MACRON PUTAIN, ENCORE 600 JOURS
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Un anarchiste est un homme qui traverse exclusivement entre les clous, parce qu’il a horreur de discuter avec les agents… Georges Brassens Bon voilà, j’ai appuyé sur un bouton et je laisse dérouler. Ambiance minimaliste. Uniquement la caméra de mon ordinateur avec mes chiens qui dorment sous ma machine à écrire.
Si vous trouvez que mon regard est parfois fuyant, comme là, ce n’est pas parce que je vous fuis. C’est simplement, je lis le texte que je viens d’écrire. Moyens minimalistes.
En même temps, ce qui compte c’est ce que j’écris. Enfin ce qui compte… Bref. Je sais.
J’ai tardé. Et vous me l’avez fait savoir. Ouais, passe encore que tu ne fasses pas un édito toutes les semaines, mais là, ça va faire bientôt un mois… Je suis confus, mais si vous croyez que c’est facile.
Je suis saturé de regarder les chaînes tout info. Avant d’être au Média, je ne les regardais jamais. C’était trop dangereux pour ma santé mentale.
Sérieux. Et à l’époque, en 1830,l’Algérie c’était rien du tout. La France a construit des ponts, des routes, des hôpitaux.
Et puis il faut régler ce problème de la gauche radicale mélenchonienne. C’est vraiment une bonne personne. Quand on dit chez nous, voilà c’est une bonne personne, c’est quelqu’un qui ne vous trahit pas, qui a une forme de franchise, qui est toujours avec un mot d’humour, toujours avec des traits d’esprit.
En vérité, je vous le dis, je n’ai pas toujours quelque chose de pertinent à énoncer sur la vie terrestre ou sur les stratégies discursives d’Emmanuel Macron, d’Aurore Berger ou de Pascal Praud. Ce que vous venez de dire, j’en ai les larmes aux yeux, puissiez-vous avoir un grand rôle ces prochaines années dans la vie politique française. Si vous pensez que je me pointe devant la caméra, j’appuie sur le bouton et ça sort… Vous vous trompez, ça ne marche pas comme ça.
Il y a des jours où je suis fatigué, des semaines entières où j’ai autre chose à faire, où je me trouve petit, minable, sans cerveau, sans couilles. Il y a des jours où je me trouve minable et je n’ai rien à dire. Allez, je me lance… Est-ce que vous savez qu’une équipe d’astronomes vient de découvrir un signal lumineux venu de l’espace qu’ils ont baptisé FRB 121102 ?
Jusque-là, bon… Mais le signal -un éclair d’énergie- s’allume pendant 90 jours et reste invisible 67 jours. Pour revenir ensuite. Le phénomène est intervenu 100 fois avec la régularité d’un métronome depuis 2007.
Personne n’arrive à comprendre même si tous pensent à la même chose. Un alien avec une lampe de poche. Non, non je déconne.
L’hypothèse la plus plausible serait qu’une galaxie d’étoiles au champ magnétique hyper intense émettrait des rayons X surpuissants. Des chercheurs d’une université new-yorkaise, à Cornell, auraient détecté la source des éclairs à un demi-milliard d’années-lumière de la Terre. Le souci… Personne n’arrive expliquer la régularité de métronome avec laquelle les signaux interviennent.
Ça laisse rêveur non ? Vous savez que la dernière fois où 98% de la vie sur Terre a disparu remonte à 66 millions d’années. C’était l’époque des dinosaures.
Un astéroïde est tombé sur Terre creusant du côté du Mexique un cratère de 195 km de circonférence et envoyant des gaz et des poussières sur toute la planète. Le gaz, c’était principalement du méthane. Ce matin, je regardais la vidéo d’un paléontologue qui expliquait que ce méthane avait tout contaminé.
Bien plus que l’astéroïde. La Terre est devenue irrespirable, grise, à 98% morte. Remarquez 66 millions d’années plus tard, je suis là pour vous en parler.
C’est la preuve que malgré tout, on s’en est sorti. On s’en sort toujours. Enfin, toujours je ne sais pas.
Et pour les dinosaures, c’est râpé. Sauf que...
Pousse, pousse, pousse. Come on. Mais bon, le problème, c’est le méthane.
Le Monde d’hier annonçait qu’il avait atteint cette année un niveau inégalé et augmenté de près de 10% en dix ans. Cet afflux génère un effet de serre et une augmentation de la température de 3 ou 4 degrés. C’est le début de la fin … des espèces végétales et animales.
Dont la nôtre. L’espèce humaine. Je suis sérieux.
Je veux dire. Il pourrait nous arriver la même extinction que pour les dinosaures. On en était là.
Ou plutôt j’en étais là dans mes réflexions quand est arrivée la bonne mine et le bon accent du terroir de Jean Castex. Les territoires, c’est la vie des gens, libérer les territoires, c’est libérer les énergies. Vous avez vu l’accueil triomphal qu’on lui a fait à la télévision.
C’est vrai qu’il a la confiance directe d’Emmanuel Macron. Il est une peu adoubé par un certain nombre de personnalités. Il a beaucoup de cordes à son arc et il a une personnalité très chaleureuse.
Il y a des gens qui ne sont pas très connus mais ils endossent l’habit, ils deviennent et ils endossent bien l’habit. C’était le cas d'Édouard Philippe avant et ça c’était la référence, avant on ne connaissait pas Édouard Philippe. Et donc, du coup, il y a une forme de pari sur une personnalité qui de façon moins publique a été et a toujours été très appréciée.
Avec des convictions beaucoup plus fortes que l’on pense. Il ne faut pas le prendre pour quelqu’un qui serait complètement à la main uniquement du Président. Ils étaient un peu emmerdés parce qu’ils avaient passé des jours et des jours et des une de journaux à dire à quel point son prédécesseur Edouard Philippe était sympa et populaire… Genre, l’ex dir com d’Areva n’y est pour rien, c’est Macron qui a tout fait.
Les gilets jaunes éborgnés, les morts des Ehpad, la flat tax, l’abandon de l’ISF, la privatisation d’ADP… Cette morgue… Tout ce qui a plombé les trois premières années du quinquennat, ce n’était plus Édouard Philippe… Je pensais à lui hier pendant le discours de Jean Castex hier à l’Assemblée. Le bel Edouard et sa femme, tranquilles, en train de siroter une petite coupe au Havre avant leur départ dans les Seychelles. Bonsoir Edouard Philippe.
Bonsoir. Alors est-ce qu’on doit dire Monsieur le maire ou Monsieur le Premier ministre parce que je crois que l’usage c’est encore Monsieur le Premier ministre. Oui vous pouvez m’appeler Monsieur le maire, vous pouvez m’appeler Edouard, ça durera plus longtemps.
Ecoutez, si je peux vous appelez Edouard, ça me va. Vous l’avez ou pas ? Vous l’avez enregistré ?
Je trouve ça plutôt classe. You sexy mother fucker. Avec Castex.
Ce sera beaucoup plus calme… Je l’écoutais lui et son bon sens paysan, son retour à la France du terroir et des territoires, sa lutte contre l’islamisme radical, les minorités ultra violentes dans les manifestations. Et je pensais au taux de méthane qui grimpait, grimpait… La veille, je m’étais tapé son patron face à Léa Salamé et à Gilles Bouleau… Je suis très consciencieux. Avant le Média, je vous jure, jamais je n’aurais regardé une allocation du 14 juillet.
J’aurais lu un bouquin au bord de ma piscine ou je serais allé cueillir des marguerites dans les champs et des champignons dans la forêt… Enfin bon, je n’ai pas poussé l’ennui jusqu’à me taper le défilé des militaires. C’est mon côté Brassens. Le jour du quatorze juillet - Je reste dans mon lit douillet - La musique qui marche au pas - Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne, En n´écoutant pas le clairon qui sonne. J’ai juste vu le ballon dans le ciel. C’était le meilleur moment de la matinée… Putain, l’air pénétré du Président devant ses troupes… Putain, Macron.
Quel comédien ! Est-ce que vous avez vu ses mains recroquevillées sur elles-mêmes. Comme Mitterrand exactement.
Je suis sûr qu’avant son oral, il se passe en boucle les vidéos du daron. Oui, je sais, j’ai dis putain, … Mais putain quoi… La France. La modernisation du Pays.
Les 600 jours pour réussir. Cette détestation de vous-même vous comprenez pourquoi ? demande Léa, un brin énamourée quand même… Euh oui, j’ai laissé paraître quelque chose que je ne crois pas être… Vous trouvez ça injuste ? demande Miss Glamour… Oh les critiques, même si in petto je peux considérer qu'elles sont injustes, elles font partie du jeu démocratique… In petto… dans le fond de son coeur… Cet homme a un cœur et il nous le fait savoir.
C’est d’ailleurs, sa première mission quand il rencontre des journalistes… Ou des gilets jaunes… Non, mais vous avez vu la rencontre improvisée du Président avec les gilets jaunes dans les jardins des Tuileries ? Même si Macron ne veut pas, nous on est là ! Un bon 14 juillet !
Vous pouvez vous égosiller, il y a une démocratie, merci ! Mais tu vas virer, tu vas virer, tu vas virer, tu vas virer ma parole ! Vous êtes irrespectueux !
Oh c’est de bonne guerre, oh les mecs attendez vous n’êtes pas des modèles de respect non plus. Vous croyez quoi ? Monsieur le Président je suis plus vieux que vous.
Et vous croyez que je fous le bordel dans les manifs ? Non, mais là je me balade avec mon épouse, vous m’interpellez… C’est normal ! Vous êtes mon employé Monsieur le Président !
Vous êtes mon employé ! On est un jour férié, je me balade, je suis respectueux… Et on est respectueux, moi je ne vous ai pas manqué de respect. En tous cas pas aujourd’hui.
Oui, si on ne peut plus se promener en ville avec sa meuf… Mais mec, si tu veux te promener tranquille, tu ne vas pas dans les Tuileries un 14 juillet. Moi j’ai trouvé vraiment bien la remarque du gars qui lui a rappelé qu’il était notre employé, notre employé du mois, de l’année, 5 ans putain… Bon, ça a moins plu sur les plateaux télé. Mais quand ils lui disent : “Vous êtes mon employé, Monsieur le Président”.
C’est pas faux, c’est la vérité. Bon, revenons à Léa et à Gilles qui je le rappelle ont été choisis par Emmanuel Macron en parfaite liberté de la presse..
Et les morts à Macron avec votre tête au bout d’une pique ? C’est insupportable, non ? Ce n’est pas Macron là qui est insupportable.
Ce sont les questions. Cette psychologisation du débat. Cette amnésie permanente sur les trois ans écoulés.
Que voulez-vous qu’il réponde ? Oh oui, c’était cool et je les comprends ces Gilets Jaunes. Je me suis comporté comme un chien avec eux.
Je leur ai piqué leur blé. J’ai laissé gagner plein de dividendes à mes copains d’en haut. C’est la moindre des choses que de me mettre en haut d’une pique, non ?
C’est symbolique. Ils ne le font pas vraiment… Les Français sont comme ça que voulez vous, le 14 juillet on a abattu la Bastille, on a pourchassé le roi, figurez-vous que lui ça a été autrement plus sévère pour lui. Ben ouais, finalement t’as du bol mec.
Non, ces questions qui n’en sont pas et les sourires qui vont avec ne lui permettent qu’une chose et il en a besoin. Reprendre pied. Oui Léa, je suis d’accord avec vous.
La brutalité ne devrait pas faire partie de la vie démocratique. Mais que voulez-vous ? Nous sommes dans un pays qui doute de lui-même, qui baigne dans ses passions tristes.
Le remord, le ressentiment, la haine… Léa et Gilou démarrent le boulot. Et ensuite, sur les plateaux, les copains, les copines, les chroniqueurs, les chroniqueuses achèvent le job, et nous achèvent… Ce qui m’a le plus frappé moi, ce n’est pas ce qu’il a dit, c’est ce que son corps a exprimé. Alors, qu’est ce qu’il disait son corps ?
J’ai trouvé qu’il était dans une espèce de volonté, de détermination, d’énergie. Notre bienaimé président plénipotentiaire a un boulevard devant lui. Il peut aligner les poncifs : La modernisation du pays qu’il veut rendre plus fort, plus indépendant.
Les réformes qu’il a menées tambour battant en donnant le sentiment qu’elles n’étaient pas justes. Réinstaurer le dialogue social. Chérir la cause juste du combat féministe.
Je le cite. Parce que quand on l’entend en direct, on ne se rend pas bien compte : “Je chéris cette cause juste de la lutte contre les violences et de l'égalité effective entre les sexes, mais je chéris (encore plus) ce qui peut faire de notre démocratie une démocratie plus forte encore, celle de ne pas céder à l'émotion constante.” Oui, là il faut que j’aborde un des sujets qui fâchent.
Darmanin. Gérald Darmanin. Voilà un mec, un petit mec, petit ministre, petit directeur de cabinet d’un député homophobe, petit télégraphiste de Sarkozy, petit branleur devant l’éternel.
Oui je sais, je dis branleur, c’est vulgaire. Mais ce n’est pas moi qui suis vulgaire en premier. C’est Darmanin.
Et c’est Macron Je me mets à leur niveau. La vulgarité, l’insanité, elle est là. Elle est dans cette nomination.
Je ne parle pas du viol, de l’affaire de viol. Il n’est pas avéré. Je parle du deal fait par ce petit mec qui négocie ouvertement avec une jeune femme un passe-droit contre un plan cul.
Darmanin l’a confessé pour échapper à l’accusation de viol. Il a même donné pour preuve les sms. Je résume : je ne l’ai pas pénétrée contre son gré.
Je lui ai donné un coup de main, si je puis dire. Mais le deal c’était qu’ensuite hop… Hop quoi ? On veut des détails.
Je ne sais pas moi. Une turlute ? Allons-y, c’était dans les journaux.
Appelons un chat un chat et une bite, une bite. On sait juste que ça s’est mal passé et qu’ensuite il lui a proposé une séance de … rattrapage ! Donc, le mec est un élu.
Une femme vient le voir, lui dit “Ok vous m’aidez et ensuite euh… ben… Enfin vous voyez quoi…” Là-dessus, le président vient nous raconter un truc encore plus dingo. Oui, donc, j’ai discuté avec Gérald, d’homme à homme si je puis dire. Et je l’ai cru.
Et donc je l’ai nommé Ministre de l’Intérieur. Ben voyons. Une tribune parue hier dans Libé écrite par Virginie Martin et Laurence Rossignol pose d’une manière plus philosophique et moi imagée le problème de cette foutue nomination.
L’affront fait aux femmes et aux hommes qui aiment les femmes. Mais Emmanuel Macron toujours habile et louvoyant se rattrape avec la nomination de Roselyne Bachelot. Quoi ?
Juste avant Darmanin, j’avais nommé Roselyne ministre de la culture. C’est une féministe elle… Et j’ai mis Dupond Moretti Garde des Sceaux. Oui, ben c’est ma femme qui est allée voir son spectacle.
Elle l’a trouvée géniale. Et donc, je l’ai appelée… Et voilà. Bon casting, non ?
Je ne sais pas quoi dire sinon mon accablement. Surtout ensuite, quand vous entendez ce que racontent les confrères… Le seul truc qui pourrait nous sauver aujourd’hui, ce serait des aliens Gnak Gnak Gnak. Ils débarquent et ils les embarquent tous vers une autre galaxie.
On ne se rendra jamais, la démocratie survivra, on ne se rendra jamais et on gagnera ! Et on les regarde à la télé grâce au satellite. Comme dans la ferme des célébrités.
Non, j’essaie d’être léger mais c’est dur. En plus, il y a le boulot au Média. J’ai du mal à me concentrer sur mes éditos.
Le téléphone n’arrête pas de sonner. Je ne vais pas vous parler de l’arrière-cuisine. Non, ça va.
Le confinement a été dur, le déconfinement compliqué. Mais personne n’a été malade. Non ce sont les emmerdements qui tombent.
Les papiers à gérer. Moi, j’ai besoin de mon mois d'août pour retrouver l’inspiration et me reposer. Je bosse beaucoup en ce moment.
Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est que de tenir droit une boite comme le Média. Droit dans ses tongs. D’ailleurs, je voudrais en profiter pour remercier Mathias Enthoven qui relit, titre et tient la boutique dans les coulisses, sans que vous n’en ayez conscience.
Mathias abat un gros boulot au Média. Sans lui, on n’aurait pas redressé la barre comme on l’a redressée. Guillaume Cage aussi qui a monté mes derniers éditos et mes TPA.
Parfois, c’est Marion Plantier ou Camille Chastrusse. Vraiment les gars, les filles, merci. Là contrairement aux autres fois (petit message perso), je ne vous envoie pas de lien.
Ou très peu. Je vous fais confiance. Habillez-moi comme vous voulez.
J’ai trop de boulot. Et je veux prendre mon mois d'août, voire début septembre. J’ai un bouquin à finir sur BlackRock.
Vous savez, j’en ai déjà parlé ici. On n’imagine pas à quel point la multinationale dirigée par Larry Fink est devenue omnipotente sur la planète. Je suis fatigué de jouer à la baballe avec Macron.
Je me suis dit quel adversaire à ma mesure ?… Larry Fink s’est imposé… Bon là, il faut que je gère aussi les plaintes qui viennent de tomber. Il y a celle de Sofia Chikirou, qui a eu la première l’idée du Média.
Vous savez cette nana très proche de Jean Luc Mélenchon. Je dis nana, ça y est boum. Nana c’est le féminin de mec.
Ça s’est mal fini. Elle nous réclame 65 000 euros. Bon, on va gérer S’il n’y avait que celle là, ça irait.
Mais la semaine dernière sont tombées le même jour une citation directe pour diffamation d’Anne Lauvergeon. L’ex patronne d’Areva nous réclame 60 000 euros pour l’interview que j’ai faite avec Marc Eichinger. Cette dame cherche à faire peur à cause du livre sorti en numérique et qui sort en papier à la rentrée.
Dame, c’est le féminin de Monsieur. Vous pouvez télécharger… ça nous aidera… merci. Et il y a aussi - allons y - la plainte aux prudhommes de la fille que j’ai remplacée, fille c’est le féminin de garçon, Mme Aude Lancelin “C’est vrai on nous avait promis une présidence normale, et nous ne l’avons pas eue.” qui nous réclame quand même 190 000 euros C’est même de la bêtise, pour un licenciement qu’elle juge abusif.
Ça devient une mode chez elle. Tout le monde le sait dans le milieu. Je pense qu’il est vraiment d’intérêt public de le faire savoir.
Je n’étais pas là. Je n’y suis donc pour rien. Mais bon, si elle pouvait se calmer, ça m’arrangerait.
Je ne vais pas rentrer dans les détails. Mais user de cette liberté, faire du Média un site d’information indépendant et parfois impertinent, n’est pas une sinécure. Je ne me plains pas.
Je narre. Je converse. Je sulfate.
J’explique. Je romps l’équilibre médiatique. Parce qu’en face, c’est plutôt atterrant non ?
Effectivement, Nantes où l’émotion est toujours vive, bien sûr au lendemain de cet incendie On reviendra bien sûr sur le port du masque obligatoire dans un instant mais priorité au direct avec l’individu qui a été interpellé qui est au micro de Marion Delpech et de Charles Guyard pour Cnews, écoutez : … Je pense que peut être ce n’est pas la bonne personne, peut être que la personne qui sort du commissariat… Voilà effectivement. Bref. Bachelot à la culture après avoir fait de la lèche à la République En Marche sur LCI, je n’ai pas spécialement envie d’en parler.
Au moins, elle a des dents blanches et un rire qui peut faire rire. Elle a raconté à France Info comment ça s’était passé. Un dimanche Jean Castex - l’homme qui vient de l’espace intergalactique - lui a téléphoné … Ma chérie j’ai un plan pour toi Un plan ?
Non, pas un plan à la Darmanin… Mon Jeannot, j’ai dit que la politique c’était fini pour moi… Je sais, je ne les fais pas, mais j’ai 70 piges quand même… Non mais attends, je te propose la Culture. Tu me fais craquer là… Tout ça, elle l’a raconté à France Info… Texto… Non moi, c’est Eric Dupond Moretti qui m’a bluffé. Je l’ai connu il y a très longtemps, avant qu’il ne soit connu.
C’était un avocat qui pour ne pas payer des notes d’hôtel et parce qu’il était fauché dormait dans sa bagnole. Ils ne sont pas nombreux dans ce pays à être à son niveau aux Assises. Deux ou trois, guère plus… Je vais peut-être en surprendre quelques-uns, mais Dupond Moretti c’est la seule vraie prise et relativement bonne surprise de ce gouvernement.
Je me suis demandé pourquoi il avait accepté le job. Je me suis renseigné. J’ai appelé quelques-uns de ses copains.
Eric s’emmerdait comme avocat. Il avait fait le tour de la question. Il s’emmerdait tellement qu’il avait décidé d’être acteur et presque chroniqueur sur Europe 1.
La loose totale. D’ailleurs, il commençait à donner son avis sur tout et n’importe quoi. Il avait quand même aligné les perles sur les gilets jaunes, les lanceurs d’alerte, les journalistes fouille merde, les gonzesses hystériques… Euh gonzesse c’est le féminin de gonze.
Ou de truchon. Éric n’a pas hésité une seconde. Garde des Sceaux, lui qui a tant dézingué la magistrature.
C’est un joli pied de nez. Je ne sais pas combien de couleuvres il va avaler ? J’attends la prochaine manif, le prochain nassage du Préfet Lallement, le prochain tir de LBD… Je prends un pari… Pas sûr que Lallement fasse le poids… Macron va être obligé de composer.
Dupond Moretti aussi, mais moins. Bref, ça va mettre un peu de piment dans ces 600 prochains jours qui vont être longs mais longs....
Le truc, c’est que malin et matois comme il est, la place Vendôme et le pouvoir qui va avec vont lui donner des idées… Va falloir lui laisser le temps de s’acclimater, mais en débat politique, je vous fiche mon ticket que Dupont Moretti, c’est Lino Ventura dans les Tontons flingueurs. Convocation 9h, j’ai l’impression mon cher que nous ne sommes pas en avance. Vous êtes un ami de Pat ou un copain d’Antoine ?
Je me demande s’il la saute… Si qui saute qui ? Antoine, Patricia. De toutes manières tout cela va va finir façon puzzle.
Pour ce dernier édito de l’été, je voudrai rendre hommage à mon oncle Aldo, un vieux rital, aussi rital que Mme Moretti. Aldo Fratesi a été enterré à Rosselange le mois dernier. Au cimetière où chaque tombe ou presque sent la pastasciuta.
Aldo Fratesi était le frère de Tina ma mère, qui a calanché deux ans avant. C’était des Italiens venus de la région de Pesaro avec leurs parents, Rosa, Lazare. Elle tenait une pension où les ouvriers venaient manger.
Lui bossait à la mine de fer. Aldo a suivi le chemin paternel. Il était sidérurgiste et attaquant au FC Rosselange.
Il était dingue de foot, supporter du FC Metz. Il était gentil. Il n’aurait pas dû mourir comme ça.
Ce n’est pas son âge. 95 ans. C’est la façon.
Aldo est mort dans un Ehpad à Thionville. Sa mort ne sera pas comptabilisée dans la litanie des morts du Covid. Mais Aldo est une victime collatérale de la politique de santé publique qu’Emmanuel Macron voudrait qu’on oublie aujourd’hui.
Aldo Fratesi était Covid négatif mais il était fatigué et ne se nourrissait presque plus. Alors, les médecins l’ont perfusé et l’ont posé dans un lit avec un bocal de glucose sans coussin de décharge, sans matelas anti escarre, sans patch de morphine. Enfin, je dis “les médecins”.
A Thionville, dans cet Ehpad public, il n’y avait qu’un médecin et deux infirmières pour 150 malades, plus évidemment des aide soignantes en surmenage. Aldo a tenu trois semaines en serrant les dents et en ridant le front. Il était maigre et méconnaissable avec entre les yeux la ride du lion.
Quand on souffre, on contracte les muscles du front et à force, on est marqué, creusé. On appelle ça la ride du lion. Trois semaines de souffrance, Mr Macron.
Mr Veran. Mr Castex. Mme Bachelot.
Mr Moretti. Je n’aurais jamais imaginé qu’en France, on puisse encore aujourd’hui mourir ainsi. Alors voilà, quand je vois que tous les 157 jours, nous arrivent depuis dix ans, de l’espace, un signal lumineux, je me dis que c’est peut-être jusque vers là-bas que leurs âmes damnées se sont envolées et réunies.
Et qu’ils nous envoient un signal pour nous dire d’arrêter nos conneries. Allez salut. Et bonnes vacances.
Édouard Philippe