Présidentielle : qui ne veut pas être candidat ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'expertise de nos invités, c'est ce que l'on vous propose tous les jours à 18h et 22h pour donner du sens à l'actualité. Voici le sommaire de ce 28 avril. 70 % des Français pensent que la campagne présidentielle a déjà commencé. 73 % souhaitent l'organisation de primaires pour désigner les candidats et les candidates.
Ce sont deux des principaux enseignements de notre baromètre Odoxa du mois d'avril. Un baromètre qui voit aussi pâlir les étoile de Jordan Bardella et déboulé un nouveau venu, Bali Bagayoko, maire insoumis de Saint-Denis. On détaille les résultats, on en tire les leçons dans une minute.
Et puis dans la seconde partie de ce sens public, cette question, la société française est-elle de plus en plus violente ? Quand on parle de violence, on ne sait jamais si on est capable de parler d'une violence objective ou de la subjectivité des impressions, des émotions, des sentiments et tout ça peut ou non être en lien avec la réalité. Donc parfois vous avez le sentiment qu'il y a beaucoup de violence alors qu'il n'y en a pas beaucoup.
Il y a ce que ressentent les Français, ce que renvoient les réseaux sociaux, ce que disent les leaders politiques, mais que nous disent les statistiques de la délinquance. Ne ratez pas l'analyse. La confrontation de nos experts sur ce thème, ce sera dans trois quarts d'heure et participez à l émission.
Comme tous les jours, en flashant notre QR code, je poserai vos questions à nos invités. On commence avec l'actualité politique et la liste des candidats à la présidentielle qui s'allongent. Pas de doute, la campagne est lancée.
Jérôme Rabier. Elle est déjà dans la tête de nombreux prétendants. L'élection présidentielle, pourtant programmée dans un an, dans les faits, elle est déjà largement lancée.
Les Français considère majoritairement qu'elle a démarré. « Je pense que les choses sont en train de se jouer en ce moment, et je suis très affolée et très inquiète. » « En soi, mon idée, elle s'est arrêtée sur ce que je veux voter ou pas, pour qui je vais voter, premier, second tour selon les différentes configurations.
Dans le sondage Odoxa Mascare pour Public Sénat et la presse régionale, les sondés sont 70 % à penser que la course à la fonction suprême a déjà commencé ou commence maintenant, soit une large majorité. Il faut dire que les candidats se bousculent. A gauche il y a les partisans de la primaire comme François Ruffin ou Marine tondeliers et se opposer à un vote préalable candidat déclaré directement à la présidentielle ou qui s'y prépare activement comme Raphaël Glucksmann, François Hollande ou encore Bernard Cazeneuve qui s'est dit prêt à se lancer aujourd'hui.
Côté LFI, le débat est tranché avec une quatrième candidature de Jean-Luc Mélenchon. Au centre, Edouard Philippe rêve de tuer le match mais Gabriel Attal qui lance sa candidature avec un livre ou encore Gérald Darmanin pour l'instant en retrait peuvent lui contester le leadership. Pour la droite, ils sont aussi pléthores.
Bruno Retailleau a été désigné comme le candidat LR par les militants, mais Laurent Wauquiez ou David Lysnard rêvent d'une primaire élargie, d'horizon à reconquête où ils pourraient se lancer. Enfin pour le RN, il n'y en aura qu'un ou une en fonction de la la décision judiciaire concernant Marine Le Pen. Jordan Bardella est en tout cas prêt à prendre la relève si elle est empêchée.
Pour quasiment tous ces noms, les premiers meetings ou réunions de campagne sont déjà programmées, preuve que la bataille est réellement en train de se lancer. Et on se demande donc qui ne veut pas être candidat ? C'est la question du soir dans notre débat.
J'accueille Pascal Perrineau. Bonsoir Pascal. Bienvenue.
Vous êtes professeur émérite des universités à Sciences Po et auteur avec Anne Muxel de ce livre « Inventaire des peurs françaises, la société à l'aune d'un sentiment ». C'est aux éditions Odile Jacob, Rachel Garavalcarcel. Bonsoir.
Bonsoir. Bienvenue. Vous êtes journaliste politique et vous publiez cette newsletter « Blogs et parties ».
Gaël Slimane, le président et cofondateur d'Odoxa. Bienvenue. C'est grâce à vous que tous les mois, on a ce baromètre avec nos partenaires de mascarat et de la presse quotidienne régionale.
Et j'accueille Émilie Zapalski. Bonsoir, Émilie. Ravie de vous retrouver sur ce plateau.
Vous êtes éditorialiste pour « Sens public ». Bon, les candidats se multiplient. Pascal Perrineau, c'est pas forcément nouveau, mais quels est-ce qu'on peut en tirer quand même comme leçon à un an ?
On est dans moins d'un an. Il ne faut pas surjouer l'étonnement. C'est du moins depuis les années 70, c'est à peu près toujours comme ça.
Et d'ailleurs, à la fin des fins parfois, maintenant on est en train de battre des records. C'est vrai que dans les années 2000, en 2002 par exemple, il y avait 16 candidats à l'élection présidentielle. Et il faut se souvenir qu'en 1965, la première élection présidentielle par le peuple, eh bien il y en avait 6.
Donc c'était beaucoup plus modeste. Alors qu'est-ce qui a changé ? Il y a d'abord le fait qu'on s'habitue à cette élection présidentielle et que beaucoup de petits candidats qui savent très bien qu'ils n'ont aucune ambition pour être élus utilisent la pré-campagne puis la campagne comme moyen de publicité, pour pour promouvoir une cause, c'est le cas un peu dans toutes les sensibilités de l'opinion publique, vous avez les différents candidats d'extrême gauche, c'est comme ça par exemple qu'on a connu monsieur Olivier Besancenot, c'est comme ça qu'on connaît madame Nathalie Arthaud pour l'extrême gauche, et puis il y a des petits candidats qui n'appartiennent pas à des sensibilités particulières comme Jean Lassalle par exemple, Jean Lassalle n'a jamais cru qu'il pouvait être président de la République, mais ça permet de promouvoir une certaine sensibilité, et en l'occurrence là la cause rurale.
Et puis je crois qu'il y a un autre facteur maintenant, c'est le véritable éclatement. Oui parce que c'est ce que j'allais vous demander si on regarde à droite et au centre, ou alors à gauche, or et les filles, il y a déjà pléthore de candidats. Il y a déjà pléthore parce que jadis tout était organisé dans ce qu'on appelait le quadril bipolaire, c'est Maurice Duverger qui disait ça.
Voilà, il y avait la gauche, la droite et il y avait deux forces principales au sein de la gauche et au sein de la droite. Quatre forces. Les communistes, les socialistes, et puis il y avait l'UDF, le centre droit, et le parti néo rpr maintenant ce que l'on appelle lr tout ça a éclaté c'est recomposé de nouvelles forces sont apparues et donc on a un miroir brisé on a un miroir brisé à l'assemblée national, 11 groupes parlementaires on a un miroir brisé dans les pré candidatures ou candidatures plus ou moins affirmées.
Donc c'est assez logique finalement et puis alors on peut se on peut se regarder un peu devant le miroir. Rachel Garavelle Carcer, il y a aussi les médias. C'est-à-dire on joue un rôle dans cette fabrique de candidats.
Oui il y a quand même même si c'est vrai que c'est pas nouveau qu'il y ait des candidatures qui se déploient assez tôt avant l'élection. Il y a quand même je trouve une crise de surproduction des candidats à l'élection présidentielle. Et effectivement je pense qu'il y a une part des médias, on voit bien que pour exister dans le débat public, pour être invité dans des grandes matinale par exemple, c'est quand même plutôt mieux d'avoir...
De s'être déclaré candidat ou de donner l'impression qu'on pourrait l'être. Bernard Cazeneuve c'est un petit peu un fond de commerce depuis déjà quelques années par exemple, mais il y en a d'autres. Et effectivement ça trouble le jeu parce que...
Autant on connaissait les candidats de démoignages de partis qui effectivement ne vont pas prendre le le pouvoir. Mais là, on est au-delà, je trouve, de la candidature de témoignage. On a des gens qui sont...
On parle beaucoup d'auto-entrepreneurs en politique en ce moment. Je trouve que là, on atteint vraiment un niveau...
Enfin, c'est l'ubérisation des candidats à la présidentielle. Alors avec, il y a beaucoup de leçons à tirer du baromètre d'Oxa-Mascaray de ce mois d'avril, Gaëlle Slimane, par exemple sur les critères de choix, que nous disent les Français sur les critères de choix ? Le premier critère de choix pour voter pour un candidat à la présidentielle, ça ne nous surprendra pas.
Les gens aiment le fond quand même. C'est le programme que ce candidat ou que cette candidate proposera. C'est rassurant.
Moi, c'est plutôt rassuré que ça vienne avant la personnalité du candidat quand même. Là, pour le coup, ça ne surprendra pas les uns et les autres. C'est un classique.
Si on chiffre les choses, 93 % des Français nous disent le programme, c 'est important. Quand on regarde encore plus qu'important, plus des trois quarts, 76%, nous disent même que c'est prioritaire. Et puis ensuite, on en revient à notre course de petits chevaux.
Est-ce qu'on est en train de raconter là ? Parce que que le programme soit aussi prioritaire, ça ne m'étonne pas. En revanche, ce qui est intéressant, c'est de voir que les gens, les Français, assument que la personnalité du candidat ou de la candidate, c'est quand même quelque chose qui compte. 90 % du juge que c'est au moins important.
Mais ceux qui pensent que c'est quelque chose de prioritaire sont près d'une personne sur deux. C'est plus important, par exemple, que le parti politique. Pascal Perrineau rappelait la grande époque du quatre-quarts politique, la banque des quatre comme l'appelait Jean-Marie Le Pen.
À cette époque-là, le parti politique comptait davantage que la personnalité du candidat. Le parti désignait l'un ou l'autre et puis les électeurs, ils allaient voter pour le candidat désigné par le parti dont ils étaient électeurs. Aujourd'hui, tout ça a explosé et c'est plus important aussi, même si ça existe encore que le phénomène vote utile qu'on identifie dans le sondage ou que le vote de barrage qui décline de plus en plus mais qui existe encore un petit peu.
C'est-à-dire, je ne vais pas voter pour le meilleur mais pour celui qui, dans mon camp, a le plus de chances de l'emporter. Ça, c'est le vote utile, et le vote de barrage. Je vais essayer de faire barrage à un candidat qui me fait particulièrement horreur en votant pour un autre que je n'aime peut-être pas forcément.
Mais ce poids des candidats explique cette inflation en partie à laquelle on On assiste, ça explique aussi les sorties médiatiques des uns et des autres ces derniers jours. – Oui, effectivement avec Sébastien Lecornu par exemple qui dit souhaiter, alors c'était lors d'une conférence de presse à Marseille, on va regarder un extrait, il souhaite que la campagne pour l'élection présidentielle démarre avec un vrai débat d'idées après oui il ya une campagne présidentielle qui démarre ou qui peine à démarrer c'est peut-être aussi d'ailleurs parce qu'elle peine à démarrer que c'est peut-être plus difficile parce que le jour on a une vraie campagne présidentielle qui démarre avec un vrai débat d'idées, noble avec beaucoup de hauteurs de vues, ça créera une ambiance noble avec beaucoup d'auteurs de vues. Donc il faut qu'elle démarre. un vrai débat d'idées quand il y a autant de candidats, à gauche ou à droite d'ailleurs, mais si je parle de la gauche, quelle différence entre un François Hollande et son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve ?
Sur le débat d'idées, il n'y en a quasiment Oui, il n'y en a quasiment pas. C'est l'épaisseur d'une feuillette de cigarette qui sépare les deux, même s'il y a des stratégies de positionnement. On voit bien que François Hollande assume toute une partie encore du programme du Parti socialiste.
On voit que Bernard Cazeneuve est sorti du Parti socialiste et il est critique, il Il dit, ce programme, il est loin de me convaincre. Il faut essayer d'inventer autre chose. Donc pour l'instant, en effet, les différences l'emportent.
Mais attention, tout le monde sait que le problème, ça sera le niveau du ticket d'entrée au second tour. Et là, plus les candidats...
Plus il y a de candidats, plus le ticket d'entrée peut être bas. Plus le ticket d'entrée peut être bas, plus il peut y avoir un ticket d'entrée qui se situera à aller autour de 14-15 Et là, c'est redoutable, parce que ça pourra jouer à un point, à deux points. Parce que tous les sondages d'intention de vote montrent pour l'instant que certes, devant, il y a le ou la candidate du RN, qui semble assurée d'être au second tour.
Mais après, rien de clair pour l'instant ne se dessine, sauf peut-être, pour l'instant, la candidature du président d'Horizon, Édouard Philippe. Mais après, c'est véritablement extrêmement confus entre Retailleau, Glucksmann, François Hollande, de Mélenchon, tout ça c'est à quelques points que ça se joue. Donc on ne pourra pas jouer avec le feu comme ça très longtemps. – Oui, ça pose la question de la primaire, tiens, on va en reparler du Rassemblement national longuement dans notre débat tout à l'heure, mais c C'est à l'instant, une dépêche de nos confrères de l'agence France Presse, un entretien de Marine Le Pen à l'AFP qui dit en 2027 « Je souhaite un second tour face au bloc central plutôt que contre LFI ».
Voilà ce que Marine Le Pen vient de déclarer à nos confrères de l'AFP. – Oui, moi je pense que la multitude ce n'est pas tellement étonnant, c'est plutôt ce manque de lignes en fait et c'est étonnant parce que c'est ce que demandent les Français, c'est-à-dire qu'est-ce que c'est le projet de société que propose le candidat, c'est ce qu'ils attendent prioritairement et c'est ce qu'on n'a pas pour l'instant, pour l'instant on a une guerre des égaux, j'espère qu'on n'aura pas de guerre non plus qui empêche ce débat d'idées aussi, parce que ça a été ça aussi en 2022, mais on a plutôt des propositions de candidature sans en clarté véritablement sur les lignes, donc on ne peut pas avoir de débat pour l'instant parce qu'on ne les connaît pas, les lignes. On connaît certaines Rotaillot qui est un petit peu plus avancée, peut-être LFI, Mélenchon, mais sinon c'est quand même très très peu clair.
Regardez un Rattal, Regardez même, vous l'avez dit, un Cazeneuve, un Hollande. C'est très difficile pour l'instant de pouvoir estimer qu'on va avoir un débat. Première question de Géraldine qui nous écrit d'Orléans.
Est-il encore possible de voir une primaire à gauche Alors, c'est intéressant parce que ça rejoint l'un des éléments du baromètre. Faut-il organiser des primaires pour départager ces candidats et candidates multiples ? La réponse est assez massivement oui. 73 % qui disent que ce serait une bonne chose d'organiser des primaires, 26%.
Une mauvaise chose. Rachel Garavelle-Carsel, est-ce que c'est encore possible de voir une primaire s'organiser à gauche ? Je dirais que chaque jour nous en éloigne un petit peu, même si je ne veux pas tout à fait exclure que ça puisse arriver, parce qu'on est quand même encore dans un moment où les gens tâtent le terrain, aussi bien côté politique que côté que côté électeur et électrice, ça on est loin d'un choix définitif encore.
Ça va être très compliqué parce qu'il ne faut pas oublier qu'une vraie grosse primaire telle que l'ont organisé le Parti Socialiste en 2011 et LR en 2016, c'est beaucoup d'argent, c'est une logistique extrêmement importante, c'est à chaque fois plus de deux ans de travail et c'est un savoir-faire qui a été un peu perdu quand même malgré tout depuis. Est-ce que c'est possible d'organiser une telle primaire, le 10 ou 11 octobre, comme le veut le faire Front Populaire 2027 autour du Cicasté ? Moi, ça me paraît difficile.
Après, la question de la multiplication des candidatures à gauche, elle restera là, même s'il n'y a pas de primaire, de toute façon. – Ça coûte plus cher que ça ne rapporte d'organiser une primaire, parce que ça peut faire venir des militants qui s'inscrivent, qui payent 2 euros, mais il faut avancer les fonds quand même, avant que les gens qui viennent votés payent leurs petites roues leurs deux euros. Pourquoi les français souhaitent des primaires d'après vous Gaël Slimane ?
Pour ce qu'on vient de se dire là, le projet compte, le programme compte et que personne ne se détache vraiment en dehors de certains partis, on les a évoqués. Pour le RN, on voit bien qu'il n'y a pas de raison qui est de primaire, ce sera Bardella ou Marine Le Pen, et c'est la justice qui tiendra lieu de primaire. C'est vrai, c'est vrai.
Pour LFI, bon ben ce sera re-re-re-re- Jean-Luc Mélenchon, il y a peu de doute là-dessus. En revanche pour toutes les formations politiques c'est bien délicat. Il y a quand même un avantage à la primaire par ailleurs que peut-être les gens ont en tête quand ils répondent à nos questions, c'est qu'au moins pendant un moment ça crée un effet blast très important pour celui qui est désigné, qui remporte cette primaire.
Oui, c'est ce camp-là qui fait l et qui attire la lumière. Les primaires de 2011 pour le PS et de 2016 pour LR, le favori des Français était à l'époque, pendant très longtemps, Alain Juppé, on voyait François Fillon progresser dans les sondages auprès des Français, mais il restait 13 ans de ça et puis on l'a vu percer dans les derniers temps auprès des sympathisants de droite. Mais du jour où il a été investi, il s'est retrouvé archi-favori au premier tour de la présidentielle dans les sondages, au même niveau que ceux qu'avait Alain Juppé jusqu'alors.
Ensuite, il y a eu les affaires que vous connaissez, sur les costumes, etc. Ce n'est pas la primaire qui a fait perdre François Frion et de la même manière la primaire a joué un rôle déterminant pour mettre sur orbite François Hollande à l'époque donc quand on voit des candidats scotchés à 10, 11, 12 % sur des grands partis de gouvernement comme LR ou le PS, balayer d'un revers de main l'idée d'une primaire n'est peut-être pas si pertinent que cela. Alors si on regarde ce baromètre de la popularité, on va regarder jusqu'à la place numéro Numéro 10, pour chacune des personnalités suivantes, avez-vous une bonne opinion ?
Jordan Bardella est en tête 35 % avec quand même une chute de 3 points. Ensuite Marine Le Pen stable à 34%, Edouard Philippe à 32%, Gabriel Atal, Bruno Retailleau qui est à 27 % et puis ensuite on va trouver un Gérald Darmanin à 24%, Raphaël Guxman à 22%, Eric Ciotti et François Hollande au même niveau et François Ruffin à 21%. Pascal Perrineau, est-ce que le futur président ou la future présidente est forcément dans cette liste ? – Non, non, il peut y avoir une surprise si on avait fait à cette date avant 2017, on aurait peut-être pas eu Emmanuel Macron dans la liste des dix.
Donc il peut y avoir...
On commençait parce qu'on l'a regardé il n'y a pas longtemps, la popularité de François Hollande était tellement basse qu'on commençait à sonder d'autres personnalités de gauche. Mais on peut avoir une surprise, mais il y en aura au moins un des deux finalistes, et certainement dans cette liste. Voilà.
Et certainement dans cette liste. Peut-être les deux. Et loin de là, c'est pas forcément en début de cote de la liste des codes de popularité que ça va se passer.
Ça peut être un homme ou une femme qui est en 6e, 7e, 8e position et qui connaîtra une dynamique de campagne. – Oui, alors on va parler de Jordan Bardella dans un instant, je voudrais quand même qu'on s'arrête quelques minutes sur le cas Édouard Philippe. Parce que Gaëlle Slimane, on s'est vu il y a quelques semaines avec un sondage post-municipal qui nous replaçait, Edouard Philippe, potentiellement vainqueur d'un second tour face au Rassemblement National.
L'effet post-municipal s'est déjà estompé parce qu'il perd 4 points quand même. – Oui, tambour, trompette. C'était le mois dernier, c'était Philippe Magna sur la France, après une victoire qui n'était pas si spectaculaire que ça à Ouvres, mais ça l'a remis en selle, il était présent, il avait pris son et surtout si je caricature un petit peu ce que ce que pouvaient penser nos interviewés, il y avait cette idée du ah ça y est, il revient, on va l'entendre, il va dérouler son programme, il va dire des choses et puis cheat, c'est pas pour aujourd'hui, c'est pas pour demain, on verra quand Edouard Philippe déroulera ses idées, il avait dit qu'il annoncerait du lourd, on l'attend toujours, on n'y a pas eu droit, donc il y a un petit effet de recul qui est c'est pas une sanction, c'est dû au fait qu'il a eu une poussée le mois dernier et aujourd'hui on voit le moins.
Ce qui est plus intéressant dans la liste des personnalités, c'est ceux qui ont réussi à casser une dynamique extrêmement délétère qui était la leur depuis un an. Dans la liste, on voyait Gabriel Attal et Bruno Retailleau, on a regardé de près leur évolution de popularité et de code d'adhésion, les deux, moins 10 points en gros, une dizaine de points de perdu pour l'un et pour l'autre sur une année. Et là, ils ont fait un comeback dans l'actualité qui est perçu comme un comeback légitime parce qu'ils parlent de politique.
L'un sort son livre, Gabriel Attal et à des interviews où il peut parler de sa vie privée, mais où il commence à dire des choses quand même sur le fond politique. Et donc, il casse la dynamique négative et il reprend quelques couleurs. Et l'autre Bruno Retailleau, bon, il est investi par les trois quarts des adhérents LR pour être le candidat LR.
On le revoit devant de la scène politique pour des raisons qui sont perçues comme légitimes. On parlera de Jordan Bardella tout à l'heure. Lui, il a eu la même actualité très forte, mais pour d'autres raisons, des raisons plus people.
On y vient, Jordan Bardella. J'en parlerai après, je ne spoil pas. Gardez vos arguments !
Je ne spoil pas, mais on voit que pour lui...
Donc ça veut dire quelque chose, c'est-à-dire que les Français attendent que les hommes politiques leur parlent de politique. Un dernier mot, François François Hollande. François Hollande, lui, il a parlé politique, il a fait ce qu'il fallait, il a fait sa grande interview dans Marianne, mais il a envoyé un message très clair aux Français.
Je me prépare, sauf que c'est pas du tout ni ce qu'attendent les Français aujourd Ni ce qu'attend de les sympathisants de gauche. Il perd quasiment une dizaine de points auprès des sympathisants de gauche, qui apprécient Hollande et qui le respectent. Mais à partir du moment où il se rapproche d'une éventuelle candidature...
Il se fasse la même chose pour lui que pour Sarkozy entre 2012 et 2017 auprès des Encore un mot d'Edouard Philippe, question de Frédéric qui nous écrit de Nancy, comment Edouard Philippe va -t-il se détacher du mandat d'Emmanuel Macron alors qu'il a été son Premier ministre ? Comment va-t-il réussir à convaincre les Français ? Il y a quand même une accélération dans sa campagne, Rachel le Garaval-Carsel parce qu'il y a une réunion publique qui est prévue à Reims le 10 mai avec les cadres Horizon et un premier grand meeting annoncé le 5 juillet à Paris.
Ça accélère quand même un peu ? Oui, ça Ça accélère dans ce champ-là, puisque ça va accélérer aussi du côté de Gabriel Attal. On voit que ça accélère aussi du côté de Bruno Retailleau.
Je pense que la question du détachement du bilan d'Emmanuel Macron, c'est une question qui se pose à tous les candidats de cet espace-là. Une victoire d'Edouard Philippe l'année prochaine ou de Gabriel Etal, ça veut dire la troisième victoire présidentielle de suite du même camp. Ça n'est pas arrivé si souvent depuis l'alternance de 1981 c'est un vrai défi c'est le à mon avis de le principal défi de ce camp-là l'année prochaine avec si on regarde les sympathisants de la droite et du centre là aussi question posée sur les personnalités et la bonne opinion de ses personnalités, Edouard Philippe qui arrive largement aux têtes auprès de ses sympathisants droite et centre avec 69 % de bonnes opinions devant Gabriel Attal, Gérald Darmanin, Bruno Retailleau et Xavier Bertrand sous le seuil des 50%.
Si on doit...
Alors, vous avez le choix. Je ne sais pas si vous préférez parler de ces points forts ou de ces points faibles d'Édouard Philippe. Vous dites quoi ?
Allez, les points forts. Allons-y. Les points forts, c'est qu'en termes d'image, dans son camp, ce camp de la droite, du centre-droit, c'est lui qui, pour l'instant, fait la course en tête et depuis maintenant un certain temps.
Et que les challengers ont du mal à rattraper le handicap et à s'imposer. Alors on verra ce qu'il en est depuis que Gabriel Attal remonte, comme vient de le dire Gaël Siman, et depuis que Bruno Retailleau met dans un espace plus à droite, remonte également. Mais il a l'avantage d'être dans cet espace qui va au fond du centre gauche à la droite classique, d'être au centre de cet espace.
Alors que Bruno Rotaio occupe l'aile droite et que Gabriel Attal a une image plus centre gauche. Donc il est en position centrale. Et d'autre part, il a dans son lien à la Macronie.
Le lien est plus ancien que pour Gabriel Attal et même que pour Bruno Rotaio qui était dans un gouvernement élargi, donc il a pris sa distance, il a fait d'une certaine manière, vous savez c'était l'expression de Lionel Jospin, un droit d'inventaire. Gabriel Attal, centre-gauche, je vous ai vu Vous avez critiqué Rachel Garantel dans sa perception, oui, chaque fois qu'on entend Gabriel Attal parler un peu de programme, on a l'impression que c'est le programme d'ELR plus la GPA et l'IVG dans la Constitution. C'est quand même, je n'appelle pas ça la gauche quoi même la gauche modérée ok allez on ouvre le comme promis le chapitre consacré au rassemblement national c'est gaspard bunel qui va nous accompagner dans cette dans cette séquence bonsoir gaspard bienvenue à à vous puisque c'est quand même l'une des surprises de ce baromètre Odoxa légère baisse de Jordan Bardella sur le mois d'avril oui Thomas exactement la popularité du patron du RN connaît une baisse historique la plus forte depuis qu'il est en course pour l L'Elysée, c'est moins 3 points dans l'opinion publique.
Il passe donc de 38 % d'adhésion à 35%. Mais ce n'est pas non plus un coup d'arrêt pour lui. Il reste en tête du classement devant son mentor Marine Le Pen qui compte tels 34 % d'adhésion ou encore devant Edouard Philippe.
Alors si on cherche des raisons de cette baisse, de ce coup d'arrêt, il y a peut-être cette fameuse une de Paris Match avec sa compagne. Exactement, vous la voyez, vous vous en rappelez peut-être. Début du avril, Paris Match publie des photos exclusives de Jordane Bardella avec la princesse Maria Carolina de Bourbonde et de Sicile.
L'idylle est donc rendue officielle mais elle suscite énormément de critiques, principalement des moqueries. Mais certains dénoncent aussi une paparazzade organisée. Face à tout ça, Jordane Bardella est obligé de se justifier dans le 20h de France 2 mais ce n'est pas suffisant pour l'opinion publique.
Cette médiatisation, elle est jugée à contre-temps. C'est de romance Jet 7. Elle est en déconnexion un petit peu avec les préoccupations économiques et sociales des Français.
Et d'ailleurs, ce n'est pas la seule justification que Jordane Bardella va être amené à donner. En effet, après la rencontre entre les patrons du Medef et Jordane Bardella la semaine dernière, des propos de Patrick Martin. Le président du mouvement aurait fuité.
Il aurait dit, je cite, que le leader du Rassemblement national avait un niveau de troisième en connaissances économiques. Très rapidement, Jordan Bardella crie à la « fake news ». Je vous lis son post.
Patrick Martin n'a jamais déclaré cela. Il s'agit d'une grossière « fake news », visiblement orchestrée et relayée de façon coordonnée par des comptes macronistes. Même si ses propos ont été démentis par le numéro un du MEDEF, Jordan Bardella a tout de même tenu à justifier longuement sa stratégie économique dans une interview publiée dans le JDD.
Et alors ce coup d'arrêt, il se fait aussi ressentir auprès des sympathisants du Rassemblement national. Et oui Thomas, Marine Le Pen repasse devant dans le palmarès des partisans du Rassemblement national. Elle devance son poulain avec 92 % d'adhésion contre 91 % pour Jordan Bardella.
Pourtant en mars il avait réussi à éclipser un petit peu Marine Le Pen auprès des sympathisants. Il était perçu à l'époque comme le meilleur candidat de son camp pour l'élection présidentielle avec 97 % d'adhésion contre seulement 88 % pour Marine Le peine. Merci beaucoup Gaspard pour toutes ces informations.
Alors on va rentrer un peu dans le détail, il y a beaucoup de choses à dire évidemment sur le Rassemblement national et sur Jordan Bardella. Gaël Siman je commence avec vous, vous parlez de coup d'arrêt oui quand même et comment vous l analysez alors coup d'arrêt c'est pas le mot que j'emploierais le sujet était très bien fait d'ailleurs disait les choses de façon très juste à l'instant mais on n'est pas sur de la popularité on est sur une code d'adhésion ça veut dire qu'on est sur quelque chose de beaucoup plus solide, beaucoup plus dur. Quand on gagne 2 points ou qu'on perd 3 points en popularité, on est dans les marges d'erreur statistiques, c'est rien du tout.
Quand on perd 2 ou 3 points ou 4 points comme auprès des sympathisants RN pour Jordan Bardella, ça veut dire qu'il s'est Il s'est passé un truc, pour parler de manière triviale. Il s'est passé quelque chose au cours des 30 derniers jours qui a déplu sur Jordan Bardella alors que Bardella, c'est quelqu'un qui, dans nos mesures, soit montait, soit restait stable. Ce n'est pas quelqu'un qui reculait.
Par ailleurs, Marine Le Pen a un point devant lui en code d'adhésion à plus de 90%. Ce n'est pas un drame. En revanche, le mois dernier, il était quatre points devant elle auprès des mêmes sympathisants à Rennes.
Et moi, je crois beaucoup à ce qui a été dit, c'est-à-dire que cette une, cette paparazzade de Paris Match, avec Paris Match, sur sa relation, est quelque chose qui est décodé comme tel par les Français, c'est-à-dire comme quelque quelque chose artificiel, qui ne correspond pas à un paparazzi qui aurait fait une photo volée, mais quelque chose qui a été voulu par Jordan Bardella. Et ça renvoie peut-être à l'idée ou reproche qui lui est souvent faite d'un Jordan de Bardella, qui manquerait de consistance. Et d'ailleurs, vous avez fait le lien avec les propos supposés de Patrick Martin qu'ont démenti les deux, d'ailleurs, Jordan Bardella et Patrick Martin, le patron du MEDEF, sur l'idée qu'en termes de fond, il n'y aurait pas grand-chose. – Le programme économique ou la capacité à diriger l'économie d'un pays. – Exactement, et dernier élément, je rappellerai que c'est là-dessus, sur les questions économiques, que Marine Le Pen s'est complètement fracassée face à Emmanuel Macron lors de son débat d'entre-deux-tours de 2017 et que c'est un sujet important pour Jordan Bardella, alors qu'il est possible dans les mois qui viennent que les médias recueillent des informations sur sa compagne, qui peut dire une bêtise, c'est pas un expert de la politique comme lui.
Et donc tout ça pourrait lui porter préjudice à plus long terme. J'ai envie de dire, Pascal Perrineau, bienvenue dans une campagne présidentielle. Enfin, non mais c'est exactement ce qui est en train de se passer.
Voilà, il rentre dans le dur. Il rentre dans le dur et c'est là qu'on s'aperçoit que c'est un profil politique un peu particulier à ce niveau de responsabilité des présidents du plus grand parti français et à la tête du plus grand électorat français. Le RN aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle en sciences politiques un vrai parti dominant comme l'était le Parti socialiste dans les années 80 et comme l'était avant le parti néo-gaulliste ou le parti chiraquien.
C'est le parti dominant de la vie politique française. Et on s'aperçoit qu'à la tête, ça n'est pas Jacques Chirac, ça n'est pas François Mitterrand, c'est un homme dans la trentaine, jeune. Tout juste 30 ans.
Depuis le mois de septembre. Qui est sur la défensive. Ces deux interventions, c'est des interventions pour se défendre.
Il ne propose rien. Il a créé le buzz et ensuite, voilà, ils cherchent à sortir de ce buzz. Alors que les Français, on le sait, tous les enquêtes le montrent, l'opinion est grave en ce moment.
La crise économique, la crise de l'énergie, la guerre, ce sont des sujets lourds. Et peut-être qu'à tort ou à raison, ce jeune président du Rassemblement national apparaît peut-être comme un un peu léger. Paris Match, vous voyez, la princesse de Bourbon, etc.
Voilà, c'est pas tout à fait en phase avec les préoccupations des Français et surtout de l'électorat du RN. On avance vite parce qu'il y a un – Un chapitre à faire sur Bali, Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis qui déboule là dans le baromètre qui est quand même intéressant. Et Émilie et ensuite… – Oui, je voulais simplement dire que j'ai l'impression qu'il risque de déconstruire un petit peu ce qu'a réussi Marine Le Pen sur le pouvoir d'achat en 2022, c'est-à-dire une vision très sociale du Rassemblement national qui a beaucoup séduit, je pense, qui a récupéré les ouvriers, le rural.
Et on a l'impression que lui, c'est complètement...
C'est une vision beaucoup plus libérale de l'économie, beaucoup plus riche, jet-set dans tout ce qu'on a vu dans Paris Match avec cette princesse et que ça contrarie complètement cette trajectoire que Marine Le Pen, avec succès, avait construite. Et ça risque d'être très difficile de relancer sur le social. Il n'est pas du tout là-dessus.
Alors après, on va voir si c'est elle ou lui le candidat. Mais en tout cas, c'est un axe complètement différent sur le plan économique et social. On parlait des meetings.
J'ai cité ceux d'Edouard Philippe. Il y a aussi un grand meeting LR qui est prévu le 20 juin. Et pendant ce temps-là, le RN attend effectivement la décision du 7 juillet.
Ça veut dire qu'il y a forcément une sorte de retard à l'allumage pour le parti le péniste ? Et celui ou celle qui va le représenter ? Depuis que le FN et aujourd'hui le RN est passé sous la férule de Marine Le Pen, il y a quand même un schéma de campagne électorale qui s'est répété en 2012, en 2017 et en 2022.
C'est-à-dire une Marine Le Pen à l'époque très forte à trois ans, deux ans, un an de la présidentielle mais plutôt moins forte le moment venu. Il y a effectivement le cas de 2022 où elle s'effondre au moment de la montée d'Éric Zemmour et où elle remonte mais elle ne remonte pas au niveau où elle est un an ou deux ans parce qu'au fond Marine Le Pen c'est la principale personnalité politique du pays comme vous l'avez dit, le RN c'est le premier et de très loin parti du pays et entre deux élections c'est quand même le parti qui existe le plus au fond à mesure qu'on se rapproche de l'élection, il y a plus de candidats qui rentrent en scène une partie des électeurs même si les partis sont moins importants rentre un peu au bercail si je puis dire rentre un peu plus vers là ou de là où ils sont proches, le défi pour Jordan Bardella c'est d'enrayer ça que ce 35-38 suivant les sondages d'aujourd 'hui ne se transforme pas en 28-29 ce qui serait encore un très bon score. Oui et ce qui selon toute vraisemblance le qualifierait pour un second tour d'une élection présidentielle.
Absolument mais vous avez remarqué qu'il ne suffit pas de se qualifier pour le second tour pour être du président de la République et surtout ça montre que c'est pas un chemin pavé de roses la campagne présidentielle du RN. Bienvenue dans la campagne. Pour le RN particulièrement ?
Pour le RN particulièrement dans le sens où je trouve que parfois on a un traitement du RN du or ils peuvent jamais baisser la preuve en est que si en fait dans l'histoire on voit que c'est. Allez, on regarde ce phénomène, on peut employer le terme Bali Bagayoko. C'est quand même la surprise de notre baromètre du mois d'avril.
Apparition du nouveau maire insoumis de Saint-Denis à un niveau assez élevé. Il est en 18ème position à égalité avec une Yaël Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale ou un Jean-Luc Mélenchon et c'est là évidemment que c'est intéressant le leader de la France insoumise. Émilie, on peut dire qu'on ne l'avait pas vraiment vu venir.
Non, il faut être honnête, personne n'avait anticipé cette percée. Pourtant l'homme a un parcours politique qui ne date pas d'hier. Il s'est investi dès la fin des années 90 auprès du député maire communiste de Saint-Denis, Patrick Braouzek, devenant son attaché parlementaire, sans toutefois adhérer au Parti communiste.
Il est ensuite élu maire adjoint en 2001, puis conseiller général en 2008. Ensuite il rejoint le front de gauche de Jean-Luc Mélenchon en 2012 et devient animateur d'un groupe d'action locale de LFI à Saint-Denis. Et puis là, coup sur coup, l'homme vient donc de gagner une ville de plus de 100 000 habitants, un exploit encore inimaginable jusqu'à aujourd'hui pour LFI.
Mais il a aussi gagné l'intercommunalité malgré l'opposition du Parti Socialiste. – Oui, on sait le pouvoir que représente l'intercommunalité avec des budgets importants. Mais alors ce qui est intéressant, c'est que son image, elle s'est aussi construite après l'élection. – Oui, elle s'est construite après et face à un déferlement de racisme particulièrement décomplexés.
On a osé élire un maire noir à la tête d'une grande ville d'Ile-de-France. Alors, sur CNews, ça donnait des choses comme on le compare aux grands singes ou aux mâles dominants des tribus. Sur BFM TV, TV, on tombe aussi dans le panneau du préjugé racial.
Le tout, il faut le dire, avec une classe politique qui, dans son ensemble, ne s'est pas illustrée avec des réactions vraiment officielles de défense. Mais finalement, tous ces propos agissent comme une rampe de lancement pour le nouveau maire qui organise aussitôt une manifestation contre le racisme le 4 avril et il va même renouveler l'exercice le 4 mai. Bali Bagayoko, que l'on qualifie déjà d'Obama à la française, il émerge alors dans la sphère médiatique et politique.
Finalement, il incarne parfaitement ce peuple discriminé que défend Jean-Luc Mélenchon en vociférant. Oui, alors c'est peut-être aussi cette caractéristique d'ailleurs, parce qu'il est en contraste avec Jean-Luc Mélenchon et ça, ça marque aussi l'opinion publique. Complètement contraste, il est polissé, nuancé tout en modération, il goûte même la poignée de main d'Emmanuel Macron quand celui-ci vient sur son territoire, tout en n'omettant pas bien sûr de lui dire ces 4 vérités dans une lettre de quatre pages qui lui est adressée.
Ce père de famille de quatre enfants, entraîneur de basket cadre à la RATP, il voulait être pilote d'avion, et bien il réagit avec sang-froid, avec beaucoup d'humilité. Ses premières décisions, on peut dire qu'elles sont pesées, des armées laponistes municipales, arrêter les expulsions locatives sans obligation de relogement, même si ça ne passera pas. Et il est aussi en toute humilité et soucieux du collectif, cet enfant de Saint-Denis, quand il veut continuer à rassembler aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et pas contre lui.
Son idée, qui n'est pas complètement idiote, c'est de rapprocher les banlieues qui sont ciblées par Mélenchon des communes rurales qui sont en partie récupérées par le Rassemblement national. Ils comptent, dit-il, mener une initiative dans ce domaine. Alors, étoile montante ou étoile filante, car je vais me faire maudire par Gaël, mais il faut quand même se méfier des sondages qui parfois hissent en un clin d'œil des personnalités pour aller voir ensuite s'écraser en plein vol.
Je pense ici à la trajectoire avortée d Éric Zemmour en 2022. On teste régulièrement des nouveaux venus dans ce baromètre. Est-ce que c'est effectivement une percée puissante ou est-ce qu'il faut la relativiser ?
Alors les deux, il faut faire que je ne me vexe pas de ce qu'elle dit. Parce que c'est vrai, quand quelqu'un émerge à un moment, on l'évoquait même pour une personnalité aussi connue qu'Édouard Philippe il y a un instant. Vous avez une actualité qui vous porte et puis Émilie il a très bien dit.
Dans les éléments qui ont porté Bali Bagayoko, il y a des éléments qu'il a voulus, qu'il a entre guillemets mérités, son élection, sa double élection et puis il y a des éléments qu'il a subis et donc il a suscité de l'empathie chez les Français parce qu'on a estimé qu'il était victime de propos racistes et ce qu'on a vu sur les chiffres que vous avez présentés est vrai auprès des Français mais c'est encore plus notable auprès des sympathisants de gauche parce qu'auprès des sympathisants de gauche le peuple de gauche entre guillemets très large de l'extrême-gauche au Parti Socialiste ou à place publique se cherche encore un leader et quand on regarde où il en est auprès du peuple de gauche il est au niveau de Jean-Luc Mélenchon au niveau de François Hollande il n'est pas très loin des tout premiers autour des 40 % les premiers sont à 45 en code d'adhésion donc ils marquent des points alors est-ce que ce sera une étoile filante ou est-ce que c'est une nouvelle étoile dans l de l'horizon politique ça c'est l'avenir qui nous le dira mais effectivement il y a un point qui est clé c'est qu'il y a un espace à gauche il y a un espace à la gauche de la gauche sur ce que représente Jean-Luc Mélenchon et il y a une détestation profonde de Jean-Luc Mélenchon donc donc là je rappelle un 72 % de code de rejet sur notre baromètre politique c'est la star absolue du rejet entre Jean-Luc Mélenchon donc ça veut dire que des personnalités qui sont sur la même ligne politique qui n'est pas détestée par les français de gauche donc des personnalités comme Bali Bagayoko ont des points à marquer et on évoquait Emmanuel Macron en 2017 bah écoutez quelqu'un qui n'existait pas du tout ou très peu auprès des français a pu émerger très rapidement c'est ce ce qui est possible pour cette nouvelle personnalité politique oui avec effectivement toujours cette question autour de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon Sylvie qui nous écrit de Bluenb en cours se demande si les propos de Mélenchon plombent sa popularité sa chance de remporter l élection présidentielle c'est vrai que c'était une c'est une stratégie qui dure peut-être jusqu'à maintenant c'est à dire un an avant la présidentielle et puis après il y a un peu de de quoi alors de recentrage peut-être que c'est pas le bon mot Rachel Garavalle lissage peut-être lissage de la part de Jean-Luc Mélenchon il y a moins de propos outranciers souvent dans les mois qui précèdent une présidentielle effectivement dans le rapport du sondage que j'ai consulté cet après-midi on le voit très très bien Jean-Luc Mélenchon est très impopulaire entre deux élections et pendant la campagne il arrive quand même à redresser son image sauf que à chaque élection il y arrive un peu moins parce qu'il part d'un peu plus loin et je trouve que la dernière fois déjà il n'avait pas réussi à redevenir à retourner dans le vert, à redevenir populaire ce qu'il avait fait en 2017 là il part de beaucoup plus loin encore qu'en 2022 moi je crois tout à fait Jean-Luc Mélenchon capable de faire une très bonne campagne si finalement il se lance bien et de à nouveau corriger cette image mais d'ici à égaler ce qu'il avait fait la dernière fois en termes de popularité j'ai pour être honnête du mal à y croire et c'est pour ça que c'est intéressant effectivement l'émergence aujourd'hui l'émergence de paddy bagayoko parce qu'il porte une parole insoumise mais on sent très bien qu'il n'a pas il n'est pas du tout dans le moule insoumis en vérité c'est pas un bébé mais c'est pas un bébé mélenchon on sent que même s'il n'a jamais été membre du parti communiste il y a quand même une structuration plus proche du parti communiste malgré tout il tombe pas dans les pièges un peu bêtes dans lesquels tombent parfois des insoumis je pense à une interview qu'il a donné une semaine ou deux où à la radio on lui demande est-ce que vous soutenez caroline yadant la députée macroniste contre le harcèlement qu'elle subit et répond mais bien sûr évidemment je suis contre sa loi mais on est frères et sœurs en qui porte une loi, qui veut redéfinir le...
Est-ce qu'on aurait entendu ça de la part de Manuel Bompard ou Mathilde Panot ? Je ne suis pas sûre et certaine. Mais pour finir sur Bali Bagayoko, moi je trouve que ce que ça dit aussi, c'est quand même là, soif de l'électorat de gauche d'avoir un renouvellement de ces cadres.
Souvenez-vous de ce qui s'était passé autour de Lucie Casté à l'été 2024. Parfaite inconnue. Une sortie de nulle part.
Qui, d'un coup d'un seul, auprès mais d'une partie de la gauche a été adoptée. Je trouve qu'il y a de ça aussi chez Bally Baguio. Mais peut-être le mot de la conclusion, Pascal Perrineau, avec un total gauche qui reste quand même assez faible.
Il y a cette question-là. C'est presque historique, d'accord La gauche n'a jamais été aussi faible en France, alors une gauche faible et divisée, ça fait beaucoup pour s'inviter au second tour d'une élection. Voilà ce qu'on peut dire.
C'est le défi, c'est le défi de la gauche hors Mélenchon, parce que de toute façon, il y aura Jean-Luc Mélenchon à l'après. Enfin bon, on ne sait jamais ce qui peut se passer. C'est dans un an.
Mais bon, voilà, il y aura un insoumi. Indépendamment du maire de Saint-Denis, on voit très bien aussi dans l'étude d'Odoxa, par exemple, que Ruffin est bien placé également. Donc on voit bien au travers de Ruffin, du maire de Saint-Denis, on voit très bien cette espèce de volonté, de ce qui reste de l'électorat de gauche, d'avoir en effet un casting un peu renouvelé.
Merci beaucoup encore une fois à tous d'avoir participé à ce débat. Pascal Perrineau, votre livre avec Anne Muxel, inventaire des peurs françaises la société à l'aune d'un sentiment c'était aux éditions Odile Jacob et Rachel on vous lit dans votre newsletter
Bruno Retailleau