capable de ci, n'est pas capable de ça au second tour. » Franchement, vous en prendre aujourd'hui au seul candidat potentiellement qui est en capacité d'aller au second tour, laissez-le plutôt gagner.
Selon le dernier sondage Odoxa mascarait pour Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon serait au coude à coude avec Édouard Philippe pour accéder au second tour de la présidentielle. Rachel Garaval-Carsel, d'abord un mot avant d'en venir au fond, au concept de Nouvelle-France à l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Un mot peut-être sur la forme de ce discours. On avait un Jean-Luc Mélenchon debout à la tribune avec les cadres, les parlementaires de la France Insoumise qui étaient assis à côté de lui. On a eu un Jean-Luc Mélenchon qui était plutôt posé dans un discours plutôt de rassemblement. C'est un nouveau Jean-Luc Mélenchon.
Fini le temps des clivages, c'est Jean-Luc Mélenchon le rassembleur qu'on a vu hier.
C'est toujours un nouveau Jean-Luc Mélenchon chaque élection présidentielle si je puis dire. Non, là, comment dire, effectivement, il y a la volonté de montrer une équipe derrière lui. Ce qui n'est pas nouveau ces dernières années, ce qui est nouveau pour une campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon parce que c'est la première fois qu'il a vraiment beaucoup d'élus à l'échelle de la France insoumise derrière lui. On a vu aussi un discours plus court que d'habitude, plus lu de Jean-Luc Mélenchon. D'ailleurs, il en a fait lui-même la remarque à deux reprises pendant le discours.
Donc, moi, ce qui me marque, c'est qu'il a déjà enclenché, alors qu'on est à dix mois du premier tour de l'élection prisonnière, il a déjà enclenché son lissage, si je puis dire, son lissage d'images qu'il enclenche d'habitude beaucoup plus tard, mais parce que je pense aussi qu'il part de beaucoup plus loin sur ce sujet-là et qu'il a bien compris que cette élection, ce sera probablement l'élection du vote utile, mais d'un vote utile particulier, c'est-à-dire que les gens regarderont aussi ce que peut faire ce candidat au second tour et pour l'instant, Jean-Luc Mélenchon, il n'est pas rassembleur au second tour, c'est une évidence.
– Oui, Laure Salvin, il fallait qu'il polisse un peu son image, Jean-Luc Mélenchon, c'était aussi le but de la scénographie de ce meeting, peut-être en installant aussi ses élus la volonté de montrer qu'il est en capacité de former un gouvernement, ça fait partie des points négatifs de Jean-Luc Mélenchon dans l'opinion, ce côté clivant, un peu le bruit et la fureur ?
– Oui, et puis ce côté chef absolu, voire totalitariste, là, effectivement, on voit bien qu'il y avait une volonté d'horizontaliser, si je puis dire, un peu la candidature de Jean-Luc Mélenchon et d'ailleurs, il a fait appel aussi aux militants, aux sympathisants eux-mêmes en leur demandant effectivement de convaincre trois personnes chacun de voter pour lui et ça, ce sont des méthodes effectivement beaucoup plus horizontales, on l'a vu avec Barack Obama par exemple, Nicolas Sarkozy aussi avait fait la même chose en 2007, mais voilà, il a besoin effectivement à la fois de souder son camp et de mobiliser ses militants et en même temps, il se rend bien compte effectivement déjà qu'il n'est pas dans la même position qu'en 2022, en 2022, il avait, par exemple, si on ne regarde que la cote de confiance que nous réalisons pour le Figaro magazine, le baromètre de cote de confiance, effectivement, cote d'avenir, on voyait que Jean-Luc Mélenchon était bien mieux placé qu'aujourd'hui, aujourd'hui, il n'y a que 16% des Français qui souhaiteraient lui voir jouer un rôle en France à l'avenir, donc on voit bien qu'effectivement qu'il a besoin de mesurer un peu ses propos et ses ambitions et puis d'apparaître aussi entouré, bien sûr.
Yves, est-ce qu'il a compris qu'on était dans une élection présidentielle peut-être un peu différente ? Le premier tour, le second tour, finalement, va se jouer au premier, on ne va pas être dans un au premier tour, on choisit, en deuxième, on élimine. Le barrage, il va se faire dès le premier tour en 2027 ? Oui, oui, bien sûr, mais il l'a évidemment compris. Je pense que s'il y en a un qui a compris l'élection à venir, c'est bien lui. Donc, je ne me fais pas trop de soucis pour ça. Et effectivement, il a cette volonté de rassemblement qui est beaucoup plus prononcé et beaucoup plus, je dirais, anticipé que par le passé. Ça, c'est une première chose.
Moi, je crois qu'il a quand même un discours qui est beaucoup plus construit que par le passé. C'est-à-dire que sa nouvelle France, c'est quelque chose qu'il a mûri depuis longtemps, qu'il a travaillé depuis longtemps, qui passe, vous allez le voir dans les prochaines semaines, je pense, à travers la défense de la francophonie, à travers... Il travaille beaucoup tout ça. Et il va essayer de gommer, et ça se voit déjà, les aspérités qui, justement, le rendaient peut-être un peu coupant ici ou là. Par exemple, vis-à-vis du conflit israélo-palestinien, il en est moins question aujourd'hui. Je ne sais pas si vous avez remarqué. Il est resté sur des thèmes très porteurs à gauche hier.
Exactement, il est resté sur des thèmes rassembleurs. La hausse du smic, l'abaissement de l'âge à la retraite, la retraite à 60 ans. Et puis, quand même, cette France, avec la basilique de Saint-Denis derrière lui, vous vous rendez compte du symbole, il est en train de dire, mais attendez, la France que défend Mme Le Pen, puisque, en fait, c'est elle qui le vise, la France que défend Mme Le Pen, mais c'est la France, c'est vous, vous êtes cette France-là et c'est la France qui s'est faite par sédimentation. Et on ne peut pas finalement corriger l'histoire. L'histoire, elle est comme ça. C'est ça qui est très intéressant, c'est que, je vous dis, c'est un récit qui est très construit.
On va voir ce que ça donne.
Oui, un point de détail sur ce décorum, si je puis dire, ça fait longtemps qu'il a annoncé, ça fait un mois depuis sa déclaration de candidature qu'il a annoncé ce meeting à Saint-Denis et je me disais, sans avoir d'informations, il aura la mairie derrière lui. Mais non, il a choisi d'avoir la basilique derrière lui. Alors, c'est un point de détail, ce n'est pas là-dessus que va se jouer l'élection.
Mais qu'est-ce que ça veut dire politiquement pour vous ?
Ça veut dire qu'il se place dans l'histoire de la France, c'est exactement ce que disait Mitterrand pour son second mandat. Je ne sais pas si vous vous souvenez de la campagne officielle de Mitterrand pour son second mandat, mais c'était toutes les images de la France depuis la Révolution jusqu'au premier mandat de François Mitterrand. Un président de la République, c'est un digne successeur des rois de France. Je crois que c'était ça sa phrase. D'une certaine manière, Jean-Luc Mélenchon, c'est un Mitterrandien.
Mais oui, c'est tout à fait... Et ça, c'est quelque chose qu'il a en tête depuis très longtemps et qu'il a cultivé. Et c'est assez gonflé quand même parce que ce n'est pas là où l'attendent ses adversaires. Et ses adversaires vont être obligés, ils sont à court de... C'est ça qui est intéressant, c'est que ses adversaires sont à court de récits.
Complètement.
Ils cherchent un récit. Ils cherchent la formule. Lui, il a sa formule, la Nouvelle-France. Après, on verra ce que ça vaut. Je ne sais pas. Mais il a... Tout est construit déjà. Mais il voulait illustrer... En tout cas, voilà, c'est ce qui manque effectivement la plupart des candidats. Et Mélenchon, il profite quelque part de ce désordre aussi en apparaissant justement beaucoup plus solide, beaucoup plus construit. Et quand on interroge en effet les sympathisants de gauche, notamment, ils disent qu'en fait, il y en a un seul aujourd'hui qui a un projet, c'est effectivement qu'on ait envie de voter pour lui ou pas, c'est Jean-Luc Mélenchon.
Mais il est clair pour les Français ce concept de Nouvelle-France ou est-ce qu'au contraire il est laissé suffisamment flou par Jean-Luc Mélenchon pour que tout un chacun puisse s'y reconnaître ? Absolument. Effectivement, tout le monde peut se reconnaître dans la Nouvelle-France puisqu'il dit c'est les opprimés, les oubliés de la République, c'est les enfants d'immigrés, c'est aussi la nouvelle classe ouvrière. Enfin, voilà. Donc, tout le monde il y a aussi, et ça, ça a été remarqué, toute la, comment dire, toute la mouvance LGBT plus aussi. Donc, ça, il l'a affirmé, il l'a nommé. Donc, voilà, ça rassemble quand même finalement une très grande partie de la population française.
Non, puis après, un projet présidentiel dans ce sens-là, il y a toujours quand même une part de flou. Enfin, je sais bien que, comment dire, quand on est élu président, après, il y a une sorte de ratification comme si c'était l'évidence, mais j'imagine que quand François Mitterrand en 81 présente la force tranquille, pour plein de gens, ça paraît tout à fait vaporeux. Sauf qu'à un moment donné, ça rencontre un état du pays et ça marche ou ça ne marche pas. Est-ce qu'il, pardon ?
Oui, il y a une chose aussi, c'est ce que d'ailleurs dans le colonne du Figaro, on le souligne aujourd'hui, ils veulent se réapproprier le social. Le discours était très identitaire ces dernières semaines, ces derniers mois même, extrêmement identitaire justement et ils veulent, j'ai l'impression, se réapproprier le social. Ça, c'est important. parce que oui, mais alors, il y a quand même une image qui a été marquante hier et une phrase qui a été très marquante, reprise par Jean-Luc Mélenchon, reprise par le public, c'est le « on est chez nous ».
« On est chez nous », c'est vrai que c'est une phrase qu'on a plutôt l'habitude d'entendre dans les meetings du Front National, du Rassemblement National. Comment on explique ce choix de Jean-Luc Mélenchon de dire « on est chez nous » et de le faire scander par la foule présente ?
Bon, alors d'abord, c'est vrai que c'est un choix étonnant et même honnêtement à l'oreille, ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus fort, je trouve, mais en tout cas, ça peut être dérangeant. Néanmoins, on comprend bien l'intention, c'est-à-dire que le Rassemblement National, pardon, l'extrême droite, qui est aujourd'hui une des favoris de l'élection présidentielle, veut exclure une partie de la population. Là, il fait dire à Saint-Denis, à une foule pas si diverse qu'on pouvait l'imaginer, mais diverse quand même, surtout très jeune. Moi, j'étais marqué par la jeunesse de cette foule-là. On est chez nous, c'est-à-dire qu'on a le droit d'être là, d'une certaine manière.
Donc, ça a un sens évidemment tout à fait différent, même si, de prime abord, ça peut être un peu dérangeant à l'oreille.
Oui, et Jean-Luc Mélenchon qui s'est posé hier en adversaire, en challenger du Rassemblement National. On va l'écouter.
Dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique germe dans les guerres du Moyen-Orient et du Trumpisme. Voici ce qu'il faut appeler le suprémacisme, c'est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion. L'économie de guerre est son modèle, le numérique son vecteur. En France, le suprémacisme est porté par le RN.
Et on va écouter ce que lui répond ce matin. Le Rassemblement National par la voix de son vice-président, Sébastien Chenu.
Les excès de Jean-Luc Mélenchon, on les connaît. Pour moi, Jean-Luc Mélenchon, c'est l'accélérateur du déclin. C'est-à-dire que c'est le candidat des dangers et des vengeances. Des vengeances vis-à-vis d'un tas de gens, des vengeances vis-à-vis même de l'histoire de notre pays. Et qui est obsédé de la couleur de la peau ? Qui, sans arrêt, parle de français racisé ? Qui, sans arrêt, parle de privilèges blancs ? Qui, sans arrêt, parle de minorité visible ? C'est Jean-Luc Mélenchon. Nous ne parlons jamais de la couleur de la peau. Un être humain, quelle que soit la couleur de sa peau, est absolument le même, égal à un autre être humain. Nous, nous parlons de la nationalité.
Il a installé le match face au RN hier soir. Hier, Jean-Luc Mélenchon, Yves ? Ah bah oui, évidemment. Il n'y a parlé que d'eux. Les autres n'existent pas. Vous savez ce que disait Malraux entre le Parti communiste et nous ? Il n'y a personne. Bon bah là, c'est un peu pareil. Il a installé ce match au RN. Il n'a jamais cité Édouard Philippe, jamais cité Gabriel Attal. Non, mais il n'existe pas pour lui. Et c'est évidemment une volonté. On va voir si elle est gagnante.
Mais il y a aussi dans les esprits, alors ça après, il faut mesurer ça dans les sondages, mais dans les esprits, en France, il y a quand même l'hypothèse d'un match, d'une finale entre les deux, entre le Rassemblement national, quel que soit son représentant, et la France Insoumise, et Mélenchon en particulier. Ce match-là, il est dans toutes les têtes. Il n'est pas du tout exclu. C'est assez intéressant. Ça veut dire que le centre, aujourd'hui, a bien du mal à exister. Mais est-ce que c'est porteur pour lui d'installer ce match-là, ou est-ce qu'au contraire, ça va renforcer le bloc central et les Français qui ne veulent pas d'un match entre Jean-Luc Mélenchon et le candidat du RN ?
En fait, l'idée, c'est de dire, quelque part, presque, l'élection est pliée, en fait. Il va y avoir un duel entre le RN et moi, Jean-Luc Mélenchon. Donc, préparez-vous à ça. Donc, comment dire, on façonne un petit peu les esprits pour faire en sorte qu'effectivement, on se dise, en tout cas, que tout sympathisant de gauche se dise, bon, de toute façon, il n'y a qu'un seul vote utile, c'est celui de Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour et je me prépare pour le vote au second tour. Donc, en fait, ça fait partie des dynamiques électorales, ça peut être porteur.
Mais il peut encore être le vote utile ou est-ce qu'aujourd'hui, et notamment depuis le 7 octobre, il y a une vraie rupture entre l'électorat de Jean-Luc Mélenchon et l'électorat social-démocrate ? Ou c'est encore un électorat qui peut se retrouver ? Alors, je dirais que c'est en train d'évoluer. Si vous voulez, après le 7 octobre, et effectivement, on a eu vraiment une rupture avec des sympathisants socialistes qui nous disaient plus jamais, plus jamais je ne voterai pour Jean-Luc Mélenchon ou en tout cas, plus jamais je ne ferai partie de cette gauche-là. Et là, depuis quelques semaines, on voit l'opinion qui commence un petit peu à bouger.
Alors, je ne peux pas vous dire si c'est un mouvement d'opinion qui va être pérenne. Ce qu'on sait, c'est que Jean-Luc Mélenchon est très fort en campagne, qu'on l'a vu en 2022 d'ailleurs, effectivement, son ascension est lente mais solide. Et il a rappelé hier, on était à 420 000 voix du second tour en 2022 où il avait complètement écrasé le PS qui était à moins de 2%. Ça peut encore se produire en 2027 ? Ça peut tout à fait se produire parce qu'en effet, il n'y a pas d'autres figures aujourd'hui aussi consensuelles.
Mais de la même façon, il peut effectivement, d'ici là, il y a quand même un an, émerger une figure un peu plus centriste justement qui pourrait rassembler des voix à la fois de gauche mais aussi du centre droit. Et pour Jean-Luc Mélenchon, la gauche en 2027 sera forcément incarnée par lui, il a tué toute idée de primaire. On va l'écouter.
Vous savez que pour une fois, les étoiles sont alignées,
que pour une fois, sans contestation possible,
la première force politique de la gauche et du changement, la voici, la primaire est finie. C'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne et bienvenue à tous ceux qui veulent participer à la bataille pour la sixième république écologique et sociale.
Elle est finie, la primaire, Rachel ?
La primaire, comme objet politique potentiellement important, elle est finie, peut bien avoir lieu à un vote mais qui sera dans des conditions tellement dégradées et dont on n'attendra tellement pas le résultat qu'au fond, ça n'existe pas, pour ainsi dire. En fait, il n'a pas tué hier l'idée de primaire. Et puis l'idée de primaire, elle s'est quand même tuée toute seule, elle n'avait pas besoin de Jean-Luc Mélenchon. Mais c'est la déclaration de Codiature, il y a un mois, qu'il a quand même complètement détruite. Je l'avoue, moi j'avais plutôt des doutes sur la date de la déclaration de Jean-Luc Mélenchon.
Alors c'est vrai que ça arrivait plus tard que dans d'autres campagnes pour lui, mais au fond, Jean-Luc Mélenchon, il était déjà en campagne. Il n'avait pas besoin d'être officiellement candidat pour remplir des salles aux quatre coins du pays, pour intervenir médiatiquement, pour compter dans le débat public. Sauf qu'en fait, sa déclaration, le 3 mai, si ma mémoire est bonne, en fait, ça a figé ses adversaires. C'est un peu comme un cadrage d'ébordement au rugby ou un passing au tennis. Il les a figés. Alors que cette candidature, elle était attendue, il n'y a pas de surprise.
En fait, il a suffi d'une petite pitch net de Jean-Luc Mélenchon pour que les autres soient complètement déstabilisés.
Mais est-ce qu'aujourd'hui, un candidat social-démocrate, un candidat écologiste peut encore émerger où il a plié le match ? Non,
je ne dirais pas qu'il a plié le match parce que d'abord, il reste dix mois qu'il va se passer beaucoup de choses. Et puis aussi, il y a un problème pour Jean-Luc Mélenchon. Certes, il est très fort, il est sans doute plus fort que ce qu'il était à la même période lors des précédentes élections. Il a une grosse machine que n'ont pas les autres parties de gauche. Il faut insister dessus. Aucun autre parti de gauche n'est capable aujourd'hui d'organiser un meeting comme celui-ci.
Il y a le meeting, il y a aussi notamment une grosse machine sur les réseaux sociaux. Complètement. Mais je sais,
c'est tout au global. Mais si la campagne à venir est une longue litanie de sondages de second tour qui le montre à 25, 30 ou 35 % des voix face à Jordan Bardella, il y a une partie du centre-gauche qui peut voter utile pour Jean-Luc Mélenchon qui se dira si on envoie Mélenchon au second tour face à Bardella ou Le Pen, on s'assure la victoire de Bardella. Ce n'est pas la même chose d'envoyer en 2022 Mélenchon au second tour face à Macron parce que perdre contre Macron, c'est une chose, ce n'est pas très grave. Perdre face à Marine Le Pen ou face à Jordan Bardella, c'est tout autre chose.
Donc, je pense que c'est quelque chose qui va transparaître tout au long de la campagne et ce n'est pas pour rien que, souvenez-vous dans son interview sur TF1 ou sur Brut le soir de sa déclaration, il dit mais ce n'est même pas sûr que le RN soit au second tour. Il n'a pas réutilisé cet argument-là. Au fond, aujourd'hui en tout cas, c'est l'évidence qu'il y a une place qui est déjà prise et que c'est l'autre qui est à prendre. Il engage ce duel parce qu'au fond, est-ce que c'est lui qui le choisit tant ce duel ? Non, c'est le RN.
Le RN, lui, il est loin devant donc il fait comme s'il n'y avait personne d'autre parce qu'il regarde devant et c'est logique mais parce qu'il a besoin de montrer qu'il est en capacité de gagner un second tour face à l'extrême droite ce qui aujourd'hui est très très loin d'être évident.
Et effectivement et est-ce que face à une candidature comme celle de Raphaël Luxman qui semble aujourd'hui le mieux placé dans le camp social-démocrate, est-ce que Raphaël Luxman peut plier Jean-Luc Mélenchon comme il le dit lui-même ou est-ce qu'aujourd'hui c'est totalement impossible ? Jean-Luc Mélenchon a pris trop d'avancées ? Non, vous avez une équipe de première division face à une équipe de National 3 je veux dire il n'y a même pas de match je dirais il n'y a pas de match il y a un professionnel Donc il ne peut pas y avoir d'autres candidatures à gauche qui sont parfaites ?
Il y a un professionnel de la politique qui a un parcours qui a une expérience qui a un discours qui a un projet et en face vous avez quelqu'un qui fasseille j'ai envie de dire c'est-à-dire qu'on ne sait pas trop où il va on ne sait pas trop les idées et on ne sait pas quelle machine il y a derrière parce que c'est vrai que ce qui est impressionnant c'est la démonstration de force hier qui est quand même très impressionnante alors que je vous rappelle que Raphaël Luxman qui ne fait pas partie du Parti Socialiste avec le Parti Socialiste c'est loin d'être évident c'est loin d'être évident ils n'ont pas le même discours ils n'ont pas les mêmes stratégies ils n'ont pas les mêmes histoires même donc c'est loin pour Raphaël Luxman Raphaël Luxman d'ailleurs qui vous dit qu'il va réfléchir encore 4 mois avant de donner sa candidature 3 mois vous leur rajoutez un sincèrement j'ai envie de dire pardon c'est très brutal mais c'est pas très sérieux ça veut dire qu'il n'est pas encore très je dirais sur ses assises il n'est pas encore très stable mais est-ce que ce match que lance Jean-Luc Mélenchon le match RN-LFI il arrange la droite il arrange la droite il arrange le broche central il arrange Edouard il arrange personne je vais vous dire c'est à chacun d'exister et ça devrait d'ailleurs susciter quelques réactions dans l'espace central alors après chacun à sa définition de l'espace central avec les limites qu'il veut bien y mettre mais ça devrait les inciter à se réveiller parce que là pour le moment Mélenchon et évidemment le Rassemblement National sans qu'ils aient besoin de faire quoi que ce soit puisqu'ils sont servis je dirais d'une certaine façon par l'actualité et bien sont en train de s'installer au cœur au cœur de la bataille et justement on va en dire un mot de cette actualité puisque cette campagne de Jean-Luc Mélenchon a été lancée dans un contexte très lourd l'onde de choc de l'affaire Liana alors Salvin est-ce que pour vous ça va droitiser la campagne présidentielle ?
Je ne sais pas si ça va la droitiser parce qu'effectivement elle est déjà assez à droite la campagne on a vu effectivement les émeutes suite à la victoire du PSG déjà créé quand même un effet dans l'opinion dans notre baromètre Jordan Bardella prenait 6 points Marine Le Pen 4 points c'était juste au lendemain donc on ne sait jamais exactement qu'est-ce qui crée ces effets d'opinion mais quand même effectivement il y a un contexte assez global qui comment dire appelle à de la protection de l'ordre de la sécurité donc et ce n'est pas nouveau j'ai envie de dire effectivement depuis de toute façon que le monde est entré plus ou moins en guerre quand même malgré tout on voit bien effectivement cette nécessité pour les Français d'avoir beaucoup plus de et bien de de comment dire de force aussi de force et d'ordre Et est-ce que Jean-Luc Mélenchon il peut être le candidat qui incarne ce besoin de force d'ordre de sécurité je reprends les mots de l'or est-ce qu'il est perçu comme ça comme pouvant répondre aux inquiétudes actuelles défoncées sur ce sujet
je ne suis pas sûr que ce soit aujourd'hui le mieux placé dans l'opinion sur ces sujets-là mais une campagne présidentielle c'est aussi un moment où les cartes sont beaucoup rebrassées ce n'est pas un autre monde que celui d'avant la campagne présidentielle mais malgré tout il y a des choses qui bougent regardez ce qui s'est passé autour d'Éric Zemmour la dernière fois Jean-Luc Mélenchon c'est quand même une personnalité qui est très connue très installée on l'a dit c'est une de ses forces les gens savent où il est savent à peu près ce qu'il veut et c'est quand même une grande force au moins déjà dans l'espace de la gauche où ce n'est pas très clair dans le reste de la gauche sur la question de la sécurité ça paraît moins clair c'est une évidence mais parce que ce n'est pas un sujet qui traite très souvent non plus
mais malgré tout c'est vrai que son expérience politique peut lui donner quand même aussi une certaine force une certaine solidité dans ces domaines-là voilà il incarne quand même malgré tout une expérience solide en termes et d'ailleurs c'était quand même aussi ça faisait partie de ses thèmes de prédilection il y a quelques années ça fait longtemps qu'il n'en parle plus mais à un moment donné il en parlait effectivement énormément Yves un dernier mot sur ce sujet est-ce que l'actualité c'est actuel le dessert ?
je ne sais pas si c'est un dessert mais ce n'est pas son thème favori on voit bien que c'est le Rassemblement National qui prospère sur ces thèmes-là je ne pense pas que alors effectivement il y a le côté l'expérience de Jean-Luc Mélenchon mais Jean-Luc Mélenchon c'est aussi l'homme qui peut provoquer le désordre c'est un mot qu'il a dans la bouche donc là-dessus je ne pense pas qu'il soit le mieux placé Merci beaucoup merci à tous les trois d'avoir été nos invités pour décrypter ce lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
Jean-Luc Mélenchon