Nathalie Loiseau : "Le bilan carbone des échanges commerciaux est préoccupant, que ce soit avec ou sans taxes"
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Une sous-commission, ce n'est pas en deçà de vos espérances quand vous faisiez campagne ?
- 1:24RelanceRéponse directe
Les turbulences après vos propos rapportés sur vos alliés européens, ça a été digéré ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Hier, c'était la fête nationale, un défilé militaire à Paris avec des soldats de neuf pays européens. Ça s'appelle l'initiative européenne d'intervention. C'est quoi ? C'est un embryon de défense européenne ?
- 4:05OuverteRéponse directe
Est-ce que ça veut dire que ces pays européens se préparent, non pas à une rupture, mais à un éloignement des États-Unis ?
- 6:08FerméeRéponse directe
Ils ont vocation à adhérer à l'Union Européenne ?
- 7:22OuverteRéponse directe
Vous pensez que le Royaume-Uni peut demeurer dans l'Union Européenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« Les questions de sécurité, les questions de défense, m'en suis occupée pendant très longtemps dans ma vie précédente de diplomate, sont des questions qui sont majeures dans les préoccupations des Français et des Européens. »
- 2:17Invité politiqueFait
« J'avais dit que Manfred Weber ne serait pas président de la Commission parce qu'il manquait d'expérience. »
- 2:21Invité politiqueFait
« J'avais dit que Mme Merkel était dans une situation politique intérieure très difficile, qui ralentissait les décisions et qui posait un problème, d'abord pour elle, mais aussi pour le reste des Européens. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Ça fait 70 ans qu'on en parle. Ça avait été, d'ailleurs, bloqué par la France, il y a 60 ans. La CED. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Il se passe qu'il y a de l'argent européen qui va à de la recherche et du développement de capacités communes. »
- 4:29Invité politiqueFait
« Irma, on s'est aperçu qu'il y avait des troupes françaises, des troupes néerlandaises et des troupes britanniques qui venaient au secours des populations, mais sans aucune coordination. »
- 5:36Invité politiqueFait
« il y a cet accord nucléaire iranien où l'Europe a joué un rôle majeur et à juste titre parce que ça a permis de mettre un coup de frein au risque de prolifération nucléaire du côté de l'Iran. »
- 6:11Invité politiqueFait
« Ils sont au cœur géographique, historique et culturel de l'Europe. Simplement, ils ne sont pas du tout prêts et nous ne sommes pas du tout prêts à les accueillir. »
- 7:26Invité politiqueFait
« D'abord, je le souhaite parce qu'il ne peut pas y avoir demain de relation plus étroite avec Londres qu'avec un membre de l'Union Européenne. »
- 8:33Invité politiqueFait
« Il y a trois ans, le peuple britannique a voté pour le Brexit. »
- 9:35Invité politiqueFait
« C'est une bonne candidate. C'est une bonne candidate parce que c'est une femme d'expérience. Ministre de la Défense allemand. »
- 12:36Invité politiqueFait
« D'une part, les produits agricoles parce que nous ne souhaitons pas que des filières françaises soient déstabilisées par des importations en provenance d'Amérique du Sud. »
- 12:55Invité politiqueFait
« en particulier le Brésil du président Bolsonaro a pris des libertés avec les questions environnementales. »
- 15:01Invité politiqueFait
« En revanche, être attentif à la protection de l'environnement avec quel pays commerce-t-on ? Avec le Canada qui est un pays qui a des progrès à faire. »
- 16:18Invité politiqueFait
« le bilan carbone il est préoccupant quel que soit que le commerce se fasse avec ou sans taxe il est préoccupant aujourd'hui il faut compenser aujourd'hui il faut que le marché du carbone fonctionne mieux il faut que le prix du carbone augmente »
Temps de parole
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- Présentateur 221 %
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Il est 8h21. France Inter. Frédéric Mettezot. Le 6-9 de l'été. Et c'est le grand entretien de France Inter. Bonjour Nathalie Loiseau. Bonjour. Députée européenne En Marche au groupe Renew, Renaissance, Renouveau. Renaissance européenne. On peut dire Renaissance européenne en français. Oui, on est en France, on part en français. Voilà. Nathalie Loiseau, vous avez donc été désignée la semaine dernière présidente de la sous-commission défense au Parlement européen. Une sous-commission, ce n'est pas en deçà de vos espérances quand vous faisiez campagne ? Pas du tout. Alors d'abord, c'est mon premier mandat de députée européenne.
Donc il faut aborder ce qu'on fait pour la première fois avec humilité. Et il faut aller vers ce pourquoi on a peut-être de l'expérience à apporter. Les questions de sécurité, les questions de défense, m'en suis occupée pendant très longtemps dans ma vie précédente de diplomate, sont des questions qui sont majeures dans les préoccupations des Français et des Européens. savoir qu'on peut être protégé contre les menaces extérieures qui ne sont pas minces vis-à-vis de notre continent. Et donc apprendre tout en apportant son expérience. C'est ce que je vais essayer de faire. Et je suis très heureuse pas d'avoir été désignée, d'avoir été élue.
On va évoquer les questions de défense et de diplomatie qui sont majeures dans le mandat qui s'ouvre. Les turbulences après vos propos rapportés sur vos alliés européens, des critiques rapportées par le journal belge le soir, ça a été digéré ? Ça a quand même tremblé ? C'est quand même du gâchis, non ? D'entamer un mandat comme ça ? Alors, j'ai fait plusieurs erreurs. D'abord, j'étais à la fin d'une campagne qui n'était pas une campagne simple, qui était ma première campagne au niveau national qui a abouti à ce qu'on ait autant de députés que le Rassemblement national dans un contexte qui était celui des gilets jaunes. J'étais assez épuisée.
Donc j'ai fait des erreurs, c'est vrai, je le reconnais, par manque d'expérience et par fatigue. Peut-être, malgré tout, que l'erreur aussi que j'ai commise, c'est d'avoir fait confiance à quelques journalistes à qui j'ai parlé en off. Alors pour nos auditeurs, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est que j'étais avec six journalistes et qu'on discutait du contexte dans lequel on était, dans des propos qui n'avaient pas vocation à être rapportés. Ces propos ont été rapportés, soit, qu'est-ce que j'avais dit ? J'avais dit que Manfred Weber ne serait pas président de la Commission parce qu'il manquait d'expérience. C'est ce qu'on constate aujourd'hui.
J'avais dit que Mme Merkel était dans une situation politique intérieure très difficile, qui ralentissait les décisions et qui posait un problème, d'abord pour elle, mais aussi pour le reste des Européens. C'est ce qu'on a constaté. Ça n'était pas insultant, mais ça a été traité avec une certaine hargne par des journalistes qui, d'ailleurs, n'étaient pas dans cette rencontre. Soit, dont acte. Moi, je n'ai, en tout cas, qu'à me féliciter du fait que, dans ma délégation, les députés français qui ont été élus, qui portent les attentes des électeurs, sont aujourd'hui tous en capacité d'agir, de peser au Parlement européen. C'est pour ça qu'ils ont été élus et c'est ça que nous allons faire.
Alors évoquons ces questions de défense, Nathalie Loiseau. Hier, c'était la fête nationale, un défilé militaire à Paris avec des soldats de neuf pays européens qui ont défilé avec les soldats français. Ça s'appelle l'initiative européenne d'intervention. C'est quoi ? C'est un embryon de défense européenne ? Ça fait 70 ans qu'on en parle. C'est vrai que ça fait 70 ans qu'on en parle. Ça avait été, d'ailleurs, bloqué par la France, il y a 60 ans. La CED. Souvenons-nous que c'est nous qui avions appuyé sur les freins. Et puis ensuite, avec ce qu'est parfois un peu l'arrogance française, nous avions dit aux autres, pourquoi est-ce qu'il ne se passe rien ?
En fait, maintenant, depuis deux ans, il se passe beaucoup de choses. Il se passe qu'il y a de l'argent européen qui va à de la recherche et du développement de capacités communes. Il se passe qu'il y a des coopérations entre pays européens pour apprendre à mieux travailler ensemble. Et il se passe qu'il y a cette initiative européenne d'intervention qui a été lancée par le président de la République et qui, aujourd'hui, vous l'avez dit, rassemble dix pays. Dix pays qui veulent avoir une culture stratégique commune, apprendre à planifier ensemble, à évaluer les menaces ensemble et être capables d'intervenir ensemble.
Est-ce que ça veut dire que ces pays européens se préparent, non pas à une rupture, mais à un éloignement des États-Unis ? On le voit bien, Donald Trump, il en a marre de financer l'OTAN, il en a marre de financer ses alliés ? Alors, ce n'est pas l'objectif. Nous, nous croyons à l'Alliance Atlantique parce que ça a été la base de la sécurité de notre continent. Mais, c'est parti de l'initiative européenne d'intervention d'une catastrophe naturelle. Irma, on s'est aperçu qu'il y avait des troupes françaises, des troupes néerlandaises et des troupes britanniques qui venaient au secours des populations, mais sans aucune coordination. On s'est dit, ce n'est plus possible.
La prochaine fois, il faut qu'on soit capable de travailler ensemble. Quand on est au Mali, on l'est avec des partenaires européens, avec des coopérations bilatérales, il y a des Allemands, il y a des Estoniens, très bien, il y a des Tchèques formidables, mais il n'y a pas encore suffisamment de culture commune qui nous permet de dire, on appuie sur un bouton, on intervient ensemble, ça va vite et c'est efficace. C'est ça l'objectif. On veut être un pilier européen fort de l'OTAN, on n'est pas contre l'OTAN. En revanche, on s'interroge sur ce que pense Donald Trump de l'OTAN et on doit aller vers une autonomie stratégique européenne.
On ne peut pas attendre le feu vers de Donald Trump pour intervenir quand nos intérêts sont menacés. Quand on parle de défense commune, il faut aussi qu'il y ait une diplomatie commune. Les deux vont ensemble. C'est le cas, par exemple, sur l'Iran. En ce moment, c'est beaucoup moins le cas sur le Kosovo ou sur la question du Kosovo et de la Serbie. Emmanuel Macron est à Belgrade aujourd'hui. Les pays de l'Union Européenne ne pensent pas la même chose. Il y a encore à faire sur la diplomatie européenne.
Si on doit faire un bilan de ce qui a été fait ces dernières années, il y a cet accord nucléaire iranien où l'Europe a joué un rôle majeur et à juste titre parce que ça a permis de mettre un coup de frein au risque de prolifération nucléaire du côté de l'Iran. Aujourd'hui, il faut tout faire pour faire baisser la tension dans le golfe Persique parce que c'est indispensable. Et puis, il y a des choses où on n'a pas assez travaillé, en particulier les Balkans, qui sont pourtant au cœur de l'Europe, où il faut que l'Europe fasse beaucoup plus. Ça ne veut pas dire faire adhérer les pays des Balkans à l'Union Européenne demain matin. C'était ma question. Ils ont vocation à y adhérer ?
Écoutez, ils sont au cœur géographique, historique et culturel de l'Europe. Simplement, ils ne sont pas du tout prêts et nous ne sommes pas du tout prêts à les accueillir. Ce qu'il faut, c'est travailler un partenariat très étroit parce que si nous ne sommes pas présents, d'autres le sont déjà, les Russes, les Chinois, les Qatariens. La nature a horreur du vide. Donc, un partenariat étroit, pesé sur le plan économique, sur le plan des infrastructures, mais aussi sur le plan politique pour éviter toutes les tensions qui existent encore dans cette région. Mais de là à parler d'adhésion, certainement pas, ni aujourd'hui, ni demain.
Cette Europe de la défense, elle ne va pas se faire dans le cadre de l'Union Européenne puisqu'une Europe de la défense sans les Britanniques, c'est une jambe en moins, on va dire. Il va donc falloir inventer une Europe de la défense qui dépasse le cadre institutionnel de l'Union ? Alors, c'est ce que fait l'initiative européenne d'intervention puisque les Britanniques, depuis le début, sont dedans, sachant qu'ils ont vocation à sortir. Encore qu'aujourd'hui, on peut se poser des questions.
Moi, dans le groupe politique dans lequel je suis au Parlement européen, il y a 17 libéraux-démocrates, libdèmes britanniques, qui ont un objectif, et je dirais un seul, c'est de faire rester le Royaume-Uni dans l'Union Européenne. Donc, l'histoire n'est pas encore terminée. Vous pensez que le Royaume-Uni peut demeurer dans l'Union Européenne ? Alors, deux choses. D'abord, je le souhaite parce qu'il ne peut pas y avoir demain de relation plus étroite avec Londres qu'avec un membre de l'Union Européenne. Tout ce qu'on ferait d'autre, ce serait moins bien.
Vous l'avez dit, sur le plan de la sécurité et de la défense, parce que les Britanniques sont un grand partenaire stratégique de la France, mais aussi sur le plan économique et commercial, c'est aussi un grand partenaire de notre pays. Mais c'est aux Britanniques de le décider. Le problème, c'est que ça fait trois ans qu'ils ont voté dans un référendum et que depuis trois ans, ils n'arrivent pas à se décider, à franchir le pas. S'ils veulent sortir, ils savent dans quelles conditions ils peuvent sortir. S'ils veulent rester, ils savent que la porte est ouverte. Mais c'est à eux de prendre la décision.
Et ce que nous, nous leur disons, c'est maintenant de se décider une fois pour toutes parce que la politique du un pied dedans, un pied dehors n'est bonne pour personne. « Should I stay or should I go ? » C'est un peu ça. Vous pensez vraiment que c'est possible ? Est-ce que la France et Emmanuel Macron vont peser sur une décision d'un « remain » ? Ça veut dire d'un Royaume-Uni qui resterait dans l'Europe ? Alors ça, c'est vraiment au peuple britannique de le décider. Et nous, ce que nous voulons, c'est respecter la volonté du peuple britannique. Il y a trois ans, le peuple britannique a voté pour le Brexit.
Simplement, depuis, à chaque fois que Theresa May a cherché des majorités au Parlement britannique pour savoir comment elle sortait, elle n'en a jamais trouvé. Et puis, on voit aujourd'hui dans les sondages le « remain » qui remonte. Si les Britanniques veulent faire un nouveau vote, on attendra qu'ils aient fait ce vote. S'il doit y avoir des élections générales, on attendra qu'il y ait des élections générales. En revanche, si un nouveau Premier ministre britannique a une majorité pour sortir dans des conditions acceptables pour nous, il y a une date, c'est le 31 octobre et on respectera cette date.
Demain, Nathalie Loiseau, vous serez sur les bancs du Parlement européen qui doit se prononcer sur les candidats retenus par les chefs d'État et de gouvernement pour les grandes institutions. Citons Ursula von der Leyen pour la Commission et Christine Lagarde pour la BCE. Votre groupe va approuver toutes ces préconisations ? Alors, d'une part, demain, c'est l'audition d'Ursula von der Leyen suivie d'un vote. Nous l'avons déjà reçu en audition dans notre groupe la semaine dernière. C'est une bonne candidate. C'est une bonne candidate parce que c'est une femme d'expérience. Ministre de la Défense allemand. Ministre de la Défense allemande.
Elle a été plusieurs fois ministre du gouvernement allemand. C'est une vraie européenne. Moi, je la connais bien. Je la connais depuis plusieurs années. C'est quelqu'un qui a l'Europe chevillée au corps, qui a notamment la relation franco-allemande chevillée au corps. Et on sait que quoi qu'on fasse en Europe, si la relation franco-allemande n'est pas forte, l'Europe n'avance pas. C'est une femme qui a de l'expérience, c'est une femme qui a des convictions. Maintenant, c'est une femme qui arrive dans un contexte qui n'est pas facile parce que ça a été très difficile pour le Conseil européen de trouver un candidat. Donc les chefs d'État et de gouvernement ?
Les chefs d'État et de gouvernement de trouver un candidat. Ça a mis beaucoup de temps et ce paquet qu'il propose est arrivé très tard dans le processus. Et d'ailleurs, Mme Merkel s'est abstenue sur ce paquet. Et Mme Merkel s'est abstenue parce que dans sa coalition, les socialistes allemands, le SPD allemand, ne voulaient pas qu'elles soutiennent Mme von der Leyen. Donc la partie n'est pas facile pour Mme von der Leyen. Votre groupe Renaissance en Europe va voter pour l'ensemble du paquet. Nous nous la soutiendrons. Alors, on vote pour ce pour quoi on a à voter. Par exemple, le président du Conseil, Charles Michel, c'est le Conseil qu'il a élu, ça ne nous regarde pas.
Ensuite, on va voter, nous, notre groupe soutient Mme von der Leyen avec des conditions. On a été très clair en lui disant, par exemple, qu'on attendait d'elle qu'elle soit très ferme, très engagée sur l'État de droit en Europe. On ne peut pas avoir une Europe à deux vitesses. avec des pays qui bafouent la démocratie, l'indépendance de la justice, l'indépendance ou le pluralisme des médias et puis d'autres qui les respectent. Ça, on a été très ferme et on le a dit. On le a dit que c'était très important pour nous. Il nous a entendu. Maintenant, on va l'écouter demain et notre groupe soutient globalement ce paquet parce que, notamment, notre groupe fait aujourd'hui la différence.
Ce groupe qui s'appelle Renaissance Européenne est devenu le troisième groupe au Parlement européen. Aucune majorité n'est possible sans lui. Nous sommes 108 députés. Et le nouveau président du Conseil européen, donc Charles Michel, est de notre groupe. Donc, nous existons et nous pesons plus fort qu'auparavant. Nous souhaitons aussi que Margaret Vestager, qui a vocation à être première vice-présidente de la Commission européenne, ait un portefeuille important parce que c'est une femme qui pèse dans l'Union européenne, qui sait ce que c'est que de faire respecter l'Union européenne. Souvenez-vous, vis-à-vis des GAFA, les amendes qu'elle a imposées à certains géants de l'Internet.
C'est la première fois que l'Europe se faisait respecter. Donc, nous souhaitons que Margaret Vestager ait un poids fort dans la Commission qui vient. Avant d'aller au standard, au 01, 45, 24, 7000, question sur les traités commerciaux. L'une des priorités à gérer, c'est cet accord avec le Mercosur. C'est une partie de l'Amérique du Sud. Vous n'êtes pas très allant pour l'instant sur le projet de traité commercial. nous avons eu le texte et encore pas tout à fait complet vendredi soir. Nous sommes en train de l'étudier dans notre groupe avec beaucoup d'attention et beaucoup de vigilance sur deux points.
D'une part, les produits agricoles parce que nous ne souhaitons pas que des filières françaises soient déstabilisées par des importations en provenance d'Amérique du Sud. Je pense en particulier à la viande de bœuf et à la volaille, mais aussi à l'éthanol et aux sucres spéciaux. Et puis, les questions environnementales parce qu'on le sait, en particulier le Brésil du président Bolsonaro a pris des libertés avec les questions environnementales. Alors après, il faut raison garder. Il faut avoir conscience que nous sommes un marché de 500 millions de consommateurs et que nous pouvons imposer nos conditions à ceux qui veulent commercer avec nous parce que nous sommes attractifs.
Le président Bolsonaro, parce qu'il voulait signer un accord avec nous, a décidé de ne pas sortir de l'accord de Paris sur le climat. C'est un point positif. Parce qu'il voulait signer un accord avec nous, a indiqué qu'il allait lutter contre la déforestation. Moi, j'attends de voir. Je ne crois qu'aux actes. Et il faudra du temps pour que cet accord soit ratifié. Je ne sais pas encore si je voterai pour la ratification. On regardera dans le détail. J'ai des inquiétudes, j'ai des points de vigilance. C'est le cas de la délégation française. En général, comme en amour, en commerce, il n'y a que des preuves d'amour.
Et il faudra vraiment que les pays du Mercosur nous prouvent qu'ils sont sérieux. Nathalie Loiseau, le CETA, c'est le traité commercial entre l'Union Européenne et le Canada. Il est soumis au vote de l'Assemblée Nationale cette semaine. Il y a une commission indépendante qui avait été installée par Édouard Philippe il y a un an. Cette commission pense que ça aura des conséquences néfastes en matière de gaz à effet de serre, qu'il y a un risque de voir des tribunaux arbitraux s'imposer aux États par rapport aux multinationales. Et cette commission indépendante désignée par le Premier Ministre estime que le veto climatique n'est pas verrouillé.
Pourtant, la majorité en marche risque de voter pour ce traité. Alors d'abord, il y a plusieurs éléments. Je pense qu'en France, et je l'ai beaucoup vécu pendant la campagne des Européennes, on a une espèce d'hystérie anti-commerce qui devient un peu préoccupante parce que un salarié sur cinq en France travaille dans une entreprise qui vide l'exportation. Donc on ne va pas arrêter de commercer au motif que le meilleur moyen de ne pas émettre de gaz à effet de serre c'est de ne pas avoir d'avions cargo et de ne pas avoir de bateaux qui traversent l'océan. Ça n'est pas raisonnable. En revanche, être attentif à la protection de l'environnement avec quel pays commerce-t-on ?
Avec le Canada qui est un pays qui a des progrès à faire. Justin Trudeau l'a reconnu qui aujourd'hui s'est engagé par exemple sur une taxe carbone. Mais là, on a une commission installée par Edouard Philippe. Oui, mais c'était il y a deux ans.
Depuis lors, nous sommes en dialogue avec le Canada qui a pris des décisions je parlais de la taxe carbone qui s'agissant du tribunal arbitral nous avons mis en avant ce veto climatique qui permet de dire que nous ne nous laisserons pas imposer des normes que nous ne voulons pas nous laisser imposer ou en tout cas des attaques d'entreprises canadiennes et puis un point quand même depuis deux ans cet accord est entré en vigueur de manière provisoire en attendant sa ratification la France il y a beaucoup plus gagné que le Canada on exporte beaucoup plus de vins de spiritueux de produits laitiers parce qu'on a fait reconnaître les indications géographiques de produits manufacturés vers le Canada que nous importons de marchandises canadiennes on importe on importe même moins de viande canadienne qu'avant le traité tout simplement parce que nos normes sanitaires sont exigeantes et que les canadiens ne sont pas prêts de les respecter et le bilan carbone justement de ces échanges en hausse il n'est pas trop préoccupant ?
alors de toute façon le bilan carbone il est préoccupant quel que soit que le commerce se fasse avec ou sans taxe il est préoccupant aujourd'hui il faut compenser aujourd'hui il faut que le marché du carbone fonctionne mieux il faut que le prix du carbone augmente et c'est sur quoi nous nous sommes engagés et c'est notamment des sujets sur lesquels nous allons travailler dans l'Union Européenne parce que cette urgence climatique évidemment elle est préoccupante 8h37 les questions des auditeurs sur franceinter.fr j'en bafouille franceinter.fr et au 01 45 24 7000 bonjour Alain Nathalie Loiseau vous écoute
oui bonjour j'espère que je ne vais pas trop bafouiller voilà Madame Loiseau le gouvernement que vous soutenez au niveau de l'Assemblée nationale appelle toujours les citoyens à se serrer davantage la ceinture que ce soit sur le dossier d'animalisation des chômeurs ou sur la question des retraites par contre François de Rugy le ministre de la transition écologique qui a de façon éhontée dépensé un certain millier d'argent au niveau des caisses de l'Etat lui n'est toujours pas inquiété comment vous vous estimez comment vous positionnez sur ces malversations et sur ces dépenses qui devraient effectivement être restituées au centime près
merci de votre question Alain je précise qu'à ce stade on ne parle pas de malversation on peut parler de dépenses ostentatoires somptuaires ce sont les mots de Mediapart Nathalie Loiseau que doit faire François de Rugy ?
alors moi je voudrais réagir à ce que vient de dire Alain vous avez bien fait de rappeler que rien de ce qui a été fait par François de Rugy n'est illégal rien en tout cas à ce stade il n'y a pas de il a été accusé d'avoir bénéficié d'un logement social sans y avoir droit c'était inexact il a été accusé de ne pas avoir payé d'impôt en 2015 il a expliqué que c'était parfaitement légal et qu'il y avait à l'époque une niche fiscale je dirais pour les parlementaires et qu'il n'avait fait qu'appliquer la loi il avait donné chaque mois de l'argent à son parti de l'époque Europe Écologie de probité qui est un devoir pour tous les politiques partout dans nos démocraties il est essentiel mais il n'y a aucun doute aucun doute sur la probité de François de Rugy j'aurais commencé par ça après il y a un devoir d'exemplarité et on est dans un pays qui sort d'une crise des gilets jaunes qui par parenthèse ne se sont pas illustrés hier en allant sur les Champs-Elysées à un moment d'unité nationale à un moment où on rend hommage à nos forces armées je suis assez triste d'avoir vu ce que les gilets jaunes ont fait mais bref après une crise sociale il y a un devoir d'exemplarité et je dirais sans doute de sobriété il y a une inspection qui est en cours vous pensez qu'il a manqué François de Rugy à ce devoir de sobriété je n'en sais rien j'attends de voir ce que l'inspection en dira il s'est engagé à rembourser aux centimes près ce qui serait considéré comme des dépenses qui n'avaient pas lieu d'être donc François de Rugy il a aussi tout à fait compris qu'il devait être dans un devoir d'exemplarité mais je voudrais aussi terminer sur ce sujet en parlant de la part de la classe politique et des médias d'un devoir de retenue je suis quand même très frappée de cette espèce de chasse à l'homme dont François Rugy est victime c'est à dire de ce feuilletonnage jour après jour on a l'impression qu'il a commis des crimes épouvantables et Alain de bonne foi nous parle de malversation là où il n'y en a pas et je trouve qu'il y a une manière de dénigrer de discréditer certains politiques avec une violence que je trouve aujourd'hui très malsaine j'ai vécu une campagne européenne qui était très violente ce que je vois aujourd'hui c'est que vous avez beaucoup de gens de la société civile ou même de la politique qui en sortent ou qui ne veulent pas y entrer en disant aujourd'hui c'est trop violent je n'ai pas envie de faire subir à mes proches cette violence là je pense que ce n'est pas bon pour la démocratie mais sur le travail des journalistes il y a une longue tribune de Fabrice Arfi aujourd'hui dans Mediapart qui explique comment et pourquoi il travaille il dit nous mettons des faits sur la table il y a eu des dîners qui avaient un mélange entre rencontres professionnelles et rencontres personnelles et c'est ça qui pose soucis ils mettent des faits sur la table si je puis dire quand on parle de repas le devoir d'informer des journalistes j'allais dire il est sacré et on doit tout faire pour le protéger et sachons qu'en France on peut écrire ce qu'on veut sur tous les politiques avec les limites fixées par la loi de 1881 et c'est tant mieux il faut y être attentif parce que parfois même dans l'Union Européenne ailleurs ça n'est pas possible ceci étant ce feuilletonnage le fait qu'un jour on nous parle des dîners que l'autre jour que le lendemain on nous parle de travaux que le jour d'après on nous parle d'un appartement et que le jour encore d'après on nous parle des impôts de monsieur de Rugy ça ressemble vraiment à de la chasse à l'homme c'est à dire qu'on accumule des éléments à charge contre une personne et puis on tire en rafale là c'est quand même quelque chose qui se place à la limite entre le devoir d'informer et l'envie de dénigrer c'est plus de la politique que de l'information de mon point de vue on a beaucoup d'auditeurs au standard je m'excuse on pourra pas tous les prendre je vais vous lire la question de Fabrice sur franceinter.fr est-ce que vous ne pensez pas que votre mouvement en marche n'a pas suffisamment mis l'accent sur une écologie je le cite plus constructive et plus factrice d'emploi alors c'est un peu le contraire si vous reprenez par exemple le programme sur lequel on a fait campagne pour les européennes l'écologie a été reste notre première priorité et je suis très heureuse qu'aujourd'hui Pascal Canfin devienne président de la commission de l'environnement au Parlement européen et que précisément nous puissions peser avec un programme qui est à la fois très ambitieux et très réaliste ce que nous voulons c'est rassembler des investissements publics et privés en Europe pour être enfin à la hauteur des défis c'est-à-dire permettre d'avoir des transports propres de l'énergie propre et permettre d'accompagner la transition des emplois d'industrie polluante vers des industries propres la croissance verte ça se fait en accompagnant en formant en reconvertissant la main d'oeuvre et c'est exactement ça sur quoi nous sommes c'est-à-dire à la fois très ambitieux et très pragmatique Nathalie Loiseau députée européenne du mouvement Renaissance en Europe en anglais on dit Renew et en français donc Renaissance en Europe merci merci il est 8h44 merci
merci merci
Nathalie Loiseau