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interviewBACKSEAT· 16 février 2025 47 min

PS : le nouvel homme fort ? avec Jérôme Guedj

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Salut, c'est Jean Macier. Juste avant ton podcast, un petit mot pour te dire que si tu veux faire partie des soutiens de l'émission, le meilleur moyen, c'est de rejoindre le Club Backseat pour 15 euros par mois. On voulait absolument vous recevoir parce que vous vous doutez, on veut vous poser plein de questions, parce que voilà, ces dernières semaines, il s'est passé quelque chose d'important à gauche. Le Parti Socialiste, les députés socialistes n'ont pas voté la censure du gouvernement François Bayrou alors que deux mois plus tôt, vous aviez censuré Michel Barnier. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui a changé entre les deux ?

0:33
Jérôme Guedj

On a censuré Barnier, on a bien fait de censurer Barnier parce qu'il avait, comment dire, immédiatement décidé de faire la danse du ventre devant le Rassemblement National. Vous vous rappelez, dès l'arrivée de Barnier, le coup de fil à Marine Le Pen pour désavouer, je crois que c'était le ministre de l'Économie, Antoine Armand, qui avait fait des déclarations qui ne plaisaient pas à Marine Le Pen. Outre le fait qu'on était dans la suite des élections législatives, avec une longue période pour désigner Barnier, moi je faisais partie de ceux qui disaient, on n'a pas gagné les élections. Peut-être une différence avec d'autres qui disaient, on a gagné les élections.

Non, on est arrivé en tête, il y avait une préférence qui avait été donnée à la gauche, et il y avait un autre événement qui était le Front Républicain. Et donc, une forme de logique politique et institutionnelle aurait consisté à nommer un Premier ministre issu de la gauche, mais qui aurait de toute façon été à la tête d'un gouvernement minoritaire, et qui aurait donc dû et pu tenir uniquement en prolongeant d'une certaine manière le Front Républicain, et en répondant aux aspirations majoritaires des Français, c'est-à-dire partir des orientations qui étaient dans le programme de la gauche, mais forcément construire des compromis.

Voilà, ça va être le cœur de la discussion probablement qu'on va avoir. Alors, qu'est-ce que c'est que la politique ?

1:47
Présentateur

C'est ce que Lucie Castet défendait au même micro-coup.

1:50
Jérôme Guedj

Je suis d'accord, le problème de Lucie, et je trouve le drame de Lucie, c'est qu'elle a été écrasée, parce qu'au fil du temps, elle essayait d'introduire cette idée-là, mais elle a été plombée, pardon de le dire, je n'ai pas d'obsession sur Jean-Luc Mélenchon, mais quand Jean-Luc, à 20h03, dit « Ce sera le programme, tout le programme, rien que le programme », même si après on peut y mettre des codiciles, des petites notes en bas de page, en expliquant comment ça va se mettre en place, ça l'a plombée, Lucie. Alors qu'elle avait pris l'intelligence dans ses déclarations par la suite, de dire « On aura à construire ces compromis ». Je reviens donc à Barnier.

2:22
Présentateur

Revenez à Barnier, mais ensuite parlez-nous de Bayrou.

2:23
Jérôme Guedj

Oui, et donc, c'est la raison pour laquelle, un, il ne discute pas à aucun moment avec la gauche, il vient d'un camp qui n'a pas fait le front républicain, et il fait la danse du ventre au RN. Donc, on censure, et c'était logique, sur notamment un mauvais budget de la Sécurité Sociale. J'ai bien aimé le « Caresse-moi le PLFSS ». Ça me plaît, parce que moi, je suis tombé dans le PLFSS quand j'étais petit, j'aime beaucoup ce texte, parce que c'est celui qui porte toutes les solidarités. C'est le budget de la Sécu. C'est le budget de la Sécurité Sociale, plus important que le budget de l'État, 666 milliards. Bayrou arrive.

Là, on est face à un dilemme, on est face à un questionnement, qui a fait débat, je ne vais pas vous mentir, à l'intérieur du groupe socialiste, qui est, d'un côté, est-ce qu'on essaye d'obtenir une forme de stabilité ? Est-ce qu'on essaye d'arracher, sinon des victoires, au moins des moindres mots par rapport à ce qui a été prévu initialement ? Donc voilà, on a tranché sur le fait de dire, il nous faut, ce n'est pas des bons budgets, je l'ai dit à la tribune encore il y a deux jours, ce n'est pas un budget juste, mais on avait besoin juste d'un budget. On peut ne pas être d'accord avec cette stratégie, elle n'est pas, à mon avis, aussi rédhibitoire.

3:40
Présentateur

Le président de la Commission des Finances, Éric Coquerel, dit qu'il n'y avait pas besoin d'un budget, puisqu'il y avait les lois spéciales qui avaient été votées en décembre, qui donnaient à la France un budget. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

3:49
Jérôme Guedj

Je lui réponds que ce n'est pas vrai, qu'il y avait besoin que ce soit sur le budget de l'État, la loi spéciale ne couvre pas tout, et par exemple sur le budget de la sécurité sociale, très concrètement, l'absence de ce fameux PLFSS fait que les hôpitaux ne peuvent pas tarifer, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent pas juridiquement tarifer ce qui est leur ressource auprès de l'assurance maladie. Donc ça pose quand même des difficultés. Ça le faisait sur la base de l'ondame de l'année précédente, qui n'intégrait pas les progressions, parce que les budgets progressent d'année en année. Ce n'est peut-être pas de manière suffisante, et on l'a dit.

Et d'ailleurs, dans la négociation, on a arraché, obtenu, quelques moyens supplémentaires, en l'occurrence un milliard de plus pour les hôpitaux. Donc voilà, on a eu une divergence stratégique avec le reste de l'UNF. Avec le reste de l'UNF.

4:40
Présentateur

Parce que les écologistes, les communistes, ont fait la même chose que vous, c'est-à-dire qu'ils ont négocié, discuté en tout cas. Ils sont venus avec nous, oui. Moi, j'ai participé du 6 janvier

4:50
Jérôme Guedj

jusqu'à la fin à toutes les négociations. Mais ils n'ont pas tiré les mêmes conclusions. On a eu une séquence de négociations avec Marine Tondelier qui était là et les communistes qui étaient présents.

4:58
Invité

Emilio. Donc vous n'avez pas censuré, c'est l'élément langage chez les socialistes, c'était mieux vaut un mauvais budget que pas de budget. Grosso modo, c'était ça. Mais en fait, aujourd'hui, on commence à se replonger dans ce budget. On a l'impression, d'ailleurs, que quand vous aviez commencé à négocier, en fait, vous étiez presque piégé-vous. Mais à partir du moment où vous aviez mille bras dans l'engrenage, ensuite, c'était facile pour le gouvernement ensuite de dire, regardez, ce sont eux qui ne veulent pas d'un budget. Ce sont eux les irresponsables. Et qu'en fait, si vous retiriez la main, vous partiez avec le bras.

Et là, depuis quelques jours aussi, d'autres commencent à plancher davantage sur ce qu'il y a concrètement dans ce budget. Et je voulais vous interroger sur deux trucs particuliers parce qu'on a l'impression que vous êtes fait un peu avoir quand même. Et c'est votre collègue socialiste, André Léniel, qui est le vice-président de l'AMF, c'est-à-dire que l'Association des maires de France, qui a pris sa calculette et qui a regardé réellement combien perdaient les collectivités locales. Le gouvernement a annoncé, en gros, un effort de 2,2 milliards d'euros sur le budget 2025. En réalité, lui, il a calculé un effort de 7,1 milliards d'euros. Donc, beaucoup plus d'aussérité que prévu.

Et deuxième chose, le gouvernement, pour bâtir son budget, comme on fait pour tout budget, on prévoit la croissance qui devrait être cette année. Parce qu'en gros, la croissance génère aussi des revenus et donc ça permet de calculer. Il se trouve qu'on a interrogé beaucoup de députés de gauche et les prévisions s'avèrent visiblement très optimistes sur la croissance qui pourraient générer un gel des crédits. C'est-à-dire que c'est une austérité déguidée. C'est ce qu'avait déjà fait, par exemple, Gabriel Atalena. Il avait, après le budget, coupé. Il avait dit, ces 10 milliards-là, en fait, on ne les utilisera pas. C'est quoi ta question ?

La question, c'est, vous vous êtes fait avoir, finalement, M. Gage. Ils ont caché des trucs derrière. Ils vont faire plus d'austérité et plus que ce qu'ils vous avaient annoncé.

6:43
Jérôme Guedj

Vous ne regrettez pas un peu ? Non, mais il n'y a rien d'idéal dans ce qu'on a fait. Je ne vais pas vous dire que c'était deux mauvaises solutions. Je ne dis pas le contraire. Moi, je considère que la négociation, elle a limité la casse. Je ne dis pas que ce n'est pas un budget de gauche. Je suis dans l'opposition. Il n'y a pas d'état d'âme. Moi, je n'ai jamais considéré qu'il se prépare un gouvernement de coalition. Donc, ce n'est pas du tout le sujet.

Bon, mais je vous redis, quand on évite les déremboursements des médicaments et des consultations médicales, je préfère ça par rapport à la version initiale, quand on fait en sorte qu'il y a 4 000 postes qui ne sont pas supprimées dans l'éducation nationale, qu'on réabonde le fonds vert, etc. Sur les collectivités locales, André Léniel, à l'origine, avait chiffré environ 10 à 11 milliards le coût de la version initiale. Il dit que c'est le pire budget de l'histoire pour les collectivités. Quand le gouvernement, lui, disait 5 milliards. Donc, en effet, ce n'est pas bon. Je ne vais pas vous dire le contraire.

Moi, j'assume, c'est toujours le plus compliqué dans ces moments-là, de dire qu'on a joué un moment de stabilité budgétaire, parce qu'à l'inverse, moi, j'ai la conviction, la conviction que si on n'avait pas eu de budget, parce qu'on aurait pu, en effet, censurer, donc on repart, pas de budget, et là, la conséquence, elle est sur la croissance du pays. Elle va être à 0,8 ou 0,9, pardon, c'est affreusement techno, on aurait terminé, ou en tout cas, on aurait une année quasiment à 0,1, 0,2, 0,3. Et donc, le coût de cette absence de budget aurait été bien plus important qu'en termes de croissance, et donc d'emploi, donc de rentrée fiscale, donc de rentrée sociale, donc de risque austéritaire.

L'austérité, c'est quoi ? C'est quand on dépense moins l'année nouvelle par rapport à l'année précédente. L'honnêteté m'oblige à vous dire qu'on n'est pas dans des situations d'austérité encore aujourd'hui dans le pays, c'est-à-dire où les budgets ne sont pas plus faibles d'une année par rapport à l'autre. la sécurité sociale, s'il y a une progression de 3, ce n'est pas assez, de 3,3% des dépenses pour l'ensemble de la sécurité sociale et l'assurance maladie, ce n'est pas assez, mais c'est plus en 2025 qu'en 2024. Donc, l'absence de budget, de cadre budgétaire, aurait probablement plombé les ressources, et là, aurait abouti à des serpes encore plus grandes. Ça s'appelle du compromis.

C'est un compromis, si ça ne fait pas mal, ce n'est pas un compromis. À moi, il me fait mal, je ne vais pas vous dire le contraire. Est-ce qu'il fait mal au gouvernement ? C'est peut-être la question qui se pose. Il s'est surtout mal aux Françaises. Non, mais je suis d'accord, mais je pense que ça aurait encore fait plus mal s'il n'y avait pas eu de budget. Vous avez sauvé la case, selon vous. Oui, oui. Et là, accessoirement, politiquement, parce qu'on parle pognon, politiquement, on censure le gouvernement de Bayrou. D'après vous, il nomme qui comme Premier ministre derrière ? Lucie Casté. Un fondage. Lucie Casté. Il nomme pas Lucie Casté.

9:36
Invité

Mais attendez, je croyais que vous vouliez quand même censurer Bayrou maintenant. Donc, la question, elle se pose pour vous de la même façon. Puisque vous déposez une motion de censure sur les valeurs républicaines. Oui, je suis d'accord. Si le gouvernement tombe, la question se pose. Est-ce que ce ne sera pas pire que Bayrou ?

9:49
Jérôme Guedj

OK. Mais dans ce cas-là, vous ne voulez plus faire parler Bayrou. C'est un sujet. On votera la censure la semaine prochaine. Mais en plus, avec une situation, on n'aurait pas eu de budget. Voilà. Donc, je vous le dis, j'ai eu la négociation honteuse. J'ai participé à ces négociations. Ça a été âpre. En plus, moi, c'était cocasse parce que je négociais avec Amélie de Montchalin que j'avais battue aux législatives en 2022. C'est vrai que vous avez été élu dans sa circonscription. C'était un truc un peu lunaire de se retrouver dans cette situation. Mais voilà, encore une fois, vous allez dire, ce n'est pas assez. On a triplé le fonds d'urgence pour les EHPAD. Ce n'est pas assez. Je préfère ça.

On n'a pas fait les déremboursements. Et d'une certaine manière, la séquence, je le dis parce que certains, parfois, viennent me chercher des poux en me disant, mais ce n'est pas tout à fait juste. La séquence censure, renversement de Barnier plus négociation, par exemple, sur le budget de la Sécu, ça a fait bouger de 6 milliards. Jamais un budget de la Sécu n'avait bougé d'un tel montant. Donc, le rapport de force puis la négociation, ça a permis de faire bouger. Bon, encore une fois, je suis prêt à me faire vilipender ou spiller. Je peux utiliser tous les jolis mots anciens. C'est du compromis. Mais moi, j'assume en politique. Je vous ai dit, je n'ai pas la négociation honteuse.

Je n'ai pas la non-censure honteuse parce que la politique, c'est faire des compromis. Et on le fait à partir d'un rapport de force.

11:13
Invité

Usul ? Oui, il y a au final, quand même, les grands gagnants là-dedans, ça reste quand même la Macronie qui continue, du coup, sa politique. On a vu aujourd'hui le texte sur la justice des mineurs qui est voté avec le RN. C'est-à-dire que la gauche, en arrêtant, le PS a du coup choisi d'arrêter d'essayer de tordre le bras à Macron en résolu, comme vous dites, on n'aura pas lui s'y casté.

Donc, en gros, il vous a convaincu que la manière dont il avait interprété la Constitution et la manière dont il comptait continuer de nommer des ministres, malgré le fait qu'il soit en minorité à l'Assemblée, bon, vous l'avez accepté et on se retrouve maintenant avec non seulement un gouvernement qui peut continuer à nous mettre l'immigration comme thème principal tous les jours. Vous avez fermé une fenêtre d'opportunité de censure avec derrière, du coup, on se retrouve avec, en effet, un gouvernement qui peut continuer et en plus de ça, une gauche divisée maintenant. Donc, il se frotte les mains. Vous aviez dit Barnier faisait la danse du ventre devant le RN.

Bon, Bayrou a fait un peu de danse du ventre devant le PS et ça a suffi. Finalement, la politique qui est menée derrière est la même.

12:18
Jérôme Guedj

Comme ça a été dit, lundi vers 18h ou mardi matin, on va déposer une motion de censure et elle sera soumise au vote mercredi. Mais celle-là, le RN ne peut pas la voter. La motion de censure du budget non plus. Il a bien voté la motion de censure de Barnier, etc. On le fait, encore une fois, on assume la position. Mais c'est sur le motif des valeurs de je ne sais pas quoi. On voulait un budget pour le pays et là, on a en effet le problème qui est réapparu et moi, c'est une forme de rupture de l'engagement moral qui avait été passé. Je ne supporte pas ni la submersion migratoire ni les sorties de Retailleau ni les choses... C'était prévisible,

12:53
Invité

le casting, il était déjà là, vous le connaissez déjà. Retailleau, ça ne pouvait pas produire autre chose que ça.

12:59
Jérôme Guedj

Oui, mais alors après, j'ouvre un autre débat parce qu'à l'origine aussi de ce désaccord à gauche, c'est aussi un désaccord stratégique sur qu'est-ce qu'on fait dans la période. Certains, c'est le cas de la France insoumise, dit, et il avait fait d'emblée avec la proposition de résolution sur la destitution, en disant la priorité, c'est de renverser le président de la République. La destitution était un moyen et puis l'autre moyen très transparent, c'est de dire en renversant de manière régulière le gouvernement, à la fin, Macron sera obligé de partir. C'est de résister en fait.

Là aussi, on assume un désaccord et ce n'est pas très grave, même si ça peut avoir des conséquences, qui est que ce n'est pas une bonne idée de faire une élection présidentielle en 35 jours demain matin si jamais Emmanuel Macron décidait de démissionner. Voilà, je vous le dis, dans la période, mon intuition, ma crainte, ma terreur, c'est une élection présidentielle.

13:56
Invité

Pourquoi la présidentielle, si elle se passait en 2027, elle se passerait mieux surtout après deux ans de ce gouvernement-là qui va continuer à parler d'immigration ?

14:03
Jérôme Guedj

Peut-être parce qu'on a besoin de ce temps, notamment à gauche, pour s'y prendre différemment pour la préparer. Parce que dans le même temps, il y en a certains qui ont dit moi je vais à l'élection présidentielle, il faut donc accélérer le calorier, on commence à récolter les signatures de parrainage, c'est ce que fait la France Insoumise en ce moment. bon, on pourrait aussi considérer que c'est une rupture du contrat implicite qui était passé, qui était essayé d'avancer groupé. Vous parlez du contrat implicite,

14:30
Présentateur

ça m'intéresse, parce que vous avez dit, actons qu'il y a un désaccord à gauche sur la stratégie, certains vous objecteront qu'il n'y a pas de désaccord possible au sein du NFP, il n'y a que des fidélités et des trahisons. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

14:42
Jérôme Guedj

Alors, vous savez, moi comme vous ne l'avez pas encore évoqué ni dans la chronique de tout à l'heure, moi j'ai une particularité qui va me rendre encore plus suspect, peut-être, c'est que moi je n'ai pas été élu sous l'étiquette NFP.

14:55
Présentateur

C'est vrai, vous dans votre circonscription vous avez refusé l'étiquette NFP, vous avez été élu sur votre nom propre. J'ai été élu avec le soutien

15:01
Jérôme Guedj

du Parti Socialiste, du Parti Communiste, des Verts, du PRG, de Place Publique, c'était les logos que j'avais sur mon bulletin.

15:08
Invité

Et la France Insoumise et Génération avait mis une candidate.

15:10
Jérôme Guedj

J'avais refusé le soutien de la France Insoumise et donc j'ai eu une candidate qui en plus était mon ancienne suppléante, c'est jamais agréable de se retrouver dans cette situation, soutenue par la France Insoumise avec un suppléant de la France Insoumise. Pour autant, mon programme n'était pas très éloigné et même quasiment totalement identique à celui du NFP pour la simple raison, en tous les cas les engagements que je prenais qui étaient sur ma profession de foi, c'était les combats que j'avais menés à l'Assemblée nationale.

Vous avez rappelé que j'étais venu ici en février 2023, je n'ai pas mégoté mes efforts contre la réforme des retraites et donc je continuais à défendre l'idée d'une abrogation de la réforme des retraites si on avait une majorité de gauche pour le faire à l'Assemblée nationale.

15:51
Présentateur

Vous faites partie des très rares socialistes qui n'ont pas été élus avec l'étiquette NFP mais tous vos collègues eux l'ont été. Donc qu'est-ce que vous répondez à cette accusation de trahison du parti socialiste par rapport au programme commun du NFP ? Des électeurs insoumis ont voté socialiste en respectant l'accord, ils se sentent trahis, qu'est-ce que vous répondez ?

16:07
Jérôme Guedj

Mais parce que nulle part dans cet accord NFP qui d'ailleurs prévoyait un programme de gouvernement pas un programme d'opposition. Je vais vous prendre juste un exemple. C'est que le programme du NFP contrairement au programme de la NUPES ne prévoyait pas le fait qu'on coordonnait notre travail parlementaire. A l'époque il y avait un intergroupe de la NUPES qui a disparu. J'en étais membre on se réunissait tous les mardis et on était sur une boucle toutes les heures à mettre de l'huile dans les bidons pour essayer que ça se passe bien.

Donc ça a fonctionné un certain temps l'intergroupe de la NUPES dans le programme du NFP il n'y avait même pas ça il n'y avait même pas l'idée de se dire et donc chacun peut avoir son autonomie quand les insoumis font une campagne pour demander la destitution du président de la république ce n'était pas dans le programme du NFP ils ont le droit chacun en autonomie nous on a une fidélité aux orientations programmatiques il arrive qu'on vote des textes ensemble fort heureusement par contre sur la tactique et la stratégie il peut y avoir des divergences encore une fois je l'assume donc ça veut dire

17:11
Locuteur non identifié

que le PS ne fait plus partie du NFP

17:14
Jérôme Guedj

alors l'autre difficulté c'est du coup c'est quoi le NFP c'est pas un parti il n'y a pas un chef c'est pas une instance démocratique c'est pas un endroit voilà le NFP ça a été il faut avoir peut-être aussi la lucidité de le dire un accord électoral d'abord et avant tout défensif pour éviter la victoire du Rassemblement National avec l'espérance d'être victorieux pour pouvoir exercer le pouvoir mais dès l'instant on se retrouve dans la situation de la tripartition et donc il n'y a pas on n'a pas eu la majorité pour appliquer ce programme là après on n'était pas lié par une méthode pour continuer le combat moi ce qui m'intéresse maintenant c'est de me tourner devant c'est de se dire pour battre la droite et l'extrême droite comment on doit s'y prendre je continue à considérer qu'il nous faut une candidature unique à l'élection présidentielle dans quel périmètre ?

moi j'avais toujours défendu le périmètre le plus large en janvier 2023 c'est-à-dire au moment où la NUPES fonctionnait encore quelques mois après son arrivée je crois être le premier à dire on n'échappera pas et on doit organiser une primaire de la gauche pour désigner un candidat sur la base d'un programme quand j'ai discuté dans la chronique tout à l'heure il y a un petit événement qui a été manqué moi j'ai eu une longue discussion avec Jean-Luc Mélenchon à l'été 2023 où il me dit ton histoire de primaire jamais de la vie je lui dis mais c'est bizarre si tu veux gagner l'élection présidentielle il faut quand même d'abord être porté par une dynamique propulsive issue de la gauche et si on va avoir une candidature unique derrière laquelle tout le monde fait campagne il faut moins accepter ce qui peut-être pose problème pour certains un cadre collectif et démocratique collectif ça veut dire personne n'a raison tout seul et démocratique on fait un truc que nous on fait dans le parti socialiste on se fout de la gueule régulièrement on vote on a des congrès d'émotions etc oui mais bon ça fonctionne à l'époque vous disiez vous étiez un fervent partisan de la NUPES même jusqu'à l'élection je défendais l'idée même d'une liste unique à l'élection européenne

19:11
Invité

absolument et vous disiez il y a un socle programmatique il faut que même si on fait une primaire ce soit un candidat qui s'engage à respecter ce socle il ne faut pas que la primaire soit une bataille de lignes politique exactement et entre temps il s'est passé des choses et vous avez dit je vous ai écouté chez Karim Rissouli assez ce soir il n'y a pas longtemps et vous avez cité de vous même deux événements vous avez cité les révoltes les révoltes à la suite de la mort de Naël comme moment de rupture et évidemment après le 7 octobre les réactions la résistance enfin le soutien à la cause palestinienne ou pas etc vous avez cité ces deux événements je voudrais savoir ce qu'ils ont en commun pour vous ces deux événements pourquoi pour vous c'est ces deux trucs là qui vous font dire oula le mélochonisme parce que c'est un peu ça on en tourne au rond mais c'est vous êtes persuadé que une gauche qui pourrait gagner est une gauche responsable donc démélenchonisée

20:01
Jérôme Guedj

en fait moi j'ai pas de problème avec la gauche radicale et donc c'est quoi le point commun avec la gauche brutale en fait je vais vous donner le point commun avec les trois vous en avez oublié un les trois moments le premier moment justement c'est la réforme des retraites sur la réforme des retraites ah oui non mais ça c'est pas pareil

20:16
Invité

parce que là c'est purement de la tactique là sur la réforme des retraites il y a eu des questions tactiques est-ce qu'on écoute ou pas les syndicats je me souviens très bien

20:23
Jérôme Guedj

mais donc j'illuste parce que à des degrés divers je suis d'accord à des degrés divers ça a donné le signal problématique qui est je le résume on peut pas avoir raison tout seul sur la réforme des retraites on se met d'accord sur une stratégie parlementaire voilà qui est validée dans l'intergroupe NUPES qui consiste à dire voilà comment on s'y prend ensemble mais ça c'est de la méthode attends attends attends je suis d'accord mais on se met d'accord sur une stratégie parlementaire ok je vais pas revenir dans les détails sur on voulait aborder l'article 7 etc on est en contact moi je suis en contact tous les jours avec Martinez et avec notamment Laurent Berger c'est à dire avec l'intersyndical pour voilà et le mercredi il y a un tweet de Jean-Luc Mélenchon qui fait péter notre stratégie parlementaire voilà et d'un coup nous on avait retiré nos amendements pour permettre d'avancer donc vous allez dire c'est moins grave que les autres éléments qu'on va mentionner mais ça dit à un moment donné que dans une coalition si on veut que ça fonctionne oui mais dans une coalition si on veut que ça fonctionne on s'oblige mutuellement c'est à dire on tient compte les décisions que je prends quel type de lecture et de conséquences ça va avoir sur mes partenaires donc ça c'est le premier point le deuxième vous l'avez mentionné c'est sur Naël sur Naël et la mort de Naël on a normalement le même discours à tenir tous ensemble c'est à dire sur le fond on n'a aucun problème à dire il y a eu une violence policière il y a et derrière c'est révélateur de la problématique de l'engagement des tirs en cas de refus d'obtempérer il y a un problème la remise le questionnement sur ça le questionnement sur les quartiers populaires sur les discriminations sur l'absence d'autorité indépendante de contrôle de la police normalement ce discours commun on peut le tenir j'ai le souvenir d'ailleurs c'est marrant Edwin Plenel était là tout à l'heure d'un échange passionnant entre mon collègue Philippe Brun et Manuel Bompard dans les colonnes de Mediapart où en fait sur le fond on est d'accord sur ce qu'il faut sauf que pardon mais là quand il y a une voix un émetteur Tony Truon qui dit pendant les émeutes nous on n'appelle pas au calme on appelle à la justice c'est pas respecter son partenaire parce que les socialistes à ce moment là peut-être aussi parce qu'il y a beaucoup de maires qui gèrent des collectivités locales qui ont des médiathèques en train de brûler ou des centres sociaux ou des antennes de police municipale pardon en bon républicain quand il y a une émeute on appelle au calme voilà on appelle au calme et après on essaye d'apporter des solutions donc on ne donne pas l'impression d'entretenir une mystique de la violence dans la politique voilà je le dis pardon mais donc ça c'est un point désaccord et le dernier c'est évidemment le 7 octobre avec un désaccord principiel moi je l'ai vécu dans mes tripes voilà quand je vois le communiqué de la France insoumise relativisant contextualisant et se faisant justifiant d'une certaine manière les attaques terroristes du 7 octobre par la poursuite de la colonisation et toutes les horreurs que commet le gouvernement Netanyahou mais à ce moment là sans un mot de compassion je dis il y a un problème voilà ils savent de toute façon que ça nous met comment ?

il y a eu des mots de compassion pour les victimes dans le communiqué de 12h21 de la France insoumise je peux vous assurer qu'il n'y en avait pas et dans les commentaires qui ont suivi et après ce que je veux dire c'est que pareil là on aurait dû être sur un sujet de pur rassemblement voilà et après se faire donner la leçon parce qu'il y a une élection européenne et qu'il n'y a pas eu de liste commune et qu'il faut donc et moi c'est ça et j'en veux et ça a été la raison du fait que j'ai pas voulu le soutien de la France insoumise à ce moment là et je l'assume d'avoir instrumentalisé ce drame là le drame les attentats et la guerre et les crimes de guerre commis derrière par l'armée israélienne instrumentaliser tout ça essentialiser d'une certaine manière les acteurs de ce conflit au point que Jean-Luc a terminé à écrire des horreurs sur moi ce qui m'a meurtri c'est ce que j'allais dire

24:12
Présentateur

il y a effectivement un billet de blog de Jean-Luc Mélenchon qui a beaucoup fait parler de lui dans lequel il vous cible personnellement et on sent que ça dépasse la politique et qu'il a un règlement de compte avec vous

24:20
Jérôme Guedj

oui mais c'est pas un truc personnel je conteste la lecture personnelle d'accord c'est pas une lecture personnelle quand à un moment donné on écrit des saloperies on sait qu'elles vont être perçues pas uniquement pour l'individu à qui c'est destiné mais pour ce que ça signifie moi c'est peut-être ringard je suis un universaliste républicain et donc quand j'ai un éminent responsable politique qui en plus m'a formé sur ces questions là qui m'a expliqué que jamais une personne n'est renvoyée n'est assignée à son identité et qu'il écrit noir sur blanc que je trahis le judaïsme de gauche c'est la première fois dans ma vie politique c'est la première fois il a fallu que ça vienne de Jean-Luc Mélenchon que quelqu'un a dit Gage il parle comme ça pas parce qu'il est socialiste pas parce qu'il est de gauche il parle comme ça parce qu'il est juif et ça cette essentialisation dans le débat politique c'est le contraire de ce dont on a besoin dans ce pays c'est le contraire de ce que j'ai appris pendant 20 ans avec lui et donc je conteste radicalement cette dérive là parce que dans ce moment là j'aurais tellement aimé que Jean-Luc comme d'autres disent ce qui se passe là-bas est une horreur de part et d'autre il se passe des horreurs mais nous notre responsabilité ici en France c'est de faire en sorte moi c'est ce qu'ils nous racontaient au début du conflit israélo-palestinien ils disaient nous notre responsabilité de républicains c'est de faire en sorte que les juifs et les musulmans ou les juifs ou les arabes ils se regardent pas en chien de faïence en considérant que ici dans les quartiers de Massy ou d'ailleurs ils sont les dépositaires de ce qui est en train de se passer là-bas et moi j'ai pas de leçons à recevoir moi je suis un sioniste pro-palestinien j'essaye d'incarner par mon combat le combat pour la solution à deux états il y en a qui vous dirait que c'est antinomique ben non sioniste c'est la reconnaissance c'est l'existence le droit à l'existence de l'état d'Israël et pro-palestinien c'est le droit à la reconnaissance d'un état palestinien donc une solution à deux états c'est évidemment une solution à deux états et moi c'est mon combat et pas de ce moment-là moi en 2009 quand il y a la première guerre à Gaza et ben je vais à Gaza voilà je vais à Gaza je suis passé une semaine à Gaza je pensais même pas qu'on pouvait rentrer pourquoi ?

parce qu'à l'époque j'étais au conseil général et on avait jumelé le conseil général de l'Essonne j'étais vice-président et après j'en suis devenu président avec le camp de Khan Yunes dont maintenant tout le monde connaît le nom donc moi le soutien à la cause palestinienne il est dans mon identité politique simplement il va de pair avec le droit à la sécurité à l'existence de l'état d'Israël et quand je dis je suis sioniste pro-palestinien et anti-Netanyahou je mets les trois dans la même phrase parce que je combats l'extrême droite en France donc je combats l'extrême droite aussi en Israël sauf que là comme il faut se mettre dans des positions caricaturales les uns et les autres et ben comme j'avais cette position de nuance à la fin je me fais traiter de sioniste génocidaire et c'est ce qui s'est passé dans la campagne électorale que j'ai vécu en juillet 2024 et donc j'en veux à tous ceux qui ont posé les graines de ce type de dissension dont on n'a vraiment pas besoin dans le pays pardon ça m'a un peu énervé

27:13
Locuteur non identifié

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27:42
Présentateur

Non mais c'est important déjà que vous puissiez vous exprimer librement sur ce plateau d'une part et d'autre part c'est important parce que ça montre aussi l'importance du clivage et ce clivage il est intéressant on a un extrait que je voudrais vous diffuser d'une interview que vous avez donnée au journal Regard dans lequel vous parliez de cette gauche qui doit marcher sur ses deux jambes on regarde on en parle juste après

28:05
Jérôme Guedj

que je trouve intéressante c'est de marcher sur les deux jambes parce que c'est ça qui fait le lien entre la colère et la détermination du mouvement social et aussi le fait de les fragiliser et de voir que le discours playmobil automatique les éléments de langage martelés de matinale en matinale tout ça tombe à l'eau

28:29
Présentateur

Qu'est-ce que ça vous évoque cet extrait où vous parliez de cette nécessité pour la gauche d'avoir ses deux jambes si je puis dire vulgairement sa jambe insoumise et sa jambe socialiste

28:39
Jérôme Guedj

Oui mais moi attendez moi je viens c'est pour ça que je militais avec Jean-Luc c'est pour ça que j'ai révisé l'ENA dans le bureau de Jean-Luc quand j'étais son assistant parlementaire avec Edouard c'est-à-dire je viens de la gauche du parti socialiste C'était frondeur d'ailleurs sous François J'ai pas voté la confiance à Manuel Valls quand j'étais député je veux dire faut pas me demander des preuves et j'ai pas bougé d'un iota je pense que la nupesse a été une cure de jouvence j'étais heureux à ce moment-là et j'avais peut-être l'espoir naïf et je regrette je me suis trompé que justement ce que vous dites à l'heure on allait s'obliger tous mutuellement je vais même vous dire je pensais à ce moment-là compte tenu de l'offre politique à gauche Anne Hidalgo avait fait un 75% tout le monde était dans les limbes je pensais que Jean-Luc allait devenir le chef naturel de la gauche j'avais dans le dîner que j'ai eu avec lui je l'ai raconté déjà mais j'avais synthétisé ça dans une formule en lui disant on attendait de toi que tu fasses Mitterrand et t'as continué à faire Che Guevara c'est-à-dire que là où à un moment donné tu peux rassembler toute la gauche dans sa diversité et en devenant le centre en remettant une forme de radicalité à gauche et je pense que c'était nécessaire sauf que voilà on a besoin d'une gauche radicale mais pas d'une gauche brutale ce qui ne veut pas dire que je défends une gauche édulcorée mollassonne etc on peut être intransigeant sur les convictions sauf qu'à un moment donné enfin pardon mais je suis obligé de constater aujourd'hui l'échec de la stratégie c'est-à-dire un type qui la stratégie de Jean-Luc Mélenchon bah oui c'est-à-dire qu'aujourd'hui je vous le dis et je le regrette mais si demain il y a un deuxième tour Mélenchon-Le Pen je sais que c'est perdu vous en êtes persuadé ?

bien sûr bien sûr parce qu'il y a trop de gens qui se sont éloignés de cette manière de faire de la politique qui dessert c'est-à-dire pour fixer une partie de l'électorat on s'en alienne une autre et pardon mais de nouveau je vous dis la politique c'est des compromis et on doit en permanence chercher à s'élargir quand on s'est qualifié deux fois au deuxième tour quand on a fait pardon justement il ne s'est pas qualifié mais quand on a été en tête deux fois de la gauche à des élections présidentielles bah la question c'est de se dire comment j'arrive à fixer ça et à l'élargir et à l'élargir des deux côtés c'est vers les abstentionnistes qu'ils visent en l'occurrence oui mais sauf que du coup ça conduit et c'est là qu'on a une divergence stratégique ça conduit à vouloir fixer un discours ça m'enquiquine de parler en permanence de Jean-Luc mais d'abord parce que c'est une déception pas que humaine et personnelle au-delà de ce que je racontais tout à l'heure mais parce que ça met dans le mur la gauche ça remet une pièce dans la machine de ce que moi j'ai toujours combattu c'est-à-dire l'idée des gauches irréconciliables ah bon sauf que là ça remet une pièce parce que pour séduire une partie de l'électeur on l'a vu pendant la campagne de à la fois de 1900 Georges mais même je remontais sur la campagne des européennes on n'est pas obligé de se dire il faut aller chercher attendez

31:30
Invité

ça c'est un discours qui est extrêmement tenu par la droite par l'extrême droite de dire Mélenchon a un discours communautariste pour plaire aux franges radicalisées des quartiers populaires qui sont forcément musulmans donc forcément antisémites c'est le discours un peu global donc en gros on peut faire des discours à destination des vieux des jeunes des catholiques des je sais pas quoi par contre les musulmans faut pas faire de discours envers les musulmans ou en tout cas les quartiers populaires faudrait pas parce que là il y a une population avec qui il est interdit vous pensez vraiment que c'est du pur clientélisme du pur électoralisme et qu'il n'y a pas derrière justement comme vous le disiez tout à l'heure un sentiment de justice un sentiment et un besoin de justice dans ces quartiers et qu'il est logique que la gauche doit s'adresser aux catégories de la population qui ont le plus besoin de justice et qui sont les plus maltraités économiquement par la police il y a un racisme anti-arabe qui est quand même très très fort vous parlez de la police

32:21
Jérôme Guedj

je prends juste un exemple voilà je ne dis pas la police tue voilà c'est un point de différence effectivement avec les insoumis pourquoi parce que moi j'ai besoin de la police républicaine j'ai besoin de l'ordre républicain je vais combattre les bavures policières les violences policières partout y compris même quand ça peut être systémique à l'intérieur de la police mais je trouve que c'est d'envoyer des signaux qui sont contradictoires et qui surtout mettent en porte-à-faux ceux avec lesquels vous avez besoin de continuer à travailler dans une coalition je le redis c'est la troisième fois on s'oblige mutuellement si vous braquez celui qui est avec vous et que vous dites en gros c'est hégémonique c'est-à-dire exactement ce qu'on reprochait au PS à la grande époque d'être hégémonique sur la ligne économique ou sur les accords électoraux qui étaient faits les uns avec les autres dans une coalition encore une fois et bien tu essayes et tu t'emploies à faire en sorte que tu embarques mais sur le fond bien sûr qu'il faut avoir un discours je le redis de radicalité mais qui n'est pas obligé à un moment donné pardon de le dire d'ailleurs je ne sais pas pourquoi je m'excuse qui donne cette impression et plus que cette impression qu'on joue les uns contre les autres

33:33
Invité

sur tous les sujets dont on a parlé depuis le début par rapport au slogan pas de justice pas de paix vous on a l'impression que vous préférez la paix à la justice sur à peu près tous ces sujets là ou la stabilité ou l'ordre

33:43
Jérôme Guedj

mais parce que je n'oppose pas je n'oppose pas l'un à l'autre tout à l'heure vous disiez parfois ça s'oppose tout à l'heure vous disiez voyez par exemple quand Jean-Luc Mélenchon pendant la présidentielle se farcit Éric Zemmour quand Zemmour a dit l'islam n'est pas compatible avec la république il a mille fois raison et je l'applaudis évidemment à ce moment là c'est à dire que ce combat il y a du racisme anti-musulman dans ce pays il y a des discriminations raciales incontestablement et bien travaillons mettons sur la table c'est quoi une politique publique de lutte contre les discriminations moi j'étais président de département de l'Essonne dans une coalition d'ailleurs à l'époque c'était une sorte de nupes avant l'heure parce qu'il y avait des Mélenchonistes dans mon équipe des communistes des socialistes dans toute leur diversité bon ben quand on arrive à s'écouter les uns et les autres et à faire les choses et bien on a expérimenté le CV anonyme les petits déjeuners dans les collèges enfin bon voilà on était capable d'avoir des politiques de rupture de gauche massive voilà et on n'édulcorait pas faut pas donner cette impression que moi je je suis pas un modéré voilà je suis pas un modéré simplement je pense que on gagne plus d'oreilles on gagne plus de coeur et plus d'esprit à un moment donné en en étant comment dire pas responsable c'est pas le terme vous savez je vais vous raconter une anecdote je suis déjà trop long non ?

je voulais parler de Clémentine Autain parce que c'est un débat qu'on avait eu avec Clémentine un mois après l'arrivée de la NUPES on est en juillet 2022 on a les premiers débats sur le pouvoir d'achat et on fait un séminaire à l'époque on se réunissait les uns les autres voilà et on a un premier débat et on dit je me rappelle c'est Clémentine et moi et puis quelques autres qui étaient encore à la France Insoumise qui étaient encore à la France Insoumise qui dit les gars c'est bien ce qu'on fait dans le truc mais on doit pouvoir concilier notre radicalité avec une forme de crédibilité et de solennité parce que parce qu'on commençait déjà à voir poindre quelque chose qui a plombé aujourd'hui pardon de le dire mais il y a plein de gens qui disent bah ouais mais on n'aime pas la manière dont vous incarnez le combat moi je ne suis pas pour être mou je pense qu'on peut aussi avoir du chahut parlementaire de la mobilisation des happening des coups des paroles brutales à certains moments mais ça ne peut pas être tout le temps à ce niveau là parce que ce que vous gagnez d'un côté vous le perdez de l'autre

36:04
Invité

mais à l'inverse à l'inverse est-ce que vous vous diriez comme certains la nouvelle garde socialiste Emma Raffovitz ou Chloé Riedel qui sont toutes deux eurodéputées ni Mélenchon ni Hollande et je précise que ma question elle ne porte pas sur Jean-Luc Mélenchon

36:19
Présentateur

qu'est-ce que vous pensez de François Hollande qui de toute évidence a envie de revenir voilà je vais le dire

36:25
Jérôme Guedj

vous l'avez dit tout à l'heure moi j'ai été frondeur face à François Hollande parce que j'ai considéré qu'il s'éloignait des aspirations populaires voilà moi souvent je prenais déjà on pouvait déjà dire je prenais ses 60 engagements je disais déjà faisons ce qu'il y a là-dedans voilà bon voilà je n'ai pas changé d'un iota d'accord je ne suis pas pour un accompagnement mou de la mondialisation libérale je le redis ça a été une cure de jouvence que de revenir à des fondamentaux Mélenchon avait gagné une certaine manière une bataille culturelle voilà à gauche en revenant bah oui sur des choses essentielles on disait parfois que le programme de l'avenir en commun il n'était pas très éloigné de la disruption je n'aime pas le terme des 110 propositions de François Mitterrand à l'époque donc voilà moi je ne suis pas pour revenir à la situation antérieure et à fortiori celle que j'ai celle que j'ai combattue je vais peut-être dépersonnaliser le truc je ne crois pas que l'ancien président de la république envisage sérieusement de pouvoir se remettre en situation c'est d'ailleurs peut-être une des raisons pour laquelle je pense qu'il ne faut surtout pas qu'on ait une élection présidentielle anticipée parce qu'il pourrait faire partie de ceux qui lèvent la main à ce moment-là voilà donc donc vous aussi

37:35
Invité

vous n'êtes ni Mélenchon ni Hollande

37:37
Jérôme Guedj

au moins c'est clair non mais je pense que je pense qu'on a besoin de de de choses nouvelles de choses nouvelles dans la foi politique voilà je reviens c'est pour ça que je réinsiste sur l'idée de la primaire moi je ne désespère pas c'est-à-dire que si on met autour de la table autour d'une discussion programmatique qui part de ce qu'on a fait dans le passé mais qui ne peut pas se figer on a le problème un peu avec les insoumis qui disent c'est le programme de l'avenir en commun rien que le programme tout le programme j'ai vu qu'ils l'ont réactualisé il y a des choses intéressantes depuis le début il y a des choses intéressantes mais là on va on peut réactualiser des choses partir des propositions des uns et des autres vous savez qu'ils sont opposés au principe même d'une primaire ça veut donc dire qu'ils ont intégré le fait de dire c'est Mélenchon ou personne d'autre candidat à la présidentielle bah oui mais sauf que voilà donc moi je préfère qu'en fasse il y ait une offre alternative collective et démocratique et puis on verra ce qui se passe

38:31
Présentateur

avant une élection présidentielle vous avez raison il y aura probablement c'est possible qu'il y ait à nouveau des élections législatives vous avez dit il n'y aura pas il n'y aura plus jamais d'accord entre le PS et la France insoumise ma question c'est sérieusement si c'est demain matin les élections est-ce que vous pouvez vraiment vous en passer ?

38:48
Jérôme Guedj

alors je vais recontextualiser mais même si j'assume parfaitement ça c'était le tweet que j'ai écrit après le visuel qui mettait dos à dos Olivier Faure et Marine Le Pen avec écrit les nouvelles alliances le visuel qu'ils ont retiré après on sent qu'ils n'étaient pas très tranquilles c'était pas terrible il n'était pas dingue ce visuel il n'était pas dingue moi quand je le vois sur le compte officiel de la France insoumise à l'Assemblée nationale du groupe à l'Assemblée le commentaire que je fais c'est donc qu'il n'y aura plus jamais d'alliance entre LFI et le PS pourquoi ?

parce que d'un côté j'imagine mal les LFI venir proposer suggérer qu'émander une alliance avec le parti socialiste dont ils pensent qu'il est allié avec le RN ça c'était dans leur cohérence à eux et dans la cohérence des socialistes c'est aussi et je le dis très clairement il y en a marre de se faire je cherche une expression qui ne soit pas vous pouvez y aller

39:40
Présentateur

on est sur Brexit c'est insulté le mot

39:42
Jérôme Guedj

que vous cherchez c'est insulté le mot que vous cherchez oui mais je voulais dire je suis dans les bottes matin, midi et soir au bout d'un moment dès qu'on n'est pas aligné sur leur position on est des sociotraites c'est vieux comme le monde à gauche ce désaccord là c'est vieux comme le monde à gauche si vous n'êtes pas aligné sur la position la plus radicale alors vous êtes des sociotraites et à la fin vous êtes soit des supplétifs de la Macronie soit pire des alliés du Rassemblement National la politique elle peut souffrir un peu de nuances quand même Namou

40:10
Locuteur non identifié

toujours dans la lignée de ta question sur si demain il y a des élections oui pardon

40:14
Présentateur

j'ai pas répondu en plus vous avez même pas répondu moi je fais la gueule

40:17
Locuteur non identifié

justement vous parliez tout à l'heure du fait que votre programme était assez similaire qui était quasiment le même que le programme du NFP demain avec quel programme en fait concret vous allez vous présenter le PS

40:32
Jérôme Guedj

sur les on peut reprendre les différents points moi je demeure il y a un travail programmatique

40:39
Présentateur

qu'est fait au PS

40:40
Jérôme Guedj

alors il existe en vrai le PS a un peu arrêté de penser ça fait partie non mais quand je disais tout à l'heure que Mélenchon il a gagné la bataille culturelle le PS ces dernières années c'est dommage parce qu'il y avait eu par exemple avant la présidentielle de 2022 des propositions intéressantes qui avaient été faites par le parti socialiste c'est Boris Vallaud qui avait coordonné Anne Hidalgo elle a plié le programme elle l'a mis dans la poubelle exactement ce qui est aussi une difficulté je vous prends juste sur un seul sujet parce qu'on parle là des questions qui préoccupent l'ensemble des français je reviens à caresser le PLFSS les histoires de sécu aujourd'hui moi je défends de longue date Jean-Luc Mélenchon le fait Arnaud Montebourg le faisait à l'époque l'idée d'un 100% sécu c'est-à-dire en finir avec les assurances complémentaires et les mutuelles qui coûtent un pognon de dingue et de dire on a un panier de soins c'est remboursé c'était dans le programme des socialistes en 2022 et c'est vrai qu'Anne Hidalgo elle n'a pas repris cette proposition donc on a on a des propositions à mettre sur la table mais on en a d'autres je pense à retravailler sérieusement et c'est pour ça aussi qu'on a besoin de ce temps et moi je ne veux pas le travailler en vase clos je pense que c'est utile de le travailler avec les autres partenaires mais ça veut dire quoi être socialiste ?

41:54
Invité

j'ai posé la question à plein de socialistes et je n'ai toujours pas compris ce que c'était d'être socialiste en général c'est beaucoup d'argucides de détours on se réfère à Jaurès vous l'avez dit vous avez parlé

42:05
Présentateur

de refus de l'accompagnement de la mondialisation de l'idolibéral

42:08
Jérôme Guedj

alors qu'ils l'ont fait les socialistes c'est ça alors que les socialistes c'était la raison pour laquelle moi elle est le gauche du parti ou face vous savez mon premier vote c'est à l'Assemblée nationale quand j'arrive c'est de refuser la ratification du traité budgétaire européen voilà d'abord parce que François Hollande dans sa campagne avait dit je ne ratifierai pas le traité Mercosy non c'était le traité non c'était le traité budgétaire c'était le TSCG ça s'appelle le traité celui où il avait dit on va renégocier les traités après il s'est couché devant Mercosy il avait pris l'avion pour aller à Berlin la foudre s'était abattue sur l'avion il avait fait un petit codicil et donc moi en cohérence alors là pour le coup en bon républicain dans ma campagne électorale législative au mois de juin c'était écrit noir sur blanc sur ma profession de foi nous ne ratifierons pas le traité Mercosy le texte qui arrive le fin septembre 2012 à l'Assemblée c'est le texte signé Angela Merkel et Nicolas Sarkozy donc en cohérence j'ai voté contre c'était mon premier vote de protestation de front d'appeler ça comme vous voulez ça c'est sur les questions économiques parce que tout procède de ce rapport à la construction européenne moi je suis profondément européen mais pas cette Europe-là et je pense qu'on n'a pas suffisamment corrigé les choses mais pour répondre à la question c'est quoi être socialiste c'est la même que depuis Jaurès c'est le refus de l'ordre établi voilà et donc sur la question économique vous avez dit aussi

43:29
Invité

vous avez dit vous voulez l'ordre et la stabilité vous me dites non c'est le refus de l'ordre bah non l'ordre établi c'est pas tout à fait pareil l'ordre établi

43:38
Présentateur

il est non on peut on peut alors le problème c'est que là on va partir dans un débat philo qui est absolument passionnant on va vous réinviter Jérôme Gage pour continuer cette discussion mais on va devoir conclure qu'est-ce qu'on en retient de tout ça il y a quand même un paquet de gens dans le chat qui disent depuis un mois plus jamais PS plus jamais PS s'il y en a d'autres PS qui disent plus jamais LFI plus jamais LFI bon très bien la suite c'est qu'on se retrouve tous dans l'opposition à Jordan Bordella c'est ça ?

44:03
Jérôme Guedj

bah c'est ça qui doit continuer à nous servir de fil à plomb et à éviter c'est pour ça que je redis en mode d'emploi parce que c'est un peu facile de dire plus jamais PS vous respectez pas les accords etc mais Jean-Luc Pélenchon qui dit je suis candidat à l'élection présidentielle ça veut dire j'ai décidé et comme d'habitude c'est se soumettre ou se démettre bah pourquoi ?

mais l'UNFP c'est un accord législatif l'UNFP est un accord législatif oui oui non mais là le rendez-vous on l'a compris ça va être l'élection présidentielle la preuve c'est qu'il veut l'accélérer et la précipiter puisque les élections législatives procèdent de la dynamique de la présidentielle il n'y a que Macron qui n'en a pas profité parce qu'il était en bout de course etc et qu'il n'a pas réussi après avoir été réélu président de la république à avoir une majorité tant mieux bon mais dès qu'on reproche

44:46
Invité

un truc au PS vous dites oui mais regardez Jean-Luc Mélenchon

44:48
Jérôme Guedj

non bah oui mais partons parce qu'à un moment on est là comme si c'était nous le fait générateur c'était nous qui étions à l'origine de la trahison vous avez un goût

44:58
Présentateur

de responsabilité quand même

44:59
Jérôme Guedj

on a une responsabilité partagée évidemment je ne vais pas vous dire le contraire quand dans une coalition

45:05
Invité

ils tirent sur l'élastique tous les deux en gros depuis le 2022 ça s'est accentuant en 2024 et vous êtes tous les deux alors j'ai dit vous c'est le PS d'un côté et Mélenchon et ça tire sur l'élastique et ça tire en essayant de trimballer les communistes et les écolos qui s'affluent où ils habitent ils ont un conflit de parentalité pour eux c'est compliqué parce qu'en fait ils ne décident pas en réalité en fonction des uns ou des autres sauf qu'ils se retrouvent ballotés parce qu'ils veulent conserver l'union et c'est peut-être une responsabilité partagée quand même dans ce jeu

45:36
Jérôme Guedj

regardez dans le calendrier parce qu'avant les législatives possibles putatives il va y avoir des municipales pardon ça passionne peut-être moins les foules ah là ça va bastonner ben oui mais comment vous expliquez c'est plutôt le PS qui s'en sort en général il y a des villes avec des maires socialistes sortants et puis j'ai dit même des déclarations pourquoi pas avec des maires écolos sortants où les insoumis ont dit nous on va présenter des candidats contre vous si il y a des bastons à mener allons taper des villes à la droite

46:04
Invité

voire à l'extrême droite par exemple Montpellier Michael Delafosse il n'a pas envie d'avoir les insoumis avec lui et les insoumis n'ont pas envie d'aller avec Michael Delafosse oui mais alors

46:11
Jérôme Guedj

pour m'expliquer c'est quoi le fond du problème Michael Delafosse il fait les transports gratuits sur la métropole c'est vrai voilà donc si ça c'est pas une mesure c'est pas un marqueur moi j'aimerais bien que la gauche partout elle soit capable au moment des élections municipales dans sa diversité de dire on a quelques mesures un petit peu emblématiques qui sont capables justement de montrer que dans le quotidien on est capable de changer des choses et la gratuité des transports moi je pense que c'est quelque chose qui va dans la bonne direction en termes de pouvoir d'achat de transition écologique et d'aménagement de l'espace urbain bon donc il faut vraiment venir m'expliquer en quoi c'est légitime de venir chercher des poux à Michael Delafosse sur ce sujet là ah oui je sais pourquoi voilà il s'avère que j'étais samedi dernier avec lui à Montpellier pour parler de tout un tas de sujets et oui bon Michael c'est un républicain laïc avec l'intransigeance qu'il peut aller avec bah c'est pas pour me déplaire je pense moi je suis resté Mélenchon 2.0 voilà moi j'ai été biberonné à la laïcité par Jean-Luc Mélenchon

47:12
Présentateur

de Jean-Luc Mélenchon c'est vrai on s'en souvient merci beaucoup Jérôme Gage d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxin